Dr. KERFAH S.
Médecin résidente en pneumo-
phtisiologie EHUOran
Plan de la question
I. Introduction:
II. Intérêt de la question:
III. Epidémiologie:
IV. Diagnostic :
A) Diagnostic positif :
1- Examen clinique :
2- Examens complémentaires:
a/ Imagerie :
b/ Biologie :
c/ Microbiologie :
B) Diagnostic de gravité et orientation du patient :
1- Score CRB 65 :
2- Critères d’hospitalisation des PAC (AFSSAPS 2010) :
3- Critères devant faire envisager l’orientation en soins intensifs ou réanimation :
a/ Conséquences respiratoires de la PAC :
b/ Conséquences systémiques de la PAC :
c/ Anomalies métaboliques ou hématologiques :
V. Formes cliniques:
A) Pneumonies à Pneumocoque :
B) Pneumonies à Mycoplasma pneumoniae :
C) Pneumonies à Légionella pneimophila :
D) Pneumonies virales :
VI. Traitement:
A) Antibiothérapie :
1- Principes et modalités de l’antibiothérapie des PAC :
2- Sensibilité des principaux germes responsables des PAC aux antibiotiques:
3- Antibiothérapie probabiliste des PAC en ambulatoire :
a/ Sujet sain sans signe de gravité :
b/ Sujet avec comorbidité ou sujet âgé ambulatoire (hors institution) :
4- Antibiothérapie probabiliste des PAC en hospitalisation conventionnelle :
a/ Pneumocoque suspecté ou documenté (tous âges):
b/ Pas d’argument en faveur du pneumocoque :
i. Sujet jeune :
ii. Sujet âgé ou avec comorbidité(s) :
5- Antibiothérapie probabiliste des PAC en soins intensifs / réanimation :
a/ Cas général :
b/ Facteurs de risque de Pseudomonas aeruginosa :
Pneumonies communautaires
CEP 2021
B) Traitements associés :
C) Réévaluation systématique :
1- Evolution favorable :
a/ En ambulatoire :
b/ En hospitalisation :
2- Evolution défavorable
a/ En ambulatoire :
b/ En hospitalisation :
VII. Causes de l’échec de l’antibiothérapie au cours d’une PAC :
A) Pneumonie compliquée :
1- Epanchement pleural :
2- Abcès pulmonaire :
3- Obstacle endo-bronchique :
B) Problèmes relatifs au TRT anti-infectieux :
1- Mauvaise observance thérapeutique :
2- Problème de pharmacocinétique :
3- ATB probabiliste ne couvrant pas le spectre du germe responsable:
C) Erreur diagnostique :
1- Pneumopathie focalisée :
2- Pneumopathie diffuse :
3- Pneumopathie excavée :
VIII. Prévention des PAC :
A) Vaccination :
B) Déclaration obligatoire de la légionellose :
Objectifs pédagogiques :
a) Distinguer les pneumopathies
sévères sur un terrain de comorbidité.
- Germes les plus incriminés.
b) Effectuer la recherche de germes
avant toute antibiothérapie.
- Surveillance clinique et évaluation de
la réponse au bout de 48h.
I. Introduction :
 Les infections respiratoires comprennent les IR hautes (rhino-pharyngite, otite, sinusite …) et basses
(atteinte des VA sous glottiques).
 Les IRB communautaires de l’adulte comportent : la bronchite aigue, l’exacerbation de BPCO et la
pneumonie aigue communautaire (PAC).
 PAC : infection du parenchyme pulmonaire, d’acquisition communautaire.
II. Intérêt de la question:
 Pronostic vital peut être engagé dans les PAC sévères.
Comorbidités, gravité et capacité de prise en charge au domicile (ambulatoire, hôpital) déterminent
l’orientation.
 Antibiothérapie urgente et probabiliste doit toujours au minimum couvrir le pneumocoque.
III. Epidémiologie:
 10% de l’ensemble des IRB mais constituent un enjeu important de santé publique, en raison de leur :
 Fréquence : environ 500 000 cas / an en France ;
 Gravité : potentielle, même chez les sujets sans comorbidité. C’est la 1ère cause de décès par infection
dans les pays occidentaux : mortalité de 2 à 5%, atteignant 40% chez les patients admis en réanimation;
 Coût : 10 à 20% des malades nécessitent une hospitalisation 90% des dépenses de santé dues aux PAC.
 Streptococcus pneumoniae (pneumocoque) est l’agent pathogène le plus fréquemment isolé dans les PAC:
responsable de 50% des PAC hospitalisées.
 Streptococcus pneumoniae et Legionnella pneumoniae sont les 2 agents les plus fréquemment responsables
de PAC graves en réanimation.
III. Diagnostic:
A) Diagnostic positif :
1- Examen clinique :
 Signes fonctionnels respiratoires : toux, expectoration purulente, dyspnée, douleur thoracique si réaction
pleurale.
 Signes généraux : fièvre, asthénie.
 Signes physiques auscultatoires : syndrome de condensation alvéolaire: crépitants localisés,  MV,
souffle tubaire,  VV), voire d’un syndrome pleural (abolition du MV, matité à la percussion).
L’auscultation peut être normale.
2- Examens complémentaires :
a/ Imagerie ++ :
i. Radiographie thoracique de face : = seul examen complémentaire systématique. Elle montre :
 Condensation alvéolaire systématisée,
 ou des opacités infiltratives uni ou bilatérales non systématisées.
Examen clinique et radiographie thoracique suffisent au diagnostic des PAC dans la
majorité des cas.
ii. TDM thoracique non injecté : n’est pas indiquée en 1ère intention. Peut être utile pour :
 Dg positif : Rx difficile d’interprétation chez le sujet âgé ou si pathologie pulmonaire sous-jacente,
 Dg étiologique : tumeur…
 Recherche de complication locorégionales : EPL, excavation
 Écarter un diagnostic différentiel : embolie pulmonaire.
iii. Echographie thoracique : peut identifier une condensation parenchymateuse. surtout utile pour
rechercher un EPL associé.
b/ Biologie :
 PAC ambulatoire : pas de biologie.
 PAC hospitalisée :
 Bilan rénal, hépatique et de coagulation évaluation de la gravité et orientation étiologique (hépatites et
néphrites avec bactéries intracellulaires).
 Gazométrie artérielle  aussi utile pour l’évaluation de la gravité, apprécie la profondeur de l’hypoxémie,
recherche une hypercapnie et une hyperlactatémie.
c / Microbiologie :
 La documentation microbiologique des PAC est rare, même lorsque les prélèvements sont réalisés avant
toute antibiothérapie.
 Les examens microbiologiques sont recommandés en hospitalisation afin d’assoir le diagnostic et en vue
d’une désescalade thérapeutique :
 Hémoculture ;
 Antigénuries légionelle et pneumocoque : n’est pas décapitée par une antibiothérapie préalable.
 ECBC: interprétable si critères cytologiques de qualité respectés (PNN > 25/champ, cellules
épithéliales < 10/champ) ;
 PCR multiplex : réalisables sur écouvillon nasopharyngé (et/ou sur prélèvement respiratoire profond
type crachat, aspiration bronchique, lavage broncho-alvéolaire) pour rechercher les principaux virus
respiratoires (influenza, rhinovirus, virus respiratoire syncytial, métapneumovirus humain, parainfluenza,
adénovirus, SARS- CoV-2…), voire certaines bactéries atypiques ;
 PCR simplex pour bactéries atypiques (Mycoplasma pneumoniae, Chlamydophila pneumoniae,
Legionella pneumophila) qui peuvent être intégrées dans les PCR multiplex ;
 Analyse du liquide pleural.
B) Diagnostic de gravité et orientation du patient :
 L’évaluation initiale de la gravité est fondamentale car elle détermine :
 L’orientation du patient (ambulatoire ou hospitalière ? hospitalisation conventionnelle ou soins
intensifs/réanimation ?) ;
 La réalisation de certains examens para-cliniques;
 Les modalités de l’antibiothérapie.
 L’évaluation de la gravité d’une PAC repose sur la recherche de :
 Signes de gravité respiratoires (signes de détresse respiratoire) ;
 Signes de gravité du sepsis (défaillance hémodynamique ou retentissement sur d’autres organes : rein
et système nerveux central notamment) ;
 Extension radiologique et sa rapidité d’extension.
1- Score CRB 65 :
- Il ne prend en compte que des critères cliniques.
2- Critères d’hospitalisation des PAC (adaptée des recommandations AFSSAPS 2010) :
3- Critères devant faire envisagerl’orientation en soins intensifs ou réanimation :
a/ Conséquences respiratoires de la PAC :
 Nécessité d’une ventilation assistée (défaillance respiratoire, acidose respiratoire).
 Fréquence respiratoire >30/min.
 Cyanose ou SpO2 < 90 % sous O2.
 Atteinte bilatérale ou multilobaire ou extension radiographique rapide de la pneumonie.
b/ Conséquences systémiques de la PAC :
 Choc septique.
 Oligurie.
 Autres défaillances organiques sévères.
c/ Anomalies métaboliques ou hématologiques :
 Insuffisance rénale ou hépatique aiguë.
 Acidose sévère.
 Thrombopénie (<100,000 / mm3).
 CIVD.
 Leucopénie (< 4000 /mm3).
 Hyperlactatémie.
V. Formes cliniques:
A) Pneumonies à pneumocoque :
B) Pneumonies à mycoplasma pneumoniae :
C) Pneumonies à légionella pneumophila :
Traitement Macrolides
(Alternative = FQ)
F.non graves :
Monothérapie : macrolide pdt
8 jrs.
F. graves :
Monothérapie : FQ pdt 21 jrs.
Bithérapie : FQ + (macrolide
ou Rifampicine) pdt 21 jrs.
Autres Déclaration obligatoire
D) Pneumonies virales :
 Tableau associant signes respiratoires et syndrome grippal [fièvre, asthénie, myalgies, céphalées, signes
ORL (rhinite, conjonctivite), signes digestifs (diarrhées, douleurs abdominales), éruption cutanée…];
 Principaux virus : virus influenza, VRS, métapneumovirus humain, para-influenza et adénovirus.
 Distribution saisonnière (épidémie) pour les principaux virus respiratoires.
 Transmission interhumaine.
 Cas particulier de la COVID-19 :
 Infection au coronavirus SARS-CoV-2 à transmission interhumaine évoluant sur un mode pandémique
depuis début 2020.
 Clinique :
 Tableau grippal: fièvre, toux sèche, asthénie, courbatures, maux de tête, dyspnée et douleurs thoraciques.
 Symptômes extra-respiratoires : signes ORL (anosmie, dysgueusie) ; digestifs (douleurs abdominales,
nausées, diarrhées) ; cutanés (pseudo-engelures) et oculaires (conjonctivite).
 Sévérité du tableau clinique éminemment variable allant de l’absence de symptômes à la pneumonie
sévère hypoxémiante avec SDRA, notamment en cas d’âge avancé, d'obésité, de diabète et d'hypertension.
 Présentation radiologique :
Plages de verre dépoli non systématisées à prédominance sous-pleurale, et à un stade plus tardif,
condensations alvéolaires.
 Diagnostic :
Repose sur la PCR pratiquée sur écouvillon nasopharyngé puis, au-delà du 14ème jour sur la sérologie.
VI. Traitement:
A) Antibiothérapie :
 Choix basé sur :  Epidémiologie des PAC,
 Terrain du patient,
 Gravité de la pneumonie.
 La voie orale est privilégiée quand elle est possible dès l’initiation du traitement, sauf pour les
C3G qui sont administrées par voie parentérale.
 La durée du traitement antibiotique des PAC est de :
 7 jours pour les PAC « tout venant ».
 8 à 14 jours pour les PAC à germes atypiques ou de légionellose non grave.
 21 jours dans les légionelloses graves et/ou chez l’immunodéprimé.
1- Principes et modalités de l’antibiothérapie des PAC :
Urgente :
- Administration précoce, si possible après les prélèvements microbiologiques (sauf en ambulatoire).
 Probabiliste :
- Ciblant les bactéries les plus fréquemment responsables de PAC, doit donc toujours couvrir le
pneumocoque (sauf les rares cas très évocateurs de pneumonie à bactérie atypique du sujet jeune traitée en
ambulatoire).
 Si grave : doit aussi couvrir la légionnelle.
 Si inhalation : doit couvrir également streptocoques, anaérobies, Staphylococcus aureus, entérobactéries.
 Si pneumonie en période grippale : doit couvrir également Staphylococcus aureus, Haemophilus
influenzae et les streptocoques du groupe A.
 Secondairement réévaluée à 48-72h :
- Clinique : efficacité ?  élargissement du spectre antibiotique si évolution clinique défavorable.
- Microbiologique : examen direct et culture si réalisésréduction du spectre antibiotique sur la base de
l’antibiogramme « désescalade antibiotique ».
 Avec un souci d’écologie bactérienne :
- Limiter le risque d’émergence de mutants résistants, favorisée par la pression antibiotique : réduire la durée
d’antibiothérapie (7 jours pour une PAC tout venant).
- Réduire le spectre antibiotique (si et seulement si évolution favorable).
- Eviter les FQ en 1ère intention en dehors de situations spécifiques (légionellose, allergies aux autres ATB).
2- Sensibilité des principaux germes responsables des PAC aux antibiotiques:
En gras : l’antibiotique de référence du germe en question.
3- Antibiothérapie probabiliste des PAC en ambulatoire :
a/ Sujet sain sans signe de gravité :
b/ Sujet avec comorbidité ou sujet âgé ambulatoire (hors institution) :
4- Antibiothérapie probabiliste des PAC en hospitalisation conventionnelle :
a/ Pneumocoque suspecté ou documenté :
b/ Pas d’argument en faveur du pneumocoque :
5- Antibiothérapie probabiliste des PAC en soins intensifs / réanimation :
a/ Cas général :
° Lévofloxacine .
b/ Facteurs de risque de Pseudomonas aeruginosa :
* bronchectasies, antécédents d’exacerbations de BPCO dues à Pseudomonas aeruginosa.
B) Traitements associés:
 Un traitement antigrippal probabiliste doit être associé en cas de suspicion clinique d’infection grippale
chez le patient hospitalisé en période épidémique (oseltamivir PO durant 5 jours). L’initiation de ce
traitement n’exonère bien sûr pas du traitement antibiotique.
 Le bénéfice de la corticothérapie systémique au cours de la PAC n’est pas démontré.
 La kinésithérapie respiratoire de drainage bronchique doit être systématique.
C) Réévaluationsystématique :
 Quel que soit le lieu de prise en charge (ambulatoire ou hospitalière), le patient doit être obligatoirement
réévalué cliniquement à 48-72h du début de l’antibiothérapie (efficacité et tolérance du traitement) et
capable de contacter un médecin si dégradation dans ce délai.
1- Evolution favorable :
a/ En ambulatoire :
- Pas de désescalade antibiotique (pas de microbiologie).
b/ En hospitalisation :
- Une désescalade thérapeutique doit être envisagée :
 Si on dispose de résultats microbiologiques fiables ;
 Si amélioration sous antibiothérapie ne visant pas une bactérie secondairement identifiée sur ECBC =
colonisation – pas d’adaptation – évoquer bronchopathie sous-jacente.
2- Evolution défavorable :
a/ En ambulatoire :
- Persistance ou aggravation des symptômes à 48-72h en ambulatoire .
- Si l’antibiothérapie prescrite en 1ère intention ne comportait pas S. pneumoniae (hypothèse germes
atypique chez un sujet jeune, sans comorbidités) on doit considérer S. pneumoniae et modifier l’ATBpie
dans ce sens.
- Si l’antibiothérapie prescrite en 1ère intention était active sur S. pneumoniae, H.influenzae et
les germes intracellulaires (pristinamycine, ou FQAP) une hospitalisation est indiquée.
b/ En hospitalisation :
Voir Chapitre suivant : VII. Causes de l’échec de l’antibiothérapie au cours d’une PAC :
VII. Causes de l’échec de l’antibiothérapie au cours d’une PAC :
Une amélioration clinique est attendue à 72h qui ne signifie pas forcément apyrexie
stricte (fièvre parfois prolongée 5 jours avec bactéries intracellulaires).

Pneumonie aigue communautaire (PAC)

  • 1.
    Dr. KERFAH S. Médecinrésidente en pneumo- phtisiologie EHUOran Plan de la question I. Introduction: II. Intérêt de la question: III. Epidémiologie: IV. Diagnostic : A) Diagnostic positif : 1- Examen clinique : 2- Examens complémentaires: a/ Imagerie : b/ Biologie : c/ Microbiologie : B) Diagnostic de gravité et orientation du patient : 1- Score CRB 65 : 2- Critères d’hospitalisation des PAC (AFSSAPS 2010) : 3- Critères devant faire envisager l’orientation en soins intensifs ou réanimation : a/ Conséquences respiratoires de la PAC : b/ Conséquences systémiques de la PAC : c/ Anomalies métaboliques ou hématologiques : V. Formes cliniques: A) Pneumonies à Pneumocoque : B) Pneumonies à Mycoplasma pneumoniae : C) Pneumonies à Légionella pneimophila : D) Pneumonies virales : VI. Traitement: A) Antibiothérapie : 1- Principes et modalités de l’antibiothérapie des PAC : 2- Sensibilité des principaux germes responsables des PAC aux antibiotiques: 3- Antibiothérapie probabiliste des PAC en ambulatoire : a/ Sujet sain sans signe de gravité : b/ Sujet avec comorbidité ou sujet âgé ambulatoire (hors institution) : 4- Antibiothérapie probabiliste des PAC en hospitalisation conventionnelle : a/ Pneumocoque suspecté ou documenté (tous âges): b/ Pas d’argument en faveur du pneumocoque : i. Sujet jeune : ii. Sujet âgé ou avec comorbidité(s) : 5- Antibiothérapie probabiliste des PAC en soins intensifs / réanimation : a/ Cas général : b/ Facteurs de risque de Pseudomonas aeruginosa : Pneumonies communautaires CEP 2021
  • 2.
    B) Traitements associés: C) Réévaluation systématique : 1- Evolution favorable : a/ En ambulatoire : b/ En hospitalisation : 2- Evolution défavorable a/ En ambulatoire : b/ En hospitalisation : VII. Causes de l’échec de l’antibiothérapie au cours d’une PAC : A) Pneumonie compliquée : 1- Epanchement pleural : 2- Abcès pulmonaire : 3- Obstacle endo-bronchique : B) Problèmes relatifs au TRT anti-infectieux : 1- Mauvaise observance thérapeutique : 2- Problème de pharmacocinétique : 3- ATB probabiliste ne couvrant pas le spectre du germe responsable: C) Erreur diagnostique : 1- Pneumopathie focalisée : 2- Pneumopathie diffuse : 3- Pneumopathie excavée : VIII. Prévention des PAC : A) Vaccination : B) Déclaration obligatoire de la légionellose : Objectifs pédagogiques : a) Distinguer les pneumopathies sévères sur un terrain de comorbidité. - Germes les plus incriminés. b) Effectuer la recherche de germes avant toute antibiothérapie. - Surveillance clinique et évaluation de la réponse au bout de 48h.
  • 3.
    I. Introduction : Les infections respiratoires comprennent les IR hautes (rhino-pharyngite, otite, sinusite …) et basses (atteinte des VA sous glottiques).  Les IRB communautaires de l’adulte comportent : la bronchite aigue, l’exacerbation de BPCO et la pneumonie aigue communautaire (PAC).  PAC : infection du parenchyme pulmonaire, d’acquisition communautaire. II. Intérêt de la question:  Pronostic vital peut être engagé dans les PAC sévères. Comorbidités, gravité et capacité de prise en charge au domicile (ambulatoire, hôpital) déterminent l’orientation.  Antibiothérapie urgente et probabiliste doit toujours au minimum couvrir le pneumocoque. III. Epidémiologie:  10% de l’ensemble des IRB mais constituent un enjeu important de santé publique, en raison de leur :  Fréquence : environ 500 000 cas / an en France ;  Gravité : potentielle, même chez les sujets sans comorbidité. C’est la 1ère cause de décès par infection dans les pays occidentaux : mortalité de 2 à 5%, atteignant 40% chez les patients admis en réanimation;  Coût : 10 à 20% des malades nécessitent une hospitalisation 90% des dépenses de santé dues aux PAC.  Streptococcus pneumoniae (pneumocoque) est l’agent pathogène le plus fréquemment isolé dans les PAC: responsable de 50% des PAC hospitalisées.  Streptococcus pneumoniae et Legionnella pneumoniae sont les 2 agents les plus fréquemment responsables de PAC graves en réanimation. III. Diagnostic: A) Diagnostic positif : 1- Examen clinique :  Signes fonctionnels respiratoires : toux, expectoration purulente, dyspnée, douleur thoracique si réaction pleurale.  Signes généraux : fièvre, asthénie.  Signes physiques auscultatoires : syndrome de condensation alvéolaire: crépitants localisés,  MV, souffle tubaire,  VV), voire d’un syndrome pleural (abolition du MV, matité à la percussion). L’auscultation peut être normale. 2- Examens complémentaires : a/ Imagerie ++ : i. Radiographie thoracique de face : = seul examen complémentaire systématique. Elle montre :  Condensation alvéolaire systématisée,  ou des opacités infiltratives uni ou bilatérales non systématisées. Examen clinique et radiographie thoracique suffisent au diagnostic des PAC dans la majorité des cas.
  • 4.
    ii. TDM thoraciquenon injecté : n’est pas indiquée en 1ère intention. Peut être utile pour :  Dg positif : Rx difficile d’interprétation chez le sujet âgé ou si pathologie pulmonaire sous-jacente,  Dg étiologique : tumeur…  Recherche de complication locorégionales : EPL, excavation  Écarter un diagnostic différentiel : embolie pulmonaire. iii. Echographie thoracique : peut identifier une condensation parenchymateuse. surtout utile pour rechercher un EPL associé. b/ Biologie :  PAC ambulatoire : pas de biologie.  PAC hospitalisée :  Bilan rénal, hépatique et de coagulation évaluation de la gravité et orientation étiologique (hépatites et néphrites avec bactéries intracellulaires).  Gazométrie artérielle  aussi utile pour l’évaluation de la gravité, apprécie la profondeur de l’hypoxémie, recherche une hypercapnie et une hyperlactatémie. c / Microbiologie :  La documentation microbiologique des PAC est rare, même lorsque les prélèvements sont réalisés avant toute antibiothérapie.  Les examens microbiologiques sont recommandés en hospitalisation afin d’assoir le diagnostic et en vue d’une désescalade thérapeutique :  Hémoculture ;  Antigénuries légionelle et pneumocoque : n’est pas décapitée par une antibiothérapie préalable.  ECBC: interprétable si critères cytologiques de qualité respectés (PNN > 25/champ, cellules épithéliales < 10/champ) ;  PCR multiplex : réalisables sur écouvillon nasopharyngé (et/ou sur prélèvement respiratoire profond type crachat, aspiration bronchique, lavage broncho-alvéolaire) pour rechercher les principaux virus respiratoires (influenza, rhinovirus, virus respiratoire syncytial, métapneumovirus humain, parainfluenza, adénovirus, SARS- CoV-2…), voire certaines bactéries atypiques ;  PCR simplex pour bactéries atypiques (Mycoplasma pneumoniae, Chlamydophila pneumoniae, Legionella pneumophila) qui peuvent être intégrées dans les PCR multiplex ;  Analyse du liquide pleural.
  • 5.
    B) Diagnostic degravité et orientation du patient :  L’évaluation initiale de la gravité est fondamentale car elle détermine :  L’orientation du patient (ambulatoire ou hospitalière ? hospitalisation conventionnelle ou soins intensifs/réanimation ?) ;  La réalisation de certains examens para-cliniques;  Les modalités de l’antibiothérapie.  L’évaluation de la gravité d’une PAC repose sur la recherche de :  Signes de gravité respiratoires (signes de détresse respiratoire) ;  Signes de gravité du sepsis (défaillance hémodynamique ou retentissement sur d’autres organes : rein et système nerveux central notamment) ;  Extension radiologique et sa rapidité d’extension. 1- Score CRB 65 : - Il ne prend en compte que des critères cliniques. 2- Critères d’hospitalisation des PAC (adaptée des recommandations AFSSAPS 2010) :
  • 6.
    3- Critères devantfaire envisagerl’orientation en soins intensifs ou réanimation : a/ Conséquences respiratoires de la PAC :  Nécessité d’une ventilation assistée (défaillance respiratoire, acidose respiratoire).  Fréquence respiratoire >30/min.  Cyanose ou SpO2 < 90 % sous O2.  Atteinte bilatérale ou multilobaire ou extension radiographique rapide de la pneumonie. b/ Conséquences systémiques de la PAC :  Choc septique.  Oligurie.  Autres défaillances organiques sévères. c/ Anomalies métaboliques ou hématologiques :  Insuffisance rénale ou hépatique aiguë.  Acidose sévère.  Thrombopénie (<100,000 / mm3).  CIVD.  Leucopénie (< 4000 /mm3).  Hyperlactatémie.
  • 7.
    V. Formes cliniques: A)Pneumonies à pneumocoque : B) Pneumonies à mycoplasma pneumoniae : C) Pneumonies à légionella pneumophila :
  • 8.
    Traitement Macrolides (Alternative =FQ) F.non graves : Monothérapie : macrolide pdt 8 jrs. F. graves : Monothérapie : FQ pdt 21 jrs. Bithérapie : FQ + (macrolide ou Rifampicine) pdt 21 jrs. Autres Déclaration obligatoire D) Pneumonies virales :  Tableau associant signes respiratoires et syndrome grippal [fièvre, asthénie, myalgies, céphalées, signes ORL (rhinite, conjonctivite), signes digestifs (diarrhées, douleurs abdominales), éruption cutanée…];  Principaux virus : virus influenza, VRS, métapneumovirus humain, para-influenza et adénovirus.  Distribution saisonnière (épidémie) pour les principaux virus respiratoires.  Transmission interhumaine.  Cas particulier de la COVID-19 :  Infection au coronavirus SARS-CoV-2 à transmission interhumaine évoluant sur un mode pandémique depuis début 2020.  Clinique :  Tableau grippal: fièvre, toux sèche, asthénie, courbatures, maux de tête, dyspnée et douleurs thoraciques.  Symptômes extra-respiratoires : signes ORL (anosmie, dysgueusie) ; digestifs (douleurs abdominales, nausées, diarrhées) ; cutanés (pseudo-engelures) et oculaires (conjonctivite).  Sévérité du tableau clinique éminemment variable allant de l’absence de symptômes à la pneumonie sévère hypoxémiante avec SDRA, notamment en cas d’âge avancé, d'obésité, de diabète et d'hypertension.  Présentation radiologique : Plages de verre dépoli non systématisées à prédominance sous-pleurale, et à un stade plus tardif, condensations alvéolaires.  Diagnostic : Repose sur la PCR pratiquée sur écouvillon nasopharyngé puis, au-delà du 14ème jour sur la sérologie.
  • 9.
    VI. Traitement: A) Antibiothérapie:  Choix basé sur :  Epidémiologie des PAC,  Terrain du patient,  Gravité de la pneumonie.  La voie orale est privilégiée quand elle est possible dès l’initiation du traitement, sauf pour les C3G qui sont administrées par voie parentérale.  La durée du traitement antibiotique des PAC est de :  7 jours pour les PAC « tout venant ».  8 à 14 jours pour les PAC à germes atypiques ou de légionellose non grave.  21 jours dans les légionelloses graves et/ou chez l’immunodéprimé. 1- Principes et modalités de l’antibiothérapie des PAC : Urgente : - Administration précoce, si possible après les prélèvements microbiologiques (sauf en ambulatoire).  Probabiliste : - Ciblant les bactéries les plus fréquemment responsables de PAC, doit donc toujours couvrir le pneumocoque (sauf les rares cas très évocateurs de pneumonie à bactérie atypique du sujet jeune traitée en ambulatoire).  Si grave : doit aussi couvrir la légionnelle.  Si inhalation : doit couvrir également streptocoques, anaérobies, Staphylococcus aureus, entérobactéries.  Si pneumonie en période grippale : doit couvrir également Staphylococcus aureus, Haemophilus influenzae et les streptocoques du groupe A.  Secondairement réévaluée à 48-72h : - Clinique : efficacité ?  élargissement du spectre antibiotique si évolution clinique défavorable. - Microbiologique : examen direct et culture si réalisésréduction du spectre antibiotique sur la base de l’antibiogramme « désescalade antibiotique ».  Avec un souci d’écologie bactérienne : - Limiter le risque d’émergence de mutants résistants, favorisée par la pression antibiotique : réduire la durée d’antibiothérapie (7 jours pour une PAC tout venant). - Réduire le spectre antibiotique (si et seulement si évolution favorable). - Eviter les FQ en 1ère intention en dehors de situations spécifiques (légionellose, allergies aux autres ATB). 2- Sensibilité des principaux germes responsables des PAC aux antibiotiques: En gras : l’antibiotique de référence du germe en question.
  • 10.
    3- Antibiothérapie probabilistedes PAC en ambulatoire : a/ Sujet sain sans signe de gravité : b/ Sujet avec comorbidité ou sujet âgé ambulatoire (hors institution) : 4- Antibiothérapie probabiliste des PAC en hospitalisation conventionnelle : a/ Pneumocoque suspecté ou documenté : b/ Pas d’argument en faveur du pneumocoque : 5- Antibiothérapie probabiliste des PAC en soins intensifs / réanimation : a/ Cas général : ° Lévofloxacine . b/ Facteurs de risque de Pseudomonas aeruginosa : * bronchectasies, antécédents d’exacerbations de BPCO dues à Pseudomonas aeruginosa.
  • 11.
    B) Traitements associés: Un traitement antigrippal probabiliste doit être associé en cas de suspicion clinique d’infection grippale chez le patient hospitalisé en période épidémique (oseltamivir PO durant 5 jours). L’initiation de ce traitement n’exonère bien sûr pas du traitement antibiotique.  Le bénéfice de la corticothérapie systémique au cours de la PAC n’est pas démontré.  La kinésithérapie respiratoire de drainage bronchique doit être systématique. C) Réévaluationsystématique :  Quel que soit le lieu de prise en charge (ambulatoire ou hospitalière), le patient doit être obligatoirement réévalué cliniquement à 48-72h du début de l’antibiothérapie (efficacité et tolérance du traitement) et capable de contacter un médecin si dégradation dans ce délai. 1- Evolution favorable : a/ En ambulatoire : - Pas de désescalade antibiotique (pas de microbiologie). b/ En hospitalisation : - Une désescalade thérapeutique doit être envisagée :  Si on dispose de résultats microbiologiques fiables ;  Si amélioration sous antibiothérapie ne visant pas une bactérie secondairement identifiée sur ECBC = colonisation – pas d’adaptation – évoquer bronchopathie sous-jacente. 2- Evolution défavorable : a/ En ambulatoire : - Persistance ou aggravation des symptômes à 48-72h en ambulatoire . - Si l’antibiothérapie prescrite en 1ère intention ne comportait pas S. pneumoniae (hypothèse germes atypique chez un sujet jeune, sans comorbidités) on doit considérer S. pneumoniae et modifier l’ATBpie dans ce sens. - Si l’antibiothérapie prescrite en 1ère intention était active sur S. pneumoniae, H.influenzae et les germes intracellulaires (pristinamycine, ou FQAP) une hospitalisation est indiquée. b/ En hospitalisation : Voir Chapitre suivant : VII. Causes de l’échec de l’antibiothérapie au cours d’une PAC : VII. Causes de l’échec de l’antibiothérapie au cours d’une PAC : Une amélioration clinique est attendue à 72h qui ne signifie pas forcément apyrexie stricte (fièvre parfois prolongée 5 jours avec bactéries intracellulaires).