H istoplasmoses
Yoan MBOUSSOU
Laboratoire de Bactériologie
CHR St Pierre Réunion
Introduction
• Les histoplasmoses sont des mycoses profondes dues à des
champignons dimorphiques

• Il en existe 2 formes :
• L'histoplasmose américaine due à Histoplasma capsulatum,
dite « à petites formes »

• Et l'histoplasmose africaine due à Histoplasma duboisii,
dite « à grandes formes »

• Depuis une quinzaine d'années, il y a une augmentation
importante des cas d'histoplasmose, en raison de
l'immunodépression due au SIDA
H istoplasmose à
Histoplasma capsulatum
EPIDEMIOLOGIE
Nombreuses régions du monde
USA
500.000 nouveaux cas annuels (dont 200.000 cas
d’histoplasmose pulmonaire aiguë)

20% pop générale (test à l’histoplasmine +)
TEST CUTA NE A L HISTOPLA SM INE
M arqueur épidémiologique
filtrat de culture stérile d’un bouillon d’asparagine – glucose de la forme
mycélienne de Histoplasma capsulatum cultivée pendant 2 à 3 mois

• Sans intérêt diagnostique
• Sensibilité : 90 % chez le sujet sain
• Spécificité médiocre
réaction croisée avec les agents de la blastomycose et de la coccidioïdomycose
Reste du monde
En Amérique Latine, en Afrique de l’Ouest et en Asie
du Sud-Est

30 % de la population présente un test positif à
l’histoplasmine
DOM -TOM
Aux Antilles Françaises

12 % de la population générale
•

La Réunion, quelques cas autochtones
RESERVOIR NATUREL
SOLS
acides
riches en azote
enrichis en déjections d’oiseaux ou
de chauve-souris
RESERVOIR N ATUREL

• Dans une couche de 15 cm de
profondeur

• Peut être transporté par les
ailes, les pattes et les becs
d’oiseaux
RESERVOIR N ATUREL
Près des vieux poulaillers
grottes et caves
aux alentours de maisons
ou d’immeubles abritant
des chauves souris
Perchoirs étourneaux / pigeons
RESERVOIR ANIMAL
OISEA UX
Déjections
- Substrat nutritif

Les oiseaux eux-mêmes ne sont
pas colonisés ou infectés en
raison de leur température
corporelle (42 °C) trop élevée
CH A UVES-SOURIS
contrairement aux oiseaux, les
chauves-souris peuvent être
infectées

Les chauves-souris excrètent le
champignon par leurs déjections

Leur guano (caca) est reconnu
comme facteur de croissance pour le
champignon
TRANSMISSION
TRA N SM ISSION
Histoplasma capsulatum peut être transporté par le
vent à des kilomètres du site contaminé, et les
patients peuvent ne pas être conscients de leur
exposition
TRA N SM ISSION
La transmission de personne à personne semble peut
probable, même si un cas possible de contamination
interhumaine a été évoquée
TRA N SM ISSION
Il est actuellement admis que les
patients hospitalisés n’ont pas
besoin d’être mis en isolement

Quelques cas de transmission par
transplantation rénale ont été
rapportés
Porte d’entrée respiratoire

Inhalation de spores jusqu’aux alvéoles pulmonaires
TERRAIN
Personnes immunocompétente

• Après une exposition au champignon, le degré
de maladie dépendra :

- De la quantité de spores inhalées
- De l’âge de l’individu
- De sa susceptibilité à la maladie

• Mais l’inoculum minimum infectant est inconnu
Personnes immunocompétente
• Nouveaux-nés
• Jeunes enfants
• Personnes âgées, surtout si
atteintes de pathologies
pulmonaires chroniques
Personnes à risque

• Prédominance des hommes (4 / 1)
• Pas de prédominance ethnique
• Immunodéprimé
Immunodéprimés
Premières populations à risque : patients infectés par VIH
et patients cancéreux (surtout leucémie)
Immunodéprimés
Neutropénie prolongée suite à chimiothérapie, mais aussi
corticothérapie par voie systémique
Transplantation d’organe (la thérapie anti-rejet :
aziathioprine, prednisone, globulines anti-thymocytes,
tacrolimus et ciclosporine  lymphocytes T)
Recommandations

• « … les personnes infectées par le VIH

devraient éviter les activités connues comme
étant associées à une augmentation des
risques » (nettoyer les cages de poules,
remuer la terre sous les endroits où les
oiseaux se perchent et explorer les grottes) *

* Prevention of Opportunistic Infections Working Group de l’US Public Health Service et de
l’Infectious Diseases Society of America (USPHS / IDSA)
Risques professionnels
• Personnels travaillants sur les ponts
• Ramoneurs
• Ouvriers en construction et démolition
• Fermiers et jardiniers
• Installateurs de systèmes d’air conditionné et de
•
•
•
•
•

chauffage
Personnels de laboratoire
Destructeurs d’animaux nuisibles
Restaurateurs d’immeubles historiques ou
abandonnés
Couvreurs
Spéléologues
DIAGNOSTIC
Proche de la TUBERCULOSE
IN CUBATION
7 à 21 jours
(médiane 14 j)
(PSEUDO) A SYM PTOM ATIQUE

90%

laissant comme séquelles des nodules ou des adénopathies calcifiés visibles à
la radiographie du thorax
SYM PTOM ES

• Pouvant se manifester par pneumopathie aiguë d’allure
virale + douleurs thoraciques ; résolution < 10 jours

• Parfois arthralgies ± érythème noueux ± érythème
polymorphe ± péricardite

• Pauvreté de l’examen clinique + biologie de routine
• Radio : pneumopathie virale + ganglions ± péricardite
GRAVITE
Chez immunodéprimé, âges extrêmes ou inoculation massive
(Forme fulminante avec miliaire/ Insuffisance respiratoire aiguë)
Histplasmose pulmonaire cavitaire
(forme chronique)
•

< 10 %

•
•

Plus souvent hommes > 50 ans
Atteinte préexistante du tractus respiratoire
(emphysème)

•

Aggravation de dyspnée + fièvre + toux + perte de
poids ± hémoptysies, sueurs, douleurs thoraciques

•

Infiltrats pulmonaires bilatéraux apicaux évoluant vers
cavitation sans ganglions

•

Résolution spontanée dans
cas

10 à 60 % des
Granulome médiastinal
M édiastinite fibrosante
Granulome médiastinal
M édiastinite fibrosante

• Rétraction des voies respiratoires lors de la fibrose
•
•
•

ganglionnaire
Dilatation des bronches,
compression de l’œsophage, ± fistules
Réalisation au maximum d’une médiastinite fibrosante
H istoplamose disséminée
• Réinfection ou réactivation ?
• Forme aiguë rare chez l’immunocompétent
- Sujets âgés > 50 ans et enfants
- Immunodéprimés, notamment ceux infectés par le VIH
(incidence = 25 % en zones endémiques avant 1996)
- Transplantés rénaux (2,1 % à Indianapolis)
- Hémopathies malignes lymphoïdes

• Mortalité spontanée proche de 100 %
H istoplamose disséminée
H istoplamose disséminée
H istoplasmose disséminée
•

Symptomatologie de la forme aiguë (de
l’immunodéprimé)

•
•
•
•
•
•

Fièvre

•
•
•

Pancytopénie ≥ 80 %

Pneumopathie interstitielle diffuse
Ulcérations de muqueuse oropharyngée
Lésions cutanées

Hépato-splénomégalie ± cholestase
Poly-adénopathie cervicale, insuffisance
surrénalienne

Méningo-encéphalite
Parfois tableau de choc avec CIVD
DIAGNOSTIC
Biologique
Standard
Spécialisé
N on spécifiques

• Pancytopénie dans 55 % des cas
• Anomalies hépatiques : augmentation
phosphatases alcalines + transaminases

• Syndrome d’activation macrophagique
EXAMEN DIRECT : dimorphisme

MYCELIENNE 30°C
LEVURE 37°C
Echantillons (1)
• D'origine pulmonaire : lavage broncho alvéolaire > aspiration
bronchique > expectoration

• Superficiels = présence de champignons saprophytes des
muqueuses  peut gêner recherche des levures

• Sang
• Frottis sanguin (exceptionnel)
• Couche leucocytaire par leucocytoconcentration (55 % à 90 % au cours du
SIDA)
Echantillons (2)
•

Mœlle par ponction sternale ou biopsie (70 à 75 %)

•

Frottis ou biopsies de lésions de muqueuse buccale, pharyngée ou
laryngée

•

Biopsies diverses : ganglionnaire, hépatique, splénique,
intestinale, surrénalienne, …

•

Fluides divers : LCR, liquide gastrique, urine, …
Colorations
• Frottis + lames de cytocentrifugation colorées au MGG
• Coupes colorées
• Hématéine-éosine-safran (HES)
• Acide periodique-Schiff (PAS)
• Imprégnation argentique type Gomori Grocott
Forme levure 37°C
Examen direct
• Mise en évidence des formes levures ± facile, en fonction
de

- Densité du parasitisme
- Etat immunitaire (réponse cellulaire)
- Produit pathologique étudié
M GG
• Levures de petite taille (2 - 4 μm x

1 - 3 μm), ovalaires intracellulaires
(histiocytes ou macrophages)

• Cytoplasme coloré, repoussé en

croissant par grande vacuole +
paroi épaisse non colorée = halo
clair autour de levure ou pseudo
capsule

• Bourgeonnement polaire à base
étroite
A natomopathologie

•

Mêmes éléments ovalaires, colorés en rose (HES, PAS) ou brun
noir (Gomori-Grocott)

•

Réaction tissulaire

•

Immunocompétent

•

Infiltrat lympho-histiocytaire +
granulomes épithélioïdes et
giganto-cellulaires + nécrose
centrale + faible nombre de
levures

•

Immunodéprimé

•

Réponse cellulaire faible + granulomes faits de
macrophages inactifs + nombreuses levures +
nécrose variable

•

Formes chroniques et séquellaires = fibrose +
microcalcifications
Culture
Laboratoire

P3

Forme en culture = extrêmement contagieux
M ilieux de cultures
• Milieux riches :
• Sabouraud, gélose glucosée à la pomme de terre (PDA)
• Gélose coeur-cerveau (BHI agar additionné de 8 à 10 % de sang de
cheval stérile )

• Gélose à l'extrait de levure + phosphate (YEP agar)
• Milieu de Kurung et Yegian
• Milieu synthétique de Pine et Drouhet

• + antibiotiques (chloramphénicol 50 mg / ml) + actidione (0,5 mg /
ml)
Cultures (2)

• Meilleure technique d'hémoculture
= lyse-centrifugation (Isolator®)

• Cultures en tubes (grand nombre)
• Incubation à 37 °C, humidité = 100 %

• Atmosphère enrichie en CO2
Cultures (3)

• Tubes gardés  1 mois : surveillance régulière des
cultures

• Développement : 10 à  30 jours d'une colonie
duveteuse blanche, puis ocrée, à recto marron, plane
puis à centre surélevé
Cultures (3)

M orphologie caractéristique du genre Histoplasma
Culture (4)

• Forme mycélienne
de Histoplasma
capsulatum obtenue
par culture à
température du
laboratoire ou 30
°C
A spect microscopique
Filaments septés + 3 sortes de spores
• Macroaleuries,
de 10 à 25 μm, à paroi épaisse et
échinulée ou tuberculée (10 % des spores)

• Microconidies rondes ou

piriformes à base tronquée
(microaleuries),
de 2 à 3 μm, formées directement sur le
filament ou sur un court pédoncule =
contamination

• Macroaleuries,
de 10 à 25 μm, à paroi épaisse et lisse
M YCELIEN N E
M YCELIEN N E
M YCELIEN N E
Test de confirmation
• Test de l'uréase, réalisé sur milieu Urea-Agar Base (Difco) :
fortement positif en 48 heures (différencie Histoplasma
capsulatum d'Histoplasma duboisii, très faiblement positif ou
négatif)

• Identification des exo antigènes : réalisé par les laboratoires
de référence

• Formation en immuno-diffusion de lignes de précipitation spécifiques H
et / ou M (entre un filtrat de culture concentré de souche et antisérum
spécifique)
Test de confirmation

• Test de l'uréase, réalisé sur
milieu Urea-Agar Base (Difco)

Positif = capsulatum
Négatif = duboisii
Inoculation à l’animal
bon moyen d'obtention du
champignon à partir de
prélèvements très souillés

• Intra-testiculaire au cobaye
• Intra-péritonéal au hamster doré
ou souris
PCR

• Difficulté + lenteur des moyens
diagnostiques classiques
• développement des techniques PCR dans
certains laboratoires de référence
Détection des anticorps

Réactions de précipitation en gélose
(Ouchterlony, immunoélectrophorèse,)

recherchent deux fractions spécifiques d'origine
mycélienne
Détection des anticorps

• Bande H
-

activité glucuronidase
témoin d'une histoplasmose aiguë
se négativant dans les 6 mois
suivant l'infection

• Bande M
- activité catalase persiste beaucoup plus
longtemps
- histoplasmose aiguë ou infection
chronique
Détection des anticorps
Détection des anticorps
95 %

•

Spécificité proche de

•

Sensibilité =

•

Réactions sérologiques classiques croisées avec autres champignons dimorphiques
: Histoplasma duboisii (même forme mycélienne  même sérologie que
Histoplasma capsulatum), Blastomyces dermatitidis, Paracoccidioides brasiliensis,
Coccidioides immitis

80 % chez immunocompétents
50 % chez immunodéprimés
Détection des antigènes circulants
• Positive même chez les sujets immunodéprimés et réalisable à
partir de tous les liquides biologiques

• Deux tests dans laboratoires de référence aux USA :
• Détection d'un antigène polysaccharidique par technique radioimmunologique
-

Sensibilité : urines > sérum, (> 90 % dans histoplasmose disséminée, moyenne (40 %)
si histoplasmose chronique ou limitée

• Détection de fraction antigénique plus spécifique (70 kDa) par ELISA et
Western Blot
-

Spécificité meilleure, sensibilité = ; sérum > urines
Comparaison

Valeur comparée des tests diagnostiques en fonction de la clinique de l’histoplasm

Guérison
spontanée

Pulmonaire aiguë
sévère

Pulmonaire
chronique

Disséminée

Sérologie

+++
Très utile

+
Présomptif

+++
Très utile

++
Négative dans 30 %
des cas

Antigènes
circulants

+
Exceptionnel

+++
Très utile

+
Si preuve clinique de
maladie disséminée

+++
Rapide
Très utile

+++
Très utile

+
Faux négatifs
fréquents

++
Si recherche
d’antigènes négative

+ (sang, moelle osseuse,
urine)
Expectorations souvent
négatives

+++
Très utile

+++
Obligatoire pour
confirmation

Histologie

Culture

+
Exceptionnelle
Diagnostic differentiel
En fonction de la clinique
H istoplasmose asymptomatique
• Si adénopathies calcifiée 
pas de difficulté

• Si adénopathies non
calcifiées : ≠ carcinome,
lymphome ou sarcoïdose

• Si nodule parenchymateux :
≠ cancer primaire du
poumon

Sarcoïdose
Lymphome

Cancer
H istoplasmose pulmonaire aiguë
• Si pneumonie localisée : ≠
Mycoplasma
pneumoniae

Mycoplasma pneumoniae,
Legionella, Coxiella burnetii,
Chlamydia pneumonia

• Si infiltrats diffus : ≠ virus Influenza
• ≠ tuberculose miliaire, mais
nodules pulmonaires plus grands
(radiographie thoracique) et
symptômes pulmonaires plus
importants dans l’histoplasmose

Chlamydia
pneumoniae
H istoplasmose pulmonaire chronique

• ≠ granulome de Wegener
• ≠ infections à Mycobacterium

Granulome
de Wegener

tuberculosis, M. aviumintracellulare, M. kansasii,
Sporothrix schenckii et
Coccidioides immitis
Tuberculose
H istoplasmose disséminée
• ≠ tuberculose, leishmaniose viscérale
• En Asie : ≠ pénicilliose à Penicillium marneffei
(mais épidémiologie différente)
H istoplasmose chez le sidéen
• Les infiltrats pulmonaires
interstitiels diffus visibles sur les
radiographies de 45 % des
sidéens atteints d’histoplamose
peuvent être confondus avec
une pneumonie à Pneumocystis
carinii

Pneumocystose
Diagnostic differentiel
En fonction
des examens complémentaires
Biopsie
• Les petites levures
de
- Blastomyces
- dermatitidisParacoccidioides
brasiliensis

Histoplamose

Blastomycose

• les endospores libres
de
Coccidioides immitis

Coccidioïdomycose
Paracoccidioïdomycose
Biopsie (2)
Giemsa

Toxoplasmose

• Certains parasites comme
Leishmania spp. ou
Toxoplasma gondii peuvent
ressembler aux petites cellules
de Histoplasma capsulatum

Leishmaniose
Histoplamose
GomoriGrocott

• Mais les Leishmania
contiennent un kinétoplaste et
ne se colorent pas avec les
colorations spécifiques des
champignons (Gomori-Grocott)
Biopsie (3)
Histoplamose

• Les formes kystiques de

Pneumocystis carinii
colorées par la méthode de
Gomori-Grocott peuvent
ressembler aux levures de
Histoplasma capsulatum

GomoriGrocott

• Mais les kystes ne

bourgeonnent pas et sont
presque toujours
extracellulaires

Pneumocystose
Cultures
• Il est difficile des

Histoplasma
capsulatum

Sepedonium

Chrysosporium

différencier les colonies
mycéliennes de
Histoplasma capsulatum de
celles de Chrysosporium,
Sepedonium et Renispora
TRAITEMENT
Chez l’immunocompétent
Primo infection

• Habituellement pas de traitement

(kétoconazole / itraconazole / fluconazole
utilisables)

• Indications du traitement :
•Formes pulmonaires chroniques
•Formes disséminées ou endovasculaires
•Formes méningées
H istoplasmose pulmonaire chronique
• Amphotéricine B
• Efficacité : 75 % des cas
• Durée du traitement : 6 semaines à 4 mois)

• Kétoconazole
• Efficacité : 84 % des cas
• Posologie recommandée : 400 mg / jour
• Durée de traitement : 6 à 12 mois
H istoplasmose pulmonaire chronique
• Itraconazole
• Efficacité :
• 65 % dans les formes cavitaires
• 100 % dans les formes parenchymateuses nodulaires

• Posologie recommandée : 200 à 400 mg / jour
• Durée médiane de traitement : 9 mois

• Fluconazole

• Efficacité : 46 % des cas
• Posologie : 400 mg / jour
• Durée médiane de traitement : 7 mois
H istoplasmose disséminée
• Amphotéricine B
• Rechutes dans 5 à 23 % des cas

• Kétoconazole
• Réponse dans 55 à 100 % des cas
• Posologie : 400 mg / jour (800 mg non recommandé  toxicité et
moindre efficacité)

• Durée de traitement : > 6 mois
H istoplasmose disséminée
• Itraconazole

• 50 à 100 mg / jour, 6 mois :
• 97 % d'amélioration
• 31 % de guérison
• 200 à 400 mg / jour, 9 mois : 100 % d'efficacité
• Enfant : 7,2 mg kg / jour, ≥ 3 mois

• Fluconazole
•
•
•

Efficacité : 71 % des cas
Posologie : 200 - 800 mg / jour
Durée médiane de traitement : 11 mois
H istoplasmose méningée

• Rechutes dans 50 % (surveillance prolongée)
• Inefficacité du kétoconazole (pas de pénétration dans le
LCR)

• Place de l'itraconazole et du fluconazole non précisée
• Surveillance du LCR pendant 1 an après la guérison
TRAITEMENT
Chez l’immunodéprimé
Patient VIH +

• Le

traitement comporte une phase d'attaque et une
prophylaxie secondaire

• L'amphotéricine B reste le

traitement de référence des
formes sévères (hypotension, hypoxie, troubles neuropsychiatriques, myosite, CIVD)

• L'itraconazole est le traitement de choix pour les formes
non menaçantes et la prophylaxie secondaire
Traitement d’attaque

• Amphotéricine B (ou dérivé liposomial)
• 80 % de rémission obtenues rapidement
• Posologie : 1 mg / kg / jour pendant 14 jours, puis relais par
l'itraconazole

• Kétoconazole
• Non indiqué dans l'histoplasmose au cours du SIDA (réponse < 20
%)
Traitement d’attaque

• Itraconazole
•
•
•
•

Réponses dans 84 % des cas à 600 mg / jour pendant 3 jours puis 400 mg / jour
pendant 3 mois
Rémission chez 7 / 12 patients
Rapidité d'efficacité moindre qu'avec l‘amphotéricine B
Surveillance des taux sériques et des interférences médicamenteuses

• Fluconazole
•
•
•

Administré chez 10 patients à des posologies allant de 100 à 800 mg / jour  4
succès
50 patients, 1600 mg J1, puis 800 mg / jour pendant 12 semaines  efficacité = 74 %
Rechutes avec souches résistantes
Prophylaxie
Patient immunodéprimé
Prophylaxie secondaire

• Rechutes sans traitement = 35 à 80 %
 traitement à vie

• Amphotéricine B
• Toutes les semaines ou tous les 15 jours : efficacité de 80
à 95 % contre 50 % avec le kétoconazole

• Contre-indiquée si atteinte neurologique initiale
• Infections des voies veineuses centrales fréquentes
Prophylaxie secondaire
• Itraconazole
• Efficacité : 95 % (200 mg ± x 2 / jour) après induction par
amphotéricine B ; médiane de survie = 109 semaines

• Efficace dans l'endocardite et dans les formes neurologiques
• Prophylaxie secondaire de choix ; possibilité d’interruption si
3
CD4 > 150 / mm

• Fluconazole
• Rechutes dans 12 % des cas à la posologie de 100 - 400 mg / jour
Prophylaxie primaire

• Efficacité de l’itraconazole (200 mg / jour) vs
placebo

• Pas

de diminution de l'incidence sous
fluconazole
Prophylaxie
Personnes à risques
Reduction exposition

• Dénicher les colonies de chauves-souris
ou d’oiseaux
Chauves-souris
•

Dispositifs à ultra-sons inefficaces

•
•

Repoussant chimique inefficaces

•

Construction d’une zone de nidification
contrôlée

Fermer TOUTES les ouvertures SAUF
UNE avec une valve d’exclusion
Oiseaux
•

Fermer toutes les ouvertures

•

Temporairement : dissuasion visuelle ou
sonore

•

Repoussants chimiques non toxiques
(liquide, aérosol, film, pâte) non
permanents (ré application périodique)

•

Repousant semi-permanents : systèmes
mécaniques anti-perchages (maintenance)

•

(Abattage)
Education

• Prévenir les travailleurs
des risques encourus (par
écrit)
M esures d’hygiènes
• Contrôler la poussière mise

en suspension lors
d’activités de construction,
d’excavation ou de
démolition (mouillage,
aspiration avec filtre haute
efficacité)

• Cabines à air conditionné
(bulldozers, camions, …),
nettoyage des camions
Protection des personnes à risque

• Porter un équipement
personnel de protection

• Respirateur purificateur d’air
équipé de filtre « High Efficiency
Particulate Air » (HEPA) capable
de filtrer des particules ≤ 2  m

• Bleu de travail avec
gants

jetables

capuche et
Conclusion

• Éviter les cavernes et les grottes, surtout pour
une personne immunodéprimée

• Consulter son médecin en cas d'apparition de
toux ou de syndrome grippal au retour de
vacances
H istoplasmose à
Histoplasma duboisii
A frique centrale et de l’ouest
Ouganda, Nigeria, RD Congo, Sénégal)
Principalement chez
l’immunocompétent

Rarement décrite chez VIH+
chez homme et et les babouins (cynocéphales)
rarement dans sol
Infection contractée
par voie
respiratoire,
voie cutanée ?
Clinique - trépied
• Atteintes cutanées : papules,
pseudo-molluscum
contagiosum, prédominant à
face et tronc, ulcères, nodules
pseudo-abcès froids

• Atteintes osseuses (50 %) :
crâne, côtes, vertèbres avec
destruction kystique
(atteintes multiples)

• Atteintes ganglionnaires
Formes disséminées

• Atteintes pulmonaires et disséminées
(multiviscérales) plus rares, de mauvais
pronostic
Diagnostic
Agent pathogène

•

Histoplasma duboisii est un champignon dimorphique
Prélèvements

•
•
•
•
•

Frottis ou biopsie de lésions cutanées
Biopsie ou ponction ganglionnaire
Ponction d'abcès para-osseux ou biopsie osseuse
Prélèvements pulmonaires
Formes parasitaires levures de Histoplasma duboisii = grande
abondance dans les tissus
Examen direct
• Frottis sont examinés à frais, levures faiblement colorées par
MGG

• Coupes colorées

au PAS ou Gomori-Grocott

• Eléments de grande taille (8 - 15 μm / 4 - 6 μm), ovalaires (en citron) +
paroi épaisse à double contour, souvent un ou deux globules graisseux
intra-cellulaires + bourgeonnement polaire ou bipolaire en courtes
chaînettes à base étroite

• Levures dans granulomes inflammatoires, libres ou incluses dans le
cytoplasme de plasmodes ou cellules géantes
Forme Levure ( culture à 37 °C)
Forme Levure ( culture à 37 °C)
Forme Levure ( culture à 37 °C)
Forme mycélienne (culture à 30°C)
Diagnostic indirect

• Techniques sérologiques classiques, utilisant mêmes réactifs
que Histoplasma capsulatum = peu valables

• Faible spécificité (réactions croisées avec autres
champignons dimorphiques)

• Faible sensibilité (30 à 50 % de faux négatifs)
Traitement
•

Médicaments

•

Amphotéricine B

•

•

Kétoconazole

•
•

•
•

400 à 800 mg / jour pendant 3 mois puis posologie + faible
pendant au moins 6 à 12 mois

Itraconazole

•

•

Dose cumulative de 2 g

Efficacité dans quelques cas en 6 à 12 mois dans des formes
résistantes évoluant depuis plusieurs années

Fluconazole

• Rares observations
Chirurgie
Rechutes parfois tardives (fausse rémission)
La malédiction
de Toutânkhamon
Archéologue britannique

Howard Carter

Lord Carnarvon
Tombeau
de Toutânkhamon
26 autres personnes ayant un lien avec
la découverte de la tombe de
Toutânkhamon seraient mortes
prématurément d’une pneumopathie
axyphiante…
The END
Thank you

Histoplasmoses

  • 1.
    H istoplasmoses Yoan MBOUSSOU Laboratoirede Bactériologie CHR St Pierre Réunion
  • 2.
    Introduction • Les histoplasmosessont des mycoses profondes dues à des champignons dimorphiques • Il en existe 2 formes : • L'histoplasmose américaine due à Histoplasma capsulatum, dite « à petites formes » • Et l'histoplasmose africaine due à Histoplasma duboisii, dite « à grandes formes » • Depuis une quinzaine d'années, il y a une augmentation importante des cas d'histoplasmose, en raison de l'immunodépression due au SIDA
  • 3.
  • 4.
  • 5.
  • 6.
    USA 500.000 nouveaux casannuels (dont 200.000 cas d’histoplasmose pulmonaire aiguë) 20% pop générale (test à l’histoplasmine +)
  • 7.
    TEST CUTA NEA L HISTOPLA SM INE M arqueur épidémiologique filtrat de culture stérile d’un bouillon d’asparagine – glucose de la forme mycélienne de Histoplasma capsulatum cultivée pendant 2 à 3 mois • Sans intérêt diagnostique • Sensibilité : 90 % chez le sujet sain • Spécificité médiocre réaction croisée avec les agents de la blastomycose et de la coccidioïdomycose
  • 8.
    Reste du monde EnAmérique Latine, en Afrique de l’Ouest et en Asie du Sud-Est 30 % de la population présente un test positif à l’histoplasmine
  • 9.
    DOM -TOM Aux AntillesFrançaises 12 % de la population générale • La Réunion, quelques cas autochtones
  • 10.
  • 11.
    SOLS acides riches en azote enrichisen déjections d’oiseaux ou de chauve-souris
  • 12.
    RESERVOIR N ATUREL •Dans une couche de 15 cm de profondeur • Peut être transporté par les ailes, les pattes et les becs d’oiseaux
  • 13.
    RESERVOIR N ATUREL Prèsdes vieux poulaillers grottes et caves aux alentours de maisons ou d’immeubles abritant des chauves souris
  • 14.
  • 15.
  • 16.
    OISEA UX Déjections - Substratnutritif Les oiseaux eux-mêmes ne sont pas colonisés ou infectés en raison de leur température corporelle (42 °C) trop élevée
  • 17.
    CH A UVES-SOURIS contrairementaux oiseaux, les chauves-souris peuvent être infectées Les chauves-souris excrètent le champignon par leurs déjections Leur guano (caca) est reconnu comme facteur de croissance pour le champignon
  • 18.
  • 19.
    TRA N SMISSION Histoplasma capsulatum peut être transporté par le vent à des kilomètres du site contaminé, et les patients peuvent ne pas être conscients de leur exposition
  • 20.
    TRA N SMISSION La transmission de personne à personne semble peut probable, même si un cas possible de contamination interhumaine a été évoquée
  • 21.
    TRA N SMISSION Il est actuellement admis que les patients hospitalisés n’ont pas besoin d’être mis en isolement Quelques cas de transmission par transplantation rénale ont été rapportés
  • 22.
    Porte d’entrée respiratoire Inhalationde spores jusqu’aux alvéoles pulmonaires
  • 23.
  • 24.
    Personnes immunocompétente • Aprèsune exposition au champignon, le degré de maladie dépendra : - De la quantité de spores inhalées - De l’âge de l’individu - De sa susceptibilité à la maladie • Mais l’inoculum minimum infectant est inconnu
  • 25.
    Personnes immunocompétente • Nouveaux-nés •Jeunes enfants • Personnes âgées, surtout si atteintes de pathologies pulmonaires chroniques
  • 26.
    Personnes à risque •Prédominance des hommes (4 / 1) • Pas de prédominance ethnique • Immunodéprimé
  • 27.
    Immunodéprimés Premières populations àrisque : patients infectés par VIH et patients cancéreux (surtout leucémie)
  • 28.
    Immunodéprimés Neutropénie prolongée suiteà chimiothérapie, mais aussi corticothérapie par voie systémique Transplantation d’organe (la thérapie anti-rejet : aziathioprine, prednisone, globulines anti-thymocytes, tacrolimus et ciclosporine  lymphocytes T)
  • 29.
    Recommandations • « …les personnes infectées par le VIH devraient éviter les activités connues comme étant associées à une augmentation des risques » (nettoyer les cages de poules, remuer la terre sous les endroits où les oiseaux se perchent et explorer les grottes) * * Prevention of Opportunistic Infections Working Group de l’US Public Health Service et de l’Infectious Diseases Society of America (USPHS / IDSA)
  • 30.
    Risques professionnels • Personnelstravaillants sur les ponts • Ramoneurs • Ouvriers en construction et démolition • Fermiers et jardiniers • Installateurs de systèmes d’air conditionné et de • • • • • chauffage Personnels de laboratoire Destructeurs d’animaux nuisibles Restaurateurs d’immeubles historiques ou abandonnés Couvreurs Spéléologues
  • 31.
  • 32.
    Proche de laTUBERCULOSE
  • 33.
    IN CUBATION 7 à21 jours (médiane 14 j)
  • 34.
    (PSEUDO) A SYMPTOM ATIQUE 90% laissant comme séquelles des nodules ou des adénopathies calcifiés visibles à la radiographie du thorax
  • 35.
    SYM PTOM ES •Pouvant se manifester par pneumopathie aiguë d’allure virale + douleurs thoraciques ; résolution < 10 jours • Parfois arthralgies ± érythème noueux ± érythème polymorphe ± péricardite • Pauvreté de l’examen clinique + biologie de routine • Radio : pneumopathie virale + ganglions ± péricardite
  • 36.
    GRAVITE Chez immunodéprimé, âgesextrêmes ou inoculation massive (Forme fulminante avec miliaire/ Insuffisance respiratoire aiguë)
  • 37.
    Histplasmose pulmonaire cavitaire (formechronique) • < 10 % • • Plus souvent hommes > 50 ans Atteinte préexistante du tractus respiratoire (emphysème) • Aggravation de dyspnée + fièvre + toux + perte de poids ± hémoptysies, sueurs, douleurs thoraciques • Infiltrats pulmonaires bilatéraux apicaux évoluant vers cavitation sans ganglions • Résolution spontanée dans cas 10 à 60 % des
  • 38.
  • 39.
    Granulome médiastinal M édiastinitefibrosante • Rétraction des voies respiratoires lors de la fibrose • • • ganglionnaire Dilatation des bronches, compression de l’œsophage, ± fistules Réalisation au maximum d’une médiastinite fibrosante
  • 40.
    H istoplamose disséminée •Réinfection ou réactivation ? • Forme aiguë rare chez l’immunocompétent - Sujets âgés > 50 ans et enfants - Immunodéprimés, notamment ceux infectés par le VIH (incidence = 25 % en zones endémiques avant 1996) - Transplantés rénaux (2,1 % à Indianapolis) - Hémopathies malignes lymphoïdes • Mortalité spontanée proche de 100 %
  • 41.
  • 42.
  • 43.
    H istoplasmose disséminée • Symptomatologiede la forme aiguë (de l’immunodéprimé) • • • • • • Fièvre • • • Pancytopénie ≥ 80 % Pneumopathie interstitielle diffuse Ulcérations de muqueuse oropharyngée Lésions cutanées Hépato-splénomégalie ± cholestase Poly-adénopathie cervicale, insuffisance surrénalienne Méningo-encéphalite Parfois tableau de choc avec CIVD
  • 44.
  • 45.
    N on spécifiques •Pancytopénie dans 55 % des cas • Anomalies hépatiques : augmentation phosphatases alcalines + transaminases • Syndrome d’activation macrophagique
  • 46.
    EXAMEN DIRECT :dimorphisme MYCELIENNE 30°C LEVURE 37°C
  • 47.
    Echantillons (1) • D'originepulmonaire : lavage broncho alvéolaire > aspiration bronchique > expectoration • Superficiels = présence de champignons saprophytes des muqueuses  peut gêner recherche des levures • Sang • Frottis sanguin (exceptionnel) • Couche leucocytaire par leucocytoconcentration (55 % à 90 % au cours du SIDA)
  • 48.
    Echantillons (2) • Mœlle parponction sternale ou biopsie (70 à 75 %) • Frottis ou biopsies de lésions de muqueuse buccale, pharyngée ou laryngée • Biopsies diverses : ganglionnaire, hépatique, splénique, intestinale, surrénalienne, … • Fluides divers : LCR, liquide gastrique, urine, …
  • 49.
    Colorations • Frottis +lames de cytocentrifugation colorées au MGG • Coupes colorées • Hématéine-éosine-safran (HES) • Acide periodique-Schiff (PAS) • Imprégnation argentique type Gomori Grocott
  • 50.
  • 52.
    Examen direct • Miseen évidence des formes levures ± facile, en fonction de - Densité du parasitisme - Etat immunitaire (réponse cellulaire) - Produit pathologique étudié
  • 53.
    M GG • Levuresde petite taille (2 - 4 μm x 1 - 3 μm), ovalaires intracellulaires (histiocytes ou macrophages) • Cytoplasme coloré, repoussé en croissant par grande vacuole + paroi épaisse non colorée = halo clair autour de levure ou pseudo capsule • Bourgeonnement polaire à base étroite
  • 54.
    A natomopathologie • Mêmes élémentsovalaires, colorés en rose (HES, PAS) ou brun noir (Gomori-Grocott) • Réaction tissulaire • Immunocompétent • Infiltrat lympho-histiocytaire + granulomes épithélioïdes et giganto-cellulaires + nécrose centrale + faible nombre de levures • Immunodéprimé • Réponse cellulaire faible + granulomes faits de macrophages inactifs + nombreuses levures + nécrose variable • Formes chroniques et séquellaires = fibrose + microcalcifications
  • 55.
    Culture Laboratoire P3 Forme en culture= extrêmement contagieux
  • 56.
    M ilieux decultures • Milieux riches : • Sabouraud, gélose glucosée à la pomme de terre (PDA) • Gélose coeur-cerveau (BHI agar additionné de 8 à 10 % de sang de cheval stérile ) • Gélose à l'extrait de levure + phosphate (YEP agar) • Milieu de Kurung et Yegian • Milieu synthétique de Pine et Drouhet • + antibiotiques (chloramphénicol 50 mg / ml) + actidione (0,5 mg / ml)
  • 57.
    Cultures (2) • Meilleuretechnique d'hémoculture = lyse-centrifugation (Isolator®) • Cultures en tubes (grand nombre) • Incubation à 37 °C, humidité = 100 % • Atmosphère enrichie en CO2
  • 58.
    Cultures (3) • Tubesgardés  1 mois : surveillance régulière des cultures • Développement : 10 à  30 jours d'une colonie duveteuse blanche, puis ocrée, à recto marron, plane puis à centre surélevé
  • 59.
    Cultures (3) M orphologiecaractéristique du genre Histoplasma
  • 60.
    Culture (4) • Formemycélienne de Histoplasma capsulatum obtenue par culture à température du laboratoire ou 30 °C
  • 61.
    A spect microscopique Filamentsseptés + 3 sortes de spores • Macroaleuries, de 10 à 25 μm, à paroi épaisse et échinulée ou tuberculée (10 % des spores) • Microconidies rondes ou piriformes à base tronquée (microaleuries), de 2 à 3 μm, formées directement sur le filament ou sur un court pédoncule = contamination • Macroaleuries, de 10 à 25 μm, à paroi épaisse et lisse
  • 62.
  • 63.
  • 64.
  • 65.
    Test de confirmation •Test de l'uréase, réalisé sur milieu Urea-Agar Base (Difco) : fortement positif en 48 heures (différencie Histoplasma capsulatum d'Histoplasma duboisii, très faiblement positif ou négatif) • Identification des exo antigènes : réalisé par les laboratoires de référence • Formation en immuno-diffusion de lignes de précipitation spécifiques H et / ou M (entre un filtrat de culture concentré de souche et antisérum spécifique)
  • 66.
    Test de confirmation •Test de l'uréase, réalisé sur milieu Urea-Agar Base (Difco) Positif = capsulatum Négatif = duboisii
  • 67.
    Inoculation à l’animal bonmoyen d'obtention du champignon à partir de prélèvements très souillés • Intra-testiculaire au cobaye • Intra-péritonéal au hamster doré ou souris
  • 68.
    PCR • Difficulté +lenteur des moyens diagnostiques classiques • développement des techniques PCR dans certains laboratoires de référence
  • 69.
    Détection des anticorps Réactionsde précipitation en gélose (Ouchterlony, immunoélectrophorèse,) recherchent deux fractions spécifiques d'origine mycélienne
  • 70.
    Détection des anticorps •Bande H - activité glucuronidase témoin d'une histoplasmose aiguë se négativant dans les 6 mois suivant l'infection • Bande M - activité catalase persiste beaucoup plus longtemps - histoplasmose aiguë ou infection chronique
  • 71.
  • 72.
    Détection des anticorps 95% • Spécificité proche de • Sensibilité = • Réactions sérologiques classiques croisées avec autres champignons dimorphiques : Histoplasma duboisii (même forme mycélienne  même sérologie que Histoplasma capsulatum), Blastomyces dermatitidis, Paracoccidioides brasiliensis, Coccidioides immitis 80 % chez immunocompétents 50 % chez immunodéprimés
  • 73.
    Détection des antigènescirculants • Positive même chez les sujets immunodéprimés et réalisable à partir de tous les liquides biologiques • Deux tests dans laboratoires de référence aux USA : • Détection d'un antigène polysaccharidique par technique radioimmunologique - Sensibilité : urines > sérum, (> 90 % dans histoplasmose disséminée, moyenne (40 %) si histoplasmose chronique ou limitée • Détection de fraction antigénique plus spécifique (70 kDa) par ELISA et Western Blot - Spécificité meilleure, sensibilité = ; sérum > urines
  • 74.
    Comparaison Valeur comparée destests diagnostiques en fonction de la clinique de l’histoplasm Guérison spontanée Pulmonaire aiguë sévère Pulmonaire chronique Disséminée Sérologie +++ Très utile + Présomptif +++ Très utile ++ Négative dans 30 % des cas Antigènes circulants + Exceptionnel +++ Très utile + Si preuve clinique de maladie disséminée +++ Rapide Très utile +++ Très utile + Faux négatifs fréquents ++ Si recherche d’antigènes négative + (sang, moelle osseuse, urine) Expectorations souvent négatives +++ Très utile +++ Obligatoire pour confirmation Histologie Culture + Exceptionnelle
  • 75.
  • 76.
    H istoplasmose asymptomatique •Si adénopathies calcifiée  pas de difficulté • Si adénopathies non calcifiées : ≠ carcinome, lymphome ou sarcoïdose • Si nodule parenchymateux : ≠ cancer primaire du poumon Sarcoïdose Lymphome Cancer
  • 77.
    H istoplasmose pulmonaireaiguë • Si pneumonie localisée : ≠ Mycoplasma pneumoniae Mycoplasma pneumoniae, Legionella, Coxiella burnetii, Chlamydia pneumonia • Si infiltrats diffus : ≠ virus Influenza • ≠ tuberculose miliaire, mais nodules pulmonaires plus grands (radiographie thoracique) et symptômes pulmonaires plus importants dans l’histoplasmose Chlamydia pneumoniae
  • 78.
    H istoplasmose pulmonairechronique • ≠ granulome de Wegener • ≠ infections à Mycobacterium Granulome de Wegener tuberculosis, M. aviumintracellulare, M. kansasii, Sporothrix schenckii et Coccidioides immitis Tuberculose
  • 79.
    H istoplasmose disséminée •≠ tuberculose, leishmaniose viscérale • En Asie : ≠ pénicilliose à Penicillium marneffei (mais épidémiologie différente)
  • 80.
    H istoplasmose chezle sidéen • Les infiltrats pulmonaires interstitiels diffus visibles sur les radiographies de 45 % des sidéens atteints d’histoplamose peuvent être confondus avec une pneumonie à Pneumocystis carinii Pneumocystose
  • 81.
  • 82.
    Biopsie • Les petiteslevures de - Blastomyces - dermatitidisParacoccidioides brasiliensis Histoplamose Blastomycose • les endospores libres de Coccidioides immitis Coccidioïdomycose Paracoccidioïdomycose
  • 83.
    Biopsie (2) Giemsa Toxoplasmose • Certainsparasites comme Leishmania spp. ou Toxoplasma gondii peuvent ressembler aux petites cellules de Histoplasma capsulatum Leishmaniose Histoplamose GomoriGrocott • Mais les Leishmania contiennent un kinétoplaste et ne se colorent pas avec les colorations spécifiques des champignons (Gomori-Grocott)
  • 84.
    Biopsie (3) Histoplamose • Lesformes kystiques de Pneumocystis carinii colorées par la méthode de Gomori-Grocott peuvent ressembler aux levures de Histoplasma capsulatum GomoriGrocott • Mais les kystes ne bourgeonnent pas et sont presque toujours extracellulaires Pneumocystose
  • 85.
    Cultures • Il estdifficile des Histoplasma capsulatum Sepedonium Chrysosporium différencier les colonies mycéliennes de Histoplasma capsulatum de celles de Chrysosporium, Sepedonium et Renispora
  • 86.
  • 87.
    Primo infection • Habituellementpas de traitement (kétoconazole / itraconazole / fluconazole utilisables) • Indications du traitement : •Formes pulmonaires chroniques •Formes disséminées ou endovasculaires •Formes méningées
  • 88.
    H istoplasmose pulmonairechronique • Amphotéricine B • Efficacité : 75 % des cas • Durée du traitement : 6 semaines à 4 mois) • Kétoconazole • Efficacité : 84 % des cas • Posologie recommandée : 400 mg / jour • Durée de traitement : 6 à 12 mois
  • 89.
    H istoplasmose pulmonairechronique • Itraconazole • Efficacité : • 65 % dans les formes cavitaires • 100 % dans les formes parenchymateuses nodulaires • Posologie recommandée : 200 à 400 mg / jour • Durée médiane de traitement : 9 mois • Fluconazole • Efficacité : 46 % des cas • Posologie : 400 mg / jour • Durée médiane de traitement : 7 mois
  • 90.
    H istoplasmose disséminée •Amphotéricine B • Rechutes dans 5 à 23 % des cas • Kétoconazole • Réponse dans 55 à 100 % des cas • Posologie : 400 mg / jour (800 mg non recommandé  toxicité et moindre efficacité) • Durée de traitement : > 6 mois
  • 91.
    H istoplasmose disséminée •Itraconazole • 50 à 100 mg / jour, 6 mois : • 97 % d'amélioration • 31 % de guérison • 200 à 400 mg / jour, 9 mois : 100 % d'efficacité • Enfant : 7,2 mg kg / jour, ≥ 3 mois • Fluconazole • • • Efficacité : 71 % des cas Posologie : 200 - 800 mg / jour Durée médiane de traitement : 11 mois
  • 92.
    H istoplasmose méningée •Rechutes dans 50 % (surveillance prolongée) • Inefficacité du kétoconazole (pas de pénétration dans le LCR) • Place de l'itraconazole et du fluconazole non précisée • Surveillance du LCR pendant 1 an après la guérison
  • 93.
  • 94.
    Patient VIH + •Le traitement comporte une phase d'attaque et une prophylaxie secondaire • L'amphotéricine B reste le traitement de référence des formes sévères (hypotension, hypoxie, troubles neuropsychiatriques, myosite, CIVD) • L'itraconazole est le traitement de choix pour les formes non menaçantes et la prophylaxie secondaire
  • 95.
    Traitement d’attaque • AmphotéricineB (ou dérivé liposomial) • 80 % de rémission obtenues rapidement • Posologie : 1 mg / kg / jour pendant 14 jours, puis relais par l'itraconazole • Kétoconazole • Non indiqué dans l'histoplasmose au cours du SIDA (réponse < 20 %)
  • 96.
    Traitement d’attaque • Itraconazole • • • • Réponsesdans 84 % des cas à 600 mg / jour pendant 3 jours puis 400 mg / jour pendant 3 mois Rémission chez 7 / 12 patients Rapidité d'efficacité moindre qu'avec l‘amphotéricine B Surveillance des taux sériques et des interférences médicamenteuses • Fluconazole • • • Administré chez 10 patients à des posologies allant de 100 à 800 mg / jour  4 succès 50 patients, 1600 mg J1, puis 800 mg / jour pendant 12 semaines  efficacité = 74 % Rechutes avec souches résistantes
  • 97.
  • 98.
    Prophylaxie secondaire • Rechutessans traitement = 35 à 80 %  traitement à vie • Amphotéricine B • Toutes les semaines ou tous les 15 jours : efficacité de 80 à 95 % contre 50 % avec le kétoconazole • Contre-indiquée si atteinte neurologique initiale • Infections des voies veineuses centrales fréquentes
  • 99.
    Prophylaxie secondaire • Itraconazole •Efficacité : 95 % (200 mg ± x 2 / jour) après induction par amphotéricine B ; médiane de survie = 109 semaines • Efficace dans l'endocardite et dans les formes neurologiques • Prophylaxie secondaire de choix ; possibilité d’interruption si 3 CD4 > 150 / mm • Fluconazole • Rechutes dans 12 % des cas à la posologie de 100 - 400 mg / jour
  • 100.
    Prophylaxie primaire • Efficacitéde l’itraconazole (200 mg / jour) vs placebo • Pas de diminution de l'incidence sous fluconazole
  • 101.
  • 102.
    Reduction exposition • Dénicherles colonies de chauves-souris ou d’oiseaux
  • 103.
    Chauves-souris • Dispositifs à ultra-sonsinefficaces • • Repoussant chimique inefficaces • Construction d’une zone de nidification contrôlée Fermer TOUTES les ouvertures SAUF UNE avec une valve d’exclusion
  • 104.
    Oiseaux • Fermer toutes lesouvertures • Temporairement : dissuasion visuelle ou sonore • Repoussants chimiques non toxiques (liquide, aérosol, film, pâte) non permanents (ré application périodique) • Repousant semi-permanents : systèmes mécaniques anti-perchages (maintenance) • (Abattage)
  • 105.
    Education • Prévenir lestravailleurs des risques encourus (par écrit)
  • 106.
    M esures d’hygiènes •Contrôler la poussière mise en suspension lors d’activités de construction, d’excavation ou de démolition (mouillage, aspiration avec filtre haute efficacité) • Cabines à air conditionné (bulldozers, camions, …), nettoyage des camions
  • 107.
    Protection des personnesà risque • Porter un équipement personnel de protection • Respirateur purificateur d’air équipé de filtre « High Efficiency Particulate Air » (HEPA) capable de filtrer des particules ≤ 2  m • Bleu de travail avec gants jetables capuche et
  • 108.
    Conclusion • Éviter lescavernes et les grottes, surtout pour une personne immunodéprimée • Consulter son médecin en cas d'apparition de toux ou de syndrome grippal au retour de vacances
  • 109.
  • 110.
    A frique centraleet de l’ouest Ouganda, Nigeria, RD Congo, Sénégal)
  • 111.
  • 112.
    chez homme etet les babouins (cynocéphales) rarement dans sol
  • 113.
  • 114.
    Clinique - trépied •Atteintes cutanées : papules, pseudo-molluscum contagiosum, prédominant à face et tronc, ulcères, nodules pseudo-abcès froids • Atteintes osseuses (50 %) : crâne, côtes, vertèbres avec destruction kystique (atteintes multiples) • Atteintes ganglionnaires
  • 117.
    Formes disséminées • Atteintespulmonaires et disséminées (multiviscérales) plus rares, de mauvais pronostic
  • 118.
    Diagnostic Agent pathogène • Histoplasma duboisiiest un champignon dimorphique Prélèvements • • • • • Frottis ou biopsie de lésions cutanées Biopsie ou ponction ganglionnaire Ponction d'abcès para-osseux ou biopsie osseuse Prélèvements pulmonaires Formes parasitaires levures de Histoplasma duboisii = grande abondance dans les tissus
  • 119.
    Examen direct • Frottissont examinés à frais, levures faiblement colorées par MGG • Coupes colorées au PAS ou Gomori-Grocott • Eléments de grande taille (8 - 15 μm / 4 - 6 μm), ovalaires (en citron) + paroi épaisse à double contour, souvent un ou deux globules graisseux intra-cellulaires + bourgeonnement polaire ou bipolaire en courtes chaînettes à base étroite • Levures dans granulomes inflammatoires, libres ou incluses dans le cytoplasme de plasmodes ou cellules géantes
  • 120.
    Forme Levure (culture à 37 °C)
  • 121.
    Forme Levure (culture à 37 °C)
  • 122.
    Forme Levure (culture à 37 °C)
  • 123.
  • 124.
    Diagnostic indirect • Techniquessérologiques classiques, utilisant mêmes réactifs que Histoplasma capsulatum = peu valables • Faible spécificité (réactions croisées avec autres champignons dimorphiques) • Faible sensibilité (30 à 50 % de faux négatifs)
  • 125.
    Traitement • Médicaments • Amphotéricine B • • Kétoconazole • • • • 400 à800 mg / jour pendant 3 mois puis posologie + faible pendant au moins 6 à 12 mois Itraconazole • • Dose cumulative de 2 g Efficacité dans quelques cas en 6 à 12 mois dans des formes résistantes évoluant depuis plusieurs années Fluconazole • Rares observations Chirurgie Rechutes parfois tardives (fausse rémission)
  • 126.
  • 127.
  • 128.
  • 131.
    26 autres personnesayant un lien avec la découverte de la tombe de Toutânkhamon seraient mortes prématurément d’une pneumopathie axyphiante…
  • 132.