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Cas cliniques : tumeurs du rein 
Olivier Hélénon : Professeur des Universités, praticien hospitalier. 
A Khairoune : Praticien hospitalier. 
D Eiss : Chef de clinique assistant. 
Jean-Michel Correas : Praticien hospitalier universitaire. 
Service de radiologie, hôpital Necker, 149, rue de Sèvres, 75743 Paris cedex 15 France 
Nicolas Grenier : Professeur des Universités, praticien hospitalier. Service de radiologie B, Groupe hospitalier Pellegrin, 33000 Bordeaux, France. 
© 2003 Elsevier SAS. Tous droits réservés. 
Cas 1 
*A *B 
*C *D 
Légende 
Échographie (A). Scanner sans (B) et avec injection de produit de contraste à la phase néph-rographique 
(C). Région d’intérêt (1) = 34UH(C). IRM en pondération T2 (D) et séquence 
dynamique après injection de gadolinium (E). 
Clinique 
Homme âgé de 36 ans originaire des Antilles sans antécédent 
uronéphrologique. 
Découverte fortuite au cours d’une échographie abdominale demandée 
pour douleurs épigastriques, d’une masse rénale droite. Le résultat a 
conduit à réaliser un scanner puis une imagerie par résonance 
magnétique (IRM) rénale. 
Quel est votre diagnostic ? 
A. Néphrome kystique (kyste multiloculaire). 
B. Kyste cortical hémorragique. 
C. Carcinome tubulopapillaire. 
D. Angiomyolipome. 
*E 
Encyclopédie Médico-Chirurgicale 34-870-A-25 
Autoévaluation : Questions 
34-870-A-25 
Toute référence à cet article doit porter la mention : Hélénon O, Khairoune A, Eiss D, Correas JM et Grenier N. Cas cliniques : tumeurs du rein. Encycl Méd Chir (Elsevier SAS, Paris, tous droits réservés), Radiodiagnostic - 
Urologie-Gynécologie, 34-870-A-25, 2003, 21 p.
34-870-A-25 Cas cliniques : tumeurs du rein Radiodiagnostic 
Cas 2 
*A *B 
*C *D 
Légende 
Scanner après injection de produit de contraste à la phase excrétoire (A, B). Scanner 6 semaines plus tard sans (C) et après injection de contraste à la phase artérielle (D). Région 
d’intérêt (1) = 37 UH (C). 
Clinique 
Homme âgé de 58 ans. Antécédent d’adénocarcinome colique opéré 
6 ans auparavant. Lombalgie gauche fébrile d’apparition rapidement 
progressive. Examen cytobactériologique des urines (ECBU) stérile. 
Scanner réalisé au moment de l’épisode fébrile (A et B) et examen 
de contrôle après ponction guidée et traitement antibactérien à large 
spectre 6 semaines plus tard (C et D). La ponction simple (sans 
drainage) montrait la présence d’un liquide sanglant et puriforme 
aseptique. 
Quel est votre diagnostic ? 
A. Abcès rénal collecté. 
B. Carcinome rénal nécrosé. 
C. Pyélonéphrite aiguë focale. 
D. Diverticule caliciel infecté. 
2
Radiodiagnostic Cas cliniques : tumeurs du rein 34-870-A-25 
Cas 3 
*A *B 
*C *D 
Légende 
Scanner sans (A) et avec injection de contraste à la phase artérielle (B, C) et néphrographique (D). 
Clinique 
Jeune homme âgé de 27 ans sans antécédent. Hypertension artérielle 
(160/105 mmHg) d’apparition récente. Hématurie microscopique. 
Découverte d’une masse rénale droite à l’échographie. Scanner rénal 
demandé dans le cadre du diagnostic étiologique de la lésion rénale 
droite. 
Quel est votre diagnostic ? 
A. Carcinome à cellules rénales conventionnel. 
B. Adénome oncocytaire. 
C. Tumeur à cellules juxtaglomérulaires (réninome). 
D. Phéochromocytome surrénalien droit. 
3
34-870-A-25 Cas cliniques : tumeurs du rein Radiodiagnostic 
Cas 4 
*A *B 
*C *D 
*E *F 
Légende 
Scanner abdominal avant (A, B, C) et après injection de contraste à la phase artérielle (D, E, F). 
Clinique 
Adolescente âgée de 17 ans sans antécédent personnel ou familial. 
Découverte en échographie à l’occasion d’un épisode d’hématurie 
macroscopique d’une volumineuse tumeur rénale gauche. 
Quel est votre diagnostic ? 
A. Carcinome à cellules rénales conventionnel. 
B. Néphroblastome. 
C. Angiomyolipome. 
D. Adénome oncocytaire. 
4
Radiodiagnostic Cas cliniques : tumeurs du rein 34-870-A-25 
Cas 5 
*A *B 
*C *D 
Clinique 
Homme de 53 ans. Antécédents de lithiase rénale gauche non 
compliquée. Masse rénale gauche découverte en échographie à 
l’occasion d’un épisode de lombalgie aiguë gauche sans hématurie. 
Scanners réalisés 48 heures après l’échographie (A, B), 6 semaines 
plus tard (C), à trois mois (D) puis à un an (E). 
Légende 
Scanner initial sans (A) puis après injection de contraste (B). Scanners après contraste 
(même plan de coupe) 6 semaines (C), 3 (D) et 12 mois (E) après l’examen initial. 
Quel est votre diagnostic ? 
A. Kyste cortical hémorragique. 
B. Carcinome rénal à forme hémorragique. 
C. Urohématome compliquant une colique néphrétique. 
D. Hématome sous-capsulaire spontané. 
*E 
5
34-870-A-25 Cas cliniques : tumeurs du rein Radiodiagnostic 
Cas 6 
Clinique 
*A *B 
*C *D 
Homme de 63 ans aux antécédents de lithiase rénale gauche. 
Hématurie macroscopique et altération de l’état général évoluant 
depuis plusieurs semaines. Une échographie rénale a montré une 
urétérohydronéphrose rénale gauche associée à un calcul pyélique 
et une jonction urétérovésicale normale. 
Légende 
Scanner avant (A) et après injection de contraste à la phase artérielle (B) et néphrographi-que 
excrétoire (C, D, E). 
Quel est votre diagnostic ? 
A. Carcinome à cellules rénales avec envahissement de la veine 
rénale. 
B. Pyélonéphrite xanthogranulomateuse. 
C. Tumeur urothéliale infiltrante. 
D. Léiomyosarcome de la veine rénale gauche. 
*E 
6
Radiodiagnostic Cas cliniques : tumeurs du rein 34-870-A-25 
Cas 7 
*A *B 
*C *D 
Clinique 
Femme âgée de 32 ans sans antécédent personnel. Antécédents 
familiaux d’insuffisance rénale chronique associée à la présence de 
kystes multiples et bilatéraux. Découverte sur une échographie 
rénale réalisée dans le cadre de l’enquête familiale (suspicion de 
polykystose rénale autosomique dominante) d’une masse rénale 
gauche solide, vascularisée en doppler couleur et de quelques kystes 
de petite taille. 
Légende 
Échodoppler couleur en mode énergie (coupe transversale) passant par la lésion (A). Scan-ner 
avant (B) et après injection de contraste (C, D, E). Les coefficients d’atténuation relevés 
au niveau de la lésion étaient 25 UH avant injection (A) et 68 UH à la phase néphrographi-que 
(B). 
Quel est votre diagnostic ? 
A. Adénome oncocytaire. 
B. Carcinome tubulopapillaire. 
C. Carcinome à cellules chromophobes. 
D. Carcinome à cellules claires dans le cadre d’une maladie de von 
Hippel Lindau. 
*E 
7
34-870-A-25 Cas cliniques : tumeurs du rein Radiodiagnostic 
Cas 8 
Clinique 
*A *B 
*C *D 
*E *F 
Femme de 65 ans. Antécédent de lymphome non hodgkinien 
(lymphome du manteau) récidivant depuis 9 ans. Rechute méningée 
traitée il y a 6 semaines. Apparition de douleurs abdominales avec 
quelques épisodes de diarrhée et altération de l’état général depuis 
2 semaines. Une première échographie abdominale était considérée 
comme normale. 
Quel est votre diagnostic ? 
A. Iléite terminale infectieuse et abcès du rein droit. 
B. Adénocarcinome du cæcum et métastase rénale droite. 
C. Lymphome de la jonction iléocæcale et du rein droit. 
D. Infarctus rénal droit et colite ischémique. 
Légende 
Scanner abdominopelvien avant (A) et après injection de produit de contraste (B, C, D, E, F). 
8
Radiodiagnostic Cas cliniques : tumeurs du rein 34-870-A-25 
Cas 9 
Clinique 
Homme de 37 ans. Découverte d’une masse rénale kystique 
atypique sur échographie réalisée dans le cadre du bilan d’une 
prostatite avec épididymite à répétition. 
Quel est votre diagnostic ? 
A. Abcès rénal droit. 
B. Kyste cortical cloisonné. 
C. Néphrome kystique multiloculaire. 
D. Carcinome kystique multiloculaire. 
Légende 
Scanner rénal sans (A) et avec injection de contraste (B, C, D) 
*A *B 
*C *D 
9
34-870-A-25 Cas cliniques : tumeurs du rein Radiodiagnostic 
Cas 10 
*A *B 
*C *D 
Légende 
Scanner rénal sans (A) et après injection de produit de contraste (B). IRM en pondération T1 (C) et T2 (D) sans injection de contraste. 
Clinique 
Polykystose hépatorénale autosomique dominante chez un patient 
de 52 ans en insuffisance rénale terminale. Scanner abdominal 
demandé pour lombalgies bilatérales sans signe urologique objectif. 
Le résultat a conduit à réaliser une IRM quelques jours plus tard. 
Quel est votre diagnostic ? 
A. Kyste rénal droit hémorragique. 
B. Tumeur kystique. 
C. Kyste rénal droit infecté. 
D. Faux anévrisme artériel rénal droit. 
10
Cas 1 
*A *B 
*C *D 
¦ Réponse [8, 18] 
C. Carcinome tubulopapillaire. 
Le résultat de l’échographie suggère une lésion solide, mais ne 
permet pas d’écarter définitivement une masse kystique atypique 
à contenu remanié ou multiloculaire, finement cloisonnée. Les 
caractéristiques de signal en IRM sur les images pondérées en T2 
(D) et T1 (E) permettent d’écarter le diagnostic de lésion kystique 
atypique. Le caractère hyperéchogène de la lésion rend compatible 
le diagnostic d’angiomyolipome. Si l’absence de graisse 
intratumorale détectable en scanner (B) ne permet pas d’éliminer 
ce diagnostic (angiomyolipome à composante graisseuse réduite), 
Légende 
Échographie (A). Scanner sans (B) et avec injection de produit de contraste à la phase néph-rographique 
(C). Région d’intérêt (1) = 34UH(C). IRM en pondération T2 (D) et séquence 
dynamique après injection de gadolinium (E). 
la densité spontanée de la lésion (B) et ses caractéristiques de 
rehaussement (prise de contraste faible et tardive d’une tumeur 
hypovasculaire) rendent très peu vraisemblable cette hypothèse. 
En effet, l’angiomyolipome à composante graisseuse 
infradétectable ou l’angiomyome sont typiquement discrètement 
hyperdenses par rapport au cortex rénal spontanément et 
hypervasculaires. Aussi, le diagnostic de carcinome 
tubulopapillaire est ici le plus probable et doit faire rechercher 
chez cette homme jeune, des localisations multiples et bilatérales 
avec une attention particulière (formes multiples familiales). Il 
s’agissait d’une lésion unique sur les données du scanner, 
correspondant à un carcinome tubulopapillaire compact, sans 
nécrose, sur la pièce de tumorectomie. 
*E 
Autoévaluation : Réponses 
Radiodiagnostic Cas cliniques : tumeurs du rein 34-870-A-25 
11
34-870-A-25 Cas cliniques : tumeurs du rein Radiodiagnostic 
Cas 2 
*A *B 
*C *D 
Légende 
Scanner après injection de produit de contraste à la phase excrétoire (A, B). Scanner 6 semaines plus tard sans (C) et après injection de contraste à la phase artérielle (D). Région 
d’intérêt (1) = 37 UH (C). 
¦ Réponse [1, 6] 
B. Carcinome rénal nécrosé. 
La lésion réalise sur le premier scanner une masse corticale à 
composante mixte, kystique, comportant une paroi périphérique 
épaisse et irrégulière et associée à des signes d’inflammation du 
périrein (graisse infiltrée et fascia épaissi) (B, flèche). Le siège sous-capsulaire 
de la masse et l’aspect de la paroi (type IV dans la 
classification de Bosniak) sont peu compatibles avec un abcès 
collecté ou une lésion diverticulaire ou kystique surinfectée. Si la 
lésion est très suspecte dès sa découverte, le contexte clinique et les 
signes inflammatoires doivent conduire à un examen de contrôle 
après la phase aiguë. Le scanner réalisé 6 semaines plus tard montre 
la réduction des phénomènes inflammatoires et de la composante 
liquidienne de la masse. Il persiste en revanche une composante 
charnue qui est le siège d’un rehaussement précoce et intense (D). 
Ces constatations confirment sans ambiguïté le diagnostic de 
carcinome découvert à l’occasion d’un probable phénomène de 
nécrose tumorale aiguë. L’éventualité exceptionnelle d’un carcinome 
infecté n’était pas retenue étant donné l’absence de germe retrouvé 
sur les prélèvements. 
12
Radiodiagnostic Cas cliniques : tumeurs du rein 34-870-A-25 
Cas 3 
*A *B 
*C *D 
Légende 
Scanner sans (A) et avec injection de contraste à la phase artérielle (B, C) et néphrographique (D). 
¦ Réponse [4, 12] 
A. Carcinome à cellules rénales conventionnel. 
Il existe une volumineuse tumeur rénale droite, hétérogène, 
comportant des plages de nécrose irrégulières centrales, mais aussi 
excentrées, et une portion tissulaire nettement hypervasculaire. 
L’aspect est celui d’un carcinome typique de grande taille bien 
distinct de celui des gros oncocytomes avec cicatrice centrale de 
forme étoilée, ou d’un réninome typiquement de petite taille et 
homogène. L’hypertension artérielle chez ce jeune homme peut être 
d’origine paranéoplasique ou, très exceptionnellement, traduire un 
phénomène de compression artérielle notamment au niveau de la 
branche polaire inférieure ici refoulée en arrière par la tumeur (B, 
flèche). 
13
34-870-A-25 Cas cliniques : tumeurs du rein Radiodiagnostic 
Cas 4 
*A *B 
*C *D 
*E *F 
Légende 
Scanner abdominal avant (A, B, C) et après injection de contraste à la phase artérielle (D, E, F). 
¦ Réponse [7, 15] 
C. Angiomyolipome. 
Le diagnostic repose sur la mise en évidence sur le passage avant 
injection (B, C) d’une composante adipeuse intratumorale, ici réduite 
à quelques îlots infracentimétriques (B, C, flèches droites). Le 
diagnostic de néphroblastome atypique pourrait néanmoins être 
envisagé chez cette jeune fille si l’on considère la forme 
exceptionnelle de néphroblastome à composante graisseuse 
rapportée dans la littérature. Une telle hypothèse n’a pas lieu d’être 
retenue ici pour deux raisons principales : d’une part l’existence 
d’une composante tissulaire hypervasculaire, contenant des 
vaisseaux artériels de gros calibre et anévrismaux (E, F, flèches 
courbes), sans nécrose, ni remaniement kystique, très caractéristique 
d’angiomyolipome ; d’autre part, la présence d’une deuxième 
localisation tumorale corticale typiquement adipeuse (A, D, têtes de 
flèche) suggérant une forme fruste de sclérose tubéreuse de 
Bourneville. 
14
Radiodiagnostic Cas cliniques : tumeurs du rein 34-870-A-25 
Cas 5 
*A *B 
*C *D 
¦ Réponse [6, 14] 
A. Kyste cortical hémorragique. 
Le scanner initial montre la présence d’une masse sous-capsulaire 
arrondie de densité spontanément très élevée et hétérogène, suggérant 
un contenu hémorragique avec formation de caillots. Le passage après 
injection ne montre aucune prise de contraste évidente au sein ou à la 
périphérie de la lésion. Le résultat initial est donc en faveur d’une 
étiologie bénigne : hémorragie spontanée au sein d’une lésion kystique 
Légende 
Scanner initial sans (A) puis après injection de contraste (B). Scanners après contraste 
(même plan de coupe) 6 semaines (C), 3 (D) et 12 mois (E) après l’examen initial. 
préexistante. Le diagnostic définitif repose sur une surveillance 
rigoureuse et prolongée comme pour toute lésion hémorragique qui, 
de principe, doit être considérée comme suspecte. Les scanners 
successifs démontrent l’involution progressive de la lésion et l’absence 
de composante charnue vascularisée. Une prise de contraste modérée 
de la paroi qui est épaissie et reste régulière (C, flèche) traduit les 
phénomènes inflammatoires normaux accompagnant le processus de 
résorption par les macrophages du matériel hématique. 
*E 
15
34-870-A-25 Cas cliniques : tumeurs du rein Radiodiagnostic 
Cas 6 
*A *B 
*C *D 
¦ Réponse [16, 19] 
C. Tumeur urothéliale infiltrante. 
Le scanner montre la présence d’une lésion tissulaire infiltrante sinusale 
s’étendant vers le hile et envahissant le bord interne de la valve 
antérieure du rein. Le diagnostic étiologique d’une lésion infiltrante 
repose le plus souvent sur les résultats de la biopsie guidée qui 
recherche notamment des arguments histologiques en faveur d’un 
lymphome ou d’une métastase, particulièrement en présence de lésions 
multifocales ou d’un syndrome lymphoprolifératif. Un faisceau 
Légende 
Scanner avant (A) et après injection de contraste à la phase artérielle (B) et néphrographi-que 
excrétoire (C, D, E). 
d’arguments cliniques et radiologiques peut néanmoins dans certains 
cas orienter le diagnostic vers un carcinome primitif (envahissement de 
la veine rénale), une pyélonéphrite xanthogranulomateuse (calcul 
obstructif typiquement chez une femme âgée, infiltration périrénale 
d’allure inflammatoire). Ici, en dehors d’un calcul pyélique, aucun de 
ces arguments n’est présent. La veine rénale, englobée par l’infiltration 
du hile, reste fine et perméable. L’élément diagnostique déterminant est 
en fait la présence d’une deuxième localisation tumorale urétérale (E, 
flèche) obstructive qui explique la dilatation de l’uretère sous-pyélique. 
*E 
16
Radiodiagnostic Cas cliniques : tumeurs du rein 34-870-A-25 
Cas 7 
*A *B 
*C *D 
¦ Réponse [2, 11] 
C. Carcinome à cellules chromophobes. 
La lésion a toutes les caractéristiques cliniques et radiologiques d’une 
tumeur rénale sporadique (tumeur isolée en dehors ici de quelques rares 
kystes, absence d’antécédents neuro-ophtalmologiques chez la patiente, 
absence de lésion pancréatique ou surrénalienne). Il s’agit d’une grosse 
tumeur dont le caractère homogène, sans aucun aspect nécrosé, ni 
cicatrice hypodense centrale, et le niveau de rehaussement après 
Légende 
Échodoppler couleur en mode énergie (coupe transversale) passant par la lésion (A). Scan-ner 
avant (B) et après injection de contraste (C, D, E). Les coefficients d’atténuation relevés 
au niveau de la lésion étaient 25 UH avant injection (A) et 68 UH à la phase néphrographi-que 
(B). 
contraste, sont en faveur d’un carcinome de type chromophobe. Le cancer 
à cellules chromophobes a également pour caractéristiques une croissance 
lente et une faible agressivité qui expliquent un stade faible (T1-2, N0, 
M0) au moment de la découverte de la tumeur dans la très grande 
majorité des cas. La patiente, âgée seulement de 32 ans, a pu bénéficier 
d’une exérèse limitée de la tumeur qui a confirmé le diagnostic de 
carcinome à cellules chromophobes d’aspect compact et homogène, sans 
remaniement nécrotique ou hémorragique en macroscopie. 
*E 
17
34-870-A-25 Cas cliniques : tumeurs du rein Radiodiagnostic 
Cas 8 
*A *B 
*C *D 
*E *F 
Légende 
Scanner abdominopelvien avant (A) et après injection de produit de contraste (B, C, D, E, F). 
¦ Réponse [9, 17, 20] 
C. Lymphome de la jonction iléocaecale et du rein droit. 
La région iléocæcale représente la deuxième localisation digestive 
des lymphomes après l’estomac. L’exérèse chirurgicale a confirmé 
l’infiltration lymphomateuse de la paroi cæcale et de la dernière anse 
avec invagination iléocæcale réalisant un aspect caractéristique sur 
le scanner (D, E, F). Notez l’épaississement de la dernière anse et de 
la paroi cæcale (E, F, flèches). La lésion rénale droite se traduit 
par une masse corticale très homogène, à limites nettes, qui a la 
particularité de se prolonger en « coulée » sous la capsule rénale. 
Cet aspect est évocateur de localisation lymphomateuse. Notez 
l’absence de collection et de signes de périnéphrite ou de néphrite 
associés, permettant d’exclure une étiologie infectieuse. La biopsie 
guidée pourra néanmoins être nécessaire d’emblée ou en fonction 
de la réponse au traitement (dans les suites de l’iléocolectomie 
segmentaire), dans le but de caractériser le type histologique exact 
de la rechute rénale. 
18
Radiodiagnostic Cas cliniques : tumeurs du rein 34-870-A-25 
Cas 9 
¦ Réponse [3, 5] 
D. Carcinome kystique multiloculaire. 
La lésion correspond à une masse kystique de type IV multiloculaire 
dans la classification de Bosniak. Il existe en effet de multiples 
cloisons vascularisées, une paroi épaisse périphérique et surtout un 
aspect irrégulier et nodulaire de ces parois qui permet de distinguer 
un type IV d’un type III multiloculaire. Les lésions de type IV, dès 
lors que la composante nodulaire est le siège d’un rehaussement 
après injection, témoignant de son caractère vascularisé, sont 
toujours « chirurgicales », le diagnostic de carcinome kystique 
pouvant être fait avec une spécificité voisine de 100 %. En outre, 
dans ce contexte d’infection génitale à rechute, l’absence de signe 
d’inflammation (néphrite, périnéphrite) accompagnant cette masse 
de siège sous-capsulaire (contrairement aux abcès), permet d’écarter 
une étiologie infectieuse. 
Légende 
Scanner rénal sans (A) et avec injection de contraste (B, C, D). 
*A *B 
*C *D 
19
34-870-A-25 Cas cliniques : tumeurs du rein Radiodiagnostic 
Cas 10 
*A *B 
*C *D 
Légende 
Scanner rénal sans (A) et après injection de produit de contraste (B). IRM en pondération T1 (C) et T2 (D) sans injection de contraste. 
¦ Réponse [10, 13] 
B. Tumeur kystique. 
Il existe une lésion arrondie intrarénale droite dont les 
caractéristiques de signal (densité spontanée > 50 UH) évoquent 
en premier lieu une lésion kystique hyperdense posthémorragique 
de découverte banale au cours d’une polykystose rénale. Tous les 
critères de kyste « hémorragique » ne sont néanmoins pas réunis 
puisque la lésion n’est pas parfaitement homogène avant injection 
de contraste (A). Il existe en effet une petite formation 
périphérique d’allure nodulaire hypodense par rapport au 
contenu de la lésion (A, flèche). Le passage après contraste 
démontre le caractère vascularisé du nodule qui devient isodense 
par rapport au contenu de la formation kystique, ce qui témoigne 
d’un rehaussement de densité significatif. L’histologie après 
néphrectomie droite confirmera le diagnostic de tumeur kystique 
de type papillaire (ici adénome papillaire devant la petite taille 
du nodule < 0,5 cm et l’absence d’atypies cytonucléaires). Il 
n’existe aucun lien entre le terrain et la tumeur, la prévalence du 
CCR au cours de la polykystose autosomique dominante n’étant 
pas supérieure à celle observée dans la population générale du 
même âge. 
20
Radiodiagnostic Cas cliniques : tumeurs du rein 34-870-A-25 
Références 
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Cas cliniques tumeurs du rein

  • 1. Cas cliniques : tumeurs du rein Olivier Hélénon : Professeur des Universités, praticien hospitalier. A Khairoune : Praticien hospitalier. D Eiss : Chef de clinique assistant. Jean-Michel Correas : Praticien hospitalier universitaire. Service de radiologie, hôpital Necker, 149, rue de Sèvres, 75743 Paris cedex 15 France Nicolas Grenier : Professeur des Universités, praticien hospitalier. Service de radiologie B, Groupe hospitalier Pellegrin, 33000 Bordeaux, France. © 2003 Elsevier SAS. Tous droits réservés. Cas 1 *A *B *C *D Légende Échographie (A). Scanner sans (B) et avec injection de produit de contraste à la phase néph-rographique (C). Région d’intérêt (1) = 34UH(C). IRM en pondération T2 (D) et séquence dynamique après injection de gadolinium (E). Clinique Homme âgé de 36 ans originaire des Antilles sans antécédent uronéphrologique. Découverte fortuite au cours d’une échographie abdominale demandée pour douleurs épigastriques, d’une masse rénale droite. Le résultat a conduit à réaliser un scanner puis une imagerie par résonance magnétique (IRM) rénale. Quel est votre diagnostic ? A. Néphrome kystique (kyste multiloculaire). B. Kyste cortical hémorragique. C. Carcinome tubulopapillaire. D. Angiomyolipome. *E Encyclopédie Médico-Chirurgicale 34-870-A-25 Autoévaluation : Questions 34-870-A-25 Toute référence à cet article doit porter la mention : Hélénon O, Khairoune A, Eiss D, Correas JM et Grenier N. Cas cliniques : tumeurs du rein. Encycl Méd Chir (Elsevier SAS, Paris, tous droits réservés), Radiodiagnostic - Urologie-Gynécologie, 34-870-A-25, 2003, 21 p.
  • 2. 34-870-A-25 Cas cliniques : tumeurs du rein Radiodiagnostic Cas 2 *A *B *C *D Légende Scanner après injection de produit de contraste à la phase excrétoire (A, B). Scanner 6 semaines plus tard sans (C) et après injection de contraste à la phase artérielle (D). Région d’intérêt (1) = 37 UH (C). Clinique Homme âgé de 58 ans. Antécédent d’adénocarcinome colique opéré 6 ans auparavant. Lombalgie gauche fébrile d’apparition rapidement progressive. Examen cytobactériologique des urines (ECBU) stérile. Scanner réalisé au moment de l’épisode fébrile (A et B) et examen de contrôle après ponction guidée et traitement antibactérien à large spectre 6 semaines plus tard (C et D). La ponction simple (sans drainage) montrait la présence d’un liquide sanglant et puriforme aseptique. Quel est votre diagnostic ? A. Abcès rénal collecté. B. Carcinome rénal nécrosé. C. Pyélonéphrite aiguë focale. D. Diverticule caliciel infecté. 2
  • 3. Radiodiagnostic Cas cliniques : tumeurs du rein 34-870-A-25 Cas 3 *A *B *C *D Légende Scanner sans (A) et avec injection de contraste à la phase artérielle (B, C) et néphrographique (D). Clinique Jeune homme âgé de 27 ans sans antécédent. Hypertension artérielle (160/105 mmHg) d’apparition récente. Hématurie microscopique. Découverte d’une masse rénale droite à l’échographie. Scanner rénal demandé dans le cadre du diagnostic étiologique de la lésion rénale droite. Quel est votre diagnostic ? A. Carcinome à cellules rénales conventionnel. B. Adénome oncocytaire. C. Tumeur à cellules juxtaglomérulaires (réninome). D. Phéochromocytome surrénalien droit. 3
  • 4. 34-870-A-25 Cas cliniques : tumeurs du rein Radiodiagnostic Cas 4 *A *B *C *D *E *F Légende Scanner abdominal avant (A, B, C) et après injection de contraste à la phase artérielle (D, E, F). Clinique Adolescente âgée de 17 ans sans antécédent personnel ou familial. Découverte en échographie à l’occasion d’un épisode d’hématurie macroscopique d’une volumineuse tumeur rénale gauche. Quel est votre diagnostic ? A. Carcinome à cellules rénales conventionnel. B. Néphroblastome. C. Angiomyolipome. D. Adénome oncocytaire. 4
  • 5. Radiodiagnostic Cas cliniques : tumeurs du rein 34-870-A-25 Cas 5 *A *B *C *D Clinique Homme de 53 ans. Antécédents de lithiase rénale gauche non compliquée. Masse rénale gauche découverte en échographie à l’occasion d’un épisode de lombalgie aiguë gauche sans hématurie. Scanners réalisés 48 heures après l’échographie (A, B), 6 semaines plus tard (C), à trois mois (D) puis à un an (E). Légende Scanner initial sans (A) puis après injection de contraste (B). Scanners après contraste (même plan de coupe) 6 semaines (C), 3 (D) et 12 mois (E) après l’examen initial. Quel est votre diagnostic ? A. Kyste cortical hémorragique. B. Carcinome rénal à forme hémorragique. C. Urohématome compliquant une colique néphrétique. D. Hématome sous-capsulaire spontané. *E 5
  • 6. 34-870-A-25 Cas cliniques : tumeurs du rein Radiodiagnostic Cas 6 Clinique *A *B *C *D Homme de 63 ans aux antécédents de lithiase rénale gauche. Hématurie macroscopique et altération de l’état général évoluant depuis plusieurs semaines. Une échographie rénale a montré une urétérohydronéphrose rénale gauche associée à un calcul pyélique et une jonction urétérovésicale normale. Légende Scanner avant (A) et après injection de contraste à la phase artérielle (B) et néphrographi-que excrétoire (C, D, E). Quel est votre diagnostic ? A. Carcinome à cellules rénales avec envahissement de la veine rénale. B. Pyélonéphrite xanthogranulomateuse. C. Tumeur urothéliale infiltrante. D. Léiomyosarcome de la veine rénale gauche. *E 6
  • 7. Radiodiagnostic Cas cliniques : tumeurs du rein 34-870-A-25 Cas 7 *A *B *C *D Clinique Femme âgée de 32 ans sans antécédent personnel. Antécédents familiaux d’insuffisance rénale chronique associée à la présence de kystes multiples et bilatéraux. Découverte sur une échographie rénale réalisée dans le cadre de l’enquête familiale (suspicion de polykystose rénale autosomique dominante) d’une masse rénale gauche solide, vascularisée en doppler couleur et de quelques kystes de petite taille. Légende Échodoppler couleur en mode énergie (coupe transversale) passant par la lésion (A). Scan-ner avant (B) et après injection de contraste (C, D, E). Les coefficients d’atténuation relevés au niveau de la lésion étaient 25 UH avant injection (A) et 68 UH à la phase néphrographi-que (B). Quel est votre diagnostic ? A. Adénome oncocytaire. B. Carcinome tubulopapillaire. C. Carcinome à cellules chromophobes. D. Carcinome à cellules claires dans le cadre d’une maladie de von Hippel Lindau. *E 7
  • 8. 34-870-A-25 Cas cliniques : tumeurs du rein Radiodiagnostic Cas 8 Clinique *A *B *C *D *E *F Femme de 65 ans. Antécédent de lymphome non hodgkinien (lymphome du manteau) récidivant depuis 9 ans. Rechute méningée traitée il y a 6 semaines. Apparition de douleurs abdominales avec quelques épisodes de diarrhée et altération de l’état général depuis 2 semaines. Une première échographie abdominale était considérée comme normale. Quel est votre diagnostic ? A. Iléite terminale infectieuse et abcès du rein droit. B. Adénocarcinome du cæcum et métastase rénale droite. C. Lymphome de la jonction iléocæcale et du rein droit. D. Infarctus rénal droit et colite ischémique. Légende Scanner abdominopelvien avant (A) et après injection de produit de contraste (B, C, D, E, F). 8
  • 9. Radiodiagnostic Cas cliniques : tumeurs du rein 34-870-A-25 Cas 9 Clinique Homme de 37 ans. Découverte d’une masse rénale kystique atypique sur échographie réalisée dans le cadre du bilan d’une prostatite avec épididymite à répétition. Quel est votre diagnostic ? A. Abcès rénal droit. B. Kyste cortical cloisonné. C. Néphrome kystique multiloculaire. D. Carcinome kystique multiloculaire. Légende Scanner rénal sans (A) et avec injection de contraste (B, C, D) *A *B *C *D 9
  • 10. 34-870-A-25 Cas cliniques : tumeurs du rein Radiodiagnostic Cas 10 *A *B *C *D Légende Scanner rénal sans (A) et après injection de produit de contraste (B). IRM en pondération T1 (C) et T2 (D) sans injection de contraste. Clinique Polykystose hépatorénale autosomique dominante chez un patient de 52 ans en insuffisance rénale terminale. Scanner abdominal demandé pour lombalgies bilatérales sans signe urologique objectif. Le résultat a conduit à réaliser une IRM quelques jours plus tard. Quel est votre diagnostic ? A. Kyste rénal droit hémorragique. B. Tumeur kystique. C. Kyste rénal droit infecté. D. Faux anévrisme artériel rénal droit. 10
  • 11. Cas 1 *A *B *C *D ¦ Réponse [8, 18] C. Carcinome tubulopapillaire. Le résultat de l’échographie suggère une lésion solide, mais ne permet pas d’écarter définitivement une masse kystique atypique à contenu remanié ou multiloculaire, finement cloisonnée. Les caractéristiques de signal en IRM sur les images pondérées en T2 (D) et T1 (E) permettent d’écarter le diagnostic de lésion kystique atypique. Le caractère hyperéchogène de la lésion rend compatible le diagnostic d’angiomyolipome. Si l’absence de graisse intratumorale détectable en scanner (B) ne permet pas d’éliminer ce diagnostic (angiomyolipome à composante graisseuse réduite), Légende Échographie (A). Scanner sans (B) et avec injection de produit de contraste à la phase néph-rographique (C). Région d’intérêt (1) = 34UH(C). IRM en pondération T2 (D) et séquence dynamique après injection de gadolinium (E). la densité spontanée de la lésion (B) et ses caractéristiques de rehaussement (prise de contraste faible et tardive d’une tumeur hypovasculaire) rendent très peu vraisemblable cette hypothèse. En effet, l’angiomyolipome à composante graisseuse infradétectable ou l’angiomyome sont typiquement discrètement hyperdenses par rapport au cortex rénal spontanément et hypervasculaires. Aussi, le diagnostic de carcinome tubulopapillaire est ici le plus probable et doit faire rechercher chez cette homme jeune, des localisations multiples et bilatérales avec une attention particulière (formes multiples familiales). Il s’agissait d’une lésion unique sur les données du scanner, correspondant à un carcinome tubulopapillaire compact, sans nécrose, sur la pièce de tumorectomie. *E Autoévaluation : Réponses Radiodiagnostic Cas cliniques : tumeurs du rein 34-870-A-25 11
  • 12. 34-870-A-25 Cas cliniques : tumeurs du rein Radiodiagnostic Cas 2 *A *B *C *D Légende Scanner après injection de produit de contraste à la phase excrétoire (A, B). Scanner 6 semaines plus tard sans (C) et après injection de contraste à la phase artérielle (D). Région d’intérêt (1) = 37 UH (C). ¦ Réponse [1, 6] B. Carcinome rénal nécrosé. La lésion réalise sur le premier scanner une masse corticale à composante mixte, kystique, comportant une paroi périphérique épaisse et irrégulière et associée à des signes d’inflammation du périrein (graisse infiltrée et fascia épaissi) (B, flèche). Le siège sous-capsulaire de la masse et l’aspect de la paroi (type IV dans la classification de Bosniak) sont peu compatibles avec un abcès collecté ou une lésion diverticulaire ou kystique surinfectée. Si la lésion est très suspecte dès sa découverte, le contexte clinique et les signes inflammatoires doivent conduire à un examen de contrôle après la phase aiguë. Le scanner réalisé 6 semaines plus tard montre la réduction des phénomènes inflammatoires et de la composante liquidienne de la masse. Il persiste en revanche une composante charnue qui est le siège d’un rehaussement précoce et intense (D). Ces constatations confirment sans ambiguïté le diagnostic de carcinome découvert à l’occasion d’un probable phénomène de nécrose tumorale aiguë. L’éventualité exceptionnelle d’un carcinome infecté n’était pas retenue étant donné l’absence de germe retrouvé sur les prélèvements. 12
  • 13. Radiodiagnostic Cas cliniques : tumeurs du rein 34-870-A-25 Cas 3 *A *B *C *D Légende Scanner sans (A) et avec injection de contraste à la phase artérielle (B, C) et néphrographique (D). ¦ Réponse [4, 12] A. Carcinome à cellules rénales conventionnel. Il existe une volumineuse tumeur rénale droite, hétérogène, comportant des plages de nécrose irrégulières centrales, mais aussi excentrées, et une portion tissulaire nettement hypervasculaire. L’aspect est celui d’un carcinome typique de grande taille bien distinct de celui des gros oncocytomes avec cicatrice centrale de forme étoilée, ou d’un réninome typiquement de petite taille et homogène. L’hypertension artérielle chez ce jeune homme peut être d’origine paranéoplasique ou, très exceptionnellement, traduire un phénomène de compression artérielle notamment au niveau de la branche polaire inférieure ici refoulée en arrière par la tumeur (B, flèche). 13
  • 14. 34-870-A-25 Cas cliniques : tumeurs du rein Radiodiagnostic Cas 4 *A *B *C *D *E *F Légende Scanner abdominal avant (A, B, C) et après injection de contraste à la phase artérielle (D, E, F). ¦ Réponse [7, 15] C. Angiomyolipome. Le diagnostic repose sur la mise en évidence sur le passage avant injection (B, C) d’une composante adipeuse intratumorale, ici réduite à quelques îlots infracentimétriques (B, C, flèches droites). Le diagnostic de néphroblastome atypique pourrait néanmoins être envisagé chez cette jeune fille si l’on considère la forme exceptionnelle de néphroblastome à composante graisseuse rapportée dans la littérature. Une telle hypothèse n’a pas lieu d’être retenue ici pour deux raisons principales : d’une part l’existence d’une composante tissulaire hypervasculaire, contenant des vaisseaux artériels de gros calibre et anévrismaux (E, F, flèches courbes), sans nécrose, ni remaniement kystique, très caractéristique d’angiomyolipome ; d’autre part, la présence d’une deuxième localisation tumorale corticale typiquement adipeuse (A, D, têtes de flèche) suggérant une forme fruste de sclérose tubéreuse de Bourneville. 14
  • 15. Radiodiagnostic Cas cliniques : tumeurs du rein 34-870-A-25 Cas 5 *A *B *C *D ¦ Réponse [6, 14] A. Kyste cortical hémorragique. Le scanner initial montre la présence d’une masse sous-capsulaire arrondie de densité spontanément très élevée et hétérogène, suggérant un contenu hémorragique avec formation de caillots. Le passage après injection ne montre aucune prise de contraste évidente au sein ou à la périphérie de la lésion. Le résultat initial est donc en faveur d’une étiologie bénigne : hémorragie spontanée au sein d’une lésion kystique Légende Scanner initial sans (A) puis après injection de contraste (B). Scanners après contraste (même plan de coupe) 6 semaines (C), 3 (D) et 12 mois (E) après l’examen initial. préexistante. Le diagnostic définitif repose sur une surveillance rigoureuse et prolongée comme pour toute lésion hémorragique qui, de principe, doit être considérée comme suspecte. Les scanners successifs démontrent l’involution progressive de la lésion et l’absence de composante charnue vascularisée. Une prise de contraste modérée de la paroi qui est épaissie et reste régulière (C, flèche) traduit les phénomènes inflammatoires normaux accompagnant le processus de résorption par les macrophages du matériel hématique. *E 15
  • 16. 34-870-A-25 Cas cliniques : tumeurs du rein Radiodiagnostic Cas 6 *A *B *C *D ¦ Réponse [16, 19] C. Tumeur urothéliale infiltrante. Le scanner montre la présence d’une lésion tissulaire infiltrante sinusale s’étendant vers le hile et envahissant le bord interne de la valve antérieure du rein. Le diagnostic étiologique d’une lésion infiltrante repose le plus souvent sur les résultats de la biopsie guidée qui recherche notamment des arguments histologiques en faveur d’un lymphome ou d’une métastase, particulièrement en présence de lésions multifocales ou d’un syndrome lymphoprolifératif. Un faisceau Légende Scanner avant (A) et après injection de contraste à la phase artérielle (B) et néphrographi-que excrétoire (C, D, E). d’arguments cliniques et radiologiques peut néanmoins dans certains cas orienter le diagnostic vers un carcinome primitif (envahissement de la veine rénale), une pyélonéphrite xanthogranulomateuse (calcul obstructif typiquement chez une femme âgée, infiltration périrénale d’allure inflammatoire). Ici, en dehors d’un calcul pyélique, aucun de ces arguments n’est présent. La veine rénale, englobée par l’infiltration du hile, reste fine et perméable. L’élément diagnostique déterminant est en fait la présence d’une deuxième localisation tumorale urétérale (E, flèche) obstructive qui explique la dilatation de l’uretère sous-pyélique. *E 16
  • 17. Radiodiagnostic Cas cliniques : tumeurs du rein 34-870-A-25 Cas 7 *A *B *C *D ¦ Réponse [2, 11] C. Carcinome à cellules chromophobes. La lésion a toutes les caractéristiques cliniques et radiologiques d’une tumeur rénale sporadique (tumeur isolée en dehors ici de quelques rares kystes, absence d’antécédents neuro-ophtalmologiques chez la patiente, absence de lésion pancréatique ou surrénalienne). Il s’agit d’une grosse tumeur dont le caractère homogène, sans aucun aspect nécrosé, ni cicatrice hypodense centrale, et le niveau de rehaussement après Légende Échodoppler couleur en mode énergie (coupe transversale) passant par la lésion (A). Scan-ner avant (B) et après injection de contraste (C, D, E). Les coefficients d’atténuation relevés au niveau de la lésion étaient 25 UH avant injection (A) et 68 UH à la phase néphrographi-que (B). contraste, sont en faveur d’un carcinome de type chromophobe. Le cancer à cellules chromophobes a également pour caractéristiques une croissance lente et une faible agressivité qui expliquent un stade faible (T1-2, N0, M0) au moment de la découverte de la tumeur dans la très grande majorité des cas. La patiente, âgée seulement de 32 ans, a pu bénéficier d’une exérèse limitée de la tumeur qui a confirmé le diagnostic de carcinome à cellules chromophobes d’aspect compact et homogène, sans remaniement nécrotique ou hémorragique en macroscopie. *E 17
  • 18. 34-870-A-25 Cas cliniques : tumeurs du rein Radiodiagnostic Cas 8 *A *B *C *D *E *F Légende Scanner abdominopelvien avant (A) et après injection de produit de contraste (B, C, D, E, F). ¦ Réponse [9, 17, 20] C. Lymphome de la jonction iléocaecale et du rein droit. La région iléocæcale représente la deuxième localisation digestive des lymphomes après l’estomac. L’exérèse chirurgicale a confirmé l’infiltration lymphomateuse de la paroi cæcale et de la dernière anse avec invagination iléocæcale réalisant un aspect caractéristique sur le scanner (D, E, F). Notez l’épaississement de la dernière anse et de la paroi cæcale (E, F, flèches). La lésion rénale droite se traduit par une masse corticale très homogène, à limites nettes, qui a la particularité de se prolonger en « coulée » sous la capsule rénale. Cet aspect est évocateur de localisation lymphomateuse. Notez l’absence de collection et de signes de périnéphrite ou de néphrite associés, permettant d’exclure une étiologie infectieuse. La biopsie guidée pourra néanmoins être nécessaire d’emblée ou en fonction de la réponse au traitement (dans les suites de l’iléocolectomie segmentaire), dans le but de caractériser le type histologique exact de la rechute rénale. 18
  • 19. Radiodiagnostic Cas cliniques : tumeurs du rein 34-870-A-25 Cas 9 ¦ Réponse [3, 5] D. Carcinome kystique multiloculaire. La lésion correspond à une masse kystique de type IV multiloculaire dans la classification de Bosniak. Il existe en effet de multiples cloisons vascularisées, une paroi épaisse périphérique et surtout un aspect irrégulier et nodulaire de ces parois qui permet de distinguer un type IV d’un type III multiloculaire. Les lésions de type IV, dès lors que la composante nodulaire est le siège d’un rehaussement après injection, témoignant de son caractère vascularisé, sont toujours « chirurgicales », le diagnostic de carcinome kystique pouvant être fait avec une spécificité voisine de 100 %. En outre, dans ce contexte d’infection génitale à rechute, l’absence de signe d’inflammation (néphrite, périnéphrite) accompagnant cette masse de siège sous-capsulaire (contrairement aux abcès), permet d’écarter une étiologie infectieuse. Légende Scanner rénal sans (A) et avec injection de contraste (B, C, D). *A *B *C *D 19
  • 20. 34-870-A-25 Cas cliniques : tumeurs du rein Radiodiagnostic Cas 10 *A *B *C *D Légende Scanner rénal sans (A) et après injection de produit de contraste (B). IRM en pondération T1 (C) et T2 (D) sans injection de contraste. ¦ Réponse [10, 13] B. Tumeur kystique. Il existe une lésion arrondie intrarénale droite dont les caractéristiques de signal (densité spontanée > 50 UH) évoquent en premier lieu une lésion kystique hyperdense posthémorragique de découverte banale au cours d’une polykystose rénale. Tous les critères de kyste « hémorragique » ne sont néanmoins pas réunis puisque la lésion n’est pas parfaitement homogène avant injection de contraste (A). Il existe en effet une petite formation périphérique d’allure nodulaire hypodense par rapport au contenu de la lésion (A, flèche). Le passage après contraste démontre le caractère vascularisé du nodule qui devient isodense par rapport au contenu de la formation kystique, ce qui témoigne d’un rehaussement de densité significatif. L’histologie après néphrectomie droite confirmera le diagnostic de tumeur kystique de type papillaire (ici adénome papillaire devant la petite taille du nodule < 0,5 cm et l’absence d’atypies cytonucléaires). Il n’existe aucun lien entre le terrain et la tumeur, la prévalence du CCR au cours de la polykystose autosomique dominante n’étant pas supérieure à celle observée dans la population générale du même âge. 20
  • 21. Radiodiagnostic Cas cliniques : tumeurs du rein 34-870-A-25 Références [1] BosniakMA.Theuse of the Bosniak classification system for renal cysts and cystic tumors. J Urol1997;157: 1852-1853 [2] Choyke PL, Glenn GM, WaltherMM,Zbar B, LinehanWM. Hereditary renal cancers. Radiology 2003 ; 226 : 33-46 [3] Curry NS, Cochran ST, Bissada NK. Cystic renal masses: accurate Bosniak classification requires adequate renal CT. AJR Am J Roentgenol 2000 ; 175 : 339-342 [4] Dunnick NR, Hartman DS, Ford KK, Davis CJ Jr, Amis ER Jr. The radiology of juxtaglomerular tumors. Radiology 1983 ; 147 : 321-326 [5] Hartman DS, Davis CJ, Sanders RC, Johns TT, Smirnioto-poulosJ, GoldmanSM.Themultiloculated renalmass:con-siderations and differential features. Radiographics 1987 ; 7 : 29-52 [6] Helenon O, Andre M, Correas JM, Khairoune A, Merran S, Balleyguier C. Caractérisation des masses rénales. J Radiol 2002 ; 83 : 787-802 [7] HelenonO,MerranS, Paraf F, Melki P, Correas JM, Chretien Y et al. Unusual fat–containing tumors of the Kidney: a diagnostic dilemma. Radiographics 1997 ; 17 : 129-144 [8] Herts BR, Coll DM, Novick AC, Obuchowski N, Linnell G, Wirth SL et al. Enhancement characteristics of papillary renal neoplasms revealed on triphasic helical CT of the kidneys. AJR Am J Roentgenol 2002 ; 178 : 367-372 [9] Jafri SZ, Bree RL, Amendola MA, Glazer GM, Schwab RE, Francis IR et al. CT of renal and perirenal non-Hodgkin lymphoma. AJR Am J Roentgenol 1982 ; 138 : 1101-1105 [10] Keith DS, Torres VE, King BF, Zincki H, Farrow GM. Renal cell carcinoma in autosomal dominant polycystic kidney disease (review). J AmSoc Nephrol 1994 ; 4 : 1661-1669 [11] Kim JK, Kim TK, Ahn HJ, Kim CS, Kim KR, Cho KS. Differen-tiation of subtypes of renal cell carcinomas on helical CT scans. AJR Am J Roentgenol 2002 ; 178 : 1499-1506 [12] Marshall FF, Walsh PC. Extrarenal manifestations of renal cell carcinoma. J Urol 1977 ; 128 : 140-146 [13] Molinie V, Cochand-Priollet B, Staroz F, Vieillefond A. Clas-sification des tumeurs primitives du rein de l’adulte. Ann Pathol 1998 ; 18 : 29-47 [14] Papanicolaou N, Pfister RC, Yoder IC. Spontaneous and traumatic rupture of renal cysts: diagnosis and outcome. Radiology 1986 ; 160 : 99-103 [15] Parvey LS, Warner RM, Callihan TR, Magill HL. CT demon-stration of fat tissue in malignant renal neoplasms: atypical Wilms’tumors. J Comput Assist Tomogr 1981 ; 5 : 851-854 [16] Pikhardt PJ, Lonergan GJ, Davis CJ Jr, Kashitani N, Wagner BJ. Infiltrative renal lesions: radiologic-pathologic correla-tion. Radiographics 2000 ; 20 : 215-243 [17] Schmutz G, Phi IN, Provost N, Hue S, Fournier L, LePennec Vet al. Imagerie deslymphomesabdominopelviens. Encycl Méd Chir (Éditions Scientifiques et Médicales Elsevier SAS, Paris), 33-660-B-10, Radiodiagnostic - Appareil digestif, 2003 : 1-31 [18] Siegel CL, MiddletonWD,Teefey SA, McClennan BL. Angi-omyolipoma and renal cell carcinoma: US differentiation. Radiology 1996 ; 198 : 789-793 [19] Urban BA, Buckley J, Soyer P, Scherrer A, Fishman EK. CT appearence of transitional cell of the renal pelvis. II. Advanced-stage disease. AJR Am J Roentgenol 1997 ; 169 : 163-168 [20] Urban BA, Fishman EK. Renal lymphoma: CT patterns with emphasis on helical CT. Radiographics 2000 ; 20 : 197-212 21