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De Bâle 2 à Bâle 3 : cette nouvel réglementation
implique-t-elle un changement des
business models bancaires ?
Séminaire Arrows, Paris
22 November, 2013
2
De Bâle 2 à Bâle 3 : cette nouvel réglementation implique-t-elle un changement
des business models bancaires ?
 Etat des lieux
 Impacts financiers de la réforme pour les établissements bancaires
 Quand l’épargne des particuliers devient une manne revalorisée...
 Impacts sur les métiers
3
Etat des lieux
4
Etat des lieux
5
 Une transformation considérable :
 Solvabilité, levier : deux fois plus de capital pour la même activité
 Dans un délai très court (3 ans)
 Tout en parvenant à maintenir la croissance (ou du moins la stabilisation) du crédit dans
les marchés domestiques
 De nouvelles menaces sur l’activité :
 Surcharges additionnelles en capital
 Règles finales sur la liquidité ?
 Règles de subordination potentielle impactant la qualité et la quantité de la dette
bancaire à émettre ?
 Au total, un prix de revient du crédit considérablement renchéri
 Qui contrecarre la politique monétaire accommodante de la BCE
 Et se combine avec les politiques budgétaires restrictives
Etat des lieux
6
De Bâle 2 à Bâle 3 : cette nouvel réglementation implique-t-elle un changement
des business models bancaires ?
 Etat des lieux
 Impacts financiers de la réforme pour les établissements bancaires
 Quand l’épargne des particuliers devient une manne revalorisée...
 Impacts sur les métiers
7
La nouvelle définition des fonds propres, l’augmentation de la pondération des risques et l’élévation
du ratio minimal de solvabilité entraînent un déficit en capital pour les établissements bancaire
 Suite aux changements de définition des fonds propres et à l’augmentation de la pondération des risques
découlant de Bâle III, le ratio de solvabilité des établissements bancaires connaît en moyenne une diminution
significative
 Le seuil minimal exigible étant par ailleurs relevé, les banques seront amenées d’ici 2019 à augmenter leur
niveau de fonds propres pour se conformer à la réglementation
 Un groupe de travail lancé par le comité de Bâle a fourni en 201 une étude quantitative d’impact, prenant en
compte les résultats de 263 banques au 31 décembre 2011, divisées selon deux groupes :
 94 établissements de Groupe 1 : capital supérieur à 3 milliards d’euros
 157 établissements de Groupe 2 : capital inférieur à 3 milliards d’euro
 La diminution du ratio de solvabilité suite aux changements de définition entraîne un important besoin en
capital pour se conformer à la réglementation.
Impacts financiers de la réforme pour les établissements bancaires
8
Pour se conformer à la réglementation, chaque établissement bancaire devra combiner un ensemble de moyens
d’action en fonction de son portefeuille d’activité
Impacts financiers de la réforme pour les établissements bancaires
9
Pour se conformer à la réglementation, chaque établissement bancaire devra combiner un ensemble de moyens
d’action en fonction de son portefeuille d’activité
Impacts financiers de la réforme pour les établissements bancaires
10
Fonds propres Liquidité
Crédit aux particuliers (y.c. revolving + ++
Crédit Immobilier + ++
Crédits aux Entreprise + +
Financement spécialisés (e.g.
financement de projets
++ +
Institutions Financières ++ +
Engagements Hors Bilan +++ +++
Equity ++ +
Debt ++ ++
Forex + +
Commodities ++ +
Dérivés de crédit +++ +
Marchés
Actif
Vue d’ensemble des impacts financiers par classe d’actif
Retail
Corporate et
Instit. Fin
Impact par ligne métiers:
Impacts financiers de la réforme pour les établissements bancaires
11
Impact par ligne métiers:
Exigences de Fonds
Propres
Augmentation des
exigences de Fonds
Propres
Augmentation de la
pondération de
certaines classes
d’actifs
Coût du Capital
↑
Coût du
Financement
↑
LCR
Couverture de la
liquidité à 30 jours par
des actifs hautement
liquide
NSFR
Sécurisation des
financements à long
terme
Effetdesynergie
Effet de compensation
Vue d’ensemble des impacts financiers directs
Les leviers disponibles pour les Banques
Réduire le cout
++
Augmenter
le coût du
crédit
+++
Réduire les
objectifs de
ROE
+++
Transférer le
Risque
+
Revoir le
business
model/
l’offre
+++
Impacts financiers de la réforme pour les établissements bancaires
12
De Bâle 2 à Bâle 3 : cette nouvel réglementation implique-t-elle un changement
des business models bancaires ?
 Etat des lieux
 Impact financiers de la réforme pour les établissements bancaires
 Quand l’épargne des particuliers devient une manne revalorisée...
 Impact sur les métiers
13
 La nouvelle crise de liquidité qui frappe les banques et les états de la zone euro montre une
nouvelle fois la volatilité des ressources issues des marchés financiers.
 Les fonds monétaires américains ont massivement réduit leurs expositions à la dette bancaire
européenne en début d’été 2011
 Aujourd’hui la crise de confiance reste intacte, obligeant la BCE a intervenir
 Le marché de voir souhaite que les nouvelles mesures réglementaires d’encadrement du risque
préconisées par le comité de Bâle (dit Bâle III) soient appliquées au plus tôt
 Tout cela incitera les banques a se tourner vers des ressources plus stables comme l’épargne des
particuliers
 A court terme, les banques pourraient optimiser les ressources existantes en incitant leurs clients à
arbitrer entre les produits (e.g. transformation des OPCVM monétaires en comptes à terme,
transformation de l’assurance vie) ou en proposant de nouveaux/anciens produits (e.g.
nantissement de dépôt, avances sur titres)
 A plus long terme, celles-ci devront partir à la conquête de l’épargne soit en créant de nouvelles
relations soit en maximisant leur part de portefeuille des relations existantes
 En synthèse, ce nouveau contexte poussera les acteurs plus que jamais à devenir la 1 ère Banque de leurs
client
 Cet objectif affiché de la profession de pérenniser ses ressources par une augmentation des dépôts de sa
clientèle nécessite 3 profonds changements :
Quand l’épargne des particuliers devient une manne revalorisée...
14
1. une réaffectation de l’épargne clientèle vers des produits pourvoyeurs de
liquidité
 Pour illustration, même si l’assurance-vie constitue un marché très rentable pour les banques,
celles-ci ont tout intérêt à réorienter l’épargne de leurs clients vers les livrets. En effet, cette
liquidité reste au bilan des banques qui en dispose comme elle le souhaite pour offrir des crédits.
 On constate ainsi une forte concurrence entre les établissements qui cherchent à attirer dans leurs
réseaux de l’épargne avec la multiplication des livrets à taux boosté (avec des conditions de
provenance externe des liquidités) ou le développement de la distribution d’émissions obligataires
(habituellement réservé aux opérateurs de marché).
 Cette tendance constitue un réel changement dans le modèle économique mais qui doit se
traduire aussi dans les réseaux par des mutations profondes : rebâtir un lien de proximité avec
le client, interagir autrement et de manière différenciée avec son écosystème pour fonder une
relation qui ne soit pas « uniquement construite » sur l’octroi de crédits :
– Au niveau des forces de vente, ces réformes ont un impact sur un ensemble de processus :
modalités de vente, méthodologie de valorisation des commerciaux et des modes de
rémunération, nouvelle conception de l’attrition. Cela dit, ces différents chantiers restent
encore peu matures.
 De nouvelles interactions et remontées d’information sont aussi à établir entre les directions
commerciales et les directions financières
Quand l’épargne des particuliers devient une manne revalorisée...
15
2. De nouvelles interactions et remontées d’information sont aussi à établir entre
les directions commerciales et les directions financières
 En effet, au-delà de ses effets bonificateurs, la collecte nécessite d’être mieux suivie
et modélisée, afin d’être en capacité de prévoir ses évolutions. Au regard de Bâle III,
la prédictibilité et la stabilité des ressources sont liées à ces effets prévisionnels. En
effet, l’épargne bénéficie d’un coût en termes de liquidité qui est dépendant de
plusieurs facteurs :
1. La nature des produits d’épargne, par exemple les dépôts à terme ne permettant pas aux
clients de se retirer facilement couteront moins cher en liquidité ;
2. La relation avec le client, bien évidemment une relation établie entre le déposant et son
banquier assure une plus grande stabilité des dépôts ;
3. La typologie de compte, les clients ayant plus de mal à retirer leurs liquidités en cas
d’utilisation courante du compte.
 Afin d’intégrer ces nouvelles problématiques, les directions financières travaillent sur la
structuration de nouveaux produits d’épargne.
 Si ces transformations sont aujourd’hui nécessaires à un pilotage fin de la collecte
clientèle, elles présentent encore un niveau d’avancement faible chez les différents
acteurs.
Quand l’épargne des particuliers devient une manne revalorisée...
16
3. Enfin, la collecte se traduit par une revalorisation de processus « connexes »
mais qui revêtent une nouvelle dimension
 la connaissance du client (au travers de processus KYC, la nature et la provenance
des fonds, via les obligations en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le
financement du terrorisme (LAB/FT) tout comme la détection de fraude fiscale, ou le
devoir de conseil prennent tout leur sens et contribuent à la maitrise des risques
concernant l’épargne et les produits vendus.
 Cette nouvelle donne, annoncée par les dirigeants des grandes banques françaises, désireux
de réduire leur exposition au marché, s’inscrit dans une logique à long terme.
 Cette « quête de bonne liquidité », s’intègre dans une réflexion de fond, de pérennisation de la
collecte des particuliers et des entreprises, au-delà des facilités ponctuelles que peuvent offrir
les marchés ou la BCE comme cette dernière l’a fait en prêtant 489 MM€ en Dec. 2011.
 Ces liquidités font également l’objet de toute l’attention des pouvoirs publics qui songent au
lancement d’un nouveau produit d’épargne réglementée, permettant de distribuer aux
particuliers ses obligations assimilables du trésor (la dette publique Française).
 L’épargne en France représentant entre 700 et 800 milliards d’Euros, les acteurs
bancaires cherchent à en absorber le maximum aux dépens des gestionnaires de fonds et des
assureurs qui bénéficiaient d’une position relativement confortable jusqu’à aujourd’hui
Quand l’épargne des particuliers devient une manne revalorisée...
17
 En effet, au-delà de ses effets bonificateurs, la collecte nécessite d’être mieux suivie
et modélisée, afin d’être en capacité de prévoir ses évolutions. Au regard de Bâle III, la
prédictibilité et la stabilité des ressources sont liées à ces effets prévisionnels. En effet,
l’épargne bénéficie d’un coût en termes de liquidité qui est dépendant de plusieurs facteurs :
 1. la nature des produits d’épargne, par exemple les dépôts à terme ne permettant pas aux
clients de se retirer facilement couteront moins cher en liquidité ;
2. la relation avec le client, bien évidemment une relation établie entre le déposant et son
banquier assure une plus grande stabilité des dépôts ;
3. la typologie de compte, les clients ayant plus de mal à retirer leurs liquidités en cas
d’utilisation courante du compte.
 Afin d’intégrer ces nouvelles problématiques, les directions financières travaillent sur la
structuration de nouveaux produits d’épargne. Encore une fois, si ces transformations sont
aujourd’hui nécessaires à un pilotage fin de la collecte clientèle, elles présentent encore un
niveau d’avancement faible chez les différents acteurs.
Quand l’épargne des particuliers devient une manne revalorisée...
18
De Bâle 2 à Bâle 3 : cette nouvel réglementation implique-t-elle un changement
des business models bancaires ?
 Etat des lieux
 Quand l’épargne des particuliers devient une manne revalorisée...
 Impacts financiers de la réforme pour les établissements bancaires
 Impact sur les métiers
19
La nouvelle définition des fonds propres, l’augmentation de la pondération des risques et l’élévation
du ratio minimal de solvabilité entraînent un déficit en capital pour les établissements bancaire
 Les exigences mises en place par le régulateur auront un effet financier direct sur les Banques avec une
érosion progressive de leur rentabilité d’ici 2019
 D’un côté, l’augmentation des exigences de fonds propres (de 8% à 10,5%) et la surpondération
par le risque de certaines classes d’actifs (e.g. institutions financières) augmentera le coût du capital
 De l’autre les exigences sur la liquidité à court et long terme augmenteront le coût de financement
 Pour les banques européennes, les leviers d’adaptation à ce nouvel environnement sont limités
 Réduire les coûts de fonctionnement : la marge de manœuvre sur cet aspect est variable..
 Répercuter l’augmentation des coûts sur les clients : l’augmentation du coût du crédit est certaine.
Cela absorbera une partie des coûts complémentaires mais diminuera forcément la production
 Revoir le business model / portefeuille produits dans certaines lignes métier :
– Les banques devront étudier la viabilité de certaines activités déjà sous pression en matière
de rentabilité (e.g. les établissements spécialisés en crédit fortement touchés par
l’augmentation du coût de financement)
– Le portefeuille de produits devra être ajusté pour favoriser les produits à faible consommation
de fonds propres (e.g. favoriser l’immobilier résidentiel au détriment du locatif)
 Transférer le risque : les banques pourraient s’orienter vers la titrisation (cash) de leur actifs et à un
allégement du bilan. Reste néanmoins à voir si l’appétit du marché pour le risque continuera à
exister
 Réduire les objectifs de ROE
Impacts sur les métiers
20
Impacts sur les métiers
Banque de détail : vers un rééquilibrage inévitable du ratio crédits / dépôt
 Les activités de banque de détail tournées vers les particuliers et les PME seront, de par leur nature, moins impactées par
les mesures « Bâle 3 ».
 Pour autant, une fois ce constat effectué, les banques de détail, à l’aune des nouvelles contraintes sur la liquidité, vont
devoir intégrer dans leur tarification le coût effectif de leur ressource et piloter leur ratio crédits/dépôts.
 Sur la tarification, le renchérissement du coût de la ressource va devoir être intégré dans le coût du crédit. Tant
que les taux d’intérêt sont bas, l’impact sur l’économie devrait rester limité, mais en cas de hausse des taux ce
renchérissement pèserait sur le financement des acteurs privés et donc sur la croissance de l’économie.
 Quant au rééquilibrage du ratio crédits / dépôts nécessaire dans une optique NSFR, il a conduit les
établissements à privilégier l’offre de dépôts à terme au détriment des OPCVM monétaires et pousse à la mise en
place d’un produit d’épargne bilanciel long terme, proche de feu le PEP
 A défaut de pouvoir rebilancialiser cette épargne, les banques devront adopter une politique plus restrictive d’octroi de
prêts.
 Au total, les activités de banque de détail vont devoir être beaucoup plus attentives à l’équilibre entre la croissance de
leurs crédits et leur capacité de collecte : dans les pays matures, le modèle de banque universelle combinant banque de
détail et banque de financement de grandes entreprises nécessite, compte tenu de la structure actuelle de nos marchés,
le financement partiel de l’un par l’autre
 Enfin pour les financements spécialisés, par nature peu ou pas collecteurs de dépôts, l’adossement et les synergies avec
une banque de détail seront clés alors que le marché de la titrisation peine à redémarrer en Europe notamment
21
Impacts sur les métiers
Banque de financement et d’investissement : vers plus de désintermédiation et une rotation
plus rapide des actifs (1/2)
 Les activités de banques de financement principalement tournées vers les grandes entreprises vont être
touchées à plusieurs titres
 Tout d’abord ces activités sont déficitaires en liquidité puisque les entreprises sont emprunteuses
nettes dans l’économie
 De plus, elles ont des échéances longues pour certains sous-segments d’activité (crédits exports,
financements de projets,...) ; il faudra intégrer le coût de cette liquidité quel que soit leur risque,
conduisant à les limiter du fait de leur caractère peu manœuvrant dans le cadre de la gestion des
ratios de liquidité.
 Le paradoxe des réformes « Bâle 3 » sera de conduire à une augmentation de la désintermédiation en
Europe où les banques intermédient 75 % des financements contre seulement 25 % aux Etats-Unis.
– Ce mouvement viendra d’un arbitrage entre, d’une part financement bancaire plus cher et plus
rare, et d’autre part financement de marché accessible à certaines grandes entreprises.
– Ceci favorisera également le rôle du shadow banking, par nature moins régulé, et in fine
transfèrera plus de risques (risque de transformation et de marché) sur les ménages dès lors que
banques, du fait de « Bâle 3 », et assurances, du fait de « Solvabilité 2 », sont désincitées à
investir en actifs risqués longs.
22
Impacts sur les métiers
Banque de financement et d’investissement : vers plus de désintermédiation et une rotation plus
rapide des actifs (2/2)
 Par ailleurs, les activités de marché de capitaux devront mieux adosser leur liquidité en intégrant les besoins de
liquidité contingente en cas de situation de stress. Ceci aura un double impact :
– une limitation de la taille de ces activités par rapport à l’emprise souhaitée et souhaitable d’un établissement
sur les marchés de refinancement court terme (interbancaire, certificats de dépôts, papier commercial,...)
– et un renchérissement du coût de cette ressource forcément plus longue qu’avant crise, rendant certaines
activités moins, voire pas du tout rentables.
 Cet impact sera d’autant plus marqué que, dans la définition du LCR, les régulateurs ont considéré que les dettes
souveraines étaient par nature le seul vrai actif sans risque, donc liquide dans toutes les configurations de marché
et ne reconnaissant pas a contrario les actions, même avec une décote appropriée, comme actif permettant
d’obtenir de la liquidité en situation de crise.
 Enfin, les réglementations sur le trading pour compte propre nécessiteront également une adaptation des modèles
bancaires désormais plus tournés vers les clients.
 Les impacts pour la BFI seront majeurs. Il faudra passer d’un modèle buy and hold à un modèle originate and distribute pour
les activités de financements : distribution par refinancement obligataire, utilisation de covered bonds, développement du
segment high yield pour les entreprises non investment grade…
 Pour les activités de marché, le développement des activités de flux et d’intermédiation se fera au détriment des activités
propriétaires.
 Dans tous les cas, la rotation des actifs de ces métiers devra augmenter, illustrant à la fois leur liquidité mais aussi la
contrainte en consommation de ressources pesant sur ces activités
23
Impacts sur les métiers
Des nouvelles réglementations impactant la rentabilité du secteur et nécessitant des ajustements en
profondeur
 Au-delà de ces effets ayant trait à la liquidité, les banques vont voir le montant de capital nécessaire à l’exercice de leurs activités
doubler par rapport au niveau prévalant avant crise.
 Se pose alors la question de la rentabilité des activités bancaires face à un tel choc et alors que la plupart des acteurs sont privés
et cotés, et devront donc à ce titre être à même de générer des rentabilités sur capital en ligne avec les autres secteurs de
l’économie
 Les banques vont devoir agir sur 3 leviers :
 réduire leurs besoins de financement structurels en rééquilibrant leur modèle de « financeur » vers un modèle de « financeur - intermédiaire
»,
 améliorer leur efficacité opérationnelle
 et enfin arbitrer certains métiers.
 Le premier levier visant à se transformer en « financeur – intermédiaire » permettra au modèle de banque universelle européenne
de continuer à assurer son rôle clé d’accompagnement des entreprises dans leur cycle de vie et sur l’ensemble de leurs besoins,
sans pour autant laisser la place au seul modèle anglo-saxon.
 Par sa diversification, sa connaissance intime du risque de ses clients compte tenu de la multiplicité des relations entretenues avec eux, le
modèle de banque universelle a montré son efficacité durant la crise et ne doit pas être sacrifié sur l’autel d’une vue dogmatique.
 Les grandes banques françaises occupent d’ores et déjà des places de choix en BFI et doivent poursuivre leur transformation pour croître sur
ces segments tout en s’adaptant aux nouvelles règles
 Cela se fera par un renforcement des capacités de distribution et par un développement des activités de flux sur les marchés de capitaux.
24
Impacts sur les métiers
Des nouvelles réglementations impactant la rentabilité du secteur et nécessitant des
ajustements en profondeur
 Le deuxième levier viendra de l’amélioration de l’efficacité opérationnelle des banques.
 La banque doit augmenter l’industrialisation de ses process tout en restant une entreprise de services.
 La recherche d’un accroissement des volumes traités par des plateformes mutualisées au sein d’un même groupe ou
entre groupes différents dans des domaines comme la monétique, les paiements, le processing des crédits, la
conservation, le traitement d’opérations de change,… traduit l’attention croissante des acteurs à réduire leurs coûts
unitaires pour tout ce qui ne touche pas à la relation clients.
 Enfin, les établissements devront faire « respirer » leur portefeuille d’activités en se recentrant sur les activités
« cœur » et adaptées à cette nouvelle donne.
 La consommation de chaque entité en ressources rares, capital et liquidité, devra être mise en regard de sa taille
critique, de sa cohérence avec la stratégie et les autres activités du groupe et bien évidemment de sa rentabilité
pérenne.
25
Conclusion
 Bâle 2 a été pour les acteurs bancaires un projet de mise en conformité rapprochant la vision
réglementaire de la vision économique. Les projets étaient avant tout l’affaire des Directions
Financières/Risques qui devaient mettre à niveau les référentiels et les systèmes de synthèse.
Les impacts métier du projet et sa déclinaison opérationnelle se sont limités à la filière Crédit et
aux activités de Marchés
 Avec la nouvelle réglementation, le projet Bâle devient un réel projet d’entreprise avec une
dimension stratégique. Le périmètre des activités concernées est plus large et les impacts sont
significatifs, parfois imprévus et susceptibles de changer certaines activités en profondeur (e.g.
impact sur la stratégie commerciale dans la banque de détail)
 Dans ce contexte, les banques devront parallèlement au lancement de leurs projets Bâle 3
(aménagement des systèmes risques et de synthèse) identifier et analyser les impacts métiers
et les intégrer dans leur vision stratégique de l’activité

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De Bâle II à Bâle III : cette nouvel réglementation implique-t-elle un changement des business models bancaires?

  • 1. De Bâle 2 à Bâle 3 : cette nouvel réglementation implique-t-elle un changement des business models bancaires ? Séminaire Arrows, Paris 22 November, 2013
  • 2. 2 De Bâle 2 à Bâle 3 : cette nouvel réglementation implique-t-elle un changement des business models bancaires ?  Etat des lieux  Impacts financiers de la réforme pour les établissements bancaires  Quand l’épargne des particuliers devient une manne revalorisée...  Impacts sur les métiers
  • 5. 5  Une transformation considérable :  Solvabilité, levier : deux fois plus de capital pour la même activité  Dans un délai très court (3 ans)  Tout en parvenant à maintenir la croissance (ou du moins la stabilisation) du crédit dans les marchés domestiques  De nouvelles menaces sur l’activité :  Surcharges additionnelles en capital  Règles finales sur la liquidité ?  Règles de subordination potentielle impactant la qualité et la quantité de la dette bancaire à émettre ?  Au total, un prix de revient du crédit considérablement renchéri  Qui contrecarre la politique monétaire accommodante de la BCE  Et se combine avec les politiques budgétaires restrictives Etat des lieux
  • 6. 6 De Bâle 2 à Bâle 3 : cette nouvel réglementation implique-t-elle un changement des business models bancaires ?  Etat des lieux  Impacts financiers de la réforme pour les établissements bancaires  Quand l’épargne des particuliers devient une manne revalorisée...  Impacts sur les métiers
  • 7. 7 La nouvelle définition des fonds propres, l’augmentation de la pondération des risques et l’élévation du ratio minimal de solvabilité entraînent un déficit en capital pour les établissements bancaire  Suite aux changements de définition des fonds propres et à l’augmentation de la pondération des risques découlant de Bâle III, le ratio de solvabilité des établissements bancaires connaît en moyenne une diminution significative  Le seuil minimal exigible étant par ailleurs relevé, les banques seront amenées d’ici 2019 à augmenter leur niveau de fonds propres pour se conformer à la réglementation  Un groupe de travail lancé par le comité de Bâle a fourni en 201 une étude quantitative d’impact, prenant en compte les résultats de 263 banques au 31 décembre 2011, divisées selon deux groupes :  94 établissements de Groupe 1 : capital supérieur à 3 milliards d’euros  157 établissements de Groupe 2 : capital inférieur à 3 milliards d’euro  La diminution du ratio de solvabilité suite aux changements de définition entraîne un important besoin en capital pour se conformer à la réglementation. Impacts financiers de la réforme pour les établissements bancaires
  • 8. 8 Pour se conformer à la réglementation, chaque établissement bancaire devra combiner un ensemble de moyens d’action en fonction de son portefeuille d’activité Impacts financiers de la réforme pour les établissements bancaires
  • 9. 9 Pour se conformer à la réglementation, chaque établissement bancaire devra combiner un ensemble de moyens d’action en fonction de son portefeuille d’activité Impacts financiers de la réforme pour les établissements bancaires
  • 10. 10 Fonds propres Liquidité Crédit aux particuliers (y.c. revolving + ++ Crédit Immobilier + ++ Crédits aux Entreprise + + Financement spécialisés (e.g. financement de projets ++ + Institutions Financières ++ + Engagements Hors Bilan +++ +++ Equity ++ + Debt ++ ++ Forex + + Commodities ++ + Dérivés de crédit +++ + Marchés Actif Vue d’ensemble des impacts financiers par classe d’actif Retail Corporate et Instit. Fin Impact par ligne métiers: Impacts financiers de la réforme pour les établissements bancaires
  • 11. 11 Impact par ligne métiers: Exigences de Fonds Propres Augmentation des exigences de Fonds Propres Augmentation de la pondération de certaines classes d’actifs Coût du Capital ↑ Coût du Financement ↑ LCR Couverture de la liquidité à 30 jours par des actifs hautement liquide NSFR Sécurisation des financements à long terme Effetdesynergie Effet de compensation Vue d’ensemble des impacts financiers directs Les leviers disponibles pour les Banques Réduire le cout ++ Augmenter le coût du crédit +++ Réduire les objectifs de ROE +++ Transférer le Risque + Revoir le business model/ l’offre +++ Impacts financiers de la réforme pour les établissements bancaires
  • 12. 12 De Bâle 2 à Bâle 3 : cette nouvel réglementation implique-t-elle un changement des business models bancaires ?  Etat des lieux  Impact financiers de la réforme pour les établissements bancaires  Quand l’épargne des particuliers devient une manne revalorisée...  Impact sur les métiers
  • 13. 13  La nouvelle crise de liquidité qui frappe les banques et les états de la zone euro montre une nouvelle fois la volatilité des ressources issues des marchés financiers.  Les fonds monétaires américains ont massivement réduit leurs expositions à la dette bancaire européenne en début d’été 2011  Aujourd’hui la crise de confiance reste intacte, obligeant la BCE a intervenir  Le marché de voir souhaite que les nouvelles mesures réglementaires d’encadrement du risque préconisées par le comité de Bâle (dit Bâle III) soient appliquées au plus tôt  Tout cela incitera les banques a se tourner vers des ressources plus stables comme l’épargne des particuliers  A court terme, les banques pourraient optimiser les ressources existantes en incitant leurs clients à arbitrer entre les produits (e.g. transformation des OPCVM monétaires en comptes à terme, transformation de l’assurance vie) ou en proposant de nouveaux/anciens produits (e.g. nantissement de dépôt, avances sur titres)  A plus long terme, celles-ci devront partir à la conquête de l’épargne soit en créant de nouvelles relations soit en maximisant leur part de portefeuille des relations existantes  En synthèse, ce nouveau contexte poussera les acteurs plus que jamais à devenir la 1 ère Banque de leurs client  Cet objectif affiché de la profession de pérenniser ses ressources par une augmentation des dépôts de sa clientèle nécessite 3 profonds changements : Quand l’épargne des particuliers devient une manne revalorisée...
  • 14. 14 1. une réaffectation de l’épargne clientèle vers des produits pourvoyeurs de liquidité  Pour illustration, même si l’assurance-vie constitue un marché très rentable pour les banques, celles-ci ont tout intérêt à réorienter l’épargne de leurs clients vers les livrets. En effet, cette liquidité reste au bilan des banques qui en dispose comme elle le souhaite pour offrir des crédits.  On constate ainsi une forte concurrence entre les établissements qui cherchent à attirer dans leurs réseaux de l’épargne avec la multiplication des livrets à taux boosté (avec des conditions de provenance externe des liquidités) ou le développement de la distribution d’émissions obligataires (habituellement réservé aux opérateurs de marché).  Cette tendance constitue un réel changement dans le modèle économique mais qui doit se traduire aussi dans les réseaux par des mutations profondes : rebâtir un lien de proximité avec le client, interagir autrement et de manière différenciée avec son écosystème pour fonder une relation qui ne soit pas « uniquement construite » sur l’octroi de crédits : – Au niveau des forces de vente, ces réformes ont un impact sur un ensemble de processus : modalités de vente, méthodologie de valorisation des commerciaux et des modes de rémunération, nouvelle conception de l’attrition. Cela dit, ces différents chantiers restent encore peu matures.  De nouvelles interactions et remontées d’information sont aussi à établir entre les directions commerciales et les directions financières Quand l’épargne des particuliers devient une manne revalorisée...
  • 15. 15 2. De nouvelles interactions et remontées d’information sont aussi à établir entre les directions commerciales et les directions financières  En effet, au-delà de ses effets bonificateurs, la collecte nécessite d’être mieux suivie et modélisée, afin d’être en capacité de prévoir ses évolutions. Au regard de Bâle III, la prédictibilité et la stabilité des ressources sont liées à ces effets prévisionnels. En effet, l’épargne bénéficie d’un coût en termes de liquidité qui est dépendant de plusieurs facteurs : 1. La nature des produits d’épargne, par exemple les dépôts à terme ne permettant pas aux clients de se retirer facilement couteront moins cher en liquidité ; 2. La relation avec le client, bien évidemment une relation établie entre le déposant et son banquier assure une plus grande stabilité des dépôts ; 3. La typologie de compte, les clients ayant plus de mal à retirer leurs liquidités en cas d’utilisation courante du compte.  Afin d’intégrer ces nouvelles problématiques, les directions financières travaillent sur la structuration de nouveaux produits d’épargne.  Si ces transformations sont aujourd’hui nécessaires à un pilotage fin de la collecte clientèle, elles présentent encore un niveau d’avancement faible chez les différents acteurs. Quand l’épargne des particuliers devient une manne revalorisée...
  • 16. 16 3. Enfin, la collecte se traduit par une revalorisation de processus « connexes » mais qui revêtent une nouvelle dimension  la connaissance du client (au travers de processus KYC, la nature et la provenance des fonds, via les obligations en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LAB/FT) tout comme la détection de fraude fiscale, ou le devoir de conseil prennent tout leur sens et contribuent à la maitrise des risques concernant l’épargne et les produits vendus.  Cette nouvelle donne, annoncée par les dirigeants des grandes banques françaises, désireux de réduire leur exposition au marché, s’inscrit dans une logique à long terme.  Cette « quête de bonne liquidité », s’intègre dans une réflexion de fond, de pérennisation de la collecte des particuliers et des entreprises, au-delà des facilités ponctuelles que peuvent offrir les marchés ou la BCE comme cette dernière l’a fait en prêtant 489 MM€ en Dec. 2011.  Ces liquidités font également l’objet de toute l’attention des pouvoirs publics qui songent au lancement d’un nouveau produit d’épargne réglementée, permettant de distribuer aux particuliers ses obligations assimilables du trésor (la dette publique Française).  L’épargne en France représentant entre 700 et 800 milliards d’Euros, les acteurs bancaires cherchent à en absorber le maximum aux dépens des gestionnaires de fonds et des assureurs qui bénéficiaient d’une position relativement confortable jusqu’à aujourd’hui Quand l’épargne des particuliers devient une manne revalorisée...
  • 17. 17  En effet, au-delà de ses effets bonificateurs, la collecte nécessite d’être mieux suivie et modélisée, afin d’être en capacité de prévoir ses évolutions. Au regard de Bâle III, la prédictibilité et la stabilité des ressources sont liées à ces effets prévisionnels. En effet, l’épargne bénéficie d’un coût en termes de liquidité qui est dépendant de plusieurs facteurs :  1. la nature des produits d’épargne, par exemple les dépôts à terme ne permettant pas aux clients de se retirer facilement couteront moins cher en liquidité ; 2. la relation avec le client, bien évidemment une relation établie entre le déposant et son banquier assure une plus grande stabilité des dépôts ; 3. la typologie de compte, les clients ayant plus de mal à retirer leurs liquidités en cas d’utilisation courante du compte.  Afin d’intégrer ces nouvelles problématiques, les directions financières travaillent sur la structuration de nouveaux produits d’épargne. Encore une fois, si ces transformations sont aujourd’hui nécessaires à un pilotage fin de la collecte clientèle, elles présentent encore un niveau d’avancement faible chez les différents acteurs. Quand l’épargne des particuliers devient une manne revalorisée...
  • 18. 18 De Bâle 2 à Bâle 3 : cette nouvel réglementation implique-t-elle un changement des business models bancaires ?  Etat des lieux  Quand l’épargne des particuliers devient une manne revalorisée...  Impacts financiers de la réforme pour les établissements bancaires  Impact sur les métiers
  • 19. 19 La nouvelle définition des fonds propres, l’augmentation de la pondération des risques et l’élévation du ratio minimal de solvabilité entraînent un déficit en capital pour les établissements bancaire  Les exigences mises en place par le régulateur auront un effet financier direct sur les Banques avec une érosion progressive de leur rentabilité d’ici 2019  D’un côté, l’augmentation des exigences de fonds propres (de 8% à 10,5%) et la surpondération par le risque de certaines classes d’actifs (e.g. institutions financières) augmentera le coût du capital  De l’autre les exigences sur la liquidité à court et long terme augmenteront le coût de financement  Pour les banques européennes, les leviers d’adaptation à ce nouvel environnement sont limités  Réduire les coûts de fonctionnement : la marge de manœuvre sur cet aspect est variable..  Répercuter l’augmentation des coûts sur les clients : l’augmentation du coût du crédit est certaine. Cela absorbera une partie des coûts complémentaires mais diminuera forcément la production  Revoir le business model / portefeuille produits dans certaines lignes métier : – Les banques devront étudier la viabilité de certaines activités déjà sous pression en matière de rentabilité (e.g. les établissements spécialisés en crédit fortement touchés par l’augmentation du coût de financement) – Le portefeuille de produits devra être ajusté pour favoriser les produits à faible consommation de fonds propres (e.g. favoriser l’immobilier résidentiel au détriment du locatif)  Transférer le risque : les banques pourraient s’orienter vers la titrisation (cash) de leur actifs et à un allégement du bilan. Reste néanmoins à voir si l’appétit du marché pour le risque continuera à exister  Réduire les objectifs de ROE Impacts sur les métiers
  • 20. 20 Impacts sur les métiers Banque de détail : vers un rééquilibrage inévitable du ratio crédits / dépôt  Les activités de banque de détail tournées vers les particuliers et les PME seront, de par leur nature, moins impactées par les mesures « Bâle 3 ».  Pour autant, une fois ce constat effectué, les banques de détail, à l’aune des nouvelles contraintes sur la liquidité, vont devoir intégrer dans leur tarification le coût effectif de leur ressource et piloter leur ratio crédits/dépôts.  Sur la tarification, le renchérissement du coût de la ressource va devoir être intégré dans le coût du crédit. Tant que les taux d’intérêt sont bas, l’impact sur l’économie devrait rester limité, mais en cas de hausse des taux ce renchérissement pèserait sur le financement des acteurs privés et donc sur la croissance de l’économie.  Quant au rééquilibrage du ratio crédits / dépôts nécessaire dans une optique NSFR, il a conduit les établissements à privilégier l’offre de dépôts à terme au détriment des OPCVM monétaires et pousse à la mise en place d’un produit d’épargne bilanciel long terme, proche de feu le PEP  A défaut de pouvoir rebilancialiser cette épargne, les banques devront adopter une politique plus restrictive d’octroi de prêts.  Au total, les activités de banque de détail vont devoir être beaucoup plus attentives à l’équilibre entre la croissance de leurs crédits et leur capacité de collecte : dans les pays matures, le modèle de banque universelle combinant banque de détail et banque de financement de grandes entreprises nécessite, compte tenu de la structure actuelle de nos marchés, le financement partiel de l’un par l’autre  Enfin pour les financements spécialisés, par nature peu ou pas collecteurs de dépôts, l’adossement et les synergies avec une banque de détail seront clés alors que le marché de la titrisation peine à redémarrer en Europe notamment
  • 21. 21 Impacts sur les métiers Banque de financement et d’investissement : vers plus de désintermédiation et une rotation plus rapide des actifs (1/2)  Les activités de banques de financement principalement tournées vers les grandes entreprises vont être touchées à plusieurs titres  Tout d’abord ces activités sont déficitaires en liquidité puisque les entreprises sont emprunteuses nettes dans l’économie  De plus, elles ont des échéances longues pour certains sous-segments d’activité (crédits exports, financements de projets,...) ; il faudra intégrer le coût de cette liquidité quel que soit leur risque, conduisant à les limiter du fait de leur caractère peu manœuvrant dans le cadre de la gestion des ratios de liquidité.  Le paradoxe des réformes « Bâle 3 » sera de conduire à une augmentation de la désintermédiation en Europe où les banques intermédient 75 % des financements contre seulement 25 % aux Etats-Unis. – Ce mouvement viendra d’un arbitrage entre, d’une part financement bancaire plus cher et plus rare, et d’autre part financement de marché accessible à certaines grandes entreprises. – Ceci favorisera également le rôle du shadow banking, par nature moins régulé, et in fine transfèrera plus de risques (risque de transformation et de marché) sur les ménages dès lors que banques, du fait de « Bâle 3 », et assurances, du fait de « Solvabilité 2 », sont désincitées à investir en actifs risqués longs.
  • 22. 22 Impacts sur les métiers Banque de financement et d’investissement : vers plus de désintermédiation et une rotation plus rapide des actifs (2/2)  Par ailleurs, les activités de marché de capitaux devront mieux adosser leur liquidité en intégrant les besoins de liquidité contingente en cas de situation de stress. Ceci aura un double impact : – une limitation de la taille de ces activités par rapport à l’emprise souhaitée et souhaitable d’un établissement sur les marchés de refinancement court terme (interbancaire, certificats de dépôts, papier commercial,...) – et un renchérissement du coût de cette ressource forcément plus longue qu’avant crise, rendant certaines activités moins, voire pas du tout rentables.  Cet impact sera d’autant plus marqué que, dans la définition du LCR, les régulateurs ont considéré que les dettes souveraines étaient par nature le seul vrai actif sans risque, donc liquide dans toutes les configurations de marché et ne reconnaissant pas a contrario les actions, même avec une décote appropriée, comme actif permettant d’obtenir de la liquidité en situation de crise.  Enfin, les réglementations sur le trading pour compte propre nécessiteront également une adaptation des modèles bancaires désormais plus tournés vers les clients.  Les impacts pour la BFI seront majeurs. Il faudra passer d’un modèle buy and hold à un modèle originate and distribute pour les activités de financements : distribution par refinancement obligataire, utilisation de covered bonds, développement du segment high yield pour les entreprises non investment grade…  Pour les activités de marché, le développement des activités de flux et d’intermédiation se fera au détriment des activités propriétaires.  Dans tous les cas, la rotation des actifs de ces métiers devra augmenter, illustrant à la fois leur liquidité mais aussi la contrainte en consommation de ressources pesant sur ces activités
  • 23. 23 Impacts sur les métiers Des nouvelles réglementations impactant la rentabilité du secteur et nécessitant des ajustements en profondeur  Au-delà de ces effets ayant trait à la liquidité, les banques vont voir le montant de capital nécessaire à l’exercice de leurs activités doubler par rapport au niveau prévalant avant crise.  Se pose alors la question de la rentabilité des activités bancaires face à un tel choc et alors que la plupart des acteurs sont privés et cotés, et devront donc à ce titre être à même de générer des rentabilités sur capital en ligne avec les autres secteurs de l’économie  Les banques vont devoir agir sur 3 leviers :  réduire leurs besoins de financement structurels en rééquilibrant leur modèle de « financeur » vers un modèle de « financeur - intermédiaire »,  améliorer leur efficacité opérationnelle  et enfin arbitrer certains métiers.  Le premier levier visant à se transformer en « financeur – intermédiaire » permettra au modèle de banque universelle européenne de continuer à assurer son rôle clé d’accompagnement des entreprises dans leur cycle de vie et sur l’ensemble de leurs besoins, sans pour autant laisser la place au seul modèle anglo-saxon.  Par sa diversification, sa connaissance intime du risque de ses clients compte tenu de la multiplicité des relations entretenues avec eux, le modèle de banque universelle a montré son efficacité durant la crise et ne doit pas être sacrifié sur l’autel d’une vue dogmatique.  Les grandes banques françaises occupent d’ores et déjà des places de choix en BFI et doivent poursuivre leur transformation pour croître sur ces segments tout en s’adaptant aux nouvelles règles  Cela se fera par un renforcement des capacités de distribution et par un développement des activités de flux sur les marchés de capitaux.
  • 24. 24 Impacts sur les métiers Des nouvelles réglementations impactant la rentabilité du secteur et nécessitant des ajustements en profondeur  Le deuxième levier viendra de l’amélioration de l’efficacité opérationnelle des banques.  La banque doit augmenter l’industrialisation de ses process tout en restant une entreprise de services.  La recherche d’un accroissement des volumes traités par des plateformes mutualisées au sein d’un même groupe ou entre groupes différents dans des domaines comme la monétique, les paiements, le processing des crédits, la conservation, le traitement d’opérations de change,… traduit l’attention croissante des acteurs à réduire leurs coûts unitaires pour tout ce qui ne touche pas à la relation clients.  Enfin, les établissements devront faire « respirer » leur portefeuille d’activités en se recentrant sur les activités « cœur » et adaptées à cette nouvelle donne.  La consommation de chaque entité en ressources rares, capital et liquidité, devra être mise en regard de sa taille critique, de sa cohérence avec la stratégie et les autres activités du groupe et bien évidemment de sa rentabilité pérenne.
  • 25. 25 Conclusion  Bâle 2 a été pour les acteurs bancaires un projet de mise en conformité rapprochant la vision réglementaire de la vision économique. Les projets étaient avant tout l’affaire des Directions Financières/Risques qui devaient mettre à niveau les référentiels et les systèmes de synthèse. Les impacts métier du projet et sa déclinaison opérationnelle se sont limités à la filière Crédit et aux activités de Marchés  Avec la nouvelle réglementation, le projet Bâle devient un réel projet d’entreprise avec une dimension stratégique. Le périmètre des activités concernées est plus large et les impacts sont significatifs, parfois imprévus et susceptibles de changer certaines activités en profondeur (e.g. impact sur la stratégie commerciale dans la banque de détail)  Dans ce contexte, les banques devront parallèlement au lancement de leurs projets Bâle 3 (aménagement des systèmes risques et de synthèse) identifier et analyser les impacts métiers et les intégrer dans leur vision stratégique de l’activité