Traumatismes thoraciques
SMUR / Urgences
Recommandations formalisées d’experts
SFAR / SFMU
Méthode GRADE
• Forte (G1 +/-) : Il faut faire ou ne pas faire
• Faible (G2 +/-) : Il est possible de faire ou de ne pas faire
• méthode GRADE Grid :
1. Estimation de l’effet
2. Niveau global de preuve : plus il est élevé, plus probablement la
recommandation sera forte
3. Balance effets désirables / indésirables : plus celle-ci est favorable,
plus probablement la recommandation sera forte
4. Valeurs et préférences : en cas d’incertitudes ou de grande
variabilité, plus probablement la recommandation sera faible ; ces
valeurs et préférences doivent être obtenues au mieux
directement auprès des personnes concernées (patient, médecin,
décisionnaire)
5. Coûts : plus les coûts ou l’utilisation des ressources sont élevés,
plus probablement la recommandation sera faible.
Critères prédictifs de gravité (G1+)
• plus de 65 ans
• pathologie pulmonaire ou
cardiovasculaire chronique
• trouble de la coagulation
congénital ou acquis
(traitement anticoagulant
ou antiagrégant)
• circonstances de survenue :
– traumatisme de forte
cinétique
– traumatisme pénétrant
Critères de gravité (G1+)
• plus de 2 fractures de côtes (plus de 65 ans)
• détresse respiratoire clinique avec :
– FR > 25/ min
– et/ou une hypoxémie (SpO2 < 90 % sous AA ou <
95 % malgré oxygénothérapie)
• détresse circulatoire (chute de PAS >30 % ou
PAS <110 mmHg)
Score MGAP
Score Nombre de points
Score de Glasgow
(par point)
Nombre de points
du score
Pression artérielle
systolique (mmHg)
>120 +5
60-120 +3
<60 0
Trauma fermé (vs
pénétrant)
+4
Age <60 +5
• Utilisé pour les patients
ne comportant pas de
critères de gravité (G2+)
Orientation
• centre de référence
(G1+) si :
– détresse respiratoire
– détresse circulatoire
Stratégie diagnostique patient en instabilité
hémodynamique et/ou respiratoire
• En préhospitalier :
– Echographie pleuro
pulmonaire associée à la
FAST écho (G2+)
– Recherche d'un
épanchement gazeux ou
liquidien
– Evaluation péricardique
Stratégie diagnostique patient en instabilité
hémodynamique et/ou respiratoire
• En SAUV (Salle d’Accueil
des Urgences Vitales) :
– Echographie pleuro
pulmonaire associée à la
FAST écho (G1+)
– Radiographie du thorax
en première intention
(G1+)
Stratégie diagnostique chez le patient
stable ou stabilisé
• Si critères de gravité :
– Réalisation systématique d’un TDM thoracique avec injection
avec body TDM (G1+)
• Pas de critères de gravité et examen clinique ne mettant en
évidence qu’une lésion pariétale bénigne isolée (G2+) :
– Echographie pleuro pulmonaire
– Ne pas réaliser de radiographies du thorax si l’examen clinique
de la victime ne met en évidence qu’une lésion pariétale
bénigne isolée sans critère de gravité
• Si lésion thoracique, autre que pariétale suspectée par
l’examen clinique ou révélée par l’échographie
pleuropulmonaire ou une radiographie du thorax :
– Réalisation d’une tomodensitométrie thoracique injectée (G1+)
Place de la ventilation non invasive
chez le patient traumatisé thoracique
• Si hypoxémie après :
– TDM
– Drainage d’un pneumothorax
si besoin
– Absence de contre-indication
à la VNI
– Environnement disposant
d’une surveillance continue
• Ventilation non invasive de
type ventilation spontanée
avec aide inspiratoire et
pression expiratoire positive
(VSAI-PEP) (G 1+)
Place de la ventilation invasive chez le
patient traumatisé thoracique
• Ventilation mécanique
(G 1+) :
– Après intubation en
induction séquence
rapide
– Si absence
d'amélioration clinique
ou gazométrique à une
heure
Modalités de la ventilation mécanique chez le
patient traumatisé du thorax intubé
• Paramètres :
– Volume courant entre 6 et 8
ml/kg de poids idéal (G1+)
– Pression plateau < 30 cmH2O
(G1+)
• Patient hypoxémique (G 2+) :
– Adapter la PEP pour FiO2 < 60%
et une SpO2 > 92% si la
tolérance hémodynamique et
ventilatoire le permet
– PEP > 5 cmH2O
Stratégies analgésiques pré-hospitalière
pour les traumatismes thoraciques
• Evaluation systématique (G2+) par :
– Echelle numérique (EN) de première intention
– sinon une échelle verbale simple (EVS)
– Mesure de l’intensité au repos, mais aussi lors de la toux et
de l’inspiration profonde
• Douleur intense = titration par morphine (G1+) :
– Objectif le soulagement défini par une EN≤3 ou EVS <2
• Mobilisation du patient, après titration morphinique
bien conduite mais insuffisante :
– Kétamine (Avis d’experts)
• Si geste invasif nécessaire : analgésie sédation efficace
(Avis d’experts)
Stratégies analgésiques intra-hospitalière
pour les traumatismes thoraciques (I)
• Evaluation systématique
(G2+) par :
– Echelle numérique (EN)
de première intention
– sinon une échelle
verbale simple (EVS)
– Mesure de l’intensité au
repos, mais aussi lors de
la toux et de l’inspiration
profonde
Stratégies analgésiques intra-hospitalière
pour les traumatismes thoraciques (II)
• Anesthésie locorégionale (ALR) chez le patient à
risque ainsi que chez le patient présentant une
douleur non contrôlée dans les 12 heures (G1+)
• Bloc para vertébral préférable à l’analgésie
péridurale lors de lésions costales unilatérales si
possible sous contrôle échographique pour la mise
en place d’un cathéter (G2+)
• Lésions complexes (multi-étagées) ou bilatérales,
analgésie péridurale proposée par un anesthésiste
réanimateur (G1+)
• Analgésie multimodale (dans le respect des
contre-indications) en privilégiant la morphine
avec une administration par mode PCA (analgésie
contrôlée par le patient), peut compléter
efficacement un bloc para vertébral (G1+)
• Ne pas utiliser de PCA pour la morphine en
systémique si analgésie péridurale (G2-)
Indications et les modalités de la décompression
en urgence dans les traumatismes thoraciques
• Décompression en
urgence si :
– détresse respiratoire aiguë
ou hémodynamique avec
forte suspicion de
tamponnade gazeuse (G1+)
• Thoracostomie par voie
axillaire en cas d'arrêt
cardiaque et/ou en cas
d'échec de l'exsufflation
(G2+)
Indications et les modalités de la décompression
en urgence dans les traumatismes thoraciques
• Drainer sans délai tout pneumothorax complet,
tout épanchement liquidien ou aérique
responsable d’un retentissement respiratoire et/ou
hémodynamique (G1+)
• Drainer un hémothorax évalué à plus de 500 ml
(critère échographique et/ou radio TDM) (G2+)
• Si pneumothorax minime, unilatéral et sans
retentissement clinique :
– Drainage non systématique
– Surveillance simple avec réalisation d’une nouvelle
radiographie thoracique de contrôle à 12h
– Si nécessité d’une ventilation mécanique invasive,
drainage thoracique non systématique
– Si bilatéralité du pneumothorax, s’ils sont minimes,
drainage thoracique non systématique mais discuté au
cas par cas selon le caractère de l’épanchement gazeux
(Avis d’experts)
Modalités du drainage pleural
• Drainage ou décompression réalisé par
voie axillaire au 4ème ou 5ème EIC sur
la ligne axillaire moyenne plutôt que
par voie antérieure.
• Drains non traumatisants à bout
mousse, en évitant l’usage d’un trocart
court et/ou à bout tranchant (G2+)
• pneumothorax isolés : drains de faible
calibre (18 à 24F). Drains petits calibres
de type « queue de cochon »
alternative possible pour les
pneumothorax isolés, sans
épanchement hématique associé (G2+)
• Hémothorax : gros calibre (28 à 36F)
• pas d’antibioprophylaxie avant
drainage thoracique dans le cas des
traumatismes thoraciques fermés (G2-)
Source
Recommandations formalisées d’experts
Traumatisme Thoracique : Prise en charge des
48 premières heures
Société française d’anesthésie et de réanimation
Société française de médecine d’urgence

Traumatismes thorax Recommandations formalisées d'expert

  • 1.
    Traumatismes thoraciques SMUR /Urgences Recommandations formalisées d’experts SFAR / SFMU
  • 2.
    Méthode GRADE • Forte(G1 +/-) : Il faut faire ou ne pas faire • Faible (G2 +/-) : Il est possible de faire ou de ne pas faire • méthode GRADE Grid : 1. Estimation de l’effet 2. Niveau global de preuve : plus il est élevé, plus probablement la recommandation sera forte 3. Balance effets désirables / indésirables : plus celle-ci est favorable, plus probablement la recommandation sera forte 4. Valeurs et préférences : en cas d’incertitudes ou de grande variabilité, plus probablement la recommandation sera faible ; ces valeurs et préférences doivent être obtenues au mieux directement auprès des personnes concernées (patient, médecin, décisionnaire) 5. Coûts : plus les coûts ou l’utilisation des ressources sont élevés, plus probablement la recommandation sera faible.
  • 3.
    Critères prédictifs degravité (G1+) • plus de 65 ans • pathologie pulmonaire ou cardiovasculaire chronique • trouble de la coagulation congénital ou acquis (traitement anticoagulant ou antiagrégant) • circonstances de survenue : – traumatisme de forte cinétique – traumatisme pénétrant
  • 4.
    Critères de gravité(G1+) • plus de 2 fractures de côtes (plus de 65 ans) • détresse respiratoire clinique avec : – FR > 25/ min – et/ou une hypoxémie (SpO2 < 90 % sous AA ou < 95 % malgré oxygénothérapie) • détresse circulatoire (chute de PAS >30 % ou PAS <110 mmHg)
  • 5.
    Score MGAP Score Nombrede points Score de Glasgow (par point) Nombre de points du score Pression artérielle systolique (mmHg) >120 +5 60-120 +3 <60 0 Trauma fermé (vs pénétrant) +4 Age <60 +5 • Utilisé pour les patients ne comportant pas de critères de gravité (G2+)
  • 6.
    Orientation • centre deréférence (G1+) si : – détresse respiratoire – détresse circulatoire
  • 7.
    Stratégie diagnostique patienten instabilité hémodynamique et/ou respiratoire • En préhospitalier : – Echographie pleuro pulmonaire associée à la FAST écho (G2+) – Recherche d'un épanchement gazeux ou liquidien – Evaluation péricardique
  • 8.
    Stratégie diagnostique patienten instabilité hémodynamique et/ou respiratoire • En SAUV (Salle d’Accueil des Urgences Vitales) : – Echographie pleuro pulmonaire associée à la FAST écho (G1+) – Radiographie du thorax en première intention (G1+)
  • 9.
    Stratégie diagnostique chezle patient stable ou stabilisé • Si critères de gravité : – Réalisation systématique d’un TDM thoracique avec injection avec body TDM (G1+) • Pas de critères de gravité et examen clinique ne mettant en évidence qu’une lésion pariétale bénigne isolée (G2+) : – Echographie pleuro pulmonaire – Ne pas réaliser de radiographies du thorax si l’examen clinique de la victime ne met en évidence qu’une lésion pariétale bénigne isolée sans critère de gravité • Si lésion thoracique, autre que pariétale suspectée par l’examen clinique ou révélée par l’échographie pleuropulmonaire ou une radiographie du thorax : – Réalisation d’une tomodensitométrie thoracique injectée (G1+)
  • 10.
    Place de laventilation non invasive chez le patient traumatisé thoracique • Si hypoxémie après : – TDM – Drainage d’un pneumothorax si besoin – Absence de contre-indication à la VNI – Environnement disposant d’une surveillance continue • Ventilation non invasive de type ventilation spontanée avec aide inspiratoire et pression expiratoire positive (VSAI-PEP) (G 1+)
  • 11.
    Place de laventilation invasive chez le patient traumatisé thoracique • Ventilation mécanique (G 1+) : – Après intubation en induction séquence rapide – Si absence d'amélioration clinique ou gazométrique à une heure
  • 12.
    Modalités de laventilation mécanique chez le patient traumatisé du thorax intubé • Paramètres : – Volume courant entre 6 et 8 ml/kg de poids idéal (G1+) – Pression plateau < 30 cmH2O (G1+) • Patient hypoxémique (G 2+) : – Adapter la PEP pour FiO2 < 60% et une SpO2 > 92% si la tolérance hémodynamique et ventilatoire le permet – PEP > 5 cmH2O
  • 13.
    Stratégies analgésiques pré-hospitalière pourles traumatismes thoraciques • Evaluation systématique (G2+) par : – Echelle numérique (EN) de première intention – sinon une échelle verbale simple (EVS) – Mesure de l’intensité au repos, mais aussi lors de la toux et de l’inspiration profonde • Douleur intense = titration par morphine (G1+) : – Objectif le soulagement défini par une EN≤3 ou EVS <2 • Mobilisation du patient, après titration morphinique bien conduite mais insuffisante : – Kétamine (Avis d’experts) • Si geste invasif nécessaire : analgésie sédation efficace (Avis d’experts)
  • 14.
    Stratégies analgésiques intra-hospitalière pourles traumatismes thoraciques (I) • Evaluation systématique (G2+) par : – Echelle numérique (EN) de première intention – sinon une échelle verbale simple (EVS) – Mesure de l’intensité au repos, mais aussi lors de la toux et de l’inspiration profonde
  • 15.
    Stratégies analgésiques intra-hospitalière pourles traumatismes thoraciques (II) • Anesthésie locorégionale (ALR) chez le patient à risque ainsi que chez le patient présentant une douleur non contrôlée dans les 12 heures (G1+) • Bloc para vertébral préférable à l’analgésie péridurale lors de lésions costales unilatérales si possible sous contrôle échographique pour la mise en place d’un cathéter (G2+) • Lésions complexes (multi-étagées) ou bilatérales, analgésie péridurale proposée par un anesthésiste réanimateur (G1+) • Analgésie multimodale (dans le respect des contre-indications) en privilégiant la morphine avec une administration par mode PCA (analgésie contrôlée par le patient), peut compléter efficacement un bloc para vertébral (G1+) • Ne pas utiliser de PCA pour la morphine en systémique si analgésie péridurale (G2-)
  • 16.
    Indications et lesmodalités de la décompression en urgence dans les traumatismes thoraciques • Décompression en urgence si : – détresse respiratoire aiguë ou hémodynamique avec forte suspicion de tamponnade gazeuse (G1+) • Thoracostomie par voie axillaire en cas d'arrêt cardiaque et/ou en cas d'échec de l'exsufflation (G2+)
  • 17.
    Indications et lesmodalités de la décompression en urgence dans les traumatismes thoraciques • Drainer sans délai tout pneumothorax complet, tout épanchement liquidien ou aérique responsable d’un retentissement respiratoire et/ou hémodynamique (G1+) • Drainer un hémothorax évalué à plus de 500 ml (critère échographique et/ou radio TDM) (G2+) • Si pneumothorax minime, unilatéral et sans retentissement clinique : – Drainage non systématique – Surveillance simple avec réalisation d’une nouvelle radiographie thoracique de contrôle à 12h – Si nécessité d’une ventilation mécanique invasive, drainage thoracique non systématique – Si bilatéralité du pneumothorax, s’ils sont minimes, drainage thoracique non systématique mais discuté au cas par cas selon le caractère de l’épanchement gazeux (Avis d’experts)
  • 18.
    Modalités du drainagepleural • Drainage ou décompression réalisé par voie axillaire au 4ème ou 5ème EIC sur la ligne axillaire moyenne plutôt que par voie antérieure. • Drains non traumatisants à bout mousse, en évitant l’usage d’un trocart court et/ou à bout tranchant (G2+) • pneumothorax isolés : drains de faible calibre (18 à 24F). Drains petits calibres de type « queue de cochon » alternative possible pour les pneumothorax isolés, sans épanchement hématique associé (G2+) • Hémothorax : gros calibre (28 à 36F) • pas d’antibioprophylaxie avant drainage thoracique dans le cas des traumatismes thoraciques fermés (G2-)
  • 19.
    Source Recommandations formalisées d’experts TraumatismeThoracique : Prise en charge des 48 premières heures Société française d’anesthésie et de réanimation Société française de médecine d’urgence