La différenciation ou
comment enseigner à
une classe hétérogène
Amaury Daele – CSE-UNIL
2
Pédagogie différenciée (ou
différenciation)
• « Le terme de pédagogie différenciée veut désigner "un 
effort de diversification méthodologique susceptible de 
répondre à la diversité des élèves." » (Legrand, 1973)
• « Différencier, c’est organiser les interactions et les 
activités de sorte que chaque élève soit constamment ou 
du moins très souvent confronté aux situations 
didactiques les plus fécondes pour lui. » (Perrenoud, 
1992)
• « Pédagogie constituée de toutes les dispositions que 
peut mettre en place un-e enseignant-e en vue de tenir 
compte des différences entre ses élèves. » (Kahn, 2010, 
p. 5)
Exercice - discussion
1. 3’ : Individuellement, réfléchissez à une situation 
où, en tant qu’étudiant-e à l’université, vous avez 
eu le sentiment d’avoir très bien appris. Quelles 
étaient les conditions dans lesquelles vous étiez ?
2. 5-10’ : Avec votre voisin-e, comparez vos deux 
situations. Quels sont les points communs et les 
différences ? Essayez de lister quelques facteurs qui 
vous ont permis à tou-te-s les deux d’apprendre 
efficacement.
3. 5-10’ : Mise en commun
3
4
Variété des différences (Aylwin, 1996)
• Parcours variés avant l’enseignement supérieur : maturité 
(professionnelle), CFC, équivalent à l’étranger, travail salarié, 
etc.
• Age : jeunes sortant du gymnase ou adultes en reprise 
d’études
• Culture : suisses/étrangers, groupes sociaux
• Aptitudes intellectuelles (Gardner) : logique, linguistique, 
musicale, spatiale, kinesthésique, interpersonnelle, 
intrapersonnelle
• « Styles » d’apprentissage
• Traits individuels : préparation, motivation, rythme
5
Deux orientations (Kahn, 2010)
• Valoriser les différences (pour les identifier et les 
partager)
• Réduire les différences (pour assurer l’égalité des 
acquis)
Etapes principales de la différenciation
1. Diagnostic
2. Enseignement collectif (méthodes, mises en
situation, interactions et supports variés)
3. Exercisation individuelle ou en petits groupes (choix
d’activités par les étudiant-e-s ou activités
adaptées)
4. Evaluation formative et feedback
5. Remédiation (explications collectives
complémentaires, exercices supplémentaires)
6
7
Différenciation : 4 catégories (d’après
Boucenna, 2011 et Aylwin, 1996)
1. Différenciation des natures d’interactions entre
étudiant-e-s (relations et rôles)
2. Différenciation des processus/activités
d’apprentissage organisées par l’enseignant-e
3. Différenciation des contenus en fonction des
objectifs/intérêts de différents groupes d’étudiant-
e-s
4. Différenciation des pratiques d’évaluation
(formative)
8
1. Différenciation des interactions
• Travaux en groupes
– Groupes de besoin / de niveau
– Groupes d’intérêt, de projet / d’affinité
– Groupes de complémentarité
• Rôles des étudiant-e-s
– Entraide
– Dyades
– Expertise  Tutorat/Mentorat
9
2. Différenciation des
processus/activités
• Activités
– Exposés, recherche personnelle
– Expérimentations, travaux pratiques
– Production
– Résolution de problèmes, projets
– Exercices avec corrigés
– Jeux de rôle
• Autonomie, méthodes de travail
– Fiches méthodologiques
– Glossaires
– Planification individuelle des activités
3. Différenciation des contenus et des
supports
• Plan de travail individualisé ou par groupe
• Diagnostic et travaux personnalisés
• Contenus différents en fonction :
– Des intérêts
– Du cursus des étudiant-e-s
– Des questions posées
– Des difficultés rencontrées
• Supports - contenus
– Activités de lecture
– Audio, vidéo (production)
– Images, photos
10
11
4. Différenciation des pratiques
d’évaluation (formative)
• Modes
– Auto-évaluation
– Évaluation entre pairs
– Évaluation par l’enseignant-e ou un-e expert-e
– Co-évaluation
– Techniques de Rétroaction en Classe
• Outils
– Carnet de bord personnel des étudiant-e-s
– Portfolio
– Corrigés
– Fiches méthodologiques personnelles (méthodes de travail,
résolution d’exercices, etc.)
– Identification des erreurs et séances questions-réponses
Exemples d’organisation pour une
séance d’enseignement
• Exposés + pauses (discussions par deux, questions-
réponses, synthèses partielles, etc.)
• Travaux en sous-groupes puis mise en commun
• Préparation avant la séance (lecture, exercice, étude
de cas, écriture d’un texte, etc.) et exploitation en
classe (sous-groupes, évaluation entre pairs, mise
en commun, etc.)
12
Exemples d’organisation pour un
semestre
• Diagnostic initial
• Périodes de récupération initiale ou périodique
(organisation de groupes de niveau avec exercices
spécifiques)
• Moyens d’auto-apprentissage (exercices avec
corrigés, lectures et guides de lectures, grilles
d’évaluation, etc.)
13
Techniques de Rétroaction en Classe
(Classroom Assessment Techniques)
1/2
• Sondage sur les connaissances antérieures
(oral/écrit)
• Vérifier les conceptions des étudiant-e-s (oral/écrit,
images, métaphores, etc.)
• Lister les mots-clés
• Mémoire matricielle
• One minute paper
• Muddiest point
14
Techniques de Rétroaction en Classe
(Classroom Assessment Techniques)
2/2
• Grilles des pour et contre
• Résumer en une phrase / un paragraphe
• Paraphraser / vulgariser des explications
scientifiques pour un public donné
• Citer des exemples / applications d’une théorie
• LQRT (Lecture-Questions-Réponses-Test)
15
Etudes de cas (sur le mode « send-a-
problem »)
• Formez des groupes de 2 ou 3
• 2 temps (2 X 10-15 minutes) :
1. Vous recevez un premier cas, vous proposez des pistes pour le
résoudre.
2. Vous recevez un deuxième cas et vous évaluez les réponses du
groupe précédent. Critères : réalisme, analyse des différences
entre étudiant-e-s, prise en compte du contexte.
• Mise en commun (un-e rapporteur/euse par groupe)
(5’/groupe)
16
En conclusion, quelques éléments à
retenir…
• Il est utile d’organiser un diagnostic initial avec les
étudiant-e-s (connaissances, attitudes, réflexions,
etc.).
• Ce diagnostic devrait être réalisé de manière
continue (Techniques de Rétroaction en Classe).
• Les activités et travaux peuvent être différenciés sur
plusieurs dimensions : contenus, interactions,
modes d’évaluation, etc.
17
18
Références
• Aylwin, U. (1996). La différence qui fait la différence... ou l’art de réussir
dans l’enseignement. Montréal: Association québécoise de pédagogie
collégiale.
• Boucenna, S. (2011). 101 fiches pour différencier. Namur: Presses
universitaires de Namur.
• Cross, P.-K., & Angelo, T.-A. (1993). Classroom Assessment Techniques. A
handbook for Faculty. Jossey-Bass : San Francisco.
• Feyfant, A. (2008) . Individualisation et différenciation des apprentissages
. Dossier d’actualité Veille et Analyses, n°40. En ligne :
http://ife.ens-lyon.fr/vst/DA/detailsDossier.php?parent=accueil&dossier=40&l
• Kahn, S. (2010). Pédagogie différenciée. Bruxelles: de boeck.
• Legrand, L. (1986). La différenciation pédagogique. Paris : Cemea.
• Perrenoud, P. (1992). Différenciation de l’enseignement: résistances,
deuils et paradoxes. Cahiers pédagogiques, 306, 49-55.

La différenciation ou comment enseigner à une classe hétérogène?

  • 1.
    La différenciation ou commentenseigner à une classe hétérogène Amaury Daele – CSE-UNIL
  • 2.
    2 Pédagogie différenciée (ou différenciation) •« Le terme de pédagogie différenciée veut désigner "un  effort de diversification méthodologique susceptible de  répondre à la diversité des élèves." » (Legrand, 1973) • « Différencier, c’est organiser les interactions et les  activités de sorte que chaque élève soit constamment ou  du moins très souvent confronté aux situations  didactiques les plus fécondes pour lui. » (Perrenoud,  1992) • « Pédagogie constituée de toutes les dispositions que  peut mettre en place un-e enseignant-e en vue de tenir  compte des différences entre ses élèves. » (Kahn, 2010,  p. 5)
  • 3.
    Exercice - discussion 1.3’ : Individuellement, réfléchissez à une situation  où, en tant qu’étudiant-e à l’université, vous avez  eu le sentiment d’avoir très bien appris. Quelles  étaient les conditions dans lesquelles vous étiez ? 2. 5-10’ : Avec votre voisin-e, comparez vos deux  situations. Quels sont les points communs et les  différences ? Essayez de lister quelques facteurs qui  vous ont permis à tou-te-s les deux d’apprendre  efficacement. 3. 5-10’ : Mise en commun 3
  • 4.
    4 Variété des différences(Aylwin, 1996) • Parcours variés avant l’enseignement supérieur : maturité  (professionnelle), CFC, équivalent à l’étranger, travail salarié,  etc. • Age : jeunes sortant du gymnase ou adultes en reprise  d’études • Culture : suisses/étrangers, groupes sociaux • Aptitudes intellectuelles (Gardner) : logique, linguistique,  musicale, spatiale, kinesthésique, interpersonnelle,  intrapersonnelle • « Styles » d’apprentissage • Traits individuels : préparation, motivation, rythme
  • 5.
    5 Deux orientations (Kahn,2010) • Valoriser les différences (pour les identifier et les  partager) • Réduire les différences (pour assurer l’égalité des  acquis)
  • 6.
    Etapes principales dela différenciation 1. Diagnostic 2. Enseignement collectif (méthodes, mises en situation, interactions et supports variés) 3. Exercisation individuelle ou en petits groupes (choix d’activités par les étudiant-e-s ou activités adaptées) 4. Evaluation formative et feedback 5. Remédiation (explications collectives complémentaires, exercices supplémentaires) 6
  • 7.
    7 Différenciation : 4catégories (d’après Boucenna, 2011 et Aylwin, 1996) 1. Différenciation des natures d’interactions entre étudiant-e-s (relations et rôles) 2. Différenciation des processus/activités d’apprentissage organisées par l’enseignant-e 3. Différenciation des contenus en fonction des objectifs/intérêts de différents groupes d’étudiant- e-s 4. Différenciation des pratiques d’évaluation (formative)
  • 8.
    8 1. Différenciation desinteractions • Travaux en groupes – Groupes de besoin / de niveau – Groupes d’intérêt, de projet / d’affinité – Groupes de complémentarité • Rôles des étudiant-e-s – Entraide – Dyades – Expertise  Tutorat/Mentorat
  • 9.
    9 2. Différenciation des processus/activités •Activités – Exposés, recherche personnelle – Expérimentations, travaux pratiques – Production – Résolution de problèmes, projets – Exercices avec corrigés – Jeux de rôle • Autonomie, méthodes de travail – Fiches méthodologiques – Glossaires – Planification individuelle des activités
  • 10.
    3. Différenciation descontenus et des supports • Plan de travail individualisé ou par groupe • Diagnostic et travaux personnalisés • Contenus différents en fonction : – Des intérêts – Du cursus des étudiant-e-s – Des questions posées – Des difficultés rencontrées • Supports - contenus – Activités de lecture – Audio, vidéo (production) – Images, photos 10
  • 11.
    11 4. Différenciation despratiques d’évaluation (formative) • Modes – Auto-évaluation – Évaluation entre pairs – Évaluation par l’enseignant-e ou un-e expert-e – Co-évaluation – Techniques de Rétroaction en Classe • Outils – Carnet de bord personnel des étudiant-e-s – Portfolio – Corrigés – Fiches méthodologiques personnelles (méthodes de travail, résolution d’exercices, etc.) – Identification des erreurs et séances questions-réponses
  • 12.
    Exemples d’organisation pourune séance d’enseignement • Exposés + pauses (discussions par deux, questions- réponses, synthèses partielles, etc.) • Travaux en sous-groupes puis mise en commun • Préparation avant la séance (lecture, exercice, étude de cas, écriture d’un texte, etc.) et exploitation en classe (sous-groupes, évaluation entre pairs, mise en commun, etc.) 12
  • 13.
    Exemples d’organisation pourun semestre • Diagnostic initial • Périodes de récupération initiale ou périodique (organisation de groupes de niveau avec exercices spécifiques) • Moyens d’auto-apprentissage (exercices avec corrigés, lectures et guides de lectures, grilles d’évaluation, etc.) 13
  • 14.
    Techniques de Rétroactionen Classe (Classroom Assessment Techniques) 1/2 • Sondage sur les connaissances antérieures (oral/écrit) • Vérifier les conceptions des étudiant-e-s (oral/écrit, images, métaphores, etc.) • Lister les mots-clés • Mémoire matricielle • One minute paper • Muddiest point 14
  • 15.
    Techniques de Rétroactionen Classe (Classroom Assessment Techniques) 2/2 • Grilles des pour et contre • Résumer en une phrase / un paragraphe • Paraphraser / vulgariser des explications scientifiques pour un public donné • Citer des exemples / applications d’une théorie • LQRT (Lecture-Questions-Réponses-Test) 15
  • 16.
    Etudes de cas(sur le mode « send-a- problem ») • Formez des groupes de 2 ou 3 • 2 temps (2 X 10-15 minutes) : 1. Vous recevez un premier cas, vous proposez des pistes pour le résoudre. 2. Vous recevez un deuxième cas et vous évaluez les réponses du groupe précédent. Critères : réalisme, analyse des différences entre étudiant-e-s, prise en compte du contexte. • Mise en commun (un-e rapporteur/euse par groupe) (5’/groupe) 16
  • 17.
    En conclusion, quelqueséléments à retenir… • Il est utile d’organiser un diagnostic initial avec les étudiant-e-s (connaissances, attitudes, réflexions, etc.). • Ce diagnostic devrait être réalisé de manière continue (Techniques de Rétroaction en Classe). • Les activités et travaux peuvent être différenciés sur plusieurs dimensions : contenus, interactions, modes d’évaluation, etc. 17
  • 18.
    18 Références • Aylwin, U.(1996). La différence qui fait la différence... ou l’art de réussir dans l’enseignement. Montréal: Association québécoise de pédagogie collégiale. • Boucenna, S. (2011). 101 fiches pour différencier. Namur: Presses universitaires de Namur. • Cross, P.-K., & Angelo, T.-A. (1993). Classroom Assessment Techniques. A handbook for Faculty. Jossey-Bass : San Francisco. • Feyfant, A. (2008) . Individualisation et différenciation des apprentissages . Dossier d’actualité Veille et Analyses, n°40. En ligne : http://ife.ens-lyon.fr/vst/DA/detailsDossier.php?parent=accueil&dossier=40&l • Kahn, S. (2010). Pédagogie différenciée. Bruxelles: de boeck. • Legrand, L. (1986). La différenciation pédagogique. Paris : Cemea. • Perrenoud, P. (1992). Différenciation de l’enseignement: résistances, deuils et paradoxes. Cahiers pédagogiques, 306, 49-55.