Parcours de soins du patient
avec un pied diabétique
Fabien KOSKAS & Olivier BOURRON
Chirurgie Vasculaire
CHU Pitié-Salpêtrière
Paris
Généralités
• Chirurgie de plus en plus fréquente
• Définition
– Macro-angiopathie
– La micro-angiopathie est un autre problème…
Définition
• Trouble trophique du pied chez un diabétique
• Composantes :
– Artériopathie « diabétique »
– Neuropathie
– Infection
Diabète de type II
• 3 500 000 patients en France
• Forte prévalence des comorbidités
– HTA
– Surpoids androïde
– Hyperlipémies
Diabète de type I
• 500 000 patients en France
• Insulinodépendance d’emblée
• Evolution chronique : une vie de diabète
AOMI chez le diabétique
• Prévalence *3
• 20% des diabétiques > 60 ans
• Sex ratio = 1
Beks PJ; Diabetologia; 1995
Brand FN; Diabetes; 1989
Amputation majeure
• Risque * 10-20
• 50% des amputations
Nelson R G ; Diabetes Care; 1988 Nelson R.G.; Diabetes Care; 1988
Siitonen O.I.; Diabetes Care; 1993
Risque d’amputation = AOMI
0»
c
■
ê
□ D Infection +AOMI
■ C AOMI
■ B Infection
Armstrong, D.G.; Diabetes Care, 1998
Sur-risque cardiovasculaire
• Mortalité à 5 ans = 10-50%
• Evènements cardiovasculaires *3
Brand FN; Diabetes; 1989
Athérome diabétique
• Peu de différences microscopiques avec
l’athérome banal
• Topographie particulière
– Artères de distribution > artères de conduction
– Probablement une conséquence d’une
« neuropathie » artérielle
– Eréthisme artériel des axes non encore atteints
Athérome diabétique
• Fréquence de la médiacalcose
Kronmal RA et al. Circulation 2007
Raggi P et al. Hypertension 2005
• Localisation sous-poplitée particulière
Bishop PD et al Ann Vasc Surg Bishop PD et al. Ann Vasc Surg 2008
• Facteur de risque indépendant d’amputation
Nelson RG et al. Daibetes Care 1988
Carrington AL et al. Daibetes Care 2002
Guzman RJ et al J Am Coll Cardiol Guzman RJ et al. J Am Coll Cardiol
2008
Pertinence de l’anamnèse ?
• 2/3 des pieds diabétiques n’ont jamais eu de
claudication
• Moins de 50% claudiquent avec leur trouble
trophique
• La vascularisation du mollet est préservée du
fait de la distalité de l’atteinte artérielle
• Symptômes masqués par la neuropathie
Boyko E.J.; J Clin Epidemiol ;1997
Pertinence de l’examen ?
• 2 pouls non palpables :
– 65% de sensibilité
– 99% de spécificité
• 1/3 des diabétiques porteurs d’une
artériopathie symptomatique ont encore un
pouls palpable
McGee S.R.; Arch Int Med; 1988
Priollet P. ;Traité de diabétologie;1990
Particularités
• Les lésions artérielles
• Le contexte de ces lésions
• Les résultats de la chirurgie
Pertinence du trouble trophique ?
• Souvent non!
• Troubles trophiques sans AOMI fréquents
• Neuropathie = 90% des troubles trophiques
Pertinence des explorations ?
• IPS…
• TCPO2…
• Pléthysmographie du gros orteil…
• Echo-doppler
Influence de la neuropathie
Prédicteur de trouble
trophique à un an
chez 352 malades
Odds
ratio
P<
Déficit thermalgésique 3 0,002
Déficit au monofilament 5,5 0,0004
Litzelman D.K.; Diabetes Care; 1997
PRÉVENTION
Le parcours de soins du pied diabétique est essentiellement la
Prévention métabolique
• HbA1c ≤ 8%
• LDL < 0,7g/l
• TA < 140/90
• Contrôle de tous les FdR vasculaires
• Exercice physique … attention aux appuis
• IEC ?
Neuropathie
• La détecter = épreuve au monofilament au
moins tous les ans
• La qualifier et la quantifier
• Education thérapeutique
– « Mettre la main dans la chaussure avant le
chaussage »
– En attendant les chaussettes à capteurs
Prévention cardiovasculaire
• Echo-doppler total tous les ans
• Epreuve cardiaque non invasive à chaque
étape évolutive
– Echographie sous dobutamine = primo-dépistage
– Scintigraphie
– Remnographie
• Antiagrégant
• Réadaptation vasculaire à l’effort mais…
Podologie
• Comprendre et parfois corriger la statique du
pied
– Correction de certaines déformations
– Adaptation de la chaussure
• Elimination de l’hyperkératose
– Quicklime
– Soins podologiques
Cliniques du pied
• Multidisciplinaires
• Besoin de santé publique pour les
diabétiques (entre autres)
• Passage de tout diabétique au moins une fois
par an
LE PARCOURS DU PIED DIABÉTIQUE
CONSTITUÉ
Quand le trouble trophique apparait
Principes
• C’est la dispersion des soins qui conduit aux
retards et à l’échec
• Centres
– Multidisciplinaires
– Dédiés
– Permettant une appréciation quotidienne
– Hospitalisation, ambulatoire ou télémédecine
Stratégie
• Evaluer et traiter les composantes en
fonction de leur prédominance
– Neuropathique
– Ischémique
– Infectieuse
• En sachant leur intrication…
– Bourgeonnement = 150% du MB !
– Infection >200% du MB !
Détection de l’infection
• Ne pas attendre le syndrome septique
• Rechercher les signes locaux et loco-
régionaux
• Rechercher les infections et collections
profondes par l’échographie, la TDM ou l’IRM
• Prélèvements protégés en profondeur
• Etude de ces prélèvements par un
microbiologiste impliqué
Contrôle de l’infection
• Antibiothérapie
– Au minimum, la prophylaxie des anaérobies
– Au mieux ciblée sur des prélèvements pertinents
et guidée par le microbiologiste
• Anticoagulation (phlébites et artérites
septiques)
• Evacuation et drainage ouvert des collections
• Toutes les ostéoarthrites et les ténosynovites
nécrotiques exigent leur excision
L’évaluation vasculaire
• Tenir compte de la marge liée à
l’augmentation du MB due à l’infection et la
cicatrisation…
• Clinique et surtout Echo-Doppler
• Bilan des étages impliqués :
– Aorto-iliaque
– Ilio-fémoral
– Fémoro-poplité
– Jambier
– Podal
Stratégies de revascularisation
• Echo-doppler
– Etages cibles
– Autogreffons disponibles
– Gestion des comorbidités prioritaires
• Angioscanner
– Attention au timing
• Artériographie
• ARM ?
Méthodes de revascularisation
• Endovasculaire
– Angioplastie ± ballon actif ± cutting balloon
– Stents ± couverts ± actifs
– Durabilité à apprécier en fonction de l’objectif
• Chirurgie ouverte
– Efficacité en rapport avec l’invasivité
– Exige la prise en compte des comorbidités
– Exige souvent un matériau autogène
– « Dernière cartouche » ?
• Combinaisons
Après la revascularisation…
• Régularisations, amputations, appareillage
• Soins locaux
• Couvertures, greffes lambeaux
• L’hospitalisation prolongée en chirurgie pour
des soins locaux n’est plus possible…
• Développer des alternatives :
– Centres de cicatrisation
– Ambulatoire
– Télémédecine
% de décès selon diabète ou non
% DC D+ D- Total N p
Carotide 2,02 2,63 2,54 4615 NS
AAA 6,80 6,55 6,57 1735 NS
Carrefour 5,13 4,00 4,16 1683 NS
Statistique consécutive personnelle
Sauvetage de membre
selon diabète ou non
Statistique consécutive personnelle
% (N=478) D+ D- Total p
Jambe 2,07 6,91 5,44 0,05
Cuisse 7,59 8,11 7,95 NS
DC 5,52 5,71 5,65 NS
Conclusion
• La chirurgie vasculaire du diabétique est efficace
• Elle exige une approche globale de l’artériopathie
• Intégration de l’angiologue et du chirurgien dans un
contexte multidisciplinaire
• Exploration et éducation préventive des diabétiques
Conclusion
• Problème majeur de santé publique
• Tout diabétique doit être suivi par un
diabétologue
• Tout diabétologue doit avoir un centre
multidisciplinaire de pied diabétique à sa
disposition

Congrès SMMV Marrakech 2017

  • 1.
    Parcours de soinsdu patient avec un pied diabétique Fabien KOSKAS & Olivier BOURRON Chirurgie Vasculaire CHU Pitié-Salpêtrière Paris
  • 2.
    Généralités • Chirurgie deplus en plus fréquente • Définition – Macro-angiopathie – La micro-angiopathie est un autre problème…
  • 3.
    Définition • Trouble trophiquedu pied chez un diabétique • Composantes : – Artériopathie « diabétique » – Neuropathie – Infection
  • 4.
    Diabète de typeII • 3 500 000 patients en France • Forte prévalence des comorbidités – HTA – Surpoids androïde – Hyperlipémies
  • 5.
    Diabète de typeI • 500 000 patients en France • Insulinodépendance d’emblée • Evolution chronique : une vie de diabète
  • 6.
    AOMI chez lediabétique • Prévalence *3 • 20% des diabétiques > 60 ans • Sex ratio = 1 Beks PJ; Diabetologia; 1995 Brand FN; Diabetes; 1989
  • 7.
    Amputation majeure • Risque* 10-20 • 50% des amputations Nelson R G ; Diabetes Care; 1988 Nelson R.G.; Diabetes Care; 1988 Siitonen O.I.; Diabetes Care; 1993
  • 8.
    Risque d’amputation =AOMI 0» c ■ ê □ D Infection +AOMI ■ C AOMI ■ B Infection Armstrong, D.G.; Diabetes Care, 1998
  • 9.
    Sur-risque cardiovasculaire • Mortalitéà 5 ans = 10-50% • Evènements cardiovasculaires *3 Brand FN; Diabetes; 1989
  • 10.
    Athérome diabétique • Peude différences microscopiques avec l’athérome banal • Topographie particulière – Artères de distribution > artères de conduction – Probablement une conséquence d’une « neuropathie » artérielle – Eréthisme artériel des axes non encore atteints
  • 13.
    Athérome diabétique • Fréquencede la médiacalcose Kronmal RA et al. Circulation 2007 Raggi P et al. Hypertension 2005 • Localisation sous-poplitée particulière Bishop PD et al Ann Vasc Surg Bishop PD et al. Ann Vasc Surg 2008 • Facteur de risque indépendant d’amputation Nelson RG et al. Daibetes Care 1988 Carrington AL et al. Daibetes Care 2002 Guzman RJ et al J Am Coll Cardiol Guzman RJ et al. J Am Coll Cardiol 2008
  • 14.
    Pertinence de l’anamnèse? • 2/3 des pieds diabétiques n’ont jamais eu de claudication • Moins de 50% claudiquent avec leur trouble trophique • La vascularisation du mollet est préservée du fait de la distalité de l’atteinte artérielle • Symptômes masqués par la neuropathie Boyko E.J.; J Clin Epidemiol ;1997
  • 15.
    Pertinence de l’examen? • 2 pouls non palpables : – 65% de sensibilité – 99% de spécificité • 1/3 des diabétiques porteurs d’une artériopathie symptomatique ont encore un pouls palpable McGee S.R.; Arch Int Med; 1988 Priollet P. ;Traité de diabétologie;1990
  • 16.
    Particularités • Les lésionsartérielles • Le contexte de ces lésions • Les résultats de la chirurgie
  • 17.
    Pertinence du troubletrophique ? • Souvent non! • Troubles trophiques sans AOMI fréquents • Neuropathie = 90% des troubles trophiques
  • 18.
    Pertinence des explorations? • IPS… • TCPO2… • Pléthysmographie du gros orteil… • Echo-doppler
  • 19.
    Influence de laneuropathie Prédicteur de trouble trophique à un an chez 352 malades Odds ratio P< Déficit thermalgésique 3 0,002 Déficit au monofilament 5,5 0,0004 Litzelman D.K.; Diabetes Care; 1997
  • 25.
    PRÉVENTION Le parcours desoins du pied diabétique est essentiellement la
  • 26.
    Prévention métabolique • HbA1c≤ 8% • LDL < 0,7g/l • TA < 140/90 • Contrôle de tous les FdR vasculaires • Exercice physique … attention aux appuis • IEC ?
  • 27.
    Neuropathie • La détecter= épreuve au monofilament au moins tous les ans • La qualifier et la quantifier • Education thérapeutique – « Mettre la main dans la chaussure avant le chaussage » – En attendant les chaussettes à capteurs
  • 28.
    Prévention cardiovasculaire • Echo-dopplertotal tous les ans • Epreuve cardiaque non invasive à chaque étape évolutive – Echographie sous dobutamine = primo-dépistage – Scintigraphie – Remnographie • Antiagrégant • Réadaptation vasculaire à l’effort mais…
  • 29.
    Podologie • Comprendre etparfois corriger la statique du pied – Correction de certaines déformations – Adaptation de la chaussure • Elimination de l’hyperkératose – Quicklime – Soins podologiques
  • 30.
    Cliniques du pied •Multidisciplinaires • Besoin de santé publique pour les diabétiques (entre autres) • Passage de tout diabétique au moins une fois par an
  • 31.
    LE PARCOURS DUPIED DIABÉTIQUE CONSTITUÉ Quand le trouble trophique apparait
  • 32.
    Principes • C’est ladispersion des soins qui conduit aux retards et à l’échec • Centres – Multidisciplinaires – Dédiés – Permettant une appréciation quotidienne – Hospitalisation, ambulatoire ou télémédecine
  • 33.
    Stratégie • Evaluer ettraiter les composantes en fonction de leur prédominance – Neuropathique – Ischémique – Infectieuse • En sachant leur intrication… – Bourgeonnement = 150% du MB ! – Infection >200% du MB !
  • 34.
    Détection de l’infection •Ne pas attendre le syndrome septique • Rechercher les signes locaux et loco- régionaux • Rechercher les infections et collections profondes par l’échographie, la TDM ou l’IRM • Prélèvements protégés en profondeur • Etude de ces prélèvements par un microbiologiste impliqué
  • 35.
    Contrôle de l’infection •Antibiothérapie – Au minimum, la prophylaxie des anaérobies – Au mieux ciblée sur des prélèvements pertinents et guidée par le microbiologiste • Anticoagulation (phlébites et artérites septiques) • Evacuation et drainage ouvert des collections • Toutes les ostéoarthrites et les ténosynovites nécrotiques exigent leur excision
  • 37.
    L’évaluation vasculaire • Tenircompte de la marge liée à l’augmentation du MB due à l’infection et la cicatrisation… • Clinique et surtout Echo-Doppler • Bilan des étages impliqués : – Aorto-iliaque – Ilio-fémoral – Fémoro-poplité – Jambier – Podal
  • 38.
    Stratégies de revascularisation •Echo-doppler – Etages cibles – Autogreffons disponibles – Gestion des comorbidités prioritaires • Angioscanner – Attention au timing • Artériographie • ARM ?
  • 39.
    Méthodes de revascularisation •Endovasculaire – Angioplastie ± ballon actif ± cutting balloon – Stents ± couverts ± actifs – Durabilité à apprécier en fonction de l’objectif • Chirurgie ouverte – Efficacité en rapport avec l’invasivité – Exige la prise en compte des comorbidités – Exige souvent un matériau autogène – « Dernière cartouche » ? • Combinaisons
  • 45.
    Après la revascularisation… •Régularisations, amputations, appareillage • Soins locaux • Couvertures, greffes lambeaux • L’hospitalisation prolongée en chirurgie pour des soins locaux n’est plus possible… • Développer des alternatives : – Centres de cicatrisation – Ambulatoire – Télémédecine
  • 46.
    % de décèsselon diabète ou non % DC D+ D- Total N p Carotide 2,02 2,63 2,54 4615 NS AAA 6,80 6,55 6,57 1735 NS Carrefour 5,13 4,00 4,16 1683 NS Statistique consécutive personnelle
  • 47.
    Sauvetage de membre selondiabète ou non Statistique consécutive personnelle % (N=478) D+ D- Total p Jambe 2,07 6,91 5,44 0,05 Cuisse 7,59 8,11 7,95 NS DC 5,52 5,71 5,65 NS
  • 48.
    Conclusion • La chirurgievasculaire du diabétique est efficace • Elle exige une approche globale de l’artériopathie • Intégration de l’angiologue et du chirurgien dans un contexte multidisciplinaire • Exploration et éducation préventive des diabétiques
  • 49.
    Conclusion • Problème majeurde santé publique • Tout diabétique doit être suivi par un diabétologue • Tout diabétologue doit avoir un centre multidisciplinaire de pied diabétique à sa disposition