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                                                   Syndrome des antiphospholipides
                                                   E. Hachulla, L. Darnige, J. Arvieux

                                                   Le syndrome antiphospholipides (SAPL) est aujourd’hui reconnu comme l’une des plus fréquentes causes
                                                   de thrombophilie acquise, survenant le plus souvent dans le cadre d’un lupus érythémateux systémique
                                                   ou isolément (forme primaire). Ce syndrome associe des manifestations cliniques à type d’événements
                                                   thrombotiques récurrents (veineux ou artériels) ou des complications obstétricales variées, à la présence
                                                   durable d’anticorps antiphospholipides (aPL). Les aPL sont un groupe hétérogène d’autoanticorps,
                                                   traditionnellement subdivisés en lupus anticoagulant et anticorps anticardiolipine en fonction de la
                                                   méthode de détection, respectivement tests de coagulation dépendant des phospholipides et technique
                                                   immunoenzymatique utilisant la cardiolipine immobilisée. Les véritables cibles des aPL potentiellement
                                                   thrombogènes sont constituées, non par les phospholipides eux-mêmes, mais par des protéines
                                                   plasmatiques qui leur sont associées, particulièrement la b2-glycoprotéine 1 et la prothrombine.
                                                   L’amélioration du diagnostic et des approches thérapeutiques du SAPL passe par une meilleure
                                                   compréhension de l’origine et de la pathogénicité de ces anticorps. En raison d’un risque majeur de
                                                   récidive thrombotique dans les années qui suivent l’épisode initial, la prévention secondaire des
                                                   thromboses veineuses et artérielles par une anticoagulation prolongée est nécessaire. Sur les bases des
                                                   données bibliographiques récentes, l’objectif thérapeutique est d’avoir un international normalized ratio
                                                   (INR) compris entre 2 et 3, et au-delà en cas de récidive sous traitement par antivitamine K (AVK). Les
                                                   autres facteurs de risque cardiovasculaire associés (particulièrement hypertension, hypercholestérolémie,
                                                   tabac) doivent être corrigés, en évitant chez la femme d’utiliser les contraceptifs oraux contenant des
                                                   œstrogènes. L’association d’aspirine à faibles doses et d’héparine permet de prévenir les complications
                                                   obstétricales associées aux aPL, notamment les avortements spontanés.
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                                                   Mots clés : Syndrome des antiphospholipides ; Lupus anticoagulant ; Anticorps anticardiolipine ;
                                                   Thrombose




         Plan                                                                                                    ¶ Biologie                                                          9
                                                                                                                   Tests de coagulation                                              9
         ¶ Introduction                                                                                1           Tests immunologiques                                             10
                                                                                                                   Résultats et perspectives                                        10
         ¶ Historique                                                                                  2
                                                                                                                   En pratique                                                      11
         ¶ Physiopathologie                                                                            2
                                                                                                                 ¶ Traitement                                                       12
           Nouvelle conception des antiphospholipides                                                  2
                                                                                                                   Thrombose artérielle ou veineuse                                 12
           Complexes antigéniques et immunogénicité                                                    2
                                                                                                                   Syndrome obstétrical                                             12
           Modèles animaux de syndrome des antiphospholipides (SAPL)                                   3
                                                                                                                   Syndrome catastrophique                                          13
           Mécanismes d’action des anticorps antiphospholipides (aPL)                                  4
                                                                                                                   Athérosclérose et anticorps antiphospholipides (aPL)             14
         ¶ Épidémiologie                                                                               4
                                                                                                                 ¶ Prévention primaire des thromboses en cas d’anticorps
         ¶ Clinique                                                                                    5         antiphosppholipides (aPL) asymptomatiques                          15
           Thromboses veineuses                                                                        5
           Thromboses artérielles                                                                      5
           Manifestations cardiaques                                                                   6
           Syndrome obstétrical
           Syndrome catastrophique
                                                                                                       7
                                                                                                       8
                                                                                                                 ■ Introduction
           Manifestations cliniques sans support thrombotique apparent                                 9            Nos connaissances concernant le syndrome des antiphospho-
           Manifestations hémorragiques                                                                9         lipides (SAPL), le plus fréquent des états thrombophiliques
                                                                                                                 acquis, ont énormément progressé ces dernières années, ce dont
                                                                                                                 témoigne une abondante littérature. Plusieurs revues générales
                                                                                                                 lui sont consacrées [1-16], mais des controverses persistent, nous
                                                                                                                 conduisant à un certain nombre de simplifications.

         Hématologie                                                                                                                                                                 1
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13-022-C-10 ¶ Syndrome des antiphospholipides



          ■ Historique                                                                                           Tableau 1.
                                                                                                                 Situations cliniques auxquelles des antiphospholipides (aPL) peuvent être
             Il a été rapporté il y a plus de 50 ans, chez des patients                                          associés [26].
          atteints de lupus érythémateux systémique (LES), des cas de                                             SAPL primaire
          positivité dissociée de la sérologie syphilitique, liée au fait que
                                                                                                                  SAPL associé au LES
          le réactif du venereal disease research laboratory (VDRL) contient
          de la cardiolipine. C’est en 1963 qu’ont été décrits des cas de                                         Présence isolée d’aPL
          thromboses associées à un allongement des tests de coagulation                                          Sujets asymptomatiques, notamment entourage familial de SAPL
          lié à la présence d’un anticoagulant circulant de type lupique,                                         Maladies auto-immunes
          ou lupus anticoagulant (LA) [17]. L’association de fausses couches                                      LES sans SAPL
          répétées et d’événements thrombotiques en présence d’un LA a                                            Polyarthrite rhizomélique, maladie de Horton/pseudopolyarthrite
          été rapportée dès 1980 par Soulier et Boffa [18]. En 1983, Harris                                       rhizomélique, sclérodermie, syndrome de Gougerot-Sjögren,
          et al. [19] retrouvent dans le LES une association thrombose et                                         polychondrite, thrombopénie auto-immune, thyroïdite, sclérose en
          présence d’anticorps anticardiolipine (aCL) détectés par enzyme                                         plaques
          linked immunosorbent assay (Elisa). Entre 1983 et 1986, de                                              Traitement inducteur
          nombreuses publications font état de différentes manifestations
                                                                                                                  Procaïnamide, phénothiazines, hydantoïnes, quinidine, hydralazine,
          cliniques paraissant rattachées à ces différentes variétés d’anti-                                      b-bloquants, interféron a...
          corps antiphospholipides (aPL) : infarctus cérébral, thrombose
                                                                                                                  Infections
          des artères rénales ou hépatiques, hypertension artérielle
          pulmonaire (HTAP), thrombopénie, livedo, myélite transverse,                                            Viroses aiguës, VIH, hépatite C, syphilis, maladie de Lyme, tuberculose,
          syndrome de Guillain-Barré [20, 21] . Alors que la première                                             paludisme...
          conférence internationale sur les aPL a lieu à Londres en 1984,                                         Cancers solides, hémopathies malignes, immunoglobulines monoclonales
          le SAPL est finalement défini par Harris et al. en 1987 comme                                           Divers
          l’association d’au moins une manifestation clinique à une                                               Sarcoïdose, maladie de Crohn, spondylarthropathies, diabète
          anomalie biologique.                                                                                    insulinodépendant, insuffisance rénale terminale, insuffisance
                                                                                                                  hépatocellulaire aiguë, éthylisme chronique, maladie périodique,
                                                                                                                  stérilité, CIVD
                                                                                                                  Artériosclérose précoce et accélérée

               “      Point important                                                                            CIVD : coagulation intravasculaire disséminée ; SAPL : syndrome antiphos-
                                                                                                                 pholipides ; LES : lupus érythémateux systémique ; VIH : virus de l’immuno-
                                                                                                                 déficience humaine.
               Définition du syndrome des antiphospholipides
               selon Harris
               Association d’une manifestation clinique parmi :                                                  ■ Physiopathologie
               • thrombose veineuse
               • thrombose artérielle                                                                            Nouvelle conception des antiphospholipides
               • pertes fœtales répétées (≥ 2)
                                                                                                                    Ambigu mais consacré par l’usage, le terme générique d’aPL
               Avec :
                                                                                                                 désigne une famille très hétérogène d’autoanticorps reconnais-
               une anomalie biologique (au moins une) parmi :                                                    sant des phospholipides anioniques ou neutres (« vrais » aPL)
               • anticoagulant circulant antiprothrombinase (LA)                                                 et/ou des protéines qui leur sont associées, qu’elles soient
               • anticorps anticardiolipine (≥ 20 UGPL ou ≥ 20 UMPL)                                             plasmatiques ou endothéliales. Les aPL détectés dans les tests de
               • confirmée à deux reprises à au moins 8 semaines                                                  coagulation et immunologiques courants, LA et aCL respective-
               d’intervalle                                                                                      ment, servent de critères biologiques pour le diagnostic du SAPL
                                                                                                                 bien qu’ils possèdent une spécificité médiocre. Des aPL consi-
                                                                                                                 dérés comme un épiphénomène peuvent en effet se rencontrer
                                                                                                                 dans de nombreuses situations cliniques (Tableau 1) qui ne
             Le SAPL s’individualise du LES dans les années 1987-                                                s’accompagnent généralement pas de thrombophilie. Les aPL
          1988 pour rapidement gagner son autonomie. Les années                                                  présumés pathogènes (potentiellement thrombogènes) entrent
          1990 sont marquées par la découverte de « cofacteurs », protéi-                                        seuls dans le cadre des pathologies auto-immunes représentées
          nes associées aux phospholipides qui constitueraient en fait la                                        par le SAPL primaire ou secondaire au LES ; ils se caractérisent
          véritable cible des anticorps [22]. Parmi les différents cofacteurs                                    par une dépendance vis-à-vis de cofacteurs/cibles protéiques
          identifiés, la b2-glycoprotéine 1 (b2-GPI) est la principale cible                                     pour leur fixation in vitro et in vivo. La reconnaissance de
          des aCL et de certains LA. La présence chez certains malades                                           protéines liant les phospholipides telles que b2-GP1 (par les aCL
          ayant fait des thromboses récidivantes d’anticorps anti-b2-GPI                                         et une fraction des LA) et prothrombine (par certains LA), ou
          isolés a fait proposer le terme de syndrome des                                                        encore protéine C, protéine S, annexine V et kininogènes par
          antiphospholipides/cofacteur [23] . Cette situation apparaît                                           des aPL associés au SAPL mais non détectés par les tests usuels,
          néanmoins particulièrement rare.                                                                       a fait évoluer nos conceptions sur l’origine et la pathogénicité
             La fréquence des aCL dans la population générale et l’aug-                                          de ces anticorps [28].
          mentation de leur titre avec l’âge [24] peuvent amener à des
          diagnostics par excès. C’est pourquoi Alarcon-Segovia [25] a
          proposé des niveaux différents de probabilité diagnostique :
                                                                                                                 Complexes antigéniques et immunogénicité
          SAPL défini, probable et douteux selon le nombre de manifes-                                              Nous verrons dans le cadre du diagnostic biologique que la
          tations cliniques et les taux d’aPL. De nombreuses situations                                          détection directe des anticorps anti-b2-GPI et antiprothrombine
          cliniques peuvent s’accompagner d’aPL (Tableau 1), mais en                                             est possible en l’absence de tout phospholipide. Pour autant, ces
          dehors du SAPL primaire et des aPL associés au lupus, ces                                              derniers ne peuvent être relégués au second plan. Les phospho-
          anticorps sont rarement symptomatiques. Des aPL isolés,                                                lipides incriminés dans le SAPL sont des constituants ubiquitai-
          totalement asymptomatiques, peuvent être découverts à l’occa-                                          res des membranes cellulaires, organisés en bicouche et classés
          sion d’un bilan de coagulation préopératoire, d’une consultation                                       selon leur charge nette à pH physiologique. Cette charge est
          prénuptiale ou dans le cadre de l’enquête familiale d’un patient                                       négative pour la cardiolipine (CL) et la phosphatidylsérine,
          ayant un SAPL défini [26]. Il n’y a pas lieu de parler de SAPL en                                      neutre pour la phosphatidyléthanolamine (DE). La CL est
          l’absence d’événement thrombotique et/ou obstétrical. Les                                              présente dans la membrane interne mitochondriale et dans le
          critères révisés en 1998 dits de Sapporo ont fait l’objet au                                           plasma. Les deux autres sont des aminophospholipides séques-
          congrès de Sydney d’une actualisation récente [27] et sont                                             trés dans le feuillet interne de la membrane plasmique, puis
          rapportés plus loin.                                                                                   exposés à la surface de la cellule et des microparticules qui s’en

          2                                                                                                                                                                      Hématologie

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Syndrome des antiphospholipides ¶ 13-022-C-10



         Tableau 2.
         Mécanismes d’action potentiels des anticorps antiphospholipides (aPL)                    [32-38].


           Mécanismes                                                       Pathologie                                              Cibles des anticorps impliqués
           Clairance de complexes immuns                                    Syndrome LA-hypoprothrombinémie                         Prothrombine (anticorps de forte affinité)
           Inhibition de la voie de la protéine C :                         Thromboses veineuses
           – inhibition de l’activation de la protéine C                                                                            Thrombomoduline ?
                                                                                                                                    Prothrombine ?
           – inhibition de l’activité anticoagulante                                                                                Protéine C, protéine S, b2-GPI kininogènes, facteur
           de la protéine C                                                                                                         V b2-GPI
           – déficit fonctionnel en protéine S
           Inhibition de l’activité de l’antithrombine                      Thromboses veineuses                                    Protéoglycanes à héparine sulfate
                                                                                                                                    Héparine, b2-GPI
           Inhibition de l’activité anticoagulante                          Thromboses
           de la protéine Z [33]
           Inhibition de l’activité anticoagulante du TFPI           [34]                                                           b2-GPI
           Interférence avec la fonction de l’annexine V                    Obstétricale                                            b2-GPI, annexine V ?
           Inhibition de la fibrinolyse dépendant du FXII                   Athérome accéléré                                       b2-GPI
           Inhibition de l’activation du plasminogène             [35]                                                              Annexine II (A2) des cellules endothéliales


           Perturbation de cellules vasculaires           [1]               Obstétricale + thromboses (artérielles et veineuses)
           Fixation plaquettaire                                            Thrombopénie                                            Glycoprotéines plaquettaires, CD36 ?
           Activation plaquettaire                                                                                                  b2-GPI, kininogènes
           Déséquilibre des eicosanoïdes        [2]   :
           – production accrue de thromboxane                                                                                       ?


           – défaut de production de prostacycline                                                                                  Phospholipase A2 ?
           Activation des monocytes avec expression accrue                  Thromboses                                              b2-GPI
           de facteur tissulaire [37]
           Activation et/ou apoptose des cellules                                                                                   b2-GPI, annexine V ?
           endothéliales
           – expression accrue de facteur tissulaire
           – expression accrue de molécules d’adhésion
           – production accrue d’endothéline I
           – perte des propriétés antithrombotiques
           Effet procoagulant par augmentation de la fixation                                                                       Prothrombine (anticorps de faible affinité)
           de prothrombine aux cellules endothéliales [32]
           Activation du complément C3 et C5               [38]             Complications obstétricales, thromboses



         détachent après stimulation appropriée, à l’origine des réactions                                       • neutralisation du potentiel pathogène (procoagulant) de la
         enzymatiques en chaîne de la coagulation [29, 30]. Les lipopro-                                           phosphatidylsérine exposée [39] ;
         téines athérogènes (very low density lipoprotein [VLDL] et low                                          • perturbation de la clairance de particules étrangères, cellules
         density lipoprotein [LDL]) supportent également l’assemblage du                                           sénescentes ou apoptotiques comme l’ont suggéré plusieurs
         complexe prothrombinase et la génération de thrombine, et cet                                             études [4, 32] ;
         effet est augmenté par l’oxydation des acides gras insaturés de                                         • altérations des fonctions cellulaires [31].
         leurs phospholipides.
                                                                                                                 Modèles animaux de syndrome
            Les différentes possibilités d’assemblage de complexes protéo-
         lipidiques, par exemple du type enzyme-substrat-cofacteur                                               des antiphospholipides (SAPL) [3,                   4]


         catalyseur (facteur Xa-prothrombine-facteur VIII pour le com-                                              Si l’association d’aPL avec des manifestations telles que
         plexe prothrombinase), où plusieurs protéines sont physique-                                            thromboses ou avortements ne prouve naturellement pas un lien
         ment associées à l’interface phospholipidique et prises en charge                                       de causalité, le développement de plusieurs modèles murins de
         par la même cellule présentatrice d’antigène, seraient à l’origine                                      SAPL, spontanés et induits expérimentalement, plaide en faveur
         des associations d’anticorps contre plusieurs protéines liant les                                       du rôle pathogène de certains de ces anticorps. Des souches de
                                                                                                                 souris lupiques se caractérisent par une réduction de la taille des
         phospholipides, variables selon les malades. Il est actuellement
                                                                                                                 portées et une thrombopénie, conjointement à l’apparition d’aPL
         admis que la b2-GPI et autres protéines apparentées, liées à des
                                                                                                                 b2-GP1-dépendants. Le transfert passif d’aPL polyclonaux ou
         phospholipides rendus accessibles à la suite de l’activation ou de
                                                                                                                 monoclonaux (anti-b2-GPI) à des souris gestantes accroît le taux
         la mort cellulaire, représentent les cibles in vivo d’aPL. En outre,                                    de résorption fœtale et diminue le poids des placentas. Les
         certains aPL pourraient pénétrer dans les cellules vivantes et                                          aspects obstétricaux et peut-être neurologiques du SAPL peuvent
         interagir avec des structures intracellulaires telles que les                                           être reproduits chez la souris par immunisation active avec des
         endosomes tardifs [31]. Cela ne préjuge en rien des conséquences                                        aPL de malades (par perturbation du réseau idiotypique) ou de la
         pouvant découler d’une telle interaction :                                                              b2-GPI hétérologue. L’effet thrombogène des aPL a été démontré
         • induction ou aggravation d’un état thrombophilique ou de                                              en étudiant les caractéristiques du thrombus induit par pince-
            lésions athéromateuses par un ou plusieurs des mécanismes                                            ment de la veine fémorale chez des souris ayant préalablement
            résumés dans le Tableau 2 [32-38] ;                                                                  reçu des IgG aPL ou de la b 2 -GPI humaines. L’efficacité de

         Hématologie                                                                                                                                                                      3
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13-022-C-10 ¶ Syndrome des antiphospholipides



          nouvelles thérapeutiques (induction d’une tolérance orale à la                                         Tableau 3.
          b2-GPI par exemple) éventuellement transposables à l’homme                                             Caractéristiques de la b2-glycoprotéine I.
          peut être testée dans ces modèles animaux.                                                              Biochimie
             Il existe chez l’homme une association étroite entre la
                                                                                                                  1 chaîne de 326 acides aminés, fortement glycosylée (50 kD)
          présence d’aPL et les stigmates urinaires ou sanguins de peroxy-
                                                                                                                  5 domaines répétitifs (I-V)
          dation lipique et d’hypercoagulabilité. De plus, les malades
          souffrant de SAPL développent fréquemment une artériosclérose                                           1 séquence linéaire du domaine V = site de liaison aux phospholipides
                                                                                                                  anioniques et aux cellules
          précoce, ainsi que des anticorps anti-LDL oxydées, et une
          fraction des aPL reconnaîtrait des modifications oxydatives des                                         Polymorphisme allélique
          lipides et/ou de protéines associées dont la b2-GPI [40]. Les liens                                     Forte homologie de séquence entre espèces
          complexes unissant ces deux pathologies ont été corroborés                                              Concentration plasmatique = 200 mg/l environ (sauf déficit)
          chez la souris, d’une part dans l’un des modèles précédents de                                          Forme libre et forme associée aux lipoprotéines (apolipoprotéine H)
          SAPL par l’injection de LDL oxydées, d’autre part dans un                                               Interactions
          modèle d’athérome par l’immunisation avec de la b2-GPI [4].                                             Molécules chargées négativement : phospholipides, ADN, héparine
          Dans chacun des modèles, ces manipulations ont provoqué
                                                                                                                  Particules :
          l’aggravation de la maladie initiale, ce qui suggère le rôle des
                                                                                                                  – mitochondries, virus, corps apoptotiques
          anticorps anti-b 2 -GPI dans l’athérome, en accord avec la
          fixation préférentielle de la b2-GPI aux LDL sous forme oxydée                                          – plaquettes activées, lipoprotéine Lp(a)
          et à la prise en charge accrue de ces particules par les macro-                                         Cellules épithéliales : récepteurs d’endocytose (mégaline)
          phages en présence d’anticorps anti-b2-GPI [41].                                                        Fonctions
                                                                                                                  Inhibitrices in vitro :
          Mécanismes d’action des anticorps                                                                       – agrégation plaquettaire
                                                                                                                  – activation de la phase contact et de la prékallicréine
          antiphospholipides (aPL)
                                                                                                                  – génération des facteurs Xa et IIa
             Un grand nombre de mécanismes pathogéniques potentiels                                               – activité du facteur tissulaire
          des aPL ont été proposés à partir de systèmes in vitro contenant
                                                                                                                  – interaction entre protéine S et C4b binding protein
          sérum ou plasma et de populations d’aPL mal définies quant
                                                                                                                  – voie de la protéine C
          aux spécificités antigéniques reconnues (Tableau 2). Une
          réévaluation s’impose donc pour étayer l’hypothèse selon                                                In vivo :
          laquelle des autoanticorps particuliers (ou des combinaisons                                            – anticoagulante ?
          d’autoanticorps) expliqueraient la gamme des manifestations                                             – antiathérogène ?
          cliniques observées dans le cadre du SAPL. De plus, certains de                                         – opsonine ?
          ces anticorps ne sont probablement délétères qu’en présence
                                                                                                                 ADN : acide désoxyribonucléique.
          d’autres facteurs de risque associés (chirurgie, traumatisme,
          contraceptifs oraux, immobilisation prolongée, etc.). Étant
          donné l’hétérogénéité du système, il est possible que différents                                       qu’apparent et trouve, avec les mécanismes précédents, des
          mécanismes soient impliqués.                                                                           explications satisfaisantes. Les LA ne se manifestent en effet par
             Les anticorps anti-b2-GPI étant les plus étroitement liés aux                                       des troubles hémorragiques que dans le cas, assez rare, où ils
          complications thrombotiques, les caractéristiques biochimi-                                            s’accompagnent d’une thrombopénie sévère ou d’une hypo-
          ques et fonctionnelles de cette protéine méritent d’être                                               prothrombinémie acquise, traduction de la présence d’anticorps
          inventoriées (Tableau 3). L’affinité de la b 2 -GPI pour des                                           antiprothrombine de forte affinité se complexant avec la
          membranes riches en phosphatidylsérine, relativement faible                                            prothrombine circulante et l’éliminant.
          dans les conditions physiologiques de concentration saline et
          calcique, est fortement majorée en présence d’anticorps anti-b2-                                       ■ Épidémiologie
          GPI se fixant de façon bivalente par leur fragment Fab préféren-
          tiellement sur le domaine I de la b2-GPI après un changement                                              Si la prévalence du SAPL n’est pas aujourd’hui encore bien
          conformationnel [36]. Les complexes b2-GPI-anti-b2-GPI ainsi                                           connue, il semble exister une prédisposition génétique suggérée
          stabilisés à l’interface phospholipidique peuvent interférer avec                                      par certaines études familiales ou la découverte dans la famille
          la fixation d’autres protéines de la coagulation en affectant                                          d’un patient atteint de porteurs sains, voire d’autres cas de
          les mécanismes hémostatiques qui en dépendent [3]. À titre                                             SAPL. Certains sous-groupes HLA de classe II pourraient être
          d’exemple, les anticorps anti-b2-GPI et la b2-GPI pourraient, de                                       déterminants, mais apparaissent différents en fonction des
          manière synergique, inhiber les fonctions anticoagulantes de la                                        populations étudiées. Il existe de toute manière sans doute
          protéine C activée et de l’annexine V (protéine anticoagulante                                         plusieurs gènes de susceptibilité, des études de large cohorte
          placentaire I), à l’origine respectivement de thromboses veineu-                                       sont en cours [44].
          ses et d’infarctus placentaires. Formés à la surface de cellules                                          La série européenne constituée de 1 000 patients atteints de
          endothéliales, ces mêmes complexes b2-GPI-anti-b2-GPI indui-                                           SAPL nous apporte des données épidémiologiques plus précises de
                                                                                                                 cette pathologie. La cohorte comprend 82 % de femmes et 18 %
          sent leur activation, appréciée par la sécrétion d’interleukine 6,
                                                                                                                 d’hommes, d’âge moyen à l’entrée dans l’étude de 42 ans. Le sex-
          l’expression de molécules d’adhésion et l’adhérence de mono-
                                                                                                                 ratio F/H est moindre si le SAPL est primaire que s’il est associé
          cytes. Ces complexes divalents interagissent via le domaine V de
                                                                                                                 au LES (3,5 contre 7) [45]. Le SAPL est primaire dans 53,1 % des
          la b2-GPI avec un récepteur plaquettaire de la famille des LDL
                                                                                                                 cas, est associé au LES dans 36,2 % des cas et est associé plus
          récepteurs, l’ApoER2’ induisant une activation plaquettaire                                            rarement au lupus-like syndrome (5 %), au syndrome de Sjögren
          médiée par la voie de la Map38 kinase [42, 43]. C’est également                                        (2,2 %), à la polyarthrite rhumatoïde (1,8 %), à la sclérodermie
          par la voie de la Map38 kinase que ces anticorps induisent une                                         systémique (0,7 %), à la vascularite systémique (0,7 %) et aux
          augmentation de l’expression de facteur tissulaire par les                                             dermatomyosites (0,5 %). Au cours du LES, la prévalence du LA
          monocytes [37]. Par ailleurs, des anticorps antiprothrombine                                           varie de 12 à 30 % et celle des aCL de 15 à 34 % [46]. Un
          polyclonaux et monoclonaux majorent la fixation de                                                     authentique SAPL survient au cours du lupus chez environ 50 à
          prothrombine à des cellules endothéliales et la quantité de                                            70 % des patients ayant des aPL si le recul et le suivi vont
          thrombine générée dans ce système [32].                                                                jusque 20 ans [46]. S’il est classique de considérer que les patients
             Ainsi, le paradoxe entre l’allongement parfois considérable de                                      ayant un SAPL primaire sont à risque d’évoluer vers le LES, en
          certains tests de coagulation in vitro dû à l’interférence des LA                                      réalité, cette évolution est rare (8 % des cas après un suivi
          avec la fonction procoagulante des phospholipides (facteur                                             moyen de 8,2 ans) [47]. En analyse multivariée, seule la positivité
          limitant des étapes d’activation du facteur X et de la prothrom-                                       du test de Coombs était prédictive d’une évolution du
          bine) et l’augmentation du risque thrombotique in vivo n’est                                           SAPL primaire vers le LES (odds ratio [OR] = 66,4 ;

          4                                                                                                                                                                     Hématologie

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Syndrome des antiphospholipides ¶ 13-022-C-10



         IC 95 % = 1,6-2,714). Dans la population générale, la prévalence                                        Thromboses veineuses
         des aPL est de l’ordre de 5 %, tant pour le LA que pour les
         aCL [46, 48]. Chez le sujet âgé sain, cette prévalence des aCL à                                           Ce sont de loin les plus fréquentes. Les territoires profonds
         titre faible peut aller jusqu’à plus de 50 % alors que le LA reste                                      veineux des membres inférieurs sont plus souvent concernés,
         exceptionnel et constitue le meilleur marqueur biologique de                                            mais tous les sites sont possibles. L’attention doit être attirée
         SAPL chez le sujet âgé [49]. L’association SAPL et thrombose                                            vers un SAPL d’autant plus que la thrombose veineuse survient
         veineuse est bien établie, une méta-analyse soulignant que cette                                        dans un territoire inhabituel : veine cave supérieure ou infé-
         association est plus forte avec le LA qu’avec les aCL [50]. Si les                                      rieure, veines rénales, veines surrénales, veines mésentériques,
         études sont plus contradictoires pour la survenue de thromboses                                         veine porte ou veines sus-hépatiques, veines rétiniennes ou
         artérielles, chez le sujet jeune, la présence d’aPL constitue un                                        veines des sinus veineux cérébraux ou veines superficielles, en
         authentique facteur de risque de survenue d’un premier infarc-                                          l’absence de varices. La présence d’aPL constitue non seulement
         tus cérébral ou du myocarde [48, 51]. En rassemblant les données                                        un risque de premier épisode thrombotique veineux, mais aussi
         de la littérature publiées entre 1988 et 2000, associant les études                                     un risque important de récidive [53]. Associé au LES, le SAPL
         cas-contrôles, transversales, prospectives, Galli et al. [52] mon-                                      peut s’exprimer pour la première fois à tout âge. La thrombose
         trent que la présence d’un LA est significativement associée aux                                        veineuse est toujours multifactorielle, c’est pourquoi il ne
         infarctus cérébraux et aux thromboses veineuses profondes avec                                          faudrait pas, sous prétexte d’une grossesse, d’un alitement ou de
         un IC 95 % significatif et un odds-ratio entre 4,9 et 16,2. Pour                                        la prise d’œstroprogestatifs, négliger la recherche d’aPL si le
         les aCL, les études montrent une association au risque de                                               phénomène thrombotique survient avant l’âge de 50 ans et bien
         thrombose artérielle et/ou veineuse avec un OR allant jusqu’à                                           sûr si un LES est associé.
         3,66, mais un IC 95 % pas toujours significatif. Les travaux
         prenant en compte le titre des aCL ont pu cependant établir                                             Thromboses artérielles
         une relation effet-dose.
                                                                                                                    La thrombose peut concerner tous les territoires artériels quel
         ■ Clinique                                                                                              que soit le calibre vasculaire, des gros vaisseaux à la microcircu-
                                                                                                                 lation. Le système nerveux central est plus fréquemment
            La thrombose observée au cours du SAPL a la particularité de                                         concerné. Il peut s’agir d’accidents ischémiques transitoires ou
         survenir sur une paroi vasculaire saine, indemne de toute                                               constitués. Le territoire carotidien est plus souvent touché que
         infiltration cellulaire. Parfois, le thrombus se constitue sur une                                      le territoire vertébrobasilaire. Le syndrome de Sneddon est une
         lésion athéromateuse, les aPL apparaissent alors comme un                                               entité particulière du sujet jeune qui associe livedo et infarctus
         facteur précipitant. Tous les territoires vasculaires peuvent être                                      cérébral. Les aPL y sont présents près d’une fois sur deux et le
         touchés : artères (quel qu’en soit le calibre), artérioles, capillai-                                   risque de récidive est important en l’absence de traitement avec
         res, veinules, veines profondes ou veines superficielles. Cela                                          une évolution possible vers la démence vasculaire [54]. L’image-
         explique la diversité des tableaux cliniques observés (Tableau 4).                                      rie par résonance magnétique nucléaire (IRM) cérébrale avec

         Tableau 4.
         Multiples facettes cliniques du syndrome des antiphospholipides (SAPL)                    [46].


           Atteinte viscérale                       Atteinte thromboembolique des gros vaisseaux                                              Microangiopathie thrombotique
           Artérielle                               Thrombose de l’aorte, des artères axillaires, carotides, hépatiques, des axes
                                                    ilio-fémoro-mésentériques, des artères pancréatiques, poplitées, spléniques
                                                    ou des artères sous-clavières
           Cardiaque                                Angor, infarctus du myocarde, végétations valvulaires, anomalies valvulaires,             Infarctus du myocarde, microthrombi
                                                    thrombi intracardiaques, endocardite de Libman-Sacks, embolie périphérique,               myocardiques, myocardite, anomalies
                                                    athérosclérose                                                                            valvulaires
           Peau                                     Thrombophlébite superficielle, hémorragies en flammèche, ulcères                          Livedo réticulaire, gangrène
                                                    de jambe, ischémie cutanée distale, infarctus cutané, orteils pourpres,                   superficielle, purpural, ecchymoses,
                                                    acrocyanose                                                                               nodules sous-cutanés
           Glandes endocrines ou organes            Infarctus surrénal, insuffisance surrénale, infarctus testiculaire, infarctus
           de reproduction                          prostatique, nécrose de la glande pituitaire, de la glande hypophyse
           Appareil digestif                        Syndrome de Budd-Chiari, infarctus hépatique, infarctus intestinal, infarctus             Infarctus ou gangrène intestinal,
                                                    splénique, perforation œsophagienne, colite ischémique, infarctus de vésicule             hépatique, pancréatique ou splénique
                                                    biliaire sans maladie lithiasique, pancréatite, ascite
           Manifestations hématologiques            Thrombopénie, anémie hémolytique, syndrome hémolytique et urémique,                       CIVD (syndrome catastrophique
                                                    purpura thrombopénique thrombocytémique                                                   des antiphospholipides)
           Divers                                   Perforation de la cloison nasale et ostéonécrose aseptique
           Neurologique                             Accident ischémique transitoire, accidents cérébraux thrombotiques                        Microthrombi ou micro-infarctus
                                                    ou emboliques, chorée, convulsions, démence multi-infarctus, myélite
                                                    transverse, encéphalopathie, migraine, pseudo-tumor cerebri, thrombose
                                                    veineuse cérébrale, mononévrite multiple, amaurose transitoire
           Obstétricale                             Pertes fœtales, retard de croissance intra-utérin, HELLP syndrome, oligoamnios,
                                                    insuffisance utéroplacentaire, prééclampsie
           Ophtalmologique                          Thrombose des artères rétiniennes, thrombose des veines rétiniennes, amaurose             Rétinite
                                                    transitoire
           Pulmonaire                               Embolie pulmonaire, HTAP, thrombose artérielle pulmonaire ou hémorragies                  Syndrome de détresse respiratoire aiguë
                                                    alvéolaires                                                                               ou hémorragies alvéolaires
           Rénale                                   Thrombose des veines rénales, thrombose des artères rénales, infarctus rénal,             Insuffisance rénale aiguë par
                                                    hypertension, insuffisance rénale aiguë ou chronique, protéinurie, hématurie              microangiopathie thrombotique
                                                    ou syndrome néphrotique                                                                   ou hypertension artérielle
           Veineuse                                 Thrombose veineuse profonde des membres, thrombose veineuse surrénalienne,
                                                    hépatique, mésentérique de la veine porte, de la veine splénique ou de la veine
                                                    cave inférieure
         CIVD : communication intravasculaire disséminée ; HTAP : hypertension artérielle pulmonaire ; HELLP : haemolysis, elevated liver enzymes, low platelet count.


         Hématologie                                                                                                                                                                    5
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13-022-C-10 ¶ Syndrome des antiphospholipides



          Tableau 5.                                                                                             retrouvées sont assez similaires à celles observées au cours du
          Principales manifestations neurologiques associées aux anti-                                           LES : épaississement valvulaire, lésions nodulaires irrégulières,
          phospholipides (aPL) [9].                                                                              végétations, fuite ou sténose. L’atteinte valvulaire est d’autre
                                                                                                                 part significativement corrélée au titre des aCL. Les atteintes
           Atteinte vasculaire cérébrale :
                                                                                                                 valvulaires sont par fréquence surtout mitrales puis aorti-
           – accident ischémique transitoire
                                                                                                                 ques [62]. L’endocardite « verruqueuse atypique » de Libman-
           – infarctus cérébral                                                                                  Sachs, considérée comme caractéristique du LES, est aujourd’hui
           – encéphalopathie aiguë ischémique                                                                    plutôt assimilée à une atteinte liée aux aPL (cf. « Cœur et
           – thrombose veineuse cérébrale                                                                        lupus »).
           Épilepsie                                                                                                Le suivi évolutif des patients atteints de SAPL est aussi
           Céphalées                                                                                             particulièrement intéressant [62]. Dans ce travail, les auteurs ont
                                                                                                                 fait une échocardiographie transœsophagienne à 56 de leurs
           Chorée
                                                                                                                 patients atteints de SAPL, un épaississement valvulaire était
           Fibroses multiloculaires
                                                                                                                 retrouvé chez 34 d’entre eux (61 %), cinq avaient un aspect
           Myélite transverse                                                                                    d’endocardite de Libman-Sachs. Au cours des cinq années de
           Hypertension intracrânienne idiopathique                                                              suivi, trois patients sont décédés (un de complication hémorra-
           Autres manifestations neurologiques :                                                                 gique après valvuloplastie, un d’infarctus du myocarde et un de
           – perte auditive                                                                                      défaillance viscérale multiple avec coagulation intravasculaire
           – syndrome de Guillain-Barré                                                                          disséminée [CIVD]). À 5 ans, l’échocardiographie était inchan-
                                                                                                                 gée chez 30 patients (64 %) et de nouvelles anomalies étaient
           – ictus amnésique
                                                                                                                 retrouvées chez 17 patients (36 %). Les patients ayant des titres
           – syndromes oculaires                                                                                 élevés d’aCL étaient plus à risque de développer de nouvelles
           – syndrome dystonique, syndrome parkinsonien                                                          lésions cardiaques. Le traitement anticoagulant et les antiagré-
           Troubles des fonctions cognitives                                                                     gants plaquettaires apparaissent inefficaces pour prévenir de
           Démence                                                                                               nouvelles lésions ou pour faire régresser les lésions valvulaires
           Autres manifestations psychiatriques :                                                                existantes. Ni les corticoïdes ni les médicaments immunosup-
                                                                                                                 presseurs semblent pertinents dans cette indication [61]. Parfois,
           – dépression
                                                                                                                 l’atteinte valvulaire est sévère et nécessite un remplacement
           – psychose                                                                                            valvulaire, cela concerne environ 4 à 6 % des patients. Le risque
                                                                                                                 chirurgical apparaît élevé puisque la mortalité immédiate est de
          séquences T2 et séquences fluid attenuated inversion recovery                                          l’ordre de 20 % [63]. Comme pour les atteintes valvulaires du
          (FLAIR) est l’examen de choix pour mettre en évidence les                                              LES, une antibiothérapie prophylactique est recommandée avant
          infarctus cérébraux (parfois silencieux). L’IRM retrouve aussi                                         tout soin dentaire, tout acte portant sur les voies aériennes
          assez fréquemment des hypersignaux de petite taille (de signifi-                                       supérieures ou toute procédure chirurgicale dès lors qu’il existe
          cation incertaine) dans la substance blanche corticale ou sous-                                        une atteinte valvulaire significative cliniquement ou à
          corticale [55] et plus rarement une atrophie cérébrale. Les aPL                                        l’échographie.
          sont reconnus aujourd’hui comme un véritable facteur de risque
          indépendant d’accident ischémique cérébral [56] avec un risque                                         Manifestations coronariennes
          important de récidive rapidement après un premier épisode en                                              Les atteintes coronaires observées au cours du SAPL relèvent
          l’absence de traitement [57]. Ce risque chez un individu donné                                         de deux mécanismes principaux la thrombose et l’athérosclérose
          est huit fois plus élevé lorsque des aPL sont présents [58]. De                                        accélérée. Dans une étude portant sur 4 081 hommes sains d’âge
          nombreuses manifestations neurologiques ont été rapportées                                             moyen, Vaarala et al. avaient montré que la présence d’un titre
          associées aux aPL (Tableau 5). Toutes les manifestations rappor-                                       élevé d’aCL était un facteur de risque indépendant de survenue
          tées n’ont cependant pas un support thrombotique, il s’agit                                            d’infarctus du myocarde (IDM) ou de décès d’origine cardiaque.
          parfois de simple association comme par exemple au cours de                                            Ce risque relatif était de l’ordre de 2,0. C’est un risque indépen-
          la fibrose multiloculaire [59] . En cas d’infarctus cérébral, le                                       dant des facteurs confondants comme l’âge, le tabac, la pression
          mécanisme peut être embolique à point de départ cardiaque                                              artérielle, le taux de LDL ou de high density lipoprotein (HDL). La
          (cf. paragraphe « Manifestations cardiaques »). L’échodoppler                                          prévalence des aPL chez des patients faisant un IDM est de
          cardiaque fait donc partie des examens nécessaires et indispen-                                        l’ordre de 5 à 15 % [64]. La persistance d’un titre élevé d’aCL
          sables dans le SAPL avec thrombose artérielle.                                                         constitue même un facteur de risque indépendant de récidive
                                                                                                                 d’événement cardiaque conférant un risque relatif équivalent à
          Manifestations cardiaques                                                                              celui d’un tabagisme actif ou d’un diabète [65]. Si la recherche
             Les principales manifestations cardiaques rapportées en                                             systématique d’aPL chez tout patient faisant un IDM n’est pas
          association aux aPL sont les anomalies valvulaires, les thrombo-                                       indiquée, en revanche, elle est nécessaire dans les conditions
          ses coronaires et l’athérosclérose coronaire, les hypertrophies                                        suivantes : sujet âgé de plus 45 ans, antécédents de thrombose
          ventriculaires et dysfonctions ventriculaires, les thrombi                                             artérielle ou veineuse ou de perte fœtale à répétition, et sujets
          intracardiaques, l’hypertension artérielle pulmonaire et les                                           ayant des antécédents familiaux de maladies auto-immunes, en
          complications cardiaques du syndrome catastrophique du SAPL.                                           particulier le lupus.
                                                                                                                    En outre, il a été retrouvé une corrélation entre le titre des
          Atteintes valvulaires                                                                                  aCL et les anticorps anti-LDL oxydés. Les anticorps anti-LDL
             L’atteinte valvulaire cardiaque est la plus fréquente des                                           oxydés sont considérés comme des marqueurs d’athérosclérose.
          manifestations cardiaques. Elle est décrite chez 11,6 % des                                            La présence d’aCL et d’anticorps anti-LDL oxydés semble
          1 000 patients de l’étude Euro-APS [45, 60] , soulignant la                                            conférer à ces deux anticorps un risque additif d’IDM.
          fréquence d’une telle atteinte au cours du SAPL primaire et                                               La présence d’anticorps anti-LDL oxydées a pu être confirmée
          rapportant 32 à 38 % de lésions valvulaires pour moins de                                              au cours du SAPL primaire ou secondaire au LES soulignant
          5 % des témoins. Dans cette même étude, les résultats pour                                             l’importance des phénomènes d’athérosclérose chez ces patients.
          le SAPL secondaire au LES sont comparables et retrouvent 14                                            Ces phénomènes d’athérosclérose sont vraisemblablement
          à 65 % d’atteintes valvulaires contre 0 à 40 % chez les                                                secondaires à la réaction croisée entre aCL et anti-LDL oxydées,
          témoins.                                                                                               à l’internalisation des LDL oxydées en présence d’anticorps anti-
             En utilisant l’échographie transœsophagienne, technique plus                                        b2-GP1 et aux immuns complexes formés qui sont, eux aussi,
          sensible pour dépister les atteintes valvulaires, Turiel et al.                                        internalisés par les macrophages dans la paroi endothéliale,
          retrouvaient des anomalies valvulaires chez 31 des 40 patients                                         aggravant le développement de la plaque d’athérome. Par
          étudiés atteints de SAPL (82 %). Plusieurs études ont montré                                           ailleurs, en particulier au cours du LES, des anticorps anti-HDL
          une forte association entre l’existence de lésions valvulaires et                                      ont pu être mis en évidence [66]. Leur titre est inversement
          la survenue d’infarctus cérébraux [61]. Les anomalies valvulaires                                      corrélé à l’activité de la paraoxonase, enzyme diminuant la

          6                                                                                                                                                              Hématologie

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Syndrome des antiphospholipides ¶ 13-022-C-10



         peroxydation lipidique et donc la formation de la plaque                                                fréquence des aPL chez les patients porteurs d’une hypertension
         d’athérome. L’activité de cette enzyme est abaissée chez les                                            pulmonaire postembolique varie entre 10 et 20 %. Au cours du
         patients porteurs d’aCL dans plusieurs études, qu’ils aient un                                          LES, l’hypertension pulmonaire est significativement associée
         SAPL primaire ou secondaire [66]. De plus, au cours du LES avec                                         aux aPL [25]. De plus, ces aPL ne semblent pas être simplement
         aPL, on note un profil proathérogène associant une baisse du                                            satellites de l’hypertension pulmonaire comme le suggère leur
         HDL-cholestérol et de l’apolipoprotéine A1 qui est vraisembla-                                          fréquence bien plus élevée en présence d’une hypertension
         blement lié à une activité anti-HDL et anti-ApoA1 des ACL [67].                                         pulmonaire postembolique qu’en présence d’une HTAP idiopa-
            Une insuffisance coronarienne est aussi possible, elle peut                                          thique. Plus rarement, une hypertension artérielle portopulmo-
         précéder ou suivre la survenue d’un IDM [64]. Un angor instable                                         naire ou une hypertension pulmonaire par maladie veino-
         peut aussi être un mode de présentation du SAPL. Dans l’étude                                           occlusive peut aussi survenir chez des patients ayant des
         Euro-APS portant sur 1 000 sujets, les signes d’angor étaient                                           aPL [69]. Le sombre pronostic des hypertensions pulmonaires
         retrouvés chez 2,7 % des patients [45].                                                                 postemboliques observées au cours du SAPL nécessite une forte
                                                                                                                 anticoagulation (INR ≥ 3).
         Hypertrophie et dysfonction ventriculaire                                                                  La thromboendartériectomie pulmonaire semble avoir sa
           Les données concernant le SAPL et la fonction ventriculaire                                           place s’il existe une atteinte proximale. L’évolution bien
         sont peu nombreuses.                                                                                    souvent fatale [70] justifie, en l’absence d’indication opératoire,
         Fonction ventriculaire droite                                                                           l’utilisation du bosentan (antagoniste des récepteurs de l’endo-
                                                                                                                 théline), voire de l’époprosténol.
            Tektonidou et al. en 2001 [68] soulignent que les patients
         porteurs d’un SAPL primaire ou secondaire au LES ont une                                                Cas particulier du syndrome catastrophique
         altération significative de la fonction diastolique du ventricule
                                                                                                                 des antiphospholipides
         droit, en particulier pour le SAPL primaire. De plus, l’ancienneté
         du SAPL, la présence d’une hypertension pulmonaire, le titre                                               Il existe une forme bien particulière de syndrome des anti-
         d’aCL IgG sont corrélés positivement à l’altération de la                                               phospholipides, le syndrome catastrophique qui touche moins
         fonction diastolique du ventricule droit.                                                               de 1 % des SAPL (voir infra). À ce jour, plus de 200 cas ont été
                                                                                                                 répertoriés. Contrairement à la forme classique, il s’exprime par
         Fonction ventriculaire gauche                                                                           une défaillance multiviscérale secondaire à une atteinte throm-
            Au cours du SAPL primaire, il existe aussi des anomalies de                                          botique diffuse de la microcirculation. Une atteinte cardiaque
         la fonction diastolique du ventricule gauche, ainsi que de son                                          est présente chez 51 % des patients surtout à type d’atteinte
         remplissage. Cependant, ces résultats doivent être considérés                                           valvulaire (mitrale ou aortique). Des signes d’infarctus du
         avec prudence, d’autres facteurs confondants existent que ce                                            myocarde sont retrouvés chez 25 % des patients, une insuffi-
         soit les valvulopathies associées ou l’ischémie coronarienne.                                           sance cardiaque chez 3 % d’entre eux. La survie n’étant que de
            On a décrit au cours du SAPL primaire des thromboses de la                                           l’ordre de 50 %, la prise en charge thérapeutique doit être
         microcirculation myocardique à l’origine de tableaux d’IDM à                                            agressive, associant une héparinothérapie, une corticothérapie à
         coronarographie normale. Ces thromboses du réseau microcir-                                             forte dose, des immunoglobulines polyvalentes, voire des
         culatoire peuvent entraîner une hypertrophie myocardique et                                             échanges plasmatiques.
         une dysfonction myocardique. Bien entendu, les atteintes
         valvulaires sont aussi une cause possible d’hypertrophie et de
         dysfonction ventriculaire, de même que les accidents throm-                                             Syndrome obstétrical
         boemboliques peuvent être source de défaillance ventriculaire                                               La forme obstétricale du SAPL, en général conséquence de
         droite.                                                                                                 l’ischémie placentaire, est aujourd’hui bien individualisée et se
            Sur le plan thérapeutique, le traitement doit être symptoma-                                         caractérise par des pertes fœtales, embryonnaires, mais peut
         tique, c’est-à-dire qu’il doit traiter l’hypertension artérielle, la                                    aussi donner un tableau clinique d’éclampsie [71]. Les critères
         défaillance myocardique et l’atteinte coronaire.                                                        diagnostiques ont été précisés à l’occasion de la conférence de
                                                                                                                 Sapporo et adaptés récemment (Tableau 6) [72]. Tant dans les
         Thrombus intracardiaque                                                                                 modèles expérimentaux animaux que chez la femme enceinte,
            Au cours du SAPL, qu’il soit primaire ou secondaire au LES,                                          l’ischémie placentaire est liée à des infarctus localisés. Les
         des thrombi intracardiaques peuvent se développer dans toutes                                           anticorps anti-b 2 -GPI sont de plus capables de provoquer
         les cavités cardiaques. C’est une manifestation rare, rapportée                                         expérimentalement des pertes fœtales [73] et les aPL
         dans seulement 0,4 % dans l’étude Euro-APS [45].                                                        b2-dépendants ou indépendants peuvent gêner l’implantation
            Les thrombi intracardiaques sont habituellement retrouvés à                                          normale dans l’utérus des cellules trophoblastiques. Les femmes
         l’occasion d’une complication embolique. Les cavités droites                                            porteuses d’aPL qui ont fait une première perte fœtale ont
         sont plus souvent concernées que les gauches, à l’inverse des                                           moins de 10 % de chance de mener spontanément une gros-
         atteintes valvulaires. Si les aPL contribuent à la formation de ces                                     sesse ultérieure à terme. En revanche, avec l’association aspirine-
         thrombi, le mécanisme précis de leur formation est peu clair.                                           héparine, les chances de succès de mener à bien une grossesse
         L’échographie transœsophagienne peut être mise en défaut car                                            atteignent 80 % [74]. Parmi les femmes qui ont eu des fausses
         les thrombi des cavités droites sont parfois difficiles à bien                                          couches à répétition, environ 15 % ont des aPL. Leur rattache-
         repérer. En outre, il peut être impossible de les différencier du                                       ment au SAPL paraît discutable, surtout s’il n’existe que des aCL
         myxome, dans ce cas, l’imagerie par résonance magnétique                                                isolés à taux faibles. La relation avec le SAPL est plus probable :
         (IRM) cardiaque est utile. Après injection de gadolinium, le                                            • si l’interruption de grossesse survient au cours du 2e trimes-
         myxome se rehausse en T2 habituellement, alors que le throm-                                                tre ;
         bus non.                                                                                                • si les aPL persistent à un titre élevé ;
            La découverte d’un thrombus intracardiaque amène à propo-                                            • si l’analyse du placenta montre des lésions de vasculopathies
         ser une anticoagulation « agressive » qui peut permettre la                                                 thrombotiques avec infarctus [75].
         disparition complète du thrombus. Dans le cas contraire, une                                                Le risque relatif de prééclampsie chez la femme atteinte de
         exérèse chirurgicale peut être nécessaire, mais les risques                                             SAPL est de 9,7. Le doppler utéroplacentaire est un bon outil
         chirurgicaux chez ces patients amènent à avoir une attitude                                             prédictif de ce risque. La persistance de résistance élevée dans le
         plutôt attentiste en maintenant s’il le faut l’héparine en                                              réseau vasculaire utérin est fortement corrélée au risque de
         intraveineux (i.v.) pendant 15 jours à 3 semaines. Ces patients                                         prééclampsie, ainsi que la présence en doppler d’incisure
         nécessitent ultérieurement un traitement par AVK au long cours.                                         protodiastolique (ou notch) [76] . L’échodoppler des artères
                                                                                                                 utérines réalisé entre la 22e et la 24e semaine d’aménorrhée a
         Hypertension artérielle pulmonaire                                                                      une sensibilité de 25 % et une spécificité de 94 %, une valeur
            La fréquence de l’hypertension pulmonaire est estimée à                                              prédictive positive de 40 % et une valeur prédictive négative de
         1,8 % des SAPL secondaires au LES et à 3,5 % des SAPL primai-                                           89 % pour la survenue d’une prééclampsie en cas de présence
         res. Cette fréquence est de 2,2 % dans Euro-APS [45]. Il s’agit le                                      de notchs bilatéraux. Il est vraisemblable que certains cas de
         plus souvent d’une hypertension pulmonaire postembolique. La                                            HELLP syndrome (haemolysis, elevated liver enzymes, low

         Hématologie                                                                                                                                                                   7
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13-022-C-10 ¶ Syndrome des antiphospholipides



          Tableau 6.
          Critères actualisés préliminaires de Sapporo de classification du syndrome des antiphospholipides (SAPL) [27, 72].
           Critères cliniques          1. Thrombose vasculaire
                                       Au moins un épisode de thrombose veineuse ou artérielle ou des petits vaisseaux dans n’importe quel organe. La thrombose doit être
                                       confirmée par des méthodes objectives validées (imagerie ou histologie). En cas de confirmation histologique, la thrombose doit être
                                       présente sans signe inflammatoire de la paroi vasculaire.
                                       2. Morbidité obstétricale
                                       a. Une ou plusieurs pertes fœtales survenant à 10 semaines de grossesse ou au-delà, le fœtus étant morphologiquement normal
                                       sur les données d’ultrasons ou lors de l’examen direct.
                                       b. Une ou plusieurs naissances prématurées d’un nouveau-né morphologiquement normal avant la 37e semaine de grossesse, suite :
                                       (i) à une éclampsie ou à une sévère éclampsie ou (ii) à une insuffisance placentaire documentée.
                                       OU
                                       c. 3 avortements spontanés ou plus survenant avant 10 semaines de grossesse après exclusion de toutes causes anatomiques
                                       ou hormonales maternelles et de toutes causes chromosomiques d’origine parentale.
           Critères biologiques        1. Présence d’un lupus anticoagulant à au moins 2 déterminations espacées d’au moins 12 semaines.
                                       2. Présence d’anticorps anticardiolipine (aCL) de type IgG ou de type IgM dans le sérum ou dans le plasma à des titres intermédiaires
                                       ou élevés (c’est-à-dire > 40 U GPL ou MPL, ou > 99e percentile), à 2 occasions au moins espacées d’au moins 12 semaines, utilisant
                                       une méthode Elisa standardisée.
                                       3. Présence d’anticorps anti-b2-GPI IgG ou IgM dans le sérum ou dans le plasma (à un titre > 99e percentile), à au moins 2 occasions
                                       espacées d’au moins 12 semaines, utilisant une méthode Elisa standardisée.
           Le diagnostic ne peut être retenu s’il y a moins de 12 semaines ou plus de 5 ans entre les manifestations cliniques et la positivité
           des antiphospholipides.
           La présence de facteurs thrombophiliques héréditaires ou acquis n’élimine pas le diagnostic de SAPL. Cependant, on peut identifier deux sous-groupes
           de SAPL :
           – présence
           – absence de facteur de risque surajouté de thrombose
           À titre indicatif, ces facteurs de risque sont : l’âge > 55 ans chez l’homme et > 65 ans chez la femme, présence d’un facteur de risque cardiovasculaire (HTA,
           diabète, augmentation des LDL ou taux bas d’HDL cholestérol, tabac, antécédents familiaux de maladie cardiovasculaire précoce, IMC ≥ 30,
           microalbuminurie, filtration glomérulaire < 60 ml/min), thrombophilie héréditaire, prise d’estroprogestatifs, syndrome néphrotique, cancer, immobilisation,
           chirurgie.
           L’existence de thrombose veineuse superficielle n’est pas considérée comme un critère diagnostique.
           Les patients atteints de SAPL doivent être classés en différentes catégories :
           – catégorie I : plus d’un critère biologique présent (quelle que soit la combinaison)
           – catégorie IIa : lupus anticoagulant présent isolément
           – catégorie IIb : anticorps anticardiolipine présents isolément
           – catégorie IIc : anticorps anti-b2-GPI présents isolément
          LDL : low density lipoprotein ; HDL : high density lipoprotein ; IMC : indice de masse corporelle ; HTA : hypertension artérielle ; IgG : immunoglobuline G ; Elisa : enzyme linked
          immunosorbent assay.


          platelet count syndrome) soient liés aux aPL. Cette variété de                                         Tableau 7.
          microangiopathie thrombotique, classiquement reliée à un état                                          Principales manifestations cliniques du syndrome catastrophique des
          prééclamptique, associe hémolyse, cytolyse hépatique et throm-                                         antiphospholipides (Asherson RA, Cervera R, Piette JC, Shoenfeld Y,
          bopénie. Les femmes ayant fait un SAPL obstétrical semblent                                            Espinosa G, Petri MA, et al. Medicine [Baltimore] 2001;80:355-77).
          constituer un groupe à risque de survenue d’accident thrombo-
          tique artériel ou veineux ultérieur. Certains auteurs conseillent                                                                        Pourcentage
          de maintenir l’aspirine après la grossesse si le tableau biologique                                     Atteinte cardiopulmonaire        25 %
          reste caractéristique [77].                                                                             Dyspnée ou insuffisance          13 %
                                                                                                                  respiratoire aiguë
          Syndrome catastrophique                                                                                 Douleurs thoraciques             5%
             Le syndrome catastropique des aPL est une forme particu-                                             Embolie pulmonaire               4%
          lière de SAPL caractérisée par une défaillance multiviscérale                                           Insuffisance cardiaque           3%
          liée à une microangiopathie thrombotique. Le tableau clini-                                             Infarctus du myocarde            1%
          que s’installe en quelques jours ou en quelques semaines.                                               Atteinte du système nerveux      22 %
          Asherson et al. rapportent les données cliniques et épidémio-                                           central
          logiques de ce syndrome à partir de 80 cas publiés (Asherson
                                                                                                                  Douleurs abdominales             14 %
          RA, Cervera R, Piette JC, Shoenfeld Y, Espinosa G, Petri MA,
          et al. Medicine [Baltimore] 2001;80:355-77). Il s’agit de                                               Atteinte rénale                  14 %
          femmes dans 79 % des cas, l’âge moyen est de 37 ans, dans                                               Insuffisance rénale              13 %
          46 % des cas un lupus systémique est associé, dans 41 % des                                             Hématurie                        1%
          cas il s’agit d’un SAPL primaire (6 % de lupus-like syndrome,                                           Atteinte cutanée                 9%
          3 % de sclérodermie systémique, 1 % de polyarthrite rhuma-                                              Nécrose digitale ou gangrène     5%
          toïde, 1 % de polychondrite atrophiante et 1 % de rectocolite                                           Ulcères                          3%
          hémorragique). Un facteur précipitant est retrouvé dans 65 %
                                                                                                                  Purpura                          1%
          des cas : infections : 35 % des cas ; intervention chirurgicale,
          traumatisme : 13 % ; cancer : 8 % ; réduction des doses d’anti-                                         Fièvre                           10 %
          coagulant ou INR bas : 8 % ; complications obstétricales : 6 % ;                                        Autres manifestations
          poussées lupiques : 5 % ; contraceptifs oraux : 3 %. La présen-                                         Douleurs des jambes              4%
          tation clinique de ces cas est rapportée dans le Tableau 7.                                             Thrombose artérielle             1%
             Quatre-vingt-six pour cent des patients avaient des aCL IgG                                          Thrombose viscérale multiple     1%
          et 68 % un LA. Une anémie hémolytique était constatée dans                                              Insuffisance surrénale           1%
          39 % des cas, une thrombopénie dans 60 % des cas, des

          8                                                                                                                                                                    Hématologie

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Syndrome des antiphospholipides ¶ 13-022-C-10



         Tableau 8.                                                                                              Manifestations hémorragiques
         Critères préliminaires de classification du syndrome catastrophique des
         antiphospholipides [78].                                                                                   L’infarctus hémorragique de la glande surrénale (par throm-
                                                                                                                 bose veineuse surrénale) est à l’origine d’un syndrome doulou-
           Critères                                                                                              reux abdominal ou lombaire. Plusieurs cas ont été rapportés au
           1. Mise en évidence de l’atteinte d’au moins 3 organes, systèmes et/ou                                cours du SAPL [84-86]. Les formes bilatérales peuvent entraîner un
           tissus a                                                                                              hypocorticisme définitif qui peut être un mode inaugural du
           2. Survenue simultanée des différentes atteintes ou en moins de                                       SAPL, parfois fatal s’il n’est pas rapidement reconnu. Dans
           1 semaine                                                                                             d’autres cas, l’hémorragie surrénalienne survient alors qu’un
           3. Confirmation histologique de l’occlusion des petits vaisseaux dans                                 traitement anticoagulant est en cours en dehors parfois de tout
           au moins un organe ou tissu b                                                                         surdosage [85].
           4. Confirmation biologique de la présence d’anticorps                                                    Des syndromes hémorragiques ont été rapportés dans certains
           antiphospholipides (LA et/ou aCL et/ou anticorps anti-b2-GP1)                c                        cas de SAPL, s’accompagnant d’anticorps antiprothrombine
           Syndrome catastrophique des antiphospholipides défini                                                 puissants à l’origine d’une baisse acquise du taux de prothrom-
                                                                                                                 bine (syndrome LA-hypoprothrombinémie) [87, 88]. Il y a une
           → Les 4 critères sont rassemblés
                                                                                                                 place dans ce syndrome pour la corticothérapie par voie
           Syndrome catastrophique des antiphospholipides probable
                                                                                                                 générale.
           → Les 4 critères sont rassemblés, mais seulement 2 organes, systèmes                                     Plusieurs cas d’hémopéritoine d’origine ovarienne ont été
           et/ou tissus sont concernés                                                                           rapportés chez des femmes atteintes de SAPL et traitées par AVK
           → Les 4 critères sont rassemblés, mais la confirmation biologique de                                  sans surdosage évident. Il s’agit le plus souvent d’une compli-
           la persistance à 6 semaines des anticorps antiphospholipides n’a pu être                              cation de l’ovulation par rupture d’un kyste du corps jaune ou
           réalisée du fait de la mort précoce du patient ou de l’absence de test                                d’un kyste fonctionnel ovarien parfois favorisé par les
           avant la survenue du syndrome catastrophique des antiphospholipides                                   microprogestatifs [89].
           → 1, 2 et 4
           → 1, 3 et 4 et survenue d’un 3e événement plus de 1 semaine, mais
           moins de 1 mois, avant les premières manifestations, malgré le
           traitement anticoagulant
                                                                                                                 ■ Biologie
         LA : lupus anticoagulant ; aCL : anticorps anticardiolipines.                                              L’hétérogénéité des aPL a pour corollaire de nécessiter la mise
         a
           Mise en évidence clinique d’occlusion vasculaire, confirmée par des techniques                        en œuvre de plusieurs tests de détection et de rendre leur
         d’imagerie appropriées. L’atteinte rénale se définit comme une augmentation                             standardisation très difficile. Les tests de détection des aPL
         d’au moins 50 % du taux de la créatininémie, l’apparition d’une hypertension                            utilisés à titre diagnostique, avec les réserves et recommanda-
         artérielle sévère (> 180/100 mmHg) et/ou d’une protéinurie (> 500 mg/24 h).
         b
           La confirmation histologique signifie la mise en évidence d’un phénomène de                           tions émises dans le Tableau 6, dépendent des phospholipides.
         thrombose bien qu’un processus de vascularite puisse occasionnellement                                  Il s’agit de tests de coagulation pour les LA et de tests immu-
         coexister.                                                                                              nologiques type Elisa pour les aCL et les anti-b2-GPI qui doivent
         c
           Si le patient n’a jamais eu de test biologique au préalable, les anticorps                            être pratiqués conjointement, une seule variété d’anticorps
         antiphospholipides doivent être confirmés à au moins deux reprises, espacées
         d’au moins 6 semaines (pas nécessairement au moment de l’événement clinique),
                                                                                                                 pouvant être présente (taux de recouvrement de 60 % environ
         en accord avec les critères préliminaires proposés pour la classification des                           dans le SAPL). Les réactions sérologiques de la syphilis, donnant
         syndromes des antiphospholipides de Sapporo.                                                            une positivité dissociée (le réactif VDRL contient de la CL), sont
                                                                                                                 plus rarement utilisées car leur sensibilité est faible dans le cadre
                                                                                                                 du SAPL, de l’ordre de 5 %. Au vu de la complexité croissante
         schizocytes dans 9 % des cas. Parmi les 80 patients, 38 (48 %)                                          de l’exploration biologique du SAPL, il semble raisonnable que
         sont morts le plus souvent par défaillance cardiaque ou respira-                                        ces tests ne soient effectués que dans des laboratoires spécialisés.
         toire. Des critères préliminaires de classification de SAPL ont été                                     Enfin, il faut être prudent dans l’interprétation des résultats et
         rapportés lors du Xe congrès international sur les antiphospho-                                         bien les intégrer dans le contexte clinique.
         lipides en 2002 à Taormina. Ces critères sont rappelés par Erkan
         et al. [78] (Tableau 8).
                                                                                                                 Tests de coagulation [90]
         Manifestations cliniques sans support                                                                      La recherche de LA doit s’effectuer sur des échantillons
                                                                                                                 plasmatiques si possible dépourvus d’héparine et strictement
         thrombotique apparent                                                                                   déplaquettés (par double centrifugation ou filtration) afin
            Le SAPL s’accompagne parfois de manifestations d’allure non                                          d’éviter la neutralisation de l’anticorps par lyse de plaquettes
         thrombotique qui répondent plus à la corticothérapie qu’au                                              résiduelles. La procédure diagnostique d’un LA, qui doit être à
         traitement anticoagulant. Il s’agit parfois d’une simple associa-                                       la fois sensible et spécifique, impose la réalisation d’une
         tion, mais, dans d’autres cas, certaines données expérimentales                                         combinaison de tests reposant sur des principes différents et
         suggèrent la possibilité de réactions croisées avec d’autres cibles                                     comporte schématiquement trois étapes : dépistage, mise en
         antigéniques.                                                                                           évidence d’un inhibiteur, et confirmation de sa dépendance en
            Des athéroscléroses précoces et accélérées peuvent survenir                                          phospholipides. Des systèmes « intégrés » combinant en un seul
         chez des sujets jeunes porteurs d’aCL à titre élevé. Les aCL                                            test dépistage, inhibition et confirmation, sont disponibles dans
         pourraient se fixer sur les LDL oxydées et accélérer ainsi le                                           le commerce, mais il faut insister sur le rôle capital du couple
         processus d’athérosclérose [79, 80] . Des facteurs génétiques                                           réactifs-machines [91] car ce qui marche bien avec certaines
         interviendraient peut-être dans la physiopathologie de ces                                              machines ne marche pas avec d’autres. Plusieurs variétés de LA
         lésions précoces).                                                                                      peuvent coexister chez un même patient.
            Certaines manifestations neurologiques associées aux aPL ne                                             1. Le choix de deux tests de dépistage parmi les suivants est
         semblent pas avoir un support ischémique. C’est le cas de                                               préconisé :
         certaines chorées, myélites transverses, méningoradiculites ou                                          • le temps de céphaline activée (TCA) utilisant un réactif
         comitialités, et de quelques tableaux de pseudosclérose en                                                 sensible aux LA est le plus utilisé. Sa sensibilité peut être
         plaques [59, 81, 82].                                                                                      augmentée par dilution de la céphaline, voire omission de
            Quelques cas d’hypertension artérielle pulmonaire primitive                                             phospholipides exogènes (temps de kaolin) ;
         sans phénomène thrombotique ont été rapportés [25] , mais                                               • le temps de venin de vipère Russell (dRVVT), faisant interve-
         apparaissent exceptionnels et sans doute discutables. En                                                   nir un activateur direct du facteur X, n’est pas influencé par
         revanche, des thrombopénies périphériques de mécanisme auto-                                               les déficits en facteurs de la voie endogène, en facteur VII ou
         immun sont possibles [83], plus rarement, des anémies hémoly-                                              par la présence d’anticorps contre ces facteurs ;
         tiques. Des polyarthralgies, voire d’authentiques polyarthrites                                         • le temps de thromboplastine diluée et enfin les temps de
         ont été décrites, conséquence peut-être de l’interaction des aPL                                           venin Taïpan ou de textarine (venins activateurs de la
         avec les LDL oxydées participant à la peroxydation lipidique                                               prothrombine) qui sont insensibles aux déficiences ou
         articulaire.                                                                                               inhibiteurs de la plupart des facteurs.

         Hématologie                                                                                                                                                                   9
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13-022-C-10 ¶ Syndrome des antiphospholipides



                                                                                                                 commerciales utilisées et ce, malgré l’expression quantitative des
                                                                                                                 résultats en unités GPL et MPL, respectivement pour les IgG et
                                     En pratique : que prescrire                                                 les IgM aCL [93]. Malgré la publication de recommandations
                                   en cas de suspicion de SAPL ?                                                 méthodologiques [94], la standardisation sera sans doute difficile
                                                                                                                 du fait des différences observées entre patients et chez un même
                                                                                                                 patient (différents autoanticorps, différentes affinités, différents
                                                                                                                 antigènes...). La signification d’un résultat « faiblement positif »
                     Recherche LA et aCL (IgG, IgM) et aβ2-GPI (IgG, IgM)                                        est donc très incertaine. Le diagnostic de SAPL ne saurait
                                                                                                                 reposer sur un seul résultat positif d’aCL (même classé moyen
                                                                                                                 ou fort), l’exigence d’une confirmation à 12 semaines d’inter-
                                                                                                                 valle visant notamment à exclure les populations d’aCL
                LA – et aCL – et aβ2-GPI –                  LA + ou aCL + et aβ2-GPI +                           transitoires.
                      (ou taux faible)                    (confirmés après 12 semaines)
                                                                                                                 Anticorps anti-β2-GPI
                                                                                                                    La recherche et le dosage de ces anticorps sont maintenant le
                                                                                                                 troisième critère biologique du SAPL [27] et ils devront être
                          Ac anti-PE                                                                             effectués en première intention au même titre que la recherche
                          (IgG, IgM)                                                                             de LA et le dosage des aCL.
                                                                                                                    La détection directe des anticorps anti-b2-GPI par Elisa en
                                                                                                                 l’absence de phospholipide (b2-GPI-Elisa) impose le choix de
                                                                                                                 certaines plaques, chlorure de polyvinyle ou polystyrène irradié.
                  Négatif              Positif                            SAPL                                   L’effet des charges négatives introduites par irradiation gamma
                                                                                                                 à la surface du plastique n’est pas totalement élucidé. Il est
                                                                                                                 possible que la conformation de la b 2 -GPI ainsi fixée soit
                                                                                                                 semblable à celle qu’elle adopte après liaison aux phospholipi-
                                       SAPL                                                                      des. Plus probablement, la densité de b2-GPI fixée est augmen-
                                                                                                                 tée, favorisant la liaison d’anticorps de faible affinité par des
                                                                                                                 interactions bivalentes. Les mêmes remarques s’appliquent à la
          Figure 1. Arbre décisionnel. Approche schématique pour l’exploration                                   détection des anticorps antiprothrombine par Elisa [28] . Le
          biologique du syndrome des antiphospholipides (SAPL). PE :                                             b2-GP1 Elisa souffre du même manque de standardisation que
          phosphatidyl-éthanolamine.                                                                             son aîné, le CL-Elisa, et un effort de standardisation de cet Elisa
                                                                                                                 a été entrepris et il est recommandé d’utiliser des anticorps
             2. La démonstration de la présence d’un inhibiteur repose sur                                       monoclonaux anti-b2GP1 comme standards de calibration [95].
          l’absence de correction de l’allongement du test de dépistage                                          La cause principale de variabilité est la qualité de la préparation
          par l’apport de plasma normal, dans un rapport 1 : 1 classique-                                        de la b2-GPI dont les étapes de purification peuvent induire des
          ment, mais aussi 4 : 1 et 1 : 4 (épreuve de mélange afin                                               modifications structurales, modifiant l’expression des
          d’exclure un déficit en facteur). La réalisation du test avant et                                      épitopes [96].
          après incubation du mélange 2 heures à 37 °C permet d’objec-                                              Les avantages du b2-GPI-Elisa par rapport au CL-Elisa résident
          tiver une activité inhibitrice progressive dans environ 10 % des                                       dans l’ignorance des « vrais » aCL (habituellement sans consé-
          cas de LA, tandis que la dépendance vis-à-vis du temps et de la                                        quence clinique) et la détection de l’ensemble des anticorps
          température est la règle pour les inhibiteurs spécifiques. L’indice                                    anti-b2-GPI, y compris ceux spécifiques d’espèce (réagissant peu
          de Rosner (temps mélange-temps témoin/temps malade × 100)                                              ou pas avec la b2-GPI bovine prépondérante dans le CL-Elisa) et
          signe la présence d’un inhibiteur s’il est supérieur ou égal à 15.                                     ceux incapables de reconnaître la b2-GPI liée au CL (détermi-
             3. La caractérisation de cet inhibiteur passe par l’apport d’un                                     nants antigéniques au niveau du site de liaison des
          excès de phospholipides sous forme purifiée ou de lysat pla-                                           phospholipides).
          quettaire, tendant à normaliser le test de coagulation initiale-
          ment perturbé lorsqu’il s’agit d’un LA.                                                                Résultats et perspectives
             4. À ce stade, l’exclusion d’une anomalie de coagulation
          éventuellement associée au LA est recommandée et nécessite la                                          Risque thrombolique : syndrome
          mesure des facteurs de la voie endogène sur des dilutions                                              des antiphospholipides (SAPL) ou anticorps
          progressives du plasma du malade afin d’éviter une baisse                                              anticardiolipines (aCL)
          artefactuelle due à l’inhibiteur.                                                                         Étant donné l’hétérogénéité des aPL et la variété des situa-
                                                                                                                 tions cliniques dans lesquelles ces anticorps sont rencontrés, il
          Tests immunologiques                                                                                   est crucial de pouvoir identifier ceux qui s’intègrent véritable-
                                                                                                                 ment dans un SAPL. Hors contexte d’auto-immunité, la pré-
          Anticorps anticardiolipines (aCL)                                                                      sence isolée d’aCL ne semble pas être un facteur de risque de
             Le test standard des aCL est un Elisa fondé sur l’immobilisa-                                       première thrombose veineuse [97], la présence d’un LA, d’anti-
          tion de la CL et l’utilisation d’un sérum animal, apportant un                                         corps anti-b2-GPI, d’anticorps antiprothrombine induisant un
          excès de b 2 -GPI, pour saturer les plaques et/ou diluer les                                           risque relatif de premier épisode veineux thrombotique dans la
          échantillons à tester. Sa finalité est la mise en évidence des aCL                                     population générale de respectivement 3,6, 2,4 et 1,4 [98]. Il est
          b2-GPI-dépendants, mais d’autres variétés d’aCL sont indiffé-                                          classique de suspecter le caractère potentiellement pathogène
          remment détectées (Fig. 1). Un CL-Elisa « modifié », comparant                                         des aPL sur les éléments suivants : aCL et anti-b2-GPI d’isotype
          la fixation des anticorps en l’absence et en la présence de sérum                                      IgG et de titre élevé, association à la présence d’un LA ou
          animal ou de b2-GPI purifiée, a été proposé afin de préciser leur                                      d’arguments en faveur de désordres auto-immuns, enfin persis-
          dépendance en cofacteur. L’interprétation de ce dernier test est                                       tance de ces anticorps sur des déterminations séquentielles. La
          toutefois délicate, d’autant que plusieurs variétés d’aCL peuvent                                      fluctuation des aPL dans le temps est minime, surtout lorsque
          coexister chez des patients, en particulier lupiques [92] . La                                         les taux d’anticorps détectés sont élevés. On assiste parfois à une
          recherche directe des anticorps anti-b2-GPI nous paraît bien plus                                      chute de ces anticorps en cas d’accident thrombotique aigu, de
          informative et simple à réaliser. L’utilisation de phospholipides                                      syndrome néphrotique ou de traitement immunosuppresseur,
          anioniques autres que la CL, isolément ou en mélange,                                                  les LA diminuant en général davantage que les aCL. Le large
          n’apporte que peu d’informations supplémentaires par rapport                                           spectre des cibles protéiques des aPL, dont l’inventaire n’est
          au CL-Elisa standard.                                                                                  d’ailleurs pas terminé, offre dès à présent l’opportunité de
             Des ateliers de travail, à l’échelon national et international,                                     démembrer cette vaste famille d’autoanticorps avec comme
          se sont efforcés de standardiser le test, mais il persiste d’impor-                                    principal objectif l’établissement de corrélations clinicobiologi-
          tantes variations entre laboratoires ou selon les trousses                                             ques significatives.

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Syndrome des antiphospholipides ¶ 13-022-C-10



            Dans deux études concernant l’une 175 patients lupiques [99],                                        la fois pour les aCL et les anticorps anti-b2-GPI, paraît la plus
         l’autre 233 patients porteurs d’aPL [100], les analyses multivariées                                    intéressante dans l’exploration du SAPL. Cependant les anti-
         font de la présence d’un LA le facteur de risque majeur de                                              corps d’isotype IgA pourraient avoir un intérêt chez le sujet
         thrombose artérielle et veineuse ; soit les anticorps anti-                                             noir, et semblent corrélés avec le livedo et le phénomène de
         prothrombine et anti-b2-GPI n’ont aucune signification supplé-                                          Raynaud en cas de lupus chez les patients (européens) [113]. Les
         mentaire [99], soit seuls les seconds représentent un facteur de                                        deux variétés d’anticorps suivantes peuvent représenter les seuls
         risque indépendant de thromboses veineuses (IgG) ou de                                                  aPL détectables par les tests disponibles en pratique quoti-
         complications obstétricales (IgM) [100]. Dans une étude différen-                                       dienne :
         ciant anticorps antiprothrombine et anti-b2-GPI sur des profils                                         • les anticorps antiphosphatidyléthanolamine, détectés dans un
         de tests de coagulation (temps de kaolin et dRVVT sont respec-                                             Elisa utilisant ce phospholipide neutre, sont distincts des aCL
         tivement les plus performants), la survenue de thromboses n’est                                            et LA bien que souvent associés dans des populations de
         statistiquement corrélée qu’avec les anticorps anti-b2-GPI [101].                                          patients auto-immuns, mais on peut aussi les rencontrer
         Les résultats sont cependant sujets à discussion. Une étude                                                isolément dans un contexte de thrombose ou de pathologie
         prospective semble identifier les IgG antiprothrombine (présen-                                            vasculaire cutanée. Certains d’entre eux dépendent des
         tes à taux faibles sans anti-b 2 -GPI associés) comme facteur                                              kininogènes ou de protéines associées, prékallicréine ou
         de risque d’infarctus du myocarde chez des hommes                                                          facteur XI ;
         dyslipidémiques [41].                                                                                   • les anticorps antimitochondries de type M5 sont identifiés
                                                                                                                    par immunofluorescence indirecte sur coupes de tissus et la
         Données acquises                                                                                           nature moléculaire de l’antigène n’est pas connue. Ils ont été
            Les investigations dans ces différentes voies se poursuivent                                            décrits dans des formes « hématologiques » de LES ou associés
         mais les points suivants sont d’ores et déjà acquis.                                                       à des avortements répétés, une thrombopénie, mais pas avec
            La présence d’anticorps anti-b2-GPI est statistiquement associée à                                      des accidents thromboemboliques [103].
         celle des aCL, LA, ou antimitochondries M5 lorsqu’on s’adresse à                                           Le profil biologique conditionne le risque thrombotique,
         une population de patients auto-immuns (SAPL primaire et LES                                            notamment veineux. Ainsi, Wahl et al. [50] retrouvent un odds
         spontané ou induit par des médicaments). Ces anticorps sont                                             ratio de 1,56 dans une population tout-venant ayant des aCL et
         généralement absents, malgré une fréquence élevée d’aCL dans                                            ce risque augmente à 3,21, en cas de titre élevé, et passe à
         le cadre d’infections diverses, virus de l’immunodéficience                                             11,1 en présence de LA. Ces données ont été confirmées par
         humaine (VIH), tuberculose ou syphilis [102, 103].                                                      une méta-analyse de M. Galli [52] qui montre un risque relatif
            Les anticorps anti-b2-GPI s’avèrent un marqueur biologique de                                        associé au LA compris entre entre 5 et 16 quels que soient les
         choix pour le diagnostic de SAPL, nettement supérieurs aux aCL                                          test de coagulation utilisés pour mettre en évidence ce LA. Dans
         en termes de spécificité et de valeur prédictive positive et on                                         ce travail, la moitié des études seulement montrait une associa-
         observe une meilleure association avec le diagnostic de SAPL                                            tion significative entre thrombose et présence d’aCL, unique-
         lorsque l’on combine les deux marqueurs avec un odds ratio à                                            ment d’isotype IgG et pour des valeurs supérieures à 33 à
         29 en cas de double positivité, contre 19 pour le seul anti-b2-                                         40 UGPL).
         GPI et 9 pour les aCL [104]. La positivité pour les trois marqueurs                                        Les situations imposant la recherche d’aPL doivent être
         biologiques du SAPL (LA, aCL et anti-b2-GPI) induit un risque                                           consensuelles et doivent tenir compte des impératifs économi-
         relatif de thrombose de 33 et permet d’identifier tout particu-                                         ques. Certaines recommandations, qui ont été proposées par
         lièrement les patients avec SAPL [105].                                                                 Boffa et Piette, sont rappelées ci dessous [114].
            La présence isolée d’anticorps anti-b2-GPI, en l’absence d’autres
         aPL détectables dans les tests conventionnels, peut se rencontrer
         dans 9 % des SAPL primaires [106] ou secondaires [107], mais la
         fréquence et surtout la signification clinique de cette situation
         reste à déterminer sur un plus grand nombre d’études [107].
                                                                                                                         “    Point important
         Perspectives : vers de nouveaux marqueurs                                                                       Situations justifiant la recherche d’aPL [114]
         du risque thrombotique [108]                                                                                    Antécédents de thromboses atérielles et veineuses
           Une équipe hollandaise utilisant des variants mutés délétés                                                   Thromboses veineuses ou embolies pulmonaires
         de la b2-GP1 a mis au point un Elisa permettant de détecter                                                     récidivantes
         spécifiquement les anticorps IgG reconnaissant la séquence                                                      Premier épisode de thrombose veineuse de siège
         peptidique Gly40-Arg43 sur le domaine 1. La présence de ces                                                     inhabituel : cave inférieur, sus-hépatique, rénal...
         anticorps est tout particulièrement corrélée au risque throm-                                                   Première manifestation artérielle systémique si âge
         botique avec un risque relatif de 18,9 [109]. Simmelink et al.                                                  inférieur à 45 ans : accident ischémique cérébral
         ont observé, lors de l’étape de confirmation du LA, un                                                          transitoire ou constitué, infarctus myocardique, autre
         raccourcissement d’un TCA de dépistage, après ajout de
                                                                                                                         thrombose artérielle ou infarctus viscéral
         cardiolipine, uniquement avec les LA b2-GP1-dépendants,
         permettant ainsi de les distinguer des LA induits par les                                                       Manifestations artérielles systémiques répétées, entre
         anticorps antiprothrombine [110]. La présence d’un LA                                                           45 et 65 ans, hors athérome
         b2-GP1 dépendant était associée à un risque thrombotique                                                        Mort fœtale (décès d’au moins un fœtus en vie à
         veineux ou artériel majeur avec un risque relatif de 42,3, alors                                                10 semaines révolues de gestation)
         que la présence d’un LA non b2-GP1 dépendant n’induit pas                                                       Récidives (≥ 3) d’avortements spontanés précoces
         de risque thrombotique [111]. L’étude du profil de génération                                                   Thrombopénie durable inexpliquée
         de thrombine (thrombinographie) de patients porteurs de LA                                                      Divers :
         après ajout de différentes concentrations de protéine C
                                                                                                                         • sérologie syphilitique dissociée
         activée a montré que le LA induit une résistance acquise à la
         protéine C activée [112]. Ce test est prometteur, permettant                                                    • lupus systémique
         d’étudier le phénotype procoagulant des patients avec aPL.                                                      • éclampsie ou prééclampsie surtout si atypique, retard
                                                                                                                         de croissance in utero, décollement placentaire
         En pratique              (Fig. 1)                                                                               • livedo racemosa, manifestations dermatologiques liées
            Le nombre de spécificités anticorps associées au SAPL s’accroît                                              à un processus thrombotique non inflammatoire
         régulièrement, obligeant biologistes et cliniciens à effectuer des                                              • végétation ou épaississement valvulaire de cause
         choix. La Figure 1 propose une approche schématique pour                                                        inconnue survenant avant 45 ans, thrombose intra-
         l’exploration biologique du SAPL, avec une stratégie d’examens                                                  cardiaque
         en « cascade » en fonction des résultats du bilan de première                                                   • indications rares : chorée non familiale, hémorragie
         intention (LA et aCL) et à la condition que le contexte clinique                                                surrénalienne bilatérale, microangiopathie thrombotique
         y incite. La détermination des isotypes IgG (surtout) et IgM, à

         Hématologie                                                                                                                                                                   11
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13-022-C-10 ¶ Syndrome des antiphospholipides



          ■ Traitement                                                                                           3,5 ans dans le groupe anticoagulation forte dose et de 3,3 ans
                                                                                                                 dans le groupe traitement conventionnel, il n’y avait pas de
          Thrombose artérielle ou veineuse                                                                       différence significative en termes de récidive d’accident throm-
                                                                                                                 botique mais plus d’accidents hémorragiques dans le groupe
             Le traitement du SAPL n’est que partiellement codifié. En                                           forte dose (27,8 % versus 14,6 % ; p = 0,07) sans que la diffé-
          l’absence de traitement capable de faire disparaître durablement                                       rence n’atteigne la significativité. Cette étude comporte aussi
          les aPL, la discussion repose sur les modalités du traitement                                          des limites, elle n’est pas en double aveugle, la population est
          antithrombotique et des mesures préventives. Après un premier                                          hétérogène en termes de mécanisme de l’accident thromboti-
          épisode thrombotique artériel ou veineux, la correction de tous                                        que, et les patients à haut risque aux antécédents d’accident
          les facteurs de risque vasculaires modifiables est nécessaire. La                                      thrombotique récidivant étaient exclus de cette étude comme
          mise en évidence d’aPL ne doit pas faire éliminer d’autres                                             dans celle de Crowthe et al. [120].
          facteurs thrombophiliques parfois associée [115] en raison du
                                                                                                                    Alors que Khamashta et al. [123] recommandent encore une
          risque élevé de récidive thrombotique avec ou sans embolie
                                                                                                                 forte anticoagulation (objectif d’INR ≥ 3-4) en cas de survenue
          pulmonaire (> 50 % dans les 2-3 ans d’après des études rétro-
                                                                                                                 d’un premier événement thrombotique artériel, en cas de
          spectives) [57, 116, 117]. Si après un premier épisode thrombotique
                                                                                                                 thrombose veineuse récidivante, Lim et al. [124] sur la base de
          veineux la récidive veineuse est plus fréquente, une thrombose
                                                                                                                 l’analyse de la littérature internationale publiée entre 1966 et
          artérielle peut aussi être le mode de récidive. Les études
                                                                                                                 novembre 2005 ne recommandent pas l’utilisation d’une
          prospectives montrent qu’après un premier accident thrombo-
          tique artériel ou veineux, le taux de récidives d’accident                                             anticoagulation « forte dose » avec pour objectif un INR > 3,0.
          thrombotique est de l’ordre de 29 à 37 %, nécessitant une                                              Ces auteurs proposent un algorithme thérapeutique présenté
          anticoagulation prolongée avec un risque supérieur en cas de                                           dans la Figure 2.
          présence d’anticorps anti-b2-GP1, en cas de présence d’un LA ou                                           En cas d’infarctus cérébral et de SAPL authentifié, c’est-à-dire
          d’aCL à titre élevé [118, 119]. L’aspirine seule ne prévient pas les                                   répondant aux critères récemment révisés avec confirmation de
          rechutes thrombotiques, tandis que l’utilisation de la warfarine                                       la présence d’antiphospholipides à 12 semaines d’intervalle, il
          avec un taux d’INR supérieur ou égal à 3, associée ou non à                                            n’y a aucune étude comparant l’aspirine et les AVK. La discus-
          l’aspirine, apporte le meilleur taux de couverture. Avec ce                                            sion doit donc se faire au cas par cas selon la sévérité de
          traitement (warfarine plus ou moins aspirine et IRN supérieur                                          l’accident thrombotique cérébral, la présence ou non de facteurs
          ou égal à 3), Khamashta et al. [57] ont 88 % de patients indem-                                        de risque cardiovasculaires associés et du profil des aPL, avec ou
          nes de récidive thrombotique à 5 ans alors que sans traitement,                                        sans LA, titre faible ou titre élevé d’aCL.
          il reste moins de 30 % de malades indemnes de nouvel épisode                                              Dans les cas de syndrome de Sneddon avec aPL, les AVK au
          thrombotique. L’association de l’aspirine à la warfarine ne                                            long cours sont incontournables sous peine d’évolution inéluc-
          semble apporter aucun bénéfice supplémentaire, mais peut-être                                          table vers la démence vasculaire [54]. En l’absence de syndrome
          son effet à très long terme (notamment au niveau cérébral)                                             de Sneddon, le risque de récidive ischémique cérébrale est huit
          n’est-il pas encore aujourd’hui évaluable et, de toute manière,                                        fois plus élevé chez les malades qui ont des aPL [58] et survient
          il ne le sera pas sans étude randomisée. L’objectif d’un INR                                           habituellement dans l’année qui suit l’épisode initial. La
          supérieur ou égal à 3 est pourtant à nuancer car le travail de                                         prévention secondaire passe aussi par la correction des facteurs
          Khamashta [57] est rétrospectif et non homogène en matière de                                          de risque vasculaire associés, notamment le tabac, l’hyperten-
          population étudiée. Trois travaux récents semblent remettre en                                         sion artérielle, les anomalies métaboliques lipidiques et glucidi-
          question la nécessité d’une anticoagulation forte. Une première                                        ques et le surpoids.
          étude randomisée conduite en double aveugle a montré qu’une                                               Tant en pathologie artérielle qu’en pathologie veineuse, la
          anticoagulation prolongée avec comme objectif un INR compris                                           prévention secondaire doit tenir compte de l’existence d’un
          entre 3 et 4 (AVK forte dose) n’apporte pas une meilleure                                              autre facteur thrombophilique associé comme une résistance à
          protection vis-à-vis du risque de récidive thrombotique qu’une                                         la protéine C activée, une mutation G20210A de la prothrom-
          anticoagulation avec pour objectif un INR compris entre 2 et 3                                         bine, un déficit en protéine C, en protéine S, en antithrombine,
          (AVK faible dose) [120]. Ce travail a cependant de nombreuses                                          une hyperhomocystéinémie dont la recherche éventuelle est
          limites méthodologiques : les patients ayant présenté une                                              fonction du contexte thrombotique personnel et familial. Enfin,
          récidive thrombotique malgré un traitement AVK étaient exclus,                                         la décision thérapeutique dépend aussi de l’existence ou non
          certains patients recevaient de l’aspirine, d’autres de l’hydroxy-                                     d’une cardiopathie sous-jacente, les valvulopathies associées
          chloroquine, il y avait peu de SAPL artériel, les formes biologi-                                      pouvant être source d’accidents ischémiques cérébraux, voire de
          ques associant LA et aCL étaient rares, l’INR était situé en                                           dysfonctionnement valvulaire nécessitant alors le remplacement
          dessous de l’objectif dans un peu moins de la moitié des cas                                           valvulaire.
          dans le groupe AVK forte dose, il y avait, dans ce même groupe,                                           Les œstroprogestatifs étant contre-indiqués du fait de leur
          chez trois des six patients ayant fait une récidive, d’un INR à                                        risque thrombogène, l’utilisation de progestatifs dérivés de la
          moins de 2 au moment de l’épisode. Dans l’étude WARSS/                                                 17-hydroxyprogestérone, comme l’acétate de cyprotérone ou
          APASS [121], qui visait à comparer après un premier infarctus                                          l’acétate de chlormadinone, est préférable dans un but
          cérébral (fibrillation auriculaire et sténose carotidienne exclues)                                    contraceptif [89].
          le bénéfice de la warfarine avec pour objectif un INR autour
          de 2,2 (n = 881) et de l’aspirine à la dose de 325 mg/24 h                                             Syndrome obstétrical             (Tableau 9)
          (n = 889), il n’a pas été retrouvé à 2 ans d’augmentation du
          risque d’événement thrombotique artériel ou veineux chez les                                              Les femmes ayant des aPL et ne prenant aucun traitement
          patients de cette cohorte ayant des aPL. Dans cette étude aussi,                                       ont environ une chance sur deux seulement de mener une
          des remarques méthodologiques sont à faire, des seuils très bas                                        grossesse à terme. Lorsqu’une première perte fœtale est surve-
          de détection des aCL ont été utilisés, ce qui explique que la                                          nue, les chances de mener ultérieurement une grossesse à terme
          fréquence élevée dans cette cohorte (41 % avec aCL), la faible                                         sont réduites à 10 %. Dès 1985, l’association prednisone
          intensité d’anticoagulation proposée amènent à en limiter la                                           (0,5 mg/kg/j) et aspirine à faibles doses s’est avérée efficace pour
          portée. Dans l’étude randomisée rapportée par Finazzi [122],                                           mener à bien des grossesses, et ces résultats ont été confirmés
          109 patients atteints de SAPL ont été inclus. Cinquante-quatre                                         par d’autres équipes. Rapidement, on s’est rendu compte que
          patients ont été randomisés dans un bras anticoagulation forte                                         l’aspirine était peut-être plus importante que la corticothérapie
          dose (INR entre 3,0 et 4,5, cible 3,5) et 55 ont reçu le traitement                                    qui s’avérait parfois délétère. Dans une étude randomisée,
          standard recommandé pour les patients sans aPL : AVK avec un                                           l’aspirine seule s’avérait aussi efficace que l’association aspirine-
          objectif d’INR entre 2,0 et 3,0, cible 2,5 s’il y avait un antécé-                                     corticoïdes. Cette étude était cependant méthodologiquement
          dent thrombotique veineux, une embolie cérébrale à point de                                            critiquable car certaines femmes avaient été incluses après une
          départ cardiaque ou une ischémie périphérique, ou en présence                                          seule perte fœtale. Par la suite, des travaux randomisés plus
          d’une arythmie complète ou d’une maladie valvulaire rhumatis-                                          sérieux ont confirmé l’intérêt de l’aspirine mais surtout si
          male ; ou aspirine à faible dose : 100 mg/24 h en cas de                                               celle-ci était associée à l’héparine avec des grossesses menées à
          thrombose artérielle non embolique. Après un suivi moyen de                                            bien dans 42 à 44 % des cas lorsque l’aspirine était proposée

          12                                                                                                                                                               Hématologie

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Syndrome des antiphospholipides ¶ 13-022-C-10




                                                                               Patients avec anticorps antiphospholipides*




                                                                                Oui               Antécédents                   Non
                                                                                                 de thrombose ?



                                                                                                                                 Oui                   Non
                                         Thrombose                                   Thrombose                                          Grossesse
                                          veineuse                                    artérielle




                                                                       Cérébrale                 Extracérébrale             Envisager un         Pas de traitement
                                                                                                                             traitement            ou aspirine à
                                                                                                                           prophylactique         faible dose (C)
                                                                                                                            par héparine
                                         1er épisode                1er épisode ou               1er épisode ou          non fractionnée ou
                                         ou récidive              accident récidivant          accident récidivant       HBPM + aspirine en
                                        en l'absence                sous aspirine               sous traitement           cas d'antécédent
                                     de traitement AVK               ou warfarine                      AVK               de perte fœtale (B)
                                     ou alors que l'INR           ou alors que l'INR           ou alors que l'INR
                                      était en dessous             était en dessous             était en dessous
                                         de l'objectif                de l'objectif                de l'objectif
                                       thérapeutique                thérapeutique                thérapeutique



                                             AVK                         AVK                           AVK
                                      (INR : 2,0-3,0) (A)           (INR : 1,4-2,8)              (INR : 2,0-3,0)
                                         Traitement                 ou aspirine (A)                 Traitement
                                      au long cours (B)               Traitement                au long cours (C)
                                                                   au long cours (B)



                                            Accident                  Thrombose                    Thrombose
                                         thrombotique                 récidivante                  récidivante
                                           récidivant                  sous AVK                     sous AVK
                                           sous AVK                   ou aspirine




                                                            Options thérapeutiques (C)
                                                                      HBPM                                                                       Niveau de preuve
                                                           ou héparine non fractionnée                                                           (A) fort
                                                         ou AVK avec un objectif d'INR >                                                         (B) modéré
                                                        ou AVK + antiagrégant plaquettaire                                                       (C) faible



         Figure 2. Arbre décisionnel. Algorithme thérapeutique proposé chez des patients ayant des anticorps antiphospholipides (aPL). *L’importance du caractère
         transitoire des aPL est incertaine [124]. AVK : antivitamine K ; INR : international normalized ratio ; HBPM : héparine de bas poids moléculaire.

         seule et dans 71 à 80 % des cas lorsque l’aspirine était proposée                                       largement démontré qu’elles étaient utilisables pendant la
         en association à l’héparine [74]. Il semble raisonnable chez une                                        grossesse en toute innocuité pour la mère et le fœtus [127].
         femme porteuse d’aPL et ayant fait une première perte fœtale                                               Après une revue récente et exhaustive de la littérature, Pétri
         précoce de mener la grossesse suivante sous aspirine seule à la                                         et al. [16] ont établi des recommandations résumées dans le
         dose de 75 à 100 mg/j. En cas d’échec de l’aspirine seule, il est                                       Tableau 9.
         conseillé de mener la grossesse ultérieure sous aspirine                                                   L’hydroxychloroquine, qui est capable d’inhiber l’activation
         et héparine sous-cutanée de 81 à 100 mg d’aspirine/j et de                                              plaquettaire induite par les aCL IgG, réduit la survenue d’acci-
         5 000 unités internationales (UI) une à deux fois/j d’héparine de                                       dents thrombotiques chez la souris ; il doit bien entendu être
         bas poids moléculaire (HBPM) [16, 75, 125]. Ce n’est qu’en cas                                          maintenu en cas de lupus, mais n’a pas fait la preuve de son
         d’échec (moins de 20 % des cas) que se discutent alors les                                              efficacité dans le SAPL.
         corticoïdes ou surtout les immunoglobulines polyvalentes [126].
         Chez la femme primipare, sans antécédent de perte fœtale, la
         découverte d’aPL, surtout à titre moyen ou fort, incite à
                                                                                                                 Syndrome catastrophique
         considérer l’aspirine à faibles doses comme une solution                                                   Le syndrome catastrophique des antiphospholipides s’accom-
         thérapeutique à faible coût et à faible risque [75]. Les héparines                                      pagne d’un phénomène thrombotique touchant au moins trois
         de bas poids moléculaire, même si elles n’ont pas l’autorisation                                        organes, ce qui explique la diversité et la gravité du tableau
         de mise sur le marché (AMM) au cours de la grossesse, ont                                               clinique avec volontiers une hypertension artérielle maligne,
         actuellement notre préférence et ce, d’autant qu’elles ont déjà                                         une CIVD, une anémie hémolytique microangiopathique,

         Hématologie                                                                                                                                                                    13
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13-022-C-10 ¶ Syndrome des antiphospholipides



          Tableau 9.
          Recommandations thérapeutiques pour la prise en charge des femmes atteintes de syndrome des antiphospholipides (SAPL) obstétrical d’après                              [16].


           Situation clinique                                              Grossesse                                                       Période de post-partum
           Femme ayant un antécédent de thrombose                          Héparine non fractionnée ou HBPM                                Relais par AVK
                                                                           à dose hypocoagulante
           Femme ayant des anticorps antiphospholipides,                   Aspirine à faible dose ?                                        Aspirine à faible dose ?
           mais n’ayant pas d’antécédent de perte fœtale
           ou thromboembolique
           Femme ayant un titre modéré d’anticorps                         Aspirine faible dose ET héparine non fractionnée                Poursuivre l’héparine non fractionnée ou les HBPM
           anticardiolipine, d’anticorps anti-b2-GPI                       ou HBPM à dose prophylactique                                   durant 6 semaines dans le post-partum
           ou un lupus anticoagulant et ayant fait 2 à 3                                                                                   Poursuivre l’aspirine au long cours
           (ou plus) pertes fœtales au 1er trimestre
           ou 1 ou plus mort fœtale ou 1 ou plus prématurité
           liée à une insuffisance placentaire
          HBPM : héparine de bas poids moléculaire ; AVK : antivitamine K.




                                                                       Suspicion clinique de syndrome catastrophique des aPL
                                                                        (c'est-à-dire présence de 2 critères de classification*)



                                                                          Traitement des facteurs précipitants (antibiothérapie)



                                                                                      Traitement de la menace vitale ?




                                                                      Non                                                                 Oui



                                                           Hypocoagulation avec                                                  Hypocoagulation avec
                                                          héparine intraveineuse                                                héparine intraveineuse
                                                        + forte dose de corticoïdes                                           + forte dose de corticoïdes
                                                                                                                         + IG IV ou échanges plasmatiques**



                                                            Amélioration clinique                                               Amélioration clinique




                                                          Oui                      Non                                          Oui               Non



                                                  Diminution de la                                                                    Ajouter un autre traitement :
                                                  corticothérapie                                                                          cyclophosphamide
                                                    + traitement                                                                      (en cas de poussée lupique)
                                                 anticoagulant oral                                                                         ou prostacycline
                                                                                                                                            ou fibrinolytiques
                                                                                                                                             ou défibrotide


          Figure 3. Arbre décisionnel. Algorithme de traitement du syndrome catastrophique des antiphospholipides [78]. * Éliminer les autres syndromes
          microangiopathiques (surtout le purpura thrombotique-thrombocytopénique, les thrombopénies et thromboses induites par l’héparine).** Avec plasma frais
          congelé particulièrement en cas de présence de schizocytes.


          parfois une détresse respiratoire cardiaque, rénale, etc. La prise                                     Athérosclérose et anticorps
          en charge de ces patients doit se faire en service de réanimation.
          Le traitement associe la prise en charge symptomatique de la
                                                                                                                 antiphospholipides (aPL)
          défaillance viscérale, le traitement des facteurs déclenchants                                            L’athérosclérose du sujet jeune ou la survenue de thromboses
          (infections) et les anticoagulants, les corticoïdes, voire les                                         itératives sur stent justifient aujourd’hui de faire une recherche
          immunosuppresseurs afin de tenter d’agir directement des                                               d’aPL. Dans cette situation particulière, on peut légitimement
          anticorps pathogènes. La Figure 3 reprend les recommandations                                          penser que l’aspirine a sa place. Lorsqu’un geste de revasculari-
          thérapeutiques proposées par Erkan et al. [78].                                                        sation est nécessaire chez ces malades, le risque de thrombose

          14                                                                                                                                                                      Hématologie

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Syndrome des antiphospholipides ¶ 13-022-C-10



         de pontage est important. Il en est de même des gestes d’angio-                                         [5]     Arnout J, Vermylen J. Current status and implications of autoimmune
         plastie qui sont soumis à un haut risque de thrombose. Lors de                                                  antiphospholipid antibodies in relation to thrombotic disease. J Thromb
         la mise en place d’un stent, l’association aspirine-ticlopidine                                                 Haemost 2003;1:931-42.
         durant 3 semaines est validée [128] (souvent en fait prolongée                                          [6]     Pengo V, Ruffatti A, Iliceto S. The diagnosis of the antiphospholipid
         plusieurs mois) avec relais aspirine au long cours, cette attitude                                              syndrome. Pathophysiol Haemost Thromb 2006;35:175-80.
         vaut qu’il y ait ou non des aPL. L’association clopidogrel                                              [7]     Cervera R, Asherson RA. Catastrophic antiphospholipid syndrome.
         plus aspirine semble encore plus intéressante [129] . Lorsque                                                   Pathophysiol Haemost Thromb 2006;35:181-6.
         des aPL sont présents, le risque thrombotique est                                                       [8]     Bertolaccini ML, Hughes GR. Antiphospholipid antibody testing:
         nettement augmenté après un geste de revascularisation ; ce                                                     which are most useful for diagnosis? Rheum Dis Clin North Am 2006;
         risque atteint 50 % des cas dans le travail de Ahn et al. et incite                                             32:455-63.
         à une anticoagulation efficace. En cas de geste endoluminal                                             [9]     Sanna G, D’Cruz D, Cuadrado MJ. Cerebral manifestations in the
         avec mise en place de stent, le risque de thrombose est impor-                                                  antiphospholipid (Hughes) syndrome. Rheum Dis Clin North Am 2006;
         tante [130] et ce, parfois même sous couvert d’une anticoagula-                                                 32:465-90.
         tion efficace. L’association AVK plus aspirine mérite d’être                                            [10]    Tenedios F, Erkan D, Lockshin MD. Cardiac manifestations in the
         évaluée après angioplastie ou mise en place de stent en relais                                                  antiphospholipid syndrome. Rheum Dis Clin North Am 2006;32:
         d’une période initiale sous héparine plus aspirine.                                                             491-507.
                                                                                                                 [11]    Amigo MC. Kidney disease in antiphospholipid syndrome. Rheum Dis
                                                                                                                         Clin North Am 2006;32:509-22.
         ■ Prévention primaire                                                                                   [12]    Tektonidou MG, Moutsopoulos HM. Osteoarticular manifestations of
                                                                                                                         antiphospholipid syndrome. Rheum Dis Clin North Am 2006;32:523-
         des thromboses en cas d’anticorps                                                                               35.
                                                                                                                 [13]    Matsuura E, Kobayashi K, Tabuchi M, Lopez IR.Accelerated atheroma
         antiphospholipides (aPL)                                                                                        in the antiphospholipid syndroeme. Rheum Dis Clin North Am 2006;
         asymptomatiques                                                                                                 32:537-51.
                                                                                                                 [14]    Cimaz R, Descloux E. Pediatric antiphospholipid syndrome. Rheum
            Il n’y a, en la matière, aucun consensus. Pour certains                                                      Dis Clin North Am 2006;32:553-73.
         auteurs, le sujet asymptomatique ne doit pas être traité. Au                                            [15]    Cervera R, Asherson RA, Font J. Catastrophic antiphospholipid syn-
         cours du LES, on prescrit aisément de l’aspirine lorsqu’on                                                      drome. Rheum Dis Clin North Am 2006;32:575-90.
         découvre des aPL. Cette décision relève cependant plus de                                               [16]    Petri M, Qazi U. Management of antiphospholipid syndrome in
         l’expérience clinique que de données scientifiques précises. En                                                 pregnancy. Rheum Dis Clin North Am 2006;32:591-607.
         dehors du contexte de lupus, la prescription d’aspirine est loin                                        [17]    Bowie EJ, Thompson JH, Pascuzzi CA, Owen CA. Thrombosis in
         d’être systématique. Cette position doit être revue à la lumière                                                systemic lupus erythematosus despite circulating anticoagulants. J Clin
         des risques thrombotiques évalués lorsque plusieurs marqueurs                                                   Invest 1963;62:416-30.
         biologiques sont associés [131]. Quel que soit le contexte, dans                                        [18]    Soulier JP, Boffa MC. Avortements à répétition, thromboses et
         les situations à risque de thrombose, notamment veineuse, une                                                   anticoagulant circulant anti-thromboplastine. Trois observations. Nouv
         prévention par héparine de bas poids moléculaire s’impose.                                                      Presse Med 1980;9:859-60.
         Dans le travail récent de Shah et al., chez les malades ayant des                                       [19]    Harris EN, Gharavi AE, Boey ML, Patel BM, Mackworth-Young CG,
         aPL et n’ayant jamais fait de thrombose, on s’aperçoit qu’après                                                 Loizou S, et al. Anticardiolipin antibodies: detection by radio-
         10 ans 52 % ont eu un événement thrombotique, alors que                                                         immunoassay and association with thrombosis in systemic lupus
         3 des 11 malades concernés avaient un traitement par aspirine                                                   erythematosus. Lancet 1983;2:1211-4.
         à faibles doses en prévention primaire. L’aspirine n’apporte                                            [20]    Hughes GR. Thrombosis, abortion, cerebral disease and lupus
         donc pas une protection suffisante, mais il n’y a aucune donnée                                                 anticoagulant. BMJ 1983;287:1088-9.
                                                                                                                 [21]    Asherson RA, Mackworth-Young CG, Boey ML, Hughes GR.
         publiée à ce jour pour mettre ces patients asymptomatiques
                                                                                                                         Pulmonary hypertension in SLE. BMJ 1983;287:1024-5.
         sous AVK. Dans le modèle proposé par Wahl et al. [131], il y
                                                                                                                 [22]    Matsuura E, Igarashi Y, Fujimoto M, Ichikawa K, Koike T.
         aurait un bénéfice clinique à attendre des anticoagulants oraux
                                                                                                                         Anticardiolipin cofactor(s) and differential diagnosis of autoimmune
         prescrits en prévention primaire dans le lupus en présence de
                                                                                                                         disease. Lancet 1990;336:177-8.
         LA. Gomez-Pacheco et al. [132] montrent que dans le lupus existe                                        [23]    Alarcon-Segovia D, CabralAR. The antiphospholipid/cofactor syndro-
         une forte association entre la présence d’anticorps anti-b2-GPI et                                              mes. J Rheumatol 1996;23:1319-22.
         la survenue d’un événement thrombotique : dans le sous-                                                 [24]    Cesbron JY, Amouyel P, Masy E. Anticardiolipin antibodies in physical
         groupe avec thrombose, tous les malades avaient des anticorps                                                   disability in the elderly. Ann Intern Med 1997;126:1003.
         anti-b2-GPI alors qu’ils n’étaient que 17 % dans le groupe lupus                                        [25]    Alarcon-Segovia D, Perez-Vazquez ME, Villa AR, Drenkard C,
         sans thrombose. Les moyens mis en œuvre pour assurer une                                                        Cabiedes J. Preliminary classification criteria for the antiphospholipid
         prévention primaire efficace doivent donc tenir compte de                                                       syndrome within systemic lupus erythematosus. Semin Arthritis Rheum
         l’existence ou non d’un lupus associé et surtout du profil                                                      1992;21:275-86.
         immunologique. Il y aura peut-être une place demain pour les                                            [26]    Piette JC. 1996 Diagnostic and classification criteria for the
         AVK à faibles doses ou pour l’hydroxychloroquine dont le                                                        antiphospholipid/cofactors syndrome: a “mission impossible? Lupus
         bénéfice vasculaire est de plus en plus reconnu. L’induction                                                    1996;5:354-63.
.
         d’une tolérance à la b2-GPI permettra peut-être demain d’assurer                                        [27]    Miyakis S, Lockshin MD, Atsumi T, Branch DW, Brey L, Cervera R,
         une prévention primaire vraiment efficace, voire une prévention                                                 et al. International consensus statement on an update of the classifica-
         secondaire sans anticoagulants [133].                                                                           tion criteria for definite antiphospholipid syndrome (APS). J Thromb
                                                                                                                         Haemost 2006;4:295-306.
                                                                                                                 [28]    Arvieux J, Darnige L, Sarrot-Reynauld F. Les nouvelles cibles des anti-
                                                                                                                         corps « antiphospholipides ». Rev Med Interne 1997;18:292-302.
.




         ■ Références                                                                                            [29]    Combes V, Simon AC, Grau GE, Arnoux D, Camoin L, Sabatier F, et al.
                                                                                                                         In vitro generation of endothelial microparticles and possible
         [1]     Arnout J. The pathogenesis of the antiphospholipid syndrome:                                            prothrombotic activity in patients with lupus anticoagulant. J Clin
                 a hypothesis based on parallelisms with heparin-induced throm-                                          Invest 1999;104:93-102.
                 bocytopenia. Thromb Haemost 1996;75:536-41.                                                     [30]    Heijnen HF, Schiel AR, Fijnheer R, Geuze HJ, Sixma JJ. Activated
         [2]     Carreras LO, Forastiero RR. Pathogenic role of antiprotein-                                             platelets release two types of membrane vesicles: microvesicles by
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13-022-C-10 ¶ Syndrome des antiphospholipides



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Syndrome des antiphospholipides ¶ 13-022-C-10



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               anticoagulant show marked differences in performance between photo-                                     antiphospholipid syndrome. Blood 2004;104:3598-602.
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               on antiphospholipid antibodies standardization group. Thromb
                                                                                                                       long-term anticoagulant treatment. Ann Rheum Dis 1993;52:689-92.
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         Hématologie                                                                                                                                                                         17
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13-022-C-10 ¶ Syndrome des antiphospholipides



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          E. Hachulla (ehachulla@chru-lille.fr).
          Service de médecine interne, Centre de référence des maladies auto-immunes et maladies systémiques rares, Hôpital Claude Huriez, CHRU, 2, avenue
          Oscar-Lambert 59037 Lille cedex, France.
          L. Darnige.
          Service d’hématologie biologique, Hôpital Européen Georges Pompidou, 20, rue Leblanc, 75908 Paris cedex, France.
          J. Arvieux.
          Laboratoire d’immunologie, CHU, 5, avenue Foch, 29609 Brest cedex, France.

          Toute référence à cet article doit porter la mention : Hachulla E., Darnige L., Arvieux J. Syndrome des antiphospholipides. EMC (Elsevier Masson SAS, Paris),
          Hématologie, 13-022-C-10, 2007.




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Syndrome des antiphospholipides

  • 1.
    ¶ 13-022-C-10 Syndrome des antiphospholipides E. Hachulla, L. Darnige, J. Arvieux Le syndrome antiphospholipides (SAPL) est aujourd’hui reconnu comme l’une des plus fréquentes causes de thrombophilie acquise, survenant le plus souvent dans le cadre d’un lupus érythémateux systémique ou isolément (forme primaire). Ce syndrome associe des manifestations cliniques à type d’événements thrombotiques récurrents (veineux ou artériels) ou des complications obstétricales variées, à la présence durable d’anticorps antiphospholipides (aPL). Les aPL sont un groupe hétérogène d’autoanticorps, traditionnellement subdivisés en lupus anticoagulant et anticorps anticardiolipine en fonction de la méthode de détection, respectivement tests de coagulation dépendant des phospholipides et technique immunoenzymatique utilisant la cardiolipine immobilisée. Les véritables cibles des aPL potentiellement thrombogènes sont constituées, non par les phospholipides eux-mêmes, mais par des protéines plasmatiques qui leur sont associées, particulièrement la b2-glycoprotéine 1 et la prothrombine. L’amélioration du diagnostic et des approches thérapeutiques du SAPL passe par une meilleure compréhension de l’origine et de la pathogénicité de ces anticorps. En raison d’un risque majeur de récidive thrombotique dans les années qui suivent l’épisode initial, la prévention secondaire des thromboses veineuses et artérielles par une anticoagulation prolongée est nécessaire. Sur les bases des données bibliographiques récentes, l’objectif thérapeutique est d’avoir un international normalized ratio (INR) compris entre 2 et 3, et au-delà en cas de récidive sous traitement par antivitamine K (AVK). Les autres facteurs de risque cardiovasculaire associés (particulièrement hypertension, hypercholestérolémie, tabac) doivent être corrigés, en évitant chez la femme d’utiliser les contraceptifs oraux contenant des œstrogènes. L’association d’aspirine à faibles doses et d’héparine permet de prévenir les complications obstétricales associées aux aPL, notamment les avortements spontanés. © 2007 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. Mots clés : Syndrome des antiphospholipides ; Lupus anticoagulant ; Anticorps anticardiolipine ; Thrombose Plan ¶ Biologie 9 Tests de coagulation 9 ¶ Introduction 1 Tests immunologiques 10 Résultats et perspectives 10 ¶ Historique 2 En pratique 11 ¶ Physiopathologie 2 ¶ Traitement 12 Nouvelle conception des antiphospholipides 2 Thrombose artérielle ou veineuse 12 Complexes antigéniques et immunogénicité 2 Syndrome obstétrical 12 Modèles animaux de syndrome des antiphospholipides (SAPL) 3 Syndrome catastrophique 13 Mécanismes d’action des anticorps antiphospholipides (aPL) 4 Athérosclérose et anticorps antiphospholipides (aPL) 14 ¶ Épidémiologie 4 ¶ Prévention primaire des thromboses en cas d’anticorps ¶ Clinique 5 antiphosppholipides (aPL) asymptomatiques 15 Thromboses veineuses 5 Thromboses artérielles 5 Manifestations cardiaques 6 Syndrome obstétrical Syndrome catastrophique 7 8 ■ Introduction Manifestations cliniques sans support thrombotique apparent 9 Nos connaissances concernant le syndrome des antiphospho- Manifestations hémorragiques 9 lipides (SAPL), le plus fréquent des états thrombophiliques acquis, ont énormément progressé ces dernières années, ce dont témoigne une abondante littérature. Plusieurs revues générales lui sont consacrées [1-16], mais des controverses persistent, nous conduisant à un certain nombre de simplifications. Hématologie 1 © 2013 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 28/03/2013 par SCD Paris Descartes (292681)
  • 2.
    13-022-C-10 ¶ Syndromedes antiphospholipides ■ Historique Tableau 1. Situations cliniques auxquelles des antiphospholipides (aPL) peuvent être Il a été rapporté il y a plus de 50 ans, chez des patients associés [26]. atteints de lupus érythémateux systémique (LES), des cas de SAPL primaire positivité dissociée de la sérologie syphilitique, liée au fait que SAPL associé au LES le réactif du venereal disease research laboratory (VDRL) contient de la cardiolipine. C’est en 1963 qu’ont été décrits des cas de Présence isolée d’aPL thromboses associées à un allongement des tests de coagulation Sujets asymptomatiques, notamment entourage familial de SAPL lié à la présence d’un anticoagulant circulant de type lupique, Maladies auto-immunes ou lupus anticoagulant (LA) [17]. L’association de fausses couches LES sans SAPL répétées et d’événements thrombotiques en présence d’un LA a Polyarthrite rhizomélique, maladie de Horton/pseudopolyarthrite été rapportée dès 1980 par Soulier et Boffa [18]. En 1983, Harris rhizomélique, sclérodermie, syndrome de Gougerot-Sjögren, et al. [19] retrouvent dans le LES une association thrombose et polychondrite, thrombopénie auto-immune, thyroïdite, sclérose en présence d’anticorps anticardiolipine (aCL) détectés par enzyme plaques linked immunosorbent assay (Elisa). Entre 1983 et 1986, de Traitement inducteur nombreuses publications font état de différentes manifestations Procaïnamide, phénothiazines, hydantoïnes, quinidine, hydralazine, cliniques paraissant rattachées à ces différentes variétés d’anti- b-bloquants, interféron a... corps antiphospholipides (aPL) : infarctus cérébral, thrombose Infections des artères rénales ou hépatiques, hypertension artérielle pulmonaire (HTAP), thrombopénie, livedo, myélite transverse, Viroses aiguës, VIH, hépatite C, syphilis, maladie de Lyme, tuberculose, syndrome de Guillain-Barré [20, 21] . Alors que la première paludisme... conférence internationale sur les aPL a lieu à Londres en 1984, Cancers solides, hémopathies malignes, immunoglobulines monoclonales le SAPL est finalement défini par Harris et al. en 1987 comme Divers l’association d’au moins une manifestation clinique à une Sarcoïdose, maladie de Crohn, spondylarthropathies, diabète anomalie biologique. insulinodépendant, insuffisance rénale terminale, insuffisance hépatocellulaire aiguë, éthylisme chronique, maladie périodique, stérilité, CIVD Artériosclérose précoce et accélérée “ Point important CIVD : coagulation intravasculaire disséminée ; SAPL : syndrome antiphos- pholipides ; LES : lupus érythémateux systémique ; VIH : virus de l’immuno- déficience humaine. Définition du syndrome des antiphospholipides selon Harris Association d’une manifestation clinique parmi : ■ Physiopathologie • thrombose veineuse • thrombose artérielle Nouvelle conception des antiphospholipides • pertes fœtales répétées (≥ 2) Ambigu mais consacré par l’usage, le terme générique d’aPL Avec : désigne une famille très hétérogène d’autoanticorps reconnais- une anomalie biologique (au moins une) parmi : sant des phospholipides anioniques ou neutres (« vrais » aPL) • anticoagulant circulant antiprothrombinase (LA) et/ou des protéines qui leur sont associées, qu’elles soient • anticorps anticardiolipine (≥ 20 UGPL ou ≥ 20 UMPL) plasmatiques ou endothéliales. Les aPL détectés dans les tests de • confirmée à deux reprises à au moins 8 semaines coagulation et immunologiques courants, LA et aCL respective- d’intervalle ment, servent de critères biologiques pour le diagnostic du SAPL bien qu’ils possèdent une spécificité médiocre. Des aPL consi- dérés comme un épiphénomène peuvent en effet se rencontrer dans de nombreuses situations cliniques (Tableau 1) qui ne Le SAPL s’individualise du LES dans les années 1987- s’accompagnent généralement pas de thrombophilie. Les aPL 1988 pour rapidement gagner son autonomie. Les années présumés pathogènes (potentiellement thrombogènes) entrent 1990 sont marquées par la découverte de « cofacteurs », protéi- seuls dans le cadre des pathologies auto-immunes représentées nes associées aux phospholipides qui constitueraient en fait la par le SAPL primaire ou secondaire au LES ; ils se caractérisent véritable cible des anticorps [22]. Parmi les différents cofacteurs par une dépendance vis-à-vis de cofacteurs/cibles protéiques identifiés, la b2-glycoprotéine 1 (b2-GPI) est la principale cible pour leur fixation in vitro et in vivo. La reconnaissance de des aCL et de certains LA. La présence chez certains malades protéines liant les phospholipides telles que b2-GP1 (par les aCL ayant fait des thromboses récidivantes d’anticorps anti-b2-GPI et une fraction des LA) et prothrombine (par certains LA), ou isolés a fait proposer le terme de syndrome des encore protéine C, protéine S, annexine V et kininogènes par antiphospholipides/cofacteur [23] . Cette situation apparaît des aPL associés au SAPL mais non détectés par les tests usuels, néanmoins particulièrement rare. a fait évoluer nos conceptions sur l’origine et la pathogénicité La fréquence des aCL dans la population générale et l’aug- de ces anticorps [28]. mentation de leur titre avec l’âge [24] peuvent amener à des diagnostics par excès. C’est pourquoi Alarcon-Segovia [25] a proposé des niveaux différents de probabilité diagnostique : Complexes antigéniques et immunogénicité SAPL défini, probable et douteux selon le nombre de manifes- Nous verrons dans le cadre du diagnostic biologique que la tations cliniques et les taux d’aPL. De nombreuses situations détection directe des anticorps anti-b2-GPI et antiprothrombine cliniques peuvent s’accompagner d’aPL (Tableau 1), mais en est possible en l’absence de tout phospholipide. Pour autant, ces dehors du SAPL primaire et des aPL associés au lupus, ces derniers ne peuvent être relégués au second plan. Les phospho- anticorps sont rarement symptomatiques. Des aPL isolés, lipides incriminés dans le SAPL sont des constituants ubiquitai- totalement asymptomatiques, peuvent être découverts à l’occa- res des membranes cellulaires, organisés en bicouche et classés sion d’un bilan de coagulation préopératoire, d’une consultation selon leur charge nette à pH physiologique. Cette charge est prénuptiale ou dans le cadre de l’enquête familiale d’un patient négative pour la cardiolipine (CL) et la phosphatidylsérine, ayant un SAPL défini [26]. Il n’y a pas lieu de parler de SAPL en neutre pour la phosphatidyléthanolamine (DE). La CL est l’absence d’événement thrombotique et/ou obstétrical. Les présente dans la membrane interne mitochondriale et dans le critères révisés en 1998 dits de Sapporo ont fait l’objet au plasma. Les deux autres sont des aminophospholipides séques- congrès de Sydney d’une actualisation récente [27] et sont trés dans le feuillet interne de la membrane plasmique, puis rapportés plus loin. exposés à la surface de la cellule et des microparticules qui s’en 2 Hématologie © 2013 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 28/03/2013 par SCD Paris Descartes (292681)
  • 3.
    Syndrome des antiphospholipides¶ 13-022-C-10 Tableau 2. Mécanismes d’action potentiels des anticorps antiphospholipides (aPL) [32-38]. Mécanismes Pathologie Cibles des anticorps impliqués Clairance de complexes immuns Syndrome LA-hypoprothrombinémie Prothrombine (anticorps de forte affinité) Inhibition de la voie de la protéine C : Thromboses veineuses – inhibition de l’activation de la protéine C Thrombomoduline ? Prothrombine ? – inhibition de l’activité anticoagulante Protéine C, protéine S, b2-GPI kininogènes, facteur de la protéine C V b2-GPI – déficit fonctionnel en protéine S Inhibition de l’activité de l’antithrombine Thromboses veineuses Protéoglycanes à héparine sulfate Héparine, b2-GPI Inhibition de l’activité anticoagulante Thromboses de la protéine Z [33] Inhibition de l’activité anticoagulante du TFPI [34] b2-GPI Interférence avec la fonction de l’annexine V Obstétricale b2-GPI, annexine V ? Inhibition de la fibrinolyse dépendant du FXII Athérome accéléré b2-GPI Inhibition de l’activation du plasminogène [35] Annexine II (A2) des cellules endothéliales Perturbation de cellules vasculaires [1] Obstétricale + thromboses (artérielles et veineuses) Fixation plaquettaire Thrombopénie Glycoprotéines plaquettaires, CD36 ? Activation plaquettaire b2-GPI, kininogènes Déséquilibre des eicosanoïdes [2] : – production accrue de thromboxane ? – défaut de production de prostacycline Phospholipase A2 ? Activation des monocytes avec expression accrue Thromboses b2-GPI de facteur tissulaire [37] Activation et/ou apoptose des cellules b2-GPI, annexine V ? endothéliales – expression accrue de facteur tissulaire – expression accrue de molécules d’adhésion – production accrue d’endothéline I – perte des propriétés antithrombotiques Effet procoagulant par augmentation de la fixation Prothrombine (anticorps de faible affinité) de prothrombine aux cellules endothéliales [32] Activation du complément C3 et C5 [38] Complications obstétricales, thromboses détachent après stimulation appropriée, à l’origine des réactions • neutralisation du potentiel pathogène (procoagulant) de la enzymatiques en chaîne de la coagulation [29, 30]. Les lipopro- phosphatidylsérine exposée [39] ; téines athérogènes (very low density lipoprotein [VLDL] et low • perturbation de la clairance de particules étrangères, cellules density lipoprotein [LDL]) supportent également l’assemblage du sénescentes ou apoptotiques comme l’ont suggéré plusieurs complexe prothrombinase et la génération de thrombine, et cet études [4, 32] ; effet est augmenté par l’oxydation des acides gras insaturés de • altérations des fonctions cellulaires [31]. leurs phospholipides. Modèles animaux de syndrome Les différentes possibilités d’assemblage de complexes protéo- lipidiques, par exemple du type enzyme-substrat-cofacteur des antiphospholipides (SAPL) [3, 4] catalyseur (facteur Xa-prothrombine-facteur VIII pour le com- Si l’association d’aPL avec des manifestations telles que plexe prothrombinase), où plusieurs protéines sont physique- thromboses ou avortements ne prouve naturellement pas un lien ment associées à l’interface phospholipidique et prises en charge de causalité, le développement de plusieurs modèles murins de par la même cellule présentatrice d’antigène, seraient à l’origine SAPL, spontanés et induits expérimentalement, plaide en faveur des associations d’anticorps contre plusieurs protéines liant les du rôle pathogène de certains de ces anticorps. Des souches de souris lupiques se caractérisent par une réduction de la taille des phospholipides, variables selon les malades. Il est actuellement portées et une thrombopénie, conjointement à l’apparition d’aPL admis que la b2-GPI et autres protéines apparentées, liées à des b2-GP1-dépendants. Le transfert passif d’aPL polyclonaux ou phospholipides rendus accessibles à la suite de l’activation ou de monoclonaux (anti-b2-GPI) à des souris gestantes accroît le taux la mort cellulaire, représentent les cibles in vivo d’aPL. En outre, de résorption fœtale et diminue le poids des placentas. Les certains aPL pourraient pénétrer dans les cellules vivantes et aspects obstétricaux et peut-être neurologiques du SAPL peuvent interagir avec des structures intracellulaires telles que les être reproduits chez la souris par immunisation active avec des endosomes tardifs [31]. Cela ne préjuge en rien des conséquences aPL de malades (par perturbation du réseau idiotypique) ou de la pouvant découler d’une telle interaction : b2-GPI hétérologue. L’effet thrombogène des aPL a été démontré • induction ou aggravation d’un état thrombophilique ou de en étudiant les caractéristiques du thrombus induit par pince- lésions athéromateuses par un ou plusieurs des mécanismes ment de la veine fémorale chez des souris ayant préalablement résumés dans le Tableau 2 [32-38] ; reçu des IgG aPL ou de la b 2 -GPI humaines. L’efficacité de Hématologie 3 © 2013 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 28/03/2013 par SCD Paris Descartes (292681)
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    13-022-C-10 ¶ Syndromedes antiphospholipides nouvelles thérapeutiques (induction d’une tolérance orale à la Tableau 3. b2-GPI par exemple) éventuellement transposables à l’homme Caractéristiques de la b2-glycoprotéine I. peut être testée dans ces modèles animaux. Biochimie Il existe chez l’homme une association étroite entre la 1 chaîne de 326 acides aminés, fortement glycosylée (50 kD) présence d’aPL et les stigmates urinaires ou sanguins de peroxy- 5 domaines répétitifs (I-V) dation lipique et d’hypercoagulabilité. De plus, les malades souffrant de SAPL développent fréquemment une artériosclérose 1 séquence linéaire du domaine V = site de liaison aux phospholipides anioniques et aux cellules précoce, ainsi que des anticorps anti-LDL oxydées, et une fraction des aPL reconnaîtrait des modifications oxydatives des Polymorphisme allélique lipides et/ou de protéines associées dont la b2-GPI [40]. Les liens Forte homologie de séquence entre espèces complexes unissant ces deux pathologies ont été corroborés Concentration plasmatique = 200 mg/l environ (sauf déficit) chez la souris, d’une part dans l’un des modèles précédents de Forme libre et forme associée aux lipoprotéines (apolipoprotéine H) SAPL par l’injection de LDL oxydées, d’autre part dans un Interactions modèle d’athérome par l’immunisation avec de la b2-GPI [4]. Molécules chargées négativement : phospholipides, ADN, héparine Dans chacun des modèles, ces manipulations ont provoqué Particules : l’aggravation de la maladie initiale, ce qui suggère le rôle des – mitochondries, virus, corps apoptotiques anticorps anti-b 2 -GPI dans l’athérome, en accord avec la fixation préférentielle de la b2-GPI aux LDL sous forme oxydée – plaquettes activées, lipoprotéine Lp(a) et à la prise en charge accrue de ces particules par les macro- Cellules épithéliales : récepteurs d’endocytose (mégaline) phages en présence d’anticorps anti-b2-GPI [41]. Fonctions Inhibitrices in vitro : Mécanismes d’action des anticorps – agrégation plaquettaire – activation de la phase contact et de la prékallicréine antiphospholipides (aPL) – génération des facteurs Xa et IIa Un grand nombre de mécanismes pathogéniques potentiels – activité du facteur tissulaire des aPL ont été proposés à partir de systèmes in vitro contenant – interaction entre protéine S et C4b binding protein sérum ou plasma et de populations d’aPL mal définies quant – voie de la protéine C aux spécificités antigéniques reconnues (Tableau 2). Une réévaluation s’impose donc pour étayer l’hypothèse selon In vivo : laquelle des autoanticorps particuliers (ou des combinaisons – anticoagulante ? d’autoanticorps) expliqueraient la gamme des manifestations – antiathérogène ? cliniques observées dans le cadre du SAPL. De plus, certains de – opsonine ? ces anticorps ne sont probablement délétères qu’en présence ADN : acide désoxyribonucléique. d’autres facteurs de risque associés (chirurgie, traumatisme, contraceptifs oraux, immobilisation prolongée, etc.). Étant donné l’hétérogénéité du système, il est possible que différents qu’apparent et trouve, avec les mécanismes précédents, des mécanismes soient impliqués. explications satisfaisantes. Les LA ne se manifestent en effet par Les anticorps anti-b2-GPI étant les plus étroitement liés aux des troubles hémorragiques que dans le cas, assez rare, où ils complications thrombotiques, les caractéristiques biochimi- s’accompagnent d’une thrombopénie sévère ou d’une hypo- ques et fonctionnelles de cette protéine méritent d’être prothrombinémie acquise, traduction de la présence d’anticorps inventoriées (Tableau 3). L’affinité de la b 2 -GPI pour des antiprothrombine de forte affinité se complexant avec la membranes riches en phosphatidylsérine, relativement faible prothrombine circulante et l’éliminant. dans les conditions physiologiques de concentration saline et calcique, est fortement majorée en présence d’anticorps anti-b2- ■ Épidémiologie GPI se fixant de façon bivalente par leur fragment Fab préféren- tiellement sur le domaine I de la b2-GPI après un changement Si la prévalence du SAPL n’est pas aujourd’hui encore bien conformationnel [36]. Les complexes b2-GPI-anti-b2-GPI ainsi connue, il semble exister une prédisposition génétique suggérée stabilisés à l’interface phospholipidique peuvent interférer avec par certaines études familiales ou la découverte dans la famille la fixation d’autres protéines de la coagulation en affectant d’un patient atteint de porteurs sains, voire d’autres cas de les mécanismes hémostatiques qui en dépendent [3]. À titre SAPL. Certains sous-groupes HLA de classe II pourraient être d’exemple, les anticorps anti-b2-GPI et la b2-GPI pourraient, de déterminants, mais apparaissent différents en fonction des manière synergique, inhiber les fonctions anticoagulantes de la populations étudiées. Il existe de toute manière sans doute protéine C activée et de l’annexine V (protéine anticoagulante plusieurs gènes de susceptibilité, des études de large cohorte placentaire I), à l’origine respectivement de thromboses veineu- sont en cours [44]. ses et d’infarctus placentaires. Formés à la surface de cellules La série européenne constituée de 1 000 patients atteints de endothéliales, ces mêmes complexes b2-GPI-anti-b2-GPI indui- SAPL nous apporte des données épidémiologiques plus précises de cette pathologie. La cohorte comprend 82 % de femmes et 18 % sent leur activation, appréciée par la sécrétion d’interleukine 6, d’hommes, d’âge moyen à l’entrée dans l’étude de 42 ans. Le sex- l’expression de molécules d’adhésion et l’adhérence de mono- ratio F/H est moindre si le SAPL est primaire que s’il est associé cytes. Ces complexes divalents interagissent via le domaine V de au LES (3,5 contre 7) [45]. Le SAPL est primaire dans 53,1 % des la b2-GPI avec un récepteur plaquettaire de la famille des LDL cas, est associé au LES dans 36,2 % des cas et est associé plus récepteurs, l’ApoER2’ induisant une activation plaquettaire rarement au lupus-like syndrome (5 %), au syndrome de Sjögren médiée par la voie de la Map38 kinase [42, 43]. C’est également (2,2 %), à la polyarthrite rhumatoïde (1,8 %), à la sclérodermie par la voie de la Map38 kinase que ces anticorps induisent une systémique (0,7 %), à la vascularite systémique (0,7 %) et aux augmentation de l’expression de facteur tissulaire par les dermatomyosites (0,5 %). Au cours du LES, la prévalence du LA monocytes [37]. Par ailleurs, des anticorps antiprothrombine varie de 12 à 30 % et celle des aCL de 15 à 34 % [46]. Un polyclonaux et monoclonaux majorent la fixation de authentique SAPL survient au cours du lupus chez environ 50 à prothrombine à des cellules endothéliales et la quantité de 70 % des patients ayant des aPL si le recul et le suivi vont thrombine générée dans ce système [32]. jusque 20 ans [46]. S’il est classique de considérer que les patients Ainsi, le paradoxe entre l’allongement parfois considérable de ayant un SAPL primaire sont à risque d’évoluer vers le LES, en certains tests de coagulation in vitro dû à l’interférence des LA réalité, cette évolution est rare (8 % des cas après un suivi avec la fonction procoagulante des phospholipides (facteur moyen de 8,2 ans) [47]. En analyse multivariée, seule la positivité limitant des étapes d’activation du facteur X et de la prothrom- du test de Coombs était prédictive d’une évolution du bine) et l’augmentation du risque thrombotique in vivo n’est SAPL primaire vers le LES (odds ratio [OR] = 66,4 ; 4 Hématologie © 2013 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 28/03/2013 par SCD Paris Descartes (292681)
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    Syndrome des antiphospholipides¶ 13-022-C-10 IC 95 % = 1,6-2,714). Dans la population générale, la prévalence Thromboses veineuses des aPL est de l’ordre de 5 %, tant pour le LA que pour les aCL [46, 48]. Chez le sujet âgé sain, cette prévalence des aCL à Ce sont de loin les plus fréquentes. Les territoires profonds titre faible peut aller jusqu’à plus de 50 % alors que le LA reste veineux des membres inférieurs sont plus souvent concernés, exceptionnel et constitue le meilleur marqueur biologique de mais tous les sites sont possibles. L’attention doit être attirée SAPL chez le sujet âgé [49]. L’association SAPL et thrombose vers un SAPL d’autant plus que la thrombose veineuse survient veineuse est bien établie, une méta-analyse soulignant que cette dans un territoire inhabituel : veine cave supérieure ou infé- association est plus forte avec le LA qu’avec les aCL [50]. Si les rieure, veines rénales, veines surrénales, veines mésentériques, études sont plus contradictoires pour la survenue de thromboses veine porte ou veines sus-hépatiques, veines rétiniennes ou artérielles, chez le sujet jeune, la présence d’aPL constitue un veines des sinus veineux cérébraux ou veines superficielles, en authentique facteur de risque de survenue d’un premier infarc- l’absence de varices. La présence d’aPL constitue non seulement tus cérébral ou du myocarde [48, 51]. En rassemblant les données un risque de premier épisode thrombotique veineux, mais aussi de la littérature publiées entre 1988 et 2000, associant les études un risque important de récidive [53]. Associé au LES, le SAPL cas-contrôles, transversales, prospectives, Galli et al. [52] mon- peut s’exprimer pour la première fois à tout âge. La thrombose trent que la présence d’un LA est significativement associée aux veineuse est toujours multifactorielle, c’est pourquoi il ne infarctus cérébraux et aux thromboses veineuses profondes avec faudrait pas, sous prétexte d’une grossesse, d’un alitement ou de un IC 95 % significatif et un odds-ratio entre 4,9 et 16,2. Pour la prise d’œstroprogestatifs, négliger la recherche d’aPL si le les aCL, les études montrent une association au risque de phénomène thrombotique survient avant l’âge de 50 ans et bien thrombose artérielle et/ou veineuse avec un OR allant jusqu’à sûr si un LES est associé. 3,66, mais un IC 95 % pas toujours significatif. Les travaux prenant en compte le titre des aCL ont pu cependant établir Thromboses artérielles une relation effet-dose. La thrombose peut concerner tous les territoires artériels quel ■ Clinique que soit le calibre vasculaire, des gros vaisseaux à la microcircu- lation. Le système nerveux central est plus fréquemment La thrombose observée au cours du SAPL a la particularité de concerné. Il peut s’agir d’accidents ischémiques transitoires ou survenir sur une paroi vasculaire saine, indemne de toute constitués. Le territoire carotidien est plus souvent touché que infiltration cellulaire. Parfois, le thrombus se constitue sur une le territoire vertébrobasilaire. Le syndrome de Sneddon est une lésion athéromateuse, les aPL apparaissent alors comme un entité particulière du sujet jeune qui associe livedo et infarctus facteur précipitant. Tous les territoires vasculaires peuvent être cérébral. Les aPL y sont présents près d’une fois sur deux et le touchés : artères (quel qu’en soit le calibre), artérioles, capillai- risque de récidive est important en l’absence de traitement avec res, veinules, veines profondes ou veines superficielles. Cela une évolution possible vers la démence vasculaire [54]. L’image- explique la diversité des tableaux cliniques observés (Tableau 4). rie par résonance magnétique nucléaire (IRM) cérébrale avec Tableau 4. Multiples facettes cliniques du syndrome des antiphospholipides (SAPL) [46]. Atteinte viscérale Atteinte thromboembolique des gros vaisseaux Microangiopathie thrombotique Artérielle Thrombose de l’aorte, des artères axillaires, carotides, hépatiques, des axes ilio-fémoro-mésentériques, des artères pancréatiques, poplitées, spléniques ou des artères sous-clavières Cardiaque Angor, infarctus du myocarde, végétations valvulaires, anomalies valvulaires, Infarctus du myocarde, microthrombi thrombi intracardiaques, endocardite de Libman-Sacks, embolie périphérique, myocardiques, myocardite, anomalies athérosclérose valvulaires Peau Thrombophlébite superficielle, hémorragies en flammèche, ulcères Livedo réticulaire, gangrène de jambe, ischémie cutanée distale, infarctus cutané, orteils pourpres, superficielle, purpural, ecchymoses, acrocyanose nodules sous-cutanés Glandes endocrines ou organes Infarctus surrénal, insuffisance surrénale, infarctus testiculaire, infarctus de reproduction prostatique, nécrose de la glande pituitaire, de la glande hypophyse Appareil digestif Syndrome de Budd-Chiari, infarctus hépatique, infarctus intestinal, infarctus Infarctus ou gangrène intestinal, splénique, perforation œsophagienne, colite ischémique, infarctus de vésicule hépatique, pancréatique ou splénique biliaire sans maladie lithiasique, pancréatite, ascite Manifestations hématologiques Thrombopénie, anémie hémolytique, syndrome hémolytique et urémique, CIVD (syndrome catastrophique purpura thrombopénique thrombocytémique des antiphospholipides) Divers Perforation de la cloison nasale et ostéonécrose aseptique Neurologique Accident ischémique transitoire, accidents cérébraux thrombotiques Microthrombi ou micro-infarctus ou emboliques, chorée, convulsions, démence multi-infarctus, myélite transverse, encéphalopathie, migraine, pseudo-tumor cerebri, thrombose veineuse cérébrale, mononévrite multiple, amaurose transitoire Obstétricale Pertes fœtales, retard de croissance intra-utérin, HELLP syndrome, oligoamnios, insuffisance utéroplacentaire, prééclampsie Ophtalmologique Thrombose des artères rétiniennes, thrombose des veines rétiniennes, amaurose Rétinite transitoire Pulmonaire Embolie pulmonaire, HTAP, thrombose artérielle pulmonaire ou hémorragies Syndrome de détresse respiratoire aiguë alvéolaires ou hémorragies alvéolaires Rénale Thrombose des veines rénales, thrombose des artères rénales, infarctus rénal, Insuffisance rénale aiguë par hypertension, insuffisance rénale aiguë ou chronique, protéinurie, hématurie microangiopathie thrombotique ou syndrome néphrotique ou hypertension artérielle Veineuse Thrombose veineuse profonde des membres, thrombose veineuse surrénalienne, hépatique, mésentérique de la veine porte, de la veine splénique ou de la veine cave inférieure CIVD : communication intravasculaire disséminée ; HTAP : hypertension artérielle pulmonaire ; HELLP : haemolysis, elevated liver enzymes, low platelet count. Hématologie 5 © 2013 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 28/03/2013 par SCD Paris Descartes (292681)
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    13-022-C-10 ¶ Syndromedes antiphospholipides Tableau 5. retrouvées sont assez similaires à celles observées au cours du Principales manifestations neurologiques associées aux anti- LES : épaississement valvulaire, lésions nodulaires irrégulières, phospholipides (aPL) [9]. végétations, fuite ou sténose. L’atteinte valvulaire est d’autre part significativement corrélée au titre des aCL. Les atteintes Atteinte vasculaire cérébrale : valvulaires sont par fréquence surtout mitrales puis aorti- – accident ischémique transitoire ques [62]. L’endocardite « verruqueuse atypique » de Libman- – infarctus cérébral Sachs, considérée comme caractéristique du LES, est aujourd’hui – encéphalopathie aiguë ischémique plutôt assimilée à une atteinte liée aux aPL (cf. « Cœur et – thrombose veineuse cérébrale lupus »). Épilepsie Le suivi évolutif des patients atteints de SAPL est aussi Céphalées particulièrement intéressant [62]. Dans ce travail, les auteurs ont fait une échocardiographie transœsophagienne à 56 de leurs Chorée patients atteints de SAPL, un épaississement valvulaire était Fibroses multiloculaires retrouvé chez 34 d’entre eux (61 %), cinq avaient un aspect Myélite transverse d’endocardite de Libman-Sachs. Au cours des cinq années de Hypertension intracrânienne idiopathique suivi, trois patients sont décédés (un de complication hémorra- Autres manifestations neurologiques : gique après valvuloplastie, un d’infarctus du myocarde et un de – perte auditive défaillance viscérale multiple avec coagulation intravasculaire – syndrome de Guillain-Barré disséminée [CIVD]). À 5 ans, l’échocardiographie était inchan- gée chez 30 patients (64 %) et de nouvelles anomalies étaient – ictus amnésique retrouvées chez 17 patients (36 %). Les patients ayant des titres – syndromes oculaires élevés d’aCL étaient plus à risque de développer de nouvelles – syndrome dystonique, syndrome parkinsonien lésions cardiaques. Le traitement anticoagulant et les antiagré- Troubles des fonctions cognitives gants plaquettaires apparaissent inefficaces pour prévenir de Démence nouvelles lésions ou pour faire régresser les lésions valvulaires Autres manifestations psychiatriques : existantes. Ni les corticoïdes ni les médicaments immunosup- presseurs semblent pertinents dans cette indication [61]. Parfois, – dépression l’atteinte valvulaire est sévère et nécessite un remplacement – psychose valvulaire, cela concerne environ 4 à 6 % des patients. Le risque chirurgical apparaît élevé puisque la mortalité immédiate est de séquences T2 et séquences fluid attenuated inversion recovery l’ordre de 20 % [63]. Comme pour les atteintes valvulaires du (FLAIR) est l’examen de choix pour mettre en évidence les LES, une antibiothérapie prophylactique est recommandée avant infarctus cérébraux (parfois silencieux). L’IRM retrouve aussi tout soin dentaire, tout acte portant sur les voies aériennes assez fréquemment des hypersignaux de petite taille (de signifi- supérieures ou toute procédure chirurgicale dès lors qu’il existe cation incertaine) dans la substance blanche corticale ou sous- une atteinte valvulaire significative cliniquement ou à corticale [55] et plus rarement une atrophie cérébrale. Les aPL l’échographie. sont reconnus aujourd’hui comme un véritable facteur de risque indépendant d’accident ischémique cérébral [56] avec un risque Manifestations coronariennes important de récidive rapidement après un premier épisode en Les atteintes coronaires observées au cours du SAPL relèvent l’absence de traitement [57]. Ce risque chez un individu donné de deux mécanismes principaux la thrombose et l’athérosclérose est huit fois plus élevé lorsque des aPL sont présents [58]. De accélérée. Dans une étude portant sur 4 081 hommes sains d’âge nombreuses manifestations neurologiques ont été rapportées moyen, Vaarala et al. avaient montré que la présence d’un titre associées aux aPL (Tableau 5). Toutes les manifestations rappor- élevé d’aCL était un facteur de risque indépendant de survenue tées n’ont cependant pas un support thrombotique, il s’agit d’infarctus du myocarde (IDM) ou de décès d’origine cardiaque. parfois de simple association comme par exemple au cours de Ce risque relatif était de l’ordre de 2,0. C’est un risque indépen- la fibrose multiloculaire [59] . En cas d’infarctus cérébral, le dant des facteurs confondants comme l’âge, le tabac, la pression mécanisme peut être embolique à point de départ cardiaque artérielle, le taux de LDL ou de high density lipoprotein (HDL). La (cf. paragraphe « Manifestations cardiaques »). L’échodoppler prévalence des aPL chez des patients faisant un IDM est de cardiaque fait donc partie des examens nécessaires et indispen- l’ordre de 5 à 15 % [64]. La persistance d’un titre élevé d’aCL sables dans le SAPL avec thrombose artérielle. constitue même un facteur de risque indépendant de récidive d’événement cardiaque conférant un risque relatif équivalent à Manifestations cardiaques celui d’un tabagisme actif ou d’un diabète [65]. Si la recherche Les principales manifestations cardiaques rapportées en systématique d’aPL chez tout patient faisant un IDM n’est pas association aux aPL sont les anomalies valvulaires, les thrombo- indiquée, en revanche, elle est nécessaire dans les conditions ses coronaires et l’athérosclérose coronaire, les hypertrophies suivantes : sujet âgé de plus 45 ans, antécédents de thrombose ventriculaires et dysfonctions ventriculaires, les thrombi artérielle ou veineuse ou de perte fœtale à répétition, et sujets intracardiaques, l’hypertension artérielle pulmonaire et les ayant des antécédents familiaux de maladies auto-immunes, en complications cardiaques du syndrome catastrophique du SAPL. particulier le lupus. En outre, il a été retrouvé une corrélation entre le titre des Atteintes valvulaires aCL et les anticorps anti-LDL oxydés. Les anticorps anti-LDL L’atteinte valvulaire cardiaque est la plus fréquente des oxydés sont considérés comme des marqueurs d’athérosclérose. manifestations cardiaques. Elle est décrite chez 11,6 % des La présence d’aCL et d’anticorps anti-LDL oxydés semble 1 000 patients de l’étude Euro-APS [45, 60] , soulignant la conférer à ces deux anticorps un risque additif d’IDM. fréquence d’une telle atteinte au cours du SAPL primaire et La présence d’anticorps anti-LDL oxydées a pu être confirmée rapportant 32 à 38 % de lésions valvulaires pour moins de au cours du SAPL primaire ou secondaire au LES soulignant 5 % des témoins. Dans cette même étude, les résultats pour l’importance des phénomènes d’athérosclérose chez ces patients. le SAPL secondaire au LES sont comparables et retrouvent 14 Ces phénomènes d’athérosclérose sont vraisemblablement à 65 % d’atteintes valvulaires contre 0 à 40 % chez les secondaires à la réaction croisée entre aCL et anti-LDL oxydées, témoins. à l’internalisation des LDL oxydées en présence d’anticorps anti- En utilisant l’échographie transœsophagienne, technique plus b2-GP1 et aux immuns complexes formés qui sont, eux aussi, sensible pour dépister les atteintes valvulaires, Turiel et al. internalisés par les macrophages dans la paroi endothéliale, retrouvaient des anomalies valvulaires chez 31 des 40 patients aggravant le développement de la plaque d’athérome. Par étudiés atteints de SAPL (82 %). Plusieurs études ont montré ailleurs, en particulier au cours du LES, des anticorps anti-HDL une forte association entre l’existence de lésions valvulaires et ont pu être mis en évidence [66]. Leur titre est inversement la survenue d’infarctus cérébraux [61]. Les anomalies valvulaires corrélé à l’activité de la paraoxonase, enzyme diminuant la 6 Hématologie © 2013 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 28/03/2013 par SCD Paris Descartes (292681)
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    Syndrome des antiphospholipides¶ 13-022-C-10 peroxydation lipidique et donc la formation de la plaque fréquence des aPL chez les patients porteurs d’une hypertension d’athérome. L’activité de cette enzyme est abaissée chez les pulmonaire postembolique varie entre 10 et 20 %. Au cours du patients porteurs d’aCL dans plusieurs études, qu’ils aient un LES, l’hypertension pulmonaire est significativement associée SAPL primaire ou secondaire [66]. De plus, au cours du LES avec aux aPL [25]. De plus, ces aPL ne semblent pas être simplement aPL, on note un profil proathérogène associant une baisse du satellites de l’hypertension pulmonaire comme le suggère leur HDL-cholestérol et de l’apolipoprotéine A1 qui est vraisembla- fréquence bien plus élevée en présence d’une hypertension blement lié à une activité anti-HDL et anti-ApoA1 des ACL [67]. pulmonaire postembolique qu’en présence d’une HTAP idiopa- Une insuffisance coronarienne est aussi possible, elle peut thique. Plus rarement, une hypertension artérielle portopulmo- précéder ou suivre la survenue d’un IDM [64]. Un angor instable naire ou une hypertension pulmonaire par maladie veino- peut aussi être un mode de présentation du SAPL. Dans l’étude occlusive peut aussi survenir chez des patients ayant des Euro-APS portant sur 1 000 sujets, les signes d’angor étaient aPL [69]. Le sombre pronostic des hypertensions pulmonaires retrouvés chez 2,7 % des patients [45]. postemboliques observées au cours du SAPL nécessite une forte anticoagulation (INR ≥ 3). Hypertrophie et dysfonction ventriculaire La thromboendartériectomie pulmonaire semble avoir sa Les données concernant le SAPL et la fonction ventriculaire place s’il existe une atteinte proximale. L’évolution bien sont peu nombreuses. souvent fatale [70] justifie, en l’absence d’indication opératoire, Fonction ventriculaire droite l’utilisation du bosentan (antagoniste des récepteurs de l’endo- théline), voire de l’époprosténol. Tektonidou et al. en 2001 [68] soulignent que les patients porteurs d’un SAPL primaire ou secondaire au LES ont une Cas particulier du syndrome catastrophique altération significative de la fonction diastolique du ventricule des antiphospholipides droit, en particulier pour le SAPL primaire. De plus, l’ancienneté du SAPL, la présence d’une hypertension pulmonaire, le titre Il existe une forme bien particulière de syndrome des anti- d’aCL IgG sont corrélés positivement à l’altération de la phospholipides, le syndrome catastrophique qui touche moins fonction diastolique du ventricule droit. de 1 % des SAPL (voir infra). À ce jour, plus de 200 cas ont été répertoriés. Contrairement à la forme classique, il s’exprime par Fonction ventriculaire gauche une défaillance multiviscérale secondaire à une atteinte throm- Au cours du SAPL primaire, il existe aussi des anomalies de botique diffuse de la microcirculation. Une atteinte cardiaque la fonction diastolique du ventricule gauche, ainsi que de son est présente chez 51 % des patients surtout à type d’atteinte remplissage. Cependant, ces résultats doivent être considérés valvulaire (mitrale ou aortique). Des signes d’infarctus du avec prudence, d’autres facteurs confondants existent que ce myocarde sont retrouvés chez 25 % des patients, une insuffi- soit les valvulopathies associées ou l’ischémie coronarienne. sance cardiaque chez 3 % d’entre eux. La survie n’étant que de On a décrit au cours du SAPL primaire des thromboses de la l’ordre de 50 %, la prise en charge thérapeutique doit être microcirculation myocardique à l’origine de tableaux d’IDM à agressive, associant une héparinothérapie, une corticothérapie à coronarographie normale. Ces thromboses du réseau microcir- forte dose, des immunoglobulines polyvalentes, voire des culatoire peuvent entraîner une hypertrophie myocardique et échanges plasmatiques. une dysfonction myocardique. Bien entendu, les atteintes valvulaires sont aussi une cause possible d’hypertrophie et de dysfonction ventriculaire, de même que les accidents throm- Syndrome obstétrical boemboliques peuvent être source de défaillance ventriculaire La forme obstétricale du SAPL, en général conséquence de droite. l’ischémie placentaire, est aujourd’hui bien individualisée et se Sur le plan thérapeutique, le traitement doit être symptoma- caractérise par des pertes fœtales, embryonnaires, mais peut tique, c’est-à-dire qu’il doit traiter l’hypertension artérielle, la aussi donner un tableau clinique d’éclampsie [71]. Les critères défaillance myocardique et l’atteinte coronaire. diagnostiques ont été précisés à l’occasion de la conférence de Sapporo et adaptés récemment (Tableau 6) [72]. Tant dans les Thrombus intracardiaque modèles expérimentaux animaux que chez la femme enceinte, Au cours du SAPL, qu’il soit primaire ou secondaire au LES, l’ischémie placentaire est liée à des infarctus localisés. Les des thrombi intracardiaques peuvent se développer dans toutes anticorps anti-b 2 -GPI sont de plus capables de provoquer les cavités cardiaques. C’est une manifestation rare, rapportée expérimentalement des pertes fœtales [73] et les aPL dans seulement 0,4 % dans l’étude Euro-APS [45]. b2-dépendants ou indépendants peuvent gêner l’implantation Les thrombi intracardiaques sont habituellement retrouvés à normale dans l’utérus des cellules trophoblastiques. Les femmes l’occasion d’une complication embolique. Les cavités droites porteuses d’aPL qui ont fait une première perte fœtale ont sont plus souvent concernées que les gauches, à l’inverse des moins de 10 % de chance de mener spontanément une gros- atteintes valvulaires. Si les aPL contribuent à la formation de ces sesse ultérieure à terme. En revanche, avec l’association aspirine- thrombi, le mécanisme précis de leur formation est peu clair. héparine, les chances de succès de mener à bien une grossesse L’échographie transœsophagienne peut être mise en défaut car atteignent 80 % [74]. Parmi les femmes qui ont eu des fausses les thrombi des cavités droites sont parfois difficiles à bien couches à répétition, environ 15 % ont des aPL. Leur rattache- repérer. En outre, il peut être impossible de les différencier du ment au SAPL paraît discutable, surtout s’il n’existe que des aCL myxome, dans ce cas, l’imagerie par résonance magnétique isolés à taux faibles. La relation avec le SAPL est plus probable : (IRM) cardiaque est utile. Après injection de gadolinium, le • si l’interruption de grossesse survient au cours du 2e trimes- myxome se rehausse en T2 habituellement, alors que le throm- tre ; bus non. • si les aPL persistent à un titre élevé ; La découverte d’un thrombus intracardiaque amène à propo- • si l’analyse du placenta montre des lésions de vasculopathies ser une anticoagulation « agressive » qui peut permettre la thrombotiques avec infarctus [75]. disparition complète du thrombus. Dans le cas contraire, une Le risque relatif de prééclampsie chez la femme atteinte de exérèse chirurgicale peut être nécessaire, mais les risques SAPL est de 9,7. Le doppler utéroplacentaire est un bon outil chirurgicaux chez ces patients amènent à avoir une attitude prédictif de ce risque. La persistance de résistance élevée dans le plutôt attentiste en maintenant s’il le faut l’héparine en réseau vasculaire utérin est fortement corrélée au risque de intraveineux (i.v.) pendant 15 jours à 3 semaines. Ces patients prééclampsie, ainsi que la présence en doppler d’incisure nécessitent ultérieurement un traitement par AVK au long cours. protodiastolique (ou notch) [76] . L’échodoppler des artères utérines réalisé entre la 22e et la 24e semaine d’aménorrhée a Hypertension artérielle pulmonaire une sensibilité de 25 % et une spécificité de 94 %, une valeur La fréquence de l’hypertension pulmonaire est estimée à prédictive positive de 40 % et une valeur prédictive négative de 1,8 % des SAPL secondaires au LES et à 3,5 % des SAPL primai- 89 % pour la survenue d’une prééclampsie en cas de présence res. Cette fréquence est de 2,2 % dans Euro-APS [45]. Il s’agit le de notchs bilatéraux. Il est vraisemblable que certains cas de plus souvent d’une hypertension pulmonaire postembolique. La HELLP syndrome (haemolysis, elevated liver enzymes, low Hématologie 7 © 2013 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 28/03/2013 par SCD Paris Descartes (292681)
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    13-022-C-10 ¶ Syndromedes antiphospholipides Tableau 6. Critères actualisés préliminaires de Sapporo de classification du syndrome des antiphospholipides (SAPL) [27, 72]. Critères cliniques 1. Thrombose vasculaire Au moins un épisode de thrombose veineuse ou artérielle ou des petits vaisseaux dans n’importe quel organe. La thrombose doit être confirmée par des méthodes objectives validées (imagerie ou histologie). En cas de confirmation histologique, la thrombose doit être présente sans signe inflammatoire de la paroi vasculaire. 2. Morbidité obstétricale a. Une ou plusieurs pertes fœtales survenant à 10 semaines de grossesse ou au-delà, le fœtus étant morphologiquement normal sur les données d’ultrasons ou lors de l’examen direct. b. Une ou plusieurs naissances prématurées d’un nouveau-né morphologiquement normal avant la 37e semaine de grossesse, suite : (i) à une éclampsie ou à une sévère éclampsie ou (ii) à une insuffisance placentaire documentée. OU c. 3 avortements spontanés ou plus survenant avant 10 semaines de grossesse après exclusion de toutes causes anatomiques ou hormonales maternelles et de toutes causes chromosomiques d’origine parentale. Critères biologiques 1. Présence d’un lupus anticoagulant à au moins 2 déterminations espacées d’au moins 12 semaines. 2. Présence d’anticorps anticardiolipine (aCL) de type IgG ou de type IgM dans le sérum ou dans le plasma à des titres intermédiaires ou élevés (c’est-à-dire > 40 U GPL ou MPL, ou > 99e percentile), à 2 occasions au moins espacées d’au moins 12 semaines, utilisant une méthode Elisa standardisée. 3. Présence d’anticorps anti-b2-GPI IgG ou IgM dans le sérum ou dans le plasma (à un titre > 99e percentile), à au moins 2 occasions espacées d’au moins 12 semaines, utilisant une méthode Elisa standardisée. Le diagnostic ne peut être retenu s’il y a moins de 12 semaines ou plus de 5 ans entre les manifestations cliniques et la positivité des antiphospholipides. La présence de facteurs thrombophiliques héréditaires ou acquis n’élimine pas le diagnostic de SAPL. Cependant, on peut identifier deux sous-groupes de SAPL : – présence – absence de facteur de risque surajouté de thrombose À titre indicatif, ces facteurs de risque sont : l’âge > 55 ans chez l’homme et > 65 ans chez la femme, présence d’un facteur de risque cardiovasculaire (HTA, diabète, augmentation des LDL ou taux bas d’HDL cholestérol, tabac, antécédents familiaux de maladie cardiovasculaire précoce, IMC ≥ 30, microalbuminurie, filtration glomérulaire < 60 ml/min), thrombophilie héréditaire, prise d’estroprogestatifs, syndrome néphrotique, cancer, immobilisation, chirurgie. L’existence de thrombose veineuse superficielle n’est pas considérée comme un critère diagnostique. Les patients atteints de SAPL doivent être classés en différentes catégories : – catégorie I : plus d’un critère biologique présent (quelle que soit la combinaison) – catégorie IIa : lupus anticoagulant présent isolément – catégorie IIb : anticorps anticardiolipine présents isolément – catégorie IIc : anticorps anti-b2-GPI présents isolément LDL : low density lipoprotein ; HDL : high density lipoprotein ; IMC : indice de masse corporelle ; HTA : hypertension artérielle ; IgG : immunoglobuline G ; Elisa : enzyme linked immunosorbent assay. platelet count syndrome) soient liés aux aPL. Cette variété de Tableau 7. microangiopathie thrombotique, classiquement reliée à un état Principales manifestations cliniques du syndrome catastrophique des prééclamptique, associe hémolyse, cytolyse hépatique et throm- antiphospholipides (Asherson RA, Cervera R, Piette JC, Shoenfeld Y, bopénie. Les femmes ayant fait un SAPL obstétrical semblent Espinosa G, Petri MA, et al. Medicine [Baltimore] 2001;80:355-77). constituer un groupe à risque de survenue d’accident thrombo- tique artériel ou veineux ultérieur. Certains auteurs conseillent Pourcentage de maintenir l’aspirine après la grossesse si le tableau biologique Atteinte cardiopulmonaire 25 % reste caractéristique [77]. Dyspnée ou insuffisance 13 % respiratoire aiguë Syndrome catastrophique Douleurs thoraciques 5% Le syndrome catastropique des aPL est une forme particu- Embolie pulmonaire 4% lière de SAPL caractérisée par une défaillance multiviscérale Insuffisance cardiaque 3% liée à une microangiopathie thrombotique. Le tableau clini- Infarctus du myocarde 1% que s’installe en quelques jours ou en quelques semaines. Atteinte du système nerveux 22 % Asherson et al. rapportent les données cliniques et épidémio- central logiques de ce syndrome à partir de 80 cas publiés (Asherson Douleurs abdominales 14 % RA, Cervera R, Piette JC, Shoenfeld Y, Espinosa G, Petri MA, et al. Medicine [Baltimore] 2001;80:355-77). Il s’agit de Atteinte rénale 14 % femmes dans 79 % des cas, l’âge moyen est de 37 ans, dans Insuffisance rénale 13 % 46 % des cas un lupus systémique est associé, dans 41 % des Hématurie 1% cas il s’agit d’un SAPL primaire (6 % de lupus-like syndrome, Atteinte cutanée 9% 3 % de sclérodermie systémique, 1 % de polyarthrite rhuma- Nécrose digitale ou gangrène 5% toïde, 1 % de polychondrite atrophiante et 1 % de rectocolite Ulcères 3% hémorragique). Un facteur précipitant est retrouvé dans 65 % Purpura 1% des cas : infections : 35 % des cas ; intervention chirurgicale, traumatisme : 13 % ; cancer : 8 % ; réduction des doses d’anti- Fièvre 10 % coagulant ou INR bas : 8 % ; complications obstétricales : 6 % ; Autres manifestations poussées lupiques : 5 % ; contraceptifs oraux : 3 %. La présen- Douleurs des jambes 4% tation clinique de ces cas est rapportée dans le Tableau 7. Thrombose artérielle 1% Quatre-vingt-six pour cent des patients avaient des aCL IgG Thrombose viscérale multiple 1% et 68 % un LA. Une anémie hémolytique était constatée dans Insuffisance surrénale 1% 39 % des cas, une thrombopénie dans 60 % des cas, des 8 Hématologie © 2013 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 28/03/2013 par SCD Paris Descartes (292681)
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    Syndrome des antiphospholipides¶ 13-022-C-10 Tableau 8. Manifestations hémorragiques Critères préliminaires de classification du syndrome catastrophique des antiphospholipides [78]. L’infarctus hémorragique de la glande surrénale (par throm- bose veineuse surrénale) est à l’origine d’un syndrome doulou- Critères reux abdominal ou lombaire. Plusieurs cas ont été rapportés au 1. Mise en évidence de l’atteinte d’au moins 3 organes, systèmes et/ou cours du SAPL [84-86]. Les formes bilatérales peuvent entraîner un tissus a hypocorticisme définitif qui peut être un mode inaugural du 2. Survenue simultanée des différentes atteintes ou en moins de SAPL, parfois fatal s’il n’est pas rapidement reconnu. Dans 1 semaine d’autres cas, l’hémorragie surrénalienne survient alors qu’un 3. Confirmation histologique de l’occlusion des petits vaisseaux dans traitement anticoagulant est en cours en dehors parfois de tout au moins un organe ou tissu b surdosage [85]. 4. Confirmation biologique de la présence d’anticorps Des syndromes hémorragiques ont été rapportés dans certains antiphospholipides (LA et/ou aCL et/ou anticorps anti-b2-GP1) c cas de SAPL, s’accompagnant d’anticorps antiprothrombine Syndrome catastrophique des antiphospholipides défini puissants à l’origine d’une baisse acquise du taux de prothrom- bine (syndrome LA-hypoprothrombinémie) [87, 88]. Il y a une → Les 4 critères sont rassemblés place dans ce syndrome pour la corticothérapie par voie Syndrome catastrophique des antiphospholipides probable générale. → Les 4 critères sont rassemblés, mais seulement 2 organes, systèmes Plusieurs cas d’hémopéritoine d’origine ovarienne ont été et/ou tissus sont concernés rapportés chez des femmes atteintes de SAPL et traitées par AVK → Les 4 critères sont rassemblés, mais la confirmation biologique de sans surdosage évident. Il s’agit le plus souvent d’une compli- la persistance à 6 semaines des anticorps antiphospholipides n’a pu être cation de l’ovulation par rupture d’un kyste du corps jaune ou réalisée du fait de la mort précoce du patient ou de l’absence de test d’un kyste fonctionnel ovarien parfois favorisé par les avant la survenue du syndrome catastrophique des antiphospholipides microprogestatifs [89]. → 1, 2 et 4 → 1, 3 et 4 et survenue d’un 3e événement plus de 1 semaine, mais moins de 1 mois, avant les premières manifestations, malgré le traitement anticoagulant ■ Biologie LA : lupus anticoagulant ; aCL : anticorps anticardiolipines. L’hétérogénéité des aPL a pour corollaire de nécessiter la mise a Mise en évidence clinique d’occlusion vasculaire, confirmée par des techniques en œuvre de plusieurs tests de détection et de rendre leur d’imagerie appropriées. L’atteinte rénale se définit comme une augmentation standardisation très difficile. Les tests de détection des aPL d’au moins 50 % du taux de la créatininémie, l’apparition d’une hypertension utilisés à titre diagnostique, avec les réserves et recommanda- artérielle sévère (> 180/100 mmHg) et/ou d’une protéinurie (> 500 mg/24 h). b La confirmation histologique signifie la mise en évidence d’un phénomène de tions émises dans le Tableau 6, dépendent des phospholipides. thrombose bien qu’un processus de vascularite puisse occasionnellement Il s’agit de tests de coagulation pour les LA et de tests immu- coexister. nologiques type Elisa pour les aCL et les anti-b2-GPI qui doivent c Si le patient n’a jamais eu de test biologique au préalable, les anticorps être pratiqués conjointement, une seule variété d’anticorps antiphospholipides doivent être confirmés à au moins deux reprises, espacées d’au moins 6 semaines (pas nécessairement au moment de l’événement clinique), pouvant être présente (taux de recouvrement de 60 % environ en accord avec les critères préliminaires proposés pour la classification des dans le SAPL). Les réactions sérologiques de la syphilis, donnant syndromes des antiphospholipides de Sapporo. une positivité dissociée (le réactif VDRL contient de la CL), sont plus rarement utilisées car leur sensibilité est faible dans le cadre du SAPL, de l’ordre de 5 %. Au vu de la complexité croissante schizocytes dans 9 % des cas. Parmi les 80 patients, 38 (48 %) de l’exploration biologique du SAPL, il semble raisonnable que sont morts le plus souvent par défaillance cardiaque ou respira- ces tests ne soient effectués que dans des laboratoires spécialisés. toire. Des critères préliminaires de classification de SAPL ont été Enfin, il faut être prudent dans l’interprétation des résultats et rapportés lors du Xe congrès international sur les antiphospho- bien les intégrer dans le contexte clinique. lipides en 2002 à Taormina. Ces critères sont rappelés par Erkan et al. [78] (Tableau 8). Tests de coagulation [90] Manifestations cliniques sans support La recherche de LA doit s’effectuer sur des échantillons plasmatiques si possible dépourvus d’héparine et strictement thrombotique apparent déplaquettés (par double centrifugation ou filtration) afin Le SAPL s’accompagne parfois de manifestations d’allure non d’éviter la neutralisation de l’anticorps par lyse de plaquettes thrombotique qui répondent plus à la corticothérapie qu’au résiduelles. La procédure diagnostique d’un LA, qui doit être à traitement anticoagulant. Il s’agit parfois d’une simple associa- la fois sensible et spécifique, impose la réalisation d’une tion, mais, dans d’autres cas, certaines données expérimentales combinaison de tests reposant sur des principes différents et suggèrent la possibilité de réactions croisées avec d’autres cibles comporte schématiquement trois étapes : dépistage, mise en antigéniques. évidence d’un inhibiteur, et confirmation de sa dépendance en Des athéroscléroses précoces et accélérées peuvent survenir phospholipides. Des systèmes « intégrés » combinant en un seul chez des sujets jeunes porteurs d’aCL à titre élevé. Les aCL test dépistage, inhibition et confirmation, sont disponibles dans pourraient se fixer sur les LDL oxydées et accélérer ainsi le le commerce, mais il faut insister sur le rôle capital du couple processus d’athérosclérose [79, 80] . Des facteurs génétiques réactifs-machines [91] car ce qui marche bien avec certaines interviendraient peut-être dans la physiopathologie de ces machines ne marche pas avec d’autres. Plusieurs variétés de LA lésions précoces). peuvent coexister chez un même patient. Certaines manifestations neurologiques associées aux aPL ne 1. Le choix de deux tests de dépistage parmi les suivants est semblent pas avoir un support ischémique. C’est le cas de préconisé : certaines chorées, myélites transverses, méningoradiculites ou • le temps de céphaline activée (TCA) utilisant un réactif comitialités, et de quelques tableaux de pseudosclérose en sensible aux LA est le plus utilisé. Sa sensibilité peut être plaques [59, 81, 82]. augmentée par dilution de la céphaline, voire omission de Quelques cas d’hypertension artérielle pulmonaire primitive phospholipides exogènes (temps de kaolin) ; sans phénomène thrombotique ont été rapportés [25] , mais • le temps de venin de vipère Russell (dRVVT), faisant interve- apparaissent exceptionnels et sans doute discutables. En nir un activateur direct du facteur X, n’est pas influencé par revanche, des thrombopénies périphériques de mécanisme auto- les déficits en facteurs de la voie endogène, en facteur VII ou immun sont possibles [83], plus rarement, des anémies hémoly- par la présence d’anticorps contre ces facteurs ; tiques. Des polyarthralgies, voire d’authentiques polyarthrites • le temps de thromboplastine diluée et enfin les temps de ont été décrites, conséquence peut-être de l’interaction des aPL venin Taïpan ou de textarine (venins activateurs de la avec les LDL oxydées participant à la peroxydation lipidique prothrombine) qui sont insensibles aux déficiences ou articulaire. inhibiteurs de la plupart des facteurs. Hématologie 9 © 2013 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 28/03/2013 par SCD Paris Descartes (292681)
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    13-022-C-10 ¶ Syndromedes antiphospholipides commerciales utilisées et ce, malgré l’expression quantitative des résultats en unités GPL et MPL, respectivement pour les IgG et En pratique : que prescrire les IgM aCL [93]. Malgré la publication de recommandations en cas de suspicion de SAPL ? méthodologiques [94], la standardisation sera sans doute difficile du fait des différences observées entre patients et chez un même patient (différents autoanticorps, différentes affinités, différents antigènes...). La signification d’un résultat « faiblement positif » Recherche LA et aCL (IgG, IgM) et aβ2-GPI (IgG, IgM) est donc très incertaine. Le diagnostic de SAPL ne saurait reposer sur un seul résultat positif d’aCL (même classé moyen ou fort), l’exigence d’une confirmation à 12 semaines d’inter- valle visant notamment à exclure les populations d’aCL LA – et aCL – et aβ2-GPI – LA + ou aCL + et aβ2-GPI + transitoires. (ou taux faible) (confirmés après 12 semaines) Anticorps anti-β2-GPI La recherche et le dosage de ces anticorps sont maintenant le troisième critère biologique du SAPL [27] et ils devront être Ac anti-PE effectués en première intention au même titre que la recherche (IgG, IgM) de LA et le dosage des aCL. La détection directe des anticorps anti-b2-GPI par Elisa en l’absence de phospholipide (b2-GPI-Elisa) impose le choix de certaines plaques, chlorure de polyvinyle ou polystyrène irradié. Négatif Positif SAPL L’effet des charges négatives introduites par irradiation gamma à la surface du plastique n’est pas totalement élucidé. Il est possible que la conformation de la b 2 -GPI ainsi fixée soit semblable à celle qu’elle adopte après liaison aux phospholipi- SAPL des. Plus probablement, la densité de b2-GPI fixée est augmen- tée, favorisant la liaison d’anticorps de faible affinité par des interactions bivalentes. Les mêmes remarques s’appliquent à la Figure 1. Arbre décisionnel. Approche schématique pour l’exploration détection des anticorps antiprothrombine par Elisa [28] . Le biologique du syndrome des antiphospholipides (SAPL). PE : b2-GP1 Elisa souffre du même manque de standardisation que phosphatidyl-éthanolamine. son aîné, le CL-Elisa, et un effort de standardisation de cet Elisa a été entrepris et il est recommandé d’utiliser des anticorps 2. La démonstration de la présence d’un inhibiteur repose sur monoclonaux anti-b2GP1 comme standards de calibration [95]. l’absence de correction de l’allongement du test de dépistage La cause principale de variabilité est la qualité de la préparation par l’apport de plasma normal, dans un rapport 1 : 1 classique- de la b2-GPI dont les étapes de purification peuvent induire des ment, mais aussi 4 : 1 et 1 : 4 (épreuve de mélange afin modifications structurales, modifiant l’expression des d’exclure un déficit en facteur). La réalisation du test avant et épitopes [96]. après incubation du mélange 2 heures à 37 °C permet d’objec- Les avantages du b2-GPI-Elisa par rapport au CL-Elisa résident tiver une activité inhibitrice progressive dans environ 10 % des dans l’ignorance des « vrais » aCL (habituellement sans consé- cas de LA, tandis que la dépendance vis-à-vis du temps et de la quence clinique) et la détection de l’ensemble des anticorps température est la règle pour les inhibiteurs spécifiques. L’indice anti-b2-GPI, y compris ceux spécifiques d’espèce (réagissant peu de Rosner (temps mélange-temps témoin/temps malade × 100) ou pas avec la b2-GPI bovine prépondérante dans le CL-Elisa) et signe la présence d’un inhibiteur s’il est supérieur ou égal à 15. ceux incapables de reconnaître la b2-GPI liée au CL (détermi- 3. La caractérisation de cet inhibiteur passe par l’apport d’un nants antigéniques au niveau du site de liaison des excès de phospholipides sous forme purifiée ou de lysat pla- phospholipides). quettaire, tendant à normaliser le test de coagulation initiale- ment perturbé lorsqu’il s’agit d’un LA. Résultats et perspectives 4. À ce stade, l’exclusion d’une anomalie de coagulation éventuellement associée au LA est recommandée et nécessite la Risque thrombolique : syndrome mesure des facteurs de la voie endogène sur des dilutions des antiphospholipides (SAPL) ou anticorps progressives du plasma du malade afin d’éviter une baisse anticardiolipines (aCL) artefactuelle due à l’inhibiteur. Étant donné l’hétérogénéité des aPL et la variété des situa- tions cliniques dans lesquelles ces anticorps sont rencontrés, il Tests immunologiques est crucial de pouvoir identifier ceux qui s’intègrent véritable- ment dans un SAPL. Hors contexte d’auto-immunité, la pré- Anticorps anticardiolipines (aCL) sence isolée d’aCL ne semble pas être un facteur de risque de Le test standard des aCL est un Elisa fondé sur l’immobilisa- première thrombose veineuse [97], la présence d’un LA, d’anti- tion de la CL et l’utilisation d’un sérum animal, apportant un corps anti-b2-GPI, d’anticorps antiprothrombine induisant un excès de b 2 -GPI, pour saturer les plaques et/ou diluer les risque relatif de premier épisode veineux thrombotique dans la échantillons à tester. Sa finalité est la mise en évidence des aCL population générale de respectivement 3,6, 2,4 et 1,4 [98]. Il est b2-GPI-dépendants, mais d’autres variétés d’aCL sont indiffé- classique de suspecter le caractère potentiellement pathogène remment détectées (Fig. 1). Un CL-Elisa « modifié », comparant des aPL sur les éléments suivants : aCL et anti-b2-GPI d’isotype la fixation des anticorps en l’absence et en la présence de sérum IgG et de titre élevé, association à la présence d’un LA ou animal ou de b2-GPI purifiée, a été proposé afin de préciser leur d’arguments en faveur de désordres auto-immuns, enfin persis- dépendance en cofacteur. L’interprétation de ce dernier test est tance de ces anticorps sur des déterminations séquentielles. La toutefois délicate, d’autant que plusieurs variétés d’aCL peuvent fluctuation des aPL dans le temps est minime, surtout lorsque coexister chez des patients, en particulier lupiques [92] . La les taux d’anticorps détectés sont élevés. On assiste parfois à une recherche directe des anticorps anti-b2-GPI nous paraît bien plus chute de ces anticorps en cas d’accident thrombotique aigu, de informative et simple à réaliser. L’utilisation de phospholipides syndrome néphrotique ou de traitement immunosuppresseur, anioniques autres que la CL, isolément ou en mélange, les LA diminuant en général davantage que les aCL. Le large n’apporte que peu d’informations supplémentaires par rapport spectre des cibles protéiques des aPL, dont l’inventaire n’est au CL-Elisa standard. d’ailleurs pas terminé, offre dès à présent l’opportunité de Des ateliers de travail, à l’échelon national et international, démembrer cette vaste famille d’autoanticorps avec comme se sont efforcés de standardiser le test, mais il persiste d’impor- principal objectif l’établissement de corrélations clinicobiologi- tantes variations entre laboratoires ou selon les trousses ques significatives. 10 Hématologie © 2013 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 28/03/2013 par SCD Paris Descartes (292681)
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    Syndrome des antiphospholipides¶ 13-022-C-10 Dans deux études concernant l’une 175 patients lupiques [99], la fois pour les aCL et les anticorps anti-b2-GPI, paraît la plus l’autre 233 patients porteurs d’aPL [100], les analyses multivariées intéressante dans l’exploration du SAPL. Cependant les anti- font de la présence d’un LA le facteur de risque majeur de corps d’isotype IgA pourraient avoir un intérêt chez le sujet thrombose artérielle et veineuse ; soit les anticorps anti- noir, et semblent corrélés avec le livedo et le phénomène de prothrombine et anti-b2-GPI n’ont aucune signification supplé- Raynaud en cas de lupus chez les patients (européens) [113]. Les mentaire [99], soit seuls les seconds représentent un facteur de deux variétés d’anticorps suivantes peuvent représenter les seuls risque indépendant de thromboses veineuses (IgG) ou de aPL détectables par les tests disponibles en pratique quoti- complications obstétricales (IgM) [100]. Dans une étude différen- dienne : ciant anticorps antiprothrombine et anti-b2-GPI sur des profils • les anticorps antiphosphatidyléthanolamine, détectés dans un de tests de coagulation (temps de kaolin et dRVVT sont respec- Elisa utilisant ce phospholipide neutre, sont distincts des aCL tivement les plus performants), la survenue de thromboses n’est et LA bien que souvent associés dans des populations de statistiquement corrélée qu’avec les anticorps anti-b2-GPI [101]. patients auto-immuns, mais on peut aussi les rencontrer Les résultats sont cependant sujets à discussion. Une étude isolément dans un contexte de thrombose ou de pathologie prospective semble identifier les IgG antiprothrombine (présen- vasculaire cutanée. Certains d’entre eux dépendent des tes à taux faibles sans anti-b 2 -GPI associés) comme facteur kininogènes ou de protéines associées, prékallicréine ou de risque d’infarctus du myocarde chez des hommes facteur XI ; dyslipidémiques [41]. • les anticorps antimitochondries de type M5 sont identifiés par immunofluorescence indirecte sur coupes de tissus et la Données acquises nature moléculaire de l’antigène n’est pas connue. Ils ont été Les investigations dans ces différentes voies se poursuivent décrits dans des formes « hématologiques » de LES ou associés mais les points suivants sont d’ores et déjà acquis. à des avortements répétés, une thrombopénie, mais pas avec La présence d’anticorps anti-b2-GPI est statistiquement associée à des accidents thromboemboliques [103]. celle des aCL, LA, ou antimitochondries M5 lorsqu’on s’adresse à Le profil biologique conditionne le risque thrombotique, une population de patients auto-immuns (SAPL primaire et LES notamment veineux. Ainsi, Wahl et al. [50] retrouvent un odds spontané ou induit par des médicaments). Ces anticorps sont ratio de 1,56 dans une population tout-venant ayant des aCL et généralement absents, malgré une fréquence élevée d’aCL dans ce risque augmente à 3,21, en cas de titre élevé, et passe à le cadre d’infections diverses, virus de l’immunodéficience 11,1 en présence de LA. Ces données ont été confirmées par humaine (VIH), tuberculose ou syphilis [102, 103]. une méta-analyse de M. Galli [52] qui montre un risque relatif Les anticorps anti-b2-GPI s’avèrent un marqueur biologique de associé au LA compris entre entre 5 et 16 quels que soient les choix pour le diagnostic de SAPL, nettement supérieurs aux aCL test de coagulation utilisés pour mettre en évidence ce LA. Dans en termes de spécificité et de valeur prédictive positive et on ce travail, la moitié des études seulement montrait une associa- observe une meilleure association avec le diagnostic de SAPL tion significative entre thrombose et présence d’aCL, unique- lorsque l’on combine les deux marqueurs avec un odds ratio à ment d’isotype IgG et pour des valeurs supérieures à 33 à 29 en cas de double positivité, contre 19 pour le seul anti-b2- 40 UGPL). GPI et 9 pour les aCL [104]. La positivité pour les trois marqueurs Les situations imposant la recherche d’aPL doivent être biologiques du SAPL (LA, aCL et anti-b2-GPI) induit un risque consensuelles et doivent tenir compte des impératifs économi- relatif de thrombose de 33 et permet d’identifier tout particu- ques. Certaines recommandations, qui ont été proposées par lièrement les patients avec SAPL [105]. Boffa et Piette, sont rappelées ci dessous [114]. La présence isolée d’anticorps anti-b2-GPI, en l’absence d’autres aPL détectables dans les tests conventionnels, peut se rencontrer dans 9 % des SAPL primaires [106] ou secondaires [107], mais la fréquence et surtout la signification clinique de cette situation reste à déterminer sur un plus grand nombre d’études [107]. “ Point important Perspectives : vers de nouveaux marqueurs Situations justifiant la recherche d’aPL [114] du risque thrombotique [108] Antécédents de thromboses atérielles et veineuses Une équipe hollandaise utilisant des variants mutés délétés Thromboses veineuses ou embolies pulmonaires de la b2-GP1 a mis au point un Elisa permettant de détecter récidivantes spécifiquement les anticorps IgG reconnaissant la séquence Premier épisode de thrombose veineuse de siège peptidique Gly40-Arg43 sur le domaine 1. La présence de ces inhabituel : cave inférieur, sus-hépatique, rénal... anticorps est tout particulièrement corrélée au risque throm- Première manifestation artérielle systémique si âge botique avec un risque relatif de 18,9 [109]. Simmelink et al. inférieur à 45 ans : accident ischémique cérébral ont observé, lors de l’étape de confirmation du LA, un transitoire ou constitué, infarctus myocardique, autre raccourcissement d’un TCA de dépistage, après ajout de thrombose artérielle ou infarctus viscéral cardiolipine, uniquement avec les LA b2-GP1-dépendants, permettant ainsi de les distinguer des LA induits par les Manifestations artérielles systémiques répétées, entre anticorps antiprothrombine [110]. La présence d’un LA 45 et 65 ans, hors athérome b2-GP1 dépendant était associée à un risque thrombotique Mort fœtale (décès d’au moins un fœtus en vie à veineux ou artériel majeur avec un risque relatif de 42,3, alors 10 semaines révolues de gestation) que la présence d’un LA non b2-GP1 dépendant n’induit pas Récidives (≥ 3) d’avortements spontanés précoces de risque thrombotique [111]. L’étude du profil de génération Thrombopénie durable inexpliquée de thrombine (thrombinographie) de patients porteurs de LA Divers : après ajout de différentes concentrations de protéine C • sérologie syphilitique dissociée activée a montré que le LA induit une résistance acquise à la protéine C activée [112]. Ce test est prometteur, permettant • lupus systémique d’étudier le phénotype procoagulant des patients avec aPL. • éclampsie ou prééclampsie surtout si atypique, retard de croissance in utero, décollement placentaire En pratique (Fig. 1) • livedo racemosa, manifestations dermatologiques liées Le nombre de spécificités anticorps associées au SAPL s’accroît à un processus thrombotique non inflammatoire régulièrement, obligeant biologistes et cliniciens à effectuer des • végétation ou épaississement valvulaire de cause choix. La Figure 1 propose une approche schématique pour inconnue survenant avant 45 ans, thrombose intra- l’exploration biologique du SAPL, avec une stratégie d’examens cardiaque en « cascade » en fonction des résultats du bilan de première • indications rares : chorée non familiale, hémorragie intention (LA et aCL) et à la condition que le contexte clinique surrénalienne bilatérale, microangiopathie thrombotique y incite. La détermination des isotypes IgG (surtout) et IgM, à Hématologie 11 © 2013 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 28/03/2013 par SCD Paris Descartes (292681)
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    13-022-C-10 ¶ Syndromedes antiphospholipides ■ Traitement 3,5 ans dans le groupe anticoagulation forte dose et de 3,3 ans dans le groupe traitement conventionnel, il n’y avait pas de Thrombose artérielle ou veineuse différence significative en termes de récidive d’accident throm- botique mais plus d’accidents hémorragiques dans le groupe Le traitement du SAPL n’est que partiellement codifié. En forte dose (27,8 % versus 14,6 % ; p = 0,07) sans que la diffé- l’absence de traitement capable de faire disparaître durablement rence n’atteigne la significativité. Cette étude comporte aussi les aPL, la discussion repose sur les modalités du traitement des limites, elle n’est pas en double aveugle, la population est antithrombotique et des mesures préventives. Après un premier hétérogène en termes de mécanisme de l’accident thromboti- épisode thrombotique artériel ou veineux, la correction de tous que, et les patients à haut risque aux antécédents d’accident les facteurs de risque vasculaires modifiables est nécessaire. La thrombotique récidivant étaient exclus de cette étude comme mise en évidence d’aPL ne doit pas faire éliminer d’autres dans celle de Crowthe et al. [120]. facteurs thrombophiliques parfois associée [115] en raison du Alors que Khamashta et al. [123] recommandent encore une risque élevé de récidive thrombotique avec ou sans embolie forte anticoagulation (objectif d’INR ≥ 3-4) en cas de survenue pulmonaire (> 50 % dans les 2-3 ans d’après des études rétro- d’un premier événement thrombotique artériel, en cas de spectives) [57, 116, 117]. Si après un premier épisode thrombotique thrombose veineuse récidivante, Lim et al. [124] sur la base de veineux la récidive veineuse est plus fréquente, une thrombose l’analyse de la littérature internationale publiée entre 1966 et artérielle peut aussi être le mode de récidive. Les études novembre 2005 ne recommandent pas l’utilisation d’une prospectives montrent qu’après un premier accident thrombo- tique artériel ou veineux, le taux de récidives d’accident anticoagulation « forte dose » avec pour objectif un INR > 3,0. thrombotique est de l’ordre de 29 à 37 %, nécessitant une Ces auteurs proposent un algorithme thérapeutique présenté anticoagulation prolongée avec un risque supérieur en cas de dans la Figure 2. présence d’anticorps anti-b2-GP1, en cas de présence d’un LA ou En cas d’infarctus cérébral et de SAPL authentifié, c’est-à-dire d’aCL à titre élevé [118, 119]. L’aspirine seule ne prévient pas les répondant aux critères récemment révisés avec confirmation de rechutes thrombotiques, tandis que l’utilisation de la warfarine la présence d’antiphospholipides à 12 semaines d’intervalle, il avec un taux d’INR supérieur ou égal à 3, associée ou non à n’y a aucune étude comparant l’aspirine et les AVK. La discus- l’aspirine, apporte le meilleur taux de couverture. Avec ce sion doit donc se faire au cas par cas selon la sévérité de traitement (warfarine plus ou moins aspirine et IRN supérieur l’accident thrombotique cérébral, la présence ou non de facteurs ou égal à 3), Khamashta et al. [57] ont 88 % de patients indem- de risque cardiovasculaires associés et du profil des aPL, avec ou nes de récidive thrombotique à 5 ans alors que sans traitement, sans LA, titre faible ou titre élevé d’aCL. il reste moins de 30 % de malades indemnes de nouvel épisode Dans les cas de syndrome de Sneddon avec aPL, les AVK au thrombotique. L’association de l’aspirine à la warfarine ne long cours sont incontournables sous peine d’évolution inéluc- semble apporter aucun bénéfice supplémentaire, mais peut-être table vers la démence vasculaire [54]. En l’absence de syndrome son effet à très long terme (notamment au niveau cérébral) de Sneddon, le risque de récidive ischémique cérébrale est huit n’est-il pas encore aujourd’hui évaluable et, de toute manière, fois plus élevé chez les malades qui ont des aPL [58] et survient il ne le sera pas sans étude randomisée. L’objectif d’un INR habituellement dans l’année qui suit l’épisode initial. La supérieur ou égal à 3 est pourtant à nuancer car le travail de prévention secondaire passe aussi par la correction des facteurs Khamashta [57] est rétrospectif et non homogène en matière de de risque vasculaire associés, notamment le tabac, l’hyperten- population étudiée. Trois travaux récents semblent remettre en sion artérielle, les anomalies métaboliques lipidiques et glucidi- question la nécessité d’une anticoagulation forte. Une première ques et le surpoids. étude randomisée conduite en double aveugle a montré qu’une Tant en pathologie artérielle qu’en pathologie veineuse, la anticoagulation prolongée avec comme objectif un INR compris prévention secondaire doit tenir compte de l’existence d’un entre 3 et 4 (AVK forte dose) n’apporte pas une meilleure autre facteur thrombophilique associé comme une résistance à protection vis-à-vis du risque de récidive thrombotique qu’une la protéine C activée, une mutation G20210A de la prothrom- anticoagulation avec pour objectif un INR compris entre 2 et 3 bine, un déficit en protéine C, en protéine S, en antithrombine, (AVK faible dose) [120]. Ce travail a cependant de nombreuses une hyperhomocystéinémie dont la recherche éventuelle est limites méthodologiques : les patients ayant présenté une fonction du contexte thrombotique personnel et familial. Enfin, récidive thrombotique malgré un traitement AVK étaient exclus, la décision thérapeutique dépend aussi de l’existence ou non certains patients recevaient de l’aspirine, d’autres de l’hydroxy- d’une cardiopathie sous-jacente, les valvulopathies associées chloroquine, il y avait peu de SAPL artériel, les formes biologi- pouvant être source d’accidents ischémiques cérébraux, voire de ques associant LA et aCL étaient rares, l’INR était situé en dysfonctionnement valvulaire nécessitant alors le remplacement dessous de l’objectif dans un peu moins de la moitié des cas valvulaire. dans le groupe AVK forte dose, il y avait, dans ce même groupe, Les œstroprogestatifs étant contre-indiqués du fait de leur chez trois des six patients ayant fait une récidive, d’un INR à risque thrombogène, l’utilisation de progestatifs dérivés de la moins de 2 au moment de l’épisode. Dans l’étude WARSS/ 17-hydroxyprogestérone, comme l’acétate de cyprotérone ou APASS [121], qui visait à comparer après un premier infarctus l’acétate de chlormadinone, est préférable dans un but cérébral (fibrillation auriculaire et sténose carotidienne exclues) contraceptif [89]. le bénéfice de la warfarine avec pour objectif un INR autour de 2,2 (n = 881) et de l’aspirine à la dose de 325 mg/24 h Syndrome obstétrical (Tableau 9) (n = 889), il n’a pas été retrouvé à 2 ans d’augmentation du risque d’événement thrombotique artériel ou veineux chez les Les femmes ayant des aPL et ne prenant aucun traitement patients de cette cohorte ayant des aPL. Dans cette étude aussi, ont environ une chance sur deux seulement de mener une des remarques méthodologiques sont à faire, des seuils très bas grossesse à terme. Lorsqu’une première perte fœtale est surve- de détection des aCL ont été utilisés, ce qui explique que la nue, les chances de mener ultérieurement une grossesse à terme fréquence élevée dans cette cohorte (41 % avec aCL), la faible sont réduites à 10 %. Dès 1985, l’association prednisone intensité d’anticoagulation proposée amènent à en limiter la (0,5 mg/kg/j) et aspirine à faibles doses s’est avérée efficace pour portée. Dans l’étude randomisée rapportée par Finazzi [122], mener à bien des grossesses, et ces résultats ont été confirmés 109 patients atteints de SAPL ont été inclus. Cinquante-quatre par d’autres équipes. Rapidement, on s’est rendu compte que patients ont été randomisés dans un bras anticoagulation forte l’aspirine était peut-être plus importante que la corticothérapie dose (INR entre 3,0 et 4,5, cible 3,5) et 55 ont reçu le traitement qui s’avérait parfois délétère. Dans une étude randomisée, standard recommandé pour les patients sans aPL : AVK avec un l’aspirine seule s’avérait aussi efficace que l’association aspirine- objectif d’INR entre 2,0 et 3,0, cible 2,5 s’il y avait un antécé- corticoïdes. Cette étude était cependant méthodologiquement dent thrombotique veineux, une embolie cérébrale à point de critiquable car certaines femmes avaient été incluses après une départ cardiaque ou une ischémie périphérique, ou en présence seule perte fœtale. Par la suite, des travaux randomisés plus d’une arythmie complète ou d’une maladie valvulaire rhumatis- sérieux ont confirmé l’intérêt de l’aspirine mais surtout si male ; ou aspirine à faible dose : 100 mg/24 h en cas de celle-ci était associée à l’héparine avec des grossesses menées à thrombose artérielle non embolique. Après un suivi moyen de bien dans 42 à 44 % des cas lorsque l’aspirine était proposée 12 Hématologie © 2013 Elsevier Masson SAS. 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    Syndrome des antiphospholipides¶ 13-022-C-10 Patients avec anticorps antiphospholipides* Oui Antécédents Non de thrombose ? Oui Non Thrombose Thrombose Grossesse veineuse artérielle Cérébrale Extracérébrale Envisager un Pas de traitement traitement ou aspirine à prophylactique faible dose (C) par héparine 1er épisode 1er épisode ou 1er épisode ou non fractionnée ou ou récidive accident récidivant accident récidivant HBPM + aspirine en en l'absence sous aspirine sous traitement cas d'antécédent de traitement AVK ou warfarine AVK de perte fœtale (B) ou alors que l'INR ou alors que l'INR ou alors que l'INR était en dessous était en dessous était en dessous de l'objectif de l'objectif de l'objectif thérapeutique thérapeutique thérapeutique AVK AVK AVK (INR : 2,0-3,0) (A) (INR : 1,4-2,8) (INR : 2,0-3,0) Traitement ou aspirine (A) Traitement au long cours (B) Traitement au long cours (C) au long cours (B) Accident Thrombose Thrombose thrombotique récidivante récidivante récidivant sous AVK sous AVK sous AVK ou aspirine Options thérapeutiques (C) HBPM Niveau de preuve ou héparine non fractionnée (A) fort ou AVK avec un objectif d'INR > (B) modéré ou AVK + antiagrégant plaquettaire (C) faible Figure 2. Arbre décisionnel. Algorithme thérapeutique proposé chez des patients ayant des anticorps antiphospholipides (aPL). *L’importance du caractère transitoire des aPL est incertaine [124]. AVK : antivitamine K ; INR : international normalized ratio ; HBPM : héparine de bas poids moléculaire. seule et dans 71 à 80 % des cas lorsque l’aspirine était proposée largement démontré qu’elles étaient utilisables pendant la en association à l’héparine [74]. Il semble raisonnable chez une grossesse en toute innocuité pour la mère et le fœtus [127]. femme porteuse d’aPL et ayant fait une première perte fœtale Après une revue récente et exhaustive de la littérature, Pétri précoce de mener la grossesse suivante sous aspirine seule à la et al. [16] ont établi des recommandations résumées dans le dose de 75 à 100 mg/j. En cas d’échec de l’aspirine seule, il est Tableau 9. conseillé de mener la grossesse ultérieure sous aspirine L’hydroxychloroquine, qui est capable d’inhiber l’activation et héparine sous-cutanée de 81 à 100 mg d’aspirine/j et de plaquettaire induite par les aCL IgG, réduit la survenue d’acci- 5 000 unités internationales (UI) une à deux fois/j d’héparine de dents thrombotiques chez la souris ; il doit bien entendu être bas poids moléculaire (HBPM) [16, 75, 125]. Ce n’est qu’en cas maintenu en cas de lupus, mais n’a pas fait la preuve de son d’échec (moins de 20 % des cas) que se discutent alors les efficacité dans le SAPL. corticoïdes ou surtout les immunoglobulines polyvalentes [126]. Chez la femme primipare, sans antécédent de perte fœtale, la découverte d’aPL, surtout à titre moyen ou fort, incite à Syndrome catastrophique considérer l’aspirine à faibles doses comme une solution Le syndrome catastrophique des antiphospholipides s’accom- thérapeutique à faible coût et à faible risque [75]. Les héparines pagne d’un phénomène thrombotique touchant au moins trois de bas poids moléculaire, même si elles n’ont pas l’autorisation organes, ce qui explique la diversité et la gravité du tableau de mise sur le marché (AMM) au cours de la grossesse, ont clinique avec volontiers une hypertension artérielle maligne, actuellement notre préférence et ce, d’autant qu’elles ont déjà une CIVD, une anémie hémolytique microangiopathique, Hématologie 13 © 2013 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 28/03/2013 par SCD Paris Descartes (292681)
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    13-022-C-10 ¶ Syndromedes antiphospholipides Tableau 9. Recommandations thérapeutiques pour la prise en charge des femmes atteintes de syndrome des antiphospholipides (SAPL) obstétrical d’après [16]. Situation clinique Grossesse Période de post-partum Femme ayant un antécédent de thrombose Héparine non fractionnée ou HBPM Relais par AVK à dose hypocoagulante Femme ayant des anticorps antiphospholipides, Aspirine à faible dose ? Aspirine à faible dose ? mais n’ayant pas d’antécédent de perte fœtale ou thromboembolique Femme ayant un titre modéré d’anticorps Aspirine faible dose ET héparine non fractionnée Poursuivre l’héparine non fractionnée ou les HBPM anticardiolipine, d’anticorps anti-b2-GPI ou HBPM à dose prophylactique durant 6 semaines dans le post-partum ou un lupus anticoagulant et ayant fait 2 à 3 Poursuivre l’aspirine au long cours (ou plus) pertes fœtales au 1er trimestre ou 1 ou plus mort fœtale ou 1 ou plus prématurité liée à une insuffisance placentaire HBPM : héparine de bas poids moléculaire ; AVK : antivitamine K. Suspicion clinique de syndrome catastrophique des aPL (c'est-à-dire présence de 2 critères de classification*) Traitement des facteurs précipitants (antibiothérapie) Traitement de la menace vitale ? Non Oui Hypocoagulation avec Hypocoagulation avec héparine intraveineuse héparine intraveineuse + forte dose de corticoïdes + forte dose de corticoïdes + IG IV ou échanges plasmatiques** Amélioration clinique Amélioration clinique Oui Non Oui Non Diminution de la Ajouter un autre traitement : corticothérapie cyclophosphamide + traitement (en cas de poussée lupique) anticoagulant oral ou prostacycline ou fibrinolytiques ou défibrotide Figure 3. Arbre décisionnel. Algorithme de traitement du syndrome catastrophique des antiphospholipides [78]. * Éliminer les autres syndromes microangiopathiques (surtout le purpura thrombotique-thrombocytopénique, les thrombopénies et thromboses induites par l’héparine).** Avec plasma frais congelé particulièrement en cas de présence de schizocytes. parfois une détresse respiratoire cardiaque, rénale, etc. La prise Athérosclérose et anticorps en charge de ces patients doit se faire en service de réanimation. Le traitement associe la prise en charge symptomatique de la antiphospholipides (aPL) défaillance viscérale, le traitement des facteurs déclenchants L’athérosclérose du sujet jeune ou la survenue de thromboses (infections) et les anticoagulants, les corticoïdes, voire les itératives sur stent justifient aujourd’hui de faire une recherche immunosuppresseurs afin de tenter d’agir directement des d’aPL. Dans cette situation particulière, on peut légitimement anticorps pathogènes. La Figure 3 reprend les recommandations penser que l’aspirine a sa place. Lorsqu’un geste de revasculari- thérapeutiques proposées par Erkan et al. [78]. sation est nécessaire chez ces malades, le risque de thrombose 14 Hématologie © 2013 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 28/03/2013 par SCD Paris Descartes (292681)
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    Syndrome des antiphospholipides¶ 13-022-C-10 de pontage est important. Il en est de même des gestes d’angio- [5] Arnout J, Vermylen J. Current status and implications of autoimmune plastie qui sont soumis à un haut risque de thrombose. Lors de antiphospholipid antibodies in relation to thrombotic disease. J Thromb la mise en place d’un stent, l’association aspirine-ticlopidine Haemost 2003;1:931-42. durant 3 semaines est validée [128] (souvent en fait prolongée [6] Pengo V, Ruffatti A, Iliceto S. The diagnosis of the antiphospholipid plusieurs mois) avec relais aspirine au long cours, cette attitude syndrome. Pathophysiol Haemost Thromb 2006;35:175-80. vaut qu’il y ait ou non des aPL. L’association clopidogrel [7] Cervera R, Asherson RA. Catastrophic antiphospholipid syndrome. plus aspirine semble encore plus intéressante [129] . Lorsque Pathophysiol Haemost Thromb 2006;35:181-6. des aPL sont présents, le risque thrombotique est [8] Bertolaccini ML, Hughes GR. Antiphospholipid antibody testing: nettement augmenté après un geste de revascularisation ; ce which are most useful for diagnosis? Rheum Dis Clin North Am 2006; risque atteint 50 % des cas dans le travail de Ahn et al. et incite 32:455-63. à une anticoagulation efficace. En cas de geste endoluminal [9] Sanna G, D’Cruz D, Cuadrado MJ. Cerebral manifestations in the avec mise en place de stent, le risque de thrombose est impor- antiphospholipid (Hughes) syndrome. Rheum Dis Clin North Am 2006; tante [130] et ce, parfois même sous couvert d’une anticoagula- 32:465-90. tion efficace. L’association AVK plus aspirine mérite d’être [10] Tenedios F, Erkan D, Lockshin MD. Cardiac manifestations in the évaluée après angioplastie ou mise en place de stent en relais antiphospholipid syndrome. Rheum Dis Clin North Am 2006;32: d’une période initiale sous héparine plus aspirine. 491-507. [11] Amigo MC. Kidney disease in antiphospholipid syndrome. Rheum Dis Clin North Am 2006;32:509-22. ■ Prévention primaire [12] Tektonidou MG, Moutsopoulos HM. Osteoarticular manifestations of antiphospholipid syndrome. Rheum Dis Clin North Am 2006;32:523- des thromboses en cas d’anticorps 35. [13] Matsuura E, Kobayashi K, Tabuchi M, Lopez IR.Accelerated atheroma antiphospholipides (aPL) in the antiphospholipid syndroeme. Rheum Dis Clin North Am 2006; asymptomatiques 32:537-51. [14] Cimaz R, Descloux E. Pediatric antiphospholipid syndrome. Rheum Il n’y a, en la matière, aucun consensus. Pour certains Dis Clin North Am 2006;32:553-73. auteurs, le sujet asymptomatique ne doit pas être traité. Au [15] Cervera R, Asherson RA, Font J. Catastrophic antiphospholipid syn- cours du LES, on prescrit aisément de l’aspirine lorsqu’on drome. Rheum Dis Clin North Am 2006;32:575-90. découvre des aPL. Cette décision relève cependant plus de [16] Petri M, Qazi U. Management of antiphospholipid syndrome in l’expérience clinique que de données scientifiques précises. En pregnancy. Rheum Dis Clin North Am 2006;32:591-607. dehors du contexte de lupus, la prescription d’aspirine est loin [17] Bowie EJ, Thompson JH, Pascuzzi CA, Owen CA. Thrombosis in d’être systématique. Cette position doit être revue à la lumière systemic lupus erythematosus despite circulating anticoagulants. J Clin des risques thrombotiques évalués lorsque plusieurs marqueurs Invest 1963;62:416-30. biologiques sont associés [131]. Quel que soit le contexte, dans [18] Soulier JP, Boffa MC. Avortements à répétition, thromboses et les situations à risque de thrombose, notamment veineuse, une anticoagulant circulant anti-thromboplastine. Trois observations. Nouv prévention par héparine de bas poids moléculaire s’impose. Presse Med 1980;9:859-60. Dans le travail récent de Shah et al., chez les malades ayant des [19] Harris EN, Gharavi AE, Boey ML, Patel BM, Mackworth-Young CG, aPL et n’ayant jamais fait de thrombose, on s’aperçoit qu’après Loizou S, et al. Anticardiolipin antibodies: detection by radio- 10 ans 52 % ont eu un événement thrombotique, alors que immunoassay and association with thrombosis in systemic lupus 3 des 11 malades concernés avaient un traitement par aspirine erythematosus. Lancet 1983;2:1211-4. à faibles doses en prévention primaire. L’aspirine n’apporte [20] Hughes GR. Thrombosis, abortion, cerebral disease and lupus donc pas une protection suffisante, mais il n’y a aucune donnée anticoagulant. BMJ 1983;287:1088-9. [21] Asherson RA, Mackworth-Young CG, Boey ML, Hughes GR. publiée à ce jour pour mettre ces patients asymptomatiques Pulmonary hypertension in SLE. BMJ 1983;287:1024-5. sous AVK. Dans le modèle proposé par Wahl et al. [131], il y [22] Matsuura E, Igarashi Y, Fujimoto M, Ichikawa K, Koike T. aurait un bénéfice clinique à attendre des anticoagulants oraux Anticardiolipin cofactor(s) and differential diagnosis of autoimmune prescrits en prévention primaire dans le lupus en présence de disease. Lancet 1990;336:177-8. LA. Gomez-Pacheco et al. [132] montrent que dans le lupus existe [23] Alarcon-Segovia D, CabralAR. The antiphospholipid/cofactor syndro- une forte association entre la présence d’anticorps anti-b2-GPI et mes. J Rheumatol 1996;23:1319-22. la survenue d’un événement thrombotique : dans le sous- [24] Cesbron JY, Amouyel P, Masy E. Anticardiolipin antibodies in physical groupe avec thrombose, tous les malades avaient des anticorps disability in the elderly. Ann Intern Med 1997;126:1003. anti-b2-GPI alors qu’ils n’étaient que 17 % dans le groupe lupus [25] Alarcon-Segovia D, Perez-Vazquez ME, Villa AR, Drenkard C, sans thrombose. Les moyens mis en œuvre pour assurer une Cabiedes J. Preliminary classification criteria for the antiphospholipid prévention primaire efficace doivent donc tenir compte de syndrome within systemic lupus erythematosus. Semin Arthritis Rheum l’existence ou non d’un lupus associé et surtout du profil 1992;21:275-86. immunologique. Il y aura peut-être une place demain pour les [26] Piette JC. 1996 Diagnostic and classification criteria for the AVK à faibles doses ou pour l’hydroxychloroquine dont le antiphospholipid/cofactors syndrome: a “mission impossible? Lupus bénéfice vasculaire est de plus en plus reconnu. L’induction 1996;5:354-63. . d’une tolérance à la b2-GPI permettra peut-être demain d’assurer [27] Miyakis S, Lockshin MD, Atsumi T, Branch DW, Brey L, Cervera R, une prévention primaire vraiment efficace, voire une prévention et al. International consensus statement on an update of the classifica- secondaire sans anticoagulants [133]. tion criteria for definite antiphospholipid syndrome (APS). J Thromb Haemost 2006;4:295-306. 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