Clinique de l’insomnie

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Cours DU Prise en charge 2014 - Dr Isabelle POIROT

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  • Clinique de l’insomnie

    1. 1. Les insomnies de l’adulte. Aspect clinique DU prise en charge de l’insomnie. 17 octobre 2014 Dr. Isabelle Poirot, Lille
    2. 2. Cas clinique 1 • Mme D, 35 ans, vient en consultation pour renouveler un traitement par benzodiazépines qu’elle prend depuis 10 ans maintenant. • Elle ne sait pas dormir sans. Elle a déjà essayé à de multiples reprises, sans succès. • Elle sait par la presse que les BDZ sont responsables de la maladie d’Alzheimer mais elle préfère ça et bien dormir tous les jours…. • Elle n’a pas d’antécédents particuliers. • CAT?
    3. 3. Cas clinique 2 • Mme D, 56 ans, vient en consultation dans votre centre de sommeil pour agitation nocturne. Elle ne pense pas faire d’apnée du sommeil comme son mari, mais est persuadée d’avoir un problème de sommeil passé inaperçu depuis des années : elle se réveille tout le temps, son sommeil n’est pas réparateur, elle ne sait pas dormir la journée. • Elle a entendu dire que les examens de sommeil sont souvent intéressants pour comprendre pourquoi son cerveau ne débranche pas... • CAT?
    4. 4. Cas clinique 3 • Vous suivez M D, 46 ans, pour un syndrome d’apnée du sommeil depuis 4 ans. La compliance thérapeutique est limite (3 heures). • Il estime que la PPC ne lui convient pas et aimerait l’arrêter. • Il pensait que la PPC lui aurait permis de dormir mieux, ce qui n’a jamais été le cas. Elle a même aggravé son problème de sommeil. • Il a du mal à s’endormir, se réveille tout le temps, son sommeil n’est pas réparateur et il se sent somnolent la journée. • CAT?
    5. 5. Cas clinique 4 • M D, 35 ans, souffre d’insomnie depuis 2 ans, insomnie survenue en même temps qu’un syndrome dépressif sévère. • Il se plaint d’éveils définitifs à 5H00, sans pouvoir se rendormir ensuite. • Il est fatigué le matin, sans énergie. Il aimerait rester au lit mais ne peut le faire que le week-end. • C’est normal, puisque qu’il est dépressif… • CAT?
    6. 6. Insomnies de l’adulte • Plainte subjective de « mauvais sommeil ». • 20 % de la population dans les sociétés occidentales. • Les femmes sont plus fréquemment touchées (sex ratio estimé à 1,7). Augmentation avec l’âge. • Diagnostic clinique +++
    7. 7. Les insomnies de l’adulte. • Plaintes nocturnes : • Difficultés répétées d’endormissement, de maintien de sommeil. • Plainte de mauvais sommeil, sommeil insatisfaisant ou non récupérateur. • Conditions de sommeil adéquates ++++ • Plaintes diurnes : • Retentissement diurne mis sur le compte du trouble du sommeil : fatigue, morosité, irritabilité, malaise général, difficultés cognitives. • Altération de la qualité de vie, dysfonctionnement social et professionnel. • Symptômes physiques : • tensions musculaires, troubles gastro-intestinaux, céphalées. • Formes sévères : • augmentation des risques d’accidents de la voie publique, du travail et augmentation du risque de pathologie psychiatrique.
    8. 8. Insomnies : différentes insomnies • Par la durée : • Occasionnelles. • Transitoires. • Chroniques +++ • Par le type : } < 4 semaines • D’endormissement. • Avec éveils pendant la nuit. • Avec éveils précoces. • 1/3 ou 2/3 voire les 3 associés. • Critères objectifs : (critères polysomnographiques) • Endormissement de plus de 45 minutes. • Problèmes de maintien de sommeil • Durée de sommeil de moins de 6H30.
    9. 9. Les insomnies de l’adulte. • Quelques remarques : • Symptôme fréquent de pathologies somatiques primaires, de pathologies psychiatriques ou d’autres pathologies spécifiques du sommeil. • Causes variables : facteurs intrinsèques ou facteurs extrinsèques. • Certaines formes d’insomnies persistent, en dépit de la disparition de leurs causes. • Problème posé par l’insomnie : un aspect multifactoriel • Certains se plaignent de sommeil insatisfaisant mais ne respectent pas les conditions de sommeil requises. •  Définition de critères diagnostiques
    10. 10. Les insomnies de l’adulte. • Critères diagnostiques (ICSD10, 2005) : • Plainte subjective de trouble d’endormissement, de difficultés de maintien de sommeil, d’éveil précoce ou de sommeil habituellement non récupérateur ou de mauvaise qualité. • Les difficultés de sommeil surviennent en dépit de conditions de sommeil adéquates. • Présence au moins de l’un des symptômes diurnes ci-dessous : • Fatigue ou malaise. • Troubles de l’attention, de la concentration, de mémoire. • Troubles de l’humeur ou irritabilité. • Somnolence diurne excessive. • Diminution de la motivation, de l’énergie, des initiatives. • Erreurs ou accidents au travail ou lors de la conduite. • Tensions, céphalées, troubles gastro-intestinaux en rapport avec la perte du sommeil. • Préoccupations et inquiétudes par rapport au sommeil.
    11. 11. Les insomnies de l’adulte • Conduite à tenir : • Reconstituer l’histoire de l’insomnie. • Caractériser au mieux l’insomnie. • Répertorier les causes d’insomnies possibles. •  choix du traitement adapté +++
    12. 12. Les insomnies de l’adulte • Caractériser l’insomnie : • Histoire du trouble de l’insomnie : – Evolution (type d’insomnie, et évolution dans le temps) – Circonstances et événements de vie. – Traitements antérieurs, bénéfices (ou non!). – ATCD familiaux, personnels, somatiques, psychiatriques, de troubles du sommeil. – Traitements généraux. – Café, thé, chocolat, coca cola… – Tabagisme, alcool, cannabis, autres toxiques.
    13. 13. Les insomnies de l’adulte Caractériser l’insomnie : Selon la durée d’évolution : • Insomnie occasionnelle ou transitoire : – occasionnelle (5jours). – Souvent peu invalidante. – Souvent circonstancielle (jet lag, stress). • Insomnie à court terme ou de courte durée: – < 3 semaines. – causes identiques. • Insomnie chronique : – > 3 semaines. – Plainte fonctionnelle importante, conséquences sociales, familiales, relationnelles, professionnelles.
    14. 14. Les insomnies de l’adulte • Caractériser l’insomnie : • Selon le type d’insomnie : • Difficultés d’endormissement. • Éveils intra-sommeil • Éveils précoces. • 1 trouble / 3 • 2 troubles / 3 • Ou les 3 associés. L’insomnie reste une plainte SUBJECTIVE
    15. 15. Les insomnies de l’adulte Caractérisation de l’insomnie : – Evaluation des conséquences : • Conséquences professionnelles, sociales, familiales, relationnelles. • Troubles de mémoire ou troubles attentionnels, diminution des capacités intellectuelles. – Rechercher la ou les causes : • Extrinsèques. • Organiques. • Psychiatriques. • Aucune…
    16. 16. Les insomnies de l’adulte – Habitudes de vie : – Le soir : » Heures de coucher, heures de lever, temps passé au lit. » Latence d’endormissement, routines et activités vespérales. » Présence d’éveils intra-sommeils : Activités au cours des éveils prolongés. – La journée : » Qualité du lever. » Activités diurnes : profession, horaires de travail, charges professionnelles. » Milieu familial, conflits, tensions, obligations. » Activités sportives. » Siestes, rechercher une SDE. – Différences entre jours de travail et week-end.
    17. 17. 12 22 6 12 matinal 12 24 8 12 vespéral 12 23 8 12 long dormeur 12 24 6 12 court dormeur 12 3 11 retard de phase 12 19 3 12 avance de phase Typologie circadienne : Temps de sommeil nécessaire : Petit / moyen / gros dormeur.
    18. 18. On discute génétique… • Régulation homéostasique. 6 heures Des petits dormeurs 7- 8 heures Des moyens dormeurs 9 à 10 heures Des gros dormeurs = Un temps passé au lit adapté à chacun
    19. 19. Autre aspect • Régulation circadienne « Couche-tard » Typologie circadienne vespérale « lève-tôt » Typologie circadienne matinale Typologie circadienne intermédiaire = leur propre rythme « ni l’un, ni l’autre »
    20. 20. On explore : LEUR Horlloge biiollogiique
    21. 21. Et leurs petites habitudes…. Prennent un bain chaud Font du sport le soir Sont geek Font des grasses matinées. Mangent à des heures fantaisistes
    22. 22. Des siestes à n’en plus pouvoir…?
    23. 23. On recherche s’ils… Ont des activités éveillantes dans la soirée ou la nuit (ordinateur +++) N’aiment pas les activités relaxantes le soir : lecture, musique, télé (dans le salon et non pas dans la chambre) Regardent le réveil pendant la nuit. Prolongent le temps passé au lit pour « récupérer » Les stressés, les fâchés…. habitent dans de petits appartements, surchauffés, dans la promiscuité, ou dorment grâce à la télévision…. boivent du café, thé, vitamine C, boissons à base de caféine ou chocolat... alcool, ou fument…
    24. 24. Des comportements d’insomniaques • Je vais me coucher tôt…. • Je ne sors plus… • J’essaie de faire la grâce matinée. • J’essaie de faire la sieste • Je m’endors devant la télé. • Je regarde le réveil quand je ne dors pas, j’ai même acheté un réveil avec projection au plafond. • Quand je ne dors pas, je regarde la télé, écoute la radio, fais la cuisine, fais le ménage, fais mes comptes, m’avance dans mon travail….. • J’essaie de récupérer le week end.
    25. 25. A rechercher : Pensées d’insomniaques • Maintenant, je dois dormir. • Si je ne dors pas, demain, ça va être l’enfer. • Pourquoi est-ce que moi , je ne dors pas? • De toute façon, ma mère était déjà insomniaque. • Sans mon traitement pour dormir, je ne pourrai pas dormir, de toute façon, j’ai déjà essayé…. • Il n’est que 2H34…. Il me reste moins de 5 heures à dormir, si je ne dors pas… • Pourvu que je dorme cette nuit…. • J’ai tellement bien dormi hier, j’aimerai bien faire la même nuit mais il ne faut pas rêver…
    26. 26. Les insomnies de l’adulte • Examen clinique : – TA, pouls, examen cardio-vasculaire. – Poids, taille, Index de masse corporelle, ronflements, apnées, sudation nocturne, nycturie, somnolence diurne excessive, HTA. – Secousses musculaires, impatiences. – Recherche de parasomnie.  diagnostic clinique +++ = diagnostic d’élimination.
    27. 27. Les insomnies de l’adulte • Examens paracliniques : – Agenda de sommeil ++++, échelles. • En cas de doute par rapport à 1 autre pathologie : – Actimétrie : alternance veille-sommeil, hygiène de sommeil, travail posté +++ – Polysomnographie nocturne (associée ou non à des TILE)
    28. 28. Agenda de sommeil
    29. 29. Heures de coucher Heures de lever Mauvaise hygiène de sommeil Eveils prolongés Siestes Eveils brefs
    30. 30. Insomnie et dépression Agenda :
    31. 31. Insomnie et anxiété
    32. 32. Des échelles :
    33. 33. ISI: correction
    34. 34. Autres échelles…. • Psychopathologie: • Echelles de dépression • Echelles d’anxiété • Personnalité…
    35. 35. ACTIMETRIE DANS L’INSOMNIE • Elle est un bon reflet du rythme repos/activité sauf en cas d’akinésie (Parkinson) • Elle permet d’obtenir des données objectives sur la durée du sommeil et sur le rythme veille/sommeil sur une dizaine de jours • Elle peut être comparée aux données de l’agenda de sommeil • Elle beaucoup plus économique que l’enregistrement de sommeil • Elle permet de repérer les hypnagnosies ou mauvaises perceptions du sommeil, de même que les sommeils agités
    36. 36. Les insomnies de l’adulte Actimétrie : J1 J1 N1 N1 J2 J2 N2
    37. 37. Femme de 58 ans (JB) Insomnie après rupture anévrysme Ne travaille plus Dort mieux mais s’endort tard TRN = 7h00 TPL = 8h30 Document Dr Bastuji
    38. 38. Exploration du sommeil Echelle de somnolence diurne d’Epworth Situations Chances de s’endormir Assis en train de lire ................................................... Entre 0 et 3 En train de regarder la TV .......................................... Assis, inactif, lieu public ............................................ Passager, roulant sans arrêt ...................................... Score > 10 Allongé, l’après-midi ................................................… = Assis, parlant avec quelqu’un .................................…PATHOLOGIQUE Assis au calme après déjeuner sans alcool ............. Dans une voiture immobilisée depuis quelques minutes .........
    39. 39. Les insomnies de l’adulte • Indications de polysomnographie : – Suspicion de troubles respiratoires nocturnes. – Suspicion de mouvements périodiques du sommeil. – Suspicion de trouble de perception du sommeil. – Recherche d’anomalies de la microstructure du sommeil. – Absence de piste diagnostique. – Explorations des comportements du sujet au coucher ou pendant le sommeil. Sujet sevré de tout traitement (normalement).
    40. 40. Exemple de polysomnographie réalisée chez un insomniaque.
    41. 41. Autre exemple d’enregistrement polysomnographique.
    42. 42. A B
    43. 43. Sommeil et maladie de Parkinson • Hypnogramme
    44. 44. Cas clinique 1 • Madame L, 34 ans, vous consulte pour un trouble du sommeil, durant depuis des années. Elle veut quelque chose pour dormir car la situation devient insupportable. Sa mère est également insomniaque et prend du lexomil depuis 20 ans, traitement plutôt efficace. • Elle n’a pas d’antécédent particulier. • Elle ne prend aucun traitement, si ce n’est une contraception orale. • Elle est journaliste. Elle vit seule et pour l’instant préfère ne pas vivre avec son ami car elle a peur que cela aggrave son trouble du sommeil. • Votre salle d’attente est pleine de monde… • Que recherchez vous?
    45. 45. Cas clinique 1 • Que recherchez-vous? • Caractériser l’insomnie.
    46. 46. Cas clinique 1 • Que recherchez-vous ? • Caractériser l’insomnie : • Type • Combien de nuits touchées? Evolution dans le temps? • Début des troubles? Durée des troubles? • Retentissement diurne • Facteurs déclenchants? Facteurs pérennisants? • Moyens utilisés pour gérer l’insomnie?
    47. 47. • Que recherchez-vous ? • Caractériser l’insomnie : L’insomnie de Mme L est caractérisée par 2 ou 3 éveils pendant la nuit vers 2 ou 4 heures du matin, durant au moins 1 heure à chaque fois. L’insomnie évolue depuis l’âge de 20 ans, d’abord transitoire mais maintenant continue et touche tous les jours de la semaine. Facteur déclenchant : les études et maintenant le travail (journaliste). Ce qui l’inquiète, c’est que l’insomnie existe même pendant les vacances … La patiente se sent fatiguée et a de plus en plus de mal à se concentrer sur des dossiers difficiles. Elle a essayé l’homéopathie, la phytothérapie, l’acupuncture. Maintenant, elle mange la nuit ou regarde la télé dans son lit ou attend, en regardant son réveil.
    48. 48. Cas clinique 1 • Que recherchez-vous ? • Analyser l’hygiène de sommeil : • Heures de coucher et de lever (travail / week end / vacances). • Habitudes et activités dans la période vespérale (télévision dans la chambre). • Habitudes alimentaires. • Toxiques (tabac, cannabis, alcool, boissons énergisantes). • Stimulants (café, thé, chocolat…) • Activités sportives (horaires). • Ancienneté de la literie. • Température ambiante. • Siestes.
    49. 49. Cas clinique 1 • Que recherchez-vous ? • Analyser l’hygiène de sommeil : • La patiente se couche en moyenne vers 23H00 et se lève vers 7H00. Elle reste parfois dans son lit plus longtemps le week-end (jusque 10H00 mais se couche plus tard). Elle travaille sur son ordinateur le soir ou regarde la télé dans son lit pour soulager son dos. Elle fait du sport dans un club deux fois par semaine, entre 19 et 20H00. • Elle fume quelques cigarettes, surtout le soir car elle est fatiguée et a besoin de décompresser. Par contre, elle boit beaucoup de café pour augmenter son potentiel de concentration. • La température de sa chambre est de 25 deg. Car elle est frileuse.
    50. 50. Cas clinique 1 • Que proposez-vous d’emblée à votre patiente? • Avez-vous besoin d’examen(s) complémentaire(s)? • Si oui, lequel ou lesquels (à classer par ordre de priorités et expliquer leur intérêt dans l’étude des troubles du sommeil). • Le calendrier de sommeil (ou agenda de sommeil). • À remplir pour la prochaine consultation (dans 15 jours-3 semaines). • Impression subjective de sommeil. • Visualisation de l’hygiène de sommeil sur 15 jours. • Aide à la caractérisation de l’insomnie. • Indispensable +++ • Aucun autre examen nécessaire.
    51. 51. Les insomnies de l’adulte • Insomnie d’ajustement (insomnie aiguë) • Un facteur déclenchant (« stresseur ») : facteurs environnementaux, facteurs psychologiques, médicaux, physiques. Facteurs positifs ou négatifs. • De courte durée : quelques jours ou quelques semaines (< 3 mois). • Résolution de l’épisode avec la disparition du facteur déclenchant ou avec l’adaptation du patient. • Des manifestations diurnes (fatigue, somnolence) • Association avec anxiété, inquiétude, ruminations nocturnes, tristesse ou dépression en relation avec le facteur déclenchant. • Symptômes physiques d’anxiété (tension musculaire, troubles digestifs…) • Non lié à un autre trouble du sommeil, à une pathologie neurologique ou somatique ou psychiatrique, ou à une quelconque addiction. • Prise d’alcool, de substances ou automédication possible. • Prévalence estimée de 15 à 20 %. • augmentation avec l’âge et touche plus les femmes que les hommes.
    52. 52. Les insomnies de l’adulte • Insomnie d’ajustement (insomnie aiguë) • Prédisposition possible. • Existence d’épisodes d’insomnie ou de sommeil léger tout au long de la vie de l’individu. • Histoire de dépression ou anxiété antérieure. • Possibilité de transmission familiale : pas de données. • Si le trouble persiste au-delà de 3 mois, le diagnostic doit être reconsidéré +++ • Complications : abus d’alcool, de drogues ou toxiques, de médicaments. • Conséquences • relationnelles, professionnelles… • Mise en place de pensées ou comportements dysfonctionnels. • Risque de développement de pathologies psychiatriques. • La physiopathologie n’est pas connue.
    53. 53. Les insomnies de l’adulte • Insomnie d’ajustement (insomnie aiguë) • Données polysomnographiques : •  Latence d’endormissement. •  Nombre et durée des éveils,  temps total de sommeil. •  Efficacité et maintien du sommeil. •  Latence du premier épisode de sommeil paradoxal. •  Sommeil profond,  sommeil lent léger. • Diagnostic différentiel : • insomnie psychophysiologique (facteur déclenchant et durée) • trouble du rythme circadien (jet lag ou travail posté) • problèmes médicaux (causes iatrogènes) • pathologies psychiatriques
    54. 54. Les insomnies de l’adulte • Insomnie psychophysiologique : • Processus cognitif +++ • Depuis au moins 1 mois. • Développement d’un cercle vicieux. • Processus de conditionnement +++ • Facteurs déclenchants : dépression, douleurs, perturbation des habitudes de sommeil, travail posté…. • Persistance malgré la soustraction au facteur déclenchant. • Aggravation progressive possible. • Conséquences : • Diminution de la qualité de vie • difficultés émotionnelles • détérioration de l’humeur • diminution de l’attention, de la vigilance, de la concentration • fatigue malaise. • Pas de somnolence diurne excessive la plupart du temps et incapacité à faire des siestes. • 1 à 2 % de la population générale (10 à 15% sont reçus dans les centres du sommeil). Touche plutôt les femmes.
    55. 55. Les insomnies de l’adulte • Insomnie psychophysiologique : • Facteurs de risque : stress, facteurs environnementaux, changement de vie, anxiété concernant la santé, le bien être, le fonctionnement diurne, préoccupations concernant les conséquences d’un mauvais sommeil. • Début aigü ou insidieux, début parfois dès l’enfance. • ATCD d’insomnie d’ajustement. • Renforcement du « cercle vicieux » de l’insomnie et renforcement des dysfonctionnements diurnes. • Complications : • syndrome dépressif majeur • médication excessive et majoration de la consommation médicale. • Physiopathologie: ?. (aberrations des systèmes d’éveil ou d’induction du sommeil ? Imagerie fonctionnelle peu concluante) • Caractère familial ?
    56. 56. Les insomnies de l’adulte • Insomnie psychophysiologique : • Données polysomnographiques : • Mêmes caractéristiques que précédemment. • Sous estimation fréquente du temps de sommeil. • TILE : • pas de somnolence diurne excessive : latence moyenne entre 10 et 15 minutes. • Actimétrie : • sous-estimation des éveils nocturnes (capacité à rester calme dans son lit). • Augmentation de la fréquence cardiaque. • Diagnostic clinique +++ à différencier des autres types d’insomnies
    57. 57. Les insomnies de l’adulte • Insomnie psychophysiologique : SOIT : • Critères diagnostiques : • Symptômes d’insomnie. • Depuis au moins 1 mois. • Difficultés de sommeil conditionnées par l’un au moins de ces phénomènes : • Préoccupation excessive et anxiété par rapport au sommeil. • Difficultés d’endormissement à l’heure voulue ou durant des siestes planifiées alors qu’il n’existe aucune difficulté à s’endormir lors de tâches monotones ou lorsque le sommeil n’est pas attendu. • Capacité de sommeil améliorée en dehors de son domicile. • Éveil mental au lit caractérisé par des pensées intrusives ou par l’incapacité à freiner l’activité cérébrale nocturne. • Tension somatique importante, incapacité à la relaxation • Non expliquée par un autre trouble du sommeil ou médical ou psychiatrique ou par une quelconque addiction.
    58. 58. Les insomnies de l’adulte • Insomnie paradoxale (mauvaise perception du sommeil, insomnie subjective, hypochondrie du sommeil….) : • Plaintes d’insomnie sévère sans signe objectif d’insomnie. • Sensation d’hyper-vigilance. • Manifestations diurnes identiques. • Surestimation de la latence d’endormissement et sous-estimation du temps de sommeil. • Au moins 5% des patients insomniaques. Prévalence inconnue. Plutôt les jeunes? • Facteurs prédisposants : • troubles névrotiques, traits dépressifs, activation SNC… • Actimétrie et polysomnographie.
    59. 59. Les insomnies de l’adulte • Insomnie idiopathique : • Début insidieux dès l’enfance. • Des périodes de rémissions. • Pas de facteur déclenchant ou persistant pouvant expliquer l’insomnie. • Troubles divers mis sur le compte de l’insomnie. • Mêmes symptômes que l’insomnie primaire. • Peu de signes psychologiques. • Lien avec des problèmes de dyslexie ou de syndrome d’hyperactivité / déficit attentionnel ? • 0,7% des adolescents à 1% des jeunes adultes.
    60. 60. Les insomnies de l’adulte Insomnie liée à une mauvaise hygiène du sommeil : Habitudes sous contrôle de l’individu. Activités augmentant les phases d’éveils nocturnes ou habitudes perturbant l’organisation du sommeil. Caféine, tabac, alcool. Activités physiques, activités intellectuelles ou mentales… Horaires de coucher et de lever, temps passé au lit, siestes,… inappropriés. Environnement « sommeil » inadapté. Conséquences : démotivation, altération de l’humeur, fatigue, somnolence diurne. Préoccupation excessive concernant le sommeil. 1 à 2% des adolescents et des adultes jeunes. 5 à 10% des patients insomniaques. Facteur prédisposant : intolérance aux dysfonctionnements diurnes de l’insomnie. Cet aspect doit être évalué dans le cadre de tout trouble veille-sommeil.
    61. 61. Les insomnies de l’adulte Insomnie secondaire à la prise de drogues ou de substances : Suppression ou trouble du maintien de sommeil secondaire à la prise de substance (caféine, tabac, alcool… et allergènes alimentaires. Dépresseurs ou stimulants du système nerveux central. Peut être un effet direct et recherché de la substance ou un effet secondaire. Association possible à des pathologies ou symptômes psychologiques (anxiété) ou somatiques (tremblements, problèmes gastro-intestinaux…) 0,2% de la population générale. 3,5% des patients consultant pour des troubles veille-sommeil. Certainement sous-estimé. PSG : diminution du sommeil lent profond et du sommeil paradoxal,, fragmentation du sommeil, rythmes rapides, diminution des K complexes. Persistance des troubles malgré le sevrage.
    62. 62. Les insomnies de l’adulte Insomnies liées à un problème organique : Pathologie organique concomitante. Troubles de l’endormissement, difficultés de maintien de sommeil, sommeil non récupérateur, mauvaise qualité de sommeil. Douleurs, troubles respiratoires, pathologies neurologiques. Ménopause (association avec les bouffées de chaleur, ou une hypersudation). Grossesse (dernier trimestre) Préoccupation excessive concernant la possibilité d’un mauvais sommeil, ses conséquences et concernant l’aggravation possible du problème somatique. 0,5% de la population générale. 4% de la population suivie pour un problème médical Augmenterait avec l’âge. Risques : traitements à visée hypnotique prolongés ou excessifs, développement de mauvaises habitudes.
    63. 63. Les insomnies de l’adulte Insomnie non liée à l’abus de substance ou non liée à des conditions physiologiques connues, non spécifiée : Pour toute insomnie ne pouvant être classée ailleurs. Insomnie physiologique non spécifiée : Liée à un trouble médical ou physiologique, ou à une substance probable. Plusieurs évaluations sont nécessaires. Cause non encore confirmée. Trouble endogène suspecté mais non prouvé.

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