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                                                                    Partie I




La planification de programmes de
lutte contre le paludisme
Guide du stagiaire




                     Organisation mondiale de la Santé
                     VIH/SIDA, tuberculose et paludisme
                          Faire reculer le paludisme

                                Juillet 2003


                     Edition Provisoire
© Organisation mondiale de la Santé 2003


Tous droits réservés.

Le présent produit d’information sanitaire est destiné à un public restreint seulement. Il ne
peut être commenté, résumé, cité, reproduit, transmis, distribué, traduit ou adapté,
partiellement ou en totalité, sous quelque forme ou par quelque moyen que ce soit.

Les appellations employées dans la présente publication et la présentation des données qui y
figurent n’impliquent de la part de l’Organisation mondiale de la Santé aucune prise de
position quant au statut juridique des pays, territoires, villes ou zones, ou de leurs autorités, ni
quant au tracé de leurs frontières ou limites. Les lignes en pointillé sur les cartes représentent
des frontières approximatives dont le tracé peut ne pas avoir fait l’objet d’un accord définitif.

La mention de firmes ou de produits commerciaux n’implique pas que ces firmes et produits
commerciaux sont agréés ou recommandés par l’Organisation mondiale de la Santé, de
préférence à d’autres. Sauf erreur ou omission, une majuscule initiale indique qu’il s’agit
d’un nom déposé.

L’Organisation mondiale de la Santé ne garantit pas l’exhaustivité et l’exactitude des
informations contenues dans le présent produit d’information sanitaire et ne saurait être tenue
responsable de tout préjudice subi à la suite de leur utilisation.
Table des Matières


                                                    Table des Matières
Préface.............................................................................................................................................. iii

Remerciements ................................................................................................................................ vii

Introduction ...................................................................................................................................... ix

Unité d'apprentissages

   1. Introduction à la planification et principes de base de la lutte contre le paludisme................ 3

   2. Rédaction du plan.................................................................................................................. 11

   3. Analyse de la situation et investigation des problèmes liés au paludisme ............................ 17

   4. Stratification .......................................................................................................................... 29

   5. Sélection des mesures de lutte antipaludique........................................................................ 39

   6. Formulation d’objectifs de réduction de la maladie.............................................................. 53

   7. Développement des éléments techniques stratégiques
      destinés à la réalisation des objectifs ..................................................................................... 59

   8. Fixation des cibles opérationnelles ....................................................................................... 67

   9. Activités d’appui au programme et les étapes....................................................................... 71

   10. Budgétisation du programme ................................................................................................ 75

   11. Sélection et définition des méthodes d’évaluation dans la lutte antipaludique..................... 81

   12. L’approche "recherche et développement" ........................................................................... 91

   13. Cadre général pour la gestion du programme ....................................................................... 97

Annexes

3.1 Estimation du poids représenté par le paludisme en tant que maladie,
    y compris les coûts ................................................................................................................ 111

3.2 Développement et mise en œuvre d’une politique nationale des médicaments
    antipaludiques......................................................................................................................... 115

4.1 A propos de la cartographie de la santé.................................................................................. 121

4.2 Liste des caractéristiques essentielles des programmes moderne de lutte ............................. 125

5.1 Action possibles contre les vecteurs....................................................................................... 127


                                                                      -i-
La planification de programmes de lutte contre le paludisme                                                  Guide du Stagiaire




5.2     Caractéristiques de certaines interventions de lutte antipaludique........................................ 135

5.3     Evolution de la stratégie de lutte antipaludique .................................................................... 139

10.1 Eléments du budget ............................................................................................................... 141

11.1 Mesures et indicateurs........................................................................................................... 149

12.1 Suggestions pour écrire un protocole de recherche............................................................... 159

12.2 Lecture critique de publications scientifiques....................................................................... 165

13.1 Directives pour développer un plan de mise en œuvre ......................................................... 171




                                                             - ii -
Préface




Préface
De nos jours, le paludisme est la maladie parasitaire tropicale de loin la plus répandue. Elle
menace au moins quatre personne sur dix dans le monde.
C’est une maladie tueuse, particulièrement en Afrique tropicale où surviennent 90% des cas
mondiaux.
Dans les pays endémiques , cette maladie doit être contrôlée car elle mine l’état de santé
général et le bien-être des familles ; en effet elle affaiblit les populations et épuise les
ressources économiques des pays et des gens.
Dans chaque pays, les services de santé nationaux doivent être de premier ordre pour être
capables de gérer le paludisme comme un problème de santé prioritaire et les communautés
doivent être bien soutenues afin de pouvoir prendre des mesures préventives. Il est nécessaire
de mettre en place des systèmes qui réfèrent très vite le patient dont l’état le nécessite, qui
surveillent l’efficacité des médicaments, qui identifient rapidement des tendances
épidémiologiques inhabituelles, qui gèrent les épidémies et qui maintiennent les travailleurs
de santé à jour et en alerte.
Durant les années 90, l’Organisation mondiale de la Santé a développé une Stratégie
Mondiale de Lutte contre le Paludisme qui a été adoptée, en 1992, à la Conférence
Ministérielle sur le Paludisme, tenue à Amsterdam. Cette stratégie a été ensuite avalisée par
l’Assemblée Mondiale de la Santé en 1993 et par l’Assemblée Générale des Nations Unies
l’année suivante (1994). Les chefs d’états et de gouvernements de l’Organisation de l’Unité
Africaine, composée de 53 pays, ont pleinement soutenu la stratégie mondiale qui a culminé
(1997) dans la Déclaration d’Harare sur la Prévention et la Lutte contre le Paludisme dans le
contexte du Redressement et du Développement de l’économie africaine.
La Stratégie Mondiale se compose des quatre éléments fondamentaux suivants :
   Ø le diagnostic précoce et le traitement rapide,
   Ø la planification et la mise en œuvre de mesures de prévention sélectives et durables, y
     compris une action antivectorielle,
   Ø la détection rapide des épidémies et les mesures permettant de les circonscrire
     rapidement,
    Ø le renforcement des capacités locales dans le domaine de la recherche fondamentale et
        appliquée afin de permettre et d’encourager la réévaluation régulière de la situation du
        paludisme dans les pays et, en particulier, les déterminants écologiques, sociaux et
        économiques de la maladie.
Ces éléments de base forment la substance de tout programme de lutte. Cependant, pour être
efficaces, les programmes de lutte doivent être bien planifiés et reposer sur une bonne
connaissance de la situation.
Les approches à exécuter doivent être élaborées de façon identique. Ce module a été
développé dans ce but. Les principes qui sous-tendent ceci permettront le développement de
programmes propres à chaque situation, lesquels seront suffisamment flexibles pour prendre
en compte la variabilité épidémiologique et la disponibilité des ressources.
Ce module de formation peut servir de guide pratique pour la planification et la re-
planification de programmes de lutte contre le paludisme dans toute situation.



                                              - iii -
La planification de programmes de lutte contre le paludisme                       Guide du Stagiaire


Il est destiné aux professionnels de la santé et aux planificateurs des soins de santé à un
niveau national , ceux qui sont responsables de la planification, de l’exécution, de l’évaluation
et de la re-planification des programmes nationaux de lutte dans les pays endémiques. Il est
utile aussi pour les partenaires internationaux confrontés au défi d’aider les pays à élaborer ou
à ré-élaborer des programmes de lutte. Bien que ce module soit centré sur le paludisme, un
grand nombre de principes de planification peuvent être appliqués à la lutte contre les autres
maladies parasitaires, spécialement celles transmises par des vecteurs.
Le module est constitué d’une première partie, le guide de l’étudiant et d’une seconde partie,
le guide du professeur et des facilitateurs. Dans le guide de l’étudiant, les chapitres
d’apprentissage suivent un processus de pensée séquentielle aboutissant à une planification.
Ceci peut être difficile à suivre et la pleine compréhension du processus peut prendre du
temps. Une fois que l’étudiant aura eu l’occasion d’exécuter la planification de cette manière,
étape après étape, il réalisera inévitablement sa valeur et ses applications potentielles dès la
fin de tout l’exercice.
La seconde partie, le guide du professeur, fournit à celui-ci des lignes de conduite pour la
planification anticipée des activités de formation ; prise de dispositions nécessaires avant
chaque chapitre, préparation des instruments d’évaluation, préparation du travail de terrain et
de l’approche réelle de la formation chapitre par chapitre.
La planification peut être très complexe et difficile à comprendre pour les étudiants, surtout
s’ils ne sont pas habitués à une pensée logique et ne sont pas sensibles au détail. C’est
pourquoi, les facilitateurs doivent non seulement aider à la compréhension mais aussi
encourager le développement de ce qui pourrait être pour certains, un nouveau mode de
pensée. La manière la plus facile, pour chaque étudiant, d’arriver à ce résultat est de s’exercer
sur une série de données et d’élaborer un plan de lutte. A chaque étape du travail, les
participants devraient être invités à partager leur travail avec les autres afin de susciter une
discussion entre eux.
Cette remarque est surtout valable pour les facilitateurs car des zones de malentendus
pourront apparaître et être corrigées. Tout ceci prend du temps et il faut qu’il en reste assez
pour le programme.
Il y a beaucoup de manières de planifier selon la méthodologie proposée dans ce module ;
cette méthodologie est basée sur de nombreuses années d’expérience et repose sur deux
prémisses.
La première est que le planificateur planifie avec les ressources disponibles ou mobilisables.
Le plan devrait donc déboucher sur une meilleure utilisation des ressources existantes. La
seconde est que le planificateur planifie avec l’information et les données disponibles et ne
perd ni temps ni argent à récolter de nouvelles données. Pendant le processus de planification
décrit dans ce module, des lacunes dans l’information vont apparaître ; celles-ci devraient
faire partie des nouvelles données à faire récolter dans le futur, par le système d’information
qui est un élément important du plan.
Ce module est donc consacré au développement de plans pour les programmes nationaux afin
de leur donner une direction qui justifiera l’autorisation d’allocation des ressources
disponibles et la responsabilisation des dépenses.
Ceci pour dire que le produit fini du processus de planification est un authentique plan pour la
lutte antipaludique à travers un pays tout entier.
Le même processus peut être appliqué à un état ou à une province si le pays est très grand. La
planification réclame le travail d’une équipe multidisciplinaire, mené sur une période de deux


                                                 - iv -
Préface


ou trois mois. Les secteurs extérieurs à la santé doivent être impliqués puisque le paludisme
n’est pas strictement un problème de santé mais aussi un problème qui a des conséquences
sociales et économiques ainsi que sur le développement.
Une fois approuvé et financé, le processus d’exécution du plan national commencera par des
microplanifications pour le développement de plans d’exécution aux différents niveaux
administratifs. De tels plans couvrent une zone administrative et sont très détaillés ; ils
comprennent les techniques et les méthodes à utiliser.
Le chapitre 13 fournit quelques directives sur le développement d’un plan d’exécution, mais
ce n’est pas le but principal de ce module.




                                             -v-
La planification de programmes de lutte contre le paludisme   Guide du Stagiaire




                                                 - vi -
Remerciements


Remerciements
Le fond et la forme de ce module de formation sont l’œuvre du Dr P. F. Beales. Ce module est
basé sur des publications des 15 dernières années alors qu’il enseignait le sujet à des
professionnels de la santé dans des cours internationaux. Un grand nombre parmi ces
professionnels de la santé étaient des gestionnaires de programmes.
Des éléments supplémentaires ont été inclus à partir du « guide pour la planification de
programmes de lutte antipaludique en Afrique »1 que l’auteur a élaboré avec le Dr A.
Schapira en 1994. Les notes de l’étudiant et du professeur ont été progressivement modifiées
au cours du temps, en fonction des réactions de nombreux étudiants. L’auteur voudrait
remercier tous les anciens étudiants pour leur contribution à ce travail dont bénéficieront les
générations futures.
Des contributions spécifiques à partir de discussions verbales et écrites ont été apportées par
le Dr Awash Teklehaimanot, le Dr Elil Renganathan, le Dr F. Rio et le Dr Ch. Delacollette.
Cette édition est un essai destiné à l’utilisation pratique pendant un ou deux ans avant
l’édition finale. Les commentaires et suggestions faisant suite à une expérience d’utilisation
de ce matériel seraient bienvenus et devraient être adressés au groupe de travail sur la lutte
contre les maladies transmissibles, OMS, 1211 Genève 27, Suisse.
Le développement et la reproduction de ce module ont été appuyés par une contribution
financière de la Banque Mondiale.




1
 Beales P.F. (1988) : The planning of malaria control . In: Werndorfer & Mcgregor, Malaria, Vol.2. Edinburgh,
Churchill Livingstone, 1988: 1287-1334


                                                   - vii -
La planification de programmes de lutte contre le paludisme   Guide du Stagiaire




                                                - viii -
Introduction


Introduction
Ce guide du professeur est principalement destiné à aider les formateurs responsables du
développement des ressources humaines nécessaires dans le domaine du paludisme et d’autres
maladies tropicales endémiques, pour la planification, la mise en œuvre, l’évaluation et la
re-planification de programmes de lutte.
Ce guide devrait être utile, même au formateur le plus expérimenté et sera très précieux pour
ceux qui ne sont pas habitués à l’enseignement sous forme participative.
Le module peut être utilisé de plusieurs manières et il peut être adapté au niveau de départ des
participants, niveau mis en évidence lors de l’évaluation préliminaire.
Il peut être utilisé pour une formation unique dans le domaine du paludisme ou faire partie
d’un cours plus vaste. Après un cours de formation formel, les étudiants peuvent utiliser le
«guide de l’étudiant» comme manuel de référence ; si leurs responsabilités incluent la
formation, les étudiants devraient aussi recevoir le «guide du professeur » mais, de
préférence, à la fin de la formation.
Dans la philosophie de ce module, l’approche est orientée vers la résolution des problèmes.
Il s’agit d’un apprentissage très peu tourné vers les tâches. Pourtant, certains ont des
difficultés à comprendre le sujet. Ceux qui sont déjà bien organisés et pensent logiquement
éprouveront peu de difficultés à maîtriser le sujet ; les autres devront travailler beaucoup plus
dur pour atteindre tous les objectifs d’apprentissage.
Comme professeur, vous devrez très vite identifier ceux de vos étudiants qui risquent d’avoir
des difficultés et être prêt à travailler avec eux durant les sessions pratiques sur le terrain.
Il est utile d’être entouré de deux facilitateurs. Cependant, même s’il s’agit de gens
expérimentés, vous devrez leur donner des instructions très précises tout au long de la
formation. Le professeur et les facilitateurs fournissent des directives et, en général,
n’exercent pas de fonctions de support. La séquence apprentissage/enseignement n’est pas
didactique.
Si vous n’êtes pas familier de ce système de formation, lisez attentivement cette introduction.
Il est important que vous lisiez aussi l’introduction du guide de l’étudiant et que vous en
connaissiez le contenu à fond même si vous êtes un formateur expérimenté et si votre
expérience en la matière est importante.

A qui ce module de formation est-il destiné ?

Le module est destiné aux professionnels de la santé qui, au cours de l’exercice de leur métier,
ont quelque responsabilité dans la planification et l’évaluation de programmes antipaludiques
ou de programmes destinés à lutter contre d’autres maladies causées par des vecteurs. Il sera
également utile comme partie de la formation de base des gestionnaires de programme ou
comme partie d’un programme de formation plus large en malariologie de base.

Quel est le niveau d’éducation idéal des étudiants ?

Il n’est pas possible de planifier un programme contre une maladie quelconque sans avoir une
bonne connaissance de cette maladie, de son épidémiologie (y compris la parasitologie et
l’entomologie), de ses caractéristiques cliniques, de son diagnostic, de sa prévention, de son
traitement et de sa guérison. Il n’est pas non plus possible de planifier sans une connaissance
de base en statistiques. On supposera donc que les participants auront les compétences et les


                                              - ix -
La planification de programmes de lutte contre le paludisme                       Guide du Stagiaire


aptitudes dans ces domaines avant le démarrage du module de planification. Si le module est
utilisé comme partie d’un cours de base plus large sur le paludisme, il devrait être abordé en
dernier lieu puisqu’il apporte aux participants l’opportunité d’utiliser tout ce qu’ils ont appris
dans le cours de base.
Le niveau de départ dépendra donc de l’utilisation de ce module comme partie d’un cours de
base ou comme seul exercice de formation. Dans le dernier cas, les participants doivent avoir
un solide bagage d’aptitudes et de compétences en malariologie car le module n’enseigne pas
les bases.
Donc le niveau d’entrée sera celui du personnel de santé doté d’une formation de base en
malariologie et en épidémiologie du paludisme. En dehors des qualifications éducationnelles,
il est important que les étudiants :
    Ø soient capables de lire, de comprendre et d’écrire l’anglais ou toute autre langue
      utilisée dans ce module, s’il est traduit.
    Ø aient eu une expérience dans le domaine de la mise en œuvre d’un programme
      antipaludique ou de certains aspects de cette mise en œuvre.
    Ø soient responsables dans le futur de certains aspects de la planification dans lesquels
      cette formation sera bien exploitée.

Comment la formation est-elle conçue ?

Les objectifs principaux de la formation sont répertoriés dans l’introduction du guide de
l’étudiant. Veuillez vous arrêter et la lire maintenant. Le module est conçu pour stimuler
l’apprentissage actif par le travail sur des données récoltées par chaque participant dans la
zone où il travaille (voir l’introduction du guide de l’étudiant). Ce procédé donne plus de sens
à la formation pour chaque élève et ajoute un élément très précieux au processus
d’apprentissage ; cet élément est la « variabilité ».
Les étudiants apprennent les caractéristiques saillantes du processus de planification et à
chaque étape, ils ont l’opportunité de mettre en pratique ce qu’ils ont étudié, en développant
un plan national de lutte antipaludique à titre d’exercice.
En même temps, ils ont l’occasion de partager ce qu’ils ont accompli ainsi que les problèmes
et difficultés rencontrées avec les autres étudiants. Ils peuvent donc apprendre les uns des
autres. Ceci à titre de renforcement. Il est crucial qu’aucun étudiant ne soit à la traîne ; tous
doivent participer activement et être productifs selon un horaire donné. Ceci fait partie de la
discipline de la planification. Ce type de formation est performant et très efficace.
Au départ, la plupart des étudiants seront effrayés devant la totalité du processus et inquiets à
l’idée d’exposer leur ignorance. Il est vital que vous, le professeur, vous les mettiez à l’aise à
ce propos. Il est également vital et cela fait partie de la philosophie de la planification que
vous insistiez pour que tous les étudiants, indépendamment de leur statut, respectent les délais
(en fonction de l’horaire connu par tous bien à l’avance) pour produire leur travail. Ils vous
diront tous qu’ils ont trop peu de temps et des données insuffisantes.
Ce n’est pas vrai. Une partie du processus éducationnel consiste à apprendre la gestion du
temps et à en faire un usage judicieux ainsi qu’à planifier avec les données déjà disponibles et
avec celles qu’on pourra rassembler. La plupart de ces données peuvent être imprécises et ne
reposer que sur l’expérience personnelle. Si ce peu de données est tout ce qui est disponible,
elles peuvent être utilisées pour la planification mais le plan doit alors inclure la récolte des
données pour combler les zones d’ignorance. Une nouvelle planification peut avoir lieu à la



                                                  -x-
Introduction


fin de la première des deux années de mise en œuvre sur la base des nouvelles données
rassemblées pendant la lutte contre la maladie.
Au début de chaque unité d’apprentissage du guide de l’étudiant, se trouve une liste
d’objectifs d’apprentissage. Les objectifs d’apprentissage résument la connaissance, les
aptitudes et les attitudes que chaque étudiant devrait avoir acquises en arrivant à la fin de
chaque chapitre. Vous-même et vos facilitateurs devez vous assurer vous-même de ce que
chaque étudiant a atteint les objectifs fixés avant d’aborder le chapitre d’apprentissage
suivant. Ceci est particulièrement important car chaque chapitre d’apprentissage dépend de ce
que les élèves comprennent et du fait qu’ils développent les compétences nécessaires à la
mise en œuvre de ce qui est décrit dans le chapitre qui précède.

Qui dirige le cours ?

Vous-même êtes responsable de l’organisation et du déroulement de cette activité de
formation. Les guides de l’étudiant et du professeur vous aideront beaucoup dans ce travail
mais le résultat final dépendra de vos efforts. C’est peut-être la première fois que vous
organisez et menez un cours de ce genre ou bien vous êtes un professeur expérimenté. Dans
les deux cas, l’importance d’utiliser simultanément le guide de l’étudiant et du professeur
pendant que vous progressez à travers les chapitres d’apprentissage ne peut être sous-estimée.

Qui vous aide à la formation ?

Votre travail sera plus facile et votre enseignement plus efficace si vous avez l’aide de
collègues compétents pourvu que vous soyez tous bien coordonnés et instruits de manière
adaptée.
Ces assistants, qui devraient avoir certaines connaissances et expérience du sujet, sont appelés
des facilitateurs. Vous pouvez diviser les étudiants en trois petits groupes de 7 personnes au
maximum. La classe ne devrait pas être plus peuplée car il sera très difficile d’enseigner ce
sujet dans le temps imparti si c’est le cas. Vous pouvez vous occuper d’un groupe et vos deux
facilitateurs des deux autres groupes. Ceci permet une plus grande interaction entre les
étudiants, le professeur et les facilitateurs et débouchera sur un meilleur apprentissage et une
meilleure compréhension.
A titre de gestionnaire principal du programme de formation, vous serez responsable de
mettre l’horaire sur pied, d’expliquer les tâches d’apprentissage aux étudiants et aux
facilitateurs et de leur fournir l’aide dont ils ont besoin, quelle qu’elle soit.
Ne vous souciez pas du fait que les facilitateurs ne sont pas formés comme professeurs ; leur
travail est d’expliquer ou démontrer une activité particulière, de garder le groupe ou un
individu en particulier sur la bonne piste et d’observer les étudiants au cours de leurs
différentes activités.
Les facilitateurs doivent être préparés à reconnaître devant les étudiants les choses qu’ils
ignorent ou ne comprennent pas et être prêts à en référer à vous, le professeur.
Mettez dans la tête de vos facilitateurs que l’ampleur du sujet fait que personne ne peut
prétendre tout connaître à son propos. Les facilitateurs devraient aussi susciter des idées et des
opinions à propos du sujet chez les autres étudiants du groupe et par ce moyen, partager des
connaissances et des expériences collectives.
Beaucoup de problèmes potentiels peuvent être évités en sélectionnant les facilitateurs assez
tôt, en leur donnant beaucoup de temps pour lire les guides du professeur et de l’étudiant et en
leur fournissant l’occasion de discuter avec vous de toute partie du module qui pourrait


                                              - xi -
La planification de programmes de lutte contre le paludisme                      Guide du Stagiaire


nécessiter une clarification. Une bonne idée serait de parcourir le module ensemble, vous et
les facilitateurs ; vous pourriez alors tester leur connaissance en leur posant les questions
appropriées.
Lors des séances en petit groupe, ni le professeur ni les facilitateurs ne mènent les
discussions ; c’est le travail du modérateur qui devrait être choisi à l’intérieur du groupe et
devrait permuter avec un autre membre du groupe à chaque réunion, de manière à ce que tous
les élèves bénéficient de l’expérience.

Pourquoi procurer un guide de l’étudiant ?

Fournir aux étudiants une série complète de notes garantit que:
    Ø tous les étudiants ont le même matériel de base et les mêmes directives sur la manière
      de faire ; ils peuvent donc éviter une prise de notes inutile, consommatrice de temps et
      distrayante
    Ø vous et les facilitateurs, vous pouvez vous référer à n’importe quelle page du guide de
      l’étudiant, sachant que tous les étudiants peuvent trouver rapidement la bonne page
    Ø les étudiants peuvent lire le guide de l’étudiant à l’avance et gagner ainsi du temps
      pour la clarification, les discussions et la formulation d’idées. Cette technique offre
      une plus grande opportunité de comprendre le sujet et il y a moins de prises de notes
      durant la session
    Ø il y a moins de chance que les étudiants fassent des erreurs en prenant note
    Ø après la formation, chaque étudiant peut avoir une copie du guide de l’étudiant et du
      guide du professeur afin de l’utiliser à titre de référence et peut-être aussi pour former
      les autres.

Comment le sujet sera-t-il enseigné ?

Cet aspect des choses est traité en détails dans le guide de l’étudiant. Veuillez vous arrêter et
lire ce chapitre maintenant.
Comme il est dit dans le guide de l’étudiant, il y a peu de place pour des conférences
didactiques formelles dans l’enseignement de ce sujet. Il y aura des séances d’instruction pour
donner des directives à propos du processus de planification avant la pratique réelle des
étudiants. L’utilisation d’exemples, d’expériences partagées, d’exercices de groupe, de
discussion de groupes et d’exercices individuels sont tous une méthode d’enseignement
beaucoup plus efficace et facilitent grandement l’apprentissage.
Comment saurez-vous si le cours a été un succès ?

Juger de la réussite du cours est difficile et implique qu’on puisse répondre aux questions
suivantes :

QUELLE A ETE LA QUALITE DE L’APPRENTISSAGE PAR LE GROUPE ?
Ceci peut être estimé par l’évaluation de la performance des étudiants pendant leur travail tout
au long des unités d’apprentissage et une nouvelle fois à la fin de la formation, par
l’évaluation des niveaux de connaissance et de compétence atteints. Les présentations
individuelles de travaux en séance plénière, pendant le processus de formation et à la fin,
peuvent être évalués par le professeur et par les facilitateurs Des pré et des post-tests seront
également une mesure des progrès réalisés et vous trouverez des exemples de questions


                                                 - xii -
Introduction


possibles dans l’annexe 1. De plus amples détails sur l’évaluation sont donnés plus tard dans
le guide du professeur et le guide de l’étudiant. Une évaluation ultérieure sera faite 12-18
mois plus tard pour évaluer la manière dont les étudiants ont retenu leurs connaissances et
dont ils ont amélioré leurs compétences et leurs aptitudes.

COMMENT LES ELEVES ONT-ILS PERÇU LA FORMATION ?
La réponse à cette question vous fournira les moyens d’améliorer la formation pour les
groupes d’élèves suivants, à différents points de vue. Elle vous aidera à corriger les problèmes
administratifs qui peuvent se présenter, les déficiences dans les contenus du cours, les défauts
de mise en œuvre du cours, les carences dans la capacité des professeurs et des facilitateurs à
former, les défauts dans le matériel de formation et les aides visuelles.
Un questionnaire approprié est proposé dans l’annexe 2 et vous pouvez l’améliorer avant le
cours. Il faut encourager la franchise ; la solution la plus facile à cet égard est la formule des
questionnaires anonymes. Le temps imparti pour répondre à toutes les questions devrait être
suffisant et la période du cours où on donne le questionnaire est cruciale.
Ne demandez pas aux élèves de compléter le questionnaire quand ils sont stressés par le
temps pour produire leur plan ; faites un post-test ou demandez-leur de faire une présentation
de leur travail. D’un autre côté, vous avez besoin de temps pour analyser les résultats et leur
en fournir une rétro-information en session plénière pour évaluer la valeur des réponses.
La rétro-information fournie pendant la formation vous permettra d’évaluer la manière dont la
formation est ressentie par les élèves et permettra aussi de réaliser les améliorations
nécessaires. La rétro-information reçue à la fin de la formation vous aidera à améliorer les
cours futurs. Si vous avez préparé votre programme de formation avec soin, la rétro-
information est susceptible d’être favorable, ce qui est gratifiant pour vous et pour les
facilitateurs.
Quelle que soit la manière dont la politique gouvernementale considère la récompense d’un
certificat de compétence, certains rapports d’assistance au cours et de niveau de compétence
atteints par chaque étudiant devraient être tenus à jour pour que les détails puissent être
vérifiés plus tard. Bien qu’il s’agisse d’éducation d’adultes et que les étudiants soient
supposés étudier, il n’y a aucune raison de ne pas maintenir une discipline. Le niveau de
présence requis devrait être noté depuis le début et les présences vérifiées. Ce sujet est très
exigeant pour le formateur comme pour l’élève et votre travail sera plus difficile s’il y a un
pourcentage assez important d’absentéisme.

Comment le guide du professeur et celui de l’étudiant peuvent-ils être utilisés ?

Le guide de l’étudiant est l’outil de travail de base pour les étudiants. Ceux-ci doivent
travailler avec ce guide depuis le début jusqu’à la fin et chacun devrait être suffisamment
discipliné pour lire à l’avance les sections relatives au programme du jour.
Le guide de l’étudiant est aussi un livre de référence pour une utilisation quotidienne et
encore un moyen de se rafraîchir la mémoire avant, par exemple, une session de planification.
Le guide du professeur ne contient aucune information de plus. Toutes les informations sont
dans le guide de l’étudiant. Pourtant, le guide du professeur contient bien les réponses aux
questions des examens et à certains exercices ; par conséquent, il est fortement conseillé que
les étudiants n’aient pas accès au guide du professeur avant que le cours ne soit terminé. A ce
moment-là, on pourra leur en donner une copie qu’ils pourront emporter, avec l’espoir qu’ils
l’utiliseront pour former d’autres étudiants. Le guide du professeur est initialement destiné à


                                              - xiii -
La planification de programmes de lutte contre le paludisme                        Guide du Stagiaire


aider le professeur à planifier, mettre en œuvre et évaluer la formation dans le domaine de la
planification des programmes de lutte antipaludique. Il faudrait en faire un usage maximal
dans ce but. Un grand nombre de suggestions trouvées dans chaque unité sont basées sur des
années d’expérience.
Vous-même et les autres membres du corps enseignant devriez faire plein usage de ces deux
guides. Tout domaine difficile à enseigner peut avoir besoin de certains supports visuels
spéciaux pour faciliter le processus d’apprentissage. Les étudiants suivront les activités de
formation en groupe en utilisant le guide de l’étudiant plus toutes les autres instructions que
vous leur fournirez. Il est conseillé de fixer des tâches de lecture avant le début de chaque
nouvelle unité.

Qu’est ce que le syllabus ?

La table des matières du guide de l’étudiant représente le syllabus; la liste des sujets à couvrir
pour le cours de formation. Parcourez chaque chapitre d’apprentissage ; calculez combien de
temps vous devrez y consacrer et décidez du type d’activité de formation qui sera la mieux
adaptée au sujet.
La planification de l’activité de formation est donc grandement facilitée par la division du
module en un certain nombre de chapitres. L’ordre de succession de ces chapitres est
important. Si plus d’un professeur est impliqué, l’horaire ne devrait pas être fait en fonction
de la disponibilité des professeurs ; il appartient à ceux-ci de se libérer eux-mêmes pour
pouvoir enseigner le sujet en question au moment le mieux indiqué dans le processus
d’apprentissage.
Le temps représentera toujours une contrainte, spécialement pour les étudiants.
On peut gaspiller beaucoup de temps pendant les séances de travail de groupe et donc le strict
respect du temps imparti est déjà une discipline que tous les étudiants doivent respecter. Une
bonne organisation du travail de groupe et des instructions très claires quant aux
conséquences de l’exercice garantiront le meilleur usage possible du temps réservé à cette
activité.
Différentes techniques de formation peuvent être utilisées pour l’enseignement de ce module ;
veuillez trouver ci-dessous une liste de quelques techniques que vous pouvez prendre en
considération ;

Discussion de groupe
Une fois que les participants ont pris l’habitude des discussions de groupe, les échanges
d’information entre eux et les facilitateurs font qu’il y a une réelle activité d’apprentissage.
Les élèves partagent leurs connaissances et leurs expériences avec le reste du groupe et
stimulent leur activité intellectuelle mutuelle sur le sujet dont ils se préoccupent. Pourtant, les
objectifs doivent être clairs et le temps imparti y être lié.

Travail sur le terrain
Mener une analyse de situation sur le terrain est très utile. Son but est de donner aux étudiants
l’opportunité d’expérimenter le processus analytique qui forme la base de la planification.
Plus ils mettent de techniques en œuvre, plus ils acquièrent de compétences dans la mise en
pratique de tout ce qu’ils ont appris et expérimenté.
La formation sur le terrain doit être bien planifiée à l’avance ; il faut être sûr que les données
seront disponibles et que les autorités gestionnaires et le personnel médical sont d’accord et


                                                - xiv -
Introduction


bien informés au sujet des visites des services administratifs et des infrastructures de santé
que vous ferez. De plus, vous-même, comme professeur, devriez mettre les participants en
garde avant d’aller sur le terrain, pour qu’ils se conduisent de manière professionnelle ; qu’ils
ne critiquent pas les méthodes et ne discutent pas les conditions des patients alors qu’ils sont
encore sur les lieux. Toutes les discussions et observations critiques devraient être faites au
retour dans la classe ou dans la résidence.
Il faudra plusieurs mois pour organiser les sites de formation sur le terrain ; trois districts
différents, au moins, sont nécessaires pour héberger tous les élèves divisés en trois équipes.
Un facilitateurs national devrait être attaché à chaque groupe pour aider les élèves dans les
problèmes quotidiens de vie et de travail qu’ils peuvent rencontrer sur le terrain. Dans chaque
district choisi, les autorités locales devraient être informées de la visite bien à l’avance.
Il faudrait leur demander de préparer les informations et les données des trois dernières
années sur tous les éléments que nécessite une analyse de situation (voir chapitre 3). La
personne responsable de la lutte antipaludique dans le district et le médecin de district
devraient être invités à instruire les élèves dès leur arrivée sue le terrain. Il sera de la
responsabilité de chaque facilitateur d’avoir toutes les données disponibles et de ne les fournir
aux élèves qu’en cas de demande comme il est stipulé dans l’introduction du guide de
l’étudiant, «comment ce sujet sera enseigné; travail sur le terrain ».
Le rôle joué par les facilitateurs est extrêmement important pour que l’expérience sur le
terrain soit aussi rentable que possible. Un chef d’équipe devrait être choisi parmi les
participants, dans chaque équipe. Chaque étudiant devra partager les responsabilités et
s’assurer que l’analyse est menée convenablement dans le temps imparti.
Chaque équipe devra rédiger l’analyse de la situation et présenter ses résultats en séance
plénière dès le retour à l’endroit de formation. L’utilisation d’ordinateurs portables faciliterait
beaucoup la tâche, non seulement pour le traitement de texte mais aussi pour l’analyse des
données et les présentations graphiques.

Démonstrations, exemples
Ils sont destinés à renforcer le processus d’apprentissage. Des exemples précis aident à
clarifier les concepts et à établir les principes. Le professeur et les facilitateurs devraient
avoir beaucoup d’exemples prêts à l’usage mais les étudiants devraient aussi être invités à
donner des exemples. Cette dernière proposition crée un renforcement beaucoup plus fort.

Evaluation
Que ce module soit utilisé pour la formation de groupe ou pour l’apprentissage individuel,
l’évaluation des progrès réalisés par l’étudiant au point de vue de l’acquisition de
connaissances et de compétences dans la matière vue, est essentielle pour lui comme pour le
professeur.
L’évaluation peut se faire au moyen d’un pré-test sous la forme d’un questionnaire à choix
multiples (QCM), proposé avant que l’étudiant ne lise le guide de l’étudiant ou tout autre
documentation sur le sujet. Pour que ce travail soit valide, il doit être bien clair que l’étudiant
doit le réaliser tout seul. Des directives sur la manière de préparer des questions à choix
multiple et quelques exemples sont proposés dans l’annexe 1. Le post-test ne devrait être
soumis aux étudiants qu’après que tous les chapitres aient été vus.
Les résultats du pré-test devraient être mis à profit de deux manières. Le professeur peut les
utiliser pour déterminer le niveau général de connaissance du sujet parmi les membres du



                                               - xv -
La planification de programmes de lutte contre le paludisme                        Guide du Stagiaire


groupe et pour avoir une indication des zones généralement faibles qui demandent une
attention renforcée, ainsi que des zones où la connaissance générale est suffisante pour qu’on
puisse relâcher un peu l’attention. Ce stade est atteint quand la classe tout entière répond
correctement à chaque question. Les résultats pourraient donc aussi être utilisés pour
identifier les individus qui pourraient jouer le rôle de facilitateurs pour certains sujets et ceux
qui peuvent avoir besoin d’une instruction spéciale. L’autre usage principal du pré-test est
d’avoir une base de comparaison pour mesurer l’acquis dans la connaissance et les
compétences à la fin de la formation, tels qu’ils seront mesurés dans le post-test.
Pour être valides, les questions du post-test devraient être du même niveau de difficulté que
celles du pré-test et les deux tests devraient être donnés dans les mêmes conditions et dans le
même espace de temps. La seule manière d’être sûr que les questions du post-test sont du
même niveau de difficulté que celles du pré-test, est de donner les mêmes questions, mais
dans un ordre différent. Dans le cas d’un questionnaire à choix multiple, il faut donner les
questions et les réponses dans un ordre différent aussi. Il est donc essentiel que les pré-tests
soient récoltés et gardés par les organisateurs (pas par les participants). En tous cas, il n’est
pas nécessaire que les participants connaissent les réponses aux questions du pré-test jusqu’à
la fin de la formation. Pourtant, les étudiants devraient avoir une rétro-information à propos
des domaines faibles sur lesquels ils devraient se concentrer.
Vous-même, comme professeur, vous êtes encouragé à développer une banque de questions
qui peuvent être utilisées pour les pré et post-tests dans des sessions de formation ultérieures.
Les réponses à l’échantillonnage des questions des pré et post-tests sont fournies séparément
dans le guide du professeur pour vous permettre de reproduire les questionnaires facilement.
Les réponses sont considérées comme de valeur égale et valent donc le même nombre de
points. Il est essentiel pour la validité de l’évaluation que la confidentialité soit respectée à
chaque étape.
On peut utiliser d’autres instruments d’évaluation pour évaluer le module de formation lui-
même , par exemple un questionnaire intégré complété par tous les étudiants à la fin de
chaque unité d’apprentissage. Des exemples de questionnaires de ce type peuvent être obtenus
dans le département du développement des ressources humaines, division de la lutte contre les
maladies tropicales, siège de l’OMS, à Genève.
La méthode de formation proposée dans ce guide du professeur se prête d’elle même à une
évaluation facile de la connaissance, des compétences et des aptitudes de chaque étudiant pris
individuellement. La raison en est qu’ils veulent tous être actifs en classe durant la
présentation de leur travail individuel et la discussion qui s’ensuit. Cette évaluation peut être
guidée par le professeur et utilisée pour vérifier que tous les élèves s’approchent des niveaux
standards fixés et que personne n’est laissé en arrière.
A la fin de la formation, chaque étudiant devrait présenter le plan qu’il ou elle a développé.
Voilà encore une occasion d’évaluation.
Finalement, comme nous l’avons expliqué dans le guide de l’étudiant, chacun aura
l’opportunité d’évaluer la formation dans son entièreté, depuis son administration et sa
planification jusqu’au programme d’enseignement et la manière dont les professeurs et les
facilitateurs l’ont mis en œuvre.




                                                - xvi -
Introduction


Introduction au cours
Votre toute première session avec les étudiants dans la salle de réunion devrait se faire avec
les sièges disposés en demi cercle comme c’est indiqué dans le schéma. Si les chaises ne sont
pas munies de support fixe pour prendre note, il serait utile de pouvoir disposer de petits
bureaux ou de tables.
Tout d’abord, présentez-vous. Ecrivez votre nom sur le tableau ou le FLIPCHART et parlez
quelque peu aux élèves de votre parcours et de votre travail. Demandez ensuite aux
facilitateurs de faire de même.
Après cela, les élèves devraient se présenter eux-mêmes. Il pourrait être utile de les assembler
par paire et de leur demander d’échanger leurs noms, des informations à propos de leur
travail, de la ville où ils habitent etc. Chaque étudiant peut alors présenter son ou sa partenaire
au groupe tout entier. Cette méthode a souvent pour effet de réduire la tension et une
atmosphère détendue est aussi une bonne atmosphère d’étude.
Les étudiants auront reçu leurs copies du guide de l’étudiant. Laissez-leur 10 minutes pour
lire son introduction et ensuite, brièvement mais soigneusement, parlez leur des différents
sujets couverts. Il faut que vous leur expliquiez, par exemple, que le travail en petits groupes
avec des facilitateurs est un bon moyen pour faciliter l’apprentissage. Mettez l’accent sur le
fait que le cours va comprendre un grand nombre d’exercices, puisque c’est bien la meilleure
manière d’acquérir les compétences nécessaires.
Parcourez les objectifs de telle sorte que les étudiants comprennent exactement ce qu’ils
devraient avoir réalisé à la fin du cours. Expliquez-leur qu’ils devraient garder ces objectifs à
l’esprit tout au long du cours et toujours demander de l’aide s’ils ont des doutes à propos de
leur réalisation. Chaque étudiant est susceptible d’être plus conscient que les facilitateurs de la
manière dont il ou elle a compris un sujet particulier ou a maîtrisé une compétence précise ; le
travail des facilitateurs est de rendre le processus d’apprentissage aussi efficace que possible.
Vous avez peut-être envie d’aborder d’autres sujets à ce moment précis mais il faut essayer
aussi d’encourager les étudiants à discuter le programme de formation–ce qu’ils en attendent,
quels aspects du programme les contrarient, etc. Expliquez que vous et les facilitateurs
accueillerez la rétro-information tout au long du cours- une critique constructive de la part des
étudiants peut vous aider à améliorer le programme de formation.
Il faut leur parler de la préparation des plans individuels pour un programme de lutte
antipaludique à l’endroit où ils travaillent, sur la base des informations qu’il leur a été
demandé d’amener avec eux au moment où ils ont été sélectionnés pour cette formation.
Expliquez-leur que la planification doit être basée sur les informations disponibles et qu’ils ne
devraient pas se soucier de ne pas avoir toutes les informations dont ils auraient voulu
disposer. Avertissez-les du fait qu’ils doivent progresser à la même allure que la classe et
utiliser les soirées et les week-ends pour réfléchir à leurs plans.
Informez-les du fait qu’on leur demandera de présenter certains aspects de leur plan durant le
cours et le plan entier à la fin du cours. Expliquez qu’il s’agit d’un exercice, qu’ils devraient
s’en réjouir et acquérir autant d’expérience que possible par l’observation de leurs pairs et les
discussions avec eux et aussi avec les professeurs et facilitateurs. Le développement et la
présentation de ces plans n’implique en aucune façon que les plans ont été approuvés pour
une quelconque mise en œuvre.
Expliquez-leur que la planification est un travail de groupe qui demande la contribution de
tous les secteurs, y compris les secteurs extérieurs à la santé et devrait normalement s’étendre
sur plus ou moins trois mois.

                                              - xvii -
La planification de programmes de lutte contre le paludisme                       Guide du Stagiaire


La préparation d’un plan de lutte par chaque étudiant est une importante discipline à acquérir
et une activité d’apprentissage fondamentale. Le produit final reste confidentiel au cours et
chaque étudiant devrait donc se sentir libre de planifier en fonction de ses propres initiatives
et en se basant sur ses connaissances et ses aptitudes.
Maintenant, travaillez l’horaire, discutez les besoins identifiés des participants et arrivez à un
consensus au sujet de l’utilisation du temps.
Finalement, il faut parler aux étudiants de l’évaluation. Expliquez-leur que l’évaluation sera
un processus continu d’un bout à l’autre du cours. Mettez l’accent sur le fait que les pré et
post-tests devraient les réjouir plutôt que les effrayer ; ils font partie de l’expérience
d’apprentissage. Leur but est de vous permettre ainsi qu’aux facilitateurs d’évaluer le niveau
de départ des étudiants, de corriger les erreurs et de clarifier les malentendus. Focalisez-vous
sur l’importance pour les étudiants de lire toutes les questions (ainsi que toute instruction
supplémentaire) très soigneusement. Expliquez que chacun apprendra à un rythme différent et
que vous et les facilitateurs en tiendrez compte dans toute la mesure du possible.




                                                - xviii -
Introduction à la planification et principes de base de la lutte contre le paludisme   Unité d'apprentissage 1



Unité d'apprentissage 1


Introduction à la planification et principes
de base de la lutte contre le paludisme
Objectifs d’apprentissage
A la fin de ce chapitre, vous devriez être capable :

- d’énoncer ce qu’est la planification et d’expliquer son utilité
- de décrire le processus de planification
- d’identifier les caractéristiques du milieu concerné par la planification et d’en tenir compte
  lors de celle-ci


Lutte contre le paludisme
De nos jours, certains pays sont confrontés à la tâche difficile d’essayer de lutter contre le paludisme
sur fond de graves limitations financières, de coûts élevés des marchandises et de la main d’œuvre, de
manque de personnel formé et expérimenté et, dans certaines régions, d’une faible réponse des
parasites du paludisme aux médicaments antipaludiques ou d’une résistance des vecteurs aux
pesticides courants.
Il a donc fallu développer des programmes de lutte non limités dans le temps s’inscrivant dans le
cadre des soins de santé comme les autres programmes de santé publique.
Ces programmes doivent être exécutés avec les ressources disponibles, compte tenu de la situation
épidémiologique locale et des projets de développement socio-économiques du pays et avec la
garantie que les bénéfices obtenus pourront être maintenus à long terme.
Le paludisme doit dès lors être approché en termes de problème de maladie et non comme une
infection parasitaire, soit la différence fondamentale entre une stratégie (approche) de lutte et une
stratégie d’éradication.
En d’autres mots, ceci signifie qu’on tolère la présence dans la communauté d’une infection continue
dont la transmission est entretenue par un vecteur (le moustique) mais on s’efforce de la maintenir à
un niveau minimal par l’utilisation rationnelle des ressources et de la technologie disponibles.
Pour réaliser ces objectifs, une planification soigneuse et pragmatique est essentielle, l’approche
pouvant varier selon qu’un programme antipaludique est en cours d’exécution pour la première fois
ou qu’un programme d’éradication est en cours de réorientation vers la lutte contre le paludisme.




                                                                   -3-
La planification de programmes de lutte contre le paludisme                          Guide du Stagiaire



Compréhension de la notion de planification
Ce qu’est la planification

                   Un plan est un énoncé d’activités futures et une prévision des effets
                                 qu’elles auront sur la situation actuelle.

Le terme « planification » implique :
· une analyse de problèmes et l’examen de solutions,
· la sélection de priorités suivie de la prise de décisions,
· le développement d’approches en rapport avec les ressources attribuées et
· l’organisation de ces approches dans le cadre de programmes pour une exécution efficace et
   efficiente.
La notion de planification inclut le choix d’objectifs et le développement de moyens de mesures
des progrès réalisés par rapport aux objectifs fixés.
Dans un environnement marqué par la précarité tel qu’on le rencontre dans beaucoup de pays en
voie de développement, la planification prend toute son importance, afin de pouvoir réaliser le
plus d’objectifs possibles avec les ressources disponibles en matière de personnel,
d’approvisionnement, d’équipement, de médicaments et de vaccins, de transports et de fonds.

Pourquoi planifier ?

Pour éviter le risque de s’agiter sans avoir de but précis en termes d’atteinte d’objectifs bien
réfléchis : se concentrer uniquement sur les moyens nous fait souvent perdre de vue la finalité des
interventions.
Dans le « piège de l’activité », on devient totalement obsédé par une activité et cela peut durer
des années. Dans ce cas, on oublie que le temps, les efforts et les ressources pourraient être
utilement utilisées à autre chose. On perd de vue l’objectif réel, l’activité devient un faux objectif.
Ce faux objectif devient alors un critère de décision et les prises de décision quotidiennes
s’expriment en termes de continuation de l’activité plutôt que de choix judicieux parmi nos
ressources et parmi les priorités fixées pour l’exécution de l’objectif.
D’où la nécessité de la planification :
(i)     savoir où nous allons et pourquoi ;
(ii)    être sûrs de ne pas poursuivre de faux objectifs et nous emballer dans une agitation sans
        fin avec une bonne probabilité de bien réaliser des interventions inutiles et démodées
        plutôt que des actions nécessaires et pertinentes.

            Bref, la planification est un processus continu et systématique d’attribution des
              ressources en vue de la réalisation d’objectifs futurs. C’est une manière de
             préciser pourquoi, comment, où et par qui ces objectifs peuvent être réalisés.

Une partie intégrante de ce processus est constituée par la collaboration intersectorielle entre les
programmes ; cette collaboration aura un impact sur la santé dans sa globalité.




                                                      -4-
Introduction à la planification et principes de base de la lutte contre le paludisme   Unité d'apprentissage 1



Le processus de planification
Fixer les buts, les priorités, prendre des décisions, soutenir, contrôler les approches stratégiques
relève essentiellement d’une décision politique (volonté politique).
Le but de la lutte contre une maladie est de réduire au niveau le plus bas possible et de façon
compatible avec les ressources financières et humaines disponibles, l’impact négatif de cette
maladie sur la santé de la population. Ceci se développe dans le contexte d’autres priorités
sanitaires et en accord avec les technologies existantes ayant prouvé leur rapport coût / efficacité
favorable (voir plus loin).
L’intensité des efforts demandés pour la lutte contre la maladie dépendra de l’ampleur et de la
reconnaissance du problème posé par cette maladie et des objectifs poursuivis ; ils peuvent varier
d’une situation à une autre (d’où l’intérêt de la stratification).
L’action requise prendra la forme d’un ensemble coordonné (approche ou stratégie) d’activités
avec des cibles et des dates fixées pour leur exécution, afin de réaliser des objectifs bien définis.
Ces objectifs devraient être considérés comme des étapes intermédiaires vers l’exécution du but
ultime. Les objectifs et stratégies détermineront la forme et le contenu du programme national
d’action anti-paludique qui suppose la dépense de ressources précieuses.
Il est parfois difficile d’établir des objectifs précis à cause de la complexité et de l’incertitude qui
caractérisent beaucoup de facteurs qui doivent être pris en compte.
Définir les objectifs, formuler des stratégies et fixer des cibles opérationnelles sont étroitement
interdépendants et il est préférable de les envisager comme une processus séquentiel.
Le processus de planification permet une approche logique afin de déterminer la combinaison
appropriée de mesures à utiliser dans le cadre de circonstances de lutte ; il détermine aussi où et
quand les utiliser en se basant sur une évaluation de la situation locale et de la faisabilité
technique, opérationnelle et économique.
Le processus de planification devrait consister en
- une analyse de la situation,
- une stratification du problème et des ressources,
- la sélection des mesures antipaludiques techniquement efficaces à un coût raisonnable (cost-
   effective),
- la formulation d’objectifs et de stratégies destinées à atteindre ces objectifs,
- une analyse critique des problèmes de lutte antipaludique existants,
- l’établissement des rendements opérationnels et des cibles,
- la budgétisation du programme et
- la sélection et la définition des méthodes d’évaluation.

Les aspects contextuels de la planification
Planifier un programme peut prendre place à n’importe quel niveau du système de santé.
Généralement, les politiques et directives de santé sont fixées au niveau ministériel. Le rôle du
niveau supérieur (Ministère de la Santé) est d’interpréter les politiques et de planifier le
programme ; le rôle du niveau intermédiaire est de planifier l’exécution et de superviser sa
réalisation au niveau local.


                                                                -5-
La planification de programmes de lutte contre le paludisme                          Guide du Stagiaire


La précarité des ressources

Comme il a été dit auparavant, les planificateurs de santé doivent travailler, la plupart du temps
dans un environnement marqué par la précarité, ou au mieux, par l’inadéquation des ressources.
L’approvisionnement en ressources de toutes sortes peut être insuffisant ; le personnel, le
logement du personnel, les fournitures et l’approvisionnement, les installations et les
équipements, les médicaments et les vaccins, le carburant, les moyens de transport et les
communications etc…..

L’organisation et gestion des données de santé

Le problème de l’organisation et de la gestion des données de santé constitue un autre aspect du
couple planification/gestion. Il n’y a pas carence de données ; le problème réside plutôt dans leur
collecte et leur organisation en une forme exploitable. Certaines d’entre elles pourraient être
éliminées ; d’autres données devraient être utilisées plus près de l’endroit où elles sont récoltées
pour une première évaluation et décision à un niveau périphérique dans le cadre du système de
santé (par ex dans les centres de santé, dans les unités mobiles de terrain, dans les cliniques
mobiles).
Ceci en appelle à l’intuition et à la créativité dans l’approche des problèmes. Le planificateur et le
gestionnaire de santé doivent user de jugement et d’intuition sur base de leur expérience et de
leur compréhension des conditions locales/besoins locaux.
En outre, il faudrait utiliser des techniques simples pour des enquêtes par sondages et pour
l’observation sur le terrain afin d’établir des données de base ; des indicateurs facilement
mesurables devraient être développés et appliqués pour surveiller, évaluer et contrôler les
programmes de santé.
Le planificateur de santé devrait être un bon observateur ; il doit savoir ce qu’il faut regarder et
comment évaluer les informations qu’il rencontre lorsqu’il ou elle dirige des inspections sur le
terrain, visite des cliniques et se promène dans les marchés ou les villages.

Incertitudes de la planification

Dans les pays où beaucoup d’aspects de la vie sont incertains sur le moyen et le long terme, le
besoin de planification ne se fait pas nécessairement sentir. Pourtant, elle reste importante :
même si l’approvisionnement ne suit pas toujours; même si les décideurs de haut niveau ne
tiennent pas compte des recommandations et les font échouer par des décisions politiciennes;
même si on est pas sûr de disposer du personnel nécessaire et suffisamment expérimenté;
même si la ponctualité de la livraison des médicaments et des vaccins n’est pas garantie;
même s’il s’avère impossible d’assurer les moyens de transports nécessaires à l’exécution du
travail, à la conduite des études et à la supervision des activités;
Lorsque nous sommes confrontés à de telles incertitudes, il devient encore plus important de
planifier certaines interventions en identifiant à l’avance les alternatives possibles. Ceci engendre
une « culture de la flexibilité » dans la mise en place de nos actions et une certaine préparation à
réagir dans des conditions inattendues.




                                                      -6-
Introduction à la planification et principes de base de la lutte contre le paludisme   Unité d'apprentissage 1



Résistance à la planification

Cette résistance a deux causes bien connues :
La première concerne l’utilisation des ressources financières, du personnel, des équipements et
des installations. L’équipe de planification peut avoir une influence considérable sur ce qui est
fait ou non et sur les modalités de l’action. Lorsque quelque chose de non planifié antérieurement
le devient, le pouvoir de décision dans l’organisation se déplace et cela peut être ressenti comme
menaçant.
La seconde raison est que le processus de planification peut être perçu comme trop compliqué et
trop difficile, comme un luxe inutile.

Détermination des priorités de santé
L’approbation et l’exécution réussies d’un programme de lutte contre le paludisme reposent sur
une volonté et un soutien politique. Dans bien des pays à travers le monde, et particulièrement en
Afrique, le paludisme est généralement considéré comme un problème de santé prioritaire.
Plusieurs facteurs font qu’une maladie devient une priorité sanitaire, requérant une attention
spéciale ou plus d’attention que les autres problèmes de santé. Les plus importants parmi ces
facteurs expriment le fait que :
· Les groupes de population les plus à risque ou les plus touchés par la maladie sont les enfants,
   les femmes enceintes, les populations rurales, celles à faible revenu et les travailleurs,
· La maladie entrave le redressement social et économique et le développement ;
· La maladie représente un souci majeur pour la population ;
· La maladie est cause de morts directes ou indirectes ;
· La maladie est responsable de complications et d’incapacité ;
· La maladie provoque des dépenses personnelles et familiales ;
· La maladie est la cause de dépenses publiques ;
· Il y a un risque de catastrophe épidémique ;
· L’incidence de la maladie va en augmentant ;
· La maladie aggrave d’autres problèmes ;
· La maladie bénéficie d’une attention politique globale, nationale ou locale.
Réfléchissez au paludisme dans votre pays ou à l’endroit où vous travaillez et appliquez lui les
critères sus-mentionnés. Décidez pour vous-même si le paludisme est un problème prioritaire,
demandant une attention urgente.

Le calendrier de la planification
Un plan doit se faire dans un cadre de temps bien défini quant à son début et sa fin .
A l’intérieur de ce cadre de temps (chronogramme) , les objectifs doivent avoir été accomplis et
un impact atteint sur la maladie. Il est nécessaire que l’équipe de planification sache, dès le départ
si ce calendrier est approprié.
Pour connaître la période adéquate, passer en revue les politiques gouvernementales dans les
documents officiels, tels le plan national de développement pour la santé et les politiques internes
du ministère de la santé. On ne planifie pas dans le vide et le programme fait partie du


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La planification de programmes de lutte contre le paludisme                          Guide du Stagiaire


programme national global de santé, la période de planification devrait normalement
correspondre à celle du plan national de santé.
La période de planification doit être réaliste et suffisamment longue pour permettre un impact
certain et la réalisation des objectifs (4 à 5 ans…).
Une première planification peut couvrir une période plus courte pour se trouver en phase avec le
début de la période suivante du plan national de santé ou du plan national de développement

Le programme présenté sur un modèle pyramidal
A la figure 1 les étapes à parcourir pour le développement et l’exécution du programme destiné à
la réalisation d’objectifs bien définis sont représentées comme une pyramide.
Comme toute pyramide, elle repose sur une large base, qui représente les politiques de santé de
base et de développement du pays.
La planification, processus pour développer un plan de lutte contre le paludisme soumis à
l’approbation nationale, est construite sur base de cette politique et fait partie du plan national de
santé. Les différentes phases du processus de planification sont représentées dans la pyramide au
niveau 2.
Une fois que le plan national de lutte contre le paludisme a été approuvé, y compris les objectifs à
atteindre et les approches à utiliser, les plans d’exécution doivent être développés pour le niveau
le plus élémentaire de prise de décisions (niveau 3).
Dès que les plans d’exécution auront été développés en détail, incluant les méthodes à utiliser, ils
pourront être mis en pratique par les travailleurs de santé en fonction de leurs responsabilités
(niveau 4).
Grâce à une supervision, surveillance et évaluation appropriées, les résultats finaux peuvent
être mesurés (niveau 5) et la zone dans laquelle les objectifs auront été atteints pourra être
déterminée. Par ce procédé, vous saurez si et quand vous avez atteint le degré désiré de réduction
du problème posé par la maladie.




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Introduction à la planification et principes de base de la lutte contre le paludisme   Unité d'apprentissage 1



Figure 1. pyramide : Etapes pour le développement et l’exécution d’un programme




                                                                Atteinte
                                                                  des
                                  RESULTATS                     objectifs

                                                            Résultat du
                                                             processus
                                                         Atteinte des cibles

             MISE EN ŒUVRE                           Services de prévention
                                                        Services curatifs
                                                   Monitorage épidémiologique
                                                    Monitorage opérationnel


                                Stratification opérationnelle
                                Structures organisationnelles
                                 Les interventions par strate
                                Planification de la formation
                                         Supervision
                  MISE EN ŒUVRE     Education à la santé
                                   Gestion des ressources
                                  Systèmes d’information



                                          analyse de situation
                       DEFINITIONS DES TERMES EMPLOYES EN PLANIFICATION
                                  STRATIFICATION DES PROBLEMES ET RESSOURCES
 PLANIFICATION                       SELECTION DES MESURES ANTIPALUDIQUES
                                    FORMULATION DES OBJECTIFS ET APPROCHES
                           ANALYSE CRITIQUE DES PROBLEMES LIES AU MESURES ACTUELLES
                                            DE LUTTE ANTIPALUDIQUE
                            MISE EN PLACE DES RESULTATS OPERATIONNELS ET DES CIBLES
                                         BUDGETISATION DU PROGRAMME



                                         plan national de développement économique
POLITIQUE                                  plan national de développement sanitaire



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La planification de programmes de lutte contre le paludisme                           Guide du Stagiaire



Quelques définitions
Activités : travaux que l’intervention doit exécuter pour atteindre les résultats.
Approche : Une approche est constituée d’un ensemble de larges lignes d’action destinées à
laréalisation d’un objectif établi ; tous les aspects majeurs de cet objectif, qu’ils soient positifs ou
négatifs, ont été pris en compte. Dans le contexte de la lutte antipaludique, une approche peut être
considérée comme un groupe de mesures curatives, préventives et autres mesures relatives à la
santé ; ces mesures sont liées entre elles.
Activité: travaux qui font partie de l’intervention pour contribuer à atteindre les résultats
Approche: une approche (ou stratégie) est constituée d’un ensemble de larges lignes d’action
destinées à la réalisation d’un objectif établi; tous les aspects majeurs de cet objectif, qu’ils soient
positifs ou négatifs, ont été pris en compte. Dans le contexte de la lutte antipaludique, une
approche peur être considérée comme un groupe de mesures curatives, preventives et autres
mesures relatives à la santé; ces mesures sont liées entre elles.
But : Un but est un état ultime, aspiration souhaitée, vers lequel tendent les actions supportées par
des ressources. Les buts ne sont ni limités par le temps ni par les ressources existantes et ils ne
doivent pas nécessairement être accessibles. Un exemple d’un but raisonnable est l’élimination de
la mortalité due au paludisme.
Cible : Une cible est le résultat souhaité de certaines activités. Elle peut être décrite en termes de
but à court terme qui est toujours quantifié et daté. Les cibles représentent des buts mesurables et
accessibles qui sont nécessaires et suffisants pour la réalisation des objectifs. Pour chaque
objectif, il devrait y avoir un grand nombre de cibles mesurables et fixées dans un cadre de temps
spécifique.
Indicateurs objectivement vérifiables : C’est une description opérationnelle des objectifs et des
résultats en termes de quantité et de qualité d’un produit pour un groupe cible, avec indication de
temps et de lieu.
Mesure : les mesures de lutte antipaludiques, inventaire Unité 5
Objectif spécifique : Un tel objectif représente un état mesurable et accessible qui est supposé
survenir comme résultat de la mise en œuvre d’approches sélectionnées (voir unité
d’apprentissage 6) et de la dépense des ressources allouées. Il faudrait y inclure une description
quantitative de l’état désiré, le délai dans lequel il doit être réalisé et une spécification de la
population à laquelle il se réfère. (Unité 8)
Problème : C’est une rupture perçue entre ce qui est et ce qui devrait être. Il est important de
définir un problème clairement sous peine d’y appliquer des solutions inadéquates. Beaucoup de
problèmes de santé ont des causes multiples. (voir Analyse de situation, Unité 3)
Résultat : produits des activités entreprises qui réaliseront ensemble l’objectif spécifique, c.à.d. le
commencement du « régime de croisière » de la réalisation des bénéfices durables pour les
groupes cibles.




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Rédaction du plan                                                                      Unité d'apprentissage 2



Unité d'apprentissage 2


Rédaction du plan
Objectifs de l’apprentissage
A la fin de ce chapitre, vous devriez être capables de :

- Décrire la structure d’un plan de lutte antipaludique
- Organiser l’information disponible sous la forme d’un plan réaliste
- Rédiger un plan intégré pour la lutte antipaludique


Introduction
Ce chapitre particulier est destiné à se familiariser avec les différentes composantes d’un plan et à
aider à présenter les résultats du processus de planification sous une forme facile à lire et à
comprendre.
Le but n’est pas d’enseigner le processus de planification mais bien de guider :
 (i)     dans l’organisation de l’information et des résultats de l’exercice de planification
 (ii)    dans la rédaction d’un document présentable.

Il y a plusieurs manières de présenter un plan . Les pages suivantes vous proposent un canevas que
vous pouvez adapter à votre situation. Il n’est sans doute pas possible de compléter toutes les
rubriques , certaines d’entre elles ne sont peut-être pas pertinentes dans les circonstances particulières
prévalant dans votre zone géographique.
Une autre mise au point à faire est que la rédaction du plan ne doit pas nécessairement suivre la même
logique ou la même pensée que le processus de planification lui-même. Veuillez ne pas confondre ou
ne pas assimiler la structure du plan écrit avec le processus de planification lui-même.
Dans la rédaction de votre plan, vous devriez être guidé par les priorités de votre gouvernement aussi
bien que par la conformité au format suggéré. Vous devriez être attentifs à ne pas suivre le mode de
présentation d’une quelconque agence de développement puisque chaque agence à ses propres modes
de présentation et ses intérêts spécifiques.
La présentation proposée ici est intégrée et son évolution est logique. L’information contenue dedans
peut toujours être extrapolée pour compléter les types de présentation exigées par d’autres agences de
développement dans un but de financement. Rappelez-vous aussi que l’utilité primordiale du
document décrivant votre plan est d’emporter l’agrément national ainsi que celui des partenaires
intéressés et d’obtenir l’attribution de ressources afin de rendre l’exécution du plan possible, à un
niveau de gestion intermédiaire.




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La planification de programmes de lutte contre le paludisme                             Guide du stagiaire



Canevas proposé
Ce canevas comporte treize sections importantes ; certaines sont évidentes, d’autres demandent un peu
d’explication. Veuillez bien réfléchir à chaque élément et consulter votre enseignant ou un des
facilitateurs si vous n’êtes pas certain de l’avoir compris.

Introduction (1)
· Importance du paludisme comme problème de santé publique dans le pays
· Importance du paludisme comme problème socio-économique dans le pays,
· Place du paludisme dans le Programme National de Santé,
· Brève description du programme antipaludique actuel et ses liens avec les autres programmes,
· Période de planification et justification du choix de cette période.

Analyse de la situation (2) (voir aussi document RBM)
Profil du pays
Données démographiques, géographiques, météorologiques, économiques. Aspects sociaux et
culturels.

Le système de santé
Les pourvoyeurs directs ou indirects des soins de santé
gouvernement (système public) ; membres de la famille, secteur privé (à but lucratif), secteur privé (à
but non-lucratif), médecine traditionnelle
Les services de santé
Leur organisation et leur répartition, l’approvisionnement, l’organisation de la supervision, les
possibilités de formation etc.
Autres programmes de santé
Pour inspiration et collaboration
Liens intersectoriels
Autres ministères ; projets de développement ; media et éducation ; Universités et institutions de
recherche

Le problème du paludisme
Historique du problème du paludisme
Les activités de lutte antipaludiques passées et présentes
Problématique actuelle du paludisme
Une description détaillée de la situation.




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Rédaction du plan                                                                   Unité d'apprentissage 2



Conclusions
Les priorités
La place du paludisme parmi les autres problèmes de santé prioritaires
Tendances importantes dans la résistance du parasite, l’incidence du paludisme grave et de l’anémie
de l’enfant
Les opportunités pour la lutte antipaludique
Justification d’un nouveau plan de lutte : liens ; engagement politique ; développement du partenariat;
développement technologique ; fonds disponibles ; projets économiques ; développement d’une
nouvelle approche sectorielle dans le domaine de la santé.
Stratification (3)
· Identification des principaux facteurs épidémiologiques (y compris entomologiques),
   géographiques, opérationnels et socio-économiques responsables du problème posé par le
   paludisme
· Identification de marqueurs facilement identifiables des caractéristiques majeures qui distinguent
   une région d’une autre.
· Une stratification du problème du paludisme basée sur les facteurs identifiés plus haut , et en
   tenant compte de leur distribution géographique et de leurs caractéristiques socio-économiques
· Délimitation de chaque strate où des approches différentes ou spécifiques de lutte (et d’évaluation)
   peuvent être appliquées.
· Identification de données supplémentaires nécessaires à affiner et mettre à jour la stratification
   pour l’exécution d’un programme amélioré
Buts nationaux (4)
· Buts économiques et de développement national, objectifs, cibles et régions géographiques
  concernées
· Buts nationaux de santé, objectifs et cibles
· Politiques gouvernementales en matière de santé
Objectifs (5)
· Objectifs nationaux existants de lutte antipaludique à travers le pays
· Objectifs nouveaux proposés de lutte antipaludique par strate (quantifiés dans l’espace et dans le
  temps)
· Enoncé des relations entre les objectifs existants et ceux qui sont proposés (s’il y en a) ;
  justifications pour leur modification ou leur remplacement éventuels.
Stratégies d’intervention (6)
· Résumé des stratégies à adopter avec le détail des composants (mesures antipaludiques) par strate
   et pour chacun des nouveaux objectifs cités plus haut
· Liste des activités à exécuter (compilation des approches à adopter)
Besoins en recherche (7)
· Connaissances essentielles et lacunes dans l’information (besoins en recherche appliquée)
  identifiées à partir de l’analyse du problème
· Projets de recherche appliquée proposés dans le plan



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La planification de programmes de lutte contre le paludisme                            Guide du stagiaire


Cibles opérationnelles (8)
· Classification des rendements opérationnels pour chaque approche
· Cibles opérationnelles (quantification) nécessaires à la réalisation de chaque objectif
· Chronogramme pour l’atteinte des buts

Etapes opérationnelles (9)
Plans pour la mise sur pied de nouveaux services ou pour le développement des services existants
Services, installations, personnel supplémentaires
Formation du personnel
·   Formation de base
·   Mise à niveau du personnel par des formations de perfectionnement et par de l’enseignement à
    distance
·   Echelonnement dans le temps des cours à donner

Organisation et responsabilités (10)
Résultats d’une étude de l’organigramme actuel et de la responsabilité
· des services concernant le paludisme
· des services de santé (activités relatives au paludisme)
· de l’action antipaludique intersectorielle
· des services communautaires
· du secteur privé (en relation avec le paludisme)
· des ONG
· de la société civile
· des institutions de recherche
…
Pour chacune de ces rubriques, décrivez vos propositions ;
a) Organisation de systèmes et services
b) Distribution des responsabilités au niveau des soins de santé primaires
c) Mécanismes de coordination

Plan d’évaluation (11)
Paramètres et indicateurs
Evaluation à court terme (interne et externe, audit)
opérationnelle, épidémiologique, autres
Evaluation à long terme
Socio-économique, impact sur la santé, autres

Système d’information
Données et information à rapporter
Niveaux de rapports ; par qui et à qui
Fréquence des rapports
Type d’évaluation et niveau de responsabilité
Analyse de l’information, niveau de responsabilité et degré d’autorité



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Rédaction du plan                                                                        Unité d'apprentissage 2



Mécanisme de prise de décision basé sur une analyse et une interprétation de l’information
Rétro information pour aider à la prise de décision périphérique.

Supervision
Mécanismes de supervision par activité, par niveau et par système ( par ex les services spécialisés, les
services de santé généraux, la communauté)
La périodicité

Demande de ressources (12)
Celles-ci doivent être quantifiées mais pas nécessairement en termes monétaires et devraient se
refléter dans la budgétisation des items suivants : installations ; personnel ; équipement ;
approvisionnement ; maintenance ; formation ; exigences communautaires; plaidoyer; activités
promotionnelles…

Coût et budgétisation (13)
Salaires et allocations ;
activités organisationnelles ;
approvisionnement et équipement ;
formation ; divers…
Utilisez autant que possible des graphiques, des tableaux, des cartes et des schémas . Ils peuvent se
trouver dans le texte ou figurer en annexes. Rappelez- vous que les décideurs ont peu de temps pour
lire de longs documents. Un résumé en une page ou deux sera essentiel pour le niveau ministériel. En
annexant autant de données et d’informations que possible, le corps du plan pourra être réduit à un
minimum. Ecrivez clairement et de manière pertinente. N’oubliez pas de spécifier l’époque réelle de
la mise en application du plan (prévoyez au moins un an pour son approbation) et la date à laquelle il
a été formulé ainsi que les noms et positions des membres de l’équipe de planification.
Après avoir chiffré les coûts des approches et des activités, revenez en arrière et revoyez les objectifs
et les cibles pour voir s’ils sont réalistes dans le contexte des ressources disponibles. Si ce n’est pas le
cas, réajustez-les en conséquence.
Il est possible que vous trouviez plus simple de développer un grand tableau présentant :
les strates, leurs caractéristiques et leurs problèmes, les objectifs, les approches, les activités, les
cibles et les coûts de chaque cible et les indicateurs pour l’évaluation de l’efficience et de
l’efficacité du programme.
Ceci vous aidera beaucoup à revoir le plan de manière globale.
Lorsque vous tracez des graphiques, rappelez-vous que les photocopies sont en noir et blanc et
demandez- vous si les différentes lignes ou colonnes du graphique seront faciles à distinguer en noir et
blanc.
Toutes les figures (dessins, tableaux, cartes et graphiques) devraient être étiquetées, numérotées et
avoir une référence dans le texte.




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La planification de programmes de lutte contre le paludisme      Guide du stagiaire




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Analyse de la situation et investigation des problèmes liés au paludisme             Unité d'apprentissage 3



Unité d'apprentissage 3


Analyse de la situation et investigation
des problèmes liés au paludisme
Objectifs d’apprentissage
A la fin de ce chapitre, vous devriez être capables de :

- Analyser la situation du paludisme dans une région
- Analyser les problèmes et en rechercher les causes
- Rédiger de manière logique la partie du plan de lutte antipaludique relative à l’analyse
  de la situation du paludisme

Introduction
L’analyse de la situation forme la base de la planification de tout programme de lutte contre une
maladie mais, dans le cas du paludisme, cette étape est particulièrement cruciale à cause de la
complexité de cette maladie et de son impact sur les populations. Elle constitue la première étape
de notre processus de planification (voir la pyramide dans la 1ère unité d’apprentissage). Les
sections suivantes décrivent les contenus et le processus d’analyse du problème posé par le
paludisme ainsi que les moyens nécessaires à la lutte.
L’analyse de la situation du paludisme comporte deux volets :

1. Une partie descriptive, faite d’observations sur l’endémie placée dans son environnement
   (besoins des personnes, des communautés) et l’offre de soins par les services de santé.
2. Une partie analytique qui examine les problèmes rencontrés et tente de trouver les causes
   sous-jacentes à ces problèmes.

Le profil du pays
Démographie
La description devrait normalement inclure :
- La surface du pays, la population totale et la densité de population
- Les divisions administratives,
- La distribution de la population entre la capitale, les autres zones urbaines et les zones rurales,
- La proportion hommes/femmes, le taux de natalité brut, le taux de fécondité, le taux de
   mortalité, le taux de croissance, les taux de mortalité infantile et juvénile ; (le taux de mortalité
   juvénile est le taux de mortalité chez les enfants de 12-59 mois)
Sources : rapports ministériels, administrations gouvernementales et organisations internationales.
Indicateurs malheureusement peu valides. A évaluer de manière critique, vérifier la compatibilité
des indicateurs entre eux.



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La planification de programmes de lutte contre le paludisme                           Guide du stagiaire


Distribution de la population par âge (0-11 mois, 12-59 mois, 5-14 ans, 15-44 ans, 45 ans et plus).
En l’absence d’informations par groupes d’âge, les données standards seront suffisamment
précises dans la plupart des cas.
Déterminer les tendances : taux de croissance de la population en augmentation ou en diminution ?
Politique de planning familial en cours ? Avec succès ? Importance des migrations internes ou
transfrontalières. Taux net de croissance dans les villes ? Politique du gouvernement par rapport à
l’urbanisation croissante ?
A ce stade déjà, il peut être opportun d’identifier les populations qui pourraient faire l’objet d’une
attention spéciale du Programme de Lutte contre le Paludisme.
Géographie et climat
Une brève description de la géographie du pays et des grandes régions naturelles devrait permettre
de comprendre :
- La présence de régions qui peuvent être exemptes de paludisme ou à risque de paludisme
   instable avec risque d’épidémies,
- L’accessibilité des différentes régions par air, terre et transport fluvial.
Paramètres importants : précipitations mensuelles ; nombre de jours de pluie par mois ;
températures mensuelles moyennes ; humidité relative.
C’est un rappel des indications données dans le module épidémiologie du paludisme (les
« facies »)
Développement économique, y compris l’agriculture, les projets de développement
et l’urbanisation
Indicateurs macroéconomiques
Les indicateurs les plus importants en relation avec le secteur de la santé sont :
- PNB actuel par tête
- dépenses du gouvernement par tête
- dépenses du gouvernement pour la santé par tête
- dépenses du gouvernement pour la santé par patient (tous les soins au patient, en consultation
   externe et en hospitalisation)
- totalité de l’assistance extérieure au développement du pays
- La proportion des dépenses de santé par rapport à la totalité de l’aide extérieure au
   développement.
Ces informations devraient normalement être facilement disponibles dans les documents officiels.
Les agences internationales produisent des rapports annuels sur la situation dans chaque pays.

Agriculture de subsistance
Description de l’économie domestique dans les différentes régions rurales.
Mode d’élevage du bétail : peut influencer le comportement de certains vecteurs.

Environnement et développement
Projets de développement agricoles et autres pouvant avoir des conséquences sur
- l’environnement
- Les mouvements de population
Sources : ministères, bureaux et agences concernées. Voir aussi (plus loin) liens intersectoriels
potentiels et en activité.


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Analyse de la situation et investigation des problèmes liés au paludisme            Unité d'apprentissage 3



Evaluer qualitativement l’urbanisation afin de déterminer quel type d’environnement urbain ou
semi-urbain a été créé ou est en voie de réalisation.
Relever la politique environnementale officielle, la législation et la signature de conventions ;
noter le rapport à l’environnement dans la vie quotidienne (peut être très différent de ce qui est
prescrit par la politique d’état).
Aspects sociaux et culturels
Facteurs les plus importants :
· Niveau d’alphabétisation et de scolarisation. La scolarisation des filles est d’une extrême
   importance pour la survie des enfants. Tendances quantitatives et qualitatives de la
   scolarisation. Relever l’accès aux écoles en régions rurales.
· Rôle joué par les groupes de femmes et par d’autres formes d’organisation sociale en relation
   avec la mobilisation des masses et la communication.
· Obstacles culturels, religieux et linguistiques.
· Couverture par les media importante pour la planification de l’éducation sanitaire.
· Type d’habitations et habitudes de sommeil (surtout pour une lutte antivectorielle).
· Migrations saisonnières.
· Comportements de recherche de soins curatifs, traitements à domicile et habitudes de
   protection personnelles contre les vecteurs.

Le système des soins de santé
Les pourvoyeurs de soins de santé et le financement des services
Le rôle du gouvernement
Les dépenses de santé, exprimées en pourcentage du PNB, constituent un indicateur de
l’engagement du gouvernement dans la fourniture de soins de santé. Dans certaines parties du
monde, comme en Afrique , les dépenses de santé récurrentes occupent souvent la troisième place
avec 20% des dépenses totales, après les secteurs de l’éducation et de la défense qui entrent
souvent en compte pour 25 à 35%. L’évaluation devrait prendre en compte les dépenses de santé
en dehors du secteur du ministère de la santé.
Le budget d’investissement est souvent financé par des contributions étrangères et peut être sujet à
de fortes variations d’une année à l’autre.
Les ménages
La contribution des ménages a augmenté de manière régulière et, dans beaucoup de pays, elle
compte maintenant pour 60 à 75% des dépenses de santé récurrentes. Ceci est lié aux efforts de
recouvrement des coûts des services et des produits. On peut espérer, qu’avec le temps, ces
systèmes conduiront à une meilleure couverture des régions périphériques.

Le secteur privé à but lucratif
Les implications de l’expansion rapide du secteur privé dans le tiers monde sont encore
incertaines. Dans les pays industrialisés, les prix des médicaments et des services médicaux sont
régulés par une interaction entre les interventions publiques et privées et entre les assurances et les
systèmes d’assistance sociale. L’absence de régulation débouche souvent sur un affaiblissement
des services publics et sur une augmentation de l’utilisation du secteur privé à but lucratif.
Des activités liées à la santé sont aussi entreprises par des compagnies minières, des exploitations
agricoles et par d’autres agences gouvernementales (ministère de l’agriculture, de l’industrie et des
mines, de la défense). La collaboration entre les différents pourvoyeurs de santé devrait être
décrite.


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La planification de programmes de lutte contre le paludisme                            Guide du stagiaire


Le secteur privé à but non-lucratif, les ONG et les services à base communautaire
Les organisations non-gouvernementales (ONG) mettent souvent sur pied des services qui
bénéficient aux populations les moins privilégiées. Les services de santé primaire réapparaissent
sous la forme de centres de santé communautaire avec des médecins travaillant dans de grands
villages ; sous la forme aussi de pharmacies de village, privées ou communautaires. La création
d’installations centrales pour l’approvisionnement en médicaments et l’importation pour le secteur
privé (à but lucratif ou non), avec le but d’importer les médicaments essentiels à bas prix, peut
avoir des implications importantes dans la lutte antipaludique.

Médecine traditionnelle
Il est important de rassembler autant d’informations que possible sur le rôle de la médecine
traditionnelle dans le domaine du traitement du paludisme :
Quels sont les différents types d’utilisation de la médecine traditionnelle – comment est-elle
utilisée - en comparaison avec la médecine allopathique (occidentale) ?
Les médecins traditionnels ou tradithérapeutes sont-ils organisés officiellement ?
Quels médicaments traditionnels et allopathiques utilisent-ils ?

Les services de santé et la lutte antipaludique

Organigrammes et responsabilités
Les programmes de lutte antipaludique ont leur place dans les systèmes de santé qui travaillent à
partir d’unités centrales responsables des politiques au niveau périphérique avec l’aide du
technicien de santé publique, de l’assistant de santé, des agents de santé de village, etc …
Une bonne compréhension de la manière dont les responsabilités sont définies et du chemin suivi
par les approvisionnements, les directives et les rapports est essentielle pour qu’un programme de
lutte antipaludique puisse définir son action.

Ressources humaines
Puisque la tâche principale de la plupart des programmes de lutte antipaludique contemporains est
de former et de superviser le personnel de santé, il est nécessaire de connaître les éléments suivants
(en incluant les organisations privées, religieuses , non gouvernementales et les services
communautaires, si possible) :
· nombre de travailleurs de santé de différentes catégories
· compétence de chaque catégorie
· distribution en fonction de la région et de la population
· tendances futures auxquelles s’attend le département de planification du ministère de la santé.

Les infrastructures sanitaires et leur distribution
La description du personnel peut être intimement liée à la description des infrastructures
sanitaires :
- infrastructures curatives générales
- infrastructures préventives telles que les institutions sanitaires et les unités d’hygiène
- état de fonctionnalité et orientations futures

Les systèmes de supervision
Dans les services de santé curatifs, la supervision est le garant principal de la qualité. Définissez et
délimitez la responsabilité de la supervision qui est, dans la plupart des pays, attachée au médecin
de district et dépendante de lui. Les quelques éléments clés à vérifier pourraient être :


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La planification de programmes de lutte contre le paludisme. Part.1
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La planification de programmes de lutte contre le paludisme. Part.1

  • 1. WHO/CDS/CPE/SMT/2000.3 Rev.1 Partie I La planification de programmes de lutte contre le paludisme Guide du stagiaire Organisation mondiale de la Santé VIH/SIDA, tuberculose et paludisme Faire reculer le paludisme Juillet 2003 Edition Provisoire
  • 2. © Organisation mondiale de la Santé 2003 Tous droits réservés. Le présent produit d’information sanitaire est destiné à un public restreint seulement. Il ne peut être commenté, résumé, cité, reproduit, transmis, distribué, traduit ou adapté, partiellement ou en totalité, sous quelque forme ou par quelque moyen que ce soit. Les appellations employées dans la présente publication et la présentation des données qui y figurent n’impliquent de la part de l’Organisation mondiale de la Santé aucune prise de position quant au statut juridique des pays, territoires, villes ou zones, ou de leurs autorités, ni quant au tracé de leurs frontières ou limites. Les lignes en pointillé sur les cartes représentent des frontières approximatives dont le tracé peut ne pas avoir fait l’objet d’un accord définitif. La mention de firmes ou de produits commerciaux n’implique pas que ces firmes et produits commerciaux sont agréés ou recommandés par l’Organisation mondiale de la Santé, de préférence à d’autres. Sauf erreur ou omission, une majuscule initiale indique qu’il s’agit d’un nom déposé. L’Organisation mondiale de la Santé ne garantit pas l’exhaustivité et l’exactitude des informations contenues dans le présent produit d’information sanitaire et ne saurait être tenue responsable de tout préjudice subi à la suite de leur utilisation.
  • 3. Table des Matières Table des Matières Préface.............................................................................................................................................. iii Remerciements ................................................................................................................................ vii Introduction ...................................................................................................................................... ix Unité d'apprentissages 1. Introduction à la planification et principes de base de la lutte contre le paludisme................ 3 2. Rédaction du plan.................................................................................................................. 11 3. Analyse de la situation et investigation des problèmes liés au paludisme ............................ 17 4. Stratification .......................................................................................................................... 29 5. Sélection des mesures de lutte antipaludique........................................................................ 39 6. Formulation d’objectifs de réduction de la maladie.............................................................. 53 7. Développement des éléments techniques stratégiques destinés à la réalisation des objectifs ..................................................................................... 59 8. Fixation des cibles opérationnelles ....................................................................................... 67 9. Activités d’appui au programme et les étapes....................................................................... 71 10. Budgétisation du programme ................................................................................................ 75 11. Sélection et définition des méthodes d’évaluation dans la lutte antipaludique..................... 81 12. L’approche "recherche et développement" ........................................................................... 91 13. Cadre général pour la gestion du programme ....................................................................... 97 Annexes 3.1 Estimation du poids représenté par le paludisme en tant que maladie, y compris les coûts ................................................................................................................ 111 3.2 Développement et mise en œuvre d’une politique nationale des médicaments antipaludiques......................................................................................................................... 115 4.1 A propos de la cartographie de la santé.................................................................................. 121 4.2 Liste des caractéristiques essentielles des programmes moderne de lutte ............................. 125 5.1 Action possibles contre les vecteurs....................................................................................... 127 -i-
  • 4. La planification de programmes de lutte contre le paludisme Guide du Stagiaire 5.2 Caractéristiques de certaines interventions de lutte antipaludique........................................ 135 5.3 Evolution de la stratégie de lutte antipaludique .................................................................... 139 10.1 Eléments du budget ............................................................................................................... 141 11.1 Mesures et indicateurs........................................................................................................... 149 12.1 Suggestions pour écrire un protocole de recherche............................................................... 159 12.2 Lecture critique de publications scientifiques....................................................................... 165 13.1 Directives pour développer un plan de mise en œuvre ......................................................... 171 - ii -
  • 5. Préface Préface De nos jours, le paludisme est la maladie parasitaire tropicale de loin la plus répandue. Elle menace au moins quatre personne sur dix dans le monde. C’est une maladie tueuse, particulièrement en Afrique tropicale où surviennent 90% des cas mondiaux. Dans les pays endémiques , cette maladie doit être contrôlée car elle mine l’état de santé général et le bien-être des familles ; en effet elle affaiblit les populations et épuise les ressources économiques des pays et des gens. Dans chaque pays, les services de santé nationaux doivent être de premier ordre pour être capables de gérer le paludisme comme un problème de santé prioritaire et les communautés doivent être bien soutenues afin de pouvoir prendre des mesures préventives. Il est nécessaire de mettre en place des systèmes qui réfèrent très vite le patient dont l’état le nécessite, qui surveillent l’efficacité des médicaments, qui identifient rapidement des tendances épidémiologiques inhabituelles, qui gèrent les épidémies et qui maintiennent les travailleurs de santé à jour et en alerte. Durant les années 90, l’Organisation mondiale de la Santé a développé une Stratégie Mondiale de Lutte contre le Paludisme qui a été adoptée, en 1992, à la Conférence Ministérielle sur le Paludisme, tenue à Amsterdam. Cette stratégie a été ensuite avalisée par l’Assemblée Mondiale de la Santé en 1993 et par l’Assemblée Générale des Nations Unies l’année suivante (1994). Les chefs d’états et de gouvernements de l’Organisation de l’Unité Africaine, composée de 53 pays, ont pleinement soutenu la stratégie mondiale qui a culminé (1997) dans la Déclaration d’Harare sur la Prévention et la Lutte contre le Paludisme dans le contexte du Redressement et du Développement de l’économie africaine. La Stratégie Mondiale se compose des quatre éléments fondamentaux suivants : Ø le diagnostic précoce et le traitement rapide, Ø la planification et la mise en œuvre de mesures de prévention sélectives et durables, y compris une action antivectorielle, Ø la détection rapide des épidémies et les mesures permettant de les circonscrire rapidement, Ø le renforcement des capacités locales dans le domaine de la recherche fondamentale et appliquée afin de permettre et d’encourager la réévaluation régulière de la situation du paludisme dans les pays et, en particulier, les déterminants écologiques, sociaux et économiques de la maladie. Ces éléments de base forment la substance de tout programme de lutte. Cependant, pour être efficaces, les programmes de lutte doivent être bien planifiés et reposer sur une bonne connaissance de la situation. Les approches à exécuter doivent être élaborées de façon identique. Ce module a été développé dans ce but. Les principes qui sous-tendent ceci permettront le développement de programmes propres à chaque situation, lesquels seront suffisamment flexibles pour prendre en compte la variabilité épidémiologique et la disponibilité des ressources. Ce module de formation peut servir de guide pratique pour la planification et la re- planification de programmes de lutte contre le paludisme dans toute situation. - iii -
  • 6. La planification de programmes de lutte contre le paludisme Guide du Stagiaire Il est destiné aux professionnels de la santé et aux planificateurs des soins de santé à un niveau national , ceux qui sont responsables de la planification, de l’exécution, de l’évaluation et de la re-planification des programmes nationaux de lutte dans les pays endémiques. Il est utile aussi pour les partenaires internationaux confrontés au défi d’aider les pays à élaborer ou à ré-élaborer des programmes de lutte. Bien que ce module soit centré sur le paludisme, un grand nombre de principes de planification peuvent être appliqués à la lutte contre les autres maladies parasitaires, spécialement celles transmises par des vecteurs. Le module est constitué d’une première partie, le guide de l’étudiant et d’une seconde partie, le guide du professeur et des facilitateurs. Dans le guide de l’étudiant, les chapitres d’apprentissage suivent un processus de pensée séquentielle aboutissant à une planification. Ceci peut être difficile à suivre et la pleine compréhension du processus peut prendre du temps. Une fois que l’étudiant aura eu l’occasion d’exécuter la planification de cette manière, étape après étape, il réalisera inévitablement sa valeur et ses applications potentielles dès la fin de tout l’exercice. La seconde partie, le guide du professeur, fournit à celui-ci des lignes de conduite pour la planification anticipée des activités de formation ; prise de dispositions nécessaires avant chaque chapitre, préparation des instruments d’évaluation, préparation du travail de terrain et de l’approche réelle de la formation chapitre par chapitre. La planification peut être très complexe et difficile à comprendre pour les étudiants, surtout s’ils ne sont pas habitués à une pensée logique et ne sont pas sensibles au détail. C’est pourquoi, les facilitateurs doivent non seulement aider à la compréhension mais aussi encourager le développement de ce qui pourrait être pour certains, un nouveau mode de pensée. La manière la plus facile, pour chaque étudiant, d’arriver à ce résultat est de s’exercer sur une série de données et d’élaborer un plan de lutte. A chaque étape du travail, les participants devraient être invités à partager leur travail avec les autres afin de susciter une discussion entre eux. Cette remarque est surtout valable pour les facilitateurs car des zones de malentendus pourront apparaître et être corrigées. Tout ceci prend du temps et il faut qu’il en reste assez pour le programme. Il y a beaucoup de manières de planifier selon la méthodologie proposée dans ce module ; cette méthodologie est basée sur de nombreuses années d’expérience et repose sur deux prémisses. La première est que le planificateur planifie avec les ressources disponibles ou mobilisables. Le plan devrait donc déboucher sur une meilleure utilisation des ressources existantes. La seconde est que le planificateur planifie avec l’information et les données disponibles et ne perd ni temps ni argent à récolter de nouvelles données. Pendant le processus de planification décrit dans ce module, des lacunes dans l’information vont apparaître ; celles-ci devraient faire partie des nouvelles données à faire récolter dans le futur, par le système d’information qui est un élément important du plan. Ce module est donc consacré au développement de plans pour les programmes nationaux afin de leur donner une direction qui justifiera l’autorisation d’allocation des ressources disponibles et la responsabilisation des dépenses. Ceci pour dire que le produit fini du processus de planification est un authentique plan pour la lutte antipaludique à travers un pays tout entier. Le même processus peut être appliqué à un état ou à une province si le pays est très grand. La planification réclame le travail d’une équipe multidisciplinaire, mené sur une période de deux - iv -
  • 7. Préface ou trois mois. Les secteurs extérieurs à la santé doivent être impliqués puisque le paludisme n’est pas strictement un problème de santé mais aussi un problème qui a des conséquences sociales et économiques ainsi que sur le développement. Une fois approuvé et financé, le processus d’exécution du plan national commencera par des microplanifications pour le développement de plans d’exécution aux différents niveaux administratifs. De tels plans couvrent une zone administrative et sont très détaillés ; ils comprennent les techniques et les méthodes à utiliser. Le chapitre 13 fournit quelques directives sur le développement d’un plan d’exécution, mais ce n’est pas le but principal de ce module. -v-
  • 8. La planification de programmes de lutte contre le paludisme Guide du Stagiaire - vi -
  • 9. Remerciements Remerciements Le fond et la forme de ce module de formation sont l’œuvre du Dr P. F. Beales. Ce module est basé sur des publications des 15 dernières années alors qu’il enseignait le sujet à des professionnels de la santé dans des cours internationaux. Un grand nombre parmi ces professionnels de la santé étaient des gestionnaires de programmes. Des éléments supplémentaires ont été inclus à partir du « guide pour la planification de programmes de lutte antipaludique en Afrique »1 que l’auteur a élaboré avec le Dr A. Schapira en 1994. Les notes de l’étudiant et du professeur ont été progressivement modifiées au cours du temps, en fonction des réactions de nombreux étudiants. L’auteur voudrait remercier tous les anciens étudiants pour leur contribution à ce travail dont bénéficieront les générations futures. Des contributions spécifiques à partir de discussions verbales et écrites ont été apportées par le Dr Awash Teklehaimanot, le Dr Elil Renganathan, le Dr F. Rio et le Dr Ch. Delacollette. Cette édition est un essai destiné à l’utilisation pratique pendant un ou deux ans avant l’édition finale. Les commentaires et suggestions faisant suite à une expérience d’utilisation de ce matériel seraient bienvenus et devraient être adressés au groupe de travail sur la lutte contre les maladies transmissibles, OMS, 1211 Genève 27, Suisse. Le développement et la reproduction de ce module ont été appuyés par une contribution financière de la Banque Mondiale. 1 Beales P.F. (1988) : The planning of malaria control . In: Werndorfer & Mcgregor, Malaria, Vol.2. Edinburgh, Churchill Livingstone, 1988: 1287-1334 - vii -
  • 10. La planification de programmes de lutte contre le paludisme Guide du Stagiaire - viii -
  • 11. Introduction Introduction Ce guide du professeur est principalement destiné à aider les formateurs responsables du développement des ressources humaines nécessaires dans le domaine du paludisme et d’autres maladies tropicales endémiques, pour la planification, la mise en œuvre, l’évaluation et la re-planification de programmes de lutte. Ce guide devrait être utile, même au formateur le plus expérimenté et sera très précieux pour ceux qui ne sont pas habitués à l’enseignement sous forme participative. Le module peut être utilisé de plusieurs manières et il peut être adapté au niveau de départ des participants, niveau mis en évidence lors de l’évaluation préliminaire. Il peut être utilisé pour une formation unique dans le domaine du paludisme ou faire partie d’un cours plus vaste. Après un cours de formation formel, les étudiants peuvent utiliser le «guide de l’étudiant» comme manuel de référence ; si leurs responsabilités incluent la formation, les étudiants devraient aussi recevoir le «guide du professeur » mais, de préférence, à la fin de la formation. Dans la philosophie de ce module, l’approche est orientée vers la résolution des problèmes. Il s’agit d’un apprentissage très peu tourné vers les tâches. Pourtant, certains ont des difficultés à comprendre le sujet. Ceux qui sont déjà bien organisés et pensent logiquement éprouveront peu de difficultés à maîtriser le sujet ; les autres devront travailler beaucoup plus dur pour atteindre tous les objectifs d’apprentissage. Comme professeur, vous devrez très vite identifier ceux de vos étudiants qui risquent d’avoir des difficultés et être prêt à travailler avec eux durant les sessions pratiques sur le terrain. Il est utile d’être entouré de deux facilitateurs. Cependant, même s’il s’agit de gens expérimentés, vous devrez leur donner des instructions très précises tout au long de la formation. Le professeur et les facilitateurs fournissent des directives et, en général, n’exercent pas de fonctions de support. La séquence apprentissage/enseignement n’est pas didactique. Si vous n’êtes pas familier de ce système de formation, lisez attentivement cette introduction. Il est important que vous lisiez aussi l’introduction du guide de l’étudiant et que vous en connaissiez le contenu à fond même si vous êtes un formateur expérimenté et si votre expérience en la matière est importante. A qui ce module de formation est-il destiné ? Le module est destiné aux professionnels de la santé qui, au cours de l’exercice de leur métier, ont quelque responsabilité dans la planification et l’évaluation de programmes antipaludiques ou de programmes destinés à lutter contre d’autres maladies causées par des vecteurs. Il sera également utile comme partie de la formation de base des gestionnaires de programme ou comme partie d’un programme de formation plus large en malariologie de base. Quel est le niveau d’éducation idéal des étudiants ? Il n’est pas possible de planifier un programme contre une maladie quelconque sans avoir une bonne connaissance de cette maladie, de son épidémiologie (y compris la parasitologie et l’entomologie), de ses caractéristiques cliniques, de son diagnostic, de sa prévention, de son traitement et de sa guérison. Il n’est pas non plus possible de planifier sans une connaissance de base en statistiques. On supposera donc que les participants auront les compétences et les - ix -
  • 12. La planification de programmes de lutte contre le paludisme Guide du Stagiaire aptitudes dans ces domaines avant le démarrage du module de planification. Si le module est utilisé comme partie d’un cours de base plus large sur le paludisme, il devrait être abordé en dernier lieu puisqu’il apporte aux participants l’opportunité d’utiliser tout ce qu’ils ont appris dans le cours de base. Le niveau de départ dépendra donc de l’utilisation de ce module comme partie d’un cours de base ou comme seul exercice de formation. Dans le dernier cas, les participants doivent avoir un solide bagage d’aptitudes et de compétences en malariologie car le module n’enseigne pas les bases. Donc le niveau d’entrée sera celui du personnel de santé doté d’une formation de base en malariologie et en épidémiologie du paludisme. En dehors des qualifications éducationnelles, il est important que les étudiants : Ø soient capables de lire, de comprendre et d’écrire l’anglais ou toute autre langue utilisée dans ce module, s’il est traduit. Ø aient eu une expérience dans le domaine de la mise en œuvre d’un programme antipaludique ou de certains aspects de cette mise en œuvre. Ø soient responsables dans le futur de certains aspects de la planification dans lesquels cette formation sera bien exploitée. Comment la formation est-elle conçue ? Les objectifs principaux de la formation sont répertoriés dans l’introduction du guide de l’étudiant. Veuillez vous arrêter et la lire maintenant. Le module est conçu pour stimuler l’apprentissage actif par le travail sur des données récoltées par chaque participant dans la zone où il travaille (voir l’introduction du guide de l’étudiant). Ce procédé donne plus de sens à la formation pour chaque élève et ajoute un élément très précieux au processus d’apprentissage ; cet élément est la « variabilité ». Les étudiants apprennent les caractéristiques saillantes du processus de planification et à chaque étape, ils ont l’opportunité de mettre en pratique ce qu’ils ont étudié, en développant un plan national de lutte antipaludique à titre d’exercice. En même temps, ils ont l’occasion de partager ce qu’ils ont accompli ainsi que les problèmes et difficultés rencontrées avec les autres étudiants. Ils peuvent donc apprendre les uns des autres. Ceci à titre de renforcement. Il est crucial qu’aucun étudiant ne soit à la traîne ; tous doivent participer activement et être productifs selon un horaire donné. Ceci fait partie de la discipline de la planification. Ce type de formation est performant et très efficace. Au départ, la plupart des étudiants seront effrayés devant la totalité du processus et inquiets à l’idée d’exposer leur ignorance. Il est vital que vous, le professeur, vous les mettiez à l’aise à ce propos. Il est également vital et cela fait partie de la philosophie de la planification que vous insistiez pour que tous les étudiants, indépendamment de leur statut, respectent les délais (en fonction de l’horaire connu par tous bien à l’avance) pour produire leur travail. Ils vous diront tous qu’ils ont trop peu de temps et des données insuffisantes. Ce n’est pas vrai. Une partie du processus éducationnel consiste à apprendre la gestion du temps et à en faire un usage judicieux ainsi qu’à planifier avec les données déjà disponibles et avec celles qu’on pourra rassembler. La plupart de ces données peuvent être imprécises et ne reposer que sur l’expérience personnelle. Si ce peu de données est tout ce qui est disponible, elles peuvent être utilisées pour la planification mais le plan doit alors inclure la récolte des données pour combler les zones d’ignorance. Une nouvelle planification peut avoir lieu à la -x-
  • 13. Introduction fin de la première des deux années de mise en œuvre sur la base des nouvelles données rassemblées pendant la lutte contre la maladie. Au début de chaque unité d’apprentissage du guide de l’étudiant, se trouve une liste d’objectifs d’apprentissage. Les objectifs d’apprentissage résument la connaissance, les aptitudes et les attitudes que chaque étudiant devrait avoir acquises en arrivant à la fin de chaque chapitre. Vous-même et vos facilitateurs devez vous assurer vous-même de ce que chaque étudiant a atteint les objectifs fixés avant d’aborder le chapitre d’apprentissage suivant. Ceci est particulièrement important car chaque chapitre d’apprentissage dépend de ce que les élèves comprennent et du fait qu’ils développent les compétences nécessaires à la mise en œuvre de ce qui est décrit dans le chapitre qui précède. Qui dirige le cours ? Vous-même êtes responsable de l’organisation et du déroulement de cette activité de formation. Les guides de l’étudiant et du professeur vous aideront beaucoup dans ce travail mais le résultat final dépendra de vos efforts. C’est peut-être la première fois que vous organisez et menez un cours de ce genre ou bien vous êtes un professeur expérimenté. Dans les deux cas, l’importance d’utiliser simultanément le guide de l’étudiant et du professeur pendant que vous progressez à travers les chapitres d’apprentissage ne peut être sous-estimée. Qui vous aide à la formation ? Votre travail sera plus facile et votre enseignement plus efficace si vous avez l’aide de collègues compétents pourvu que vous soyez tous bien coordonnés et instruits de manière adaptée. Ces assistants, qui devraient avoir certaines connaissances et expérience du sujet, sont appelés des facilitateurs. Vous pouvez diviser les étudiants en trois petits groupes de 7 personnes au maximum. La classe ne devrait pas être plus peuplée car il sera très difficile d’enseigner ce sujet dans le temps imparti si c’est le cas. Vous pouvez vous occuper d’un groupe et vos deux facilitateurs des deux autres groupes. Ceci permet une plus grande interaction entre les étudiants, le professeur et les facilitateurs et débouchera sur un meilleur apprentissage et une meilleure compréhension. A titre de gestionnaire principal du programme de formation, vous serez responsable de mettre l’horaire sur pied, d’expliquer les tâches d’apprentissage aux étudiants et aux facilitateurs et de leur fournir l’aide dont ils ont besoin, quelle qu’elle soit. Ne vous souciez pas du fait que les facilitateurs ne sont pas formés comme professeurs ; leur travail est d’expliquer ou démontrer une activité particulière, de garder le groupe ou un individu en particulier sur la bonne piste et d’observer les étudiants au cours de leurs différentes activités. Les facilitateurs doivent être préparés à reconnaître devant les étudiants les choses qu’ils ignorent ou ne comprennent pas et être prêts à en référer à vous, le professeur. Mettez dans la tête de vos facilitateurs que l’ampleur du sujet fait que personne ne peut prétendre tout connaître à son propos. Les facilitateurs devraient aussi susciter des idées et des opinions à propos du sujet chez les autres étudiants du groupe et par ce moyen, partager des connaissances et des expériences collectives. Beaucoup de problèmes potentiels peuvent être évités en sélectionnant les facilitateurs assez tôt, en leur donnant beaucoup de temps pour lire les guides du professeur et de l’étudiant et en leur fournissant l’occasion de discuter avec vous de toute partie du module qui pourrait - xi -
  • 14. La planification de programmes de lutte contre le paludisme Guide du Stagiaire nécessiter une clarification. Une bonne idée serait de parcourir le module ensemble, vous et les facilitateurs ; vous pourriez alors tester leur connaissance en leur posant les questions appropriées. Lors des séances en petit groupe, ni le professeur ni les facilitateurs ne mènent les discussions ; c’est le travail du modérateur qui devrait être choisi à l’intérieur du groupe et devrait permuter avec un autre membre du groupe à chaque réunion, de manière à ce que tous les élèves bénéficient de l’expérience. Pourquoi procurer un guide de l’étudiant ? Fournir aux étudiants une série complète de notes garantit que: Ø tous les étudiants ont le même matériel de base et les mêmes directives sur la manière de faire ; ils peuvent donc éviter une prise de notes inutile, consommatrice de temps et distrayante Ø vous et les facilitateurs, vous pouvez vous référer à n’importe quelle page du guide de l’étudiant, sachant que tous les étudiants peuvent trouver rapidement la bonne page Ø les étudiants peuvent lire le guide de l’étudiant à l’avance et gagner ainsi du temps pour la clarification, les discussions et la formulation d’idées. Cette technique offre une plus grande opportunité de comprendre le sujet et il y a moins de prises de notes durant la session Ø il y a moins de chance que les étudiants fassent des erreurs en prenant note Ø après la formation, chaque étudiant peut avoir une copie du guide de l’étudiant et du guide du professeur afin de l’utiliser à titre de référence et peut-être aussi pour former les autres. Comment le sujet sera-t-il enseigné ? Cet aspect des choses est traité en détails dans le guide de l’étudiant. Veuillez vous arrêter et lire ce chapitre maintenant. Comme il est dit dans le guide de l’étudiant, il y a peu de place pour des conférences didactiques formelles dans l’enseignement de ce sujet. Il y aura des séances d’instruction pour donner des directives à propos du processus de planification avant la pratique réelle des étudiants. L’utilisation d’exemples, d’expériences partagées, d’exercices de groupe, de discussion de groupes et d’exercices individuels sont tous une méthode d’enseignement beaucoup plus efficace et facilitent grandement l’apprentissage. Comment saurez-vous si le cours a été un succès ? Juger de la réussite du cours est difficile et implique qu’on puisse répondre aux questions suivantes : QUELLE A ETE LA QUALITE DE L’APPRENTISSAGE PAR LE GROUPE ? Ceci peut être estimé par l’évaluation de la performance des étudiants pendant leur travail tout au long des unités d’apprentissage et une nouvelle fois à la fin de la formation, par l’évaluation des niveaux de connaissance et de compétence atteints. Les présentations individuelles de travaux en séance plénière, pendant le processus de formation et à la fin, peuvent être évalués par le professeur et par les facilitateurs Des pré et des post-tests seront également une mesure des progrès réalisés et vous trouverez des exemples de questions - xii -
  • 15. Introduction possibles dans l’annexe 1. De plus amples détails sur l’évaluation sont donnés plus tard dans le guide du professeur et le guide de l’étudiant. Une évaluation ultérieure sera faite 12-18 mois plus tard pour évaluer la manière dont les étudiants ont retenu leurs connaissances et dont ils ont amélioré leurs compétences et leurs aptitudes. COMMENT LES ELEVES ONT-ILS PERÇU LA FORMATION ? La réponse à cette question vous fournira les moyens d’améliorer la formation pour les groupes d’élèves suivants, à différents points de vue. Elle vous aidera à corriger les problèmes administratifs qui peuvent se présenter, les déficiences dans les contenus du cours, les défauts de mise en œuvre du cours, les carences dans la capacité des professeurs et des facilitateurs à former, les défauts dans le matériel de formation et les aides visuelles. Un questionnaire approprié est proposé dans l’annexe 2 et vous pouvez l’améliorer avant le cours. Il faut encourager la franchise ; la solution la plus facile à cet égard est la formule des questionnaires anonymes. Le temps imparti pour répondre à toutes les questions devrait être suffisant et la période du cours où on donne le questionnaire est cruciale. Ne demandez pas aux élèves de compléter le questionnaire quand ils sont stressés par le temps pour produire leur plan ; faites un post-test ou demandez-leur de faire une présentation de leur travail. D’un autre côté, vous avez besoin de temps pour analyser les résultats et leur en fournir une rétro-information en session plénière pour évaluer la valeur des réponses. La rétro-information fournie pendant la formation vous permettra d’évaluer la manière dont la formation est ressentie par les élèves et permettra aussi de réaliser les améliorations nécessaires. La rétro-information reçue à la fin de la formation vous aidera à améliorer les cours futurs. Si vous avez préparé votre programme de formation avec soin, la rétro- information est susceptible d’être favorable, ce qui est gratifiant pour vous et pour les facilitateurs. Quelle que soit la manière dont la politique gouvernementale considère la récompense d’un certificat de compétence, certains rapports d’assistance au cours et de niveau de compétence atteints par chaque étudiant devraient être tenus à jour pour que les détails puissent être vérifiés plus tard. Bien qu’il s’agisse d’éducation d’adultes et que les étudiants soient supposés étudier, il n’y a aucune raison de ne pas maintenir une discipline. Le niveau de présence requis devrait être noté depuis le début et les présences vérifiées. Ce sujet est très exigeant pour le formateur comme pour l’élève et votre travail sera plus difficile s’il y a un pourcentage assez important d’absentéisme. Comment le guide du professeur et celui de l’étudiant peuvent-ils être utilisés ? Le guide de l’étudiant est l’outil de travail de base pour les étudiants. Ceux-ci doivent travailler avec ce guide depuis le début jusqu’à la fin et chacun devrait être suffisamment discipliné pour lire à l’avance les sections relatives au programme du jour. Le guide de l’étudiant est aussi un livre de référence pour une utilisation quotidienne et encore un moyen de se rafraîchir la mémoire avant, par exemple, une session de planification. Le guide du professeur ne contient aucune information de plus. Toutes les informations sont dans le guide de l’étudiant. Pourtant, le guide du professeur contient bien les réponses aux questions des examens et à certains exercices ; par conséquent, il est fortement conseillé que les étudiants n’aient pas accès au guide du professeur avant que le cours ne soit terminé. A ce moment-là, on pourra leur en donner une copie qu’ils pourront emporter, avec l’espoir qu’ils l’utiliseront pour former d’autres étudiants. Le guide du professeur est initialement destiné à - xiii -
  • 16. La planification de programmes de lutte contre le paludisme Guide du Stagiaire aider le professeur à planifier, mettre en œuvre et évaluer la formation dans le domaine de la planification des programmes de lutte antipaludique. Il faudrait en faire un usage maximal dans ce but. Un grand nombre de suggestions trouvées dans chaque unité sont basées sur des années d’expérience. Vous-même et les autres membres du corps enseignant devriez faire plein usage de ces deux guides. Tout domaine difficile à enseigner peut avoir besoin de certains supports visuels spéciaux pour faciliter le processus d’apprentissage. Les étudiants suivront les activités de formation en groupe en utilisant le guide de l’étudiant plus toutes les autres instructions que vous leur fournirez. Il est conseillé de fixer des tâches de lecture avant le début de chaque nouvelle unité. Qu’est ce que le syllabus ? La table des matières du guide de l’étudiant représente le syllabus; la liste des sujets à couvrir pour le cours de formation. Parcourez chaque chapitre d’apprentissage ; calculez combien de temps vous devrez y consacrer et décidez du type d’activité de formation qui sera la mieux adaptée au sujet. La planification de l’activité de formation est donc grandement facilitée par la division du module en un certain nombre de chapitres. L’ordre de succession de ces chapitres est important. Si plus d’un professeur est impliqué, l’horaire ne devrait pas être fait en fonction de la disponibilité des professeurs ; il appartient à ceux-ci de se libérer eux-mêmes pour pouvoir enseigner le sujet en question au moment le mieux indiqué dans le processus d’apprentissage. Le temps représentera toujours une contrainte, spécialement pour les étudiants. On peut gaspiller beaucoup de temps pendant les séances de travail de groupe et donc le strict respect du temps imparti est déjà une discipline que tous les étudiants doivent respecter. Une bonne organisation du travail de groupe et des instructions très claires quant aux conséquences de l’exercice garantiront le meilleur usage possible du temps réservé à cette activité. Différentes techniques de formation peuvent être utilisées pour l’enseignement de ce module ; veuillez trouver ci-dessous une liste de quelques techniques que vous pouvez prendre en considération ; Discussion de groupe Une fois que les participants ont pris l’habitude des discussions de groupe, les échanges d’information entre eux et les facilitateurs font qu’il y a une réelle activité d’apprentissage. Les élèves partagent leurs connaissances et leurs expériences avec le reste du groupe et stimulent leur activité intellectuelle mutuelle sur le sujet dont ils se préoccupent. Pourtant, les objectifs doivent être clairs et le temps imparti y être lié. Travail sur le terrain Mener une analyse de situation sur le terrain est très utile. Son but est de donner aux étudiants l’opportunité d’expérimenter le processus analytique qui forme la base de la planification. Plus ils mettent de techniques en œuvre, plus ils acquièrent de compétences dans la mise en pratique de tout ce qu’ils ont appris et expérimenté. La formation sur le terrain doit être bien planifiée à l’avance ; il faut être sûr que les données seront disponibles et que les autorités gestionnaires et le personnel médical sont d’accord et - xiv -
  • 17. Introduction bien informés au sujet des visites des services administratifs et des infrastructures de santé que vous ferez. De plus, vous-même, comme professeur, devriez mettre les participants en garde avant d’aller sur le terrain, pour qu’ils se conduisent de manière professionnelle ; qu’ils ne critiquent pas les méthodes et ne discutent pas les conditions des patients alors qu’ils sont encore sur les lieux. Toutes les discussions et observations critiques devraient être faites au retour dans la classe ou dans la résidence. Il faudra plusieurs mois pour organiser les sites de formation sur le terrain ; trois districts différents, au moins, sont nécessaires pour héberger tous les élèves divisés en trois équipes. Un facilitateurs national devrait être attaché à chaque groupe pour aider les élèves dans les problèmes quotidiens de vie et de travail qu’ils peuvent rencontrer sur le terrain. Dans chaque district choisi, les autorités locales devraient être informées de la visite bien à l’avance. Il faudrait leur demander de préparer les informations et les données des trois dernières années sur tous les éléments que nécessite une analyse de situation (voir chapitre 3). La personne responsable de la lutte antipaludique dans le district et le médecin de district devraient être invités à instruire les élèves dès leur arrivée sue le terrain. Il sera de la responsabilité de chaque facilitateur d’avoir toutes les données disponibles et de ne les fournir aux élèves qu’en cas de demande comme il est stipulé dans l’introduction du guide de l’étudiant, «comment ce sujet sera enseigné; travail sur le terrain ». Le rôle joué par les facilitateurs est extrêmement important pour que l’expérience sur le terrain soit aussi rentable que possible. Un chef d’équipe devrait être choisi parmi les participants, dans chaque équipe. Chaque étudiant devra partager les responsabilités et s’assurer que l’analyse est menée convenablement dans le temps imparti. Chaque équipe devra rédiger l’analyse de la situation et présenter ses résultats en séance plénière dès le retour à l’endroit de formation. L’utilisation d’ordinateurs portables faciliterait beaucoup la tâche, non seulement pour le traitement de texte mais aussi pour l’analyse des données et les présentations graphiques. Démonstrations, exemples Ils sont destinés à renforcer le processus d’apprentissage. Des exemples précis aident à clarifier les concepts et à établir les principes. Le professeur et les facilitateurs devraient avoir beaucoup d’exemples prêts à l’usage mais les étudiants devraient aussi être invités à donner des exemples. Cette dernière proposition crée un renforcement beaucoup plus fort. Evaluation Que ce module soit utilisé pour la formation de groupe ou pour l’apprentissage individuel, l’évaluation des progrès réalisés par l’étudiant au point de vue de l’acquisition de connaissances et de compétences dans la matière vue, est essentielle pour lui comme pour le professeur. L’évaluation peut se faire au moyen d’un pré-test sous la forme d’un questionnaire à choix multiples (QCM), proposé avant que l’étudiant ne lise le guide de l’étudiant ou tout autre documentation sur le sujet. Pour que ce travail soit valide, il doit être bien clair que l’étudiant doit le réaliser tout seul. Des directives sur la manière de préparer des questions à choix multiple et quelques exemples sont proposés dans l’annexe 1. Le post-test ne devrait être soumis aux étudiants qu’après que tous les chapitres aient été vus. Les résultats du pré-test devraient être mis à profit de deux manières. Le professeur peut les utiliser pour déterminer le niveau général de connaissance du sujet parmi les membres du - xv -
  • 18. La planification de programmes de lutte contre le paludisme Guide du Stagiaire groupe et pour avoir une indication des zones généralement faibles qui demandent une attention renforcée, ainsi que des zones où la connaissance générale est suffisante pour qu’on puisse relâcher un peu l’attention. Ce stade est atteint quand la classe tout entière répond correctement à chaque question. Les résultats pourraient donc aussi être utilisés pour identifier les individus qui pourraient jouer le rôle de facilitateurs pour certains sujets et ceux qui peuvent avoir besoin d’une instruction spéciale. L’autre usage principal du pré-test est d’avoir une base de comparaison pour mesurer l’acquis dans la connaissance et les compétences à la fin de la formation, tels qu’ils seront mesurés dans le post-test. Pour être valides, les questions du post-test devraient être du même niveau de difficulté que celles du pré-test et les deux tests devraient être donnés dans les mêmes conditions et dans le même espace de temps. La seule manière d’être sûr que les questions du post-test sont du même niveau de difficulté que celles du pré-test, est de donner les mêmes questions, mais dans un ordre différent. Dans le cas d’un questionnaire à choix multiple, il faut donner les questions et les réponses dans un ordre différent aussi. Il est donc essentiel que les pré-tests soient récoltés et gardés par les organisateurs (pas par les participants). En tous cas, il n’est pas nécessaire que les participants connaissent les réponses aux questions du pré-test jusqu’à la fin de la formation. Pourtant, les étudiants devraient avoir une rétro-information à propos des domaines faibles sur lesquels ils devraient se concentrer. Vous-même, comme professeur, vous êtes encouragé à développer une banque de questions qui peuvent être utilisées pour les pré et post-tests dans des sessions de formation ultérieures. Les réponses à l’échantillonnage des questions des pré et post-tests sont fournies séparément dans le guide du professeur pour vous permettre de reproduire les questionnaires facilement. Les réponses sont considérées comme de valeur égale et valent donc le même nombre de points. Il est essentiel pour la validité de l’évaluation que la confidentialité soit respectée à chaque étape. On peut utiliser d’autres instruments d’évaluation pour évaluer le module de formation lui- même , par exemple un questionnaire intégré complété par tous les étudiants à la fin de chaque unité d’apprentissage. Des exemples de questionnaires de ce type peuvent être obtenus dans le département du développement des ressources humaines, division de la lutte contre les maladies tropicales, siège de l’OMS, à Genève. La méthode de formation proposée dans ce guide du professeur se prête d’elle même à une évaluation facile de la connaissance, des compétences et des aptitudes de chaque étudiant pris individuellement. La raison en est qu’ils veulent tous être actifs en classe durant la présentation de leur travail individuel et la discussion qui s’ensuit. Cette évaluation peut être guidée par le professeur et utilisée pour vérifier que tous les élèves s’approchent des niveaux standards fixés et que personne n’est laissé en arrière. A la fin de la formation, chaque étudiant devrait présenter le plan qu’il ou elle a développé. Voilà encore une occasion d’évaluation. Finalement, comme nous l’avons expliqué dans le guide de l’étudiant, chacun aura l’opportunité d’évaluer la formation dans son entièreté, depuis son administration et sa planification jusqu’au programme d’enseignement et la manière dont les professeurs et les facilitateurs l’ont mis en œuvre. - xvi -
  • 19. Introduction Introduction au cours Votre toute première session avec les étudiants dans la salle de réunion devrait se faire avec les sièges disposés en demi cercle comme c’est indiqué dans le schéma. Si les chaises ne sont pas munies de support fixe pour prendre note, il serait utile de pouvoir disposer de petits bureaux ou de tables. Tout d’abord, présentez-vous. Ecrivez votre nom sur le tableau ou le FLIPCHART et parlez quelque peu aux élèves de votre parcours et de votre travail. Demandez ensuite aux facilitateurs de faire de même. Après cela, les élèves devraient se présenter eux-mêmes. Il pourrait être utile de les assembler par paire et de leur demander d’échanger leurs noms, des informations à propos de leur travail, de la ville où ils habitent etc. Chaque étudiant peut alors présenter son ou sa partenaire au groupe tout entier. Cette méthode a souvent pour effet de réduire la tension et une atmosphère détendue est aussi une bonne atmosphère d’étude. Les étudiants auront reçu leurs copies du guide de l’étudiant. Laissez-leur 10 minutes pour lire son introduction et ensuite, brièvement mais soigneusement, parlez leur des différents sujets couverts. Il faut que vous leur expliquiez, par exemple, que le travail en petits groupes avec des facilitateurs est un bon moyen pour faciliter l’apprentissage. Mettez l’accent sur le fait que le cours va comprendre un grand nombre d’exercices, puisque c’est bien la meilleure manière d’acquérir les compétences nécessaires. Parcourez les objectifs de telle sorte que les étudiants comprennent exactement ce qu’ils devraient avoir réalisé à la fin du cours. Expliquez-leur qu’ils devraient garder ces objectifs à l’esprit tout au long du cours et toujours demander de l’aide s’ils ont des doutes à propos de leur réalisation. Chaque étudiant est susceptible d’être plus conscient que les facilitateurs de la manière dont il ou elle a compris un sujet particulier ou a maîtrisé une compétence précise ; le travail des facilitateurs est de rendre le processus d’apprentissage aussi efficace que possible. Vous avez peut-être envie d’aborder d’autres sujets à ce moment précis mais il faut essayer aussi d’encourager les étudiants à discuter le programme de formation–ce qu’ils en attendent, quels aspects du programme les contrarient, etc. Expliquez que vous et les facilitateurs accueillerez la rétro-information tout au long du cours- une critique constructive de la part des étudiants peut vous aider à améliorer le programme de formation. Il faut leur parler de la préparation des plans individuels pour un programme de lutte antipaludique à l’endroit où ils travaillent, sur la base des informations qu’il leur a été demandé d’amener avec eux au moment où ils ont été sélectionnés pour cette formation. Expliquez-leur que la planification doit être basée sur les informations disponibles et qu’ils ne devraient pas se soucier de ne pas avoir toutes les informations dont ils auraient voulu disposer. Avertissez-les du fait qu’ils doivent progresser à la même allure que la classe et utiliser les soirées et les week-ends pour réfléchir à leurs plans. Informez-les du fait qu’on leur demandera de présenter certains aspects de leur plan durant le cours et le plan entier à la fin du cours. Expliquez qu’il s’agit d’un exercice, qu’ils devraient s’en réjouir et acquérir autant d’expérience que possible par l’observation de leurs pairs et les discussions avec eux et aussi avec les professeurs et facilitateurs. Le développement et la présentation de ces plans n’implique en aucune façon que les plans ont été approuvés pour une quelconque mise en œuvre. Expliquez-leur que la planification est un travail de groupe qui demande la contribution de tous les secteurs, y compris les secteurs extérieurs à la santé et devrait normalement s’étendre sur plus ou moins trois mois. - xvii -
  • 20. La planification de programmes de lutte contre le paludisme Guide du Stagiaire La préparation d’un plan de lutte par chaque étudiant est une importante discipline à acquérir et une activité d’apprentissage fondamentale. Le produit final reste confidentiel au cours et chaque étudiant devrait donc se sentir libre de planifier en fonction de ses propres initiatives et en se basant sur ses connaissances et ses aptitudes. Maintenant, travaillez l’horaire, discutez les besoins identifiés des participants et arrivez à un consensus au sujet de l’utilisation du temps. Finalement, il faut parler aux étudiants de l’évaluation. Expliquez-leur que l’évaluation sera un processus continu d’un bout à l’autre du cours. Mettez l’accent sur le fait que les pré et post-tests devraient les réjouir plutôt que les effrayer ; ils font partie de l’expérience d’apprentissage. Leur but est de vous permettre ainsi qu’aux facilitateurs d’évaluer le niveau de départ des étudiants, de corriger les erreurs et de clarifier les malentendus. Focalisez-vous sur l’importance pour les étudiants de lire toutes les questions (ainsi que toute instruction supplémentaire) très soigneusement. Expliquez que chacun apprendra à un rythme différent et que vous et les facilitateurs en tiendrez compte dans toute la mesure du possible. - xviii -
  • 21. Introduction à la planification et principes de base de la lutte contre le paludisme Unité d'apprentissage 1 Unité d'apprentissage 1 Introduction à la planification et principes de base de la lutte contre le paludisme Objectifs d’apprentissage A la fin de ce chapitre, vous devriez être capable : - d’énoncer ce qu’est la planification et d’expliquer son utilité - de décrire le processus de planification - d’identifier les caractéristiques du milieu concerné par la planification et d’en tenir compte lors de celle-ci Lutte contre le paludisme De nos jours, certains pays sont confrontés à la tâche difficile d’essayer de lutter contre le paludisme sur fond de graves limitations financières, de coûts élevés des marchandises et de la main d’œuvre, de manque de personnel formé et expérimenté et, dans certaines régions, d’une faible réponse des parasites du paludisme aux médicaments antipaludiques ou d’une résistance des vecteurs aux pesticides courants. Il a donc fallu développer des programmes de lutte non limités dans le temps s’inscrivant dans le cadre des soins de santé comme les autres programmes de santé publique. Ces programmes doivent être exécutés avec les ressources disponibles, compte tenu de la situation épidémiologique locale et des projets de développement socio-économiques du pays et avec la garantie que les bénéfices obtenus pourront être maintenus à long terme. Le paludisme doit dès lors être approché en termes de problème de maladie et non comme une infection parasitaire, soit la différence fondamentale entre une stratégie (approche) de lutte et une stratégie d’éradication. En d’autres mots, ceci signifie qu’on tolère la présence dans la communauté d’une infection continue dont la transmission est entretenue par un vecteur (le moustique) mais on s’efforce de la maintenir à un niveau minimal par l’utilisation rationnelle des ressources et de la technologie disponibles. Pour réaliser ces objectifs, une planification soigneuse et pragmatique est essentielle, l’approche pouvant varier selon qu’un programme antipaludique est en cours d’exécution pour la première fois ou qu’un programme d’éradication est en cours de réorientation vers la lutte contre le paludisme. -3-
  • 22. La planification de programmes de lutte contre le paludisme Guide du Stagiaire Compréhension de la notion de planification Ce qu’est la planification Un plan est un énoncé d’activités futures et une prévision des effets qu’elles auront sur la situation actuelle. Le terme « planification » implique : · une analyse de problèmes et l’examen de solutions, · la sélection de priorités suivie de la prise de décisions, · le développement d’approches en rapport avec les ressources attribuées et · l’organisation de ces approches dans le cadre de programmes pour une exécution efficace et efficiente. La notion de planification inclut le choix d’objectifs et le développement de moyens de mesures des progrès réalisés par rapport aux objectifs fixés. Dans un environnement marqué par la précarité tel qu’on le rencontre dans beaucoup de pays en voie de développement, la planification prend toute son importance, afin de pouvoir réaliser le plus d’objectifs possibles avec les ressources disponibles en matière de personnel, d’approvisionnement, d’équipement, de médicaments et de vaccins, de transports et de fonds. Pourquoi planifier ? Pour éviter le risque de s’agiter sans avoir de but précis en termes d’atteinte d’objectifs bien réfléchis : se concentrer uniquement sur les moyens nous fait souvent perdre de vue la finalité des interventions. Dans le « piège de l’activité », on devient totalement obsédé par une activité et cela peut durer des années. Dans ce cas, on oublie que le temps, les efforts et les ressources pourraient être utilement utilisées à autre chose. On perd de vue l’objectif réel, l’activité devient un faux objectif. Ce faux objectif devient alors un critère de décision et les prises de décision quotidiennes s’expriment en termes de continuation de l’activité plutôt que de choix judicieux parmi nos ressources et parmi les priorités fixées pour l’exécution de l’objectif. D’où la nécessité de la planification : (i) savoir où nous allons et pourquoi ; (ii) être sûrs de ne pas poursuivre de faux objectifs et nous emballer dans une agitation sans fin avec une bonne probabilité de bien réaliser des interventions inutiles et démodées plutôt que des actions nécessaires et pertinentes. Bref, la planification est un processus continu et systématique d’attribution des ressources en vue de la réalisation d’objectifs futurs. C’est une manière de préciser pourquoi, comment, où et par qui ces objectifs peuvent être réalisés. Une partie intégrante de ce processus est constituée par la collaboration intersectorielle entre les programmes ; cette collaboration aura un impact sur la santé dans sa globalité. -4-
  • 23. Introduction à la planification et principes de base de la lutte contre le paludisme Unité d'apprentissage 1 Le processus de planification Fixer les buts, les priorités, prendre des décisions, soutenir, contrôler les approches stratégiques relève essentiellement d’une décision politique (volonté politique). Le but de la lutte contre une maladie est de réduire au niveau le plus bas possible et de façon compatible avec les ressources financières et humaines disponibles, l’impact négatif de cette maladie sur la santé de la population. Ceci se développe dans le contexte d’autres priorités sanitaires et en accord avec les technologies existantes ayant prouvé leur rapport coût / efficacité favorable (voir plus loin). L’intensité des efforts demandés pour la lutte contre la maladie dépendra de l’ampleur et de la reconnaissance du problème posé par cette maladie et des objectifs poursuivis ; ils peuvent varier d’une situation à une autre (d’où l’intérêt de la stratification). L’action requise prendra la forme d’un ensemble coordonné (approche ou stratégie) d’activités avec des cibles et des dates fixées pour leur exécution, afin de réaliser des objectifs bien définis. Ces objectifs devraient être considérés comme des étapes intermédiaires vers l’exécution du but ultime. Les objectifs et stratégies détermineront la forme et le contenu du programme national d’action anti-paludique qui suppose la dépense de ressources précieuses. Il est parfois difficile d’établir des objectifs précis à cause de la complexité et de l’incertitude qui caractérisent beaucoup de facteurs qui doivent être pris en compte. Définir les objectifs, formuler des stratégies et fixer des cibles opérationnelles sont étroitement interdépendants et il est préférable de les envisager comme une processus séquentiel. Le processus de planification permet une approche logique afin de déterminer la combinaison appropriée de mesures à utiliser dans le cadre de circonstances de lutte ; il détermine aussi où et quand les utiliser en se basant sur une évaluation de la situation locale et de la faisabilité technique, opérationnelle et économique. Le processus de planification devrait consister en - une analyse de la situation, - une stratification du problème et des ressources, - la sélection des mesures antipaludiques techniquement efficaces à un coût raisonnable (cost- effective), - la formulation d’objectifs et de stratégies destinées à atteindre ces objectifs, - une analyse critique des problèmes de lutte antipaludique existants, - l’établissement des rendements opérationnels et des cibles, - la budgétisation du programme et - la sélection et la définition des méthodes d’évaluation. Les aspects contextuels de la planification Planifier un programme peut prendre place à n’importe quel niveau du système de santé. Généralement, les politiques et directives de santé sont fixées au niveau ministériel. Le rôle du niveau supérieur (Ministère de la Santé) est d’interpréter les politiques et de planifier le programme ; le rôle du niveau intermédiaire est de planifier l’exécution et de superviser sa réalisation au niveau local. -5-
  • 24. La planification de programmes de lutte contre le paludisme Guide du Stagiaire La précarité des ressources Comme il a été dit auparavant, les planificateurs de santé doivent travailler, la plupart du temps dans un environnement marqué par la précarité, ou au mieux, par l’inadéquation des ressources. L’approvisionnement en ressources de toutes sortes peut être insuffisant ; le personnel, le logement du personnel, les fournitures et l’approvisionnement, les installations et les équipements, les médicaments et les vaccins, le carburant, les moyens de transport et les communications etc….. L’organisation et gestion des données de santé Le problème de l’organisation et de la gestion des données de santé constitue un autre aspect du couple planification/gestion. Il n’y a pas carence de données ; le problème réside plutôt dans leur collecte et leur organisation en une forme exploitable. Certaines d’entre elles pourraient être éliminées ; d’autres données devraient être utilisées plus près de l’endroit où elles sont récoltées pour une première évaluation et décision à un niveau périphérique dans le cadre du système de santé (par ex dans les centres de santé, dans les unités mobiles de terrain, dans les cliniques mobiles). Ceci en appelle à l’intuition et à la créativité dans l’approche des problèmes. Le planificateur et le gestionnaire de santé doivent user de jugement et d’intuition sur base de leur expérience et de leur compréhension des conditions locales/besoins locaux. En outre, il faudrait utiliser des techniques simples pour des enquêtes par sondages et pour l’observation sur le terrain afin d’établir des données de base ; des indicateurs facilement mesurables devraient être développés et appliqués pour surveiller, évaluer et contrôler les programmes de santé. Le planificateur de santé devrait être un bon observateur ; il doit savoir ce qu’il faut regarder et comment évaluer les informations qu’il rencontre lorsqu’il ou elle dirige des inspections sur le terrain, visite des cliniques et se promène dans les marchés ou les villages. Incertitudes de la planification Dans les pays où beaucoup d’aspects de la vie sont incertains sur le moyen et le long terme, le besoin de planification ne se fait pas nécessairement sentir. Pourtant, elle reste importante : même si l’approvisionnement ne suit pas toujours; même si les décideurs de haut niveau ne tiennent pas compte des recommandations et les font échouer par des décisions politiciennes; même si on est pas sûr de disposer du personnel nécessaire et suffisamment expérimenté; même si la ponctualité de la livraison des médicaments et des vaccins n’est pas garantie; même s’il s’avère impossible d’assurer les moyens de transports nécessaires à l’exécution du travail, à la conduite des études et à la supervision des activités; Lorsque nous sommes confrontés à de telles incertitudes, il devient encore plus important de planifier certaines interventions en identifiant à l’avance les alternatives possibles. Ceci engendre une « culture de la flexibilité » dans la mise en place de nos actions et une certaine préparation à réagir dans des conditions inattendues. -6-
  • 25. Introduction à la planification et principes de base de la lutte contre le paludisme Unité d'apprentissage 1 Résistance à la planification Cette résistance a deux causes bien connues : La première concerne l’utilisation des ressources financières, du personnel, des équipements et des installations. L’équipe de planification peut avoir une influence considérable sur ce qui est fait ou non et sur les modalités de l’action. Lorsque quelque chose de non planifié antérieurement le devient, le pouvoir de décision dans l’organisation se déplace et cela peut être ressenti comme menaçant. La seconde raison est que le processus de planification peut être perçu comme trop compliqué et trop difficile, comme un luxe inutile. Détermination des priorités de santé L’approbation et l’exécution réussies d’un programme de lutte contre le paludisme reposent sur une volonté et un soutien politique. Dans bien des pays à travers le monde, et particulièrement en Afrique, le paludisme est généralement considéré comme un problème de santé prioritaire. Plusieurs facteurs font qu’une maladie devient une priorité sanitaire, requérant une attention spéciale ou plus d’attention que les autres problèmes de santé. Les plus importants parmi ces facteurs expriment le fait que : · Les groupes de population les plus à risque ou les plus touchés par la maladie sont les enfants, les femmes enceintes, les populations rurales, celles à faible revenu et les travailleurs, · La maladie entrave le redressement social et économique et le développement ; · La maladie représente un souci majeur pour la population ; · La maladie est cause de morts directes ou indirectes ; · La maladie est responsable de complications et d’incapacité ; · La maladie provoque des dépenses personnelles et familiales ; · La maladie est la cause de dépenses publiques ; · Il y a un risque de catastrophe épidémique ; · L’incidence de la maladie va en augmentant ; · La maladie aggrave d’autres problèmes ; · La maladie bénéficie d’une attention politique globale, nationale ou locale. Réfléchissez au paludisme dans votre pays ou à l’endroit où vous travaillez et appliquez lui les critères sus-mentionnés. Décidez pour vous-même si le paludisme est un problème prioritaire, demandant une attention urgente. Le calendrier de la planification Un plan doit se faire dans un cadre de temps bien défini quant à son début et sa fin . A l’intérieur de ce cadre de temps (chronogramme) , les objectifs doivent avoir été accomplis et un impact atteint sur la maladie. Il est nécessaire que l’équipe de planification sache, dès le départ si ce calendrier est approprié. Pour connaître la période adéquate, passer en revue les politiques gouvernementales dans les documents officiels, tels le plan national de développement pour la santé et les politiques internes du ministère de la santé. On ne planifie pas dans le vide et le programme fait partie du -7-
  • 26. La planification de programmes de lutte contre le paludisme Guide du Stagiaire programme national global de santé, la période de planification devrait normalement correspondre à celle du plan national de santé. La période de planification doit être réaliste et suffisamment longue pour permettre un impact certain et la réalisation des objectifs (4 à 5 ans…). Une première planification peut couvrir une période plus courte pour se trouver en phase avec le début de la période suivante du plan national de santé ou du plan national de développement Le programme présenté sur un modèle pyramidal A la figure 1 les étapes à parcourir pour le développement et l’exécution du programme destiné à la réalisation d’objectifs bien définis sont représentées comme une pyramide. Comme toute pyramide, elle repose sur une large base, qui représente les politiques de santé de base et de développement du pays. La planification, processus pour développer un plan de lutte contre le paludisme soumis à l’approbation nationale, est construite sur base de cette politique et fait partie du plan national de santé. Les différentes phases du processus de planification sont représentées dans la pyramide au niveau 2. Une fois que le plan national de lutte contre le paludisme a été approuvé, y compris les objectifs à atteindre et les approches à utiliser, les plans d’exécution doivent être développés pour le niveau le plus élémentaire de prise de décisions (niveau 3). Dès que les plans d’exécution auront été développés en détail, incluant les méthodes à utiliser, ils pourront être mis en pratique par les travailleurs de santé en fonction de leurs responsabilités (niveau 4). Grâce à une supervision, surveillance et évaluation appropriées, les résultats finaux peuvent être mesurés (niveau 5) et la zone dans laquelle les objectifs auront été atteints pourra être déterminée. Par ce procédé, vous saurez si et quand vous avez atteint le degré désiré de réduction du problème posé par la maladie. -8-
  • 27. Introduction à la planification et principes de base de la lutte contre le paludisme Unité d'apprentissage 1 Figure 1. pyramide : Etapes pour le développement et l’exécution d’un programme Atteinte des RESULTATS objectifs Résultat du processus Atteinte des cibles MISE EN ŒUVRE Services de prévention Services curatifs Monitorage épidémiologique Monitorage opérationnel Stratification opérationnelle Structures organisationnelles Les interventions par strate Planification de la formation Supervision MISE EN ŒUVRE Education à la santé Gestion des ressources Systèmes d’information analyse de situation DEFINITIONS DES TERMES EMPLOYES EN PLANIFICATION STRATIFICATION DES PROBLEMES ET RESSOURCES PLANIFICATION SELECTION DES MESURES ANTIPALUDIQUES FORMULATION DES OBJECTIFS ET APPROCHES ANALYSE CRITIQUE DES PROBLEMES LIES AU MESURES ACTUELLES DE LUTTE ANTIPALUDIQUE MISE EN PLACE DES RESULTATS OPERATIONNELS ET DES CIBLES BUDGETISATION DU PROGRAMME plan national de développement économique POLITIQUE plan national de développement sanitaire -9-
  • 28. La planification de programmes de lutte contre le paludisme Guide du Stagiaire Quelques définitions Activités : travaux que l’intervention doit exécuter pour atteindre les résultats. Approche : Une approche est constituée d’un ensemble de larges lignes d’action destinées à laréalisation d’un objectif établi ; tous les aspects majeurs de cet objectif, qu’ils soient positifs ou négatifs, ont été pris en compte. Dans le contexte de la lutte antipaludique, une approche peut être considérée comme un groupe de mesures curatives, préventives et autres mesures relatives à la santé ; ces mesures sont liées entre elles. Activité: travaux qui font partie de l’intervention pour contribuer à atteindre les résultats Approche: une approche (ou stratégie) est constituée d’un ensemble de larges lignes d’action destinées à la réalisation d’un objectif établi; tous les aspects majeurs de cet objectif, qu’ils soient positifs ou négatifs, ont été pris en compte. Dans le contexte de la lutte antipaludique, une approche peur être considérée comme un groupe de mesures curatives, preventives et autres mesures relatives à la santé; ces mesures sont liées entre elles. But : Un but est un état ultime, aspiration souhaitée, vers lequel tendent les actions supportées par des ressources. Les buts ne sont ni limités par le temps ni par les ressources existantes et ils ne doivent pas nécessairement être accessibles. Un exemple d’un but raisonnable est l’élimination de la mortalité due au paludisme. Cible : Une cible est le résultat souhaité de certaines activités. Elle peut être décrite en termes de but à court terme qui est toujours quantifié et daté. Les cibles représentent des buts mesurables et accessibles qui sont nécessaires et suffisants pour la réalisation des objectifs. Pour chaque objectif, il devrait y avoir un grand nombre de cibles mesurables et fixées dans un cadre de temps spécifique. Indicateurs objectivement vérifiables : C’est une description opérationnelle des objectifs et des résultats en termes de quantité et de qualité d’un produit pour un groupe cible, avec indication de temps et de lieu. Mesure : les mesures de lutte antipaludiques, inventaire Unité 5 Objectif spécifique : Un tel objectif représente un état mesurable et accessible qui est supposé survenir comme résultat de la mise en œuvre d’approches sélectionnées (voir unité d’apprentissage 6) et de la dépense des ressources allouées. Il faudrait y inclure une description quantitative de l’état désiré, le délai dans lequel il doit être réalisé et une spécification de la population à laquelle il se réfère. (Unité 8) Problème : C’est une rupture perçue entre ce qui est et ce qui devrait être. Il est important de définir un problème clairement sous peine d’y appliquer des solutions inadéquates. Beaucoup de problèmes de santé ont des causes multiples. (voir Analyse de situation, Unité 3) Résultat : produits des activités entreprises qui réaliseront ensemble l’objectif spécifique, c.à.d. le commencement du « régime de croisière » de la réalisation des bénéfices durables pour les groupes cibles. - 10 -
  • 29. Rédaction du plan Unité d'apprentissage 2 Unité d'apprentissage 2 Rédaction du plan Objectifs de l’apprentissage A la fin de ce chapitre, vous devriez être capables de : - Décrire la structure d’un plan de lutte antipaludique - Organiser l’information disponible sous la forme d’un plan réaliste - Rédiger un plan intégré pour la lutte antipaludique Introduction Ce chapitre particulier est destiné à se familiariser avec les différentes composantes d’un plan et à aider à présenter les résultats du processus de planification sous une forme facile à lire et à comprendre. Le but n’est pas d’enseigner le processus de planification mais bien de guider : (i) dans l’organisation de l’information et des résultats de l’exercice de planification (ii) dans la rédaction d’un document présentable. Il y a plusieurs manières de présenter un plan . Les pages suivantes vous proposent un canevas que vous pouvez adapter à votre situation. Il n’est sans doute pas possible de compléter toutes les rubriques , certaines d’entre elles ne sont peut-être pas pertinentes dans les circonstances particulières prévalant dans votre zone géographique. Une autre mise au point à faire est que la rédaction du plan ne doit pas nécessairement suivre la même logique ou la même pensée que le processus de planification lui-même. Veuillez ne pas confondre ou ne pas assimiler la structure du plan écrit avec le processus de planification lui-même. Dans la rédaction de votre plan, vous devriez être guidé par les priorités de votre gouvernement aussi bien que par la conformité au format suggéré. Vous devriez être attentifs à ne pas suivre le mode de présentation d’une quelconque agence de développement puisque chaque agence à ses propres modes de présentation et ses intérêts spécifiques. La présentation proposée ici est intégrée et son évolution est logique. L’information contenue dedans peut toujours être extrapolée pour compléter les types de présentation exigées par d’autres agences de développement dans un but de financement. Rappelez-vous aussi que l’utilité primordiale du document décrivant votre plan est d’emporter l’agrément national ainsi que celui des partenaires intéressés et d’obtenir l’attribution de ressources afin de rendre l’exécution du plan possible, à un niveau de gestion intermédiaire. - 11 -
  • 30. La planification de programmes de lutte contre le paludisme Guide du stagiaire Canevas proposé Ce canevas comporte treize sections importantes ; certaines sont évidentes, d’autres demandent un peu d’explication. Veuillez bien réfléchir à chaque élément et consulter votre enseignant ou un des facilitateurs si vous n’êtes pas certain de l’avoir compris. Introduction (1) · Importance du paludisme comme problème de santé publique dans le pays · Importance du paludisme comme problème socio-économique dans le pays, · Place du paludisme dans le Programme National de Santé, · Brève description du programme antipaludique actuel et ses liens avec les autres programmes, · Période de planification et justification du choix de cette période. Analyse de la situation (2) (voir aussi document RBM) Profil du pays Données démographiques, géographiques, météorologiques, économiques. Aspects sociaux et culturels. Le système de santé Les pourvoyeurs directs ou indirects des soins de santé gouvernement (système public) ; membres de la famille, secteur privé (à but lucratif), secteur privé (à but non-lucratif), médecine traditionnelle Les services de santé Leur organisation et leur répartition, l’approvisionnement, l’organisation de la supervision, les possibilités de formation etc. Autres programmes de santé Pour inspiration et collaboration Liens intersectoriels Autres ministères ; projets de développement ; media et éducation ; Universités et institutions de recherche Le problème du paludisme Historique du problème du paludisme Les activités de lutte antipaludiques passées et présentes Problématique actuelle du paludisme Une description détaillée de la situation. - 12 -
  • 31. Rédaction du plan Unité d'apprentissage 2 Conclusions Les priorités La place du paludisme parmi les autres problèmes de santé prioritaires Tendances importantes dans la résistance du parasite, l’incidence du paludisme grave et de l’anémie de l’enfant Les opportunités pour la lutte antipaludique Justification d’un nouveau plan de lutte : liens ; engagement politique ; développement du partenariat; développement technologique ; fonds disponibles ; projets économiques ; développement d’une nouvelle approche sectorielle dans le domaine de la santé. Stratification (3) · Identification des principaux facteurs épidémiologiques (y compris entomologiques), géographiques, opérationnels et socio-économiques responsables du problème posé par le paludisme · Identification de marqueurs facilement identifiables des caractéristiques majeures qui distinguent une région d’une autre. · Une stratification du problème du paludisme basée sur les facteurs identifiés plus haut , et en tenant compte de leur distribution géographique et de leurs caractéristiques socio-économiques · Délimitation de chaque strate où des approches différentes ou spécifiques de lutte (et d’évaluation) peuvent être appliquées. · Identification de données supplémentaires nécessaires à affiner et mettre à jour la stratification pour l’exécution d’un programme amélioré Buts nationaux (4) · Buts économiques et de développement national, objectifs, cibles et régions géographiques concernées · Buts nationaux de santé, objectifs et cibles · Politiques gouvernementales en matière de santé Objectifs (5) · Objectifs nationaux existants de lutte antipaludique à travers le pays · Objectifs nouveaux proposés de lutte antipaludique par strate (quantifiés dans l’espace et dans le temps) · Enoncé des relations entre les objectifs existants et ceux qui sont proposés (s’il y en a) ; justifications pour leur modification ou leur remplacement éventuels. Stratégies d’intervention (6) · Résumé des stratégies à adopter avec le détail des composants (mesures antipaludiques) par strate et pour chacun des nouveaux objectifs cités plus haut · Liste des activités à exécuter (compilation des approches à adopter) Besoins en recherche (7) · Connaissances essentielles et lacunes dans l’information (besoins en recherche appliquée) identifiées à partir de l’analyse du problème · Projets de recherche appliquée proposés dans le plan - 13 -
  • 32. La planification de programmes de lutte contre le paludisme Guide du stagiaire Cibles opérationnelles (8) · Classification des rendements opérationnels pour chaque approche · Cibles opérationnelles (quantification) nécessaires à la réalisation de chaque objectif · Chronogramme pour l’atteinte des buts Etapes opérationnelles (9) Plans pour la mise sur pied de nouveaux services ou pour le développement des services existants Services, installations, personnel supplémentaires Formation du personnel · Formation de base · Mise à niveau du personnel par des formations de perfectionnement et par de l’enseignement à distance · Echelonnement dans le temps des cours à donner Organisation et responsabilités (10) Résultats d’une étude de l’organigramme actuel et de la responsabilité · des services concernant le paludisme · des services de santé (activités relatives au paludisme) · de l’action antipaludique intersectorielle · des services communautaires · du secteur privé (en relation avec le paludisme) · des ONG · de la société civile · des institutions de recherche … Pour chacune de ces rubriques, décrivez vos propositions ; a) Organisation de systèmes et services b) Distribution des responsabilités au niveau des soins de santé primaires c) Mécanismes de coordination Plan d’évaluation (11) Paramètres et indicateurs Evaluation à court terme (interne et externe, audit) opérationnelle, épidémiologique, autres Evaluation à long terme Socio-économique, impact sur la santé, autres Système d’information Données et information à rapporter Niveaux de rapports ; par qui et à qui Fréquence des rapports Type d’évaluation et niveau de responsabilité Analyse de l’information, niveau de responsabilité et degré d’autorité - 14 -
  • 33. Rédaction du plan Unité d'apprentissage 2 Mécanisme de prise de décision basé sur une analyse et une interprétation de l’information Rétro information pour aider à la prise de décision périphérique. Supervision Mécanismes de supervision par activité, par niveau et par système ( par ex les services spécialisés, les services de santé généraux, la communauté) La périodicité Demande de ressources (12) Celles-ci doivent être quantifiées mais pas nécessairement en termes monétaires et devraient se refléter dans la budgétisation des items suivants : installations ; personnel ; équipement ; approvisionnement ; maintenance ; formation ; exigences communautaires; plaidoyer; activités promotionnelles… Coût et budgétisation (13) Salaires et allocations ; activités organisationnelles ; approvisionnement et équipement ; formation ; divers… Utilisez autant que possible des graphiques, des tableaux, des cartes et des schémas . Ils peuvent se trouver dans le texte ou figurer en annexes. Rappelez- vous que les décideurs ont peu de temps pour lire de longs documents. Un résumé en une page ou deux sera essentiel pour le niveau ministériel. En annexant autant de données et d’informations que possible, le corps du plan pourra être réduit à un minimum. Ecrivez clairement et de manière pertinente. N’oubliez pas de spécifier l’époque réelle de la mise en application du plan (prévoyez au moins un an pour son approbation) et la date à laquelle il a été formulé ainsi que les noms et positions des membres de l’équipe de planification. Après avoir chiffré les coûts des approches et des activités, revenez en arrière et revoyez les objectifs et les cibles pour voir s’ils sont réalistes dans le contexte des ressources disponibles. Si ce n’est pas le cas, réajustez-les en conséquence. Il est possible que vous trouviez plus simple de développer un grand tableau présentant : les strates, leurs caractéristiques et leurs problèmes, les objectifs, les approches, les activités, les cibles et les coûts de chaque cible et les indicateurs pour l’évaluation de l’efficience et de l’efficacité du programme. Ceci vous aidera beaucoup à revoir le plan de manière globale. Lorsque vous tracez des graphiques, rappelez-vous que les photocopies sont en noir et blanc et demandez- vous si les différentes lignes ou colonnes du graphique seront faciles à distinguer en noir et blanc. Toutes les figures (dessins, tableaux, cartes et graphiques) devraient être étiquetées, numérotées et avoir une référence dans le texte. - 15 -
  • 34. La planification de programmes de lutte contre le paludisme Guide du stagiaire - 16 -
  • 35. Analyse de la situation et investigation des problèmes liés au paludisme Unité d'apprentissage 3 Unité d'apprentissage 3 Analyse de la situation et investigation des problèmes liés au paludisme Objectifs d’apprentissage A la fin de ce chapitre, vous devriez être capables de : - Analyser la situation du paludisme dans une région - Analyser les problèmes et en rechercher les causes - Rédiger de manière logique la partie du plan de lutte antipaludique relative à l’analyse de la situation du paludisme Introduction L’analyse de la situation forme la base de la planification de tout programme de lutte contre une maladie mais, dans le cas du paludisme, cette étape est particulièrement cruciale à cause de la complexité de cette maladie et de son impact sur les populations. Elle constitue la première étape de notre processus de planification (voir la pyramide dans la 1ère unité d’apprentissage). Les sections suivantes décrivent les contenus et le processus d’analyse du problème posé par le paludisme ainsi que les moyens nécessaires à la lutte. L’analyse de la situation du paludisme comporte deux volets : 1. Une partie descriptive, faite d’observations sur l’endémie placée dans son environnement (besoins des personnes, des communautés) et l’offre de soins par les services de santé. 2. Une partie analytique qui examine les problèmes rencontrés et tente de trouver les causes sous-jacentes à ces problèmes. Le profil du pays Démographie La description devrait normalement inclure : - La surface du pays, la population totale et la densité de population - Les divisions administratives, - La distribution de la population entre la capitale, les autres zones urbaines et les zones rurales, - La proportion hommes/femmes, le taux de natalité brut, le taux de fécondité, le taux de mortalité, le taux de croissance, les taux de mortalité infantile et juvénile ; (le taux de mortalité juvénile est le taux de mortalité chez les enfants de 12-59 mois) Sources : rapports ministériels, administrations gouvernementales et organisations internationales. Indicateurs malheureusement peu valides. A évaluer de manière critique, vérifier la compatibilité des indicateurs entre eux. - 17 -
  • 36. La planification de programmes de lutte contre le paludisme Guide du stagiaire Distribution de la population par âge (0-11 mois, 12-59 mois, 5-14 ans, 15-44 ans, 45 ans et plus). En l’absence d’informations par groupes d’âge, les données standards seront suffisamment précises dans la plupart des cas. Déterminer les tendances : taux de croissance de la population en augmentation ou en diminution ? Politique de planning familial en cours ? Avec succès ? Importance des migrations internes ou transfrontalières. Taux net de croissance dans les villes ? Politique du gouvernement par rapport à l’urbanisation croissante ? A ce stade déjà, il peut être opportun d’identifier les populations qui pourraient faire l’objet d’une attention spéciale du Programme de Lutte contre le Paludisme. Géographie et climat Une brève description de la géographie du pays et des grandes régions naturelles devrait permettre de comprendre : - La présence de régions qui peuvent être exemptes de paludisme ou à risque de paludisme instable avec risque d’épidémies, - L’accessibilité des différentes régions par air, terre et transport fluvial. Paramètres importants : précipitations mensuelles ; nombre de jours de pluie par mois ; températures mensuelles moyennes ; humidité relative. C’est un rappel des indications données dans le module épidémiologie du paludisme (les « facies ») Développement économique, y compris l’agriculture, les projets de développement et l’urbanisation Indicateurs macroéconomiques Les indicateurs les plus importants en relation avec le secteur de la santé sont : - PNB actuel par tête - dépenses du gouvernement par tête - dépenses du gouvernement pour la santé par tête - dépenses du gouvernement pour la santé par patient (tous les soins au patient, en consultation externe et en hospitalisation) - totalité de l’assistance extérieure au développement du pays - La proportion des dépenses de santé par rapport à la totalité de l’aide extérieure au développement. Ces informations devraient normalement être facilement disponibles dans les documents officiels. Les agences internationales produisent des rapports annuels sur la situation dans chaque pays. Agriculture de subsistance Description de l’économie domestique dans les différentes régions rurales. Mode d’élevage du bétail : peut influencer le comportement de certains vecteurs. Environnement et développement Projets de développement agricoles et autres pouvant avoir des conséquences sur - l’environnement - Les mouvements de population Sources : ministères, bureaux et agences concernées. Voir aussi (plus loin) liens intersectoriels potentiels et en activité. - 18 -
  • 37. Analyse de la situation et investigation des problèmes liés au paludisme Unité d'apprentissage 3 Evaluer qualitativement l’urbanisation afin de déterminer quel type d’environnement urbain ou semi-urbain a été créé ou est en voie de réalisation. Relever la politique environnementale officielle, la législation et la signature de conventions ; noter le rapport à l’environnement dans la vie quotidienne (peut être très différent de ce qui est prescrit par la politique d’état). Aspects sociaux et culturels Facteurs les plus importants : · Niveau d’alphabétisation et de scolarisation. La scolarisation des filles est d’une extrême importance pour la survie des enfants. Tendances quantitatives et qualitatives de la scolarisation. Relever l’accès aux écoles en régions rurales. · Rôle joué par les groupes de femmes et par d’autres formes d’organisation sociale en relation avec la mobilisation des masses et la communication. · Obstacles culturels, religieux et linguistiques. · Couverture par les media importante pour la planification de l’éducation sanitaire. · Type d’habitations et habitudes de sommeil (surtout pour une lutte antivectorielle). · Migrations saisonnières. · Comportements de recherche de soins curatifs, traitements à domicile et habitudes de protection personnelles contre les vecteurs. Le système des soins de santé Les pourvoyeurs de soins de santé et le financement des services Le rôle du gouvernement Les dépenses de santé, exprimées en pourcentage du PNB, constituent un indicateur de l’engagement du gouvernement dans la fourniture de soins de santé. Dans certaines parties du monde, comme en Afrique , les dépenses de santé récurrentes occupent souvent la troisième place avec 20% des dépenses totales, après les secteurs de l’éducation et de la défense qui entrent souvent en compte pour 25 à 35%. L’évaluation devrait prendre en compte les dépenses de santé en dehors du secteur du ministère de la santé. Le budget d’investissement est souvent financé par des contributions étrangères et peut être sujet à de fortes variations d’une année à l’autre. Les ménages La contribution des ménages a augmenté de manière régulière et, dans beaucoup de pays, elle compte maintenant pour 60 à 75% des dépenses de santé récurrentes. Ceci est lié aux efforts de recouvrement des coûts des services et des produits. On peut espérer, qu’avec le temps, ces systèmes conduiront à une meilleure couverture des régions périphériques. Le secteur privé à but lucratif Les implications de l’expansion rapide du secteur privé dans le tiers monde sont encore incertaines. Dans les pays industrialisés, les prix des médicaments et des services médicaux sont régulés par une interaction entre les interventions publiques et privées et entre les assurances et les systèmes d’assistance sociale. L’absence de régulation débouche souvent sur un affaiblissement des services publics et sur une augmentation de l’utilisation du secteur privé à but lucratif. Des activités liées à la santé sont aussi entreprises par des compagnies minières, des exploitations agricoles et par d’autres agences gouvernementales (ministère de l’agriculture, de l’industrie et des mines, de la défense). La collaboration entre les différents pourvoyeurs de santé devrait être décrite. - 19 -
  • 38. La planification de programmes de lutte contre le paludisme Guide du stagiaire Le secteur privé à but non-lucratif, les ONG et les services à base communautaire Les organisations non-gouvernementales (ONG) mettent souvent sur pied des services qui bénéficient aux populations les moins privilégiées. Les services de santé primaire réapparaissent sous la forme de centres de santé communautaire avec des médecins travaillant dans de grands villages ; sous la forme aussi de pharmacies de village, privées ou communautaires. La création d’installations centrales pour l’approvisionnement en médicaments et l’importation pour le secteur privé (à but lucratif ou non), avec le but d’importer les médicaments essentiels à bas prix, peut avoir des implications importantes dans la lutte antipaludique. Médecine traditionnelle Il est important de rassembler autant d’informations que possible sur le rôle de la médecine traditionnelle dans le domaine du traitement du paludisme : Quels sont les différents types d’utilisation de la médecine traditionnelle – comment est-elle utilisée - en comparaison avec la médecine allopathique (occidentale) ? Les médecins traditionnels ou tradithérapeutes sont-ils organisés officiellement ? Quels médicaments traditionnels et allopathiques utilisent-ils ? Les services de santé et la lutte antipaludique Organigrammes et responsabilités Les programmes de lutte antipaludique ont leur place dans les systèmes de santé qui travaillent à partir d’unités centrales responsables des politiques au niveau périphérique avec l’aide du technicien de santé publique, de l’assistant de santé, des agents de santé de village, etc … Une bonne compréhension de la manière dont les responsabilités sont définies et du chemin suivi par les approvisionnements, les directives et les rapports est essentielle pour qu’un programme de lutte antipaludique puisse définir son action. Ressources humaines Puisque la tâche principale de la plupart des programmes de lutte antipaludique contemporains est de former et de superviser le personnel de santé, il est nécessaire de connaître les éléments suivants (en incluant les organisations privées, religieuses , non gouvernementales et les services communautaires, si possible) : · nombre de travailleurs de santé de différentes catégories · compétence de chaque catégorie · distribution en fonction de la région et de la population · tendances futures auxquelles s’attend le département de planification du ministère de la santé. Les infrastructures sanitaires et leur distribution La description du personnel peut être intimement liée à la description des infrastructures sanitaires : - infrastructures curatives générales - infrastructures préventives telles que les institutions sanitaires et les unités d’hygiène - état de fonctionnalité et orientations futures Les systèmes de supervision Dans les services de santé curatifs, la supervision est le garant principal de la qualité. Définissez et délimitez la responsabilité de la supervision qui est, dans la plupart des pays, attachée au médecin de district et dépendante de lui. Les quelques éléments clés à vérifier pourraient être : - 20 -