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UE 15
INTELLIGIBILITÉ DE LA
SITUATION D’ENSEIGNEMENT
APPRENTISSAGE
PHILIPPE CLAUZARD
MCF UNIVERSITÉ DE LA RÉUNION ESPE
FÉVRIER – MARS 2017
CM NUMÉRO 1 DU 11/02
DE QUOI ALLONS NOUS PARLER ?
• DANS UN PREMIER TEMPS POUR INTRODUIRE CE COURS MAGISTRAL MAIS DIALOGUE CAR AVEC RÉPONSES AVEC
VOS ÉVENTUELLES QUESTIONS, JE VAIS VOUS PROPOSER UN QUIZ… SUR LEQUEL VOUS REVIENDREZ POUR VOIR
SI VOS OPINIONS ONT EVOLUE... EN FIN DE COURS VERS 11H30
• DANS UN SECOND TEMPS JE VAIS ABORDER LA QUESTION DE L’INTELLIGIBILITE DE LA SITUATION
D’ENSEIGNEMENT – APPRENTISSAGE EN DÉFINISSANT LES ACTES D’APPRENDRE ET ENSEIGNER
• PUIS DANS UNE TROISIEME PARTIE COMMENT RENDRE INTELLIGIBLE DES SITUATIONS D’ENSEIGNEMENT –
APPRENTISSAGE ET FORMATION A PARTIR DE LA GRILLE HISTORIQUE D’UNE ÉVOLUTION DU FAIT ÉDUCATIF ET
D’APPRENTISSAGE, COMMENT RENDRE INTELLIGIBLE LES SITUATIONS DE FORMATION AU TRAVERS DES THÉORIES
DE LA PSYCHOLOGIE DE L’APPRENTISSAGE ET DES GRANDES THÉORIES DE L’APPRENTISSAGE
• NOUS VERRONS ENFIN LES TRADUCTIONS PEDAGOGIQUES DES THEORIES DE L’APPRENTISSAGE DE MANIERE
COMPARATIVE ET APPROFONDIE
• UNE AUTRE GRILLE D’INTELLIGIBILITE ET D’INTERPRATATION SERA AUSSI POSSIBLE GRACE A DES CONCEPTS
PEDAGO-DIDACTIQUES, CEUX DE GRANDS PENSEURS DE L’EDUCATION
• ENFIN AU SECOND COURS MAGISTRAL UNE DERNIER INTERPRETATION DERA OFFETRE A PARTIR DE
MODELISATIONS ERGONOMIQUES
• CE COURS SERA COUPE DE VIDEOS-DISCUSSIONS POUR ILLUSTRER LES PROPOS
VIDEOS-DISCUSSIONS POUR ILLUSTRER
LES PROPOS
• HISTOIRE DE LA PÉDAGOGIE – MEIRIEU
• LE DESIR D’APPRENDRE – MEIRIEU
• QU’EST-CE QUE LA PEDAGOGIE – MEIRIEU
• APPRENDRE EN CHERCHANT
• L’ECOLE SELON FREINET
• JEUX DE ROLE POUR FORMER LES ENSEIGNANTS – FORMATION DES ADULTES
• AUTOCONFRONTATION EN MATERNELLE – FORMATION DES ADULTES
• PROCESSUS D’APPRENTISSAGE (GALIEN)
• LES GESTES PROFESSIONNELS SELON BUCHETON
• LA TRANSPOSITION DIDACTIQUE SELON DES ETUDIANTS EN MASTER
• LES GRANDS PINCIPES DE L’APPRENTISSAGE – STANISLAS DEHAENE
COMMENÇONS	PAR	UN	PETIT	QUIZ	OU	21	PROPOSITIONS	POUR	VOUS	INTERROGER	SUR	
L’ACTE	D’APPRENDRE	ET	FAIRE	APPRENDRE,	POUR	AMORCER	UNE	RÉFLEXION
QUIZSURFORMATIONETAPPRENDRE • 1	— Apprendre,	c’est	recevoir	la	connaissance,	remplir	d’informations	les	individus…
• 2	— Pour	désigner	les	personnes	en	formation,	je	préfère	dire	“les	formés »	à	les	apprenants?
• 3	— Apprendre,	c’est	construire	et	développer	soi-même	ses	compétences.
• 4	— Apprendre,	c’est	changer	ses	idées	et	ses	façons	de	faire,	transformer	ses	représentations.
• 5	— L’essentiel	pour	bien	apprendre,	c’est	que	le	contenu	à	apprendre	soit	clair	et	bien	structuré.
• 6	— Apprendre,	c’est	passer	de	l’ignorance	au	savoir.
• 7	— Apprendre,	c’est	simplement	imiter,	c’est	reproduire	ce	qui	nous	a	été	montré
• 8	— Apprendre,	c’est	dresser	les	individus,	les	conformer	à	des	comportements.	
• 9	— C’est	la	motivation	qui	est	décisive	pour	apprendre.
• 10	— Faire	apprendre,	c’est	rendre	simple	des	choses	compliquées
• 11	— C’est	la	qualité	du	formateur	qui	fait	qu’on	apprend	ou	non.
• 12	— Apprendre,	c’est	d’abord	faire	comme	on	m’a	montré.
• 13	— On	apprend	en	réfléchissant	sur	des	problèmes	à	résoudre.
• 14	— Apprendre,	c’est	s’entrainer	à	faire.
• 15	— Apprendre,	c’est	s’	approprier	le	message	du	formateur.
• 16	— La	formation	repose	sur	la	qualité	de	la	communication.
• 17	— Former,	c’est	“donner	une	forme”	:	apprendre,	c’est	accepter	d’être	façonné	ou	formaté.
• 18	— On	ne	forme	pas	les	gens,	ils	se	forment.	
• 19— Apprendre,	c’est	écouter	et	être	attentif.	
• 20	— C’	est	la	confrontation	en	petits	groupes	qui	est	le	plus	utile	pour	apprendre.
• 21	— Apprendre,	c’est	analyser	sa	pratique	et	se	remettre	en	cause.
PHILIPPE CLAUZARD – MCF UNIVERSITE DE LA REUNION/ESPE – 2017
Ces propositions,
vous y réfléchissez
et à la fin du cours,
vous me dites ce
que vous en pensez
QU’EST-CE QU’APPRENDRE ?
• Apprendre est une activité naturelle : on apprend tous les jours, de toutes choses, à tout âge. Apprendre
s’effectue en de nombreuses occasions de la vie quotidienne, apprendre accompagne toute activité. On dit
« apprendre sur le tas ». On apprend dans des situations dites non didactiques (sur la flore et la faune lors
d’une randonnée) et aussi dans des situations didactiques où l’enseignant va mettre en scène des
apprentissages. Il y a parfois obligation à apprendre selon les circonstances (par exemple: passer le permis
de conduire). On apprend par imitation, immersion, association, répétition, essais-erreurs…
• De manière générale, on apprend donc en milieu naturel spontanément ou en milieu scolaire organisé.
La différence se situe bien dans la dimension organisationnelle de l’apprentissage scolaire : un
apprentissage volontaire, ciblé, structuré, évalué, transférable, un apprentissage aux finalités affirmées.
• Le milieu scolaire organise l’apprentissage: il s’agit alors de lier apprendre à enseigner. On peut
d’abord dire que l’enseignement accompagne l’apprendre.
• L’acte d’enseigner se préoccupe avant tout de faire apprendre à un public des savoirs reconnus par une
communauté. Nous verrons que, quelle que soit la méthode d’enseignement choisie, il y a volonté de faire
apprendre, de provoquer un changement dans les représentations des personnes enseignées.
• Apprendre, c’est transformer la personne humaine. Tout apprentissage suppose un changement local ou
global de l’individu qui apprend. Un changement local avec l’intégration de savoir ou savoir-faire nouveaux.
Un changement global de la personne affecte son rapport au monde, sa personnalité tout entière.
• Ces changements impliquent un enrichissement cognitif de par les expériences, les interactions avec
l’environnement physique et social. Il se produit une réélaboration interne des acquisitions conduisant à
une structuration mentale inédite.
• On peut dire que l’apprentissage est un processus anthropologique qui est fondamental chez les
humains. C’est une dimension singulière et propre à l’humain.
• Pour résumer, apprendre modifie le rapport au monde et aux objets chez l’apprenant, l’apprentissage
influence la personnalité tout entière. Apprendre transforme la personne humaine.
PHILIPPECLAUZARD–MCFUNIVERSITEDELAREUNION/ESPE–2017
FOCUS SUR L’APPRENTISSAGE
• L’HOMME EST « UNE ESPÈCE APPRENANTE ». NE PAS APPRENDRE REVIENT À ÊTRE EN DEÇÀ DU
RÈGNE ANIMAL (CF. L’ENFANT SAUVAGE), L’ANIMAL EST INSTINCTUEL, L’HUMAIN NE PEUT
PAS NE PAS APPRENDRE POUR SURVIVRE: IL POSSÈDE DES VIRTUALITÉS, DES POSSIBILITÉS À
ACTIVER PAR LE TRUCHEMENT DES APPRENTISSAGES…
• APPRENDRE EST LE PRODUIT D ’ UNE CULTURE DONNÉE. LE SAVOIR EST EFFECTIVEMENT
TRIBUTAIRE DE LA CULTURE DONT IL ÉMERGE. LE SAVOIR Y ÉVOLUE DANS LE TEMPS.
• APPRENDRE , C’EST ENTRER DANS UN UNIVERS SYMBOLIQUE, ENTRER DANS LA CULTURE
(PENSONS À L’ENTRÉE DANS LE MONDE, LA CULTURE DE L’ÉCRIT DES PETITS ENFANTS DE CP).
• APPRENDRE EST UNE ADAPTATION QUI EST BIEN PLUS QU’UNE SIMPLE ADAPTATION À UN
MILIEU NATUREL, C’EST S’HUMANISER.
• L’APPRENTISSAGE EST EN CONSTRUCTION CONSTANTE. PLUS ON APPREND, PLUS ON
EST EN MESURE D’APPRENDRE. ON NE FINIT JAMAIS D’APPRENDRE ! POURVU QUE DU
DÉSIR D’APPRENDRE SOIT ! « APPRENDRE » PERMET L’ACCESSION À UN SAVOIR QUI
OUVRE SUR CE QUI RESTE ENCORE À APPRENDRE...
• MAIS INCERTITUDE, ERREUR, RUPTURE, CHANGEMENT, TRANSFORMATION, DÉSÉQUILIBRE
FONT PARTIE DE L’ACTE D’APPRENDRE. IL CONVIENT TOUTEFOIS DE S’EXERCER À LES
SUPPORTER ET LES SURMONTER. OU COMME PROFESSIONNEL DE L’APPRENTISSAGE,
SAVOIR PILOTER FINEMENT CES PASSAGES DÉLICATS…
Philippe CLAUZARD MCF Université de la Réunion
ESPE - Laboratoire ICARE Février – Mars 2016
QU’EST-CE QU’APPRENDRE ?
COMMENT COMPRENDRE L’APPRENTISSAGE ?
• POUR CERTAINS, APPRENDRE CORRESPOND À L’IMAGE D’UN CERVEAU D’ÉLÈVE DANS LEQUEL ON VA EMPILER DES
BRIQUES DE CONNAISSANCES À PARTIR D’UN LIEN DIRECT AVEC LE CERVEAU DU PROFESSEUR.
• POUR D’AUTRES, APPRENDRE EST UN « FEU À ALLUMER », UNE ÉTINCELLE DIT PHILIPPE MEIRIEU.
• NOUS SAVONS, GRÂCE AUX RECHERCHES EN SCIENCES DE L’ÉDUCATION ET EN PSYCHOLOGIE DE L’APPRENTISSAGE ET DE
L’ÉDUCATION, QU’APPRENDRE N’EST PAS UN PROCESSUS CUMULATIF ET LINÉAIRE. APPRENDRE EST UN PROCESSUS
DYNAMIQUE: LA CONNAISSANCE SE RESTRUCTURE, ELLE N’EST PAS ACCUMULATIVE.
• APPRENDRE, C’EST TÂTONNER, EXPÉRIMENTER, DÉDUIRE, ÉCHANGER, ÉVALUER. APPRENDRE, C’EST ROMPRE AVEC DES
CERTITUDES. APPRENDRE, C’EST TRANSFORMER LE RÉEL ET SE TRANSFORMER SOI-MÊME.
• LE PSYCHOLOGUE SUISSE JEAN PIAGET A BIEN SOULIGNÉ LA DYNAMIQUE D’APPROPRIATION DES SAVOIRS PAR LES
INDIVIDUS, AU MOYEN DES PROCÉDURES D’ASSIMILATION (PRODUISANT UN ENRICHISSEMENT DE CE QUE L’INDIVIDU SAIT
DÉJÀ, GRÂCE AUX INTERACTIONS AVEC UN ENVIRONNEMENT NOUVEAU) ET DES PROCÉDURES D’ACCOMMODATION OÙ LA
NOUVEAUTÉ DU SAVOIR OBLIGE À DES RÉÉLABORATIONS INTERNES DES ACQUISITIONS, DE CE QU’ON SAVAIT DÉJÀ). LA
MISE EN RELATION DU NOUVEAU ET DE L ’ ANCIEN EST UNE OPÉRATION MENTALE ESSENTIELLE, CAR CETTE
CONFRONTATION PRODUIT DU « CONFLICTUEL », UNE PHASE DE DÉSÉQUILIBRE POUR RECONSTRUIRE SES CONNAISSANCES.
• DANS TOUS LES CAS, LES PROCÉDURES D’APPRENTISSAGE ET DE CONCEPTUALISATION ENTRAÎNENT CHEZ LES
APPRENANTS DES STRUCTURATIONS MENTALES INÉDITES, À PARTIR DE CE QU’ILS SAVAIENT DÉJÀ. NE JAMAIS OUBLIER
QU’UN APPRENANT EST DÉJÀ UN SACHANT.
• APPRENDRE, C’EST EN DÉFINITIVE CONCEPTUALISER, C’EST-À-DIRE FORMER DES CONCEPTS.
• APPRENDRE, SE FORMER, C’EST AINSI SE TRANSFORMER, TRANSFORMER CE QU’ON SAVAIT DÉJÀ EN L’ENRICHISSANT,
TRANSFORMER SES REPRÉSENTATIONS INITIALES…
PHILIPPE CLAUZARD – MCF UNIVERSITE DE LA REUNION/ESPE – 2017
• APPRENDRE EST BEL ET BIEN UN PROCESSUS INTERNE ET SA MANIFESTATION N’EST PAS TOUJOURS
OBSERVABLE : LE FORMATEUR OU L’ENSEIGNANT TRAVAILLE EN « AVEUGLE ». APPRENDRE EST
TOUJOURS UNE ACTIVITÉ OPAQUE POUR CELUI QUI OBSERVE LES APPRENANTS (CF. LES
ILLUSIONS D’APPRENTISSAGE)
• L’APPRENTISSAGE EST UN PROCESSUS QUI PEUT ÊTRE FAVORISÉ, ÉTAYÉ, SOUTENU PAR DES
TECHNIQUES ET DES DISPOSITIFS PÉDAGOGIQUES. MAIS NON TRANSMIS PAR INJONCTION, PAR
EXEMPLE.
• L’ACTE D’APPRENDRE RELÈVE D’UNE CONSTRUCTION. L’APPRENANT S’Y ENGAGE
ACTIVEMENT : AUTANT COGNITIVEMENT QU’AFFECTIVEMENT.
• ON NE PEUT PAS RECEVOIR UN APPRENTISSAGE. ON LE CONSTRUIT ! C’EST LA DIFFÉRENCE ENTRE
RECEVOIR PASSIVEMENT DE L’INFORMATION ET APPRENDRE ACTIVEMENT UN CONTENU DE
SAVOIR. REGARDER UN DOCUMENTAIRE ANIMALIER À LA TÉLÉVISION N ’ ENGAGE PAS
NÉCESSAIREMENT DE RÉFLEXION, DE DISTANCIATION RÉFLEXIVE SUR CE QUE L’ON OBSERVE, DE
MISE EN MOUVEMENT D ’ UN DÉBAT COGNITIF AVEC LA VIE ANIMALE. ON NE PENSE
NÉCESSAIREMENT FACE À UN DOCUMENTAIRE ANIMALIER. SAUF QUE CHERCHER À
COMPRENDRE, À CONCEPTUALISER DES ASPECTS DE LA VIE ANIMALE, DES ENJEUX
BIOLOGIQUES ET ÉCOLOGIQUES.
18
Philippe CLAUZARD MCF Université de la Réunion
ESPE - Laboratoire ICARE Février – Mars 2016
COMMENT COMPRENDRE L’APPRENTISSAGE ?
D'OÙ VIENT LE DÉSIR D'APPRENDRE ?
• « Tous les hommes ont un désir naturel de savoir » : Aristote le dit dès la première phrase de
sa Métaphysique. Pour le philosophe, le désir d’apprendre est naturel et commence par le
simple fait de tourner les yeux pour s’intéresser à ce qui se passe. J’entends un cri, je vois
un attroupement, je veux savoir. Telle est pour Aristote la base de la curiosité naturelle.

• Quelques siècles plus tard, Saint-Augustin fera aussi du désir de savoir (libido sciendi) l’une
des pulsions fondamentales des humains aux côtés du désir sensuel (libido sentiendi) et du
désir de dominer (libido dominandi).
• Qui pense libido pense à Sigmund Freud. Le fondateur de la psychanalyse nommait «
épistémophilie » ce désir de connaître. Pour lui, ce serait l’expression sublimée de la
pulsion sexuelle.
PHILIPPE CLAUZARD – MCF UNIVERSITE DE LA REUNION/ESPE – 2017
APPRENDRE, EST-IL DÉSTABILISANT ?
• Oui, apprendre peut s’avérer effectivement déstabilisant. C’est pourquoi l’apprentissage est difficile et
parfois improbable. Apprendre est déstabilisant, car c’est transformer ses représentations, rompre avec
des certitudes, réaménager ce que l’on jugeait savoir.
• Apprendre résulte de transformations successives, de confrontations personnelles à des poches de
résistances cognitives ou à des ruptures épistémologiques. Apprenant en restructurant ses connaissances
personnelles, la mise en relation du nouveau et de l’ancien devient une opération mentale essentielle. Et
délicate à encadrer.
• Assimiler de nouvelles connaissances nécessite la plupart du temps d’ébranler un savoir ancien avec beaucoup
de tâtonnements et d’erreurs, bien sûr. Ceci est souvent une épreuve difficilement soutenable pour
l’individu, une expérience frustrante, douloureuse, voire anxiogène. Penser connaître des choses et
s’entendre dire qu’on fait fausse route, que nos conceptions sont erronées ou trop partielles est difficile à
accepter: c’est aussi une question narcissique d’estime de soi.
• De nos jours, il est apparu une nouvelle forme de pédagogie où l’on considère maintenant l’erreur comme
outil pour enseigner. On part des erreurs pour faciliter le passage vers un apprendre, déterminer le chemin
didactique le plus favorable. On apprend en faisant des erreurs: en les analysant et en recommençant une
procédure. L’apprentissage par l’erreur permet de s’intéresser aux opérations effectuées, aux stratégies
mobilisées par l’apprenant. Il s’agit de conduire l’élève à comprendre et rectifier son erreur de raisonnement.
C’est un nouveau paradigme pour l’apprentissage qui consiste à privilégier des cerveaux réflexifs à des
cerveaux essentiellement bien remplis. La réflexivité est un nouvel enjeu d’un apprentissage tout au long
de la vie !
PHILIPPECLAUZARD–MCFUNIVERSITEDELAREUNION/ESPE–2017
• APPRENTISSAGE PAR IMITATION : LE PLUS COURANT : IL SUPPOSE DE LA PART DE L’ENFANT (OU
DE L’ADULTE DANS CERTAINES SITUATIONS) LA VALORISATION D’UN MODÈLE ET LA VOLONTÉ DE
LE POSSÉDER, DE LE PRENDRE. C’EST PAR L’IMITATION QUE SE FONT TOUS LES APPRENTISSAGES
SPONTANÉS DE LA PETITE ENFANCE : PAROLE, GESTES, MIMIQUES, ETC.., AINSI QUE CEUX DE LA
DIMENSION ESTHÉTIQUE DES ACTIVITÉS : TON, GRÂCE, STYLE, MANIÈRE, ETC.
• APPRENTISSAGE PAR ASSOCIATION : ON ASSOCIE UN STIMULUS NOUVEAU À UN MÉCANISME
DÉJÀ APPRIS AFIN DE CRÉER UN NOUVEAU SAVOIR. POUR APPRENDRE DES CHOSES COMPLEXES,
CELA PERMET D’ENCHAÎNER DES SITUATIONS DE DIFFICULTÉ CROISSANTE.
• APPRENTISSAGE PAR ESSAIS ET ERREURS : LE SUJET EST MIS EN SITUATION D’ESSAI, ON NE LUI
DONNE AUCUN MODE D ’ EMPLOI (PARFOIS MÊME PAS LA CONDITION DE SUCCÈS OU
D’ÉLIMINATION). POUR FONCTIONNER CORRECTEMENT, IL FAUT QUE LA SOLUTION PRENNE EN
COMPTE CE QUE LE SUJET SAIT DÉJÀ.
• APPRENTISSAGE PAR EXPLICATION : ON EXPLIQUE AU SUJET, ORALEMENT OU PAR ÉCRIT, CE QU’IL
DOIT SAVOIR (EXEMPLE : UN MANUEL DE SECOURISME). C’EST LE PRINCIPE DES COURS
MAGISTRAUX.
• APPRENTISSAGE PAR RÉPÉTITION : ON FAIT FAIRE AU SUJET CE QU’IL DOIT APPRENDRE,
D’ABORD PASSIVEMENT, PUIS DE PLUS EN PLUS ACTIVEMENT, JUSQU’À CE QU’IL PUISSE FAIRE ET
REFAIRE SEUL LES OPÉRATIONS.
• APPRENTISSAGE COMBINÉ : C’EST LE PLUS EFFICACE, ET IL EST TRÈS UTILISÉ EN MATIÈRE
D ’ ENSEIGNEMENT DE SAVOIR-FAIRE PROFESSIONNEL, CAR IL COMBINE LES MODALITÉS
PRÉCÉDENTES. LE SUJET EST MIS EN SITUATION : ON LUI MONTRE QUELQUES FOIS LES BONS
GESTES EN LUI EXPLIQUANT LES PRINCIPES D’ACTION ; ON LE LAISSE ENSUITE SE PERFECTIONNER
PAR UNE RÉPÉTITION DE MOINS EN MOINS SUPERVISÉE.
• APPRENTISSAGE PAR IMMERSION : LES LANGUES S ’APPRENNENT MIEUX EN SITUATION
D’IMMERSION TOTALE. PAR EXEMPLE, LORSQUE LES COURS NE SONT DONNÉS QUE DANS LA
LANGUE À APPRENDRE ET QUE LE PROFESSEUR NE PARLE AVEC LES ÉLÈVES QUE DANS LEUR
LANGUE D’IMMERSION.
Philippe CLAUZARD MCF Université de la Réunion
ESPE - Laboratoire ICARE Février – Mars 2016
EXISTE-T-IL PLUSIEURS FORMES D’APPRENTISSAGE ?
APPRENDRE TOUT AU LONG DE LA VIE…
N’EST-CE QU’UN SLOGAN ?
• Nous sommes des millions à apprendre tout au long de la vie, chacun à sa manière, par plaisir ou
par nécessité… « Se former tout au long de la vie » est même devenu un véritable slogan des
sociétés contemporaines, appelées à répondre aux exigences d’une économie fondée sur
l’innovation et une concurrence de plus en plus mondialisée.
• Le monde du travail, en pleine évolution, requiert des salariés capables de s’adapter à des
environnements changeants. Le secteur de la formation professionnelle est devenu une
préoccupation majeure des démocraties, censées apporter à tous les possibilités de son évolution.
• Les pratiques d’autoformation se démultiplient, facilitées par l’usage des technologies numériques.
• Se fixer des objectifs bien particuliers, changer de métier, ou même de vie peut être issus de choix
personnel correspondant à une quête de soi. Et engendrer des bifurcations professionnelles, dessinant
des parcours inattendus, des histoires de vie originales…
• Dates récentes essentielles : 2009 Accord National Interprofessionnel sur le développement de la
formation professionnelle tout au long de la vie (7 janvier 2009) Loi du 24 novembre 2009 sur la
formation et l’orientation professionnelle tout au long de la vie + 2015 : création du compte
personnel de formation professionnelle (www.moncompteformation.gouv.fr/ : Si vous avez eu une
activité salariée dans une entreprise de droit privé en 2015, vos heures CPF seront automatiquement
reportées et sauvegardées dans votre compte personnel de formation, sans démarches de votre part, à la
fin du premier trimestre 2016.)
Philippe Clauzard, MCF Université de la Réunion / ESPE - 2017
QU’EST-CE QUE FORMER ???
• VENU DU LATIN « FORMARE », LE MOT « FORMATION » POSSÈDE LA MÊME RACINE QUE
FORME, FORMEL ET FORMAT. LE TERME « FORMATION » EST ÉTYMOLOGIQUEMENT DE L’ORDRE
DU « PRENDRE FORME »
• FORMER, C’EST SAVOIR COMMUNIQUER EN SACHANT QU’IL NE SUFFIT PAS DE BIEN DIRE UNE
CHOSE POUR ÊTRE COMPRIS : IL FAUT AUSSI VÉRIFIER QUE LE PUBLIC A BIEN COMPRIS ET LUI
DONNER L’ENVIE D’ÉCOUTER LA SUITE.
• FORMER, C’EST FACILITER L’ASSIMILATION DES CONNAISSANCES PAR LES STAGIAIRES ET
POUR CELA MESURER LEUR POSSIBILITÉ D’APPRENTISSAGE. LE FORMATEUR MET À DISPOSITION
DES APPRENANTS DES SAVOIRS, DES SAVOIRS – FAIRE, DES SAVOIR -ÊTRE QU’ILS VONT
DEVOIR S’APPROPRIER DE MANIÈRE À CONSTRUIRE DES RESSOURCES PERSONNELLES, UN
RÉPERTOIRE D’ACTION ET DE CONNAISSANCES… EN RÉPONSE À UN BESOIN DE FORMATION
IDENTIFIÉ OU UN SOUHAIT D’ÉVOLUTION DES COMPÉTENCES PROFESSIONNELLES.
• FORMER SUPPOSE UNE MISE EN SCÈNE : DU GROUPE ET DU CONTENU, UNE SCÈNE
D’APPRENTISSAGE. NOUS AVONS OBSERVÉ QUE C’EST L’ENSEIGNANT OU LE FORMATEUR QUI
IMAGINE, PLANIFIE, ORGANISE L’ACTE D’APPRENDRE. IL S’AGIT ALORS DE LIER APPRENDRE À
ENSEIGNER. L ’ ENSEIGNEMENT OU LE FORMATEUR ACCOMPAGNE L ’ APPRENDRE.
L’ENSEIGNEMENT MET EN SCÈNE LES APPRENTISSAGES: EN CELA, JE LE RÉPÈTE, CELA SEMBLE
ESSENTIEL : « UN COURS N’EST PAS CONÇU POUR CELUI QUI ENSEIGNE, MAIS POUR CELUI QUI
APPREND ! » (BOUDREAULT)
Philippe CLAUZARD MCF Université de la Réunion
ESPE - Laboratoire ICARE Février – Mars 2016
QU’EST-CE QUE SE FORMER ?
• NOTONS	QUE	:	
• ON APPREND PAR SOI-MÊME (OBSOLESCENCE DES CONNAISSANCES DU MÉTIER)
• ON	APPREND	AUSSI	SOCIALEMENT	(	AU	CONTACT	DES	AUTRES)
• ON APPREND EN SITUATION DE TRAVAIL (ANALYSES DE PRATIQUES
PROFESSIONNELLES, DÉBRIEFING)
• ON APPREND SURTOUT EN ASSURANT UN RETOUR RÉFLEXIF SUR SES EXPÉRIENCES
(JOURNAL RÉFLEXIF, CARNET INTIME)
• ON	APPREND	EN	SIMULATION	DES	SITUATIONS	DE	TRAVAIL
• ON	APPREND	EN	RECHERCHE-FORMATION	(AUTOCONFRONTATION)
Philippe CLAUZARD MCF Université de la Réunion
ESPE - Laboratoire ICARE Février 2017
QU’EST-CE QUE SUPPOSE LA
FORMATION ?
• DANS LE CADRE DE LA FORMATION, L’APPRENTISSAGE EST ALORS INTERACTIF : AUX
STIMULATIONS DU FORMATEUR VONT RÉPONDRE LES FORMÉS, AUX GESTES
D’ENSEIGNEMENT/FORMATION VONT RÉPONDRE DES GESTES D’ÉTUDE DU FORMÉ (À
EXPLIQUER VA RÉPONDRE PRENDRE DES NOTES AVEC UN STYLO.
• LA FORMATION SUPPOSE D’ANIMER UN GROUPE QUI EST UNE ENTITÉ VIVANTE AVEC SA LOGIQUE
ET ÉVOLUTION PROPRES, ON PARLE DE LA DYNAMIQUE DU GROUPE. FORMER, C’EST AIDER
GUIDER, ACCOMPAGNER, TUTORER, CONSEILLER, COMMUNIQUER, FACILITER, CONCEVOIR,
PRÉPARER…
• LE FORMATEUR ORGANISE EN OUTRE LA MÉDIATION ENTRE L’APPRENANT ET LES CONTENUS
DE L’APPRENTISSAGE, LES CONTENUS DE LA FORMATION. IL ÉTABLIT UN SCÉNARIO
D’APPRENTISSAGE; IL DIDACTISE DES SAVOIRS, IL ANIME UN FACE À FACE. EN AMONT, IL
TRAVAILLE ÉVENTUELLEMENT À UNE INGÉNIERIE DE FORMATION (OBJET DE L’UE 24 F2F)
• NOUS NOUS INTÉRESSONS QU’À LA SEULE DIMENSION COGNITIVE, CELLE DE TRAITEMENT
DE L’INFORMATION, DE TRAITEMENT DE L’APPRENTISSAGE AU MOYEN DE PROCÉDURES
MISES À DISPOSITION DE L’APPRENANT PAR LE FORMATEUR, EN TANT QU’EXPERT DU FAIRE
APPRENDRE, DE LA FORMATION CONTINUÉE. MÊME SI ON NE PEUT VRAIMENT PLEINEMENT
IGNORER LES DIMENSIONS AFFECTIVES ET SOCIALES, NE SERAIT-CE QUE PAR LES EFFETS DE
FEED-BACK DE LA CLASSE D’APPRENANTS.
Philippe CLAUZARD MCF Université de la Réunion
ESPE - Laboratoire ICARE Février – Mars 2016
QUELLES SONT TOUTES LES FACETTES DU
METIER DE FORMATEUR – ENSEIGNANT ?
Un
professionnel
de
l’apprentissage
Philippe CLAUZARD MCF Université de la Réunion
ESPE - Laboratoire ICARE Février 2017
VIDÉOS COMMENTÉES
• VIDÉOS DE PHILIPPE MEIRIEU SUR LE DÉSIR D’APPRENDRE, L’HISTOIRE DE LA
PÉDAGOGIE ET LES PÉDAGOGUES
• QUE RETENEZ-VOUS ?
• QU’EN PENSEZ-VOUS ,
• QUELS ÉCHOS AVEC VOS ACTIVITÉS PROFESSIONNELLES ?
BRÈVE HISTOIRE DE L’APPRENTISSAGE
• TOUTES LES THÉORIES PÉDAGOGIQUES, MODÉLISANT PLUS OU MOINS L’ACTE D’ENSEIGNER, QUI SE
SUCCÉDÈRENT AU FIL DU TEMPS, FURENT TOUTES ISSUES DE VALEURS FONDÉES SUR UNE PHILOSOPHIE
PARTICULIÈRE.
• Chaque théorie est étayée sur une idée que l’on se fait de l’humain, de sa place dans l’univers, de son
humanisation. La question des finalités fait de l’éducation une affaire de philosophes. La plupart des grands
professeurs de Sciences de l’Éducation furent des philosophes avant d’œuvrer dans des départements
universitaires encore récents. Les réponses données aux questionnements sur les finalités de l’éducation relèvent
toujours de la philosophie. Qui doit enseigner ? A qui doit-on enseigner ? Que faut-il enseigner ? Comment faut-il
enseigner ? C’est une théorie de l’humain, une vision de la personne humaine qui donne réponse à ces
interrogations fondamentales.
• Ce sont les sophistes qui posent, les premiers, ces questions au Ve siècle av. J.-C. dans la Grèce Antique. Ils
sont "professeurs de sagesse" et apprennent aux jeunes gens à se conformer aux règles sociales par la maîtrise
de soi. Platon préfère le développement d’une affirmation de soi, conformément à la force de la nature. Pour
Platon comme pour Aristote, toute éducation vise à obtenir l’harmonie du corps et de l’âme de l’individu. On
parvient à cet équilibre sous l’autorité de la raison. Il s’agit de sortir l’enfant de sa violence individuelle,
socialement inadaptée, à la maîtrise de soi sans laquelle il ne peut se développer de vie sociale. C’est une
opération de socialisation gouvernée par l’État.
• Socrate est un enseignant qui n’a rien écrit, mais dont on sait qu’il développa (470-399 av. J.-C..) une méthode
pédagogique : la maïeutique ou l’art d’accoucher. L’approche maïeutique qui est au cœur de la philosophie
socratique. En effet, elle se définit comme l’accouchement des esprits. Par le biais de questionnements, l’esprit du
questionné parvient à trouver en lui-même les vérités. La maïeutique est donc l’art d’accoucher les esprits, de
leur faire enfanter la vérité. PHILIPPE CLAUZARD – MCF UNIVERSITE DE LA REUNION/ESPE – 2017
BRÈVEHISTOIREDEL’APPRENTISSAGE
• Socrate en philosophe affirme que chacun porte en lui le savoir, sans en avoir conscience. Le
questionnement vise à faire ressouvenir, c’est la fameuse théorie de la réminiscence. Ceci est bien sûr
fondé sur la thèse de l’immortalité de l’âme. Puisque l’âme est immortelle, elle détient déjà tous les savoirs.
• SOCRATE EXPLIQUAIT : "JE SUIS FILS D’UNE ACCOUCHEUSE (...) J’EXERCE LE MÊME ART..." (THÉÉTÈTE 149A) "MON ART DE MAÏEUTIQUE A
MÊMES ATTRIBUTIONS GÉNÉRALES QUE LE LEUR (CELUI DES ACCOUCHEUSES) LA DIFFÉRENCE EST QU’IL DÉLIVRE LES HOMMES ET NON LES
FEMMES ET QUE C’EST LES ÂMES QU’IL SURVEILLE EN LEUR TRAVAIL D’ENFANTEMENT, NON POINT LES CORPS"(150B) "(...) LE FAIT EST
POURTANT CLAIR QU’ILS (CEUX QUI VIENNENT À MON COMMERCE) N’ONT JAMAIS RIEN APPRIS DE MOI ET QU’EUX SEULS ONT, DANS
LEUR PROPRE SEIN, CONÇU CETTE RICHESSE DE BEAUX PENSERS QU’ILS DÉCOUVRENT ET METTENT AU JOUR. DE LEUR DÉLIVRANCE, PAR
CONTRE, LE DIEU ET MOI SOMMES LES AUTEURS" (150D) "LE DISCIPLE SAURA DONC SANS AVOIR EU DE MAÎTRE, GRÂCE À DE SIMPLES
INTERROGATIONS, AYANT RETROUVÉ DE LUI-MÊME EN LUI LA SCIENCE" (MÉMON 85D)
• Socrate voyait en cet art le meilleur moyen de révéler à l’élève l’être véritable qui est en lui. La maïeutique est
aujourd’hui devenue une technique d’enseignement suscitant chez l’apprenant la mobilisation de savoirs précédemment
enseignés, de représentations personnelles, et de réflexion dans une forme dialoguée: on l’appelle le cours dialogué, très
en vogue dans les établissements scolaires de formation initiale. Le professeur fait ainsi naître dans l’esprit des élèves
des réponses par des interrogations habiles.
• Les anciens discutent aussi du « type d’homme » que l’on veut former, des méthodes d’apprentissage (Platon, Le Ménon) :
« comment peut-on faire ce qu’on ne sait pas faire, précisément pour apprendre à le faire? »
• Au Moyen-Âge, ce genre de question ne se pose plus. L’époque est influencée par un christianisme qui dicte qu’apprendre
c’est finalement retrouver Dieu en nous. L’éducation médiévale s’avère une pratique sans théorie. Il sera développé
l’enseignement magistral et verbal où apprendre sera avant tout retenir après avoir appris par cœur. Cette pédagogie
est relativement « aride » et « rigide », elle fait référence à la scolastique qui prône un apprentissage fondé sur la
mémorisation mécanique de savoirs limités et la soumission à l’autorité des anciens, des maîtres et de la Bible.
• Au XVIe siècle, la représentation de l’univers fut bouleversée: c’est l’époque de la Renaissance. On pense l’univers en
termes d’infini. On redéfinit la place de l’Homme et par conséquent son éducation. Même s’il reste imprégné de religion,
le savoir transmis est repris en grande partie aux sources de l’Antiquité. C’est le même mouvement que dans les Arts,
l’architecture ou la peinture . À noter, le savoir fonde sa vérité dans l’expérience, la preuve ou la démonstration. Non
plus sur l’argument d’autorité.
PHILIPPE CLAUZARD – MCF UNIVERSITE DE LA REUNION/ESPE – 2017
BRÈVEHISTOIREDEL’APPRENTISSAGE
• C’est l’époque des projets humanistes utopiques : avec Thomas More et son île "Utopie" (1516) où
l’éducation est douce, persuasive, ouverte aux arts et aux sciences, mais aussi aux loisirs ; avec le
"Gargantua" de Rabelais (1534) boulimique de connaissances ; avec, enfin, Campanella et la "Cité du
Soleil" (1602) qui souligne que l’éducation ne doit entraver le désir d’apprendre de tout un chacun. Les
projets éducatifs d’alors sont éminemment modernes. Sont promues les méthodes actives, l’alternance
d’activité intellectuelle et d’activité physique, les conversations et les voyages...
• Pour Erasme, l’éducabilité définit complètement l’essence de l’espèce humaine. Il s’associe à Montaigne
pour dénoncer la violence et la brutalité comme principe éducatif à l’égard des enfants. Ils prônent le
recours au précepteur. Le développement du corps leur paraît aussi important que celui de l’esprit et de
l’âme. Le précepteur doit constamment veiller à la qualité de la relation nécessaire avec son élève pour une
éducation efficiente. Pour Érasme "la justesse de l’expression fait la justesse de la pensée". Il vise le
développement d’êtres capables de jugement. Il défend un enseignement basé sur la rhétorique et
dénonce avec Montaigne la scolastique médiévale fondée sur la terreur et l’exigence de civilité.
• Comenius (1592-1670) fut à la fois un directeur d’école et un philosophe de l’éducation. L’école est "son
atelier d’humanité" dont le projet est de "faire l’union et le bonheur de tous". Son école fut son terrain
d’étude, son laboratoire de recherches théoriques. Sa pensée sur la finalité de l’éducation est liée à la
métaphysique et au religieux, marquée par un fort optimisme que l’on retrouve dans sa méthode
systématique et universelle exerçant les "sens (...) puis la mémoire, ensuite l’intellect, enfin le jugement". Il fait
une large place à l’autonomie de l’élève, préconise l’aide mutuelle entre élèves, développe une
formation des maîtres axée sur la connaissance du développement cognitif de l’enfant et la juste
correspondance entre son mode d’appréhension du monde et l’ordre des connaissances que l’on se propose
d’enseigner. PHILIPPE CLAUZARD – MCF UNIVERSITE DE LA REUNION/ESPE – 2017
BRÈVEHISTOIREDEL’APPRENTISSAGE
• Précurseur, Comenius souhaite une école ouverte à tous (garçons, filles, pauvres, riches,
esprits doués ou faibles...) car nécessaire à l’humanisation de tous.
• Dès le XVe siècle, on passera de l’enseignement en face à face à un enseignement
simultané entraînant la répartition des élèves par niveau, la définition d’une
progression, l’institution d’emploi du temps et de récréation. Le français remplacera le
latin. Cependant, les filles doivent aller dans des établissements différents où est
développé un apprentissage des tâches domestiques. On prépare les filles à devenir
des femmes agréables à leurs maris capables d’élever chrétiennement leurs enfants.
Nous sommes loin de tous projets de parité homme-femme. La théorie implicite est que les
femmes ne doivent pas égaler les hommes.
• Au XVIIe siècle, il apparaît un véritable souci de formation des maîtres avec les
jésuites et Jean-Baptiste de la Salle, il s’agit de faire partager à tous les bonnes
recettes pédagogiques des maîtres chevronnés. D’où l’extraordinaire succès que les
collèges des Jésuites connaîtront.
BRÈVEHISTOIREDEL’APPRENTISSAGE
• De tous les ouvrages pédagogiques écrits pendant le siècle des Lumières (XVIIIe siècle) l’Émile de
Rousseau (1762) exercera une influence majeure pour l’avenir de l’éducation. Il demeure une référence
incontournable pour la pédagogie moderne. Non dogmatique, il cherche à faire réfléchir le lecteur qui
n’aura qu’à adapter les principes proposés selon l’environnement et les circonstances particuliers. L’éducation
d’Émile a pour objectif de former un homme libre, agent d’une société meilleure. Rousseau assume toutes
les contradictions de son projet en développant la notion d’anticipation. Sa méthode est de prévoir et
organiser des situations éducatives en fonction du but qu’on se propose. En outre, l’Émile suggère l’amour et le
respect des enfants ; il promeut une meilleure connaissance du développement de l’enfant. Il propose de
faire de l’apprenant le centre de la pédagogie, de recourir à l’expérience concrète, de développer la
curiosité d’apprendre et le désir d’une autoformation (l’apprendre par soi-même), prendre en compte la
sensibilité, le travail manuel et l’exercice physique. Deux pédagogues expérimentèrent l’ idée "grande" de
l’Émile : Pestalozzi (1746-1827) et Fröbel (1782-1852).
• Pestalozzi fonda quatre écoles en Suisse. Son institut d’Yverdon devint entre 1805 et 1825 le laboratoire
pédagogique de l’Europe. Sa méthode avait pour but d’éduquer la tête, le coeur et la main. Les
apprentissages passent par les sens et s’ancrent dans le vécu enfantin à chaque stade de son
développement. L’enfant doit participer activement aux activités d’apprentissage et ainsi élaborer par lui-
même sa propre autonomie. Une très sérieuse et complète formation des maîtres est indispensable.
• Son disciple Fröbel fonda plusieurs écoles en Allemagne et en Suisse. Le jeu est au centre de sa pédagogie.
Les activités ludiques permettent la structuration cognitive de l’enfant. Il créa aussi les premiers jardins
d’enfants ( les Kindergarten) avec un matériel pédagogique spécifiquement adapté pour instruire l’enfant sur
le monde et ses propres capacités.
PHILIPPE CLAUZARD – MCF UNIVERSITE DE LA REUNION/ESPE – 2017
BRÈVEHISTOIREDEL’APPRENTISSAGE
• Les socialistes Fourier, Saint-Simon, Proudhon donnèrent une place prépondérante à l’éducation dans
leurs systèmes. Leurs idées se font l’écho de l’Émile de Rousseau. Il s’agit d’une éducation dite globale
comprenant celle du corps, des mains avec des "classes-ateliers« …
• La pédagogie participa à l’avènement de la pensée positive (le positivisme) dans un siècle où la raison
était une valeur absolue. Le développement des nouvelles disciplines (la psychologie de l’enfant et la
sociologie) donnera un soubassement scientifique à la pédagogie. On pense alors qu’il convient d’enseigner
à tous le minimum indispensable afin de rendre chacun capable de penser par lui-même. Le XIXe siècle
fut passionné d’éducation et crut en l’école comme libératrice. C’est ainsi que purent apparaître les lois
scolaires de Jules Ferry à la fin du siècle, avec le projet d’alphabétiser tous les petits Français.
• Le XXe siècle voit l’avènement de l’éducation nouvelle à l’encontre d’un enseignement fondé sur la mémoire
et les exercices réglés. On dénonce un apprentissage mécanique dont on dénonce le caractère stérile :
observation, réflexion et culture générale doivent primer.
• Le début du XXe siècle est marqué par un nouvel et fort intérêt de la psychologie du développement des
enfants, qui influencera les objectifs et méthodes d’éducation. La psychologie s’intéresse au
développement de l’intelligence. On étudie l’enfant débile ou retardé pour mieux comprendre le
fonctionnement des autres enfants. À Paris, Binet (1857-1911) est le fondateur de la psychopédagogie et de
la recherche pédagogique, de la docimologie et avec Simon, des tests d’intelligence qui sont utilisés dans les
classes de perfectionnement pour les enfants inadaptés.
• Claparède, médecin et biologiste suisse, est le créateur en 1912 de l’Institut J.J. Rousseau, un institut de
sciences de l’éducation, tenant de l’ "éducation fonctionnelle" centrée sur les intérêts de l’enfant à chaque
étape de son développement. L’activité ludique y est importante.
PHILIPPE CLAUZARD – MCF UNIVERSITE DE LA REUNION/ESPE – 2017
BRÈVEHISTOIREDEL’APPRENTISSAGE
• Jean Piaget (1896-1980), biologiste et psychologue suisse et Henri Wallon (1879-1962), médecin,
psychologue participent aux projets de la psychologie descriptive et génétique, en observant et
décrivant les stades de développement avec rigueur selon la méthode expérimentale.
• Pour Piaget, les méthodes pédagogiques peuvent favoriser le développement de l’enfant. Il convient
qu’elles s’ajustent aux capacités d’assimilation propres à chaque stade d’élaboration des structures
cognitives. Pour Wallon le développement enfantin repose sur le biologique (maturation du système
nerveux) et le social ( lié à l’environnement physique et humain). L’éducation doit offrir à l’enfant une
stimulation à l’apprendre, associer l’affectif, le technique et l’intellectuel, accepter ce qui appartient au
conflit et aux crises qui sont formateurs.
• John Dewey (1859-1952) fondateur et directeur de l’Ecole-Laboratoire de l’Université de Chicago lie sa
théorie éducative à la démocratisation des sociétés. Il défend un modèle de vie associative, formant
des citoyens responsables et éclairés, et une pédagogie fondée sur l’intérêt de l’élève et ses
expérimentations : le learning by doing…
• L’innovation pédagogique est alors bouillonnante. L’histoire retient des personnalités qui défendirent
des pratiques pédagogiques originales.
• Le Suisse A. Ferrière (1870-1960), coordonnateur et théoricien de l’École active, favorise "l’élan vital
spirituel" et organise l’autonomie des élèves.
• Maria Montessori (1870-1952) postulant que les idées sont issues des sensations reprend et
perfectionne le matériel sensoriel des écoles grâce auquel l’enfant emmagasine expériences et
vocabulaire.
• O. Decroly (1871-1932) défend " l’éducation par la vie pour la vie". Il souhaite que l’école s’ajuste à la
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PHILIPPE CLAUZARD – MCF UNIVERSITE DE LA REUNION/ESPE – 2017
• R. Cousinet (1881-1973), pionnier français de l’Éducation nouvelle, préfère l’apprentissage sur
l’enseignement. Il écrit : "l’éducation est l’œuvre de l’enfant". Il expérimente et théorise la méthode de
travail libre par groupes.
• Afin de réduire les contradictions auxquelles la pédagogie est confrontée, les imaginaires de
Comenius (Le Labyrinthe du Monde), Rousseau, ou du socialiste Illitch (une société sans école) ont
contribué à proposer d’autres modèles éducatifs qualifiables d’utopiques. Le dernier avatar est
celui de Neill avec son école de Summerhill où il a mis en œuvre une pédagogie fondée sur le
"self government", exempte de tout interdit. Une réponse opératoire en terme pédagogique de la
théorie psychanalytique de Freud qui concluait à l’impossibilité de l’éducation.
• Que reste-t-il de ce foisonnement pédagogique ? L’école nouvelle fut finalement davantage
pourvoyeuse de méthodes pédagogiques, de techniques pour faire la classe, complètement
séparées de la philosophie les sous-tendant. Les techniques actives furent récupérées et introduites
par les autorités scolaires dans divers pays, mais assez vite abandonnées. Les pays ne changèrent
pas en effet l’esprit présidant à l’organisation et à la programmation scolaires.
• En France, les "classes nouvelles" et "les activités d’éveil" n’ont pas fait long feu à l’école primaire. Il
reste donc des techniques, et un idéal de ces mouvements de l’école nouvelle dont la philosophie est
toujours actuelle. L’Institut Coopératif de l’Ecole Moderne, les CRAP (Cercles de recherches et
d’action pédagogiques), le Groupe Français d’Éducation Nouvelle (GFEN) sont encore des
structures très dynamiques. Le GFEN développa une méthode pédagogique amenant les enfants à
redécouvrir des notions élémentaires selon une démarche (très piagétienne) d’auto-socio-
construction du savoir.
• On voit que cette histoire pédagogique présente des innovations, des progrès puis des
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PHILIPPE CLAUZARD – MCF UNIVERSITE DE LA REUNION/ESPE – 2017
LES ÉTAPES DE LA FORMATION EN 3T
• Temps 1: 19e-20e siècle : la promotion sociale par le savoir : Dans son rapport intitulé L’Organisation générale de
l’instruction publique (1792), Condorcet plaidait pour une éducation populaire, qui garantirait l’égalité des citoyens et
devrait se dérouler à tous les âges de la vie.
• En 1794, le Conservatoire national des arts et métiers (Cnam), fondé par l’abbé Grégoire, est destiné (avec l’école
polytechnique) à former des ingénieurs pour « perfectionner l’industrie nationale ».
• L’idée d’éducation populaire et de promotion sociale par l’éducation fait son chemin et s’organise au cours du 20e siècle,
en prenant son essor grâce à différents mouvements. Elle est portée notamment par Joffre Dumazedier, ardent militant
de la formation pour les adultes.
• Temps 2 : Années 1970 : la formation professionnelle continue instituée: Entre les deux guerres, apparaissent des
actions de « perfectionnement professionnel » pour l’encadrement. Elles viennent d’institutions créées pour diffuser
l’organisation scientifique du travail, comme le Cnam, ou le Comité d’études générales de l’organisation scientifique
(Cegos), fondé en 1932. Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, les grandes entreprises développent des actions de
formation pour leur personnel (Renault, Snecma…).
• La loi du 16 juillet 1971 organise la formation professionnelle continue des adultes en instituant son financement par
les entreprises. Les organismes de formation continue se développent : Cnam, Greta (groupements d’établissements du
second degré de l’éducation nationale), Afpa, première organisation de formation continue d’importance dans la société
française créée par le ministère du Travail.
• Temps 3 : Années 2000 : le life long learning; à la fin des années 1970, est avancé un concept humaniste de
l’apprentissage tout au long de la vie qui va devenir le socle des politiques nationales et internationales.
Philippe Clauzard, MCF Université de la Réunion / ESPE - 2017
LES ÉTAPES DE LA FORMATION EN 3T
• L’Unesco considère que le stock des connaissances se renouvelle désormais tous les sept ou huit ans,
bien plus vite que le renouvellement des générations. D’où la nécessité de préparer les populations à se
former en permanence. Jacques Delors, président de la Commission internationale sur l’éducation pour le
21e siècle déclare que « le concept d’éducation tout au long de la vie est une clé d’entrée dans le 21e siècle
» (Unesco 1996).
• Le slogan « life long learning » est lancé par la Communauté européenne en 1995. Il exprime l’ambition
de favoriser l’employabilité des salariés au cours de leur carrière professionnelle et l’adaptation des
citoyens à la société de l’information. Ainsi se profile la vision d’une société éducative qui dépasse la
distinction traditionnelle entre éducation première et éducation permanente, où tout peut être occasion
d’apprendre et de s’épanouir.
• En 2000, le Conseil européen, réuni à Lisbonne, décide de promouvoir dans l’Union européenne, «
l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde, capable d’une croissance
économique durable accompagnée d’une amélioration quantitative et qualitative de l’emploi et d’une plus
grande cohésion sociale ».
• Cette stratégie a échoué et été recentrée dès 2005 sur l’emploi.
• En 2010, un nouveau projet vise une « croissance intelligente, durable et inclusive »
• Le concept d’inclusion fait récemment son apparition dans le champ des sciences de l’éducation.
L’école inclusive vise l’adaptation aux apprenants, quelles que soient leurs particularités. C’est une
structure qui n’exclut personne et qui met en place des dispositifs adaptés pour tous selon les besoins de
chacun. C’est un lieu d’échanges qui permet la prise en compte des différences de chacun… C’est une
école qui tient compte des difficultés d’apprentissage de chacun, qui adapte son enseignement à chacun,
une école ouverte à la différence. L’école inclusive est une nouvelle approche de l’enseignement, une
nouvelle philosophie de l’éducation. Philippe Clauzard, MCF Université de la Réunion / ESPE - 2017
PETITE HISTOIRE DE LA FORMATION CONTINUE PROFESSIONNELLE
• 1792 : PROJET CONDORCET : FORMATION POURSUIVIE PENDANT TOUTE LA DURÉE DE LA VIE, ÉGALITÉ DEVANT L’INSTRUCTION, DES CONTENUS EN LIAISON AVEC L’ÉVOLUTION DES SCIENCES ET
DES TECHNIQUES, FORMATION CIVIQUE DU CITOYEN ;
• 19E SIÈCLE CRÉATION DU CONSERVATOIRE NATIONAL DES ARTS ET MÉTIERS, CRÉATION DES ÉCOLES D’INGÉNIEURS (POLYTECHNIQUE, PONTS ET CHAUSSÉE, MINES)
• 1945-1946 : DEUX MOUVEMENTS ÉDUCATIFS APPARAISSENT : L’ÉDUCATION POPULAIRE (BESOINS SOCIAUX) & LA FORMATION PROFESSIONNELLE ACCÉLÉRÉE (BESOINS PROFESSIONNELS)
DÉVELOPPEMENT DE MÉTHODE POUR ADULTES (MÉTHODE CARRARD, ENTRAÎNEMENT MENTAL…)
• 1946-1950 DÉVELOPPEMENT DES PROGRESSIONS PÉDAGOGIQUES APPARITION D’UN TROISIÈME COURANT : LA FORMATION EN ENTREPRISE (TWI) CRÉATION DE LA FPA (1946) CRÉATION DE
LÉO LAGRANGE (1950)
• 1950-1955 « COUSINAGE » ENTRE ÉDUCATION POPULAIRE ET FORMATION EN ENTREPRISE ; APPARITION D’UN QUATRIÈME COURANT : LA PROMOTION SOCIALE (BESOIN D’ENCADREMENT) ;
CRÉATION DES CENTRES RÉGIONAUX DU CNAM (1952) ; CRÉATION DU CESI ; JOFFRE DUMAZEDIER FONDE LE GROUPE D'ÉTUDES DES LOISIRS ET DE LA CULTURE POPULAIRE (1954)
• 1955-1956 APPARITION DE LA NOTION D’ÉDUCATION PERMANENTE
• 1959 LA FORMATION CONTINUE DEVIENT L’ÉCOLE DE LA SECONDE CHANCE ; 1ÉRE LOI DE LA PROMOTION SOCIALE (DE GAULLE ET DEBRÉ, JUILLET 59) ; CRÉATION DE LA DÉLÉGATION GÉNÉRALE
DE LA PROMOTION SOCIALE (1961)
• 1960-1961 PROMOTION DE L’ÉDUCATION POPULAIRE QUI ABORDE LA FORMATION DES ADULTES
• 1963-1964 APPARITION DU CONCEPT DE PROMOTION PROFESSIONNELLE (POUR LES OUVRIERS) ; APPARITION DU CONCEPT DE PROMOTION SUPÉRIEUR DU TRAVAIL (POUR LES CADRES) ;
• 1968-1972 PREMIÈRES NÉGOCIATIONS SYNDICALES SUR LA FORMATION PROFESSIONNELLE (1968) ; L’ÉDUCATION PERMANENTE ABSORBE LA FORMATION PROFESSIONNELLE ; LOI DE 1971 SUR
LA FORMATION PROFESSIONNELLE DANS LE CADRE DE L’ÉDUCATION PERMANENTE ; CRÉATION DE LA DÉLÉGATION À LA FORMATION PROFESSIONNELLE ; CRÉATION DES GRETA (1972)
• 1972-1985 MONTÉE DU CHÔMAGE ; SCISSION DE LA FORMATION EN DEUX COURANTS : LA FORMATION PROFESSIONNELLE EN ENTREPRISE ET LE DÉVELOPPEMENT DES ACTIONS POUR LES
CHÔMEURS ; CRÉATION DES STAGES BARRE ; CRÉATION DES MISSIONS LOCALES
• 1989-1998 PUBLICATION DU LIVRE BLANC SUR L’ÉDUCATION ET LA FORMATION DE JACQUES DELORS (1996) ; APPARITION DU CONCEPT DE « FORMATION TOUT AU LONG DE LA VIE », DE
SOCIÉTÉ COGNITIVE, ETC... RAPPORT À L’UNESCO DE LA COMMISSION INTERNATIONALE SUR L’ÉDUCATION POUR LE XXIÈME SIÈCLE,…
• 1998-2002 MONTÉE EN PUISSANCE DES TECHNOLOGIES DE L’INFORMATION ET DE LA COMMUNICATION APPARITION DES CONCEPTS DE FOAD, DE E-LEARNING, DE KNOWLEDGE
MANAGEMENT ; COLLOQUES SUR L’AUTOFORMATION
• 2004 LOI RELATIVE À LA FORMATION PROFESSIONNELLE ET AU DIALOGUE SOCIAL (4 MAI 2004) ; TRANSFORMATION DE LA VAP EN VAE ; CRÉATION DU DIF (DROIT INDIVIDUEL A LA FORMATION)
• 2009 ACCORD NATIONAL INTERPROFESSIONNEL SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA FORMATION PROFESSIONNELLE TOUT AU LONG DE LA VIE (7 JANVIER 2009) LOI DU 24 NOVEMBRE 2009 SUR LA
FORMATION ET L’ORIENTATION PROFESSIONNELLE TOUT AU LONG DE LA VIE
• 2015 : CRÉATION DU COMPTE PERSONNEL DE FORMATION PROFESSIONNELLE (WWW.MONCOMPTEFORMATION.GOUV.FR/)
Philippe Clauzard, MCF Université de la Réunion / ESPE - 2017
A NE PAS LIRE,
A SIMPLEMENT
EVOQUER
BRIEVEMENT
PETITE HISTOIRE
DES THÉORIES DE L’APPRENTISSAGE
• À LA SUITE D’UNE HISTOIRE DE L’APPRENTISSAGE AU FIL DES TEMPS, VOYONS CELLE DES
THÉORIES DE L’APPRENTISSAGE, QUI PRIRENT APPUI SUR LE DÉVELOPPEMENT SOCIAL ET
SCIENTIFIQUE DE L’ÉPOQUE D’ALORS.
• LE CONTEXTE DU XVIIE ET XVIIIE SIÈCLE EST CELUI D’UN ESSOR DE LA SCOLARISATION, POUR LES
COUCHES AISÉES DE LA POPULATION AU SEIN DE CONGRÉGATIONS RELIGIEUSES -> AVEC DES
QUESTIONNEMENTS SUR LA FORMATION DES CONNAISSANCES ET DE LA CONDUITE HUMAINE.
• POUR LES EMPIRISTES, LES IDÉES NAISSENT DE L’EXPÉRIENCE. AUTREMENT DIT, L’EMPIRISME
CONÇOIT LA GENÈSE DU PSYCHISME COMME L’ACTION DE LA RÉALITÉ SENSIBLE SUR UN ESPRIT
MALLÉABLE ET INITIALEMENT VIERGE.
• QUANT AUX RATIONALISTES, ILS SONT EN REVANCHE INNÉISTES. EN EFFET, ILS AFFIRMENT QUE LES
IDÉES SONT DANS L’ESPRIT AVANT TOUTE EXPÉRIENCE. ILS EXPLIQUENT QUE CES IDÉES RÈGLENT LES
ACQUISITIONS PLUTÔT QU’ELLES N’EN DÉCOULENT. ILS INSISTENT SUR LE RÔLE ACTIF DU SUJET
POUR CONNAÎTRE, MAIS ILS NIENT OU SOUS-ESTIMENT L’APPORT DE L’EXPÉRIENCE SUBIE AU
CONTACT DE LA RÉALITÉ OBJECTIVE.
• 3 ŒUVRES DES EMPIRISTES LOCKE ET HUME ET DU RATIONALISTE LEIBNITZ…
PHILIPPE CLAUZARD – MCF UNIVERSITE DE LA REUNION/ESPE – 2017
A NE PAS LIRE,
A SIMPLEMENT
EVOQUER
BRIEVEMENT
LES EMPIRISTES LOCKE ET HUME
v JOHN LOCKE : LA RÉFUTATION DES THÈSES INNÉISTES LE CONDUIT À ADOPTER UN POINT DE VUE GÉNÉTIQUE.
LES ENFANTS FONT LA DÉMONSTRATION DE L’ORIGINE ACQUISE DES IDÉES. L’ÉTAT PREMIER DE NOTRE ESPRIT,
À LA NAISSANCE, PEUT ÊTRE COMPARÉ À UNE « TABLE RASE » SUR LAQUELLE S’IMPRIMENT LES IDÉES, À PARTIR
DES IMPRESSIONS FOURNIES PAR LA PERCEPTION ET L’EXPÉRIENCE. LE PASSAGE DES IDÉES PARTICULIÈRES AUX
GÉNÉRALES PEUT SE FAIRE LORSQUE L’ENFANT CONNAÎT LES MOTS NÉCESSAIRES POUR CES DERNIÈRES.
v LOCKE OPPOSE ALORS UNE THÉORIE ÉPIGÉNÉTIQUE DE LA CONNAISSANCE AU RATIONALISME
CLASSIQUE ET À UNE TRADITION APRIORISTE REMONTANT À PLATON. EN CE SENS, IL ANNONCE UNE
CONCEPTION DU DÉVELOPPEMENT PSYCHIQUE QUI N’EST PLUS ACCROISSEMENT QUANTITATIF D’UNE FORME
PRÉEXISTANTE, CEPENDANT IL NE VOIT PAS POUR AUTANT LE PRINCIPE D’UN DÉVELOPPEMENT PSYCHIQUE AU
MOYEN D’UNE SUCCESSION DE STRUCTURES QUALITATIVEMENT DISTINCTES …
v POUR DAVID HUME, LA CONNAISSANCE HUMAINE REPOSE SUR L’EXPÉRIENCE, C’EST-À-DIRE SUR
L’ACCUMULATION HABITUELLE DE CONJONCTIONS ENTRE LES FAITS. LA RAISON N’INTERVENANT QU’À LA
SUITE DE CE PROCESSUS FONDAMENTAL. PAR EXEMPLE, IL SUFFIT QUE L’ENFANT SE BRÛLE UNE FOIS À UNE
CHANDELLE POUR QUE DÉSORMAIS IL S’EN ÉCARTE. S’IL NE DISPOSE PAS DE LA RAISON, IL N’EST PAS MOINS
CAPABLE D’APPRENTISSAGE. EN CELA, À L’IMAGE DE L’ENFANT, HUME SOUTIENT QUE L’HUMANITÉ
CONNAÎT SON UNIVERS QUE PRAGMATIQUEMENT SANS JAMAIS EN SAISIR L’ESSENCE...
PHILIPPE CLAUZARD – MCF UNIVERSITE DE LA REUNION/ESPE – 2017
LE RATIONALISTE LEIBNITZ
• POUR LEIBNITZ, LES APPORTS DE L’EXPÉRIENCE ET DE L’ÉDUCATION SONT ADMIS. SELON LUI, L’ESPRIT À LA
NAISSANCE NE PEUT ÊTRE COMPARÉ À UNE TABLE RASE. LEIBNITZ PRÉFÈRE L’IMAGE D’UN MARBRE VEINÉ, DONT
LA TAILLE (ÉQUIVALENTE DE L’EXPÉRIENCE) MONTRERA A POSTERIORI LES VEINES, LES ACQUISITIONS…
• LA THÉORIE LEIBNIZIENNE DE L’INCONSCIENT ET DES PETITES PERCEPTIONS RÉPOND À L’OBJECTION DE
LOCKE SUR L’IMPOSSIBILITÉ POUR UNE IDÉE D’ÊTRE À LA FOIS DANS L’ESPRIT ET NON PERÇUE.
• LEIBNITZ SOUTIENT QUE LA PENSÉE VA DU CONFUS AU PRÉCIS. TANDIS QUE LOCKE PENSE QUE L’ENFANT
RECONNAÎT D’ABORD SA MÈRE COMME OBJET ÉLECTIF PARTICULIER ET FAMILIER AVANT D’ACCÉDER À UNE
CONNAISSANCE PLUS LARGE ET PLUS GÉNÉRALE DE SON ENTOURAGE, LEIBNITZ RAPPELLE QUE LE JEUNE
ENFANT CONFOND D’ABORD FACILEMENT SA MÈRE AVEC UNE PERSONNE ÉTRANGÈRE. SES PREMIÈRES
PERCEPTIONS VISERAIENT D’ABORD UN ÊTRE HUMAIN GÉNÉRIQUE AVANT DE SE PARTICULARISER.
• POUR LEIBNITZ, LES IDÉES GÉNÉRALES CONSTITUENT LA CLÉ DE VOÛTE ET LE MOYEN D’ORGANISER LES
CONNAISSANCES DANS L’ENSEIGNEMENT COMME LA RECHERCHE, CONTRAIREMENT À LOCKE QUI
PRÉCONISE DE S’APPUYER SUR LES FAITS, LE CONCRET POUR ABOUTIR AUX IDÉES GÉNÉRALES.
• IL SE JOUE ICI LA DIALECTIQUE BIEN CONNUE ENTRE LA MÉTHODE DÉDUCTIVE « TOP DOWN » ET LA
MÉTHODE INDUCTIVE « BOTTOM UP ».
PHILIPPE CLAUZARD – MCF UNIVERSITE DE LA REUNION/ESPE – 2017
DÉBATS ENTRE
EMPIRISTES ET RATIONALISTES
• LOCKE SOULIGNE L’IMPORTANCE DES ASSOCIATIONS ENTRE LES IDÉES, CERTAINES ASSOCIATIONS
MÊME ARBITRAIRES PEUVENT S’AVÉRER UTILES, TOUT PARTICULIÈREMENT CELLES QUI S’ÉTABLISSENT
ENTRE LES IDÉES ET LES MOTS.
• HUME PLACE AU CENTRE DE SA THÉORIE LE RÔLE DE LA CONNEXION DES IDÉES. IL EN PRÉCISE LES
LOIS : LA RESSEMBLANCE, LA CONTIGUÏTÉ TEMPORELLE OU SPATIALE, LA RELATION DE CAUSE À EFFET.
LES CONNEXIONS ENTRE LES IDÉES CONSTITUENT LA BASE RÉELLE DES CONCEPTS ABSTRAITS, DONT
LA STABILITÉ ET LA GÉNÉRALITÉ AFFIRMÉES DOIVENT ÊTRE ÉVALUÉES, N’ÉTANT QU’EXTENSIONS
D’IMPRESSIONS PARTICULIÈRES…
• LEIBNITZ DISTINGUE LES CONSÉCUTIONS (S’ATTENDRE DE NOUVEAU À CE QUI ÉTAIT JOINT AUTREFOIS)
QU’IL OBSERVE COMME DES « OMBRES DE RAISONNEMENT », DES CONNEXIONS D’IMAGINATION,
LIÉES EN MÉMOIRE; ET LES RAISONNEMENTS : LA RAISON EST SEULE CAPABLE D’ÉTABLIR DES RÈGLES
SÛRES GRÂCE À DES « PRINCIPES INTERNES DE VÉRITÉS NÉCESSAIRES ». C’EST PAR LA PENSÉE ACTIVE
QUE SONT SAISIS LES RAPPORTS NÉCESSAIRES INTERNES À LA RÉALITÉ, RAPPORTS À PARTIR
DESQUELS IL DEVIENT POSSIBLE D’APPRÉHENDER LE CHANGEMENT AUSSI BIEN QUE LA
PERMANENCE.
• CES PHILOSOPHES OUVRIRENT LA VOIE AUX TRAVAUX DE PIAGET ET QUELQUES AUTRES PENSEURS
DE L’APPRENTISSAGE, DE LA PSYCHOLOGIE DU DÉVELOPPEMENT ET DE L’ÉDUCATION…
PHILIPPE CLAUZARD – MCF UNIVERSITE DE LA REUNION/ESPE – 2017
DE ROUSSEAU À ITARD
• IL Y A 39 ANNÉES QUI SÉPARENT LA PUBLICATION D’ÉMILE OU DE L’ÉDUCATION PAR JEAN-JACQUES ROUSSEAU EN
1762 ET CELLE DU MÉMOIRE SUR LES PREMIERS DÉVELOPPEMENTS DE VICTOR DE L’AVEYRON EN 1801 PAR JEAN
ITARD, SUIVI EN 1806 DU RAPPORT SUR LES NOUVEAUX DÉVELOPPEMENTS DE VICTOR DE L'AVEYRON. CES DEUX
AUTEURS ABORDENT LE PROCESSUS ÉDUCATIF DANS UN STRICT RAPPORT PERSONNEL ENTRE UN PRÉCEPTEUR
ET UN APPRENANT. LES AUTRES ÉLÉMENTS SOCIAUX EXTÉRIEURS NE SONT PAS PRIS EN COMPTE. SES DEUX
AUTEURS SE RALLIENT FONDAMENTALEMENT À L’EMPIRISME AVEC TOUTEFOIS QUELQUES CONCESSIONS À LA
POSITION ADVERSE. AINSI ROUSSEAU SEMBLE SE RALLIER À DESCARTES POUR QUI LA RAISON EST PRÉSENTE CHEZ
L’ENFANT, MAIS ENCORE VOILÉE TANT QUE LE DOUTE SYSTÉMATIQUE N’AURA PAS FAIT SON ŒUVRE. JEAN ITARD
AFFIRME QUE L’ÉDUCATION IMPLIQUE UN EXERCICE CONTINUEL DE L’ATTENTION, DE LA MÉMOIRE, DU JUGEMENT,
C’EST-À-DIRE DE FACULTÉS QUI SE SUPERPOSENT AUX FACULTÉS DES SENS ET QUE L’ON DOIT DONC PENSER
PRÉEXISTANTES OU COEXISTANTES À CES DERNIÈRES.
• AVEC CET ENFANT IMAGINAIRE APPELÉ ÉMILE, ROUSSEAU EXPLICITE SON PRINCIPE ÉDUCATIF DE BASE
CONSISTANT À S’APPUYER SUR LES ACTIVITÉS ET LEURS FONCTIONS DANS LEUR ÉTAT NATUREL. AU
CONTRAIRE ITARD RECHERCHE À SORTIR SON ÉLÈVE DE L’ÉTAT DE SAUVAGERIE ANIMALE OÙ SE TROUVE
ENFONCÉ VICTOR.
• ROUSSEAU DÉFEND L’IDÉE D’UNE ÉDUCATION « NATURELLE » FONDÉE SUR DES ACTIVITÉS NON ENCORE VICIÉES
PAR LA SOCIÉTÉ, SES PRÉJUGÉS, SES MŒURS FACTICES ET SES OPINIONS ERRONÉES. LA PÉDAGOGIE DE
ROUSSEAU SE MÉFIE DE L’APPEL AU RAISONNEMENT, IL PRÉFÈRE L’EXPÉRIMENTATION NATURELLE. POUR LUI, IL
EST AINSI INUTILE DE FAIRE APPEL AU RAISONNEMENT DE L’ENFANT EN LE PRÉVENANT PAR EXEMPLE DES DANGERS
DU FEU DANS LA MESURE QU’IL SUFFIT D’UNE SEULE EXPÉRIENCE DOULOUREUSE POUR QUE L’ENFANT APPRENNE À
NE PLUS S’EN APPROCHER. PHILIPPE CLAUZARD – MCF UNIVERSITE DE LA REUNION/ESPE – 2017
• EN REVANCHE, ITARD PRIVILÉGIE UNE DÉMARCHE HYPOTHÉTICO-DÉDUCTIVE. IL
S’INTERROGE SUR LE DÉVELOPPEMENT DES FONCTIONS INTELLECTUELLES DE SON PETIT VICTOR.
IL OBSERVE CES CONDUITES, CE QUI LE CONDUIT À DES HYPOTHÈSES QU’IL VÉRIFIE PAR DES
EXPÉRIENCES DONT LES RÉSULTATS À LEUR TOUR CONDUISENT À SE POSER DE NOUVELLES
QUESTIONS, À LEUR TOUR MISES À L’ÉPREUVE PAR DES NOUVELLES EXPÉRIMENTATIONS
ADÉQUATES.
DES THÉORIES DE L’APPRENTISSAGE À DES
LOIS DU DÉVELOPPEMENT HUMAIN
• Les théories de l’apprentissage tendent de nos jours à laisser place à des théories du développement humain.
On parle plutôt de développement que d’apprentissage, car un changement de focale s’est produit. On
s’intéresse plus seulement à l’apprentissage des enfants, également à celui des adultes, tant la formation
professionnelle et continue, tant l’apprentissage, tout au long de la vie, est devenu un nouvel enjeu sociétal de
grande importance.
• L’enseignement comme la formation est un processus de transmission culturelle qui engendre le développement de
capacités mentales, non encore maîtrisées. Les apprenants construisent ces capacités mentales par un apprentissage
d’outils spécifiques qui sont constitutifs des œuvres humaines. Ces outils sont littéraires, scientifiques, artistiques…
• L’instrument psychologique qu’est le langage est essentiel au développement de la pensée. L’appropriation du
langage permet le développement mental, transforme l’individu.
• Si pour Piaget, il ne peut avoir d’apprentissage que si un niveau de développement est atteint, si est une
maturité intellectuelle est suffisante, pour Vygotski, c’est l’apprentissage qui entraîne du développement. Et
non l’inverse.
• Selon P. Pastré, développement et apprentissage vont de pair, ils sont en quelque sorte simultanés. On
apprend de son action passée bien plus que lorsqu’on réfléchit dans le feu de l’action. Cela étant, cet
apprentissage produit du développement professionnel ou personnel, il transforme l’individu qui n’agira plus
de la même manière après un débriefing sur les actions effectuées.
PHILIPPE CLAUZARD – MCF UNIVERSITE DE LA REUNION/ESPE – 2017
6 OPTIONS PSYCHOLOGIQUES
DANS LE CHAMP DE LA PSYCHOLOGIE DE
L’ÉDUCATION
• LA PSYCHOLOGIE A ÉTÉ DOMINÉE PENDANT PLUSIEURS DÉCENNIES PAR LE MODÈLE BEHAVIORISTE QUI
S’INTÉRESSE ESSENTIELLEMENT AUX COMPORTEMENTS D’APPRENTISSAGE OBSERVABLES.
• MAIS L’APPROCHE COGNITIVISTE QUI, À L’INVERSE, ÉTUDIE LES PROCESSUS MENTAUX ET LE TRAITEMENT DE
L’INFORMATION, A PROGRESSIVEMENT GAGNÉ DU TERRAIN, JUSQU’À DEVENIR LE MODÈLE TRIOMPHANT
DE CETTE FIN DE SIÈCLE.
• VOYONS 6 TYPES DE PSYCHOLOGIE AYANT MARQUÉ LE SIÈCLE DERNIER.
• LA PSYCHOLOGIE BEHAVIORISTE
• LA PSYCHOLOGIE DE LA FORME
• LA PSYCHOLOGIE COGNITIVISTE
• LA PSYCHOLOGIE SOCIALE
• LA PSYCHOLOGIE DU DÉVELOPPEMENT
• LA PSYCHOLOGIE CULTURELLE
PHILIPPE CLAUZARD – MCF UNIVERSITE DE LA REUNION/ESPE – 2017
LA PSYCHOLOGIE BEHAVIORISTE
• LE BEHAVIORISME A LARGEMENT DOMINÉ LES RECHERCHES EN PSYCHOLOGIE, DE LA PREMIÈRE GUERRE MONDIALE À LA
FIN DE LA SECONDE.
• LE BÉHAVIORISME OU COMPORTEMENTALISME EST UNE APPROCHE PSYCHOLOGIQUE QUI CONSISTE AVANT TOUT À
SE CONCENTRER SUR LE COMPORTEMENT OBSERVABLE DÉTERMINÉ PAR L'ENVIRONNEMENT ET L'HISTOIRE DES
INTERACTIONS DE L'INDIVIDU AVEC SON MILIEU.
• L'APPRENTISSAGE Y EST DÉCRIT COMME UNE MODIFICATION DU COMPORTEMENT OBSERVABLE, PROVOQUÉ PAR LES
STIMULI VENANT DE L’ENVIRONNEMENT, UNE MODIFICATION EN RÉPONSE ASSOCIÉE À DES STIMULI EXTÉRIEURS
(ENVIRONNEMENT EXTERNE) OU À DES STIMULI INTÉRIEURS (ENVIRONNEMENT INTERNE) SUR L'ORGANISME. (CF. LE
CHIEN DE PAVLOV/OS-CLOCHE-SALIVATION)
• SELON CETTE APPROCHE, L’APPRENTISSAGE EST UNE MODIFICATION DU COMPORTEMENT.
• C’EST SURTOUT LE PSYCHOLOGUE AMÉRICAIN BURRHUS F. SKINNER (1904- 1990) QUI A DÉVELOPPÉ CETTE APPROCHE
ET EN A TIRÉ UNE PRATIQUE PÉDAGOGIQUE.
• L’APPRENTISSAGE PEUT ÊTRE OBTENU PAR L’UTILISATION DE RÉCOMPENSES APPELÉES « RENFORCEMENTS POSITIFS »
(EX. : NOURRITURE CHEZ LE RAT DE LABORATOIRE, BONNES NOTES CHEZ L’ÉLÈVE) ET DE PUNITIONS APPELÉES «
RENFORCEMENTS NÉGATIFS » (EX. : CHOC ÉLECTRIQUE CHEZ LE RAT, MAUVAISES NOTES CHEZ L’ÉLÈVE).
• L’INDIVIDU ADOPTE UN COMPORTEMENT LUI PERMETTANT D’ÉVITER LES RENFORCEMENTS NÉGATIFS ET D’AUGMENTER
LA PROBABILITÉ DE SURVENUE DE RENFORCEMENTS POSITIFS.
• CETTE PROCÉDURE S’APPELLE « CONDITIONNEMENT OPÉRANT ». SKINNER A CRITIQUÉ LE MODE D’ENSEIGNEMENT
TRADITIONNEL, ESSENTIELLEMENT FONDÉ SUR DES RENFORCEMENTS NÉGATIFS, ET A PROPOSÉ DE REMPLACER CEUX-CI
PAR DES RENFORCEMENTS POSITIFS. SA THÉORIE EST À L’ORIGINE DE L’« ENSEIGNEMENT PROGRAMMÉ ».
Philippe Clauzard, MCF Université de la Réunion / ESPE - 2017
LA PSYCHOLOGIE DE LA FORME
• AU COURS DE LA PÉRIODE 1930-1960, LES THÉORICIENS DE LA PSYCHOLOGIE DE LA FORME (OU GESTALTISTES) SE SONT
RADICALEMENT OPPOSÉS AUX BEHAVIORISTES.
• DES EXPÉRIENCES EFFECTUÉES AVEC DES SINGES METTENT EN ÉVIDENCE QUE LA RÉSOLUTION D’UN PROBLÈME NE RÉSULTE
PAS DE SIMPLES CONDITIONNEMENTS, MAIS SUPPOSE ÉGALEMENT LA COMPRÉHENSION DE SCHÈMES D’ACTION
COMPLEXES ARTICULÉS ENTRE EUX.
• PAR EXEMPLE, WOLFANG KÖHLER A OBSERVÉ COMMENT LES CHIMPANZÉS APPRENAIENT À ATTRAPER DES BANANES SITUÉES
À L’EXTÉRIEUR DE LEUR CAGE, GRÂCE À UN BÂTON. C’ÉTAIT LE FRUIT D’UNE PÉRIODE DE TÂTONNEMENTS, D’UNE PHASE TRÈS
COURTE DE RÉFLEXION, PUIS D’UNE SOUDAINE COMPRÉHENSION (INSIGHT) DE LA SOLUTION.
• MAX WERTHEIMER A EXPLIQUÉ QUE LES APPRENTISSAGES PROPOSÉS AUX ÉLÈVES DANS LES ÉCOLES SONT ENNUYEUX ET NE
FONT PAS ASSEZ APPEL À LA COMPRÉHENSION PAR INSIGHT ET DONC À UNE PENSÉE VÉRITABLEMENT CRÉATRICE.
• LA PSYCHOLOGIE DE LA FORME OU GESTALTISME EST UNE THÉORIE PSYCHOLOGIQUE, PHILOSOPHIQUE ET BIOLOGIQUE,
SELON LAQUELLE LES PROCESSUS DE LA PERCEPTION ET DE LA REPRÉSENTATION MENTALE TRAITENT SPONTANÉMENT
LES PHÉNOMÈNES COMME DES ENSEMBLES STRUCTURÉS (LES FORMES) ET NON COMME UNE SIMPLE ADDITION OU
JUXTAPOSITION D'ÉLÉMENTS.
• LA THÉORIE GESTALTISTE, PROPOSÉE AU DÉBUT DU XXE SIÈCLE NOTAMMENT PAR CHRISTIAN VON EHRENFELS, SE BASE SUR
TROIS POSTULATS. PREMIÈREMENT, LES ACTIVITÉS PSYCHIQUES ONT LIEU DANS UN SYSTÈME COMPLEXE ET OUVERT, DANS
LEQUEL CHAQUE SYSTÈME PARTIEL EST DÉTERMINÉ PAR SA RELATION À SES MÉTA-SYSTÈMES. DEUXIÈMEMENT, LA THÉORIE
GESTALTISTE DÉFINIT UN SYSTÈME COMME UNE UNITÉ DYNAMIQUE À PARTIR DES RELATIONS ENTRE SES ÉLÉMENTS
PSYCHOLOGIQUES. TROISIÈMEMENT, À LA SUITE DE CERTAINS AMENDEMENTS THÉORIQUES SUR LE DYNAMISME MENTAL, ON
POSTULE QU'UN SYSTÈME MONTRE LA TENDANCE VERS UNE HARMONIE ENTRE TOUTES SES QUALITÉS POUR PERMETTRE
UNE PERCEPTION OU CONCEPTION CONCISE ET CLAIRE, LA « BONNE FORME ».
• LE GESTALTISME EST CONSIDÉRÉ COMME UNE FORME PRÉCOCE ET L'UNE DES PRINCIPALES SOURCES, AVEC LA
LINGUISTIQUE SAUSSURIENNE, DU COURANT INTELLECTUEL STRUCTURALISTE QUI SE GÉNÉRALISE AU MILIEU
DU XXE SIÈCLE. ILS PARTAGENT POUR L'ESSENTIEL LES MÊMES PRINCIPES MÉTHODOLOGIQUES : HOLISME, INTÉRÊT POUR LES
RELATIONS ENTRE UNITÉS ÉLÉMENTAIRES, CARACTÈRE NON CONSCIENT DU MODÈLE THÉORIQUE.
PHILIPPE CLAUZARD – MCF UNIVERSITE DE LA REUNION/ESPE – 2017
LA PSYCHOLOGIE COGNITIVE
• LA PSYCHOLOGIE COGNITIVE, QUI S’EST DÉVELOPPÉE À PARTIR DES ANNÉES 1960, A PROGRESSIVEMENT
DÉTRÔNÉ LA THÉORIE BEHAVIORISTE. LES PSYCHOLOGUES COGNITIVISTES TENTENT DE COMPRENDRE CE QUI
SE PASSE DANS LA « BOÎTE NOIRE » DU PSYCHISME HUMAIN. LE SUJET NE SE CONTENTE PAS D’ASSIMILER DES
DONNÉES BRUTES ; IL LES SÉLECTIONNE ET LES MET EN FORME. DES SPÉCIALISTES DE DIVERSES DISCIPLINES
(NEURO SCIENCES, INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, LINGUISTIQUE…) S’ASSOCIENT DANS CE PROGRAMME DE
RECHERCHE.
• NOMBREUX SONT LES DOMAINES EXPLORÉS PAR LA PSYCHOLOGIE COGNITIVE
• 1. LA PERCEPTION : LE CERVEAU FAIT UN TRI PARMI LA MASSE CONSIDÉRABLE DE DONNÉES ISSUES DE L’INFORMATION. CE
FILTRE EST NÉCESSAIRE, IL MARQUE LA DIFFÉRENCE ENTRE VOIR ET REGARDER, ENTENDRE ET ÉCOUTER.
• 2. LA MÉMOIRE : LES TRAVAUX DE PSYCHOLOGIE COGNITIVE ONT MIS EN ÉVIDENCE QUE LA MÉMOIRE COMPORTE DE
MULTIPLES FACETTES. ON A AINSI JUXTAPOSÉ MÉMOIRE À COURT TERME (UTILE, PAR EXEMPLE, POUR SE SOUVENIR DU
NUMÉRO DE TÉLÉPHONE QUE L’ON DOIT COMPOSER) ET MÉMOIRE À LONG TERME. LA MÉMOIRE À COURT TERME,
INITIALEMENT CONSIDÉRÉE COMME UN RÉCEPTACLE PASSIF, EST EN FAIT ASSEZ COMPLEXE ET A DONC ÉTÉ NOMMÉE
MÉMOIRE DE TRAVAIL. ON DISTINGUE ÉGALEMENT LA MÉMOIRE LEXICALE (QUI SE RATTACHE AU « PAR CŒUR ») ET LA
MÉMOIRE SÉMANTIQUE (QUI CONCERNE LE SENS DES MOTS)
• 3. LES REPRÉSENTATIONS : NOUS NOUS FORGEONS, AU IL DES ANS, UNE REPRÉSENTATION DU MONDE ENVIRONNANT,
PARFOIS ÉLOIGNÉE DE LA RÉALITÉ. CE COURANT DE RECHERCHE REJOINT LA PSYCHOLOGIE DE L’APPRENTISSAGE. EN EFFET,
CERTAINS AUTEURS CONSIDÈRENT QUE L’ENSEIGNANT DOIT TENIR COMPTE DES REPRÉSENTATIONS DE L’ÉLÈVE AFIN DE
CONFRONTER JUDICIEUSEMENT CE DERNIER AVEC DES INFORMATIONS NOUVELLES EN VUE D’UN CHANGEMENT DE
CONCEPTIONS.
LA PSYCHOLOGIE COGNITIVE
• 4. LA RÉSOLUTION DE PROBLÈMES : LA PSYCHOLOGIE COGNITIVE A MONTRÉ QUE DEUX TYPES DE STRATÉGIES PEUVENT ÊTRE UTILISÉS POUR
RÉSOUDRE UN PROBLÈME. DANS L’UN, LE SUJET PART DU BUT À ATTEINDRE ET LE DÉCOMPOSE EN SOUS-BUTS SUCCESSIFS. DANS L’AUTRE, LE SUJET
DÉDUIT (EN GÉNÉRAL PAR ANALOGIE AVEC UNE SITUATION CONNUE) UN PLAN D’ACTION, PUIS S’APPROCHE DE LA SOLUTION PAR CORRECTIONS
SUCCESSIVES.
• DEPUIS LES ANNÉES 1990, LA PSYCHOLOGIE COGNITIVE S’ÉLARGIT ET SE COMPLEXIFIE À LA FAVEUR DES DÉCOUVERTES DES NEUROSCIENCES, À
TOUS LES DOMAINES TOUCHANT LA PENSÉE, LA CONNAISSANCE.
• JEAN PIAGET (1896-1980) AFFIRME QU’AU COURS DE SON DÉVELOPPEMENT INTELLECTUEL, L’ENFANT PASSE PAR DIFFÉRENTS STADES :
• – L’INTELLIGENCE SENSORI-MOTRICE (DE LA NAISSANCE À DEUX ANS), CARACTÉRISÉE PAR LA DÉCOUVERTE DE L’ESPACE, DES OBJETS ET DES ÊTRES, À
TRAVERS LA PERCEPTION ET LE MOUVEMENT ;
• – L’INTELLIGENCE PRÉLOGIQUE OU SYMBOLIQUE (DEUX ANS À SEPT-HUIT ANS), AVEC LAQUELLE L’ENFANT COMMENCE À ÉLABORER DES
REPRÉSENTATIONS MENTALES. IL PEUT JOUER À DES JEUX DE FICTION (PAR EXEMPLE LA DÎNETTE AVEC DES HERBES COMME ALIMENTS) ;
• – L’INTELLIGENCE OPÉRATOIRE CONCRÈTE (SEPT-HUIT ANS À ONZE-DOUZE ANS) ; AU COURS DE CE STADE, L’ENFANT ACQUIERT LA NOTION
FONDAMENTALE DE CONSERVATION (DE POIDS, DE VOLUME) : IL COMPREND QU’UN LIQUIDE GARDE LA MÊME QUANTITÉ SI ON LE TRANSVASE D’UN
VERRE LARGE DANS UN AUTRE PLUS ÉTROIT (ALORS QUE DANS CE DERNIER CAS, LE NIVEAU EST PLUS ÉLEVÉ) ;
• – L’INTELLIGENCE OPÉRATOIRE OU FORMELLE (À PARTIR DE DOUZE ANS), QUI CONSACRE L’ACCÈS VÉRITABLE À L’ABSTRACTION ; L’ENFANT EST
CAPABLE DE RAISONNER SUR UN PROBLÈME EN POSANT DES HYPOTHÈSES A PRIORI.
• SELON PIAGET, CETTE SÉQUENCE EST À LA FOIS DÉTERMINÉE GÉNÉTIQUEMENT ET DÉPENDANTE DE L’ACTIVITÉ DU SUJET SUR SON ENVIRONNEMENT.
• L’INTELLIGENCE SE CONSTRUIT GRÂCE AU PROCESSUS D’ÉQUILIBRATION DES STRUCTURES COGNITIVES, EN RÉPONSE AUX SOLLICITATIONS ET
AUX CONTRAINTES DE L’ENVIRONNEMENT.
• DEUX ACTIONS Y CONTRIBUENT, L’ASSIMILATION ET L’ACCOMMODATION. L’ASSIMILATION EST L’ACTION DE L’INDIVIDU SUR LES OBJETS QUI
L’ENTOURENT, EN FONCTION DES CONNAISSANCES ET DES APTITUDES ACQUISES PAR LE SUJET. MAIS IL Y A INVERSEMENT UNE ACTION DU MILIEU SUR
L’ORGANISME, APPELÉE ACCOMMODATION, QUI DÉCLENCHE DES AJUSTEMENTS ACTIFS CHEZ CE DERNIER. ON APPELLE « CONSTRUCTIVISME » CETTE
APPROCHE BASÉE SUR L’INTER ACTION SUJET-ENVIRONNEMENT. PHILIPPE CLAUZARD – MCF UNIVERSITE DE LA REUNION/ESPE – 2017
LA PSYCHOLOGIE SOCIALE
• LE PSYCHOLOGUE ALBERT BANDURA EST À L’ORIGINE DE LA THÉORIE DE L’« APPRENTISSAGE SOCIAL », PROCESSUS QUI N’EST
PAS CONFINÉ AU CADRE SCOLAIRE, MAIS CONCERNE DE MULTIPLES SITUATIONS DE LA VIE QUOTIDIENNE. LE TERME
D’APPRENTISSAGE SOCIAL DÉSIGNE TROIS PROCÉDURES D’ACQUISITION QUI ONT LEUR SOURCE DANS L’ENTOURAGE DE L’INDIVIDU
:
• – L’APPRENTISSAGE IMITATIF OU « VICARIANT » RÉSULTE DE L’OBSERVATION D’UN CONGÉNÈRE QUI EXÉCUTE LE COMPORTEMENT
À ACQUÉRIR. BANDURA S’EST PARTICULIÈREMENT INTÉRESSÉ À L’AGRESSION. SELON LUI, UNE BONNE PART DES COMPORTEMENTS
AGRESSIFS SONT APPRIS PAR IMITATION DE MODÈLES TELS QUE LES PARENTS ET LES PAIRS. IL A MENÉ DE NOMBREUSES EXPÉRIENCES
DANS LESQUELLES DES ENFANTS FRAPPENT UNE POUPÉE EN TISSU S’ILS ONT AUPARAVANT VU UN PETIT FILM DANS LEQUEL UN
ENFANT AGIT AINSI SANS ÊTRE ENSUITE RÉPRIMANDÉ ;
• – LA FACILITATION SOCIALE DÉSIGNE L’AMÉLIORATION DE LA PERFORMANCE DE L’INDIVIDU SOUS L’EFFET DE LA PRÉSENCE D’UN OU
PLUSIEURS OBSERVATEURS ;
• – L’ANTICIPATION COGNITIVE EST L’INTÉGRATION D’UNE RÉPONSE PAR RAISONNEMENT À PARTIR DE SITUATIONS SIMILAIRES.
• LA PSYCHOLOGIE SOCIALE EST L'ÉTUDE SCIENTIFIQUE DE LA FAÇON DONT LES PENSÉES, LES SENTIMENTS ET
LES COMPORTEMENTS DES GENS SONT INFLUENCÉS PAR LA PRÉSENCE RÉELLE, IMAGINAIRE OU IMPLICITE DES AUTRES. DANS
CETTE DÉFINITION « SCIENTIFIQUE » SE RÉFÈRE À LA MÉTHODE EMPIRIQUE DE L'ENQUÊTE. LES TERMES DE PENSÉES, DE SENTIMENTS ET
DE COMPORTEMENTS COMPRENNENT TOUTES LES VARIABLES PSYCHOLOGIQUES QUI SONT MESURABLES CHEZ UN ÊTRE HUMAIN.
• L'AFFIRMATION SELON LAQUELLE LA PRÉSENCE D'AUTRUI PEUT-ÊTRE IMAGINÉE OU IMPLICITE SUGGÈRE QUE NOUS SOMMES
ENCLINS À L'INFLUENCE SOCIALE, MÊME LORSQUE NOUS SOMMES SEULS, COMME LORSQU'ON REGARDE LA TÉLÉVISION OU PAR
L’INTERMÉDIAIRE DE NORMES CULTURELLES INTÉRIORISÉES.
• LES PSYCHOLOGUES SOCIAUX EXPLIQUENT GÉNÉRALEMENT LES COMPORTEMENTS HUMAINS PAR L'INTERACTION ENTRE
LES ÉTATS MENTAUX ET LES SITUATIONS SOCIALES IMMÉDIATES.
• EN GÉNÉRAL, LES PSYCHOLOGUES SOCIAUX ONT UNE PRÉFÉRENCE POUR LES RÉSULTATS EMPIRIQUES DE LABORATOIRE.
LES THÉORIES DE PSYCHOLOGIE SOCIALE ONT TENDANCE À ÊTRE SPÉCIFIQUES ET CIBLÉES, PLUTÔT QUE GLOBALES ET
GÉNÉRALES.
PHILIPPE CLAUZARD – MCF UNIVERSITE DE LA REUNION/ESPE – 2017
LA PSYCHOLOGIE DU DÉVELOPPEMENT
• PSYCHOLOGUE, PENSEUR RUSSE, CONTEMPORAIN DE PIAGET, LEV S. VYGOTSKY (1896-1934) EST CONNU POUR SES
RECHERCHES EN PSYCHOLOGIE DU DÉVELOPPEMENT ET SA THÉORIE HISTORICO-CULTURELLE DU PSYCHISME. IL A
ÉLABORÉ UNE THÉORIE INTERACTIONNISTE DE L’APPRENTISSAGE, MAIS QUI INSISTE SURTOUT SUR LA COMPOSANTE
SOCIALE. « DANS NOTRE CONCEPTION, DIT-IL, LA VRAIE DIRECTION DE LA PENSÉE NE VA PAS DE L’INDIVIDUEL AU
SOCIAL, MAIS DU SOCIAL À L’INDIVIDUEL. »
• SELON LUI, LA PENSÉE ET LA CONSCIENCE SONT DÉTERMINÉES PAR LES ACTIVITÉS RÉALISÉES AVEC DES CONGÉNÈRES
DANS UN ENVIRONNEMENT SOCIAL DÉTERMINÉ.
• IL CONSIDÈRE QUE CHAQUE FONCTION SUPÉRIEURE APPARAÎT DEUX FOIS AU COURS DU DÉVELOPPEMENT DE
L’ENFANT : TOUT D’ABORD DANS UNE ACTIVITÉ COLLECTIVE SOUTENUE PAR L’ADULTE ET LE GROUPE SOCIAL ; DANS UN
DEUXIÈME TEMPS, LORS D’UNE ACTIVITÉ INDIVIDUELLE, ET ELLE DEVIENT ALORS UNE PROPRIÉTÉ INTÉRIORISÉE DE L’ENFANT.
• LE RÔLE DE L’ENSEIGNANT EST IMPORTANT PUISQUE « CE QUE L’ENFANT EST EN MESURE DE FAIRE AUJOURD’HUI À L’AIDE
DES ADULTES, IL POURRA L’ACCOMPLIR SEUL DEMAIN ». LA DISTANCE ENTRE CE QUE L’ENFANT PEUT EFFECTUER SEUL
ET CE QU’IL PEUT FAIRE AVEC L’AIDE D’UN ADULTE EST LA « ZONE PROXIMALE DE DÉVELOPPEMENT », ESPACE SUR
LEQUEL L’APPRENTISSAGE DOIT S’EFFECTUER. C’EST L’ESPACE DU POTENTIEL D’APPRENTISSAGE. LA ZPD EST DONC TOUT
CE QUE L’ENFANT PEUT MAÎTRISER QUAND UNE AIDE APPROPRIÉE LUI EST DONNÉE.
• VYGOTSKI DIT QUE L'INTELLIGENCE SE DÉVELOPPERAIT GRÂCE À CERTAINS OUTILS PSYCHOLOGIQUES QUE
L'ENFANT TROUVERAIT DANS SON ENVIRONNEMENT PARMI LESQUELS LE LANGAGE (OUTIL FONDAMENTAL). AINSI,
L'ACTIVITÉ PRATIQUE SERAIT INTÉRIORISÉE EN ACTIVITÉS MENTALES DE PLUS EN PLUS COMPLEXES GRÂCE AUX MOTS,
SOURCE DE LA FORMATION DES CONCEPTS.
• POUR VYGOTSKI, LE LANGAGE DIT « ÉGOCENTRIQUE » DE L'ENFANT A UN CARACTÈRE SOCIAL ET SE
TRANSFORMERA ENSUITE EN LANGAGE DIT « INTÉRIEUR » CHEZ L'ADULTE ET SERAIT UN MÉDIATEUR NÉCESSAIRE
DANS LE DÉVELOPPEMENT ET LE FONCTIONNEMENT DE LA PENSÉE.
• SES CONTRIBUTIONS SONT ESTIMÉES ACTUELLEMENT PAR LES TENANTS DU CONSTRUCTIVISME SOCIAL COMME
PRIMORDIALES DANS L'ÉVOLUTION DE NOTRE COMPRÉHENSION DU DÉVELOPPEMENT DE L'ENFANT.
PHILIPPE CLAUZARD – MCF UNIVERSITE DE LA REUNION/ESPE – 2017
LA PSYCHOLOGIE CULTURELLE
• JEROME BRUNER DONT LE TRAVAIL PORTE EN PARTICULIER SUR LA PSYCHOLOGIE DE L'ÉDUCATION FUT L’UN DES PREMIERS
DÉCOUVREURS DE « PENSÉE ET LANGAGE » DE LEV VYGOTSKI. LES IDÉES DE BRUNER SE FONDENT SUR LA CATÉGORISATION, OU
« COMPRENDRE COMMENT L’HOMME CONSTRUIT SON MONDE », PARTANT DU PRINCIPE QUE L'HOMME INTERPRÈTE LE MONDE EN
TERMES DE RESSEMBLANCES ET DIFFÉRENCES.
• POUR BRUNER, LA MÉDIATION SOCIALE LORS DES CONDUITES D'ENSEIGNEMENT-APPRENTISSAGE (INTERACTION DE TUTELLE) S'EXERCE
SUR UN MODE COMMUNICATIONNEL (DIALOGIQUE). IL INTRODUIT DEUX CONCEPTS CLEFS RENDANT COMPTE DES PROCESSUS DE
RÉGULATION DANS CES INTERACTIONS DE TUTELLE, CELUI D'« ÉTAYAGE » ET DE « FORMAT ». LES INTERACTIONS DE TUTELLE ENTRE UN
ADULTE ET UN ENFANT FORMENT UN PROCESSUS GRÂCE AUQUEL L'ADULTE ESSAYE D'AMENER L'ENFANT À RÉSOUDRE UN PROBLÈME
QU'IL NE SAIT RÉSOUDRE SEUL. LES PROCESSUS D'ÉTAYAGE PERMETTENT LA MISE EN PLACE DE FORMATS (FORMES RÉGULATRICES DES
ÉCHANGES) ET L'ADULTE GUIDE L'ENFANT POUR QU'IL SE CONFORME À CES FORMES STANDARDISÉES, À CES PATTERNS D'ÉCHANGES
RÉGULIERS ET RITUALISÉS. C'EST À L'INTÉRIEUR DE CES FORMES QUE L'ENFANT, GRÂCE À L'ÉTAYAGE DE L'ADULTE, POURRA
S'AUTONOMISER VERS DES CONDUITES DE RÉSOLUTIONS. L'ÉTAYAGE DÉSIGNE L'ENSEMBLE DES INTERACTIONS D'ASSISTANCE DE
L'ADULTE EN DIRECTION DE L’APPRENANT.C’EST L’UN DES PÈRES FONDATEURS DE LA PSYCHOLOGIE COGNITIVE. EN 1956, IL PUBLIE
L’OUVRAGE A STUDY OF THINKING QUI PORTE SUR LA CATÉGORISATION ET L’ACQUISITION DES CONCEPTS. À UNE ÉPOQUE OÙ DOMINE
LA VISION BEHAVIORISTE (QUI S’INTÉRESSE EXCLUSIVEMENT AUX COMPORTEMENTS), IL MONTRE QUE LES SUJETS METTENT EN ŒUVRE
DES STRATÉGIES MENTALES AFIN DE RÉSOUDRE ACTIVEMENT DES PROBLÈMES. L’OUVRAGE BOULEVERSE UNE TRADITION BIEN
ANCRÉE ET OUVRE DE NOUVELLES VOIES DE RECHERCHE, QUI CONDUIRONT À L’ÉMERGENCE ET AU RENOUVELLEMENT DE LA
PSYCHOLOGIE COGNITIVE.
• DANS L’ÉDUCATION, ENTRÉE DANS LA CULTURE ; LES PROBLÈMES DE L’ÉCOLE À LA LUMIÈRE DE LA PSYCHOLOGIE CULTURELLE, RETZ, 1996.
BRUNER APPLIQUE À L’ÉDUCATION SES RÉFLEXIONS SUR LA PSYCHOLOGIE CULTURELLE. SELON LUI, L’ÉDUCATION NE PEUT ÊTRE RÉDUITE
À UN PROCESSUS DE TRAITEMENT DE L’INFORMATION, MAIS DOIT AUSSI AIDER L’ÉLÈVE À CONSTRUIRE DU SENS ET LUI PERMETTRE AINSI
DE S’INTÉGRER À LA CULTURE DONT IL DÉPEND. POUR LUI LE SENS DES CHOSES NE SE CONSTRUIT PAS DANS LE CERVEAU, MAIS EST
DONNÉ PAR LA CULTURE. IL CRITIQUE FORTEMENT LA MÉTAPHORE DE L'ORDINATEUR ISSUE DES THÉORIES DU TRAITEMENT DE
L'INFORMATION ET DE L'INTELLIGENCE ARTIFICIELLE. LE SENS PRÉCÈDE LE MESSAGE, IL PRÉEXISTE. COMMENT L'ORDINATEUR FAIT-IL POUR
TRAITER DES MOTS QUI ONT PLUSIEURS SENS, DIT-IL ?
PhilippeClauzard,MCFUniversitédelaRéunion/ESPE-2017
PHILIPPE CLAUZARD – MCF UNIVERSITE DE LA REUNION/ESPE – 2017
GUIDE DE RÉFLEXION POUR
LE JDA
• QU’AVEZ-VOUS RETENU DU COURS ?
• QU’AVEZ-VOUS COMPRIS ?
• QU’EST-CE QUI A ÉTÉ IMPORTANT POUR VOUS DANS CE COURS ?
• QUELLE RÉSONANCE PAR RAPPORT À VOS OBSERVATIONS DE TERRAIN, VOS
REPRÉSENTATIONS PERSONNELLES ?
• QUEL SENS CELA FAIT-IL POUR VOUS?
• QU’EST-CE QUI A CHANGÉ CHEZ VOUS (REPRÉSENTATIONS, FAÇON
D’AGIR…) ?
• QUE POURRIEZ-VOUS EN FAIRE ?
• EN QUOI LES THÉORIES OU LES VÉCUS PERMETTENT-ILS DE REVISITER VOS
PRATIQUES OU CELLES DES AUTRES?
• QUELLES TRANSPOSITIONS PEUT-ON FAIRE? QUELS LIENS AVEC D’AUTRES
SAVOIRS ?
• QUELLES RÉFLEXIONS, IDÉES, CRITIQUES (POSITIVES/NÉGATIVES) PROVOQUENT
CE COURS?
• QUELLES PRISES DE CONSCIENCE? QUELS COMMENTAIRES PERSONNELS?
Cours magistral UE15 Intelligibilité des situations d’apprentissage P. Clauzard Cm1 ue15-2017

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Cours magistral UE15 Intelligibilité des situations d’apprentissage P. Clauzard Cm1 ue15-2017

  • 1. UE 15 INTELLIGIBILITÉ DE LA SITUATION D’ENSEIGNEMENT APPRENTISSAGE PHILIPPE CLAUZARD MCF UNIVERSITÉ DE LA RÉUNION ESPE FÉVRIER – MARS 2017 CM NUMÉRO 1 DU 11/02
  • 2. DE QUOI ALLONS NOUS PARLER ? • DANS UN PREMIER TEMPS POUR INTRODUIRE CE COURS MAGISTRAL MAIS DIALOGUE CAR AVEC RÉPONSES AVEC VOS ÉVENTUELLES QUESTIONS, JE VAIS VOUS PROPOSER UN QUIZ… SUR LEQUEL VOUS REVIENDREZ POUR VOIR SI VOS OPINIONS ONT EVOLUE... EN FIN DE COURS VERS 11H30 • DANS UN SECOND TEMPS JE VAIS ABORDER LA QUESTION DE L’INTELLIGIBILITE DE LA SITUATION D’ENSEIGNEMENT – APPRENTISSAGE EN DÉFINISSANT LES ACTES D’APPRENDRE ET ENSEIGNER • PUIS DANS UNE TROISIEME PARTIE COMMENT RENDRE INTELLIGIBLE DES SITUATIONS D’ENSEIGNEMENT – APPRENTISSAGE ET FORMATION A PARTIR DE LA GRILLE HISTORIQUE D’UNE ÉVOLUTION DU FAIT ÉDUCATIF ET D’APPRENTISSAGE, COMMENT RENDRE INTELLIGIBLE LES SITUATIONS DE FORMATION AU TRAVERS DES THÉORIES DE LA PSYCHOLOGIE DE L’APPRENTISSAGE ET DES GRANDES THÉORIES DE L’APPRENTISSAGE • NOUS VERRONS ENFIN LES TRADUCTIONS PEDAGOGIQUES DES THEORIES DE L’APPRENTISSAGE DE MANIERE COMPARATIVE ET APPROFONDIE • UNE AUTRE GRILLE D’INTELLIGIBILITE ET D’INTERPRATATION SERA AUSSI POSSIBLE GRACE A DES CONCEPTS PEDAGO-DIDACTIQUES, CEUX DE GRANDS PENSEURS DE L’EDUCATION • ENFIN AU SECOND COURS MAGISTRAL UNE DERNIER INTERPRETATION DERA OFFETRE A PARTIR DE MODELISATIONS ERGONOMIQUES • CE COURS SERA COUPE DE VIDEOS-DISCUSSIONS POUR ILLUSTRER LES PROPOS
  • 3. VIDEOS-DISCUSSIONS POUR ILLUSTRER LES PROPOS • HISTOIRE DE LA PÉDAGOGIE – MEIRIEU • LE DESIR D’APPRENDRE – MEIRIEU • QU’EST-CE QUE LA PEDAGOGIE – MEIRIEU • APPRENDRE EN CHERCHANT • L’ECOLE SELON FREINET • JEUX DE ROLE POUR FORMER LES ENSEIGNANTS – FORMATION DES ADULTES • AUTOCONFRONTATION EN MATERNELLE – FORMATION DES ADULTES • PROCESSUS D’APPRENTISSAGE (GALIEN) • LES GESTES PROFESSIONNELS SELON BUCHETON • LA TRANSPOSITION DIDACTIQUE SELON DES ETUDIANTS EN MASTER • LES GRANDS PINCIPES DE L’APPRENTISSAGE – STANISLAS DEHAENE
  • 4. COMMENÇONS PAR UN PETIT QUIZ OU 21 PROPOSITIONS POUR VOUS INTERROGER SUR L’ACTE D’APPRENDRE ET FAIRE APPRENDRE, POUR AMORCER UNE RÉFLEXION QUIZSURFORMATIONETAPPRENDRE • 1 — Apprendre, c’est recevoir la connaissance, remplir d’informations les individus… • 2 — Pour désigner les personnes en formation, je préfère dire “les formés » à les apprenants? • 3 — Apprendre, c’est construire et développer soi-même ses compétences. • 4 — Apprendre, c’est changer ses idées et ses façons de faire, transformer ses représentations. • 5 — L’essentiel pour bien apprendre, c’est que le contenu à apprendre soit clair et bien structuré. • 6 — Apprendre, c’est passer de l’ignorance au savoir. • 7 — Apprendre, c’est simplement imiter, c’est reproduire ce qui nous a été montré • 8 — Apprendre, c’est dresser les individus, les conformer à des comportements. • 9 — C’est la motivation qui est décisive pour apprendre. • 10 — Faire apprendre, c’est rendre simple des choses compliquées • 11 — C’est la qualité du formateur qui fait qu’on apprend ou non. • 12 — Apprendre, c’est d’abord faire comme on m’a montré. • 13 — On apprend en réfléchissant sur des problèmes à résoudre. • 14 — Apprendre, c’est s’entrainer à faire. • 15 — Apprendre, c’est s’ approprier le message du formateur. • 16 — La formation repose sur la qualité de la communication. • 17 — Former, c’est “donner une forme” : apprendre, c’est accepter d’être façonné ou formaté. • 18 — On ne forme pas les gens, ils se forment. • 19— Apprendre, c’est écouter et être attentif. • 20 — C’ est la confrontation en petits groupes qui est le plus utile pour apprendre. • 21 — Apprendre, c’est analyser sa pratique et se remettre en cause. PHILIPPE CLAUZARD – MCF UNIVERSITE DE LA REUNION/ESPE – 2017 Ces propositions, vous y réfléchissez et à la fin du cours, vous me dites ce que vous en pensez
  • 5. QU’EST-CE QU’APPRENDRE ? • Apprendre est une activité naturelle : on apprend tous les jours, de toutes choses, à tout âge. Apprendre s’effectue en de nombreuses occasions de la vie quotidienne, apprendre accompagne toute activité. On dit « apprendre sur le tas ». On apprend dans des situations dites non didactiques (sur la flore et la faune lors d’une randonnée) et aussi dans des situations didactiques où l’enseignant va mettre en scène des apprentissages. Il y a parfois obligation à apprendre selon les circonstances (par exemple: passer le permis de conduire). On apprend par imitation, immersion, association, répétition, essais-erreurs… • De manière générale, on apprend donc en milieu naturel spontanément ou en milieu scolaire organisé. La différence se situe bien dans la dimension organisationnelle de l’apprentissage scolaire : un apprentissage volontaire, ciblé, structuré, évalué, transférable, un apprentissage aux finalités affirmées. • Le milieu scolaire organise l’apprentissage: il s’agit alors de lier apprendre à enseigner. On peut d’abord dire que l’enseignement accompagne l’apprendre. • L’acte d’enseigner se préoccupe avant tout de faire apprendre à un public des savoirs reconnus par une communauté. Nous verrons que, quelle que soit la méthode d’enseignement choisie, il y a volonté de faire apprendre, de provoquer un changement dans les représentations des personnes enseignées. • Apprendre, c’est transformer la personne humaine. Tout apprentissage suppose un changement local ou global de l’individu qui apprend. Un changement local avec l’intégration de savoir ou savoir-faire nouveaux. Un changement global de la personne affecte son rapport au monde, sa personnalité tout entière. • Ces changements impliquent un enrichissement cognitif de par les expériences, les interactions avec l’environnement physique et social. Il se produit une réélaboration interne des acquisitions conduisant à une structuration mentale inédite. • On peut dire que l’apprentissage est un processus anthropologique qui est fondamental chez les humains. C’est une dimension singulière et propre à l’humain. • Pour résumer, apprendre modifie le rapport au monde et aux objets chez l’apprenant, l’apprentissage influence la personnalité tout entière. Apprendre transforme la personne humaine. PHILIPPECLAUZARD–MCFUNIVERSITEDELAREUNION/ESPE–2017
  • 6. FOCUS SUR L’APPRENTISSAGE • L’HOMME EST « UNE ESPÈCE APPRENANTE ». NE PAS APPRENDRE REVIENT À ÊTRE EN DEÇÀ DU RÈGNE ANIMAL (CF. L’ENFANT SAUVAGE), L’ANIMAL EST INSTINCTUEL, L’HUMAIN NE PEUT PAS NE PAS APPRENDRE POUR SURVIVRE: IL POSSÈDE DES VIRTUALITÉS, DES POSSIBILITÉS À ACTIVER PAR LE TRUCHEMENT DES APPRENTISSAGES… • APPRENDRE EST LE PRODUIT D ’ UNE CULTURE DONNÉE. LE SAVOIR EST EFFECTIVEMENT TRIBUTAIRE DE LA CULTURE DONT IL ÉMERGE. LE SAVOIR Y ÉVOLUE DANS LE TEMPS. • APPRENDRE , C’EST ENTRER DANS UN UNIVERS SYMBOLIQUE, ENTRER DANS LA CULTURE (PENSONS À L’ENTRÉE DANS LE MONDE, LA CULTURE DE L’ÉCRIT DES PETITS ENFANTS DE CP). • APPRENDRE EST UNE ADAPTATION QUI EST BIEN PLUS QU’UNE SIMPLE ADAPTATION À UN MILIEU NATUREL, C’EST S’HUMANISER. • L’APPRENTISSAGE EST EN CONSTRUCTION CONSTANTE. PLUS ON APPREND, PLUS ON EST EN MESURE D’APPRENDRE. ON NE FINIT JAMAIS D’APPRENDRE ! POURVU QUE DU DÉSIR D’APPRENDRE SOIT ! « APPRENDRE » PERMET L’ACCESSION À UN SAVOIR QUI OUVRE SUR CE QUI RESTE ENCORE À APPRENDRE... • MAIS INCERTITUDE, ERREUR, RUPTURE, CHANGEMENT, TRANSFORMATION, DÉSÉQUILIBRE FONT PARTIE DE L’ACTE D’APPRENDRE. IL CONVIENT TOUTEFOIS DE S’EXERCER À LES SUPPORTER ET LES SURMONTER. OU COMME PROFESSIONNEL DE L’APPRENTISSAGE, SAVOIR PILOTER FINEMENT CES PASSAGES DÉLICATS… Philippe CLAUZARD MCF Université de la Réunion ESPE - Laboratoire ICARE Février – Mars 2016 QU’EST-CE QU’APPRENDRE ?
  • 7. COMMENT COMPRENDRE L’APPRENTISSAGE ? • POUR CERTAINS, APPRENDRE CORRESPOND À L’IMAGE D’UN CERVEAU D’ÉLÈVE DANS LEQUEL ON VA EMPILER DES BRIQUES DE CONNAISSANCES À PARTIR D’UN LIEN DIRECT AVEC LE CERVEAU DU PROFESSEUR. • POUR D’AUTRES, APPRENDRE EST UN « FEU À ALLUMER », UNE ÉTINCELLE DIT PHILIPPE MEIRIEU. • NOUS SAVONS, GRÂCE AUX RECHERCHES EN SCIENCES DE L’ÉDUCATION ET EN PSYCHOLOGIE DE L’APPRENTISSAGE ET DE L’ÉDUCATION, QU’APPRENDRE N’EST PAS UN PROCESSUS CUMULATIF ET LINÉAIRE. APPRENDRE EST UN PROCESSUS DYNAMIQUE: LA CONNAISSANCE SE RESTRUCTURE, ELLE N’EST PAS ACCUMULATIVE. • APPRENDRE, C’EST TÂTONNER, EXPÉRIMENTER, DÉDUIRE, ÉCHANGER, ÉVALUER. APPRENDRE, C’EST ROMPRE AVEC DES CERTITUDES. APPRENDRE, C’EST TRANSFORMER LE RÉEL ET SE TRANSFORMER SOI-MÊME. • LE PSYCHOLOGUE SUISSE JEAN PIAGET A BIEN SOULIGNÉ LA DYNAMIQUE D’APPROPRIATION DES SAVOIRS PAR LES INDIVIDUS, AU MOYEN DES PROCÉDURES D’ASSIMILATION (PRODUISANT UN ENRICHISSEMENT DE CE QUE L’INDIVIDU SAIT DÉJÀ, GRÂCE AUX INTERACTIONS AVEC UN ENVIRONNEMENT NOUVEAU) ET DES PROCÉDURES D’ACCOMMODATION OÙ LA NOUVEAUTÉ DU SAVOIR OBLIGE À DES RÉÉLABORATIONS INTERNES DES ACQUISITIONS, DE CE QU’ON SAVAIT DÉJÀ). LA MISE EN RELATION DU NOUVEAU ET DE L ’ ANCIEN EST UNE OPÉRATION MENTALE ESSENTIELLE, CAR CETTE CONFRONTATION PRODUIT DU « CONFLICTUEL », UNE PHASE DE DÉSÉQUILIBRE POUR RECONSTRUIRE SES CONNAISSANCES. • DANS TOUS LES CAS, LES PROCÉDURES D’APPRENTISSAGE ET DE CONCEPTUALISATION ENTRAÎNENT CHEZ LES APPRENANTS DES STRUCTURATIONS MENTALES INÉDITES, À PARTIR DE CE QU’ILS SAVAIENT DÉJÀ. NE JAMAIS OUBLIER QU’UN APPRENANT EST DÉJÀ UN SACHANT. • APPRENDRE, C’EST EN DÉFINITIVE CONCEPTUALISER, C’EST-À-DIRE FORMER DES CONCEPTS. • APPRENDRE, SE FORMER, C’EST AINSI SE TRANSFORMER, TRANSFORMER CE QU’ON SAVAIT DÉJÀ EN L’ENRICHISSANT, TRANSFORMER SES REPRÉSENTATIONS INITIALES… PHILIPPE CLAUZARD – MCF UNIVERSITE DE LA REUNION/ESPE – 2017
  • 8. • APPRENDRE EST BEL ET BIEN UN PROCESSUS INTERNE ET SA MANIFESTATION N’EST PAS TOUJOURS OBSERVABLE : LE FORMATEUR OU L’ENSEIGNANT TRAVAILLE EN « AVEUGLE ». APPRENDRE EST TOUJOURS UNE ACTIVITÉ OPAQUE POUR CELUI QUI OBSERVE LES APPRENANTS (CF. LES ILLUSIONS D’APPRENTISSAGE) • L’APPRENTISSAGE EST UN PROCESSUS QUI PEUT ÊTRE FAVORISÉ, ÉTAYÉ, SOUTENU PAR DES TECHNIQUES ET DES DISPOSITIFS PÉDAGOGIQUES. MAIS NON TRANSMIS PAR INJONCTION, PAR EXEMPLE. • L’ACTE D’APPRENDRE RELÈVE D’UNE CONSTRUCTION. L’APPRENANT S’Y ENGAGE ACTIVEMENT : AUTANT COGNITIVEMENT QU’AFFECTIVEMENT. • ON NE PEUT PAS RECEVOIR UN APPRENTISSAGE. ON LE CONSTRUIT ! C’EST LA DIFFÉRENCE ENTRE RECEVOIR PASSIVEMENT DE L’INFORMATION ET APPRENDRE ACTIVEMENT UN CONTENU DE SAVOIR. REGARDER UN DOCUMENTAIRE ANIMALIER À LA TÉLÉVISION N ’ ENGAGE PAS NÉCESSAIREMENT DE RÉFLEXION, DE DISTANCIATION RÉFLEXIVE SUR CE QUE L’ON OBSERVE, DE MISE EN MOUVEMENT D ’ UN DÉBAT COGNITIF AVEC LA VIE ANIMALE. ON NE PENSE NÉCESSAIREMENT FACE À UN DOCUMENTAIRE ANIMALIER. SAUF QUE CHERCHER À COMPRENDRE, À CONCEPTUALISER DES ASPECTS DE LA VIE ANIMALE, DES ENJEUX BIOLOGIQUES ET ÉCOLOGIQUES. 18 Philippe CLAUZARD MCF Université de la Réunion ESPE - Laboratoire ICARE Février – Mars 2016 COMMENT COMPRENDRE L’APPRENTISSAGE ?
  • 9. D'OÙ VIENT LE DÉSIR D'APPRENDRE ? • « Tous les hommes ont un désir naturel de savoir » : Aristote le dit dès la première phrase de sa Métaphysique. Pour le philosophe, le désir d’apprendre est naturel et commence par le simple fait de tourner les yeux pour s’intéresser à ce qui se passe. J’entends un cri, je vois un attroupement, je veux savoir. Telle est pour Aristote la base de la curiosité naturelle.
 • Quelques siècles plus tard, Saint-Augustin fera aussi du désir de savoir (libido sciendi) l’une des pulsions fondamentales des humains aux côtés du désir sensuel (libido sentiendi) et du désir de dominer (libido dominandi). • Qui pense libido pense à Sigmund Freud. Le fondateur de la psychanalyse nommait « épistémophilie » ce désir de connaître. Pour lui, ce serait l’expression sublimée de la pulsion sexuelle. PHILIPPE CLAUZARD – MCF UNIVERSITE DE LA REUNION/ESPE – 2017
  • 10. APPRENDRE, EST-IL DÉSTABILISANT ? • Oui, apprendre peut s’avérer effectivement déstabilisant. C’est pourquoi l’apprentissage est difficile et parfois improbable. Apprendre est déstabilisant, car c’est transformer ses représentations, rompre avec des certitudes, réaménager ce que l’on jugeait savoir. • Apprendre résulte de transformations successives, de confrontations personnelles à des poches de résistances cognitives ou à des ruptures épistémologiques. Apprenant en restructurant ses connaissances personnelles, la mise en relation du nouveau et de l’ancien devient une opération mentale essentielle. Et délicate à encadrer. • Assimiler de nouvelles connaissances nécessite la plupart du temps d’ébranler un savoir ancien avec beaucoup de tâtonnements et d’erreurs, bien sûr. Ceci est souvent une épreuve difficilement soutenable pour l’individu, une expérience frustrante, douloureuse, voire anxiogène. Penser connaître des choses et s’entendre dire qu’on fait fausse route, que nos conceptions sont erronées ou trop partielles est difficile à accepter: c’est aussi une question narcissique d’estime de soi. • De nos jours, il est apparu une nouvelle forme de pédagogie où l’on considère maintenant l’erreur comme outil pour enseigner. On part des erreurs pour faciliter le passage vers un apprendre, déterminer le chemin didactique le plus favorable. On apprend en faisant des erreurs: en les analysant et en recommençant une procédure. L’apprentissage par l’erreur permet de s’intéresser aux opérations effectuées, aux stratégies mobilisées par l’apprenant. Il s’agit de conduire l’élève à comprendre et rectifier son erreur de raisonnement. C’est un nouveau paradigme pour l’apprentissage qui consiste à privilégier des cerveaux réflexifs à des cerveaux essentiellement bien remplis. La réflexivité est un nouvel enjeu d’un apprentissage tout au long de la vie ! PHILIPPECLAUZARD–MCFUNIVERSITEDELAREUNION/ESPE–2017
  • 11. • APPRENTISSAGE PAR IMITATION : LE PLUS COURANT : IL SUPPOSE DE LA PART DE L’ENFANT (OU DE L’ADULTE DANS CERTAINES SITUATIONS) LA VALORISATION D’UN MODÈLE ET LA VOLONTÉ DE LE POSSÉDER, DE LE PRENDRE. C’EST PAR L’IMITATION QUE SE FONT TOUS LES APPRENTISSAGES SPONTANÉS DE LA PETITE ENFANCE : PAROLE, GESTES, MIMIQUES, ETC.., AINSI QUE CEUX DE LA DIMENSION ESTHÉTIQUE DES ACTIVITÉS : TON, GRÂCE, STYLE, MANIÈRE, ETC. • APPRENTISSAGE PAR ASSOCIATION : ON ASSOCIE UN STIMULUS NOUVEAU À UN MÉCANISME DÉJÀ APPRIS AFIN DE CRÉER UN NOUVEAU SAVOIR. POUR APPRENDRE DES CHOSES COMPLEXES, CELA PERMET D’ENCHAÎNER DES SITUATIONS DE DIFFICULTÉ CROISSANTE. • APPRENTISSAGE PAR ESSAIS ET ERREURS : LE SUJET EST MIS EN SITUATION D’ESSAI, ON NE LUI DONNE AUCUN MODE D ’ EMPLOI (PARFOIS MÊME PAS LA CONDITION DE SUCCÈS OU D’ÉLIMINATION). POUR FONCTIONNER CORRECTEMENT, IL FAUT QUE LA SOLUTION PRENNE EN COMPTE CE QUE LE SUJET SAIT DÉJÀ. • APPRENTISSAGE PAR EXPLICATION : ON EXPLIQUE AU SUJET, ORALEMENT OU PAR ÉCRIT, CE QU’IL DOIT SAVOIR (EXEMPLE : UN MANUEL DE SECOURISME). C’EST LE PRINCIPE DES COURS MAGISTRAUX. • APPRENTISSAGE PAR RÉPÉTITION : ON FAIT FAIRE AU SUJET CE QU’IL DOIT APPRENDRE, D’ABORD PASSIVEMENT, PUIS DE PLUS EN PLUS ACTIVEMENT, JUSQU’À CE QU’IL PUISSE FAIRE ET REFAIRE SEUL LES OPÉRATIONS. • APPRENTISSAGE COMBINÉ : C’EST LE PLUS EFFICACE, ET IL EST TRÈS UTILISÉ EN MATIÈRE D ’ ENSEIGNEMENT DE SAVOIR-FAIRE PROFESSIONNEL, CAR IL COMBINE LES MODALITÉS PRÉCÉDENTES. LE SUJET EST MIS EN SITUATION : ON LUI MONTRE QUELQUES FOIS LES BONS GESTES EN LUI EXPLIQUANT LES PRINCIPES D’ACTION ; ON LE LAISSE ENSUITE SE PERFECTIONNER PAR UNE RÉPÉTITION DE MOINS EN MOINS SUPERVISÉE. • APPRENTISSAGE PAR IMMERSION : LES LANGUES S ’APPRENNENT MIEUX EN SITUATION D’IMMERSION TOTALE. PAR EXEMPLE, LORSQUE LES COURS NE SONT DONNÉS QUE DANS LA LANGUE À APPRENDRE ET QUE LE PROFESSEUR NE PARLE AVEC LES ÉLÈVES QUE DANS LEUR LANGUE D’IMMERSION. Philippe CLAUZARD MCF Université de la Réunion ESPE - Laboratoire ICARE Février – Mars 2016 EXISTE-T-IL PLUSIEURS FORMES D’APPRENTISSAGE ?
  • 12. APPRENDRE TOUT AU LONG DE LA VIE… N’EST-CE QU’UN SLOGAN ? • Nous sommes des millions à apprendre tout au long de la vie, chacun à sa manière, par plaisir ou par nécessité… « Se former tout au long de la vie » est même devenu un véritable slogan des sociétés contemporaines, appelées à répondre aux exigences d’une économie fondée sur l’innovation et une concurrence de plus en plus mondialisée. • Le monde du travail, en pleine évolution, requiert des salariés capables de s’adapter à des environnements changeants. Le secteur de la formation professionnelle est devenu une préoccupation majeure des démocraties, censées apporter à tous les possibilités de son évolution. • Les pratiques d’autoformation se démultiplient, facilitées par l’usage des technologies numériques. • Se fixer des objectifs bien particuliers, changer de métier, ou même de vie peut être issus de choix personnel correspondant à une quête de soi. Et engendrer des bifurcations professionnelles, dessinant des parcours inattendus, des histoires de vie originales… • Dates récentes essentielles : 2009 Accord National Interprofessionnel sur le développement de la formation professionnelle tout au long de la vie (7 janvier 2009) Loi du 24 novembre 2009 sur la formation et l’orientation professionnelle tout au long de la vie + 2015 : création du compte personnel de formation professionnelle (www.moncompteformation.gouv.fr/ : Si vous avez eu une activité salariée dans une entreprise de droit privé en 2015, vos heures CPF seront automatiquement reportées et sauvegardées dans votre compte personnel de formation, sans démarches de votre part, à la fin du premier trimestre 2016.) Philippe Clauzard, MCF Université de la Réunion / ESPE - 2017
  • 13. QU’EST-CE QUE FORMER ??? • VENU DU LATIN « FORMARE », LE MOT « FORMATION » POSSÈDE LA MÊME RACINE QUE FORME, FORMEL ET FORMAT. LE TERME « FORMATION » EST ÉTYMOLOGIQUEMENT DE L’ORDRE DU « PRENDRE FORME » • FORMER, C’EST SAVOIR COMMUNIQUER EN SACHANT QU’IL NE SUFFIT PAS DE BIEN DIRE UNE CHOSE POUR ÊTRE COMPRIS : IL FAUT AUSSI VÉRIFIER QUE LE PUBLIC A BIEN COMPRIS ET LUI DONNER L’ENVIE D’ÉCOUTER LA SUITE. • FORMER, C’EST FACILITER L’ASSIMILATION DES CONNAISSANCES PAR LES STAGIAIRES ET POUR CELA MESURER LEUR POSSIBILITÉ D’APPRENTISSAGE. LE FORMATEUR MET À DISPOSITION DES APPRENANTS DES SAVOIRS, DES SAVOIRS – FAIRE, DES SAVOIR -ÊTRE QU’ILS VONT DEVOIR S’APPROPRIER DE MANIÈRE À CONSTRUIRE DES RESSOURCES PERSONNELLES, UN RÉPERTOIRE D’ACTION ET DE CONNAISSANCES… EN RÉPONSE À UN BESOIN DE FORMATION IDENTIFIÉ OU UN SOUHAIT D’ÉVOLUTION DES COMPÉTENCES PROFESSIONNELLES. • FORMER SUPPOSE UNE MISE EN SCÈNE : DU GROUPE ET DU CONTENU, UNE SCÈNE D’APPRENTISSAGE. NOUS AVONS OBSERVÉ QUE C’EST L’ENSEIGNANT OU LE FORMATEUR QUI IMAGINE, PLANIFIE, ORGANISE L’ACTE D’APPRENDRE. IL S’AGIT ALORS DE LIER APPRENDRE À ENSEIGNER. L ’ ENSEIGNEMENT OU LE FORMATEUR ACCOMPAGNE L ’ APPRENDRE. L’ENSEIGNEMENT MET EN SCÈNE LES APPRENTISSAGES: EN CELA, JE LE RÉPÈTE, CELA SEMBLE ESSENTIEL : « UN COURS N’EST PAS CONÇU POUR CELUI QUI ENSEIGNE, MAIS POUR CELUI QUI APPREND ! » (BOUDREAULT) Philippe CLAUZARD MCF Université de la Réunion ESPE - Laboratoire ICARE Février – Mars 2016
  • 14. QU’EST-CE QUE SE FORMER ? • NOTONS QUE : • ON APPREND PAR SOI-MÊME (OBSOLESCENCE DES CONNAISSANCES DU MÉTIER) • ON APPREND AUSSI SOCIALEMENT ( AU CONTACT DES AUTRES) • ON APPREND EN SITUATION DE TRAVAIL (ANALYSES DE PRATIQUES PROFESSIONNELLES, DÉBRIEFING) • ON APPREND SURTOUT EN ASSURANT UN RETOUR RÉFLEXIF SUR SES EXPÉRIENCES (JOURNAL RÉFLEXIF, CARNET INTIME) • ON APPREND EN SIMULATION DES SITUATIONS DE TRAVAIL • ON APPREND EN RECHERCHE-FORMATION (AUTOCONFRONTATION) Philippe CLAUZARD MCF Université de la Réunion ESPE - Laboratoire ICARE Février 2017
  • 15. QU’EST-CE QUE SUPPOSE LA FORMATION ? • DANS LE CADRE DE LA FORMATION, L’APPRENTISSAGE EST ALORS INTERACTIF : AUX STIMULATIONS DU FORMATEUR VONT RÉPONDRE LES FORMÉS, AUX GESTES D’ENSEIGNEMENT/FORMATION VONT RÉPONDRE DES GESTES D’ÉTUDE DU FORMÉ (À EXPLIQUER VA RÉPONDRE PRENDRE DES NOTES AVEC UN STYLO. • LA FORMATION SUPPOSE D’ANIMER UN GROUPE QUI EST UNE ENTITÉ VIVANTE AVEC SA LOGIQUE ET ÉVOLUTION PROPRES, ON PARLE DE LA DYNAMIQUE DU GROUPE. FORMER, C’EST AIDER GUIDER, ACCOMPAGNER, TUTORER, CONSEILLER, COMMUNIQUER, FACILITER, CONCEVOIR, PRÉPARER… • LE FORMATEUR ORGANISE EN OUTRE LA MÉDIATION ENTRE L’APPRENANT ET LES CONTENUS DE L’APPRENTISSAGE, LES CONTENUS DE LA FORMATION. IL ÉTABLIT UN SCÉNARIO D’APPRENTISSAGE; IL DIDACTISE DES SAVOIRS, IL ANIME UN FACE À FACE. EN AMONT, IL TRAVAILLE ÉVENTUELLEMENT À UNE INGÉNIERIE DE FORMATION (OBJET DE L’UE 24 F2F) • NOUS NOUS INTÉRESSONS QU’À LA SEULE DIMENSION COGNITIVE, CELLE DE TRAITEMENT DE L’INFORMATION, DE TRAITEMENT DE L’APPRENTISSAGE AU MOYEN DE PROCÉDURES MISES À DISPOSITION DE L’APPRENANT PAR LE FORMATEUR, EN TANT QU’EXPERT DU FAIRE APPRENDRE, DE LA FORMATION CONTINUÉE. MÊME SI ON NE PEUT VRAIMENT PLEINEMENT IGNORER LES DIMENSIONS AFFECTIVES ET SOCIALES, NE SERAIT-CE QUE PAR LES EFFETS DE FEED-BACK DE LA CLASSE D’APPRENANTS. Philippe CLAUZARD MCF Université de la Réunion ESPE - Laboratoire ICARE Février – Mars 2016
  • 16. QUELLES SONT TOUTES LES FACETTES DU METIER DE FORMATEUR – ENSEIGNANT ? Un professionnel de l’apprentissage Philippe CLAUZARD MCF Université de la Réunion ESPE - Laboratoire ICARE Février 2017
  • 17. VIDÉOS COMMENTÉES • VIDÉOS DE PHILIPPE MEIRIEU SUR LE DÉSIR D’APPRENDRE, L’HISTOIRE DE LA PÉDAGOGIE ET LES PÉDAGOGUES • QUE RETENEZ-VOUS ? • QU’EN PENSEZ-VOUS , • QUELS ÉCHOS AVEC VOS ACTIVITÉS PROFESSIONNELLES ?
  • 18. BRÈVE HISTOIRE DE L’APPRENTISSAGE • TOUTES LES THÉORIES PÉDAGOGIQUES, MODÉLISANT PLUS OU MOINS L’ACTE D’ENSEIGNER, QUI SE SUCCÉDÈRENT AU FIL DU TEMPS, FURENT TOUTES ISSUES DE VALEURS FONDÉES SUR UNE PHILOSOPHIE PARTICULIÈRE. • Chaque théorie est étayée sur une idée que l’on se fait de l’humain, de sa place dans l’univers, de son humanisation. La question des finalités fait de l’éducation une affaire de philosophes. La plupart des grands professeurs de Sciences de l’Éducation furent des philosophes avant d’œuvrer dans des départements universitaires encore récents. Les réponses données aux questionnements sur les finalités de l’éducation relèvent toujours de la philosophie. Qui doit enseigner ? A qui doit-on enseigner ? Que faut-il enseigner ? Comment faut-il enseigner ? C’est une théorie de l’humain, une vision de la personne humaine qui donne réponse à ces interrogations fondamentales. • Ce sont les sophistes qui posent, les premiers, ces questions au Ve siècle av. J.-C. dans la Grèce Antique. Ils sont "professeurs de sagesse" et apprennent aux jeunes gens à se conformer aux règles sociales par la maîtrise de soi. Platon préfère le développement d’une affirmation de soi, conformément à la force de la nature. Pour Platon comme pour Aristote, toute éducation vise à obtenir l’harmonie du corps et de l’âme de l’individu. On parvient à cet équilibre sous l’autorité de la raison. Il s’agit de sortir l’enfant de sa violence individuelle, socialement inadaptée, à la maîtrise de soi sans laquelle il ne peut se développer de vie sociale. C’est une opération de socialisation gouvernée par l’État. • Socrate est un enseignant qui n’a rien écrit, mais dont on sait qu’il développa (470-399 av. J.-C..) une méthode pédagogique : la maïeutique ou l’art d’accoucher. L’approche maïeutique qui est au cœur de la philosophie socratique. En effet, elle se définit comme l’accouchement des esprits. Par le biais de questionnements, l’esprit du questionné parvient à trouver en lui-même les vérités. La maïeutique est donc l’art d’accoucher les esprits, de leur faire enfanter la vérité. PHILIPPE CLAUZARD – MCF UNIVERSITE DE LA REUNION/ESPE – 2017 BRÈVEHISTOIREDEL’APPRENTISSAGE
  • 19. • Socrate en philosophe affirme que chacun porte en lui le savoir, sans en avoir conscience. Le questionnement vise à faire ressouvenir, c’est la fameuse théorie de la réminiscence. Ceci est bien sûr fondé sur la thèse de l’immortalité de l’âme. Puisque l’âme est immortelle, elle détient déjà tous les savoirs. • SOCRATE EXPLIQUAIT : "JE SUIS FILS D’UNE ACCOUCHEUSE (...) J’EXERCE LE MÊME ART..." (THÉÉTÈTE 149A) "MON ART DE MAÏEUTIQUE A MÊMES ATTRIBUTIONS GÉNÉRALES QUE LE LEUR (CELUI DES ACCOUCHEUSES) LA DIFFÉRENCE EST QU’IL DÉLIVRE LES HOMMES ET NON LES FEMMES ET QUE C’EST LES ÂMES QU’IL SURVEILLE EN LEUR TRAVAIL D’ENFANTEMENT, NON POINT LES CORPS"(150B) "(...) LE FAIT EST POURTANT CLAIR QU’ILS (CEUX QUI VIENNENT À MON COMMERCE) N’ONT JAMAIS RIEN APPRIS DE MOI ET QU’EUX SEULS ONT, DANS LEUR PROPRE SEIN, CONÇU CETTE RICHESSE DE BEAUX PENSERS QU’ILS DÉCOUVRENT ET METTENT AU JOUR. DE LEUR DÉLIVRANCE, PAR CONTRE, LE DIEU ET MOI SOMMES LES AUTEURS" (150D) "LE DISCIPLE SAURA DONC SANS AVOIR EU DE MAÎTRE, GRÂCE À DE SIMPLES INTERROGATIONS, AYANT RETROUVÉ DE LUI-MÊME EN LUI LA SCIENCE" (MÉMON 85D) • Socrate voyait en cet art le meilleur moyen de révéler à l’élève l’être véritable qui est en lui. La maïeutique est aujourd’hui devenue une technique d’enseignement suscitant chez l’apprenant la mobilisation de savoirs précédemment enseignés, de représentations personnelles, et de réflexion dans une forme dialoguée: on l’appelle le cours dialogué, très en vogue dans les établissements scolaires de formation initiale. Le professeur fait ainsi naître dans l’esprit des élèves des réponses par des interrogations habiles. • Les anciens discutent aussi du « type d’homme » que l’on veut former, des méthodes d’apprentissage (Platon, Le Ménon) : « comment peut-on faire ce qu’on ne sait pas faire, précisément pour apprendre à le faire? » • Au Moyen-Âge, ce genre de question ne se pose plus. L’époque est influencée par un christianisme qui dicte qu’apprendre c’est finalement retrouver Dieu en nous. L’éducation médiévale s’avère une pratique sans théorie. Il sera développé l’enseignement magistral et verbal où apprendre sera avant tout retenir après avoir appris par cœur. Cette pédagogie est relativement « aride » et « rigide », elle fait référence à la scolastique qui prône un apprentissage fondé sur la mémorisation mécanique de savoirs limités et la soumission à l’autorité des anciens, des maîtres et de la Bible. • Au XVIe siècle, la représentation de l’univers fut bouleversée: c’est l’époque de la Renaissance. On pense l’univers en termes d’infini. On redéfinit la place de l’Homme et par conséquent son éducation. Même s’il reste imprégné de religion, le savoir transmis est repris en grande partie aux sources de l’Antiquité. C’est le même mouvement que dans les Arts, l’architecture ou la peinture . À noter, le savoir fonde sa vérité dans l’expérience, la preuve ou la démonstration. Non plus sur l’argument d’autorité. PHILIPPE CLAUZARD – MCF UNIVERSITE DE LA REUNION/ESPE – 2017 BRÈVEHISTOIREDEL’APPRENTISSAGE
  • 20. • C’est l’époque des projets humanistes utopiques : avec Thomas More et son île "Utopie" (1516) où l’éducation est douce, persuasive, ouverte aux arts et aux sciences, mais aussi aux loisirs ; avec le "Gargantua" de Rabelais (1534) boulimique de connaissances ; avec, enfin, Campanella et la "Cité du Soleil" (1602) qui souligne que l’éducation ne doit entraver le désir d’apprendre de tout un chacun. Les projets éducatifs d’alors sont éminemment modernes. Sont promues les méthodes actives, l’alternance d’activité intellectuelle et d’activité physique, les conversations et les voyages... • Pour Erasme, l’éducabilité définit complètement l’essence de l’espèce humaine. Il s’associe à Montaigne pour dénoncer la violence et la brutalité comme principe éducatif à l’égard des enfants. Ils prônent le recours au précepteur. Le développement du corps leur paraît aussi important que celui de l’esprit et de l’âme. Le précepteur doit constamment veiller à la qualité de la relation nécessaire avec son élève pour une éducation efficiente. Pour Érasme "la justesse de l’expression fait la justesse de la pensée". Il vise le développement d’êtres capables de jugement. Il défend un enseignement basé sur la rhétorique et dénonce avec Montaigne la scolastique médiévale fondée sur la terreur et l’exigence de civilité. • Comenius (1592-1670) fut à la fois un directeur d’école et un philosophe de l’éducation. L’école est "son atelier d’humanité" dont le projet est de "faire l’union et le bonheur de tous". Son école fut son terrain d’étude, son laboratoire de recherches théoriques. Sa pensée sur la finalité de l’éducation est liée à la métaphysique et au religieux, marquée par un fort optimisme que l’on retrouve dans sa méthode systématique et universelle exerçant les "sens (...) puis la mémoire, ensuite l’intellect, enfin le jugement". Il fait une large place à l’autonomie de l’élève, préconise l’aide mutuelle entre élèves, développe une formation des maîtres axée sur la connaissance du développement cognitif de l’enfant et la juste correspondance entre son mode d’appréhension du monde et l’ordre des connaissances que l’on se propose d’enseigner. PHILIPPE CLAUZARD – MCF UNIVERSITE DE LA REUNION/ESPE – 2017 BRÈVEHISTOIREDEL’APPRENTISSAGE
  • 21. • Précurseur, Comenius souhaite une école ouverte à tous (garçons, filles, pauvres, riches, esprits doués ou faibles...) car nécessaire à l’humanisation de tous. • Dès le XVe siècle, on passera de l’enseignement en face à face à un enseignement simultané entraînant la répartition des élèves par niveau, la définition d’une progression, l’institution d’emploi du temps et de récréation. Le français remplacera le latin. Cependant, les filles doivent aller dans des établissements différents où est développé un apprentissage des tâches domestiques. On prépare les filles à devenir des femmes agréables à leurs maris capables d’élever chrétiennement leurs enfants. Nous sommes loin de tous projets de parité homme-femme. La théorie implicite est que les femmes ne doivent pas égaler les hommes. • Au XVIIe siècle, il apparaît un véritable souci de formation des maîtres avec les jésuites et Jean-Baptiste de la Salle, il s’agit de faire partager à tous les bonnes recettes pédagogiques des maîtres chevronnés. D’où l’extraordinaire succès que les collèges des Jésuites connaîtront. BRÈVEHISTOIREDEL’APPRENTISSAGE
  • 22. • De tous les ouvrages pédagogiques écrits pendant le siècle des Lumières (XVIIIe siècle) l’Émile de Rousseau (1762) exercera une influence majeure pour l’avenir de l’éducation. Il demeure une référence incontournable pour la pédagogie moderne. Non dogmatique, il cherche à faire réfléchir le lecteur qui n’aura qu’à adapter les principes proposés selon l’environnement et les circonstances particuliers. L’éducation d’Émile a pour objectif de former un homme libre, agent d’une société meilleure. Rousseau assume toutes les contradictions de son projet en développant la notion d’anticipation. Sa méthode est de prévoir et organiser des situations éducatives en fonction du but qu’on se propose. En outre, l’Émile suggère l’amour et le respect des enfants ; il promeut une meilleure connaissance du développement de l’enfant. Il propose de faire de l’apprenant le centre de la pédagogie, de recourir à l’expérience concrète, de développer la curiosité d’apprendre et le désir d’une autoformation (l’apprendre par soi-même), prendre en compte la sensibilité, le travail manuel et l’exercice physique. Deux pédagogues expérimentèrent l’ idée "grande" de l’Émile : Pestalozzi (1746-1827) et Fröbel (1782-1852). • Pestalozzi fonda quatre écoles en Suisse. Son institut d’Yverdon devint entre 1805 et 1825 le laboratoire pédagogique de l’Europe. Sa méthode avait pour but d’éduquer la tête, le coeur et la main. Les apprentissages passent par les sens et s’ancrent dans le vécu enfantin à chaque stade de son développement. L’enfant doit participer activement aux activités d’apprentissage et ainsi élaborer par lui- même sa propre autonomie. Une très sérieuse et complète formation des maîtres est indispensable. • Son disciple Fröbel fonda plusieurs écoles en Allemagne et en Suisse. Le jeu est au centre de sa pédagogie. Les activités ludiques permettent la structuration cognitive de l’enfant. Il créa aussi les premiers jardins d’enfants ( les Kindergarten) avec un matériel pédagogique spécifiquement adapté pour instruire l’enfant sur le monde et ses propres capacités. PHILIPPE CLAUZARD – MCF UNIVERSITE DE LA REUNION/ESPE – 2017 BRÈVEHISTOIREDEL’APPRENTISSAGE
  • 23. • Les socialistes Fourier, Saint-Simon, Proudhon donnèrent une place prépondérante à l’éducation dans leurs systèmes. Leurs idées se font l’écho de l’Émile de Rousseau. Il s’agit d’une éducation dite globale comprenant celle du corps, des mains avec des "classes-ateliers« … • La pédagogie participa à l’avènement de la pensée positive (le positivisme) dans un siècle où la raison était une valeur absolue. Le développement des nouvelles disciplines (la psychologie de l’enfant et la sociologie) donnera un soubassement scientifique à la pédagogie. On pense alors qu’il convient d’enseigner à tous le minimum indispensable afin de rendre chacun capable de penser par lui-même. Le XIXe siècle fut passionné d’éducation et crut en l’école comme libératrice. C’est ainsi que purent apparaître les lois scolaires de Jules Ferry à la fin du siècle, avec le projet d’alphabétiser tous les petits Français. • Le XXe siècle voit l’avènement de l’éducation nouvelle à l’encontre d’un enseignement fondé sur la mémoire et les exercices réglés. On dénonce un apprentissage mécanique dont on dénonce le caractère stérile : observation, réflexion et culture générale doivent primer. • Le début du XXe siècle est marqué par un nouvel et fort intérêt de la psychologie du développement des enfants, qui influencera les objectifs et méthodes d’éducation. La psychologie s’intéresse au développement de l’intelligence. On étudie l’enfant débile ou retardé pour mieux comprendre le fonctionnement des autres enfants. À Paris, Binet (1857-1911) est le fondateur de la psychopédagogie et de la recherche pédagogique, de la docimologie et avec Simon, des tests d’intelligence qui sont utilisés dans les classes de perfectionnement pour les enfants inadaptés. • Claparède, médecin et biologiste suisse, est le créateur en 1912 de l’Institut J.J. Rousseau, un institut de sciences de l’éducation, tenant de l’ "éducation fonctionnelle" centrée sur les intérêts de l’enfant à chaque étape de son développement. L’activité ludique y est importante. PHILIPPE CLAUZARD – MCF UNIVERSITE DE LA REUNION/ESPE – 2017 BRÈVEHISTOIREDEL’APPRENTISSAGE
  • 24. • Jean Piaget (1896-1980), biologiste et psychologue suisse et Henri Wallon (1879-1962), médecin, psychologue participent aux projets de la psychologie descriptive et génétique, en observant et décrivant les stades de développement avec rigueur selon la méthode expérimentale. • Pour Piaget, les méthodes pédagogiques peuvent favoriser le développement de l’enfant. Il convient qu’elles s’ajustent aux capacités d’assimilation propres à chaque stade d’élaboration des structures cognitives. Pour Wallon le développement enfantin repose sur le biologique (maturation du système nerveux) et le social ( lié à l’environnement physique et humain). L’éducation doit offrir à l’enfant une stimulation à l’apprendre, associer l’affectif, le technique et l’intellectuel, accepter ce qui appartient au conflit et aux crises qui sont formateurs. • John Dewey (1859-1952) fondateur et directeur de l’Ecole-Laboratoire de l’Université de Chicago lie sa théorie éducative à la démocratisation des sociétés. Il défend un modèle de vie associative, formant des citoyens responsables et éclairés, et une pédagogie fondée sur l’intérêt de l’élève et ses expérimentations : le learning by doing… • L’innovation pédagogique est alors bouillonnante. L’histoire retient des personnalités qui défendirent des pratiques pédagogiques originales. • Le Suisse A. Ferrière (1870-1960), coordonnateur et théoricien de l’École active, favorise "l’élan vital spirituel" et organise l’autonomie des élèves. • Maria Montessori (1870-1952) postulant que les idées sont issues des sensations reprend et perfectionne le matériel sensoriel des écoles grâce auquel l’enfant emmagasine expériences et vocabulaire. • O. Decroly (1871-1932) défend " l’éducation par la vie pour la vie". Il souhaite que l’école s’ajuste à la BRÈVEHISTOIREDEL’APPRENTISSAGE PHILIPPE CLAUZARD – MCF UNIVERSITE DE LA REUNION/ESPE – 2017
  • 25. • R. Cousinet (1881-1973), pionnier français de l’Éducation nouvelle, préfère l’apprentissage sur l’enseignement. Il écrit : "l’éducation est l’œuvre de l’enfant". Il expérimente et théorise la méthode de travail libre par groupes. • Afin de réduire les contradictions auxquelles la pédagogie est confrontée, les imaginaires de Comenius (Le Labyrinthe du Monde), Rousseau, ou du socialiste Illitch (une société sans école) ont contribué à proposer d’autres modèles éducatifs qualifiables d’utopiques. Le dernier avatar est celui de Neill avec son école de Summerhill où il a mis en œuvre une pédagogie fondée sur le "self government", exempte de tout interdit. Une réponse opératoire en terme pédagogique de la théorie psychanalytique de Freud qui concluait à l’impossibilité de l’éducation. • Que reste-t-il de ce foisonnement pédagogique ? L’école nouvelle fut finalement davantage pourvoyeuse de méthodes pédagogiques, de techniques pour faire la classe, complètement séparées de la philosophie les sous-tendant. Les techniques actives furent récupérées et introduites par les autorités scolaires dans divers pays, mais assez vite abandonnées. Les pays ne changèrent pas en effet l’esprit présidant à l’organisation et à la programmation scolaires. • En France, les "classes nouvelles" et "les activités d’éveil" n’ont pas fait long feu à l’école primaire. Il reste donc des techniques, et un idéal de ces mouvements de l’école nouvelle dont la philosophie est toujours actuelle. L’Institut Coopératif de l’Ecole Moderne, les CRAP (Cercles de recherches et d’action pédagogiques), le Groupe Français d’Éducation Nouvelle (GFEN) sont encore des structures très dynamiques. Le GFEN développa une méthode pédagogique amenant les enfants à redécouvrir des notions élémentaires selon une démarche (très piagétienne) d’auto-socio- construction du savoir. • On voit que cette histoire pédagogique présente des innovations, des progrès puis des BRÈVEHISTOIREDEL’APPRENTISSAGE PHILIPPE CLAUZARD – MCF UNIVERSITE DE LA REUNION/ESPE – 2017
  • 26. LES ÉTAPES DE LA FORMATION EN 3T • Temps 1: 19e-20e siècle : la promotion sociale par le savoir : Dans son rapport intitulé L’Organisation générale de l’instruction publique (1792), Condorcet plaidait pour une éducation populaire, qui garantirait l’égalité des citoyens et devrait se dérouler à tous les âges de la vie. • En 1794, le Conservatoire national des arts et métiers (Cnam), fondé par l’abbé Grégoire, est destiné (avec l’école polytechnique) à former des ingénieurs pour « perfectionner l’industrie nationale ». • L’idée d’éducation populaire et de promotion sociale par l’éducation fait son chemin et s’organise au cours du 20e siècle, en prenant son essor grâce à différents mouvements. Elle est portée notamment par Joffre Dumazedier, ardent militant de la formation pour les adultes. • Temps 2 : Années 1970 : la formation professionnelle continue instituée: Entre les deux guerres, apparaissent des actions de « perfectionnement professionnel » pour l’encadrement. Elles viennent d’institutions créées pour diffuser l’organisation scientifique du travail, comme le Cnam, ou le Comité d’études générales de l’organisation scientifique (Cegos), fondé en 1932. Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, les grandes entreprises développent des actions de formation pour leur personnel (Renault, Snecma…). • La loi du 16 juillet 1971 organise la formation professionnelle continue des adultes en instituant son financement par les entreprises. Les organismes de formation continue se développent : Cnam, Greta (groupements d’établissements du second degré de l’éducation nationale), Afpa, première organisation de formation continue d’importance dans la société française créée par le ministère du Travail. • Temps 3 : Années 2000 : le life long learning; à la fin des années 1970, est avancé un concept humaniste de l’apprentissage tout au long de la vie qui va devenir le socle des politiques nationales et internationales. Philippe Clauzard, MCF Université de la Réunion / ESPE - 2017
  • 27. LES ÉTAPES DE LA FORMATION EN 3T • L’Unesco considère que le stock des connaissances se renouvelle désormais tous les sept ou huit ans, bien plus vite que le renouvellement des générations. D’où la nécessité de préparer les populations à se former en permanence. Jacques Delors, président de la Commission internationale sur l’éducation pour le 21e siècle déclare que « le concept d’éducation tout au long de la vie est une clé d’entrée dans le 21e siècle » (Unesco 1996). • Le slogan « life long learning » est lancé par la Communauté européenne en 1995. Il exprime l’ambition de favoriser l’employabilité des salariés au cours de leur carrière professionnelle et l’adaptation des citoyens à la société de l’information. Ainsi se profile la vision d’une société éducative qui dépasse la distinction traditionnelle entre éducation première et éducation permanente, où tout peut être occasion d’apprendre et de s’épanouir. • En 2000, le Conseil européen, réuni à Lisbonne, décide de promouvoir dans l’Union européenne, « l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde, capable d’une croissance économique durable accompagnée d’une amélioration quantitative et qualitative de l’emploi et d’une plus grande cohésion sociale ». • Cette stratégie a échoué et été recentrée dès 2005 sur l’emploi. • En 2010, un nouveau projet vise une « croissance intelligente, durable et inclusive » • Le concept d’inclusion fait récemment son apparition dans le champ des sciences de l’éducation. L’école inclusive vise l’adaptation aux apprenants, quelles que soient leurs particularités. C’est une structure qui n’exclut personne et qui met en place des dispositifs adaptés pour tous selon les besoins de chacun. C’est un lieu d’échanges qui permet la prise en compte des différences de chacun… C’est une école qui tient compte des difficultés d’apprentissage de chacun, qui adapte son enseignement à chacun, une école ouverte à la différence. L’école inclusive est une nouvelle approche de l’enseignement, une nouvelle philosophie de l’éducation. Philippe Clauzard, MCF Université de la Réunion / ESPE - 2017
  • 28. PETITE HISTOIRE DE LA FORMATION CONTINUE PROFESSIONNELLE • 1792 : PROJET CONDORCET : FORMATION POURSUIVIE PENDANT TOUTE LA DURÉE DE LA VIE, ÉGALITÉ DEVANT L’INSTRUCTION, DES CONTENUS EN LIAISON AVEC L’ÉVOLUTION DES SCIENCES ET DES TECHNIQUES, FORMATION CIVIQUE DU CITOYEN ; • 19E SIÈCLE CRÉATION DU CONSERVATOIRE NATIONAL DES ARTS ET MÉTIERS, CRÉATION DES ÉCOLES D’INGÉNIEURS (POLYTECHNIQUE, PONTS ET CHAUSSÉE, MINES) • 1945-1946 : DEUX MOUVEMENTS ÉDUCATIFS APPARAISSENT : L’ÉDUCATION POPULAIRE (BESOINS SOCIAUX) & LA FORMATION PROFESSIONNELLE ACCÉLÉRÉE (BESOINS PROFESSIONNELS) DÉVELOPPEMENT DE MÉTHODE POUR ADULTES (MÉTHODE CARRARD, ENTRAÎNEMENT MENTAL…) • 1946-1950 DÉVELOPPEMENT DES PROGRESSIONS PÉDAGOGIQUES APPARITION D’UN TROISIÈME COURANT : LA FORMATION EN ENTREPRISE (TWI) CRÉATION DE LA FPA (1946) CRÉATION DE LÉO LAGRANGE (1950) • 1950-1955 « COUSINAGE » ENTRE ÉDUCATION POPULAIRE ET FORMATION EN ENTREPRISE ; APPARITION D’UN QUATRIÈME COURANT : LA PROMOTION SOCIALE (BESOIN D’ENCADREMENT) ; CRÉATION DES CENTRES RÉGIONAUX DU CNAM (1952) ; CRÉATION DU CESI ; JOFFRE DUMAZEDIER FONDE LE GROUPE D'ÉTUDES DES LOISIRS ET DE LA CULTURE POPULAIRE (1954) • 1955-1956 APPARITION DE LA NOTION D’ÉDUCATION PERMANENTE • 1959 LA FORMATION CONTINUE DEVIENT L’ÉCOLE DE LA SECONDE CHANCE ; 1ÉRE LOI DE LA PROMOTION SOCIALE (DE GAULLE ET DEBRÉ, JUILLET 59) ; CRÉATION DE LA DÉLÉGATION GÉNÉRALE DE LA PROMOTION SOCIALE (1961) • 1960-1961 PROMOTION DE L’ÉDUCATION POPULAIRE QUI ABORDE LA FORMATION DES ADULTES • 1963-1964 APPARITION DU CONCEPT DE PROMOTION PROFESSIONNELLE (POUR LES OUVRIERS) ; APPARITION DU CONCEPT DE PROMOTION SUPÉRIEUR DU TRAVAIL (POUR LES CADRES) ; • 1968-1972 PREMIÈRES NÉGOCIATIONS SYNDICALES SUR LA FORMATION PROFESSIONNELLE (1968) ; L’ÉDUCATION PERMANENTE ABSORBE LA FORMATION PROFESSIONNELLE ; LOI DE 1971 SUR LA FORMATION PROFESSIONNELLE DANS LE CADRE DE L’ÉDUCATION PERMANENTE ; CRÉATION DE LA DÉLÉGATION À LA FORMATION PROFESSIONNELLE ; CRÉATION DES GRETA (1972) • 1972-1985 MONTÉE DU CHÔMAGE ; SCISSION DE LA FORMATION EN DEUX COURANTS : LA FORMATION PROFESSIONNELLE EN ENTREPRISE ET LE DÉVELOPPEMENT DES ACTIONS POUR LES CHÔMEURS ; CRÉATION DES STAGES BARRE ; CRÉATION DES MISSIONS LOCALES • 1989-1998 PUBLICATION DU LIVRE BLANC SUR L’ÉDUCATION ET LA FORMATION DE JACQUES DELORS (1996) ; APPARITION DU CONCEPT DE « FORMATION TOUT AU LONG DE LA VIE », DE SOCIÉTÉ COGNITIVE, ETC... RAPPORT À L’UNESCO DE LA COMMISSION INTERNATIONALE SUR L’ÉDUCATION POUR LE XXIÈME SIÈCLE,… • 1998-2002 MONTÉE EN PUISSANCE DES TECHNOLOGIES DE L’INFORMATION ET DE LA COMMUNICATION APPARITION DES CONCEPTS DE FOAD, DE E-LEARNING, DE KNOWLEDGE MANAGEMENT ; COLLOQUES SUR L’AUTOFORMATION • 2004 LOI RELATIVE À LA FORMATION PROFESSIONNELLE ET AU DIALOGUE SOCIAL (4 MAI 2004) ; TRANSFORMATION DE LA VAP EN VAE ; CRÉATION DU DIF (DROIT INDIVIDUEL A LA FORMATION) • 2009 ACCORD NATIONAL INTERPROFESSIONNEL SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA FORMATION PROFESSIONNELLE TOUT AU LONG DE LA VIE (7 JANVIER 2009) LOI DU 24 NOVEMBRE 2009 SUR LA FORMATION ET L’ORIENTATION PROFESSIONNELLE TOUT AU LONG DE LA VIE • 2015 : CRÉATION DU COMPTE PERSONNEL DE FORMATION PROFESSIONNELLE (WWW.MONCOMPTEFORMATION.GOUV.FR/) Philippe Clauzard, MCF Université de la Réunion / ESPE - 2017 A NE PAS LIRE, A SIMPLEMENT EVOQUER BRIEVEMENT
  • 29. PETITE HISTOIRE DES THÉORIES DE L’APPRENTISSAGE • À LA SUITE D’UNE HISTOIRE DE L’APPRENTISSAGE AU FIL DES TEMPS, VOYONS CELLE DES THÉORIES DE L’APPRENTISSAGE, QUI PRIRENT APPUI SUR LE DÉVELOPPEMENT SOCIAL ET SCIENTIFIQUE DE L’ÉPOQUE D’ALORS. • LE CONTEXTE DU XVIIE ET XVIIIE SIÈCLE EST CELUI D’UN ESSOR DE LA SCOLARISATION, POUR LES COUCHES AISÉES DE LA POPULATION AU SEIN DE CONGRÉGATIONS RELIGIEUSES -> AVEC DES QUESTIONNEMENTS SUR LA FORMATION DES CONNAISSANCES ET DE LA CONDUITE HUMAINE. • POUR LES EMPIRISTES, LES IDÉES NAISSENT DE L’EXPÉRIENCE. AUTREMENT DIT, L’EMPIRISME CONÇOIT LA GENÈSE DU PSYCHISME COMME L’ACTION DE LA RÉALITÉ SENSIBLE SUR UN ESPRIT MALLÉABLE ET INITIALEMENT VIERGE. • QUANT AUX RATIONALISTES, ILS SONT EN REVANCHE INNÉISTES. EN EFFET, ILS AFFIRMENT QUE LES IDÉES SONT DANS L’ESPRIT AVANT TOUTE EXPÉRIENCE. ILS EXPLIQUENT QUE CES IDÉES RÈGLENT LES ACQUISITIONS PLUTÔT QU’ELLES N’EN DÉCOULENT. ILS INSISTENT SUR LE RÔLE ACTIF DU SUJET POUR CONNAÎTRE, MAIS ILS NIENT OU SOUS-ESTIMENT L’APPORT DE L’EXPÉRIENCE SUBIE AU CONTACT DE LA RÉALITÉ OBJECTIVE. • 3 ŒUVRES DES EMPIRISTES LOCKE ET HUME ET DU RATIONALISTE LEIBNITZ… PHILIPPE CLAUZARD – MCF UNIVERSITE DE LA REUNION/ESPE – 2017 A NE PAS LIRE, A SIMPLEMENT EVOQUER BRIEVEMENT
  • 30. LES EMPIRISTES LOCKE ET HUME v JOHN LOCKE : LA RÉFUTATION DES THÈSES INNÉISTES LE CONDUIT À ADOPTER UN POINT DE VUE GÉNÉTIQUE. LES ENFANTS FONT LA DÉMONSTRATION DE L’ORIGINE ACQUISE DES IDÉES. L’ÉTAT PREMIER DE NOTRE ESPRIT, À LA NAISSANCE, PEUT ÊTRE COMPARÉ À UNE « TABLE RASE » SUR LAQUELLE S’IMPRIMENT LES IDÉES, À PARTIR DES IMPRESSIONS FOURNIES PAR LA PERCEPTION ET L’EXPÉRIENCE. LE PASSAGE DES IDÉES PARTICULIÈRES AUX GÉNÉRALES PEUT SE FAIRE LORSQUE L’ENFANT CONNAÎT LES MOTS NÉCESSAIRES POUR CES DERNIÈRES. v LOCKE OPPOSE ALORS UNE THÉORIE ÉPIGÉNÉTIQUE DE LA CONNAISSANCE AU RATIONALISME CLASSIQUE ET À UNE TRADITION APRIORISTE REMONTANT À PLATON. EN CE SENS, IL ANNONCE UNE CONCEPTION DU DÉVELOPPEMENT PSYCHIQUE QUI N’EST PLUS ACCROISSEMENT QUANTITATIF D’UNE FORME PRÉEXISTANTE, CEPENDANT IL NE VOIT PAS POUR AUTANT LE PRINCIPE D’UN DÉVELOPPEMENT PSYCHIQUE AU MOYEN D’UNE SUCCESSION DE STRUCTURES QUALITATIVEMENT DISTINCTES … v POUR DAVID HUME, LA CONNAISSANCE HUMAINE REPOSE SUR L’EXPÉRIENCE, C’EST-À-DIRE SUR L’ACCUMULATION HABITUELLE DE CONJONCTIONS ENTRE LES FAITS. LA RAISON N’INTERVENANT QU’À LA SUITE DE CE PROCESSUS FONDAMENTAL. PAR EXEMPLE, IL SUFFIT QUE L’ENFANT SE BRÛLE UNE FOIS À UNE CHANDELLE POUR QUE DÉSORMAIS IL S’EN ÉCARTE. S’IL NE DISPOSE PAS DE LA RAISON, IL N’EST PAS MOINS CAPABLE D’APPRENTISSAGE. EN CELA, À L’IMAGE DE L’ENFANT, HUME SOUTIENT QUE L’HUMANITÉ CONNAÎT SON UNIVERS QUE PRAGMATIQUEMENT SANS JAMAIS EN SAISIR L’ESSENCE... PHILIPPE CLAUZARD – MCF UNIVERSITE DE LA REUNION/ESPE – 2017
  • 31. LE RATIONALISTE LEIBNITZ • POUR LEIBNITZ, LES APPORTS DE L’EXPÉRIENCE ET DE L’ÉDUCATION SONT ADMIS. SELON LUI, L’ESPRIT À LA NAISSANCE NE PEUT ÊTRE COMPARÉ À UNE TABLE RASE. LEIBNITZ PRÉFÈRE L’IMAGE D’UN MARBRE VEINÉ, DONT LA TAILLE (ÉQUIVALENTE DE L’EXPÉRIENCE) MONTRERA A POSTERIORI LES VEINES, LES ACQUISITIONS… • LA THÉORIE LEIBNIZIENNE DE L’INCONSCIENT ET DES PETITES PERCEPTIONS RÉPOND À L’OBJECTION DE LOCKE SUR L’IMPOSSIBILITÉ POUR UNE IDÉE D’ÊTRE À LA FOIS DANS L’ESPRIT ET NON PERÇUE. • LEIBNITZ SOUTIENT QUE LA PENSÉE VA DU CONFUS AU PRÉCIS. TANDIS QUE LOCKE PENSE QUE L’ENFANT RECONNAÎT D’ABORD SA MÈRE COMME OBJET ÉLECTIF PARTICULIER ET FAMILIER AVANT D’ACCÉDER À UNE CONNAISSANCE PLUS LARGE ET PLUS GÉNÉRALE DE SON ENTOURAGE, LEIBNITZ RAPPELLE QUE LE JEUNE ENFANT CONFOND D’ABORD FACILEMENT SA MÈRE AVEC UNE PERSONNE ÉTRANGÈRE. SES PREMIÈRES PERCEPTIONS VISERAIENT D’ABORD UN ÊTRE HUMAIN GÉNÉRIQUE AVANT DE SE PARTICULARISER. • POUR LEIBNITZ, LES IDÉES GÉNÉRALES CONSTITUENT LA CLÉ DE VOÛTE ET LE MOYEN D’ORGANISER LES CONNAISSANCES DANS L’ENSEIGNEMENT COMME LA RECHERCHE, CONTRAIREMENT À LOCKE QUI PRÉCONISE DE S’APPUYER SUR LES FAITS, LE CONCRET POUR ABOUTIR AUX IDÉES GÉNÉRALES. • IL SE JOUE ICI LA DIALECTIQUE BIEN CONNUE ENTRE LA MÉTHODE DÉDUCTIVE « TOP DOWN » ET LA MÉTHODE INDUCTIVE « BOTTOM UP ». PHILIPPE CLAUZARD – MCF UNIVERSITE DE LA REUNION/ESPE – 2017
  • 32. DÉBATS ENTRE EMPIRISTES ET RATIONALISTES • LOCKE SOULIGNE L’IMPORTANCE DES ASSOCIATIONS ENTRE LES IDÉES, CERTAINES ASSOCIATIONS MÊME ARBITRAIRES PEUVENT S’AVÉRER UTILES, TOUT PARTICULIÈREMENT CELLES QUI S’ÉTABLISSENT ENTRE LES IDÉES ET LES MOTS. • HUME PLACE AU CENTRE DE SA THÉORIE LE RÔLE DE LA CONNEXION DES IDÉES. IL EN PRÉCISE LES LOIS : LA RESSEMBLANCE, LA CONTIGUÏTÉ TEMPORELLE OU SPATIALE, LA RELATION DE CAUSE À EFFET. LES CONNEXIONS ENTRE LES IDÉES CONSTITUENT LA BASE RÉELLE DES CONCEPTS ABSTRAITS, DONT LA STABILITÉ ET LA GÉNÉRALITÉ AFFIRMÉES DOIVENT ÊTRE ÉVALUÉES, N’ÉTANT QU’EXTENSIONS D’IMPRESSIONS PARTICULIÈRES… • LEIBNITZ DISTINGUE LES CONSÉCUTIONS (S’ATTENDRE DE NOUVEAU À CE QUI ÉTAIT JOINT AUTREFOIS) QU’IL OBSERVE COMME DES « OMBRES DE RAISONNEMENT », DES CONNEXIONS D’IMAGINATION, LIÉES EN MÉMOIRE; ET LES RAISONNEMENTS : LA RAISON EST SEULE CAPABLE D’ÉTABLIR DES RÈGLES SÛRES GRÂCE À DES « PRINCIPES INTERNES DE VÉRITÉS NÉCESSAIRES ». C’EST PAR LA PENSÉE ACTIVE QUE SONT SAISIS LES RAPPORTS NÉCESSAIRES INTERNES À LA RÉALITÉ, RAPPORTS À PARTIR DESQUELS IL DEVIENT POSSIBLE D’APPRÉHENDER LE CHANGEMENT AUSSI BIEN QUE LA PERMANENCE. • CES PHILOSOPHES OUVRIRENT LA VOIE AUX TRAVAUX DE PIAGET ET QUELQUES AUTRES PENSEURS DE L’APPRENTISSAGE, DE LA PSYCHOLOGIE DU DÉVELOPPEMENT ET DE L’ÉDUCATION… PHILIPPE CLAUZARD – MCF UNIVERSITE DE LA REUNION/ESPE – 2017
  • 33. DE ROUSSEAU À ITARD • IL Y A 39 ANNÉES QUI SÉPARENT LA PUBLICATION D’ÉMILE OU DE L’ÉDUCATION PAR JEAN-JACQUES ROUSSEAU EN 1762 ET CELLE DU MÉMOIRE SUR LES PREMIERS DÉVELOPPEMENTS DE VICTOR DE L’AVEYRON EN 1801 PAR JEAN ITARD, SUIVI EN 1806 DU RAPPORT SUR LES NOUVEAUX DÉVELOPPEMENTS DE VICTOR DE L'AVEYRON. CES DEUX AUTEURS ABORDENT LE PROCESSUS ÉDUCATIF DANS UN STRICT RAPPORT PERSONNEL ENTRE UN PRÉCEPTEUR ET UN APPRENANT. LES AUTRES ÉLÉMENTS SOCIAUX EXTÉRIEURS NE SONT PAS PRIS EN COMPTE. SES DEUX AUTEURS SE RALLIENT FONDAMENTALEMENT À L’EMPIRISME AVEC TOUTEFOIS QUELQUES CONCESSIONS À LA POSITION ADVERSE. AINSI ROUSSEAU SEMBLE SE RALLIER À DESCARTES POUR QUI LA RAISON EST PRÉSENTE CHEZ L’ENFANT, MAIS ENCORE VOILÉE TANT QUE LE DOUTE SYSTÉMATIQUE N’AURA PAS FAIT SON ŒUVRE. JEAN ITARD AFFIRME QUE L’ÉDUCATION IMPLIQUE UN EXERCICE CONTINUEL DE L’ATTENTION, DE LA MÉMOIRE, DU JUGEMENT, C’EST-À-DIRE DE FACULTÉS QUI SE SUPERPOSENT AUX FACULTÉS DES SENS ET QUE L’ON DOIT DONC PENSER PRÉEXISTANTES OU COEXISTANTES À CES DERNIÈRES. • AVEC CET ENFANT IMAGINAIRE APPELÉ ÉMILE, ROUSSEAU EXPLICITE SON PRINCIPE ÉDUCATIF DE BASE CONSISTANT À S’APPUYER SUR LES ACTIVITÉS ET LEURS FONCTIONS DANS LEUR ÉTAT NATUREL. AU CONTRAIRE ITARD RECHERCHE À SORTIR SON ÉLÈVE DE L’ÉTAT DE SAUVAGERIE ANIMALE OÙ SE TROUVE ENFONCÉ VICTOR. • ROUSSEAU DÉFEND L’IDÉE D’UNE ÉDUCATION « NATURELLE » FONDÉE SUR DES ACTIVITÉS NON ENCORE VICIÉES PAR LA SOCIÉTÉ, SES PRÉJUGÉS, SES MŒURS FACTICES ET SES OPINIONS ERRONÉES. LA PÉDAGOGIE DE ROUSSEAU SE MÉFIE DE L’APPEL AU RAISONNEMENT, IL PRÉFÈRE L’EXPÉRIMENTATION NATURELLE. POUR LUI, IL EST AINSI INUTILE DE FAIRE APPEL AU RAISONNEMENT DE L’ENFANT EN LE PRÉVENANT PAR EXEMPLE DES DANGERS DU FEU DANS LA MESURE QU’IL SUFFIT D’UNE SEULE EXPÉRIENCE DOULOUREUSE POUR QUE L’ENFANT APPRENNE À NE PLUS S’EN APPROCHER. PHILIPPE CLAUZARD – MCF UNIVERSITE DE LA REUNION/ESPE – 2017
  • 34. • EN REVANCHE, ITARD PRIVILÉGIE UNE DÉMARCHE HYPOTHÉTICO-DÉDUCTIVE. IL S’INTERROGE SUR LE DÉVELOPPEMENT DES FONCTIONS INTELLECTUELLES DE SON PETIT VICTOR. IL OBSERVE CES CONDUITES, CE QUI LE CONDUIT À DES HYPOTHÈSES QU’IL VÉRIFIE PAR DES EXPÉRIENCES DONT LES RÉSULTATS À LEUR TOUR CONDUISENT À SE POSER DE NOUVELLES QUESTIONS, À LEUR TOUR MISES À L’ÉPREUVE PAR DES NOUVELLES EXPÉRIMENTATIONS ADÉQUATES.
  • 35. DES THÉORIES DE L’APPRENTISSAGE À DES LOIS DU DÉVELOPPEMENT HUMAIN • Les théories de l’apprentissage tendent de nos jours à laisser place à des théories du développement humain. On parle plutôt de développement que d’apprentissage, car un changement de focale s’est produit. On s’intéresse plus seulement à l’apprentissage des enfants, également à celui des adultes, tant la formation professionnelle et continue, tant l’apprentissage, tout au long de la vie, est devenu un nouvel enjeu sociétal de grande importance. • L’enseignement comme la formation est un processus de transmission culturelle qui engendre le développement de capacités mentales, non encore maîtrisées. Les apprenants construisent ces capacités mentales par un apprentissage d’outils spécifiques qui sont constitutifs des œuvres humaines. Ces outils sont littéraires, scientifiques, artistiques… • L’instrument psychologique qu’est le langage est essentiel au développement de la pensée. L’appropriation du langage permet le développement mental, transforme l’individu. • Si pour Piaget, il ne peut avoir d’apprentissage que si un niveau de développement est atteint, si est une maturité intellectuelle est suffisante, pour Vygotski, c’est l’apprentissage qui entraîne du développement. Et non l’inverse. • Selon P. Pastré, développement et apprentissage vont de pair, ils sont en quelque sorte simultanés. On apprend de son action passée bien plus que lorsqu’on réfléchit dans le feu de l’action. Cela étant, cet apprentissage produit du développement professionnel ou personnel, il transforme l’individu qui n’agira plus de la même manière après un débriefing sur les actions effectuées. PHILIPPE CLAUZARD – MCF UNIVERSITE DE LA REUNION/ESPE – 2017
  • 36. 6 OPTIONS PSYCHOLOGIQUES DANS LE CHAMP DE LA PSYCHOLOGIE DE L’ÉDUCATION • LA PSYCHOLOGIE A ÉTÉ DOMINÉE PENDANT PLUSIEURS DÉCENNIES PAR LE MODÈLE BEHAVIORISTE QUI S’INTÉRESSE ESSENTIELLEMENT AUX COMPORTEMENTS D’APPRENTISSAGE OBSERVABLES. • MAIS L’APPROCHE COGNITIVISTE QUI, À L’INVERSE, ÉTUDIE LES PROCESSUS MENTAUX ET LE TRAITEMENT DE L’INFORMATION, A PROGRESSIVEMENT GAGNÉ DU TERRAIN, JUSQU’À DEVENIR LE MODÈLE TRIOMPHANT DE CETTE FIN DE SIÈCLE. • VOYONS 6 TYPES DE PSYCHOLOGIE AYANT MARQUÉ LE SIÈCLE DERNIER. • LA PSYCHOLOGIE BEHAVIORISTE • LA PSYCHOLOGIE DE LA FORME • LA PSYCHOLOGIE COGNITIVISTE • LA PSYCHOLOGIE SOCIALE • LA PSYCHOLOGIE DU DÉVELOPPEMENT • LA PSYCHOLOGIE CULTURELLE PHILIPPE CLAUZARD – MCF UNIVERSITE DE LA REUNION/ESPE – 2017
  • 37. LA PSYCHOLOGIE BEHAVIORISTE • LE BEHAVIORISME A LARGEMENT DOMINÉ LES RECHERCHES EN PSYCHOLOGIE, DE LA PREMIÈRE GUERRE MONDIALE À LA FIN DE LA SECONDE. • LE BÉHAVIORISME OU COMPORTEMENTALISME EST UNE APPROCHE PSYCHOLOGIQUE QUI CONSISTE AVANT TOUT À SE CONCENTRER SUR LE COMPORTEMENT OBSERVABLE DÉTERMINÉ PAR L'ENVIRONNEMENT ET L'HISTOIRE DES INTERACTIONS DE L'INDIVIDU AVEC SON MILIEU. • L'APPRENTISSAGE Y EST DÉCRIT COMME UNE MODIFICATION DU COMPORTEMENT OBSERVABLE, PROVOQUÉ PAR LES STIMULI VENANT DE L’ENVIRONNEMENT, UNE MODIFICATION EN RÉPONSE ASSOCIÉE À DES STIMULI EXTÉRIEURS (ENVIRONNEMENT EXTERNE) OU À DES STIMULI INTÉRIEURS (ENVIRONNEMENT INTERNE) SUR L'ORGANISME. (CF. LE CHIEN DE PAVLOV/OS-CLOCHE-SALIVATION) • SELON CETTE APPROCHE, L’APPRENTISSAGE EST UNE MODIFICATION DU COMPORTEMENT. • C’EST SURTOUT LE PSYCHOLOGUE AMÉRICAIN BURRHUS F. SKINNER (1904- 1990) QUI A DÉVELOPPÉ CETTE APPROCHE ET EN A TIRÉ UNE PRATIQUE PÉDAGOGIQUE. • L’APPRENTISSAGE PEUT ÊTRE OBTENU PAR L’UTILISATION DE RÉCOMPENSES APPELÉES « RENFORCEMENTS POSITIFS » (EX. : NOURRITURE CHEZ LE RAT DE LABORATOIRE, BONNES NOTES CHEZ L’ÉLÈVE) ET DE PUNITIONS APPELÉES « RENFORCEMENTS NÉGATIFS » (EX. : CHOC ÉLECTRIQUE CHEZ LE RAT, MAUVAISES NOTES CHEZ L’ÉLÈVE). • L’INDIVIDU ADOPTE UN COMPORTEMENT LUI PERMETTANT D’ÉVITER LES RENFORCEMENTS NÉGATIFS ET D’AUGMENTER LA PROBABILITÉ DE SURVENUE DE RENFORCEMENTS POSITIFS. • CETTE PROCÉDURE S’APPELLE « CONDITIONNEMENT OPÉRANT ». SKINNER A CRITIQUÉ LE MODE D’ENSEIGNEMENT TRADITIONNEL, ESSENTIELLEMENT FONDÉ SUR DES RENFORCEMENTS NÉGATIFS, ET A PROPOSÉ DE REMPLACER CEUX-CI PAR DES RENFORCEMENTS POSITIFS. SA THÉORIE EST À L’ORIGINE DE L’« ENSEIGNEMENT PROGRAMMÉ ». Philippe Clauzard, MCF Université de la Réunion / ESPE - 2017
  • 38. LA PSYCHOLOGIE DE LA FORME • AU COURS DE LA PÉRIODE 1930-1960, LES THÉORICIENS DE LA PSYCHOLOGIE DE LA FORME (OU GESTALTISTES) SE SONT RADICALEMENT OPPOSÉS AUX BEHAVIORISTES. • DES EXPÉRIENCES EFFECTUÉES AVEC DES SINGES METTENT EN ÉVIDENCE QUE LA RÉSOLUTION D’UN PROBLÈME NE RÉSULTE PAS DE SIMPLES CONDITIONNEMENTS, MAIS SUPPOSE ÉGALEMENT LA COMPRÉHENSION DE SCHÈMES D’ACTION COMPLEXES ARTICULÉS ENTRE EUX. • PAR EXEMPLE, WOLFANG KÖHLER A OBSERVÉ COMMENT LES CHIMPANZÉS APPRENAIENT À ATTRAPER DES BANANES SITUÉES À L’EXTÉRIEUR DE LEUR CAGE, GRÂCE À UN BÂTON. C’ÉTAIT LE FRUIT D’UNE PÉRIODE DE TÂTONNEMENTS, D’UNE PHASE TRÈS COURTE DE RÉFLEXION, PUIS D’UNE SOUDAINE COMPRÉHENSION (INSIGHT) DE LA SOLUTION. • MAX WERTHEIMER A EXPLIQUÉ QUE LES APPRENTISSAGES PROPOSÉS AUX ÉLÈVES DANS LES ÉCOLES SONT ENNUYEUX ET NE FONT PAS ASSEZ APPEL À LA COMPRÉHENSION PAR INSIGHT ET DONC À UNE PENSÉE VÉRITABLEMENT CRÉATRICE. • LA PSYCHOLOGIE DE LA FORME OU GESTALTISME EST UNE THÉORIE PSYCHOLOGIQUE, PHILOSOPHIQUE ET BIOLOGIQUE, SELON LAQUELLE LES PROCESSUS DE LA PERCEPTION ET DE LA REPRÉSENTATION MENTALE TRAITENT SPONTANÉMENT LES PHÉNOMÈNES COMME DES ENSEMBLES STRUCTURÉS (LES FORMES) ET NON COMME UNE SIMPLE ADDITION OU JUXTAPOSITION D'ÉLÉMENTS. • LA THÉORIE GESTALTISTE, PROPOSÉE AU DÉBUT DU XXE SIÈCLE NOTAMMENT PAR CHRISTIAN VON EHRENFELS, SE BASE SUR TROIS POSTULATS. PREMIÈREMENT, LES ACTIVITÉS PSYCHIQUES ONT LIEU DANS UN SYSTÈME COMPLEXE ET OUVERT, DANS LEQUEL CHAQUE SYSTÈME PARTIEL EST DÉTERMINÉ PAR SA RELATION À SES MÉTA-SYSTÈMES. DEUXIÈMEMENT, LA THÉORIE GESTALTISTE DÉFINIT UN SYSTÈME COMME UNE UNITÉ DYNAMIQUE À PARTIR DES RELATIONS ENTRE SES ÉLÉMENTS PSYCHOLOGIQUES. TROISIÈMEMENT, À LA SUITE DE CERTAINS AMENDEMENTS THÉORIQUES SUR LE DYNAMISME MENTAL, ON POSTULE QU'UN SYSTÈME MONTRE LA TENDANCE VERS UNE HARMONIE ENTRE TOUTES SES QUALITÉS POUR PERMETTRE UNE PERCEPTION OU CONCEPTION CONCISE ET CLAIRE, LA « BONNE FORME ». • LE GESTALTISME EST CONSIDÉRÉ COMME UNE FORME PRÉCOCE ET L'UNE DES PRINCIPALES SOURCES, AVEC LA LINGUISTIQUE SAUSSURIENNE, DU COURANT INTELLECTUEL STRUCTURALISTE QUI SE GÉNÉRALISE AU MILIEU DU XXE SIÈCLE. ILS PARTAGENT POUR L'ESSENTIEL LES MÊMES PRINCIPES MÉTHODOLOGIQUES : HOLISME, INTÉRÊT POUR LES RELATIONS ENTRE UNITÉS ÉLÉMENTAIRES, CARACTÈRE NON CONSCIENT DU MODÈLE THÉORIQUE. PHILIPPE CLAUZARD – MCF UNIVERSITE DE LA REUNION/ESPE – 2017
  • 39. LA PSYCHOLOGIE COGNITIVE • LA PSYCHOLOGIE COGNITIVE, QUI S’EST DÉVELOPPÉE À PARTIR DES ANNÉES 1960, A PROGRESSIVEMENT DÉTRÔNÉ LA THÉORIE BEHAVIORISTE. LES PSYCHOLOGUES COGNITIVISTES TENTENT DE COMPRENDRE CE QUI SE PASSE DANS LA « BOÎTE NOIRE » DU PSYCHISME HUMAIN. LE SUJET NE SE CONTENTE PAS D’ASSIMILER DES DONNÉES BRUTES ; IL LES SÉLECTIONNE ET LES MET EN FORME. DES SPÉCIALISTES DE DIVERSES DISCIPLINES (NEURO SCIENCES, INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, LINGUISTIQUE…) S’ASSOCIENT DANS CE PROGRAMME DE RECHERCHE. • NOMBREUX SONT LES DOMAINES EXPLORÉS PAR LA PSYCHOLOGIE COGNITIVE • 1. LA PERCEPTION : LE CERVEAU FAIT UN TRI PARMI LA MASSE CONSIDÉRABLE DE DONNÉES ISSUES DE L’INFORMATION. CE FILTRE EST NÉCESSAIRE, IL MARQUE LA DIFFÉRENCE ENTRE VOIR ET REGARDER, ENTENDRE ET ÉCOUTER. • 2. LA MÉMOIRE : LES TRAVAUX DE PSYCHOLOGIE COGNITIVE ONT MIS EN ÉVIDENCE QUE LA MÉMOIRE COMPORTE DE MULTIPLES FACETTES. ON A AINSI JUXTAPOSÉ MÉMOIRE À COURT TERME (UTILE, PAR EXEMPLE, POUR SE SOUVENIR DU NUMÉRO DE TÉLÉPHONE QUE L’ON DOIT COMPOSER) ET MÉMOIRE À LONG TERME. LA MÉMOIRE À COURT TERME, INITIALEMENT CONSIDÉRÉE COMME UN RÉCEPTACLE PASSIF, EST EN FAIT ASSEZ COMPLEXE ET A DONC ÉTÉ NOMMÉE MÉMOIRE DE TRAVAIL. ON DISTINGUE ÉGALEMENT LA MÉMOIRE LEXICALE (QUI SE RATTACHE AU « PAR CŒUR ») ET LA MÉMOIRE SÉMANTIQUE (QUI CONCERNE LE SENS DES MOTS) • 3. LES REPRÉSENTATIONS : NOUS NOUS FORGEONS, AU IL DES ANS, UNE REPRÉSENTATION DU MONDE ENVIRONNANT, PARFOIS ÉLOIGNÉE DE LA RÉALITÉ. CE COURANT DE RECHERCHE REJOINT LA PSYCHOLOGIE DE L’APPRENTISSAGE. EN EFFET, CERTAINS AUTEURS CONSIDÈRENT QUE L’ENSEIGNANT DOIT TENIR COMPTE DES REPRÉSENTATIONS DE L’ÉLÈVE AFIN DE CONFRONTER JUDICIEUSEMENT CE DERNIER AVEC DES INFORMATIONS NOUVELLES EN VUE D’UN CHANGEMENT DE CONCEPTIONS.
  • 40. LA PSYCHOLOGIE COGNITIVE • 4. LA RÉSOLUTION DE PROBLÈMES : LA PSYCHOLOGIE COGNITIVE A MONTRÉ QUE DEUX TYPES DE STRATÉGIES PEUVENT ÊTRE UTILISÉS POUR RÉSOUDRE UN PROBLÈME. DANS L’UN, LE SUJET PART DU BUT À ATTEINDRE ET LE DÉCOMPOSE EN SOUS-BUTS SUCCESSIFS. DANS L’AUTRE, LE SUJET DÉDUIT (EN GÉNÉRAL PAR ANALOGIE AVEC UNE SITUATION CONNUE) UN PLAN D’ACTION, PUIS S’APPROCHE DE LA SOLUTION PAR CORRECTIONS SUCCESSIVES. • DEPUIS LES ANNÉES 1990, LA PSYCHOLOGIE COGNITIVE S’ÉLARGIT ET SE COMPLEXIFIE À LA FAVEUR DES DÉCOUVERTES DES NEUROSCIENCES, À TOUS LES DOMAINES TOUCHANT LA PENSÉE, LA CONNAISSANCE. • JEAN PIAGET (1896-1980) AFFIRME QU’AU COURS DE SON DÉVELOPPEMENT INTELLECTUEL, L’ENFANT PASSE PAR DIFFÉRENTS STADES : • – L’INTELLIGENCE SENSORI-MOTRICE (DE LA NAISSANCE À DEUX ANS), CARACTÉRISÉE PAR LA DÉCOUVERTE DE L’ESPACE, DES OBJETS ET DES ÊTRES, À TRAVERS LA PERCEPTION ET LE MOUVEMENT ; • – L’INTELLIGENCE PRÉLOGIQUE OU SYMBOLIQUE (DEUX ANS À SEPT-HUIT ANS), AVEC LAQUELLE L’ENFANT COMMENCE À ÉLABORER DES REPRÉSENTATIONS MENTALES. IL PEUT JOUER À DES JEUX DE FICTION (PAR EXEMPLE LA DÎNETTE AVEC DES HERBES COMME ALIMENTS) ; • – L’INTELLIGENCE OPÉRATOIRE CONCRÈTE (SEPT-HUIT ANS À ONZE-DOUZE ANS) ; AU COURS DE CE STADE, L’ENFANT ACQUIERT LA NOTION FONDAMENTALE DE CONSERVATION (DE POIDS, DE VOLUME) : IL COMPREND QU’UN LIQUIDE GARDE LA MÊME QUANTITÉ SI ON LE TRANSVASE D’UN VERRE LARGE DANS UN AUTRE PLUS ÉTROIT (ALORS QUE DANS CE DERNIER CAS, LE NIVEAU EST PLUS ÉLEVÉ) ; • – L’INTELLIGENCE OPÉRATOIRE OU FORMELLE (À PARTIR DE DOUZE ANS), QUI CONSACRE L’ACCÈS VÉRITABLE À L’ABSTRACTION ; L’ENFANT EST CAPABLE DE RAISONNER SUR UN PROBLÈME EN POSANT DES HYPOTHÈSES A PRIORI. • SELON PIAGET, CETTE SÉQUENCE EST À LA FOIS DÉTERMINÉE GÉNÉTIQUEMENT ET DÉPENDANTE DE L’ACTIVITÉ DU SUJET SUR SON ENVIRONNEMENT. • L’INTELLIGENCE SE CONSTRUIT GRÂCE AU PROCESSUS D’ÉQUILIBRATION DES STRUCTURES COGNITIVES, EN RÉPONSE AUX SOLLICITATIONS ET AUX CONTRAINTES DE L’ENVIRONNEMENT. • DEUX ACTIONS Y CONTRIBUENT, L’ASSIMILATION ET L’ACCOMMODATION. L’ASSIMILATION EST L’ACTION DE L’INDIVIDU SUR LES OBJETS QUI L’ENTOURENT, EN FONCTION DES CONNAISSANCES ET DES APTITUDES ACQUISES PAR LE SUJET. MAIS IL Y A INVERSEMENT UNE ACTION DU MILIEU SUR L’ORGANISME, APPELÉE ACCOMMODATION, QUI DÉCLENCHE DES AJUSTEMENTS ACTIFS CHEZ CE DERNIER. ON APPELLE « CONSTRUCTIVISME » CETTE APPROCHE BASÉE SUR L’INTER ACTION SUJET-ENVIRONNEMENT. PHILIPPE CLAUZARD – MCF UNIVERSITE DE LA REUNION/ESPE – 2017
  • 41. LA PSYCHOLOGIE SOCIALE • LE PSYCHOLOGUE ALBERT BANDURA EST À L’ORIGINE DE LA THÉORIE DE L’« APPRENTISSAGE SOCIAL », PROCESSUS QUI N’EST PAS CONFINÉ AU CADRE SCOLAIRE, MAIS CONCERNE DE MULTIPLES SITUATIONS DE LA VIE QUOTIDIENNE. LE TERME D’APPRENTISSAGE SOCIAL DÉSIGNE TROIS PROCÉDURES D’ACQUISITION QUI ONT LEUR SOURCE DANS L’ENTOURAGE DE L’INDIVIDU : • – L’APPRENTISSAGE IMITATIF OU « VICARIANT » RÉSULTE DE L’OBSERVATION D’UN CONGÉNÈRE QUI EXÉCUTE LE COMPORTEMENT À ACQUÉRIR. BANDURA S’EST PARTICULIÈREMENT INTÉRESSÉ À L’AGRESSION. SELON LUI, UNE BONNE PART DES COMPORTEMENTS AGRESSIFS SONT APPRIS PAR IMITATION DE MODÈLES TELS QUE LES PARENTS ET LES PAIRS. IL A MENÉ DE NOMBREUSES EXPÉRIENCES DANS LESQUELLES DES ENFANTS FRAPPENT UNE POUPÉE EN TISSU S’ILS ONT AUPARAVANT VU UN PETIT FILM DANS LEQUEL UN ENFANT AGIT AINSI SANS ÊTRE ENSUITE RÉPRIMANDÉ ; • – LA FACILITATION SOCIALE DÉSIGNE L’AMÉLIORATION DE LA PERFORMANCE DE L’INDIVIDU SOUS L’EFFET DE LA PRÉSENCE D’UN OU PLUSIEURS OBSERVATEURS ; • – L’ANTICIPATION COGNITIVE EST L’INTÉGRATION D’UNE RÉPONSE PAR RAISONNEMENT À PARTIR DE SITUATIONS SIMILAIRES. • LA PSYCHOLOGIE SOCIALE EST L'ÉTUDE SCIENTIFIQUE DE LA FAÇON DONT LES PENSÉES, LES SENTIMENTS ET LES COMPORTEMENTS DES GENS SONT INFLUENCÉS PAR LA PRÉSENCE RÉELLE, IMAGINAIRE OU IMPLICITE DES AUTRES. DANS CETTE DÉFINITION « SCIENTIFIQUE » SE RÉFÈRE À LA MÉTHODE EMPIRIQUE DE L'ENQUÊTE. LES TERMES DE PENSÉES, DE SENTIMENTS ET DE COMPORTEMENTS COMPRENNENT TOUTES LES VARIABLES PSYCHOLOGIQUES QUI SONT MESURABLES CHEZ UN ÊTRE HUMAIN. • L'AFFIRMATION SELON LAQUELLE LA PRÉSENCE D'AUTRUI PEUT-ÊTRE IMAGINÉE OU IMPLICITE SUGGÈRE QUE NOUS SOMMES ENCLINS À L'INFLUENCE SOCIALE, MÊME LORSQUE NOUS SOMMES SEULS, COMME LORSQU'ON REGARDE LA TÉLÉVISION OU PAR L’INTERMÉDIAIRE DE NORMES CULTURELLES INTÉRIORISÉES. • LES PSYCHOLOGUES SOCIAUX EXPLIQUENT GÉNÉRALEMENT LES COMPORTEMENTS HUMAINS PAR L'INTERACTION ENTRE LES ÉTATS MENTAUX ET LES SITUATIONS SOCIALES IMMÉDIATES. • EN GÉNÉRAL, LES PSYCHOLOGUES SOCIAUX ONT UNE PRÉFÉRENCE POUR LES RÉSULTATS EMPIRIQUES DE LABORATOIRE. LES THÉORIES DE PSYCHOLOGIE SOCIALE ONT TENDANCE À ÊTRE SPÉCIFIQUES ET CIBLÉES, PLUTÔT QUE GLOBALES ET GÉNÉRALES. PHILIPPE CLAUZARD – MCF UNIVERSITE DE LA REUNION/ESPE – 2017
  • 42. LA PSYCHOLOGIE DU DÉVELOPPEMENT • PSYCHOLOGUE, PENSEUR RUSSE, CONTEMPORAIN DE PIAGET, LEV S. VYGOTSKY (1896-1934) EST CONNU POUR SES RECHERCHES EN PSYCHOLOGIE DU DÉVELOPPEMENT ET SA THÉORIE HISTORICO-CULTURELLE DU PSYCHISME. IL A ÉLABORÉ UNE THÉORIE INTERACTIONNISTE DE L’APPRENTISSAGE, MAIS QUI INSISTE SURTOUT SUR LA COMPOSANTE SOCIALE. « DANS NOTRE CONCEPTION, DIT-IL, LA VRAIE DIRECTION DE LA PENSÉE NE VA PAS DE L’INDIVIDUEL AU SOCIAL, MAIS DU SOCIAL À L’INDIVIDUEL. » • SELON LUI, LA PENSÉE ET LA CONSCIENCE SONT DÉTERMINÉES PAR LES ACTIVITÉS RÉALISÉES AVEC DES CONGÉNÈRES DANS UN ENVIRONNEMENT SOCIAL DÉTERMINÉ. • IL CONSIDÈRE QUE CHAQUE FONCTION SUPÉRIEURE APPARAÎT DEUX FOIS AU COURS DU DÉVELOPPEMENT DE L’ENFANT : TOUT D’ABORD DANS UNE ACTIVITÉ COLLECTIVE SOUTENUE PAR L’ADULTE ET LE GROUPE SOCIAL ; DANS UN DEUXIÈME TEMPS, LORS D’UNE ACTIVITÉ INDIVIDUELLE, ET ELLE DEVIENT ALORS UNE PROPRIÉTÉ INTÉRIORISÉE DE L’ENFANT. • LE RÔLE DE L’ENSEIGNANT EST IMPORTANT PUISQUE « CE QUE L’ENFANT EST EN MESURE DE FAIRE AUJOURD’HUI À L’AIDE DES ADULTES, IL POURRA L’ACCOMPLIR SEUL DEMAIN ». LA DISTANCE ENTRE CE QUE L’ENFANT PEUT EFFECTUER SEUL ET CE QU’IL PEUT FAIRE AVEC L’AIDE D’UN ADULTE EST LA « ZONE PROXIMALE DE DÉVELOPPEMENT », ESPACE SUR LEQUEL L’APPRENTISSAGE DOIT S’EFFECTUER. C’EST L’ESPACE DU POTENTIEL D’APPRENTISSAGE. LA ZPD EST DONC TOUT CE QUE L’ENFANT PEUT MAÎTRISER QUAND UNE AIDE APPROPRIÉE LUI EST DONNÉE. • VYGOTSKI DIT QUE L'INTELLIGENCE SE DÉVELOPPERAIT GRÂCE À CERTAINS OUTILS PSYCHOLOGIQUES QUE L'ENFANT TROUVERAIT DANS SON ENVIRONNEMENT PARMI LESQUELS LE LANGAGE (OUTIL FONDAMENTAL). AINSI, L'ACTIVITÉ PRATIQUE SERAIT INTÉRIORISÉE EN ACTIVITÉS MENTALES DE PLUS EN PLUS COMPLEXES GRÂCE AUX MOTS, SOURCE DE LA FORMATION DES CONCEPTS. • POUR VYGOTSKI, LE LANGAGE DIT « ÉGOCENTRIQUE » DE L'ENFANT A UN CARACTÈRE SOCIAL ET SE TRANSFORMERA ENSUITE EN LANGAGE DIT « INTÉRIEUR » CHEZ L'ADULTE ET SERAIT UN MÉDIATEUR NÉCESSAIRE DANS LE DÉVELOPPEMENT ET LE FONCTIONNEMENT DE LA PENSÉE. • SES CONTRIBUTIONS SONT ESTIMÉES ACTUELLEMENT PAR LES TENANTS DU CONSTRUCTIVISME SOCIAL COMME PRIMORDIALES DANS L'ÉVOLUTION DE NOTRE COMPRÉHENSION DU DÉVELOPPEMENT DE L'ENFANT. PHILIPPE CLAUZARD – MCF UNIVERSITE DE LA REUNION/ESPE – 2017
  • 43. LA PSYCHOLOGIE CULTURELLE • JEROME BRUNER DONT LE TRAVAIL PORTE EN PARTICULIER SUR LA PSYCHOLOGIE DE L'ÉDUCATION FUT L’UN DES PREMIERS DÉCOUVREURS DE « PENSÉE ET LANGAGE » DE LEV VYGOTSKI. LES IDÉES DE BRUNER SE FONDENT SUR LA CATÉGORISATION, OU « COMPRENDRE COMMENT L’HOMME CONSTRUIT SON MONDE », PARTANT DU PRINCIPE QUE L'HOMME INTERPRÈTE LE MONDE EN TERMES DE RESSEMBLANCES ET DIFFÉRENCES. • POUR BRUNER, LA MÉDIATION SOCIALE LORS DES CONDUITES D'ENSEIGNEMENT-APPRENTISSAGE (INTERACTION DE TUTELLE) S'EXERCE SUR UN MODE COMMUNICATIONNEL (DIALOGIQUE). IL INTRODUIT DEUX CONCEPTS CLEFS RENDANT COMPTE DES PROCESSUS DE RÉGULATION DANS CES INTERACTIONS DE TUTELLE, CELUI D'« ÉTAYAGE » ET DE « FORMAT ». LES INTERACTIONS DE TUTELLE ENTRE UN ADULTE ET UN ENFANT FORMENT UN PROCESSUS GRÂCE AUQUEL L'ADULTE ESSAYE D'AMENER L'ENFANT À RÉSOUDRE UN PROBLÈME QU'IL NE SAIT RÉSOUDRE SEUL. LES PROCESSUS D'ÉTAYAGE PERMETTENT LA MISE EN PLACE DE FORMATS (FORMES RÉGULATRICES DES ÉCHANGES) ET L'ADULTE GUIDE L'ENFANT POUR QU'IL SE CONFORME À CES FORMES STANDARDISÉES, À CES PATTERNS D'ÉCHANGES RÉGULIERS ET RITUALISÉS. C'EST À L'INTÉRIEUR DE CES FORMES QUE L'ENFANT, GRÂCE À L'ÉTAYAGE DE L'ADULTE, POURRA S'AUTONOMISER VERS DES CONDUITES DE RÉSOLUTIONS. L'ÉTAYAGE DÉSIGNE L'ENSEMBLE DES INTERACTIONS D'ASSISTANCE DE L'ADULTE EN DIRECTION DE L’APPRENANT.C’EST L’UN DES PÈRES FONDATEURS DE LA PSYCHOLOGIE COGNITIVE. EN 1956, IL PUBLIE L’OUVRAGE A STUDY OF THINKING QUI PORTE SUR LA CATÉGORISATION ET L’ACQUISITION DES CONCEPTS. À UNE ÉPOQUE OÙ DOMINE LA VISION BEHAVIORISTE (QUI S’INTÉRESSE EXCLUSIVEMENT AUX COMPORTEMENTS), IL MONTRE QUE LES SUJETS METTENT EN ŒUVRE DES STRATÉGIES MENTALES AFIN DE RÉSOUDRE ACTIVEMENT DES PROBLÈMES. L’OUVRAGE BOULEVERSE UNE TRADITION BIEN ANCRÉE ET OUVRE DE NOUVELLES VOIES DE RECHERCHE, QUI CONDUIRONT À L’ÉMERGENCE ET AU RENOUVELLEMENT DE LA PSYCHOLOGIE COGNITIVE. • DANS L’ÉDUCATION, ENTRÉE DANS LA CULTURE ; LES PROBLÈMES DE L’ÉCOLE À LA LUMIÈRE DE LA PSYCHOLOGIE CULTURELLE, RETZ, 1996. BRUNER APPLIQUE À L’ÉDUCATION SES RÉFLEXIONS SUR LA PSYCHOLOGIE CULTURELLE. SELON LUI, L’ÉDUCATION NE PEUT ÊTRE RÉDUITE À UN PROCESSUS DE TRAITEMENT DE L’INFORMATION, MAIS DOIT AUSSI AIDER L’ÉLÈVE À CONSTRUIRE DU SENS ET LUI PERMETTRE AINSI DE S’INTÉGRER À LA CULTURE DONT IL DÉPEND. POUR LUI LE SENS DES CHOSES NE SE CONSTRUIT PAS DANS LE CERVEAU, MAIS EST DONNÉ PAR LA CULTURE. IL CRITIQUE FORTEMENT LA MÉTAPHORE DE L'ORDINATEUR ISSUE DES THÉORIES DU TRAITEMENT DE L'INFORMATION ET DE L'INTELLIGENCE ARTIFICIELLE. LE SENS PRÉCÈDE LE MESSAGE, IL PRÉEXISTE. COMMENT L'ORDINATEUR FAIT-IL POUR TRAITER DES MOTS QUI ONT PLUSIEURS SENS, DIT-IL ? PhilippeClauzard,MCFUniversitédelaRéunion/ESPE-2017 PHILIPPE CLAUZARD – MCF UNIVERSITE DE LA REUNION/ESPE – 2017
  • 44. GUIDE DE RÉFLEXION POUR LE JDA • QU’AVEZ-VOUS RETENU DU COURS ? • QU’AVEZ-VOUS COMPRIS ? • QU’EST-CE QUI A ÉTÉ IMPORTANT POUR VOUS DANS CE COURS ? • QUELLE RÉSONANCE PAR RAPPORT À VOS OBSERVATIONS DE TERRAIN, VOS REPRÉSENTATIONS PERSONNELLES ? • QUEL SENS CELA FAIT-IL POUR VOUS? • QU’EST-CE QUI A CHANGÉ CHEZ VOUS (REPRÉSENTATIONS, FAÇON D’AGIR…) ? • QUE POURRIEZ-VOUS EN FAIRE ? • EN QUOI LES THÉORIES OU LES VÉCUS PERMETTENT-ILS DE REVISITER VOS PRATIQUES OU CELLES DES AUTRES? • QUELLES TRANSPOSITIONS PEUT-ON FAIRE? QUELS LIENS AVEC D’AUTRES SAVOIRS ? • QUELLES RÉFLEXIONS, IDÉES, CRITIQUES (POSITIVES/NÉGATIVES) PROVOQUENT CE COURS? • QUELLES PRISES DE CONSCIENCE? QUELS COMMENTAIRES PERSONNELS?