Dépistage néonatal




                     aurelia.jacquette@psl.aphp.fr
Cours DCEM 2                          16 mai 2006
Principe
• Recherche systématique,
• Chez tous les nouveaux-nés de la
  population générale ou d’une population à
  risque,
• Une pathologie à révélation précoce,
  avant qu’elle n’entraîne des séquelles
  irréversibles
Critères des pathologies dépistées
         Maladie                        Dépistage
• Difficile à identifier      •Simple
  cliniquement
                              •Fiable
• Sévère
• Séquelles en l’absence de   •Reproductible
  traitement préventif        •Adapté à l’enfant
• Non exceptionnelle (au
  moins 1/20 000 ncs)         •Prélèvement aisé
• Thérapeutique efficace      •Peu coûteux
  disponible
5 maladies en France depuis 2003

•   Phénylcétonurie
•   Hypothyroïdie congénitale
•   Hyperplasie congénitale des surrénales
•   Mucoviscidose
•   Drépanocytose (population ciblée)
Méthode
• Un seul prélèvement
• Au troisième jour de
  vie
• Scarification au talon
• Recueil de goutte de
  sang sur papier
  buvard adapté
• Taux de couverture
  national > 99%
Phénylcétonurie: définition
• Erreur innée du métabolisme
• Déficit en phénylalanine hydroxylase
  (PAH)
• Autosomique récessive
• Incidence: 1/17 000
• Phénylalanine: AA essentiel hydroxylé par
  PAH dans le foie en tyrosine
• hyperphénylalaninémie
Phénylcétonurie
Acide
                           Phénylalanine      Dihydrobioptérine (BH2)
phénylpyruvique

                         Phénylalanine
                         hydroxylase (PAH)

                              Tyrosine
                                             Tétrahydrobioptérine (BH4)


            Dopamine
                             Mélanine        Protéines



       Cathécholamines
Phénylcétonurie: clinique
• Encéphalopathie progressive sévère
• Retard psychomoteur précoce, net dès 6 mois
• Troubles du comportement avec automutilation,
  agressivité, traits psychotiques
• Microcéphalie
• Croissance staturopondérale conservée
• Épilepsie
• Eczéma
• Odeur caractéristique de « nichée de souris »
• Hypopigmentation
Phénylcétonurie: biologie
• Activité de la PAH < 1%
• Hyperphénylalaninémie > 20 mg/dl en
  régime normoprotéique
• Augmentation acide phénylpyruvique
  urinaire (phénistix)
Phénylcétonurie: génétique
• Gène de la PAH en 12q22-q24, 90KB, 13 exons
• Mutations ponctuelles (substitutions, splicing)
• Touche plus fréquemment l’exon 7 (hot-spot)
Phénylcétonurie: traitement
• Régime hypoprotidique pauvre en phényalanine (< 350 mg/j)
• De la naissance à 10 ans (maturation cérébrale)
• +++ dans les premières années : étude de Griffiths et al.
  (2000)
   – Taux de phénylalanine à 2 ans : marqueur prédictif du QI, même si
     taux bien équilibrés secondairement
   – QIV reste inférieur chez les enfants traités
• Dosage de contrôle régulier (< 5mg/dl)
• Allègement secondaire du régime

                      !   Phénylcétonurie maternelle
Phénylcétonurie maternelle
• Allègement du régime    hyperphénylalaninémie
  modéré (seuil environ 10mg/dl)
• Risque embryofoetopathie non traitable
• Associe:
  – RCIU
  – Microcéphalie
  – Retard mental
  – Troubles du comportement avec hyperactivité
  – Malformations diverses (cardiaques, atrésie de
    l’œsophage, cataracte, strabisme)
  – Dysmorphie faciale
Phénylcétonurie: dépistage
            néonatal
• Test bactériologique de Guthrie
   – Simple, peu cher
   – Inhibition de la pousse de Bacillus subtilis, levée par la
     phénylalanine (taux en comparaison avec des disques témoins)

• Test fluorimétrique ++ (analyse spectro)
   – Très sensible, coûteux

• Taux < 4mg/dl
• Si >   confirmation par dosage sur CAA
Hyperphénylalaninémie atypiques
• Déficit partiel en PAH:
  – Activité résiduelle de PAH (1 – 5 %)
  – risque : Phénylcétonurie maternelle inconnue
• Hyperphénylalaninémie maligne
  – Insensible au régime
  – Anomalie système des bioptérines
• Transitoires
Hypothyroïdie congénitale
• 1/4000 ncs
• Rôle des hormones thyroïdiennes
  – Développement neuronal, maturation du
    SNC, avant 2 ans
  – Squelette et croissance (cartilage,
    ossification)
Hypothyroïdie congénitale: clinique
•   Signes néonataux: post-terme, retard élimination méconium, ictère
    prolongé

•   Signe principal (rarement visible avant 3 mois): cassure   staturo-
    pondérale

•   Autres:
     –   Hypotonie ++
     –   Macroglossie
     –   Dysmorphie faciale
     –   Voix rauque
     –   Constipation
     –   Marbrures

•   Retard mental et statural irréversible en l’absence de traitement
•   Lésions osseuses évocatrices avec retard majeur d’ossification
Hypothyroïdie congénitale:
            étiologies
• Dysgénésies thyroïdiennes (80%) surtout
  filles
  – Ectopie thyroïdienne (glande atrophique en
    position anormale)
  – Athyréose: aplasie thyroïdienne totale (signes
    précoces)
• Troubles de l’hormonosynthèse (15%)
  – Défaut enzymatiques
  – AR
Hypothyroïdie congénitale:
          dépistage et traitement
• Dépistage
   –   En même temps que celui de la phénylcétonurie
   –   A distance du pic néonatal de TSH (30 min de vie)
   –   Dosage de TSH par radioimmunologie (N<20µU/ml)
   –   Si > 50 µU/ml : hypothyroïdie certaine Bilan étiologique
   –   Entre 20 et 50 : contrôle avec T4

• Traitement
   –   Le plus précoce possible (7 -15 j) à vie
   –   L-thyroxine,
   –   Posologie initiale: entre 8 et 10 mg/kg/j
   –   Adaptation des doses en fonction de T4 TSH
   –   Pronostic excellent, efficience intellectuelle normale, parfois
       quelques trouble du langage.
Hyperplasie congénitale des
        surrénales: définition

• Déficit enzymatique touchant la biosynthèse
  stéroïdienne
• AR
• Incidence en France: 1/15000 (Arabie Saoudite: 1/5000)
• Le plus fréquent: Bloc en 21b-hydroxylase (forme
  classique) gène CYP21B.
• Retentissement sur la synthèse en minéralo et
  glucocorticoïdes
Hyperplasie congénitale des
     surrénales: voies métaboliques
 Cholestérol


Prégnénolone      17OH-prégnénolone    Déhydroépiandrostérone



Progestérone      17OH-prégnénologne      Androsténédione
         CYP21              CYP21
11-désoxy-
                   11-désoxycortisol
corticostérone


 Corticostérone


 Aldostérone           Cortisol            Androsténédione
Hyperplasie congénitale des
     surrénales: voies métaboliques
                                 Syndrome de perte de sel à la
                                 naissance (fille et garçon):
•   Bloque la synthèse de        •Déshydratation,
    cortisol et d’aldostérone
                                 •Collapsus --- > Décès en
                                 l’absence de ttt


                                 In utero
•   Déficit en cortisol :
•      Hypersecrétion foetale    Virilisation chez la fille: Ambiguïté
    d'ACTH par feed back         sexuelle périnatale (1/8)
•      Dérépression des gènes    Hyperpigmentation scrotale chez
    impliqués dans la synthèse
    des androgènes (seule des    le garçon
    trois voies possible).
Hyperplasie congénitale des
              surrénales
• Dépistage:
  – Dosage de la 17OH-progestérone par
    radioimmunologie (N>60nmol/l)
  – Si ≥ 60: bilan ionique en urgence
  – Faux positifs: prématuré

• Traitement
  –   Associe 9a-fluorocortisol et hydrocortisone
  –   A vie, adaptation des doses en fonction des stress
  –   Prise en charge chirurgicale des OGE chez les filles
  –   Traitement prénatal pour les prochaines filles

Depistage neonatal 1

  • 1.
    Dépistage néonatal aurelia.jacquette@psl.aphp.fr Cours DCEM 2 16 mai 2006
  • 2.
    Principe • Recherche systématique, •Chez tous les nouveaux-nés de la population générale ou d’une population à risque, • Une pathologie à révélation précoce, avant qu’elle n’entraîne des séquelles irréversibles
  • 3.
    Critères des pathologiesdépistées Maladie Dépistage • Difficile à identifier •Simple cliniquement •Fiable • Sévère • Séquelles en l’absence de •Reproductible traitement préventif •Adapté à l’enfant • Non exceptionnelle (au moins 1/20 000 ncs) •Prélèvement aisé • Thérapeutique efficace •Peu coûteux disponible
  • 4.
    5 maladies enFrance depuis 2003 • Phénylcétonurie • Hypothyroïdie congénitale • Hyperplasie congénitale des surrénales • Mucoviscidose • Drépanocytose (population ciblée)
  • 5.
    Méthode • Un seulprélèvement • Au troisième jour de vie • Scarification au talon • Recueil de goutte de sang sur papier buvard adapté • Taux de couverture national > 99%
  • 6.
    Phénylcétonurie: définition • Erreurinnée du métabolisme • Déficit en phénylalanine hydroxylase (PAH) • Autosomique récessive • Incidence: 1/17 000 • Phénylalanine: AA essentiel hydroxylé par PAH dans le foie en tyrosine • hyperphénylalaninémie
  • 7.
    Phénylcétonurie Acide Phénylalanine Dihydrobioptérine (BH2) phénylpyruvique Phénylalanine hydroxylase (PAH) Tyrosine Tétrahydrobioptérine (BH4) Dopamine Mélanine Protéines Cathécholamines
  • 8.
    Phénylcétonurie: clinique • Encéphalopathieprogressive sévère • Retard psychomoteur précoce, net dès 6 mois • Troubles du comportement avec automutilation, agressivité, traits psychotiques • Microcéphalie • Croissance staturopondérale conservée • Épilepsie • Eczéma • Odeur caractéristique de « nichée de souris » • Hypopigmentation
  • 9.
    Phénylcétonurie: biologie • Activitéde la PAH < 1% • Hyperphénylalaninémie > 20 mg/dl en régime normoprotéique • Augmentation acide phénylpyruvique urinaire (phénistix)
  • 10.
    Phénylcétonurie: génétique • Gènede la PAH en 12q22-q24, 90KB, 13 exons • Mutations ponctuelles (substitutions, splicing) • Touche plus fréquemment l’exon 7 (hot-spot)
  • 11.
    Phénylcétonurie: traitement • Régimehypoprotidique pauvre en phényalanine (< 350 mg/j) • De la naissance à 10 ans (maturation cérébrale) • +++ dans les premières années : étude de Griffiths et al. (2000) – Taux de phénylalanine à 2 ans : marqueur prédictif du QI, même si taux bien équilibrés secondairement – QIV reste inférieur chez les enfants traités • Dosage de contrôle régulier (< 5mg/dl) • Allègement secondaire du régime ! Phénylcétonurie maternelle
  • 12.
    Phénylcétonurie maternelle • Allègementdu régime hyperphénylalaninémie modéré (seuil environ 10mg/dl) • Risque embryofoetopathie non traitable • Associe: – RCIU – Microcéphalie – Retard mental – Troubles du comportement avec hyperactivité – Malformations diverses (cardiaques, atrésie de l’œsophage, cataracte, strabisme) – Dysmorphie faciale
  • 13.
    Phénylcétonurie: dépistage néonatal • Test bactériologique de Guthrie – Simple, peu cher – Inhibition de la pousse de Bacillus subtilis, levée par la phénylalanine (taux en comparaison avec des disques témoins) • Test fluorimétrique ++ (analyse spectro) – Très sensible, coûteux • Taux < 4mg/dl • Si > confirmation par dosage sur CAA
  • 14.
    Hyperphénylalaninémie atypiques • Déficitpartiel en PAH: – Activité résiduelle de PAH (1 – 5 %) – risque : Phénylcétonurie maternelle inconnue • Hyperphénylalaninémie maligne – Insensible au régime – Anomalie système des bioptérines • Transitoires
  • 15.
    Hypothyroïdie congénitale • 1/4000ncs • Rôle des hormones thyroïdiennes – Développement neuronal, maturation du SNC, avant 2 ans – Squelette et croissance (cartilage, ossification)
  • 16.
    Hypothyroïdie congénitale: clinique • Signes néonataux: post-terme, retard élimination méconium, ictère prolongé • Signe principal (rarement visible avant 3 mois): cassure staturo- pondérale • Autres: – Hypotonie ++ – Macroglossie – Dysmorphie faciale – Voix rauque – Constipation – Marbrures • Retard mental et statural irréversible en l’absence de traitement • Lésions osseuses évocatrices avec retard majeur d’ossification
  • 17.
    Hypothyroïdie congénitale: étiologies • Dysgénésies thyroïdiennes (80%) surtout filles – Ectopie thyroïdienne (glande atrophique en position anormale) – Athyréose: aplasie thyroïdienne totale (signes précoces) • Troubles de l’hormonosynthèse (15%) – Défaut enzymatiques – AR
  • 18.
    Hypothyroïdie congénitale: dépistage et traitement • Dépistage – En même temps que celui de la phénylcétonurie – A distance du pic néonatal de TSH (30 min de vie) – Dosage de TSH par radioimmunologie (N<20µU/ml) – Si > 50 µU/ml : hypothyroïdie certaine Bilan étiologique – Entre 20 et 50 : contrôle avec T4 • Traitement – Le plus précoce possible (7 -15 j) à vie – L-thyroxine, – Posologie initiale: entre 8 et 10 mg/kg/j – Adaptation des doses en fonction de T4 TSH – Pronostic excellent, efficience intellectuelle normale, parfois quelques trouble du langage.
  • 19.
    Hyperplasie congénitale des surrénales: définition • Déficit enzymatique touchant la biosynthèse stéroïdienne • AR • Incidence en France: 1/15000 (Arabie Saoudite: 1/5000) • Le plus fréquent: Bloc en 21b-hydroxylase (forme classique) gène CYP21B. • Retentissement sur la synthèse en minéralo et glucocorticoïdes
  • 20.
    Hyperplasie congénitale des surrénales: voies métaboliques Cholestérol Prégnénolone 17OH-prégnénolone Déhydroépiandrostérone Progestérone 17OH-prégnénologne Androsténédione CYP21 CYP21 11-désoxy- 11-désoxycortisol corticostérone Corticostérone Aldostérone Cortisol Androsténédione
  • 21.
    Hyperplasie congénitale des surrénales: voies métaboliques Syndrome de perte de sel à la naissance (fille et garçon): • Bloque la synthèse de •Déshydratation, cortisol et d’aldostérone •Collapsus --- > Décès en l’absence de ttt In utero • Déficit en cortisol : • Hypersecrétion foetale Virilisation chez la fille: Ambiguïté d'ACTH par feed back sexuelle périnatale (1/8) • Dérépression des gènes Hyperpigmentation scrotale chez impliqués dans la synthèse des androgènes (seule des le garçon trois voies possible).
  • 22.
    Hyperplasie congénitale des surrénales • Dépistage: – Dosage de la 17OH-progestérone par radioimmunologie (N>60nmol/l) – Si ≥ 60: bilan ionique en urgence – Faux positifs: prématuré • Traitement – Associe 9a-fluorocortisol et hydrocortisone – A vie, adaptation des doses en fonction des stress – Prise en charge chirurgicale des OGE chez les filles – Traitement prénatal pour les prochaines filles