SlideShare une entreprise Scribd logo
1  sur  4
Télécharger pour lire hors ligne
Revue de Médecine Générale et de Famille / N°22 • Juin - Aout 2022
86
Eclairage
La variole du singe°: état des
lieux
Khadija MOUSSAYER*
Introduction
La variole du singe est due à un virus relevant de
la même famille que celui de la variole humaine,
éradiquée depuis 40 ans grâce à une campagne
de vaccination mondiale. Le virus est endémique
dans certains pays d’Afrique : des cas sont observés
sporadiquement chez l’Homme dans des régions
d’Afrique centrale et occidentale, près des forêts
tropicales humides où les contacts entre l’Homme et
les animaux infectés sont fréquents. La présentation
clinique de la maladie est semblable à celle observée
chez les patients atteints autrefois de la variole.
Nous vivons actuellement la plus grande épidémie
de variole du singe jamais observée hors d’Afrique :
des cas ont été observés dans de nombreux pays à
travers le monde avec un risque réel que le virus de la
variole du singe ou monkeypox s’implante dans des
pays non endémiques.
Le virus de la variole du singe et les
modes de sa transmission
C’est un virus qui peut infecter une grande variété
de mammifères dont les rongeurs et les humains.
Découvert pour la première fois en 1958 chez des
singes de laboratoire à Copenhague, le premier
cas humain de variole du singe a été identifié en
république démocratique du Congo en 1970.
Malgré cette appellation de variole du singe, le virus
est plutôt hébergé par des rongeurs qui représentent
vraisemblablement le principal réservoir du virus, tels
les écureuils et les gros rats d’Afrique (rat de Gambie
notamment). On en connaît deux souches, celle du
Congo ou souche d’Afrique centrale (la plus virulente)
et celle d’Afrique occidentale (moins virulente qui
semble être celle retrouvée dans les cas actuels).
A partir de ces divers animaux sauvages, l’infection
humaine est provoquée par un contact direct avec
du sang, des liquides biologiques ou des lésions
cutanées ou muqueuses d’animaux infectés. Elle
peut être également contractée suite à une morsure
ou une griffure. L’ingestion de viande d’animaux
infectés insuffisamment cuite paraît également être
un facteur de risque.
La propagation secondaire interhumaine est limitée,
se produisant principalement par les particules des
gouttelettes respiratoires et nécessitant un contact
face à face prolongé. Les autres modes de cette
transmission comprennent le contact cutané direct
avec les liquides biologiques ou la lésion, et le contact
indirect avec la lésion. On peut se contaminer en
effet au contact de l’environnement du malade, par
exemple par des vêtements, du linge de maison ou
de la vaisselle contaminés. Il est donc important que
les malades respectent un isolement pendant toute la
durée de la maladie (jusqu’à disparition des dernières
Cabinet de Médecine Interne, Casablanca. Maroc
* @ : moussayerkhadija@gmail.com
Revue de Médecine Générale et de Famille / N°22 • Juin - Aout 2022 87
croûtes, le plus souvent après 3 semaines d’évolution).
Malgré ces multiples modes de transmission, le risque
de contagion interhumaine de la variole du singe est
très faible dans la population. En général, le virus ne
se propage normalement pas facilement entre les
humains, si ce n’est lors d’un contact étroit. Le risque
de contagion est plus élevé chez les personnes ayant
plusieurs partenaires sexuels : les cas de variole
du singe actuellement identifiés chez l’Homme
surviennent en effet principalement chez des hommes
ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes,
ce qui suggère que la transmission peut se produire
au cours de relations intimes. L’infection par le virus
de la variole de singe n’est pas connue comme une
infection sexuellement transmise, mais le contact
direct avec une peau lésée durant un rapport sexuel
facilite la transmission.
La propagation actuelle du virus de la variole du
singe en dehors de l’Afrique est probablement due
au déclin mondial de l’immunité aux virus du genre
orthopoxvirus (responsables de la variole humaine),
suite à l’arrêt de la vaccination antivariolique, dans
les années 1980. La variole du singe pourrait donc
devenir la plus importante infection à orthopoxvirus
chez l’Homme [1].
Le virus de la variole de singe et
les risques de mutation
Le virus de la variole du singe est un virus à ADN, c’est
un virus stable et il ne mute pas facilement comme le
Sars-Cov-2 , celui du Covid-19, qui est un virus à ARN.
Les rongeurs s’infectent sans développer systéma-
tiquement des symptômes et beaucoup sont donc
porteurs sains. Le virus peut également passer
d’une espèce à l’autre, notamment en contaminant
les singes dans les forêts tropicales et équatoriales
d’Afrique du centre et de l’Ouest. Chez ces derniers
on observe alors la forme clinique de la variole avec
des lésions caractéristiques (pustules ou vésicules). Le
singe n’est pas l’hôte principal du virus mais un hôte
intermédiaire, l’appellation de “variole du singe” se
révélant donc impropre. L’institut Pasteur souligne
que le risque de propagation internationale est limité.
Des études ont démontré que la transmission inter
humaine était en effet basse avec un nombre moyen
de cas causés par un sujet infecté (appelé R0) serait
inférieur à 1. Les cas bénins de variole du singe
peuvent ne pas être détectés et représenter un
risque de transmission de personne à personne.
La présentation clinique de la
maladie
La variole du singe est une maladie à tropisme
cutané. Les manifestations cliniques sont analogues
à celles de la variole, mais plus légères avec un risque
de mortalité très faible. Rappelons que la variole
humaine pouvait tuer jusqu’à 1/3 des personnes !
Les symptômes apparaissent après une phase de
latence moyenne de 6 à 16 jours après l’infection,
mais pouvant se prolonger jusqu’à 21 jours. Dans
les 5 premiers jours, l’infection provoque plusieurs
symptômes commençant par une fièvre, souvent
forte, accompagnée de maux de tête, de douleurs
musculaires et de courbatures. Par la suite, après
environ 1 à 3 jours suivant l’apparition de la fièvre,
survient une éruption cutanée sous forme de rash
débutant souvent sur le visage puis s’étendant à
d’autres parties du corps, dont les paumes des mains,
les plantes des pieds et les muqueuses (bouche et
région génitale). Les bulles se concentrent plutôt sur
le visage, les paumes des mains et les plantes des
pieds. Cette atteinte cutanée survient en une seule
poussée, le nombre de lésions variant de quelques-
unes à plusieurs milliers et touchant :
Le visage dans 95 % des cas.
La paume des mains et la plante des pieds dans
75 % des cas.
Les muqueuses buccales dans 70 % des cas avec
des effets douloureux gênant la prise des repas.
Les organes génitaux dans 30 %
Les yeux : conjonctive ainsi que la cornée dans 20 %
Les lésions, fréquemment prurigineuses, évoluent par
las suite en macules, papules, vésicules, pustules et
Revue de Médecine Générale et de Famille / N°22 • Juin - Aout 2022
88
Eclairage
finalement en croûtes. Lorsque les croûtes tombent,
les personnes ne sont plus contagieuses.
Certains patients présentent aussi des adénopathies
sous-maxillaires, cervicales ou au niveau des creux
axillaires, voire dans d’autres aires ganglionnaires.
Ce dernier symptôme est important, car il permet de
distinguer la variole du singe de la varicelle ou de la
variole classique.
L’éruption pose le problème du diagnostic différentiel
avec la varicelle ou la syphilis. La différence d’aspect
avec la varicelle ou la syphilis est l’évolution uniforme
des lésions [2].
Evolution de la maladie
La maladie, généralement bénigne, guérit le plus
souvent spontanément au bout de deux à trois
semaines, la plupart des patients se rétablissent avec
des soins appropriés. La maladie peut être sévère
dans certains cas, causant des décès chez 1 à 3,6 %
(clade ouest-africain) ou 10 % (clade centre-africain)
des malades en Afrique.
De manière générale, bien que les symptômes
soient plus légers que ceux de la variole, le taux
de létalité dans les épidémies de variole du singe
est de 1 à 10 %. La mortalité est plus élevée chez
les enfants et les jeunes adultes. De plus, les
personnes immunodéprimées sont particulièrement
exposées au risque de maladie grave. La maladie
peut se compliquer de surinfection des lésions
cutanées ou d’atteintes respiratoires, digestives,
ophtalmologiques ou neurologiques.
La variole du singe pendant la grossesse peut
également entraîner des complications comme la
variole du singe congénitale ou la mort du fœtus.
Les outils du diagnostic
Ces outils permettent de distinguer la variole du singe
des autres maladies infectieuses avec fièvre et éruption
cutanée : varicelle, rougeole, variole classique.
Le diagnostic repose sur l’isolement du virus sur une
lésion cutanée après avoir enlevé son toit et brossé sa
base avec un écouvillon. La reconnaissance du virus
est facile et immédiate au microscope car c’est un
gros virus. La confirmation diagnostique de variole
simienne est biologique par l’identification du virus
notamment par PCR - un test spécifique vient d’être
récemment développé - sur les prélèvements cutané
ou naso-pharyngé en cas de poussée éruptive dans
la bouche ou la gorge. Les tests antigéniques ne
permettent pas de déterminer s’il s’agit du virus de
la variole du singe ou d’autres virus apparentés [3].
La prise en charge actuelle de la
maladie
Les personnes infectées doivent rester isolées jusqu’à
la guérison complète de leur éruption cutanée, en
évitant notamment tout contact avec des personnes
immunodéprimées et des animaux domestiques.
Il faut s’abstenir de toute activité sexuelle et de
tout contact physique étroit jusqu’à la guérison de
l’éruption cutanée.
Le traitement de la maladie est notamment
symptomatique : désinfection des lésions, administration
d’antibiothérapie en cas de surinfection, réhydratation.
Aucun traitement ou vaccin spécifique à la variole du
singe n’a été encore développé, quoique certaines
molécules antivirales, notamment le tecovirimat,
soient actuellement en cours d’évaluation. On utilise
pour le moment le même vaccin que celui contre la
variole humaine.
Une vaccination massive n’étant pas à l’ordre du jour,
on vaccine plutôt les cas confirmés et leur contact.
Le vaccin est administré idéalement dans les 4 à
14 jours après le contact à risque. Deux doses sont
nécessaires, espacées de 28 jours. La vaccination
contre la variole humaine confère une protection
efficace croisée contre l’infection de la variole du
singe, allant jusqu’à 85 %, y compris après avoir été
exposé au virus.
Les personnes âgées de plus de 50 ans, même si elles
n’ont plus d’anticorps en ce moment, sont protégées
contre cette maladie parce qu’elles ont été vaccinées
contre la variole avant les années 1970. Ces personnes
sont capables de produire des anticorps de bonne
Revue de Médecine Générale et de Famille / N°22 • Juin - Aout 2022 89
qualité très rapidement, en quelques jours. Elles ne
peuvent, en principe, pas être contaminées [4].
Etat épidémiologique
La première épidémie de variole du singe signalée
en dehors de l’Afrique a fait suite à l’importation de
mammifères infectés en 2003 aux Etats-Unis. En 2018
et 2019, des voyageurs provenant de pays différents
et ayant séjourné au Nigeria, ont contacté la variole
du singe à la suite d’une importante épidémie dans
ce pays d’Afrique.
Plus récemment, un premier cas a été confirmé début
mai 2022 en Europe chez un individu revenu en
Angleterre depuis le Nigeria. Peu après, la maladie
a été détectée chez 9 cas n’ayant pas voyagé dans
une zone habituellement à risque. Par la suite, des
cas ont été confirmés dans d’autres pays d’Europe,
aux Etats-Unis et au Canada. Au Maroc, un cas a été
confirmé début juin 2022.
Conclusion
L’épidémie actuelle causée par la variole n’est pas
inquiétante : aucun cas grave n’a été recensé pour le
moment et la transmissibilité est faible. La situation
serait problématique si le virus mutait et devenait
aussi transmissible que la variole humaine, cela
pourrait donner de très grandes épidémies.
Conflit d’intérêt
L’auteur déclare n’avoir aucun lien d’intérêt.
Références
1. Organisation Mondiale de la Santé Variole du singe
(Orthopoxvirose simienne). 2022. Disponible sur : «https://
www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/monkeypox».
2. COREB. Monkeypox Coordination opérationnelle risque
épidémique et biologique. 2022. Disponible sur : «https://www.
coreb.infectiologie.com/fr/monkeypox.html».
3. Biologie e-learning. Diagnostic Biologique de la variole du
singe. 2022. Disponible sur : «https://www.biologie-elearning.
fr/diagnostic-biologique-de-la-variole-du-singe/».
4. HAS. Avis n° 2022.0034/SESPEV du collège de la Haute Autorité
de santé relatif à la vaccination contre Monkeypox. Disponible sur :
«https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2022-05/
avis_n2022.0034_sespev_du_20_mai_2022_du_college_de_la_has_
relatif_a_la_vaccination_contre_la_variole_du_singe_monkeypox_vir.
pdf 2022».

Contenu connexe

Similaire à Eclairage sur la variole du singe : mode de transmission, symptômes et prise en charge

Chikungunya :halte ux rumeurs
Chikungunya :halte ux rumeurs Chikungunya :halte ux rumeurs
Chikungunya :halte ux rumeurs Raphael Bastide
 
Paludisme.pdf
Paludisme.pdfPaludisme.pdf
Paludisme.pdfsofianetv
 
coorelation MST et VIH
coorelation MST et VIHcoorelation MST et VIH
coorelation MST et VIHFeliciaKapita
 
Arbovirus (Microbiologie - Virologie)
Arbovirus (Microbiologie - Virologie)Arbovirus (Microbiologie - Virologie)
Arbovirus (Microbiologie - Virologie)Rita MERHY
 
Herpès génital : qu'en savez-vous ?
Herpès génital : qu'en savez-vous ?Herpès génital : qu'en savez-vous ?
Herpès génital : qu'en savez-vous ?sante365
 
Lyme
LymeLyme
LymeMKV58
 
Maladie du système immunitaire
Maladie du système immunitaireMaladie du système immunitaire
Maladie du système immunitaireZoubir Houari
 
Être hépatant 09
Être hépatant 09Être hépatant 09
Être hépatant 09soshepatites
 
Connaissances sur les maladies transmises par les moustiques, dont la dengue,...
Connaissances sur les maladies transmises par les moustiques, dont la dengue,...Connaissances sur les maladies transmises par les moustiques, dont la dengue,...
Connaissances sur les maladies transmises par les moustiques, dont la dengue,...valéry ridde
 
La peste rapport scientifique détaillé pdf
La peste rapport scientifique détaillé pdf La peste rapport scientifique détaillé pdf
La peste rapport scientifique détaillé pdf JuliaButorina
 
Ebola Virus.pptx
Ebola Virus.pptxEbola Virus.pptx
Ebola Virus.pptxalex422284
 
Formation paludisme à l'EPP Zone Insdustrielle 1 / IEP Daloa-3
Formation paludisme à l'EPP Zone Insdustrielle 1 / IEP Daloa-3Formation paludisme à l'EPP Zone Insdustrielle 1 / IEP Daloa-3
Formation paludisme à l'EPP Zone Insdustrielle 1 / IEP Daloa-3Drenet Daloa
 
MIEUX COMPRENDRE LA FIEVRE EBOLA PAR LE Dr CHERIF Djibril
MIEUX COMPRENDRE LA FIEVRE EBOLA PAR LE Dr CHERIF Djibril MIEUX COMPRENDRE LA FIEVRE EBOLA PAR LE Dr CHERIF Djibril
MIEUX COMPRENDRE LA FIEVRE EBOLA PAR LE Dr CHERIF Djibril Abdramane Coulibaly
 
Fiche essentielle - CCMO Mutuelle - La grippe
Fiche essentielle - CCMO Mutuelle - La grippeFiche essentielle - CCMO Mutuelle - La grippe
Fiche essentielle - CCMO Mutuelle - La grippeCCMO Mutuelle
 
Livre blanc - Zoom sur le clostridium difficile
Livre blanc - Zoom sur le clostridium difficileLivre blanc - Zoom sur le clostridium difficile
Livre blanc - Zoom sur le clostridium difficileEsther Vissac
 
presentation sur la maladie de la dengue .pptx
presentation sur la maladie de la dengue .pptxpresentation sur la maladie de la dengue .pptx
presentation sur la maladie de la dengue .pptxNYTombaye
 

Similaire à Eclairage sur la variole du singe : mode de transmission, symptômes et prise en charge (20)

Chikungunya :halte ux rumeurs
Chikungunya :halte ux rumeurs Chikungunya :halte ux rumeurs
Chikungunya :halte ux rumeurs
 
Paludisme.pdf
Paludisme.pdfPaludisme.pdf
Paludisme.pdf
 
coorelation MST et VIH
coorelation MST et VIHcoorelation MST et VIH
coorelation MST et VIH
 
Arbovirus (Microbiologie - Virologie)
Arbovirus (Microbiologie - Virologie)Arbovirus (Microbiologie - Virologie)
Arbovirus (Microbiologie - Virologie)
 
Herpès génital : qu'en savez-vous ?
Herpès génital : qu'en savez-vous ?Herpès génital : qu'en savez-vous ?
Herpès génital : qu'en savez-vous ?
 
Lyme
LymeLyme
Lyme
 
Maladie du système immunitaire
Maladie du système immunitaireMaladie du système immunitaire
Maladie du système immunitaire
 
Être hépatant 09
Être hépatant 09Être hépatant 09
Être hépatant 09
 
Connaissances sur les maladies transmises par les moustiques, dont la dengue,...
Connaissances sur les maladies transmises par les moustiques, dont la dengue,...Connaissances sur les maladies transmises par les moustiques, dont la dengue,...
Connaissances sur les maladies transmises par les moustiques, dont la dengue,...
 
La peste rapport scientifique détaillé pdf
La peste rapport scientifique détaillé pdf La peste rapport scientifique détaillé pdf
La peste rapport scientifique détaillé pdf
 
Ebola Virus.pptx
Ebola Virus.pptxEbola Virus.pptx
Ebola Virus.pptx
 
Ebola
EbolaEbola
Ebola
 
Formation paludisme à l'EPP Zone Insdustrielle 1 / IEP Daloa-3
Formation paludisme à l'EPP Zone Insdustrielle 1 / IEP Daloa-3Formation paludisme à l'EPP Zone Insdustrielle 1 / IEP Daloa-3
Formation paludisme à l'EPP Zone Insdustrielle 1 / IEP Daloa-3
 
MIEUX COMPRENDRE LA FIEVRE EBOLA PAR LE Dr CHERIF Djibril
MIEUX COMPRENDRE LA FIEVRE EBOLA PAR LE Dr CHERIF Djibril MIEUX COMPRENDRE LA FIEVRE EBOLA PAR LE Dr CHERIF Djibril
MIEUX COMPRENDRE LA FIEVRE EBOLA PAR LE Dr CHERIF Djibril
 
Fiche essentielle - CCMO Mutuelle - La grippe
Fiche essentielle - CCMO Mutuelle - La grippeFiche essentielle - CCMO Mutuelle - La grippe
Fiche essentielle - CCMO Mutuelle - La grippe
 
Livre blanc - Zoom sur le clostridium difficile
Livre blanc - Zoom sur le clostridium difficileLivre blanc - Zoom sur le clostridium difficile
Livre blanc - Zoom sur le clostridium difficile
 
Les gestes barrière
Les gestes barrièreLes gestes barrière
Les gestes barrière
 
SIDA
SIDASIDA
SIDA
 
presentation sur la maladie de la dengue .pptx
presentation sur la maladie de la dengue .pptxpresentation sur la maladie de la dengue .pptx
presentation sur la maladie de la dengue .pptx
 
human immunodeficiency virus
human immunodeficiency virushuman immunodeficiency virus
human immunodeficiency virus
 

Plus de Khadija Moussayer

Les paradoxes de l’évolution de l’espèce humaine
Les paradoxes de l’évolution de l’espèce humaineLes paradoxes de l’évolution de l’espèce humaine
Les paradoxes de l’évolution de l’espèce humaineKhadija Moussayer
 
Le rôle central de la médecine interne dans l’évolution des systèmes de santé...
Le rôle central de la médecine interne dans l’évolution des systèmes de santé...Le rôle central de la médecine interne dans l’évolution des systèmes de santé...
Le rôle central de la médecine interne dans l’évolution des systèmes de santé...Khadija Moussayer
 
LA POLYARTHRITE RHUMATOIDE, UNE AMELIORATION DE LA PRISE EN CHARGE AVEC NOTAM...
LA POLYARTHRITE RHUMATOIDE, UNE AMELIORATION DE LA PRISE EN CHARGE AVEC NOTAM...LA POLYARTHRITE RHUMATOIDE, UNE AMELIORATION DE LA PRISE EN CHARGE AVEC NOTAM...
LA POLYARTHRITE RHUMATOIDE, UNE AMELIORATION DE LA PRISE EN CHARGE AVEC NOTAM...Khadija Moussayer
 
Syndrome de Di George : symptomes diagnostic et traitement
Syndrome de Di George : symptomes diagnostic et traitementSyndrome de Di George : symptomes diagnostic et traitement
Syndrome de Di George : symptomes diagnostic et traitementKhadija Moussayer
 
La sclérodermie une maladie auto-immune rare
La sclérodermie une maladie auto-immune rareLa sclérodermie une maladie auto-immune rare
La sclérodermie une maladie auto-immune rareKhadija Moussayer
 
Maladie de Raynaud : 3 à 5 % de la population mondiale en est touchée.
Maladie de Raynaud : 3 à 5 % de la population mondiale en est touchée.Maladie de Raynaud : 3 à 5 % de la population mondiale en est touchée.
Maladie de Raynaud : 3 à 5 % de la population mondiale en est touchée.Khadija Moussayer
 
Vitamine D les risques de surdosage ou de carence encore trop fréquents pdf
Vitamine D les risques de surdosage ou de  carence encore trop fréquents pdfVitamine D les risques de surdosage ou de  carence encore trop fréquents pdf
Vitamine D les risques de surdosage ou de carence encore trop fréquents pdfKhadija Moussayer
 
La leishmaniose une pathologie parasitaire émergente dans le monde.pdf
La leishmaniose une pathologie parasitaire émergente dans le monde.pdfLa leishmaniose une pathologie parasitaire émergente dans le monde.pdf
La leishmaniose une pathologie parasitaire émergente dans le monde.pdfKhadija Moussayer
 
La maladie de Huntington un trouble neurodégénératif rare.pdf
La maladie de Huntington un trouble neurodégénératif rare.pdfLa maladie de Huntington un trouble neurodégénératif rare.pdf
La maladie de Huntington un trouble neurodégénératif rare.pdfKhadija Moussayer
 
La cystinose une maladie rare aux attaques rénales graves.pdf
La cystinose une maladie rare aux attaques rénales graves.pdfLa cystinose une maladie rare aux attaques rénales graves.pdf
La cystinose une maladie rare aux attaques rénales graves.pdfKhadija Moussayer
 
Le ramadan chez la personne âgée : conseils santé
Le ramadan chez la personne âgée : conseils santéLe ramadan chez la personne âgée : conseils santé
Le ramadan chez la personne âgée : conseils santéKhadija Moussayer
 
La grippe cétogène, conséquence d'un régime cétonique trop strict.pdf
La grippe cétogène, conséquence d'un régime cétonique trop strict.pdfLa grippe cétogène, conséquence d'un régime cétonique trop strict.pdf
La grippe cétogène, conséquence d'un régime cétonique trop strict.pdfKhadija Moussayer
 
Journée mondiale du rein 2024 Dossier complet
Journée mondiale du rein  2024 Dossier completJournée mondiale du rein  2024 Dossier complet
Journée mondiale du rein 2024 Dossier completKhadija Moussayer
 
Les Femmes et les hommes ne sont pas égaux face aux maladies rénales par Dr M...
Les Femmes et les hommes ne sont pas égaux face aux maladies rénales par Dr M...Les Femmes et les hommes ne sont pas égaux face aux maladies rénales par Dr M...
Les Femmes et les hommes ne sont pas égaux face aux maladies rénales par Dr M...Khadija Moussayer
 
Comment vivre avec une maladie rénale par Dr Moussayer Khadija.pdf
Comment vivre avec une maladie rénale par Dr Moussayer Khadija.pdfComment vivre avec une maladie rénale par Dr Moussayer Khadija.pdf
Comment vivre avec une maladie rénale par Dr Moussayer Khadija.pdfKhadija Moussayer
 
Angioedema : "From localized swelling attacks to potentially fatal asphyxia"
Angioedema : "From localized swelling attacks to potentially fatal asphyxia"Angioedema : "From localized swelling attacks to potentially fatal asphyxia"
Angioedema : "From localized swelling attacks to potentially fatal asphyxia"Khadija Moussayer
 
El Angioedema : Desde los ataques de hinchazón localizados hasta la asfixia p...
El Angioedema : Desde los ataques de hinchazón localizados hasta la asfixia p...El Angioedema : Desde los ataques de hinchazón localizados hasta la asfixia p...
El Angioedema : Desde los ataques de hinchazón localizados hasta la asfixia p...Khadija Moussayer
 
Le syndrome de Lambert Eaton une maladie rare auto-immune qui peut révéler u...
Le syndrome de Lambert Eaton  une maladie rare auto-immune qui peut révéler u...Le syndrome de Lambert Eaton  une maladie rare auto-immune qui peut révéler u...
Le syndrome de Lambert Eaton une maladie rare auto-immune qui peut révéler u...Khadija Moussayer
 
MALADIES RARES AU MAROC : l'accès au diagnostic et aux soins reste un défi ...
MALADIES RARES AU MAROC  :  l'accès au diagnostic et aux soins reste un défi ...MALADIES RARES AU MAROC  :  l'accès au diagnostic et aux soins reste un défi ...
MALADIES RARES AU MAROC : l'accès au diagnostic et aux soins reste un défi ...Khadija Moussayer
 
International conference on phenylketonuria in Morocco.pdf
International conference on phenylketonuria in Morocco.pdfInternational conference on phenylketonuria in Morocco.pdf
International conference on phenylketonuria in Morocco.pdfKhadija Moussayer
 

Plus de Khadija Moussayer (20)

Les paradoxes de l’évolution de l’espèce humaine
Les paradoxes de l’évolution de l’espèce humaineLes paradoxes de l’évolution de l’espèce humaine
Les paradoxes de l’évolution de l’espèce humaine
 
Le rôle central de la médecine interne dans l’évolution des systèmes de santé...
Le rôle central de la médecine interne dans l’évolution des systèmes de santé...Le rôle central de la médecine interne dans l’évolution des systèmes de santé...
Le rôle central de la médecine interne dans l’évolution des systèmes de santé...
 
LA POLYARTHRITE RHUMATOIDE, UNE AMELIORATION DE LA PRISE EN CHARGE AVEC NOTAM...
LA POLYARTHRITE RHUMATOIDE, UNE AMELIORATION DE LA PRISE EN CHARGE AVEC NOTAM...LA POLYARTHRITE RHUMATOIDE, UNE AMELIORATION DE LA PRISE EN CHARGE AVEC NOTAM...
LA POLYARTHRITE RHUMATOIDE, UNE AMELIORATION DE LA PRISE EN CHARGE AVEC NOTAM...
 
Syndrome de Di George : symptomes diagnostic et traitement
Syndrome de Di George : symptomes diagnostic et traitementSyndrome de Di George : symptomes diagnostic et traitement
Syndrome de Di George : symptomes diagnostic et traitement
 
La sclérodermie une maladie auto-immune rare
La sclérodermie une maladie auto-immune rareLa sclérodermie une maladie auto-immune rare
La sclérodermie une maladie auto-immune rare
 
Maladie de Raynaud : 3 à 5 % de la population mondiale en est touchée.
Maladie de Raynaud : 3 à 5 % de la population mondiale en est touchée.Maladie de Raynaud : 3 à 5 % de la population mondiale en est touchée.
Maladie de Raynaud : 3 à 5 % de la population mondiale en est touchée.
 
Vitamine D les risques de surdosage ou de carence encore trop fréquents pdf
Vitamine D les risques de surdosage ou de  carence encore trop fréquents pdfVitamine D les risques de surdosage ou de  carence encore trop fréquents pdf
Vitamine D les risques de surdosage ou de carence encore trop fréquents pdf
 
La leishmaniose une pathologie parasitaire émergente dans le monde.pdf
La leishmaniose une pathologie parasitaire émergente dans le monde.pdfLa leishmaniose une pathologie parasitaire émergente dans le monde.pdf
La leishmaniose une pathologie parasitaire émergente dans le monde.pdf
 
La maladie de Huntington un trouble neurodégénératif rare.pdf
La maladie de Huntington un trouble neurodégénératif rare.pdfLa maladie de Huntington un trouble neurodégénératif rare.pdf
La maladie de Huntington un trouble neurodégénératif rare.pdf
 
La cystinose une maladie rare aux attaques rénales graves.pdf
La cystinose une maladie rare aux attaques rénales graves.pdfLa cystinose une maladie rare aux attaques rénales graves.pdf
La cystinose une maladie rare aux attaques rénales graves.pdf
 
Le ramadan chez la personne âgée : conseils santé
Le ramadan chez la personne âgée : conseils santéLe ramadan chez la personne âgée : conseils santé
Le ramadan chez la personne âgée : conseils santé
 
La grippe cétogène, conséquence d'un régime cétonique trop strict.pdf
La grippe cétogène, conséquence d'un régime cétonique trop strict.pdfLa grippe cétogène, conséquence d'un régime cétonique trop strict.pdf
La grippe cétogène, conséquence d'un régime cétonique trop strict.pdf
 
Journée mondiale du rein 2024 Dossier complet
Journée mondiale du rein  2024 Dossier completJournée mondiale du rein  2024 Dossier complet
Journée mondiale du rein 2024 Dossier complet
 
Les Femmes et les hommes ne sont pas égaux face aux maladies rénales par Dr M...
Les Femmes et les hommes ne sont pas égaux face aux maladies rénales par Dr M...Les Femmes et les hommes ne sont pas égaux face aux maladies rénales par Dr M...
Les Femmes et les hommes ne sont pas égaux face aux maladies rénales par Dr M...
 
Comment vivre avec une maladie rénale par Dr Moussayer Khadija.pdf
Comment vivre avec une maladie rénale par Dr Moussayer Khadija.pdfComment vivre avec une maladie rénale par Dr Moussayer Khadija.pdf
Comment vivre avec une maladie rénale par Dr Moussayer Khadija.pdf
 
Angioedema : "From localized swelling attacks to potentially fatal asphyxia"
Angioedema : "From localized swelling attacks to potentially fatal asphyxia"Angioedema : "From localized swelling attacks to potentially fatal asphyxia"
Angioedema : "From localized swelling attacks to potentially fatal asphyxia"
 
El Angioedema : Desde los ataques de hinchazón localizados hasta la asfixia p...
El Angioedema : Desde los ataques de hinchazón localizados hasta la asfixia p...El Angioedema : Desde los ataques de hinchazón localizados hasta la asfixia p...
El Angioedema : Desde los ataques de hinchazón localizados hasta la asfixia p...
 
Le syndrome de Lambert Eaton une maladie rare auto-immune qui peut révéler u...
Le syndrome de Lambert Eaton  une maladie rare auto-immune qui peut révéler u...Le syndrome de Lambert Eaton  une maladie rare auto-immune qui peut révéler u...
Le syndrome de Lambert Eaton une maladie rare auto-immune qui peut révéler u...
 
MALADIES RARES AU MAROC : l'accès au diagnostic et aux soins reste un défi ...
MALADIES RARES AU MAROC  :  l'accès au diagnostic et aux soins reste un défi ...MALADIES RARES AU MAROC  :  l'accès au diagnostic et aux soins reste un défi ...
MALADIES RARES AU MAROC : l'accès au diagnostic et aux soins reste un défi ...
 
International conference on phenylketonuria in Morocco.pdf
International conference on phenylketonuria in Morocco.pdfInternational conference on phenylketonuria in Morocco.pdf
International conference on phenylketonuria in Morocco.pdf
 

Dernier

CHANGEMENT DE PANSEMENT et quelques types .pptx
CHANGEMENT DE PANSEMENT et quelques types .pptxCHANGEMENT DE PANSEMENT et quelques types .pptx
CHANGEMENT DE PANSEMENT et quelques types .pptxKawTar253413
 
Résultats de la seconde vague du baromètre de la santé connectée 2024
Résultats de la seconde vague du baromètre de la santé connectée 2024Résultats de la seconde vague du baromètre de la santé connectée 2024
Résultats de la seconde vague du baromètre de la santé connectée 2024benj_2
 
《购买维多利亚大学学历本科学位证书》
《购买维多利亚大学学历本科学位证书》《购买维多利亚大学学历本科学位证书》
《购买维多利亚大学学历本科学位证书》rnrncn29
 
Dr MEHRI TURKI IMEN - Traitement du double menton : Une nouvelle technique tu...
Dr MEHRI TURKI IMEN - Traitement du double menton : Une nouvelle technique tu...Dr MEHRI TURKI IMEN - Traitement du double menton : Une nouvelle technique tu...
Dr MEHRI TURKI IMEN - Traitement du double menton : Une nouvelle technique tu...Aymen Masri
 
Biologie moléculaire_S6_ première partie .pptx
Biologie moléculaire_S6_ première partie .pptxBiologie moléculaire_S6_ première partie .pptx
Biologie moléculaire_S6_ première partie .pptxrababouerdighi
 
Module 10 Causerie educative en planification familiale.pptx
Module 10 Causerie educative en planification familiale.pptxModule 10 Causerie educative en planification familiale.pptx
Module 10 Causerie educative en planification familiale.pptxOuedraogoSoumaila3
 

Dernier (6)

CHANGEMENT DE PANSEMENT et quelques types .pptx
CHANGEMENT DE PANSEMENT et quelques types .pptxCHANGEMENT DE PANSEMENT et quelques types .pptx
CHANGEMENT DE PANSEMENT et quelques types .pptx
 
Résultats de la seconde vague du baromètre de la santé connectée 2024
Résultats de la seconde vague du baromètre de la santé connectée 2024Résultats de la seconde vague du baromètre de la santé connectée 2024
Résultats de la seconde vague du baromètre de la santé connectée 2024
 
《购买维多利亚大学学历本科学位证书》
《购买维多利亚大学学历本科学位证书》《购买维多利亚大学学历本科学位证书》
《购买维多利亚大学学历本科学位证书》
 
Dr MEHRI TURKI IMEN - Traitement du double menton : Une nouvelle technique tu...
Dr MEHRI TURKI IMEN - Traitement du double menton : Une nouvelle technique tu...Dr MEHRI TURKI IMEN - Traitement du double menton : Une nouvelle technique tu...
Dr MEHRI TURKI IMEN - Traitement du double menton : Une nouvelle technique tu...
 
Biologie moléculaire_S6_ première partie .pptx
Biologie moléculaire_S6_ première partie .pptxBiologie moléculaire_S6_ première partie .pptx
Biologie moléculaire_S6_ première partie .pptx
 
Module 10 Causerie educative en planification familiale.pptx
Module 10 Causerie educative en planification familiale.pptxModule 10 Causerie educative en planification familiale.pptx
Module 10 Causerie educative en planification familiale.pptx
 

Eclairage sur la variole du singe : mode de transmission, symptômes et prise en charge

  • 1. Revue de Médecine Générale et de Famille / N°22 • Juin - Aout 2022 86 Eclairage La variole du singe°: état des lieux Khadija MOUSSAYER* Introduction La variole du singe est due à un virus relevant de la même famille que celui de la variole humaine, éradiquée depuis 40 ans grâce à une campagne de vaccination mondiale. Le virus est endémique dans certains pays d’Afrique : des cas sont observés sporadiquement chez l’Homme dans des régions d’Afrique centrale et occidentale, près des forêts tropicales humides où les contacts entre l’Homme et les animaux infectés sont fréquents. La présentation clinique de la maladie est semblable à celle observée chez les patients atteints autrefois de la variole. Nous vivons actuellement la plus grande épidémie de variole du singe jamais observée hors d’Afrique : des cas ont été observés dans de nombreux pays à travers le monde avec un risque réel que le virus de la variole du singe ou monkeypox s’implante dans des pays non endémiques. Le virus de la variole du singe et les modes de sa transmission C’est un virus qui peut infecter une grande variété de mammifères dont les rongeurs et les humains. Découvert pour la première fois en 1958 chez des singes de laboratoire à Copenhague, le premier cas humain de variole du singe a été identifié en république démocratique du Congo en 1970. Malgré cette appellation de variole du singe, le virus est plutôt hébergé par des rongeurs qui représentent vraisemblablement le principal réservoir du virus, tels les écureuils et les gros rats d’Afrique (rat de Gambie notamment). On en connaît deux souches, celle du Congo ou souche d’Afrique centrale (la plus virulente) et celle d’Afrique occidentale (moins virulente qui semble être celle retrouvée dans les cas actuels). A partir de ces divers animaux sauvages, l’infection humaine est provoquée par un contact direct avec du sang, des liquides biologiques ou des lésions cutanées ou muqueuses d’animaux infectés. Elle peut être également contractée suite à une morsure ou une griffure. L’ingestion de viande d’animaux infectés insuffisamment cuite paraît également être un facteur de risque. La propagation secondaire interhumaine est limitée, se produisant principalement par les particules des gouttelettes respiratoires et nécessitant un contact face à face prolongé. Les autres modes de cette transmission comprennent le contact cutané direct avec les liquides biologiques ou la lésion, et le contact indirect avec la lésion. On peut se contaminer en effet au contact de l’environnement du malade, par exemple par des vêtements, du linge de maison ou de la vaisselle contaminés. Il est donc important que les malades respectent un isolement pendant toute la durée de la maladie (jusqu’à disparition des dernières Cabinet de Médecine Interne, Casablanca. Maroc * @ : moussayerkhadija@gmail.com
  • 2. Revue de Médecine Générale et de Famille / N°22 • Juin - Aout 2022 87 croûtes, le plus souvent après 3 semaines d’évolution). Malgré ces multiples modes de transmission, le risque de contagion interhumaine de la variole du singe est très faible dans la population. En général, le virus ne se propage normalement pas facilement entre les humains, si ce n’est lors d’un contact étroit. Le risque de contagion est plus élevé chez les personnes ayant plusieurs partenaires sexuels : les cas de variole du singe actuellement identifiés chez l’Homme surviennent en effet principalement chez des hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes, ce qui suggère que la transmission peut se produire au cours de relations intimes. L’infection par le virus de la variole de singe n’est pas connue comme une infection sexuellement transmise, mais le contact direct avec une peau lésée durant un rapport sexuel facilite la transmission. La propagation actuelle du virus de la variole du singe en dehors de l’Afrique est probablement due au déclin mondial de l’immunité aux virus du genre orthopoxvirus (responsables de la variole humaine), suite à l’arrêt de la vaccination antivariolique, dans les années 1980. La variole du singe pourrait donc devenir la plus importante infection à orthopoxvirus chez l’Homme [1]. Le virus de la variole de singe et les risques de mutation Le virus de la variole du singe est un virus à ADN, c’est un virus stable et il ne mute pas facilement comme le Sars-Cov-2 , celui du Covid-19, qui est un virus à ARN. Les rongeurs s’infectent sans développer systéma- tiquement des symptômes et beaucoup sont donc porteurs sains. Le virus peut également passer d’une espèce à l’autre, notamment en contaminant les singes dans les forêts tropicales et équatoriales d’Afrique du centre et de l’Ouest. Chez ces derniers on observe alors la forme clinique de la variole avec des lésions caractéristiques (pustules ou vésicules). Le singe n’est pas l’hôte principal du virus mais un hôte intermédiaire, l’appellation de “variole du singe” se révélant donc impropre. L’institut Pasteur souligne que le risque de propagation internationale est limité. Des études ont démontré que la transmission inter humaine était en effet basse avec un nombre moyen de cas causés par un sujet infecté (appelé R0) serait inférieur à 1. Les cas bénins de variole du singe peuvent ne pas être détectés et représenter un risque de transmission de personne à personne. La présentation clinique de la maladie La variole du singe est une maladie à tropisme cutané. Les manifestations cliniques sont analogues à celles de la variole, mais plus légères avec un risque de mortalité très faible. Rappelons que la variole humaine pouvait tuer jusqu’à 1/3 des personnes ! Les symptômes apparaissent après une phase de latence moyenne de 6 à 16 jours après l’infection, mais pouvant se prolonger jusqu’à 21 jours. Dans les 5 premiers jours, l’infection provoque plusieurs symptômes commençant par une fièvre, souvent forte, accompagnée de maux de tête, de douleurs musculaires et de courbatures. Par la suite, après environ 1 à 3 jours suivant l’apparition de la fièvre, survient une éruption cutanée sous forme de rash débutant souvent sur le visage puis s’étendant à d’autres parties du corps, dont les paumes des mains, les plantes des pieds et les muqueuses (bouche et région génitale). Les bulles se concentrent plutôt sur le visage, les paumes des mains et les plantes des pieds. Cette atteinte cutanée survient en une seule poussée, le nombre de lésions variant de quelques- unes à plusieurs milliers et touchant : Le visage dans 95 % des cas. La paume des mains et la plante des pieds dans 75 % des cas. Les muqueuses buccales dans 70 % des cas avec des effets douloureux gênant la prise des repas. Les organes génitaux dans 30 % Les yeux : conjonctive ainsi que la cornée dans 20 % Les lésions, fréquemment prurigineuses, évoluent par las suite en macules, papules, vésicules, pustules et
  • 3. Revue de Médecine Générale et de Famille / N°22 • Juin - Aout 2022 88 Eclairage finalement en croûtes. Lorsque les croûtes tombent, les personnes ne sont plus contagieuses. Certains patients présentent aussi des adénopathies sous-maxillaires, cervicales ou au niveau des creux axillaires, voire dans d’autres aires ganglionnaires. Ce dernier symptôme est important, car il permet de distinguer la variole du singe de la varicelle ou de la variole classique. L’éruption pose le problème du diagnostic différentiel avec la varicelle ou la syphilis. La différence d’aspect avec la varicelle ou la syphilis est l’évolution uniforme des lésions [2]. Evolution de la maladie La maladie, généralement bénigne, guérit le plus souvent spontanément au bout de deux à trois semaines, la plupart des patients se rétablissent avec des soins appropriés. La maladie peut être sévère dans certains cas, causant des décès chez 1 à 3,6 % (clade ouest-africain) ou 10 % (clade centre-africain) des malades en Afrique. De manière générale, bien que les symptômes soient plus légers que ceux de la variole, le taux de létalité dans les épidémies de variole du singe est de 1 à 10 %. La mortalité est plus élevée chez les enfants et les jeunes adultes. De plus, les personnes immunodéprimées sont particulièrement exposées au risque de maladie grave. La maladie peut se compliquer de surinfection des lésions cutanées ou d’atteintes respiratoires, digestives, ophtalmologiques ou neurologiques. La variole du singe pendant la grossesse peut également entraîner des complications comme la variole du singe congénitale ou la mort du fœtus. Les outils du diagnostic Ces outils permettent de distinguer la variole du singe des autres maladies infectieuses avec fièvre et éruption cutanée : varicelle, rougeole, variole classique. Le diagnostic repose sur l’isolement du virus sur une lésion cutanée après avoir enlevé son toit et brossé sa base avec un écouvillon. La reconnaissance du virus est facile et immédiate au microscope car c’est un gros virus. La confirmation diagnostique de variole simienne est biologique par l’identification du virus notamment par PCR - un test spécifique vient d’être récemment développé - sur les prélèvements cutané ou naso-pharyngé en cas de poussée éruptive dans la bouche ou la gorge. Les tests antigéniques ne permettent pas de déterminer s’il s’agit du virus de la variole du singe ou d’autres virus apparentés [3]. La prise en charge actuelle de la maladie Les personnes infectées doivent rester isolées jusqu’à la guérison complète de leur éruption cutanée, en évitant notamment tout contact avec des personnes immunodéprimées et des animaux domestiques. Il faut s’abstenir de toute activité sexuelle et de tout contact physique étroit jusqu’à la guérison de l’éruption cutanée. Le traitement de la maladie est notamment symptomatique : désinfection des lésions, administration d’antibiothérapie en cas de surinfection, réhydratation. Aucun traitement ou vaccin spécifique à la variole du singe n’a été encore développé, quoique certaines molécules antivirales, notamment le tecovirimat, soient actuellement en cours d’évaluation. On utilise pour le moment le même vaccin que celui contre la variole humaine. Une vaccination massive n’étant pas à l’ordre du jour, on vaccine plutôt les cas confirmés et leur contact. Le vaccin est administré idéalement dans les 4 à 14 jours après le contact à risque. Deux doses sont nécessaires, espacées de 28 jours. La vaccination contre la variole humaine confère une protection efficace croisée contre l’infection de la variole du singe, allant jusqu’à 85 %, y compris après avoir été exposé au virus. Les personnes âgées de plus de 50 ans, même si elles n’ont plus d’anticorps en ce moment, sont protégées contre cette maladie parce qu’elles ont été vaccinées contre la variole avant les années 1970. Ces personnes sont capables de produire des anticorps de bonne
  • 4. Revue de Médecine Générale et de Famille / N°22 • Juin - Aout 2022 89 qualité très rapidement, en quelques jours. Elles ne peuvent, en principe, pas être contaminées [4]. Etat épidémiologique La première épidémie de variole du singe signalée en dehors de l’Afrique a fait suite à l’importation de mammifères infectés en 2003 aux Etats-Unis. En 2018 et 2019, des voyageurs provenant de pays différents et ayant séjourné au Nigeria, ont contacté la variole du singe à la suite d’une importante épidémie dans ce pays d’Afrique. Plus récemment, un premier cas a été confirmé début mai 2022 en Europe chez un individu revenu en Angleterre depuis le Nigeria. Peu après, la maladie a été détectée chez 9 cas n’ayant pas voyagé dans une zone habituellement à risque. Par la suite, des cas ont été confirmés dans d’autres pays d’Europe, aux Etats-Unis et au Canada. Au Maroc, un cas a été confirmé début juin 2022. Conclusion L’épidémie actuelle causée par la variole n’est pas inquiétante : aucun cas grave n’a été recensé pour le moment et la transmissibilité est faible. La situation serait problématique si le virus mutait et devenait aussi transmissible que la variole humaine, cela pourrait donner de très grandes épidémies. Conflit d’intérêt L’auteur déclare n’avoir aucun lien d’intérêt. Références 1. Organisation Mondiale de la Santé Variole du singe (Orthopoxvirose simienne). 2022. Disponible sur : «https:// www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/monkeypox». 2. COREB. Monkeypox Coordination opérationnelle risque épidémique et biologique. 2022. Disponible sur : «https://www. coreb.infectiologie.com/fr/monkeypox.html». 3. Biologie e-learning. Diagnostic Biologique de la variole du singe. 2022. Disponible sur : «https://www.biologie-elearning. fr/diagnostic-biologique-de-la-variole-du-singe/». 4. HAS. Avis n° 2022.0034/SESPEV du collège de la Haute Autorité de santé relatif à la vaccination contre Monkeypox. Disponible sur : «https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2022-05/ avis_n2022.0034_sespev_du_20_mai_2022_du_college_de_la_has_ relatif_a_la_vaccination_contre_la_variole_du_singe_monkeypox_vir. pdf 2022».