7e Rencontres nationales de la presse territoriale
Donner du rythme
et de la lisibilité
à son journal grâce
à l’iconographie
Philippe Bissières
Graphiste,
conseil éditorial
info@alios.me
#PresseTerr
Le magazine,
un média
de l’image
tout autant
que de l’écrit
•  Chemin	de	fer	
équilibré	
•  Variété	des	
traitements	
•  Originalité	
•  Par8-pris	visuel	
•  Légende(s)	
•  …
•  Regardez-vous faire lorsque vous feuilletez
un journal. Presque toujours votre œil se
dirige d’abord vers la photo; presque toujours
vous lisez la légende qui l’accompagne.
•  Constat 1 : la photo est souvent la première
entrée dans le sujet.
•  2 : La légende est souvent la première entrée
rédactionnelle après le titre.
•  3 : si la légende existe, c’est bien que la photo
ne se suffit pas elle-même.	
La photo, puissant
activateur d’intérêt
La photo n’est pas
qu’une illustration.
Information à part
entière, elle fait
aussi « teasing »
vers le texte.
Dans le processus
de mémoire, elle
occupe une place
privilégiée : on se
souvient parfois
d’un sujet par la
photo qui l’informait.
Le chemin de fer
C’est en construisant le chemin de fer par l’alternance des masses
– illustrations et textes – que se met en place le rythme du magazine.
Sommaire attractif, attaques fortes, relances visuelles régulières, etc.
L’équilibre
texte/image
Mises à part
les tribunes des
partis, on devine
une parité
presque exacte
entre texte et
images.
Par ailleurs, en
dehors de la
publicité avec un
fond rouge, la
photographie est
le contrepoint
exclusif du texte
avec quatre
grands formats,
Une comprise.
L’image, parent pauvre
Les fonds couleurs font
illusion : ils sont le contrepoint
principal des textes. Deux
grands formats de photos
seulement et, hormis en
page 5, uniquement des
petits formats.
La diversité des modes de
traitement est faible.
L’alignement de tous les
rubriques – en capitales et
dans un corps considérable par
rapport aux titres* – contribue
à l’uniformité des pages.
* Une erreur de conception :
le contenant de classement prend
le pas sur le contenu de
l’information d’actualité.
L’échelle des illustrations
Le rythme d’un magazine est aussi lié à la diversité de
l’échelle des photographies : double page, page entière,
trois-quart de page, demie, etc.
Diversité et pertinence, les piliers de l’édition magazine
L’originalité d’un mode de traitement illustratif ne suffit pas à rendre
passionnant le feuilletage et la lecture d’un magazine. C’est la diversité
et la pertinence des solutions d’illustration qui fait l’intérêt, la prise en
main du lecteur.
Associés à une bonne mise en page – mais cela va généralement
de pair, car les bons graphistes sont souvent partenaires éditoriaux –
et à l’exigence sur les contenus, cela produit de l’excellence éditoriale.
Ce sont les lecteurs qui plébiscitent alors le magazine, avant Capcom !
Le rythme et la lisibilité du projet sont corollaires de cette diversité.
Quand à la lisibilité visuelle proprement dite, elle est technique : affaire
de typographie et de qualité de contraste.
Un effet bœuf !
Quid après l’effet
optique ébouriffant ?
« Ça bouge »,
certes, mais encore,
en matière d’info et
de sens ?
Les modes
de traitement
illustratifs
de magazine
•  La	photo	légendée	
•  LA	photo	reportage	
•  La	photo	des	élus	
•  L’info-graphie	
•  La	présence	humaine	
•  Les	formats	
•  Les	concep8ons	
couplées	texte/image	
•  Les	photos	de	groupe	
•  L’usage	du	flash	
•  Les	photos	prétextes	
•  Les	détourages
La photo légendée
C’est un mode fréquent de
traitement des rubriques
d’actualité. Il peut être mis à
profit pour des reportages. Un
plus fort impact sera donné si
ces longues légendes sont
titrées.
Un reportage
en une photo
Exemple original
d’un reportage sur
un équipement
départemental.
La photo est très
composée et réuni
tous les acteurs du
projet. L’usage d’un
temps de pose long
(filé sur les enfants)
ajoute une touche
de créativité.
La photo des maires en édito
Sur 18 magazines consultés, un
seul présente l’édile en situation
de relation sociale, de contact,
d’écoute, ce pour quoi il-elle est
en grande partie élu-e.
Photos statiques, hors de tous
contexte : la plus mauvaises
façon de démarrer la lecture
d’un magazine de proximité.
Etc.
Lointain
ou proche ?
La même
photo du maire
publiée
à chaque
parution est un
non sens par
rapport à la
nature de sa
fonction.
L’édile devrait
être représenté
chaque fois en
prise avec un
événement
de terrain
différent.
La scénarisation de l’info
Dans chaque numéro, on peut
réserver un traitement illustratif
particulier à une ou plusieurs
rubriques. Les variables sont
minutieusement définies et,
une fois choisi, ce registre de
traitement est toujours le même.
Sa constance caractérise
la rubrique :
– photo, illustration, infographie
– permanence des auteurs
pour une série de parutions
(6 mois, 1 an…),
– traitements rédactionnels
récurrents (mots-clés,
chiffres…)
– etc.
Mise en scène, Regrouper des
chiffres et indices pour faire sens
est bien. Les mettre en scène
apporte le « plus ».
Le bon scénario fait la bonne
série… pas seulement à la télé !
La Ville est faite
pour l’Homme
La préoccupation de l’homme
est en général au cœur de
l’information. Cela se manifeste
d’emblée par le choix des
photos. Toutes doivent être
animées par un personnage,
qu’il soit acteur ou témoin,
connu ou anonyme, dynamique
ou passif. Dans un chantier en
cours ou réalisé, dans un site
touché par une catastrophe,
c’est l’homme qui donne à la
fois l’échelle des travaux ou
du sinistre et sa dimension
émotionnelle.	
Avec et sans, La présence
humaine est une indication
d’usage, de familiarité,
d’appropriation des lieux
par les citoyens.
Les formats
Dans une page, à moins d’en faire
le parti pris de traitement d’une
rubrique, on évitera que des formats
trop proches se côtoient.
Grands formats et petits formats,
gros plans et plans d’ensemble sont
associés. La page n’en est que plus
animée.
Le grand format n’est pas
seulement réservé aux plans
d’ensemble et le petit aux portraits :
un beau portrait sur une largeur de
page informe certainement autant
– ou en tout cas autrement –
sur le caractère d’un interviewé
que l’équivalent en texte.
Conception conjointe texte/image
Il va de soi que la conception éditoriale
associe étroitement les traitements
rédactionnels et illustratifs. Leur
adéquation établit l’originalité de la
rubrique.
La découpe en
arguments
ou mots-clés
Sur un fond photo, on
abandonnerait
rapidement la lecture
d’un long texte.
Sa découpe en items
graphiquement
soulignés permet au
lecteur de rebondir
d’un paragraphe
à l’autre.
Le contraste doit être
prévu à la prise de
vue pour permettre
une bonne lisibilité,
risque majeur de
cette formule.
La priorité à l’image
Deux portraits, deux approches radicalement
différentes. Celle-ci-dessus est élégante et classique.
Les deux exigent l’excellence photographique.
La contribution des habitants
On faisait rubrique autrefois
des recettes des habitant-e-s.
Aujourd’hui, se mettre en scène
sur les réseaux sociaux est
à la mode. Sympathique, mais
attention toutefois à la vacuité
des messages quand on imite
les banques d’images…
Les photos de groupe
La valeur d’une photo locale est
souvent localement appréciée à l’aune
de la quantité de figurants. De ceux
qu’on montre on espère peut-être
qu’ils seront reconnaissables...
et qu’ils se reconnaîtront.
Le genre a ses limites : émiettement
de la représentation, difficultés
d’identification, conformisme
et platitude des plans frontaux...
L’idéal serait de pouvoir réserver
ce traitement photo à des rubriques
particulières et d’en faire un style
de traitement, l’efficacité venant
dans ce cas de l’accumulation. 	
L’usage
du flash - 1
Ici, un usage
primaire et
maladroit
du flash sape
le traitement
éditorial.
Il n’y a plus
d’ambiance.
Avec la
sensibilité
des appareils
d’aujourd’hui,
le flash est
rarement
nécessaire.
L’usage du flash - 2
Intéressant contre-exemple concernant
le bannissement souvent nécessaire du
flash dans les prises de vues.
Maitrisée par un bon professionnel,
l’usage de l’open flash (flash doublé
d’un temps d’exposition plus long que
celui du flash) est spectaculaire.
Il éclaire le contre-jour en respectant
l’ambiance, avec une touche de
fantaisie apportée par la flore. Noter
l’originalité du point de vue : le
photographe est à plat ventre…
La vacuité des photos
« d’illustration »
Trois exemples d’usage de photos
prétextes qui n’apportent rien, ni à
l’information du sujet, ni à l’agrément
de lecture.
La première, d’une esthétique
ripolinée, est lointaine des usagers et
du sujet de l’info.
La seconde, dans un esprit publicitaire
euphorisant, loin de crédibiliser l’info,
frôle le ridicule.
La troisième, exagérément blanchie
pour permettre la lisibilité (et encore…)
est hors contexte.
Ce sont des illustrations-tapisserie,
inutiles et paresseuses. Le lecteur n’est
sûrement pas dupe…
L’évacuation du réel par le cadrage
Certains traitements graphiques,
intéressants ou anodins dans un
numéro zéro, apparaissent à l’usage
impossibles à gérer en matière
d’information.
La recherche de documents permettant
ici la découpe devient un casse-tête
régulier, au risque du plantage (!) :
la plantation d’un arbre, sujet de l’info,
disparaît avec la coupe de l’enfant et
des mains qui tiennent le plant.
On a oublié que la photo était un pilier
de l’information – et non un motif
décoratif – et que la maquette est
chargée de mettre en valeur le sens.
Le détourage des photos
En matière d’information, la valeur
d’une photo tient pour beaucoup à sa
contextualisation. C’est dire que sujet
et décor sont le plus souvent
indissociables.
Parfois même, un sujet isolé de son
contexte, détouré, peut être interprété
comme « déconnecté » de la réalité.
L’usage du détourage pour des
personnalités politiques (édito…)
est ainsi contre-productif.
Dans certains cas cependant
(objets, culture, fonds unis et
neutres…) le détourage amène une
animation intéressante de la page.
Cette technique gagne à être
confrontée avec des traitements
plus classiques de la photo.
Les légendes
utilité,
rédaction,
placement
•  Rédac8on	
•  Rôle	
•  Inscrip8on		
dans	l’image
La rédaction des légendes
Une photo doit toujours être légendée et si possible datée.
Un portrait, même d’une personnalité connue de tous, également.
La légende confirme le lecteur dans son identification.
On évitera néanmoins la redondance. Inutile de raconter ce que montre
explicitement la photo. Ou d’écrire pour ne rien dire. Combien de « public
de connaisseurs » ou « une assistance nombreuse » pour un spectacle
quelconque. La légende doit informer, expliquer, lever toute ambiguïté
s’il en existe une, amuser, plaire. Elle doit être travaillée.
Une bonne solution consiste à rédiger la légende en deux parties
complémentaires et consécutives qui seront différenciées par un
traitement typographique ( gras / maigre, romain / italique, etc.) :
– le lieu, la date et l’information factuelle, l’événement,
– la signification ou la mise en perspective de l’événement (le coût…).
Selon la nature de la publication, l’une ou l’autre des parties seront
installées en premier ou en second.
Les photos mal ou non légendées
La curiosité des lecteurs ne se limite
pas aux angles des sujets proposés
par les rédactions.
C’est le rôle de la légende que que de
rappeler l’essentiel du sujet, mais
aussi d’élargir le registre du sens
véhiculé par la photo.
C’est une possibilité – une chance –
de rattraper un lecteur que le sujet
n’intéresserait pas a priori.
	
L’oubli du sujet
6 pages port folio consacrées
à un photographe n’auraient
pas dû faire oublier les
athlètes, remarquables s’ils
ont été photographiés.
C’est une question de droit
sur l’image des sujets et
d’attention pour les lecteurs
curieux.
Ici, noms,
dates et lieux
étaient indis-
pensables.
L’inscription dans l’image
Toujours difficiles à lire, elles sont
élégantes mais exigent des textes
courts. On peut foncer les parties
claires dans le respect de l’intégrité
de l’image, mais mieux vaut choisir
une image à fond relativement uni
et fortement contrasté. 	
Rupture
de contraste
Impossible
ici de foncer
la perche
blanche,
La gêne est
supportable
au vu de
l’étroitesse
de la zone
d’illisibilité.
Une lecture
très difficile
Un excès de texte
noir-au-blanc dissuade
la plupart des lecteurs.
Cela doit rester un
mode de traitement
exceptionnel.
Restez connectés et retrouvez les actes
sur cap-com.org #PresseTerr
Merci pour
votre attention
Philippe Bissières
graphiste,
conseil éditorial
info@alios.me

Donner du rythme à travers l'iconographie

  • 1.
    7e Rencontres nationalesde la presse territoriale Donner du rythme et de la lisibilité à son journal grâce à l’iconographie Philippe Bissières Graphiste, conseil éditorial info@alios.me #PresseTerr
  • 2.
    Le magazine, un média del’image tout autant que de l’écrit •  Chemin de fer équilibré •  Variété des traitements •  Originalité •  Par8-pris visuel •  Légende(s) •  …
  • 3.
    •  Regardez-vous fairelorsque vous feuilletez un journal. Presque toujours votre œil se dirige d’abord vers la photo; presque toujours vous lisez la légende qui l’accompagne. •  Constat 1 : la photo est souvent la première entrée dans le sujet. •  2 : La légende est souvent la première entrée rédactionnelle après le titre. •  3 : si la légende existe, c’est bien que la photo ne se suffit pas elle-même. La photo, puissant activateur d’intérêt La photo n’est pas qu’une illustration. Information à part entière, elle fait aussi « teasing » vers le texte. Dans le processus de mémoire, elle occupe une place privilégiée : on se souvient parfois d’un sujet par la photo qui l’informait.
  • 4.
    Le chemin defer C’est en construisant le chemin de fer par l’alternance des masses – illustrations et textes – que se met en place le rythme du magazine. Sommaire attractif, attaques fortes, relances visuelles régulières, etc. L’équilibre texte/image Mises à part les tribunes des partis, on devine une parité presque exacte entre texte et images. Par ailleurs, en dehors de la publicité avec un fond rouge, la photographie est le contrepoint exclusif du texte avec quatre grands formats, Une comprise.
  • 5.
    L’image, parent pauvre Lesfonds couleurs font illusion : ils sont le contrepoint principal des textes. Deux grands formats de photos seulement et, hormis en page 5, uniquement des petits formats. La diversité des modes de traitement est faible. L’alignement de tous les rubriques – en capitales et dans un corps considérable par rapport aux titres* – contribue à l’uniformité des pages. * Une erreur de conception : le contenant de classement prend le pas sur le contenu de l’information d’actualité. L’échelle des illustrations Le rythme d’un magazine est aussi lié à la diversité de l’échelle des photographies : double page, page entière, trois-quart de page, demie, etc.
  • 6.
    Diversité et pertinence,les piliers de l’édition magazine L’originalité d’un mode de traitement illustratif ne suffit pas à rendre passionnant le feuilletage et la lecture d’un magazine. C’est la diversité et la pertinence des solutions d’illustration qui fait l’intérêt, la prise en main du lecteur. Associés à une bonne mise en page – mais cela va généralement de pair, car les bons graphistes sont souvent partenaires éditoriaux – et à l’exigence sur les contenus, cela produit de l’excellence éditoriale. Ce sont les lecteurs qui plébiscitent alors le magazine, avant Capcom ! Le rythme et la lisibilité du projet sont corollaires de cette diversité. Quand à la lisibilité visuelle proprement dite, elle est technique : affaire de typographie et de qualité de contraste. Un effet bœuf ! Quid après l’effet optique ébouriffant ? « Ça bouge », certes, mais encore, en matière d’info et de sens ?
  • 7.
    Les modes de traitement illustratifs demagazine •  La photo légendée •  LA photo reportage •  La photo des élus •  L’info-graphie •  La présence humaine •  Les formats •  Les concep8ons couplées texte/image •  Les photos de groupe •  L’usage du flash •  Les photos prétextes •  Les détourages
  • 8.
    La photo légendée C’estun mode fréquent de traitement des rubriques d’actualité. Il peut être mis à profit pour des reportages. Un plus fort impact sera donné si ces longues légendes sont titrées.
  • 9.
    Un reportage en unephoto Exemple original d’un reportage sur un équipement départemental. La photo est très composée et réuni tous les acteurs du projet. L’usage d’un temps de pose long (filé sur les enfants) ajoute une touche de créativité.
  • 10.
    La photo desmaires en édito Sur 18 magazines consultés, un seul présente l’édile en situation de relation sociale, de contact, d’écoute, ce pour quoi il-elle est en grande partie élu-e. Photos statiques, hors de tous contexte : la plus mauvaises façon de démarrer la lecture d’un magazine de proximité. Etc. Lointain ou proche ? La même photo du maire publiée à chaque parution est un non sens par rapport à la nature de sa fonction. L’édile devrait être représenté chaque fois en prise avec un événement de terrain différent.
  • 11.
    La scénarisation del’info Dans chaque numéro, on peut réserver un traitement illustratif particulier à une ou plusieurs rubriques. Les variables sont minutieusement définies et, une fois choisi, ce registre de traitement est toujours le même. Sa constance caractérise la rubrique : – photo, illustration, infographie – permanence des auteurs pour une série de parutions (6 mois, 1 an…), – traitements rédactionnels récurrents (mots-clés, chiffres…) – etc. Mise en scène, Regrouper des chiffres et indices pour faire sens est bien. Les mettre en scène apporte le « plus ». Le bon scénario fait la bonne série… pas seulement à la télé !
  • 12.
    La Ville estfaite pour l’Homme La préoccupation de l’homme est en général au cœur de l’information. Cela se manifeste d’emblée par le choix des photos. Toutes doivent être animées par un personnage, qu’il soit acteur ou témoin, connu ou anonyme, dynamique ou passif. Dans un chantier en cours ou réalisé, dans un site touché par une catastrophe, c’est l’homme qui donne à la fois l’échelle des travaux ou du sinistre et sa dimension émotionnelle. Avec et sans, La présence humaine est une indication d’usage, de familiarité, d’appropriation des lieux par les citoyens.
  • 13.
    Les formats Dans unepage, à moins d’en faire le parti pris de traitement d’une rubrique, on évitera que des formats trop proches se côtoient. Grands formats et petits formats, gros plans et plans d’ensemble sont associés. La page n’en est que plus animée. Le grand format n’est pas seulement réservé aux plans d’ensemble et le petit aux portraits : un beau portrait sur une largeur de page informe certainement autant – ou en tout cas autrement – sur le caractère d’un interviewé que l’équivalent en texte.
  • 14.
    Conception conjointe texte/image Ilva de soi que la conception éditoriale associe étroitement les traitements rédactionnels et illustratifs. Leur adéquation établit l’originalité de la rubrique. La découpe en arguments ou mots-clés Sur un fond photo, on abandonnerait rapidement la lecture d’un long texte. Sa découpe en items graphiquement soulignés permet au lecteur de rebondir d’un paragraphe à l’autre. Le contraste doit être prévu à la prise de vue pour permettre une bonne lisibilité, risque majeur de cette formule. La priorité à l’image Deux portraits, deux approches radicalement différentes. Celle-ci-dessus est élégante et classique. Les deux exigent l’excellence photographique.
  • 15.
    La contribution deshabitants On faisait rubrique autrefois des recettes des habitant-e-s. Aujourd’hui, se mettre en scène sur les réseaux sociaux est à la mode. Sympathique, mais attention toutefois à la vacuité des messages quand on imite les banques d’images…
  • 16.
    Les photos degroupe La valeur d’une photo locale est souvent localement appréciée à l’aune de la quantité de figurants. De ceux qu’on montre on espère peut-être qu’ils seront reconnaissables... et qu’ils se reconnaîtront. Le genre a ses limites : émiettement de la représentation, difficultés d’identification, conformisme et platitude des plans frontaux... L’idéal serait de pouvoir réserver ce traitement photo à des rubriques particulières et d’en faire un style de traitement, l’efficacité venant dans ce cas de l’accumulation. L’usage du flash - 1 Ici, un usage primaire et maladroit du flash sape le traitement éditorial. Il n’y a plus d’ambiance. Avec la sensibilité des appareils d’aujourd’hui, le flash est rarement nécessaire.
  • 17.
    L’usage du flash- 2 Intéressant contre-exemple concernant le bannissement souvent nécessaire du flash dans les prises de vues. Maitrisée par un bon professionnel, l’usage de l’open flash (flash doublé d’un temps d’exposition plus long que celui du flash) est spectaculaire. Il éclaire le contre-jour en respectant l’ambiance, avec une touche de fantaisie apportée par la flore. Noter l’originalité du point de vue : le photographe est à plat ventre…
  • 18.
    La vacuité desphotos « d’illustration » Trois exemples d’usage de photos prétextes qui n’apportent rien, ni à l’information du sujet, ni à l’agrément de lecture. La première, d’une esthétique ripolinée, est lointaine des usagers et du sujet de l’info. La seconde, dans un esprit publicitaire euphorisant, loin de crédibiliser l’info, frôle le ridicule. La troisième, exagérément blanchie pour permettre la lisibilité (et encore…) est hors contexte. Ce sont des illustrations-tapisserie, inutiles et paresseuses. Le lecteur n’est sûrement pas dupe…
  • 19.
    L’évacuation du réelpar le cadrage Certains traitements graphiques, intéressants ou anodins dans un numéro zéro, apparaissent à l’usage impossibles à gérer en matière d’information. La recherche de documents permettant ici la découpe devient un casse-tête régulier, au risque du plantage (!) : la plantation d’un arbre, sujet de l’info, disparaît avec la coupe de l’enfant et des mains qui tiennent le plant. On a oublié que la photo était un pilier de l’information – et non un motif décoratif – et que la maquette est chargée de mettre en valeur le sens.
  • 20.
    Le détourage desphotos En matière d’information, la valeur d’une photo tient pour beaucoup à sa contextualisation. C’est dire que sujet et décor sont le plus souvent indissociables. Parfois même, un sujet isolé de son contexte, détouré, peut être interprété comme « déconnecté » de la réalité. L’usage du détourage pour des personnalités politiques (édito…) est ainsi contre-productif. Dans certains cas cependant (objets, culture, fonds unis et neutres…) le détourage amène une animation intéressante de la page. Cette technique gagne à être confrontée avec des traitements plus classiques de la photo.
  • 21.
  • 22.
    La rédaction deslégendes Une photo doit toujours être légendée et si possible datée. Un portrait, même d’une personnalité connue de tous, également. La légende confirme le lecteur dans son identification. On évitera néanmoins la redondance. Inutile de raconter ce que montre explicitement la photo. Ou d’écrire pour ne rien dire. Combien de « public de connaisseurs » ou « une assistance nombreuse » pour un spectacle quelconque. La légende doit informer, expliquer, lever toute ambiguïté s’il en existe une, amuser, plaire. Elle doit être travaillée. Une bonne solution consiste à rédiger la légende en deux parties complémentaires et consécutives qui seront différenciées par un traitement typographique ( gras / maigre, romain / italique, etc.) : – le lieu, la date et l’information factuelle, l’événement, – la signification ou la mise en perspective de l’événement (le coût…). Selon la nature de la publication, l’une ou l’autre des parties seront installées en premier ou en second.
  • 23.
    Les photos malou non légendées La curiosité des lecteurs ne se limite pas aux angles des sujets proposés par les rédactions. C’est le rôle de la légende que que de rappeler l’essentiel du sujet, mais aussi d’élargir le registre du sens véhiculé par la photo. C’est une possibilité – une chance – de rattraper un lecteur que le sujet n’intéresserait pas a priori. L’oubli du sujet 6 pages port folio consacrées à un photographe n’auraient pas dû faire oublier les athlètes, remarquables s’ils ont été photographiés. C’est une question de droit sur l’image des sujets et d’attention pour les lecteurs curieux. Ici, noms, dates et lieux étaient indis- pensables.
  • 24.
    L’inscription dans l’image Toujoursdifficiles à lire, elles sont élégantes mais exigent des textes courts. On peut foncer les parties claires dans le respect de l’intégrité de l’image, mais mieux vaut choisir une image à fond relativement uni et fortement contrasté. Rupture de contraste Impossible ici de foncer la perche blanche, La gêne est supportable au vu de l’étroitesse de la zone d’illisibilité. Une lecture très difficile Un excès de texte noir-au-blanc dissuade la plupart des lecteurs. Cela doit rester un mode de traitement exceptionnel.
  • 25.
    Restez connectés etretrouvez les actes sur cap-com.org #PresseTerr Merci pour votre attention Philippe Bissières graphiste, conseil éditorial info@alios.me