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TECHNIQUES ET
PROCESSUS DE
MEDIATION
PLAN
INTRODUCTION
 I-LE CONCEPT DE MEDIATION
1-DEFINITION
2-LES OBJECTIFS DE LA MEDIATION
3-LA TYPOLOGIE DES MEDIATIONS
II-LES ACTEURS DE LA MEDIATION
1-LE MEDIATEUR, UN ACTEUR FORME
2-LES PARTIES AU CONFLIT
III-LES TECHNIQUES DE MEDIATION
1-L’ECOUTE ACTIVE  
2-LA REFORMULATION
3-LE REFLET
4-LA CO-MEDIATION
5-MEDIATION DIRECTE ET MEDIATION 
INDIRECTE
IV- LE PROCESSUS DE MEDIATION
1-LA DEMANDE DE MEDIATION
2-LA PROPOSITION DE MEDIATION
3-LA STRATEGIE DE MEDIATION
4-LES RENCONTRES
5-L’ACCORD
6-LE SUIVI
 
CONCLUSION
LIMINAIRES
PUBLIC VISE
Auditeurs en provenance de tout horizon et de tout 
secteur  d’activités,  généralement  peu  informés  des 
théories et des pratiques de la conflictualité et de la 
médiation.
Auditeurs  informés,  mais  désirant  matérialiser  leurs 
acquis par un diplôme académique
Toute personne désireuse de se rendre utile dans un 
milieu conflictuel.
OBJECTIF GENERAL
Préciser les apports de la médiation, de plus en plus 
recherchée,  pour  prévenir  et  gérer  des  situations  de 
conflits, violence larvée ou explosive, dans différents 
contextes.
Se  familiariser  avec  les  techniques,  les  pratiques  et 
l’analyse de différents types de médiation,  à travers 
une  approche  complète,  donnant  à  chacun  la 
possibilité  de  rétablir  une  communication 
satisfaisante.
LES PRE-REQUIS
Explorer et pratiquer les outils de communication les
plus utiles pour prévenir et résoudre les conflits.
Savoir favoriser un contexte d’échange autour de la 
relation existante : détecter les distorsions linguistiques 
qui favorisent les impasses de communication ;
 Comprendre les fondements de la position de perception 
de l’autre ;
 Pratiquer l’écoute active ;
 Utiliser les différentes formes de reformulation
 Savoir développer un climat de collaboration et de 
créativité orienté vers des solutions
 
MODALITES DE TRAVAIL
Apports théoriques et méthodologiques
Expérience pratique privilégiée, pour permettre de 
découvrir les mécanismes qui sont à l’origine des 
conflits interpersonnels et d’apprendre à les 
transformer.
Appui sur les situations vécues et proposées par les 
participants
Jeux de rôles, exercices individuels et de groupe.
Approche pédagogique : interactivité.
COMPETENCES VISEES
Savoir écouter l’autre, de manière complète.
Pouvoir gérer des situations conflictuelles.
Pourvoir aider l’autre à faire évoluer son analyse de la 
situation conflictuelle vers la solution.
Pouvoir développer une compréhension multi 
référentielle
Aborder de façon globale et cohérente les situations 
de conflit.
 
CADRE THEORIQUE
INTRODUCTION
L’Etat,  détenteur  de  la  souveraineté,  est  longtemps 
demeuré  l’acteur  principal  de  résolution  des  conflits 
par voie de diplomatie  conventionnelle. Mais depuis 
la  guerre  froide,  et  surtout  la  fin  de  celle-ci,  avec  la 
chute du mur de Berlin (1989), les formes des conflits  
ont évolué et mettent à mal la diplomatie classique. 
Le  conflit  est  au  cœur  de  la  vie  des  familles,  des 
groupes  ethniques,  des  groupes  sociaux,  des 
communautés rurales et urbaines. 
Il est omniprésent au point d’introduire, pour leur 
résolution, de « nouveaux acteurs de paix » ou la 
Société Civile, qui dispose de moyens autres que 
ceux  de  l’Etat  ou  de  la  diplomatie 
conventionnelle.  Mais,  toutefois,  certaines 
autorités de l’Etat ont conservé leur rôle de faiseur 
de paix et de gestionnaire des conflits. Il s’agit des 
membres  du  corps  préfectoral  dont  l’importance 
des  tâches  administratives  à  accomplir  est 
essentiellement  masquée  voire  freinée  par  des 
instances de gestion de conflits récurrents. 
On peut y ajouter d’autres parties prenantes, 
élus  locaux,  etc…Conflits  fonciers  par  ci, 
conflits  entre  communautés  locales  par  là. 
Parfois  même,  il  existe  des  situations 
conflictuelles qui paraissent ‘’irrésolvables ‘’.
Le  motif  étant  qu’ils  ne  disposent  pas  d’outils 
conséquents  pour  anticiper,  gérer  et  résoudre  le 
conflit.
D’autres conflits sont larvés ou « endormis ». S’il est 
vrai  que  les  conflits  font  partie  de  notre  vie,  nous 
devons, à quelques niveaux, nous armer efficacement 
pour les gérer.  
En  dehors  des  modes  traditionnels 
tels  que  l’ouverture  d’une  procédure 
judiciaire,  nous  allons  tenter  ici  de 
vulgariser la technique et le processus 
de la médiation.
Avant toute analyse, nous allons 
d’abord situer le champ conceptuel de 
la médiation.
I-LE CONCEPT DE MEDIATION
1-Qu’est-ce que la médiation selon vous?
Brainstorming
Le  terme  médiation  est  polysémique.  Ses  divers  sens 
tournent  autour  d’une  étymologie  commune.  Celle 
tenant au radical « med », issu de l’osque latinisé. Le 
mot  renvoie  à  la  notion  de  mesure,  au  sens  de 
modération. Cette racine se retrouve en latin (medeor 
=  médier,  réfléchir,  inventer)  et  a  donné  les  termes 
qui évoquent l’idée de milieu, de medium. Ce dernier 
vocable,  en  latin  signifie  « milieu »  (le  point  qui 
sépare deux parties égales). Un milieu est un point de 
jonction  entre  deux  ou  plusieurs,  donc  un  point  de 
liaison. 
Le mot medium est passé en anglais en gardant le sens 
étymologique  latin  pour  désigner  une  puissance 
intermédiaire  entre  les  hommes  et  les  esprits.  Il  est 
passé  en  américain  en  1965  pour  désigner  les 
techniques  de  diffusion  de  la  culture  de  masse,  Cf. 
mass média. Le tout mis ensemble, fait de cet « entre 
deux » une puissance digne d’égard et de respect de la 
part des antagonistes.
Ancien  peuple  du  Latium  l’Italie  centrale  sur  la  mer 
Tyrrhénienne, habité par les Latins du 11ème
 millénaire 
et conquis par Rome en 338-335 avant J.C 
 
La médiation peut être définie selon Bonafé-Schmitt 
comme :
« Un processus le plus souvent formel par lequel un tiers
neutre  tente,  à  travers  la  conduite  d’une  réunion,  de 
permettre aux parties de confronter leurs points de vue et 
de rechercher avec son aide une solution aux litiges qui les 
opposent.  Comme  dans  le  cas  de  la  conciliation,  le 
médiateur    assiste  simplement  les  parties  dans  la 
recherche  d’une  solution  qui  satisfera  leurs  intérêts 
respectifs  et  il  ne dispose  d’aucun pouvoir pour 
trancher le différend ou imposer la décision aux parties en 
cause. »
Bonafé Schmitt, Jean-Pierre : Plaidoyer pour une 
sociologie de la médiation. Annales de Vaucresson 1.c. p.23
Etienne Leroy, sur la question, affirme que :
«La médiation  valorise  la  recherche  de  l’adhésion  de 
l’acteur à une solution la plus consensuelle possible, 
limitant en cela considérablement l’intervention de la 
tierce  partie.  Au  moins  dans  sa  forme  de  base,  tout 
paraît  négociable  dès  lors  que  les  choix  des  parties 
sont  déterminés  par  le  maintien  ou 
l’approfondissement de leurs relations dans le futur.»
E. Leroy, Droit et société, n°29 ; 1955
Jean-François  Six,  à  travers  son  ouvrage  intitulé 
Médiation,  a  contribué  à  une  définition  du  concept, 
en  mettant  en  avant  deux  formes  de  médiation :  la 
médiation destiné à  faire naître ou renaître un lien, 
qu’il appelle médiation créatrice. Cette médiation crée 
de  nouveaux  liens.  Il  l’appelle  aussi« médiation 
rénovatrice », car elle réactive les liens distendus. Et 
la  médiation  destinée  à  parer  un  conflit  ou 
« médiation  préventive »,  quand  elle  évite 
l’éclatement  d’un  conflit  ou  « médiation  curative », 
quand il lui faut trouver une solution à un conflit déjà 
éclaté.
Michèle Guillaume Hofnung, demeure dans cette même 
conception,  mais  regroupe  le  fond  dans  d’autres 
moutures. Il distingue la médiation de « différences » 
qui  englobe  la  médiation  créatrice  et  la  médiation 
rénovatrice de la médiation de « différends »qui elle, 
prend  en  compte  la  médiation  préventive  et  la 
médiation  curative,  telles  que  définies  plus  haut.  La 
médiation des différences, celle qui se situe en dehors 
des  conflits,  est  une  médiation  de  l’ombre  par 
opposition  à  celle  qui  est  mise  en  lumière :  la 
médiation  du  conflit.  Elle  est  dite  naturelle  et 
discrète. La médiation des différends quant à elle fait 
allusion  à  un  médiateur  nommé  pour  résoudre  un 
conflit.
En définitive, la médiation rend aux personnes le pouvoir 
sur  leurs  conflits.  On  lui  prête  d’ailleurs  la  valeur  de 
rétablissement du lien social rompu par le conflit. 
A propos, Jean-Pierre Bonafé-Schmitt, a écrit que « C’est à 
travers cette démarche que l’on mesure le mieux que la 
médiation n’est pas seulement une technique de gestion 
des conflits mais aussi une forme de régulation sociale » . 
Elle se distingue clairement d’autres modes alternatifs de 
résolution  des  conflits.  J-P,  Bonafé-Schmitt,  La
médiation, une justice douce, Syros-Alternatives, 1992
En effet, la médiation n’est ni arbitrage, ni une simple 
négociation,  ni  une  conciliation,  ni  une  transaction. 
Elle  ne  tranche  pas,  l’influence  pas,  ne  prend  pas 
partie.  Elle  est  liberté  et  responsabilisation  des 
personnes, face à un recours trop fréquent à l’appareil 
judiciaire,  la  tendance  étant  d’ester  en  justice  pour 
régler les conflits qui lient les parties. 
La médiation vise des objectifs clairs.
Les objectifs de la médiation
  La  médiation  est  un  moyen  ouvert  aux  parties  pour 
leur  permettre  de  parvenir  à  la  meilleure  solution 
possible  à  leur  conflit  et,  lorsque  la  justice  est  déjà 
saisie, c’est une ressource complémentaire ouverte au 
juge  pour  permettre  aux  parties  de  trouver  elles-
mêmes leurs solutions au litige.
Elle offre la possibilité :
a- De pacifier ; de transformer le conflit en
permettant à chacun :
        -  d’exprimer ses sentiments ;
        -  de s’expliquer ;
             - de participer à la restauration du dialogue
             - de préserver les relations futures
b- D’œuvrer pour le maintien du lien social ;
c- De responsabiliser les parties en leur permettant
de trouver elles-mêmes une solution au litige ;
 d- De trouver un accord :
       - Durable,
       - Au plus près des intérêts de chacune de parties, dans 
le respect de leurs droits et obligations respectifs ;
       - Exécuter sans difficultés parce qu’accepté.
La médiation vise en définitive à :
   - régler des litiges sans procès, si la situation s’y prête
   - encourager le règlement des litiges dans un contexte 
non accusatoire
   - proposer une solution acceptable par les deux 
parties
Enfin,  elle  doit  permettre  d’orienter  les  acteurs  du 
conflit  vers  le  bon  choix.  Le  médiateur  n’a  pas  pour 
objectif de se substituer aux parties au conflit.
Il existe plusieurs types de médiation.
La typologie des médiations
Dans  son  célèbre  ouvrage  intitulé  Les médiations, la
médiation, Jean-Pierre  Bonafé  Schmitt  interroge  la 
médiation.  Il  confirme  qu’il  existe  certes  une  seule 
pratique,  la  médiation,  mais  plusieurs  sortes  de 
médiations  selon  qu’on  prend  en  compte  l’individu, 
l’espace etc… 
Ainsi, l’auteur distingue :
     -la médiation pénale
     -la médiation sociale
     -la médiation en matière familiale
     -la médiation en milieu scolaire.
La  médiation  sociale,  est  la  médiation  qui  prend  en 
compte  les  acteurs  sociaux  pris  dans  le  cadre  de  la 
société en général. Il peut s’agir de groupes constitués 
ou non, de groupes formels ou informels.
Bien  avant  de  s’appesantir  sur  le  processus  de  la 
médiation, il est indispensable de saisir la nature des 
acteurs en présence.
LA TYPOLOGIE DES MEDIATIONS
Dans  son  célèbre  ouvrage  intitulé  Les médiations, la
médiation, Jean-Pierre  Bonafé  Schmitt  interroge  la 
médiation.  Il  confirme  qu’il  existe  certes  une  seule 
pratique,  la  médiation,  mais  plusieurs  sortes  de 
médiations  selon  qu’on  prend  en  compte  l’individu, 
l’espace etc… Ainsi, l’auteur distingue :
-la médiation pénale
-la médiation sociale
-la médiation en matière familiale
-la médiation en milieu scolaire.
La médiation sociale, est la médiation qui prend en
compte les acteurs sociaux pris dans le cadre de la
société en général. Il peut s’agir de groupes constitués
ou non, de groupes formels ou informels.
Bien avant de s’appesantir sur le processus de la
médiation, il est indispensable de saisir la nature des
acteurs en présence.
LES ACTEURS
DE LA MÉDIATION
II- LES ACTEURS DE LA MEDIATION
1- LE MEDIATEUR
2- LES PARTIES AU CONFLIT
LES ACTEURS
Les acteurs de la médiation, selon les définitions ci-
dessus analysées, sont au nombre de deux. Les parties
protagonistes d’une part, et la partie médiatrice
d’autre part.
Abordons le médiateur d’abord.
UN MEDIATEUR, UN ACTEUR FORME
Un bon médiateur est le pivot qui aide les différentes
parties prenantes à comprendre leurs points de vue
respectifs et à améliorer leur capacité de dialoguer de
manière loyale. Ce n’est pas une personne qui porte
un jugement sur leur conflit et qui le résout. Ainsi, il
doit lui-même jouir de certaines qualités d’où la
nécessité d’une bonne formation. Le médiateur doit
saisir le sens de sa fonction et toutes les contraintes
s’y rattachant.
Le médiateur doit avant tout, savoir qu’il est le medium
entre les deux parties en conflit. Et qu’il doit, de ce
fait être impartial. Il intervient comme tiers
indépendant dans le conflit. Il recherche une solution
équitable sans imposer la loi, ni la solution du plus
fort. Il doit seulement accompagner la résolution du
conflit tout comme un catalyseur dans une réaction
chimique. En clair, il ne dispose pas de pouvoir de
contrainte mais plutôt de dissuasion. Sa garantie de
confidentialité doit être absolue.
La principale qualité du médiateur est sa neutralité.
Avant d’accepter d’intervenir dans un conflit, le
médiateur doit s’assurer qu’il n’existe aucun motif
susceptible d’entamer sa neutralité ou de
conditionner son point de vue. Si le médiateur n’est
pas neutre, il sera seulement incapable d’aider à
élaborer le processus de résolution des conflits, mais
son action pourra même être préjudiciable. Face à un
manque d’objectivité, les acteurs pourraient remettre
en question sa légitimité ainsi que l’ensemble du
processus de médiation.
Le médiateur doit aussi savoir évaluer sa propre
capacité avant de se charger d’une médiation. Un bon
médiateur doit non seulement être un bon
communicateur et avoir de bonnes capacités de
contact mais il doit aussi connaître de manière
approfondie le cadre du conflit et les possibilités des
parties prenantes de trouver une solution. Le
médiateur doit être, en somme, créatif, souple,
diplomate, fin, patient et visionnaire.
Le deuxième acteur, ce sont les parties au conflit.
LES PARTIES AU CONFLIT
En ce qui concerne les parties au conflit, il s’agira de
vérifier certaines conditions indispensables à une
bonne médiation. L’agent vérificateur demeure bien
entendu, le médiateur. En effet, dans tout conflit, il
existe généralement des acteurs directs et des acteurs
indirects. Le médiateur doit vérifier l’existence de tels
acteurs. Il faut apprendre à les connaître. Le
médiateur concerné, doit mettre en place un système
de collecte d’informations sur les parties selon son
propre réseau local.
Cette phase de collecte des données permet au
médiateur de mieux comprendre le conflit, disons les
intérêts en présence avant la rencontre séparée. Elle
lui ouvre une lucarne de réflexion. Elle doit permettre
au médiateur d’évaluer les différents pouvoirs ou les
différentes forces en présence et leur influence sur sa
médiation. Il est généralement démontré qu’un fort
pouvoir de décision d’une partie qui écrase l’autre,
conduit à une mauvaise médiation.
A ce niveau, il faut vérifier si les parties ont librement
consenti à la médiation. Leur consentement est un
facteur essentiel à la réussite de la médiation. Ainsi,
une médiation ne doit pas être imposée. Même quand
elle est prévue par un texte, cela suppose que les
parties ont donné directement ou indirectement leur
accord à être liées.
Le médiateur doit se poser les questions
fondamentales suivantes :
Les parties prenantes ont-elles accepté librement de 
participer à la médiation?
Dans la négative, quel est le type de pression qui a été 
exercé et par qui?
Leurs positions ont-elles varié du fait de cette pression?
Dans l’affirmative, de quelle manière?
Une fois les acteurs de la médiation connus, il faut
s’imprégner des techniques.
5 TECHNIQUES DE MEDIATION
Ecoute active
Reformulation
Reflet
Co-médiation
Médiation et médiation indirecte
A- L’ ECOUTE ACTIVE
L écoute active ou bienveillante est une
technique créée par le psychologue
américain Carl Rogers. Mieux comprendre
cette technique revient à saisir le sens de
l’écoute. Selon Jacques SALOME , «
Ecouter signifie être capable de recevoir /
recueillir ce que l’autre veut nous dire ; au
niveau et avec l’intention qui est la sienne
(sic), et d’entendre ce qu’il a dû mal à dire
et qu’il veut/peut vouloir cacher ou
Ecouter, ce sera être capable de redire à l’autre ce
qu’il vient d’exprimer, ce qu’il vient de dire, je
l’ai reçu, que cela n’est pas tombé dans le vide
entre lui et moi.»L’auteur poursuit en
définissant le sens du mot « entendre ».
« Entendre s’appuie sur quelque chose de plus, sur 
ma  capacité  à  me  décentrer,  à  ne  pas  ramener 
tout à moi, à ne pas confondre mise en mots et 
mise en cause, pour permettre à celui qui parle 
d’entendre,  lui,  ou  se  situent  son  interrogation, 
sa problématique, son vrai désir. »
En définitive, l’écoute active est une action qui
consiste à adopter certaines attitudes et à utiliser
certaines techniques dans un effort pour
comprendre la personne dans ce qu’elle vit
intérieurement afin de l’amener à prendre
conscience par elle-même de ses besoins, de ses
attentes et de ses possibilités, et par conséquent,
à mieux s’assumer ou se prendre en charge.
C’est de fixer notre attention sur la valeur émotive
que la personne donne aux évènements et aux
faits qui, eux, sont neutres.
Lorsqu’on écoute, notre attention est fixée sur
le vécu, on décode ce qui est émotif. Il faut
savoir quoi décoder dans le message, donc il
faudra fixer notre attention sur ce qui est
important.
En écoutant, on n’a rien à prouver, on n’a pas à
faire accepter ou comprendre quoi que se soit
à la personne qu’on écoute. On accepte ce
qu’elle nous dit. On ne tente pas non plus de
trouver une solution à son problème.
L’écoute active est fondée sur deux techniques
que nous analyserons, notamment, la
reformulation et le reflet.
Jacques Salomé est un auteur prolifique sur les
thèmes du savoir-être, de l’écoute, de la
tendresse et de la communication
relationnelle. Ses écrits destinés à un public
large, et notamment aux personnes
recherchant à améliorer leurs relations
familiales, scolaires ou professionnelles.
Il a développé la Méthode E.S.P.E.R.E
(Energie Spécifique Pour une Ecologie
Relationnelle Essentielle) (voir par
exemple : ‘’ Jacques Salomé et la méthode
ESPERE. Vivre le mieux être’’ de Béatrice
Bonfils, Laurent Saadoun et Anthony
Pouilly (Editions De Boeck, 2008)
DEMONTRER SON INTERET
« Hum, hum »
« Hé bien »
« Je vois »
« Ah bon »
« Tiens »
« Etc. »
Ou tout simplement répéter, un mot important
ou le dernier mot ou la dernière phrase entendue.
QUELQUES CONSEILSSoyez totalement attentif à l'autre; concentrez-vous
sur l’orateur;
Suivez, écoutez et tentez de comprendre l’orateur
comme si c’était vous;
Écoutez avec vos oreilles, mais aussi avec vos yeux et
vos autres sens;
Soyez aux aguets: reconnaissez les signaux non
verbaux;
Laissez l'argumentation ou la présentation suivre son
cours;
Ne soyez ni d'accord ni en désaccord, mais suivez
l’argumentation pas à pas;
Soyez impliqué;
Participez activement aux suivez les
directives;
Utilisez votre langage corporel pour
encourager la participation de l’orateur et
signaler votre intérêt.
Sources: Carl Rogers (1902/1987), le
développement de la personne, 1961, 270 p.
B-LA REFORMULATION
On appelle ‘’reformulation’’ une
intervention du médiateur qui consiste
à redire en d’autres termes et d’une
manière plus concise ou plus explicite,
ce que la partie protagoniste vient
d’exprimer et cela de telle sorte que
l’on obtienne l’accord de celle-ci.
De cette façon, on obtient immédiatement trois
premiers résultats importants :
Le médiateur est certain de ne rien introduire
de différent, d’interprétatif, de suggestif dans la
communication qu’il vient d’écouter.
La partie protagoniste est certaine, si elle se
reconnaît dans la reformulation, d’être en
bonne voie de se faire comprendre et elle est
ainsi conduite à s’exprimer davantage.
Le médiateur a fait la preuve qu’il a écouté et
compris ce qui lui était offert.
Pour le médiateur :
 Il s’agit de reconnaître, en quelque sorte, les
sentiments ou les significations que le sujet
vient de formuler.
Il s’agit de laisser la personne développer son
point de vue dans l’entretien.
Il s’agit d’accepter le contenu subjectif de ce
que le sujet vient de dire, même s’il est
désagréable, c’est-à-dire d’accepter de
considérer qu’il vient d’émettre un point de vue
subjectif ; ce point de vue devant être compris.
Il s’agit de définir la situation décrite par la personne
en terme de responsabilité de sa part, c’est-à-dire non
pas en l’accusant de la situation décrite, mais en lui
montrant qu’elle exprime son point de vue et que
nous la comprenons comme telle.
En définitive, reformuler en comptant
sur l’accord du sujet pour nous permettre
d’évaluer si la reformulation est bonne on
insuffisante, suppose une conception
générale de la conscience et des aptitudes
humaines.
Cela suppose que le sujet est considéré
réellement comme la personne qui est la
plus ‘’au courant’’ du problème, la plus
informée de la situation et pratiquement la
seule à éprouver son cas dans toute sa
profondeur existentielle, économique ou
sociale, donc lui seul sait parfaitement de
quoi il parle.
Disons déjà que l’intervenant, dans
la bonne attitude (écoute
attentive, absence d’idées
préconçues, désir authentique de
comprendre) fait ici confiance au
sujet en ce qui concerne la manière
dont celui-ci éprouve
subjectivement la situation.
C-LE REFLET
Le reflet est une technique qui consiste
pour l'écoutant à redire en d'autres
mots ce que l'appelant a dit touchant
ses émotions ou ses sentiments afin de
lui prouver qu'il essaie de la
comprendre. Le focus est donc centré
sur les sentiments.
Le reflet consiste à :
faire le miroir de vécu émotif
porter non seulement attention au verbal (ce qui
est dit) mais aussi au non verbal (les paroles dites
ne sont pas toujours évidentes)
Suivre la personne dans ce qu'elle vit sans essayer
de la convaincre
le but du reflet = décoder
Exemple : "Vous vous sentez seul? Je vous sens
frustré? Vous êtes fâché?"
D-LA CO-MEDIATION
Brainstorming
Il y a co-médiation quand il existe plusieurs
médiateurs. L’un d’entre-eux, le leader est
le chef de la médiation. Le médiateur
principal dirige les débats tandis que le co-
médiateur fait office de greffier. Il prend
notes et prépare le rapport de la médiation.
Les rôles peuvent être définis autrement,
lorsqu’il s’agit de plus de deux médiateurs.
E-MEDIATION DIRECTE ET
MEDIATION INDIRECTE
La distinction entre médiation directe et la
médiation indirecte s’apparente plus à une
question de typologie de médiation. Et
pourtant, dans son application, il s’agit bien
de deux techniques de médiation. La
première dite médiation directe, est aussi
appelée médiation classique car elle se
déroule en présence des acteurs au conflit.
C’est d’ailleurs cette situation de présence
qui constitue le critère fondamental de
distinction.
En effet, dans le cas d’une médiation
indirecte ou encore dite « diplomatie
de la navette », les acteurs au conflit
ne sont pas présents. Ils
communiquent via téléphone ou par
tout autre moyen avec le médiateur
qui se doit d’user de sa diplomatie
pour transmettre ce que l’autre partie
Dans une affaire opposant un chef canton
à un paysan, le chef canton joint au
téléphone disait : « Si j’ai ce voleur de terre
en face de moi, je vais le découper…».
Le Sous-préfet traduit le grief au paysan en
disant « Il dit que tu as occupé sa
parcelle… ». Juste de la diplomatie.
En effet, dans la médiation indirecte,
si le rôle du médiateur n’est pas de
gommer les conflits, il ne doit pas être
le vecteur car les parties utilisent
parfois le processus de médiation pour
régler les comptes entre eux.
En rétablissant la communication
entre les parties, le médiateur se doit
aussi d’en gérer les conséquences, ce
qui n’est pas toujours une tache aisée,
y compris dans le cas de médiation
directe.
Les techniques de la médiation
connues, il faut comprendre le
LE PROCESSUS DE MEDIATION
6 étapes:
-la demande
-la proposition de médiation
-la stratégie de médiation
-les rencontres
-L’accord
-Le suivi.
A-LA DEMANDE DE MEDIATION
Tout processus de médiation est fondé sur le
consensus des acteurs au conflit.
Le médiateur, doit avant tout, leur rappeler leur
décision d’avoir opté pour cette modalité de
résolution du conflit.
Le médiateur ne peut et ne doit s’autosaisir d’une
médiation.
Le médiateur est libre d’accepter ou de refuser la
médiation. Cas pratique 2
B-LA PROPOSITION DE MEDIATION
Une fois la demande de médiation
acceptée, le médiateur doit situer les
différentes conditions de son
intervention. Il doit, lui-même
expliquer ce qu’il est et ce qu’il n’est
pas. Il doit, dès cet instant, faire
établir le code de bonne conduite
en impliquant les parties.
Ainsi, il peut prendre en compte, à titre indicatif les
éléments suivants considérés comme les règles d’or :
On doit parler de ce que l’on a fait, pas de ce l’autre
fait
Je respecte l’autre sans coup ni insulte
J’ai envie de chercher une solution
J’écoute l’autre sans l’interrompre
J’essaie d’être sincère et vrai. Donc je dis la vérité.
Ce qui est dit ici, reste ici. Je garde le secret.
Vous êtes ici parce que vous êtes d’accord avec la
médiation et avec les règles qu’on vous a dîtes. Est-ce
bien vrai ?
Et après confirmation :
Si vous êtes d’accord, vous allez signer l’engagement
de médiation
Cette première étape consiste donc à accueillir, à
décrire le processus de médiation et à définir les
règles à respecter pendant ce processus.
Notons qu’une condition nécessaire de réussite
de la médiation est l’accord libre de tous les
protagonistes, parties en conflit et médiateur.
Nul ne peut être obligé d’aller en médiation. Il est
important de prendre le temps de bien réaliser
cette étape car elle doit servir à établir la
confiance : confiance dans le déroulement
équitable de la médiation, confiance dans la
compétence des médiateurs et confiance dans la
coopération des médiés pour trouver
collectivement une solution au conflit,
satisfaisante pour tous.
LA STRATEGIE DE MEDIATION
C-STRATEGIE DE MEDIATION: Quelle clé
pour quelle serrure ?
La solution:
Analyse et recherche
Toute médiation doit être bâtie sur une stratégie. Le
médiateur est force de propositions et élabore pour
lui-même et pour les autres une stratégie de
médiation.
Comment approfondir la connaissance des questions
qui lui sont soumises ?
Peut-il proposer aux parties, la visite des sites pour
mieux comprendre les intérêts en cause ?
Quelles personnes supplémentaires rencontrer ?
Ainsi, concrètement, il peut être accepté de filmer la
destruction d’une plantation et les dégâts collatéraux
que l’action d’un protagoniste a pu causer. Le
médiateur peut associer les parties dans la
constitution de la cartographie de leur conflit. Les
parties se sentiront valorisées dans la quête de la
solution. En général, ces pratiques permettent de
rééquilibrer les forces en présence en se basant sur
des preuves irréfragables.
Il s’agira aussi, de choisir la technique de médiation
appropriée notamment, la médiation directe ou la
médiation indirecte.
Toutes ces décisions doivent épouser l’avis favorable
des parties au conflit. Une fois le préalable rempli, il
faut organiser les véritables rencontres.
LES RENCONTRES
On distingue deux sortes de rencontres. La rencontre
séparée et la rencontre collective. En général, ces deux
rencontres permettent au médiateur de recouper les
faits pour en déduire la véracité. La tendance étant
que les protagonistes ont l’habitude de défendre leur
cause quand ils sont en absence de l’autre partie.
Qu’elle soit une rencontre séparée ou une rencontre
collective, le médiateur cherchera à recueillir les faits.
Les deux rencontres ont pour convergence,
l’utilisation de la maïeutique, l’art d’accoucher les
esprits, et l’écoute active.
Les rencontres doivent se dérouler dans un
endroit neutre. Elles doivent respecter une
certaine disposition, surtout pour la
rencontre collective. Le principe étant la
médiatrice ou le médiateur, la table de
rencontre doit remplir certaines conditions.
Cf. à cet effet, au cas pratique à la
disposition des parties.
L’ACCORD
L’accord final sera le fruit de l’ensemble des petites
concessions formelles ou informelles et des accords
négociés séparément par les acteurs. Il est important
que les acteurs participent à la rédaction du texte de
l’accord et qu’ils suivent les différentes phases de son
élaboration (Comment ?).
Le médiateur devra proposer des versions provisoires
qu’il examinera avec les parties prenantes (ou leurs
représentants qui les présenteront au groupe ou à la
communauté) jusqu’à ce que qu’une version soit
finalement acceptée.
Les documents produits au cours du processus ne
sont pas contraignants mais serviront à établir une
sorte « d’ordre du jour » susceptible d’être remanié
par les acteurs et par le médiateur, en cas de besoin et
qui laissera une trace des discussions. Le fait de
souligner les objectifs déjà atteints, même s’ils
semblent insignifiants, sert à renforcer la confiance
entre les acteurs.
Un accord doit comporter les décisions prises par les
acteurs au cours du processus et indiquer aussi :
Les documents produits au cours du processus ne
sont pas contraignants mais serviront à établir une
sorte « d’ordre du jour » susceptible d’être remanié
par les acteurs et par le médiateur, en cas de besoin et
qui laissera une trace des discussions. Le fait de
souligner les objectifs déjà atteints, même s’ils
semblent insignifiants, sert à renforcer la confiance
entre les acteurs.
Un accord doit comporter les décisions prises par les
acteurs au cours du processus et indiquer aussi :
- la date d’entrée en vigueur des décisions
- la personne responsable de leur application et du
contrôle des résultats du processus ;
- les mesures à prendre si un ou plusieurs acteurs ne
respectent pas les obligations contractées dans le
cadre de l’accord.
L’accord est un document écrit par tous les acteurs et
par le médiateur. Les parties prenantes ont la
possibilité de lui donner un caractère officiel ou non.
Une valeur juridique peut être très importante dans
un contexte formel mais moins pertinente dans un
cadre traditionnel.
On peut envisager d’autres façons de tenir compte du
contexte social : en lisant l’accord devant la
communauté, en prenant un engagement devant les
anciens, etc.
Un autre aspect important à examiner est la viabilité
économique de l’accord. Il serait totalement inutile
que les acteurs conviennent d’une décision qu’ils
n’ont pas les moyens d’appliquer. Si l’on veut qu’un
accord soit appliqué il doit reposer sur la réalité, les
intérêts et les besoins des acteurs.
Un accord sans suivi n’est que lettre morte.
LE SUIVI
Le suivi est la vérification de la mise en œuvre de
l’accord. La meilleure façon de s’assurer que les
acteurs s’acquitteront de leurs responsabilités
consiste, comme indiqué plus haut, à établir et
mentionner dans l’accord les dates à respecter et le
déroulement du plan d’action. A intervalles réguliers,
un groupe qui représente de manière équitable toutes
les parties prenantes impliquées dans la décision doit
être désigné pour vérifier les résultats. L’accord peut
ainsi indiquer ce qui se produira en cas d’échec.
Le contenu spécifique de l’accord et l’insertion d’un
calendrier pour le suivi peuvent être particulièrement
utiles lorsqu’il est impossible de donner une forme
juridique à l’accord. Penser par exemple à un accord
de mise en valeur négocié entre deux communautés
autochtones d’ethnies différentes, à propos du
périmètre de la zone dans laquelle elles vivent et de
l’utilisation de ses ressources naturelles. Bien que cela
soit souhaitable, il pourrait être difficile d’officialiser
le processus des négociations et ses résultats car cela
impliquerait l’enregistrement de l’accord devant un
notaire.
 Les communautés ont la possibilité d’utiliser d’autres
instruments pour la mise en œuvre de l’accord et pour
éviter toute irrégularité dans le groupe le plus
puissant notamment, la signature de l’accord par les
responsables de la communauté. Les tâches à
accomplir seraient décrites en détail ainsi que le
champ d’application et les limitations envisagées.
Les communautés peuvent décider de publier l’accord
sur les pancartes dans leur village respectif.
SCHEMA DE LA MEDIATION
CONCLUSION
MEDIATION
Partant du constat selon lequel la médiation exige une
acceptation ferme des parties au conflit, et surtout la
méconnaissance de cette solution alternative de
résolution des conflits par les acteurs du conflit eux-
mêmes, il serait difficile de remplir en toute rigueur et
dans les règles de l’art la mission de médiateur. Tel
qu’abordé ici, les moyens et les outils de mise en
œuvre seront difficiles à réaliser compte tenu de cette
contrainte. Il importe alors d’initier les populations,
les chefferies traditionnelles, les couches sociales
organisées à prendre fait et cause pour une telle
modalité de résolution de conflit.
Il s’agit ici d’offrir une voie pacifique, douce et plus
favorable pour la résolution des conflits.
Les populations peuvent déjà, avant tout conflit, être
librement amenées à opter pour la médiation dans
leur futur conflit, si elles en connaissent les
mécanismes : absence de contrainte ou d’autorité qui
ressemblerait à celle de l’Etat.
La médiation, dans sa présentation formelle moderne,
est difficilement réalisable dans la société
traditionnelle, le conflit étant toujours proche de
nous, il faut inventer des formes mixtes ou d’autres
alternatives comme la négociation, ou l’arbitrage.
CADRE PRATIQUE
Le cadre pratique de la médiation vise à mettre à la
disposition des apprenants des outils pratiques et
concrets aux fins de faciliter leur rôle de médiateur.
Le but essentiel est de suggérer d’autres questions à
poser, leur donner une perspective élargie du conflit
et du rôle qu’ils devront jouer. Avant et au cours du
processus, il convient d’examiner tous les aspects du
conflit et du processus de médiation et d’essayer de
découvrir les éléments qui pourront aider à évaluer
l’évolution du processus et à établir s’il est fondé ou
non d’apporter des modifications.
Lorsqu’un processus de médiation est choisi, il faut
recenser tous les obstacles éventuels au processus de
médiation et essayer de comprendre leur nature.
C’est pour rendre plus dynamique l’action que les cas
pratiques ci-dessous sont proposés.
CHAPITRE I : LA PHASE PREPARATOIRE DE LA
MEDIATION
La phase préparatoire est probablement la partie le
plus délicate du processus de gestion.
L’analyse du conflit : collecte des informations
CAS PRATIQUE 1
Vous êtes le sous-préfet de X. Dans la nuit du 26 mars
2008 ; un groupe d’individus demande une audience
d’urgence. Vous acceptez de les recevoir. Ils vous
informent que les Y seraient prêts à attaquer les
Gakaq de la zone Est.
Quels sont les moyens de collecte d’information dont
vous disposez ?
De quel conflit s’agit-il ?
Quelle est la nature du conflit ?
OPPORTUNITE DE LA MEDIATION
Cas pratique 2
Après son brillant passage à la Faculté de droit
d’Angers, KOPOLOU est nommé Préfet de la région
du GBANGBAN. Il administre la région en bon
représentant du Chef de l’Etat de FOLO. Le 16 mai
2019 ; le chef du village de POLO sollicite son
intervention en qualité de médiateur pour tous les
conflits qui lieraient les membres de sa communauté.
Les habitants du village ont tous accepté sa fonction
de médiateur en cas de conflit.
Deux semaines après cet acte, deux jeunes chasseurs de
KOKO, qui accusent les footballeurs de KILO, de
courtiser leurs fiancées, tirent à bout portant dans le
village. Le bilan est lourd : 37 morts et 80 blessés.
Amorçant la riposte, les jeunes de KILO sont freinés
dans leur élan par leur chef charismatique Nanan
PAIX qui souhaite la médiation du Préfet. Son
homologue de KOKO accepte. Ils décident d’écrire au
Préfet qui souhaite les recevoir immédiatement.
Vous êtes KOPOLOU.
Opterez-vous pour la médiation ?
N’enclencherez- vous pas l’action pénale ?
Questions fondamentales :
Faut-il privilégier la médiation sur l’action pénale ?
Dans quels cas, le corps préfectoral ou le médiateur
peut user de la médiation ?
Entretiens individuels
Au début du processus de médiation, tous les acteurs
doivent être identifiés et leur participation doit être
assurée de manière visible.
IDENTIFICATION ET PARTICIPATION DES
ACTEURS AU CONFLIT
CAS PRATIQUE 3
Proposez une fiche d’identification des parties au
conflit.
Questions fondamentales
Tous les acteurs directs et indirects impliqués dans le
conflit ont-ils accès à la table de médiation ?
Les parties prenantes comprennent- elles comme il
faut le rôle du médiateur ?
Pensent-elles qu’il est possible de gérer le conflit par
le biais du processus de médiation ?
La légitimité et les capacités du médiateur sont-elles
également acquises aux yeux des acteurs ? Ont-ils
accepté librement de procéder à la médiation ?
Dans la négative quel genre de pression ont-il subi et
de la part de qui?
CHAPITRE II : LA RENCONTRE
LE LANGAGE CORPOREL
Mise en garde :
Le médiateur ne doit pas oublier que la plupart des
messages que les personnes transmettent avec leurs
corps sont liés au contexte et en rapport étroit avec
l’environnement social et culturel.
Les médiateurs qui exercent dans leur propre milieu
sont donc mieux à même de comprendre et
d’interpréter ces signes. Les connaissances de base du
médiateur doivent être adaptées à chaque cas. Par
exemple, le fait de regarder quelqu’un droit dans les
yeux peut être interprété très différemment selon le
contexte. Dans certaines cultures cela signifie que la
personne qui parle est honnête et sincère alors que
dans d’autres il s’agit d’une intimidation ou d’une
menace.
UN OUTIL INNOVANT : LA MESAAN
Champ conceptuel
La Meilleure Solution Alternative à l’Accord Négocié
(MESAAN) est une technique qui permet d’établir si
une partie prenante donnée dispose de possibilités
plus favorables que le dialogue et d’analyser pourquoi
ces possibilités attirent davantage cet acteur.
Pour procéder à une MESAAN il faut suivre trois
étapes :
Etablir une liste de mesures que vous pourriez
raisonnablement prendre si aucun accord n’est
conclu;
Améliorer certaines des idées les plus prometteuses et
les transformer en options concrètes
Choisir provisoirement l’option qui paraît être la
meilleure.
CAS PRATIQUES POUR L’ATELIER
LES FAITS
La terre ne finit pas de créer les conflits dans nos
régions. Malgré les différents textes de lois et les
mesures prises, le nombre de décès suite aux conflits
fonciers ne cessent d’accroître.
KOULEBO, village paisible de la vallée du GBAMO,
n’échappera pas à un conflit sanglant entre ses
enfants et ceux de KALALI. Les faits à l’origine de ce
drame.
Le 12 avril 2019, le Président de la République nomme
un Sous-préfet à KOULEBO. Celui-ci a été logé
provisoirement dans le village de KALALI, où la
grande villa construite pour recevoir les autorités lors
de fêtes de l’indépendance n’a plus été habitée. Cette
villa, après réfection fait peau neuve. Les habitants ne
trouvent aucun inconvénient à y loger le Sous-préfet,
les deux communautés ayant des liens ancestraux
sacrés.
Tout se dégrade quand, M. FADEL Abdallah, riche
libanais de KALALI acquiert un terrain de 500
hectares, vendu par un fils de KOULEBO sans en
informer les parents…
Affaire à suivre !
LES POSITIONS
ACTEUR 1 DU CONFLIT :
CHEF DU VILLAGE DE KALALI
Vous êtes le chef du village de KALALI. Vos notables
et vous refusez de reconnaître cette vente. Préparez
vos faits et arguments à faire valoir. Vous avez accepté
la médiation du Sous-préfet.
ACTEUR 2 DU CONFLIT :
M.FADEL Abdallah et le vendeur
Préparez vos faits et arguments à faire valoir. Vous
avez accepté la médiation du Sous-préfet.
ACTEUR 3 :
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Appliquez le processus de médiation

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MEDIATION

  • 2. PLAN INTRODUCTION  I-LE CONCEPT DE MEDIATION 1-DEFINITION 2-LES OBJECTIFS DE LA MEDIATION 3-LA TYPOLOGIE DES MEDIATIONS II-LES ACTEURS DE LA MEDIATION 1-LE MEDIATEUR, UN ACTEUR FORME 2-LES PARTIES AU CONFLIT
  • 3. III-LES TECHNIQUES DE MEDIATION 1-L’ECOUTE ACTIVE   2-LA REFORMULATION 3-LE REFLET 4-LA CO-MEDIATION 5-MEDIATION DIRECTE ET MEDIATION  INDIRECTE
  • 4. IV- LE PROCESSUS DE MEDIATION 1-LA DEMANDE DE MEDIATION 2-LA PROPOSITION DE MEDIATION 3-LA STRATEGIE DE MEDIATION 4-LES RENCONTRES 5-L’ACCORD 6-LE SUIVI   CONCLUSION
  • 5. LIMINAIRES PUBLIC VISE Auditeurs en provenance de tout horizon et de tout  secteur  d’activités,  généralement  peu  informés  des  théories et des pratiques de la conflictualité et de la  médiation. Auditeurs  informés,  mais  désirant  matérialiser  leurs  acquis par un diplôme académique Toute personne désireuse de se rendre utile dans un  milieu conflictuel.
  • 6. OBJECTIF GENERAL Préciser les apports de la médiation, de plus en plus  recherchée,  pour  prévenir  et  gérer  des  situations  de  conflits, violence larvée ou explosive, dans différents  contextes. Se  familiariser  avec  les  techniques,  les  pratiques  et  l’analyse de différents types de médiation,  à travers  une  approche  complète,  donnant  à  chacun  la  possibilité  de  rétablir  une  communication  satisfaisante.
  • 7. LES PRE-REQUIS Explorer et pratiquer les outils de communication les plus utiles pour prévenir et résoudre les conflits. Savoir favoriser un contexte d’échange autour de la  relation existante : détecter les distorsions linguistiques  qui favorisent les impasses de communication ;  Comprendre les fondements de la position de perception  de l’autre ;  Pratiquer l’écoute active ;  Utiliser les différentes formes de reformulation  Savoir développer un climat de collaboration et de  créativité orienté vers des solutions  
  • 11. INTRODUCTION L’Etat,  détenteur  de  la  souveraineté,  est  longtemps  demeuré  l’acteur  principal  de  résolution  des  conflits  par voie de diplomatie  conventionnelle. Mais depuis  la  guerre  froide,  et  surtout  la  fin  de  celle-ci,  avec  la  chute du mur de Berlin (1989), les formes des conflits   ont évolué et mettent à mal la diplomatie classique.  Le  conflit  est  au  cœur  de  la  vie  des  familles,  des  groupes  ethniques,  des  groupes  sociaux,  des  communautés rurales et urbaines. 
  • 12. Il est omniprésent au point d’introduire, pour leur  résolution, de « nouveaux acteurs de paix » ou la  Société Civile, qui dispose de moyens autres que  ceux  de  l’Etat  ou  de  la  diplomatie  conventionnelle.  Mais,  toutefois,  certaines  autorités de l’Etat ont conservé leur rôle de faiseur  de paix et de gestionnaire des conflits. Il s’agit des  membres  du  corps  préfectoral  dont  l’importance  des  tâches  administratives  à  accomplir  est  essentiellement  masquée  voire  freinée  par  des  instances de gestion de conflits récurrents. 
  • 13. On peut y ajouter d’autres parties prenantes,  élus  locaux,  etc…Conflits  fonciers  par  ci,  conflits  entre  communautés  locales  par  là.  Parfois  même,  il  existe  des  situations  conflictuelles qui paraissent ‘’irrésolvables ‘’.
  • 14. Le  motif  étant  qu’ils  ne  disposent  pas  d’outils  conséquents  pour  anticiper,  gérer  et  résoudre  le  conflit. D’autres conflits sont larvés ou « endormis ». S’il est  vrai  que  les  conflits  font  partie  de  notre  vie,  nous  devons, à quelques niveaux, nous armer efficacement  pour les gérer.  
  • 15. En  dehors  des  modes  traditionnels  tels  que  l’ouverture  d’une  procédure  judiciaire,  nous  allons  tenter  ici  de  vulgariser la technique et le processus  de la médiation. Avant toute analyse, nous allons  d’abord situer le champ conceptuel de  la médiation.
  • 16. I-LE CONCEPT DE MEDIATION 1-Qu’est-ce que la médiation selon vous? Brainstorming
  • 17. Le  terme  médiation  est  polysémique.  Ses  divers  sens  tournent  autour  d’une  étymologie  commune.  Celle  tenant au radical « med », issu de l’osque latinisé. Le  mot  renvoie  à  la  notion  de  mesure,  au  sens  de  modération. Cette racine se retrouve en latin (medeor  =  médier,  réfléchir,  inventer)  et  a  donné  les  termes  qui évoquent l’idée de milieu, de medium. Ce dernier  vocable,  en  latin  signifie  « milieu »  (le  point  qui  sépare deux parties égales). Un milieu est un point de  jonction  entre  deux  ou  plusieurs,  donc  un  point  de  liaison. 
  • 18. Le mot medium est passé en anglais en gardant le sens  étymologique  latin  pour  désigner  une  puissance  intermédiaire  entre  les  hommes  et  les  esprits.  Il  est  passé  en  américain  en  1965  pour  désigner  les  techniques  de  diffusion  de  la  culture  de  masse,  Cf.  mass média. Le tout mis ensemble, fait de cet « entre  deux » une puissance digne d’égard et de respect de la  part des antagonistes. Ancien  peuple  du  Latium  l’Italie  centrale  sur  la  mer  Tyrrhénienne, habité par les Latins du 11ème  millénaire  et conquis par Rome en 338-335 avant J.C   
  • 19. La médiation peut être définie selon Bonafé-Schmitt  comme : « Un processus le plus souvent formel par lequel un tiers neutre  tente,  à  travers  la  conduite  d’une  réunion,  de  permettre aux parties de confronter leurs points de vue et  de rechercher avec son aide une solution aux litiges qui les  opposent.  Comme  dans  le  cas  de  la  conciliation,  le  médiateur    assiste  simplement  les  parties  dans  la  recherche  d’une  solution  qui  satisfera  leurs  intérêts  respectifs  et  il  ne dispose  d’aucun pouvoir pour  trancher le différend ou imposer la décision aux parties en  cause. » Bonafé Schmitt, Jean-Pierre : Plaidoyer pour une  sociologie de la médiation. Annales de Vaucresson 1.c. p.23
  • 20. Etienne Leroy, sur la question, affirme que : «La médiation  valorise  la  recherche  de  l’adhésion  de  l’acteur à une solution la plus consensuelle possible,  limitant en cela considérablement l’intervention de la  tierce  partie.  Au  moins  dans  sa  forme  de  base,  tout  paraît  négociable  dès  lors  que  les  choix  des  parties  sont  déterminés  par  le  maintien  ou  l’approfondissement de leurs relations dans le futur.» E. Leroy, Droit et société, n°29 ; 1955
  • 21. Jean-François  Six,  à  travers  son  ouvrage  intitulé  Médiation,  a  contribué  à  une  définition  du  concept,  en  mettant  en  avant  deux  formes  de  médiation :  la  médiation destiné à  faire naître ou renaître un lien,  qu’il appelle médiation créatrice. Cette médiation crée  de  nouveaux  liens.  Il  l’appelle  aussi« médiation  rénovatrice », car elle réactive les liens distendus. Et  la  médiation  destinée  à  parer  un  conflit  ou  « médiation  préventive »,  quand  elle  évite  l’éclatement  d’un  conflit  ou  « médiation  curative »,  quand il lui faut trouver une solution à un conflit déjà  éclaté.
  • 22. Michèle Guillaume Hofnung, demeure dans cette même  conception,  mais  regroupe  le  fond  dans  d’autres  moutures. Il distingue la médiation de « différences »  qui  englobe  la  médiation  créatrice  et  la  médiation  rénovatrice de la médiation de « différends »qui elle,  prend  en  compte  la  médiation  préventive  et  la  médiation  curative,  telles  que  définies  plus  haut.  La  médiation des différences, celle qui se situe en dehors  des  conflits,  est  une  médiation  de  l’ombre  par  opposition  à  celle  qui  est  mise  en  lumière :  la  médiation  du  conflit.  Elle  est  dite  naturelle  et  discrète. La médiation des différends quant à elle fait  allusion  à  un  médiateur  nommé  pour  résoudre  un  conflit.
  • 23. En définitive, la médiation rend aux personnes le pouvoir  sur  leurs  conflits.  On  lui  prête  d’ailleurs  la  valeur  de  rétablissement du lien social rompu par le conflit.  A propos, Jean-Pierre Bonafé-Schmitt, a écrit que « C’est à  travers cette démarche que l’on mesure le mieux que la  médiation n’est pas seulement une technique de gestion  des conflits mais aussi une forme de régulation sociale » .  Elle se distingue clairement d’autres modes alternatifs de  résolution  des  conflits.  J-P,  Bonafé-Schmitt,  La médiation, une justice douce, Syros-Alternatives, 1992
  • 24. En effet, la médiation n’est ni arbitrage, ni une simple  négociation,  ni  une  conciliation,  ni  une  transaction.  Elle  ne  tranche  pas,  l’influence  pas,  ne  prend  pas  partie.  Elle  est  liberté  et  responsabilisation  des  personnes, face à un recours trop fréquent à l’appareil  judiciaire,  la  tendance  étant  d’ester  en  justice  pour  régler les conflits qui lient les parties.  La médiation vise des objectifs clairs.
  • 25. Les objectifs de la médiation   La  médiation  est  un  moyen  ouvert  aux  parties  pour  leur  permettre  de  parvenir  à  la  meilleure  solution  possible  à  leur  conflit  et,  lorsque  la  justice  est  déjà  saisie, c’est une ressource complémentaire ouverte au  juge  pour  permettre  aux  parties  de  trouver  elles- mêmes leurs solutions au litige. Elle offre la possibilité : a- De pacifier ; de transformer le conflit en permettant à chacun :         -  d’exprimer ses sentiments ;         -  de s’expliquer ;
  • 26.              - de participer à la restauration du dialogue              - de préserver les relations futures b- D’œuvrer pour le maintien du lien social ; c- De responsabiliser les parties en leur permettant de trouver elles-mêmes une solution au litige ;  d- De trouver un accord :        - Durable,        - Au plus près des intérêts de chacune de parties, dans  le respect de leurs droits et obligations respectifs ;        - Exécuter sans difficultés parce qu’accepté.
  • 27. La médiation vise en définitive à :    - régler des litiges sans procès, si la situation s’y prête    - encourager le règlement des litiges dans un contexte  non accusatoire    - proposer une solution acceptable par les deux  parties Enfin,  elle  doit  permettre  d’orienter  les  acteurs  du  conflit  vers  le  bon  choix.  Le  médiateur  n’a  pas  pour  objectif de se substituer aux parties au conflit. Il existe plusieurs types de médiation.
  • 28. La typologie des médiations Dans  son  célèbre  ouvrage  intitulé  Les médiations, la médiation, Jean-Pierre  Bonafé  Schmitt  interroge  la  médiation.  Il  confirme  qu’il  existe  certes  une  seule  pratique,  la  médiation,  mais  plusieurs  sortes  de  médiations  selon  qu’on  prend  en  compte  l’individu,  l’espace etc…  Ainsi, l’auteur distingue :      -la médiation pénale      -la médiation sociale      -la médiation en matière familiale      -la médiation en milieu scolaire.
  • 29. La  médiation  sociale,  est  la  médiation  qui  prend  en  compte  les  acteurs  sociaux  pris  dans  le  cadre  de  la  société en général. Il peut s’agir de groupes constitués  ou non, de groupes formels ou informels. Bien  avant  de  s’appesantir  sur  le  processus  de  la  médiation, il est indispensable de saisir la nature des  acteurs en présence.
  • 30. LA TYPOLOGIE DES MEDIATIONS Dans  son  célèbre  ouvrage  intitulé  Les médiations, la médiation, Jean-Pierre  Bonafé  Schmitt  interroge  la  médiation.  Il  confirme  qu’il  existe  certes  une  seule  pratique,  la  médiation,  mais  plusieurs  sortes  de  médiations  selon  qu’on  prend  en  compte  l’individu,  l’espace etc… Ainsi, l’auteur distingue : -la médiation pénale -la médiation sociale -la médiation en matière familiale -la médiation en milieu scolaire.
  • 31. La médiation sociale, est la médiation qui prend en compte les acteurs sociaux pris dans le cadre de la société en général. Il peut s’agir de groupes constitués ou non, de groupes formels ou informels. Bien avant de s’appesantir sur le processus de la médiation, il est indispensable de saisir la nature des acteurs en présence.
  • 32. LES ACTEURS DE LA MÉDIATION II- LES ACTEURS DE LA MEDIATION 1- LE MEDIATEUR 2- LES PARTIES AU CONFLIT
  • 33. LES ACTEURS Les acteurs de la médiation, selon les définitions ci- dessus analysées, sont au nombre de deux. Les parties protagonistes d’une part, et la partie médiatrice d’autre part. Abordons le médiateur d’abord.
  • 34. UN MEDIATEUR, UN ACTEUR FORME Un bon médiateur est le pivot qui aide les différentes parties prenantes à comprendre leurs points de vue respectifs et à améliorer leur capacité de dialoguer de manière loyale. Ce n’est pas une personne qui porte un jugement sur leur conflit et qui le résout. Ainsi, il doit lui-même jouir de certaines qualités d’où la nécessité d’une bonne formation. Le médiateur doit saisir le sens de sa fonction et toutes les contraintes s’y rattachant.
  • 35. Le médiateur doit avant tout, savoir qu’il est le medium entre les deux parties en conflit. Et qu’il doit, de ce fait être impartial. Il intervient comme tiers indépendant dans le conflit. Il recherche une solution équitable sans imposer la loi, ni la solution du plus fort. Il doit seulement accompagner la résolution du conflit tout comme un catalyseur dans une réaction chimique. En clair, il ne dispose pas de pouvoir de contrainte mais plutôt de dissuasion. Sa garantie de confidentialité doit être absolue.
  • 36. La principale qualité du médiateur est sa neutralité. Avant d’accepter d’intervenir dans un conflit, le médiateur doit s’assurer qu’il n’existe aucun motif susceptible d’entamer sa neutralité ou de conditionner son point de vue. Si le médiateur n’est pas neutre, il sera seulement incapable d’aider à élaborer le processus de résolution des conflits, mais son action pourra même être préjudiciable. Face à un manque d’objectivité, les acteurs pourraient remettre en question sa légitimité ainsi que l’ensemble du processus de médiation.
  • 37. Le médiateur doit aussi savoir évaluer sa propre capacité avant de se charger d’une médiation. Un bon médiateur doit non seulement être un bon communicateur et avoir de bonnes capacités de contact mais il doit aussi connaître de manière approfondie le cadre du conflit et les possibilités des parties prenantes de trouver une solution. Le médiateur doit être, en somme, créatif, souple, diplomate, fin, patient et visionnaire. Le deuxième acteur, ce sont les parties au conflit.
  • 38. LES PARTIES AU CONFLIT En ce qui concerne les parties au conflit, il s’agira de vérifier certaines conditions indispensables à une bonne médiation. L’agent vérificateur demeure bien entendu, le médiateur. En effet, dans tout conflit, il existe généralement des acteurs directs et des acteurs indirects. Le médiateur doit vérifier l’existence de tels acteurs. Il faut apprendre à les connaître. Le médiateur concerné, doit mettre en place un système de collecte d’informations sur les parties selon son propre réseau local.
  • 39. Cette phase de collecte des données permet au médiateur de mieux comprendre le conflit, disons les intérêts en présence avant la rencontre séparée. Elle lui ouvre une lucarne de réflexion. Elle doit permettre au médiateur d’évaluer les différents pouvoirs ou les différentes forces en présence et leur influence sur sa médiation. Il est généralement démontré qu’un fort pouvoir de décision d’une partie qui écrase l’autre, conduit à une mauvaise médiation.
  • 40. A ce niveau, il faut vérifier si les parties ont librement consenti à la médiation. Leur consentement est un facteur essentiel à la réussite de la médiation. Ainsi, une médiation ne doit pas être imposée. Même quand elle est prévue par un texte, cela suppose que les parties ont donné directement ou indirectement leur accord à être liées.
  • 41. Le médiateur doit se poser les questions fondamentales suivantes : Les parties prenantes ont-elles accepté librement de  participer à la médiation? Dans la négative, quel est le type de pression qui a été  exercé et par qui? Leurs positions ont-elles varié du fait de cette pression? Dans l’affirmative, de quelle manière? Une fois les acteurs de la médiation connus, il faut s’imprégner des techniques.
  • 42. 5 TECHNIQUES DE MEDIATION Ecoute active Reformulation Reflet Co-médiation Médiation et médiation indirecte
  • 43. A- L’ ECOUTE ACTIVE L écoute active ou bienveillante est une technique créée par le psychologue américain Carl Rogers. Mieux comprendre cette technique revient à saisir le sens de l’écoute. Selon Jacques SALOME , « Ecouter signifie être capable de recevoir / recueillir ce que l’autre veut nous dire ; au niveau et avec l’intention qui est la sienne (sic), et d’entendre ce qu’il a dû mal à dire et qu’il veut/peut vouloir cacher ou
  • 44. Ecouter, ce sera être capable de redire à l’autre ce qu’il vient d’exprimer, ce qu’il vient de dire, je l’ai reçu, que cela n’est pas tombé dans le vide entre lui et moi.»L’auteur poursuit en définissant le sens du mot « entendre ». « Entendre s’appuie sur quelque chose de plus, sur  ma  capacité  à  me  décentrer,  à  ne  pas  ramener  tout à moi, à ne pas confondre mise en mots et  mise en cause, pour permettre à celui qui parle  d’entendre,  lui,  ou  se  situent  son  interrogation,  sa problématique, son vrai désir. »
  • 45. En définitive, l’écoute active est une action qui consiste à adopter certaines attitudes et à utiliser certaines techniques dans un effort pour comprendre la personne dans ce qu’elle vit intérieurement afin de l’amener à prendre conscience par elle-même de ses besoins, de ses attentes et de ses possibilités, et par conséquent, à mieux s’assumer ou se prendre en charge. C’est de fixer notre attention sur la valeur émotive que la personne donne aux évènements et aux faits qui, eux, sont neutres.
  • 46. Lorsqu’on écoute, notre attention est fixée sur le vécu, on décode ce qui est émotif. Il faut savoir quoi décoder dans le message, donc il faudra fixer notre attention sur ce qui est important. En écoutant, on n’a rien à prouver, on n’a pas à faire accepter ou comprendre quoi que se soit à la personne qu’on écoute. On accepte ce qu’elle nous dit. On ne tente pas non plus de trouver une solution à son problème.
  • 47. L’écoute active est fondée sur deux techniques que nous analyserons, notamment, la reformulation et le reflet. Jacques Salomé est un auteur prolifique sur les thèmes du savoir-être, de l’écoute, de la tendresse et de la communication relationnelle. Ses écrits destinés à un public large, et notamment aux personnes recherchant à améliorer leurs relations familiales, scolaires ou professionnelles.
  • 48. Il a développé la Méthode E.S.P.E.R.E (Energie Spécifique Pour une Ecologie Relationnelle Essentielle) (voir par exemple : ‘’ Jacques Salomé et la méthode ESPERE. Vivre le mieux être’’ de Béatrice Bonfils, Laurent Saadoun et Anthony Pouilly (Editions De Boeck, 2008)
  • 49. DEMONTRER SON INTERET « Hum, hum » « Hé bien » « Je vois » « Ah bon » « Tiens » « Etc. » Ou tout simplement répéter, un mot important ou le dernier mot ou la dernière phrase entendue.
  • 50. QUELQUES CONSEILSSoyez totalement attentif à l'autre; concentrez-vous sur l’orateur; Suivez, écoutez et tentez de comprendre l’orateur comme si c’était vous; Écoutez avec vos oreilles, mais aussi avec vos yeux et vos autres sens; Soyez aux aguets: reconnaissez les signaux non verbaux; Laissez l'argumentation ou la présentation suivre son cours;
  • 51. Ne soyez ni d'accord ni en désaccord, mais suivez l’argumentation pas à pas; Soyez impliqué; Participez activement aux suivez les directives; Utilisez votre langage corporel pour encourager la participation de l’orateur et signaler votre intérêt. Sources: Carl Rogers (1902/1987), le développement de la personne, 1961, 270 p.
  • 53. On appelle ‘’reformulation’’ une intervention du médiateur qui consiste à redire en d’autres termes et d’une manière plus concise ou plus explicite, ce que la partie protagoniste vient d’exprimer et cela de telle sorte que l’on obtienne l’accord de celle-ci.
  • 54. De cette façon, on obtient immédiatement trois premiers résultats importants : Le médiateur est certain de ne rien introduire de différent, d’interprétatif, de suggestif dans la communication qu’il vient d’écouter. La partie protagoniste est certaine, si elle se reconnaît dans la reformulation, d’être en bonne voie de se faire comprendre et elle est ainsi conduite à s’exprimer davantage. Le médiateur a fait la preuve qu’il a écouté et compris ce qui lui était offert.
  • 55. Pour le médiateur :  Il s’agit de reconnaître, en quelque sorte, les sentiments ou les significations que le sujet vient de formuler. Il s’agit de laisser la personne développer son point de vue dans l’entretien. Il s’agit d’accepter le contenu subjectif de ce que le sujet vient de dire, même s’il est désagréable, c’est-à-dire d’accepter de considérer qu’il vient d’émettre un point de vue subjectif ; ce point de vue devant être compris.
  • 56. Il s’agit de définir la situation décrite par la personne en terme de responsabilité de sa part, c’est-à-dire non pas en l’accusant de la situation décrite, mais en lui montrant qu’elle exprime son point de vue et que nous la comprenons comme telle.
  • 57. En définitive, reformuler en comptant sur l’accord du sujet pour nous permettre d’évaluer si la reformulation est bonne on insuffisante, suppose une conception générale de la conscience et des aptitudes humaines.
  • 58. Cela suppose que le sujet est considéré réellement comme la personne qui est la plus ‘’au courant’’ du problème, la plus informée de la situation et pratiquement la seule à éprouver son cas dans toute sa profondeur existentielle, économique ou sociale, donc lui seul sait parfaitement de quoi il parle.
  • 59. Disons déjà que l’intervenant, dans la bonne attitude (écoute attentive, absence d’idées préconçues, désir authentique de comprendre) fait ici confiance au sujet en ce qui concerne la manière dont celui-ci éprouve subjectivement la situation.
  • 61. Le reflet est une technique qui consiste pour l'écoutant à redire en d'autres mots ce que l'appelant a dit touchant ses émotions ou ses sentiments afin de lui prouver qu'il essaie de la comprendre. Le focus est donc centré sur les sentiments.
  • 62. Le reflet consiste à : faire le miroir de vécu émotif porter non seulement attention au verbal (ce qui est dit) mais aussi au non verbal (les paroles dites ne sont pas toujours évidentes) Suivre la personne dans ce qu'elle vit sans essayer de la convaincre le but du reflet = décoder Exemple : "Vous vous sentez seul? Je vous sens frustré? Vous êtes fâché?"
  • 64. Il y a co-médiation quand il existe plusieurs médiateurs. L’un d’entre-eux, le leader est le chef de la médiation. Le médiateur principal dirige les débats tandis que le co- médiateur fait office de greffier. Il prend notes et prépare le rapport de la médiation. Les rôles peuvent être définis autrement, lorsqu’il s’agit de plus de deux médiateurs.
  • 66. La distinction entre médiation directe et la médiation indirecte s’apparente plus à une question de typologie de médiation. Et pourtant, dans son application, il s’agit bien de deux techniques de médiation. La première dite médiation directe, est aussi appelée médiation classique car elle se déroule en présence des acteurs au conflit. C’est d’ailleurs cette situation de présence qui constitue le critère fondamental de distinction.
  • 67. En effet, dans le cas d’une médiation indirecte ou encore dite « diplomatie de la navette », les acteurs au conflit ne sont pas présents. Ils communiquent via téléphone ou par tout autre moyen avec le médiateur qui se doit d’user de sa diplomatie pour transmettre ce que l’autre partie
  • 68. Dans une affaire opposant un chef canton à un paysan, le chef canton joint au téléphone disait : « Si j’ai ce voleur de terre en face de moi, je vais le découper…». Le Sous-préfet traduit le grief au paysan en disant « Il dit que tu as occupé sa parcelle… ». Juste de la diplomatie.
  • 69. En effet, dans la médiation indirecte, si le rôle du médiateur n’est pas de gommer les conflits, il ne doit pas être le vecteur car les parties utilisent parfois le processus de médiation pour régler les comptes entre eux.
  • 70. En rétablissant la communication entre les parties, le médiateur se doit aussi d’en gérer les conséquences, ce qui n’est pas toujours une tache aisée, y compris dans le cas de médiation directe. Les techniques de la médiation connues, il faut comprendre le
  • 71. LE PROCESSUS DE MEDIATION 6 étapes: -la demande -la proposition de médiation -la stratégie de médiation -les rencontres -L’accord -Le suivi.
  • 72. A-LA DEMANDE DE MEDIATION Tout processus de médiation est fondé sur le consensus des acteurs au conflit. Le médiateur, doit avant tout, leur rappeler leur décision d’avoir opté pour cette modalité de résolution du conflit. Le médiateur ne peut et ne doit s’autosaisir d’une médiation. Le médiateur est libre d’accepter ou de refuser la médiation. Cas pratique 2
  • 73. B-LA PROPOSITION DE MEDIATION Une fois la demande de médiation acceptée, le médiateur doit situer les différentes conditions de son intervention. Il doit, lui-même expliquer ce qu’il est et ce qu’il n’est pas. Il doit, dès cet instant, faire établir le code de bonne conduite en impliquant les parties.
  • 74. Ainsi, il peut prendre en compte, à titre indicatif les éléments suivants considérés comme les règles d’or : On doit parler de ce que l’on a fait, pas de ce l’autre fait Je respecte l’autre sans coup ni insulte J’ai envie de chercher une solution J’écoute l’autre sans l’interrompre J’essaie d’être sincère et vrai. Donc je dis la vérité.
  • 75. Ce qui est dit ici, reste ici. Je garde le secret. Vous êtes ici parce que vous êtes d’accord avec la médiation et avec les règles qu’on vous a dîtes. Est-ce bien vrai ? Et après confirmation : Si vous êtes d’accord, vous allez signer l’engagement de médiation Cette première étape consiste donc à accueillir, à décrire le processus de médiation et à définir les règles à respecter pendant ce processus.
  • 76. Notons qu’une condition nécessaire de réussite de la médiation est l’accord libre de tous les protagonistes, parties en conflit et médiateur. Nul ne peut être obligé d’aller en médiation. Il est important de prendre le temps de bien réaliser cette étape car elle doit servir à établir la confiance : confiance dans le déroulement équitable de la médiation, confiance dans la compétence des médiateurs et confiance dans la coopération des médiés pour trouver collectivement une solution au conflit, satisfaisante pour tous.
  • 77. LA STRATEGIE DE MEDIATION
  • 78. C-STRATEGIE DE MEDIATION: Quelle clé pour quelle serrure ? La solution: Analyse et recherche
  • 79. Toute médiation doit être bâtie sur une stratégie. Le médiateur est force de propositions et élabore pour lui-même et pour les autres une stratégie de médiation. Comment approfondir la connaissance des questions qui lui sont soumises ? Peut-il proposer aux parties, la visite des sites pour mieux comprendre les intérêts en cause ? Quelles personnes supplémentaires rencontrer ?
  • 80. Ainsi, concrètement, il peut être accepté de filmer la destruction d’une plantation et les dégâts collatéraux que l’action d’un protagoniste a pu causer. Le médiateur peut associer les parties dans la constitution de la cartographie de leur conflit. Les parties se sentiront valorisées dans la quête de la solution. En général, ces pratiques permettent de rééquilibrer les forces en présence en se basant sur des preuves irréfragables.
  • 81. Il s’agira aussi, de choisir la technique de médiation appropriée notamment, la médiation directe ou la médiation indirecte. Toutes ces décisions doivent épouser l’avis favorable des parties au conflit. Une fois le préalable rempli, il faut organiser les véritables rencontres.
  • 82. LES RENCONTRES On distingue deux sortes de rencontres. La rencontre séparée et la rencontre collective. En général, ces deux rencontres permettent au médiateur de recouper les faits pour en déduire la véracité. La tendance étant que les protagonistes ont l’habitude de défendre leur cause quand ils sont en absence de l’autre partie. Qu’elle soit une rencontre séparée ou une rencontre collective, le médiateur cherchera à recueillir les faits. Les deux rencontres ont pour convergence, l’utilisation de la maïeutique, l’art d’accoucher les esprits, et l’écoute active.
  • 83. Les rencontres doivent se dérouler dans un endroit neutre. Elles doivent respecter une certaine disposition, surtout pour la rencontre collective. Le principe étant la médiatrice ou le médiateur, la table de rencontre doit remplir certaines conditions. Cf. à cet effet, au cas pratique à la disposition des parties.
  • 84. L’ACCORD L’accord final sera le fruit de l’ensemble des petites concessions formelles ou informelles et des accords négociés séparément par les acteurs. Il est important que les acteurs participent à la rédaction du texte de l’accord et qu’ils suivent les différentes phases de son élaboration (Comment ?). Le médiateur devra proposer des versions provisoires qu’il examinera avec les parties prenantes (ou leurs représentants qui les présenteront au groupe ou à la communauté) jusqu’à ce que qu’une version soit finalement acceptée.
  • 85. Les documents produits au cours du processus ne sont pas contraignants mais serviront à établir une sorte « d’ordre du jour » susceptible d’être remanié par les acteurs et par le médiateur, en cas de besoin et qui laissera une trace des discussions. Le fait de souligner les objectifs déjà atteints, même s’ils semblent insignifiants, sert à renforcer la confiance entre les acteurs. Un accord doit comporter les décisions prises par les acteurs au cours du processus et indiquer aussi :
  • 86. Les documents produits au cours du processus ne sont pas contraignants mais serviront à établir une sorte « d’ordre du jour » susceptible d’être remanié par les acteurs et par le médiateur, en cas de besoin et qui laissera une trace des discussions. Le fait de souligner les objectifs déjà atteints, même s’ils semblent insignifiants, sert à renforcer la confiance entre les acteurs. Un accord doit comporter les décisions prises par les acteurs au cours du processus et indiquer aussi :
  • 87. - la date d’entrée en vigueur des décisions - la personne responsable de leur application et du contrôle des résultats du processus ; - les mesures à prendre si un ou plusieurs acteurs ne respectent pas les obligations contractées dans le cadre de l’accord. L’accord est un document écrit par tous les acteurs et par le médiateur. Les parties prenantes ont la possibilité de lui donner un caractère officiel ou non. Une valeur juridique peut être très importante dans un contexte formel mais moins pertinente dans un cadre traditionnel.
  • 88. On peut envisager d’autres façons de tenir compte du contexte social : en lisant l’accord devant la communauté, en prenant un engagement devant les anciens, etc. Un autre aspect important à examiner est la viabilité économique de l’accord. Il serait totalement inutile que les acteurs conviennent d’une décision qu’ils n’ont pas les moyens d’appliquer. Si l’on veut qu’un accord soit appliqué il doit reposer sur la réalité, les intérêts et les besoins des acteurs. Un accord sans suivi n’est que lettre morte.
  • 89. LE SUIVI Le suivi est la vérification de la mise en œuvre de l’accord. La meilleure façon de s’assurer que les acteurs s’acquitteront de leurs responsabilités consiste, comme indiqué plus haut, à établir et mentionner dans l’accord les dates à respecter et le déroulement du plan d’action. A intervalles réguliers, un groupe qui représente de manière équitable toutes les parties prenantes impliquées dans la décision doit être désigné pour vérifier les résultats. L’accord peut ainsi indiquer ce qui se produira en cas d’échec.
  • 90. Le contenu spécifique de l’accord et l’insertion d’un calendrier pour le suivi peuvent être particulièrement utiles lorsqu’il est impossible de donner une forme juridique à l’accord. Penser par exemple à un accord de mise en valeur négocié entre deux communautés autochtones d’ethnies différentes, à propos du périmètre de la zone dans laquelle elles vivent et de l’utilisation de ses ressources naturelles. Bien que cela soit souhaitable, il pourrait être difficile d’officialiser le processus des négociations et ses résultats car cela impliquerait l’enregistrement de l’accord devant un notaire.
  • 91.  Les communautés ont la possibilité d’utiliser d’autres instruments pour la mise en œuvre de l’accord et pour éviter toute irrégularité dans le groupe le plus puissant notamment, la signature de l’accord par les responsables de la communauté. Les tâches à accomplir seraient décrites en détail ainsi que le champ d’application et les limitations envisagées. Les communautés peuvent décider de publier l’accord sur les pancartes dans leur village respectif.
  • 92. SCHEMA DE LA MEDIATION
  • 95. Partant du constat selon lequel la médiation exige une acceptation ferme des parties au conflit, et surtout la méconnaissance de cette solution alternative de résolution des conflits par les acteurs du conflit eux- mêmes, il serait difficile de remplir en toute rigueur et dans les règles de l’art la mission de médiateur. Tel qu’abordé ici, les moyens et les outils de mise en œuvre seront difficiles à réaliser compte tenu de cette contrainte. Il importe alors d’initier les populations, les chefferies traditionnelles, les couches sociales organisées à prendre fait et cause pour une telle modalité de résolution de conflit.
  • 96. Il s’agit ici d’offrir une voie pacifique, douce et plus favorable pour la résolution des conflits. Les populations peuvent déjà, avant tout conflit, être librement amenées à opter pour la médiation dans leur futur conflit, si elles en connaissent les mécanismes : absence de contrainte ou d’autorité qui ressemblerait à celle de l’Etat. La médiation, dans sa présentation formelle moderne, est difficilement réalisable dans la société traditionnelle, le conflit étant toujours proche de nous, il faut inventer des formes mixtes ou d’autres alternatives comme la négociation, ou l’arbitrage.
  • 98. Le cadre pratique de la médiation vise à mettre à la disposition des apprenants des outils pratiques et concrets aux fins de faciliter leur rôle de médiateur. Le but essentiel est de suggérer d’autres questions à poser, leur donner une perspective élargie du conflit et du rôle qu’ils devront jouer. Avant et au cours du processus, il convient d’examiner tous les aspects du conflit et du processus de médiation et d’essayer de découvrir les éléments qui pourront aider à évaluer l’évolution du processus et à établir s’il est fondé ou non d’apporter des modifications.
  • 99. Lorsqu’un processus de médiation est choisi, il faut recenser tous les obstacles éventuels au processus de médiation et essayer de comprendre leur nature. C’est pour rendre plus dynamique l’action que les cas pratiques ci-dessous sont proposés.
  • 100. CHAPITRE I : LA PHASE PREPARATOIRE DE LA MEDIATION La phase préparatoire est probablement la partie le plus délicate du processus de gestion. L’analyse du conflit : collecte des informations
  • 101. CAS PRATIQUE 1 Vous êtes le sous-préfet de X. Dans la nuit du 26 mars 2008 ; un groupe d’individus demande une audience d’urgence. Vous acceptez de les recevoir. Ils vous informent que les Y seraient prêts à attaquer les Gakaq de la zone Est. Quels sont les moyens de collecte d’information dont vous disposez ? De quel conflit s’agit-il ? Quelle est la nature du conflit ?
  • 102. OPPORTUNITE DE LA MEDIATION Cas pratique 2 Après son brillant passage à la Faculté de droit d’Angers, KOPOLOU est nommé Préfet de la région du GBANGBAN. Il administre la région en bon représentant du Chef de l’Etat de FOLO. Le 16 mai 2019 ; le chef du village de POLO sollicite son intervention en qualité de médiateur pour tous les conflits qui lieraient les membres de sa communauté. Les habitants du village ont tous accepté sa fonction de médiateur en cas de conflit.
  • 103. Deux semaines après cet acte, deux jeunes chasseurs de KOKO, qui accusent les footballeurs de KILO, de courtiser leurs fiancées, tirent à bout portant dans le village. Le bilan est lourd : 37 morts et 80 blessés.
  • 104. Amorçant la riposte, les jeunes de KILO sont freinés dans leur élan par leur chef charismatique Nanan PAIX qui souhaite la médiation du Préfet. Son homologue de KOKO accepte. Ils décident d’écrire au Préfet qui souhaite les recevoir immédiatement. Vous êtes KOPOLOU. Opterez-vous pour la médiation ? N’enclencherez- vous pas l’action pénale ?
  • 105. Questions fondamentales : Faut-il privilégier la médiation sur l’action pénale ? Dans quels cas, le corps préfectoral ou le médiateur peut user de la médiation ? Entretiens individuels Au début du processus de médiation, tous les acteurs doivent être identifiés et leur participation doit être assurée de manière visible. IDENTIFICATION ET PARTICIPATION DES ACTEURS AU CONFLIT
  • 106. CAS PRATIQUE 3 Proposez une fiche d’identification des parties au conflit. Questions fondamentales Tous les acteurs directs et indirects impliqués dans le conflit ont-ils accès à la table de médiation ? Les parties prenantes comprennent- elles comme il faut le rôle du médiateur ?
  • 107. Pensent-elles qu’il est possible de gérer le conflit par le biais du processus de médiation ? La légitimité et les capacités du médiateur sont-elles également acquises aux yeux des acteurs ? Ont-ils accepté librement de procéder à la médiation ? Dans la négative quel genre de pression ont-il subi et de la part de qui?
  • 108. CHAPITRE II : LA RENCONTRE LE LANGAGE CORPOREL Mise en garde : Le médiateur ne doit pas oublier que la plupart des messages que les personnes transmettent avec leurs corps sont liés au contexte et en rapport étroit avec l’environnement social et culturel.
  • 109. Les médiateurs qui exercent dans leur propre milieu sont donc mieux à même de comprendre et d’interpréter ces signes. Les connaissances de base du médiateur doivent être adaptées à chaque cas. Par exemple, le fait de regarder quelqu’un droit dans les yeux peut être interprété très différemment selon le contexte. Dans certaines cultures cela signifie que la personne qui parle est honnête et sincère alors que dans d’autres il s’agit d’une intimidation ou d’une menace.
  • 110. UN OUTIL INNOVANT : LA MESAAN Champ conceptuel La Meilleure Solution Alternative à l’Accord Négocié (MESAAN) est une technique qui permet d’établir si une partie prenante donnée dispose de possibilités plus favorables que le dialogue et d’analyser pourquoi ces possibilités attirent davantage cet acteur. Pour procéder à une MESAAN il faut suivre trois étapes :
  • 111. Etablir une liste de mesures que vous pourriez raisonnablement prendre si aucun accord n’est conclu; Améliorer certaines des idées les plus prometteuses et les transformer en options concrètes Choisir provisoirement l’option qui paraît être la meilleure.
  • 112. CAS PRATIQUES POUR L’ATELIER LES FAITS La terre ne finit pas de créer les conflits dans nos régions. Malgré les différents textes de lois et les mesures prises, le nombre de décès suite aux conflits fonciers ne cessent d’accroître. KOULEBO, village paisible de la vallée du GBAMO, n’échappera pas à un conflit sanglant entre ses enfants et ceux de KALALI. Les faits à l’origine de ce drame.
  • 113. Le 12 avril 2019, le Président de la République nomme un Sous-préfet à KOULEBO. Celui-ci a été logé provisoirement dans le village de KALALI, où la grande villa construite pour recevoir les autorités lors de fêtes de l’indépendance n’a plus été habitée. Cette villa, après réfection fait peau neuve. Les habitants ne trouvent aucun inconvénient à y loger le Sous-préfet, les deux communautés ayant des liens ancestraux sacrés.
  • 114. Tout se dégrade quand, M. FADEL Abdallah, riche libanais de KALALI acquiert un terrain de 500 hectares, vendu par un fils de KOULEBO sans en informer les parents… Affaire à suivre !
  • 115. LES POSITIONS ACTEUR 1 DU CONFLIT : CHEF DU VILLAGE DE KALALI Vous êtes le chef du village de KALALI. Vos notables et vous refusez de reconnaître cette vente. Préparez vos faits et arguments à faire valoir. Vous avez accepté la médiation du Sous-préfet.
  • 116. ACTEUR 2 DU CONFLIT : M.FADEL Abdallah et le vendeur Préparez vos faits et arguments à faire valoir. Vous avez accepté la médiation du Sous-préfet.
  • 117. ACTEUR 3 : SOUS-PREFET, LE MEDIATEUR Appliquez le processus de médiation